Alain YVER

Alain YVER

IAM

IAM






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d'autres rapeurs
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rapeurs
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IAM répond à Thibaut de Longeville

Après la publication de la double interview de Thibault de Longeville dans l'abcdrduson, le groupe IAM souhaite apporter quelques éléments qui « démontent » les informations rapportées dans ces interviews.

En préambule, les membres du groupe tiennent à témoigner de leur sympathie à Thibault de Longeville, à l'Abcdrduson et à Time Bomb (les deux premiers ayant été verbalement tenus au courant de cette réponse)

Thibault a même accepté de corriger les inexactitudes dans l'article en question, mais il est important de notre côté de rétablir la vérité.

L'album « l'Ecole du micro d'argent » a été initialement enregistré entre le mois de mars 1996 et août 1996. Après l'écoute de cette première mouture, nous avons été déçus du mix réalisé par Nick Sansano car il ne correspondait pas au son que nous souhaitions avoir pour coller à nos véritables influences (Raekwon, Smiff and Wessun et surtout Mobb Deep). Nous avons donc prolongé l'enregistrement et le mix entre le mois d'octobre 1996 et début janvier 1997. C'est lors du mix du morceau « Nés sous la même étoile » (Dernier ou avant-dernier titre mixé fin 1996), que le groupe IAM rencontre, pour la première fois, un rappeur de Time Bomb : Ali de Lunatic. Il est donc tout à fait fantaisiste d'affirmer que des membres des X-Men (membres de Time Bomb) aient largement influencé la conception de « l'école du micro d'argent ». Quand l'album a été fait, nous ne les connaissions pas encore!!! Pour être très précis, nous avons rencontré le reste du collectif Time Bomb (dont X Men) dans les semaines suivantes à l'occasion d'un freestyle réalisé sur Generation dans l'ancien hôpital d'Ivry et ensuite, lors de l'enregistrement de la journée IAM de Canal +. La séance d'écoute dont Thibault parle est celle faite, il le dit lui-même, à Suresnes, c'est donc bien la version de l'album corrigée à Paris dont il parle et non celle du mois d'aout 96 ( l'écoute a eu lieu à NY et Thibault n'y était pas, ceci dit, "La saga", "Petit Frere" ou "Elle donne son corps" y figuraient déja!). Pourquoi dit il, ils rappaient " à la IAM..." alors que c'est bien la version actuelle de l'album qu'il a entendu? Un miracle inexplicable a du changer tous nos couplets entre le mastering et la sortie pour qu'on ne rappe plus "à la IAM"... A ce sujet, Akhenaton rappe déjà dans le style de "l'Ecole du micro d'argent" dans "Bad boys de Marseille" (qui précèdent la sortie de cet album de 8 mois) et sur le morceau "Complexe".

Le morceau « Demain c'est loin » aurait-il pu exister sans l'influence des X Men ? La partie de Chill du morceau "Demain c'est loin" date de mai 1996 sous le titre « intermédiaire » de Tours de béton, elle a été écrite en compagnie de Sat de la Fonky. IAM ne connaissait pas X Men à ce moment-là....

Pourquoi rajouter que l'on ne les a pas invités? IAM tient à rappeler que le collectif Time Bomb, et les X Men en particulier, ont largement contribué à des projets postérieurs (dans la période ou nous nous voyions souvent, on ne peut pas inviter des personnes 6 mois avant de les connaître!!) : Sad Hill ( X Men - C'est justifiable / Oxmo - Mama Lova / Hi-fi - si t'es cap d'y aller / Pit Baccardi - Côté Obscur connection) et Sad Street ( Ill - Ill street blues). Le groupe a un profond respect pour le travail de collectif Time Bomb et d'excellentes relations étaient, et le sont encore, établies avec certains membres, comme Cassidy par exemple (la personne avec qui Chill parlait le plus souvent en fait), Mars ou Dj Sek. Comme dans toute collaboration artistique, une influence mutuelle est née mais elle n'était pas plus déterminante que celle issue des collaborations avec Chiens de Paille, Fonky Family, Coloquinte, Psy 4 ou Veust par exemple.

Nous comprenons la démarche de Thibaut de Longeville pour réhabiliter le travail des X Men, mais nous refusons d'être instrumentalisés ou rabaissés. Il ne faut pas réécrire l'histoire et notre histoire!
Tous les faits rapportés ici sont vérifiables auprès des acteurs ayant vécu ces événements : Oxmo, Ali de Lunatic, Cassidy, Sat, Mars, Sek, Pit Baccardi ou Marc de Bombattak, et dans la bio de Chill parue en 2010.

http://groupe-iam.blogspot.fr/2012/01/iam-repond-thibaut-de-longeville.html






AM : nouvel album IAM Morricone pour novembre 2012

 IAM vient d'annoncer qu'il comptait sortir un nouvel album intitulé « IAM Morricone » pour novembre 2012. Comme son nom l'indique, l'album sera une collaboration entre le groupe Marseillais et le légendaire compositeur de musique de films, Ennio Morricone. Ce dernier a composé les bandes originales de nombreux westerns de Sergio Leone, comme « Le Bon, La Brute et le Truand », « Il était une fois dans l'Ouest » ou « Pour une poignée de dollars ». Pour sa part, Shurik'n sortira le 26 mars prochain, un album solo intitulé « Tous m'appellent Shu ».
http://rapmylife.com/index.php/actualites/77-iam-nouvel-album-iam-morricone-pour-novembre-2012.html
 
 





Enterré trop tôt, envoyé en retraite par bon nombre et considéré par d'autres comme un vestige oublié, une institution à réformé, le groupe Iam a eut le droit à toutes les critiques après la sortie et le succès discutable de revoir un printemps leur dernier album en date. Et la principale raison à cette critique, c'est la complexité de cet album jugée par un public jeune et plus intéressé par les idées mercantile du gangsta rap de son cousin des Etats-Unis que certains rappeurs tentent d'importer dans l'hexagone. Même le public qui lui avait été fidèle depuis les débuts du groupe resta stupéfié après l'écoute de cet album qui ne ressemble en aucune mesure à ce que l'on peut retrouver sur les meilleurs albums du groupe.
C'est donc la cinquième saison que nous offre ici les membres du groupe réunit au grand complet pour rendre à un rap en léthargie ses lettres de noblesses. Un rap qui baigne en ce moment dans une espèce d'immobilisme répétitif, où les artistes ne cessent de se copié et de lorgner sur leurs homologues d'outre atlantique, pour nous servir un concentré de ce qui se fait aux Etats-Unis le tout mixé à la sauce française. Iam se devait donc (en précurseur du mouvement Hip Hop en France) de revenir sur le devant de la scène rap pour reprendre son trône au sommet du Rap et surpasser Revoir un printemps. Saison 5 a été réalisée en seulement quelques mois la où il avait fallu une gestation de 2 ans pour accouché de « revoir un printemps ». Une spontanéité et une force qui s'entend dés le premier track de l'album, « Ww ». Un premier missile venu direct de la planète mars , typiquement Iam, un ton sec limite agressif envers une nouvelle génération de rappeurs qui ne donne aucun respect à l'héritage qui leur a été laissé, préférant se focaliser sur le chiffre plus que sur l'amour du Hip Hop, un morceau qui vient donner au passage une violente claque verbale à ceux qui avait enterré trop tôt le plus grand groupe de rap français. De plus dés les premières notes ont sent la griffe de l'incontournable Imhotep, qui pour cause de projets solo était absent du précédent album. On le retrouve ici plus créatif que jamais accompagné de ces inévitables sonorités asiatique que l'on retrouve notamment sur le style de l'homme libre une invitation à la liberté et au voyage. Imhotep en sa qualité d'architecte sonore du groupe effectue véritablement un travail remarquable au niveau des instrumentaux sur cet album en compagnie d'Akos et de Dj Spank, les deux seuls invités à la production sonore sur l'album. Autre satisfaction de cette album Freeman retrouve son rôle de troisième homme du groupe là ou il encombré Revoir un printemps de rimes moins percutantes que ces deux comparses.

Ce retour d'Iam est la preuve qu'ont peut à quarante ans faire du rap de qualité tout en conservant le fond au service de la forme. C'est que dénonce AKH et Shurik'n dans un pamphlet bien nommé Rap de droite, une très sévère critique qui vise les rappeurs qui tentent de démocratiser les idées empruntées à leurs voisins d'outre atlantique. "Les diamants dehors, les biftons les salaires exhibés/Les nibards en silicone et les filles désinhibées (…) C'est du rap de droite !". Le rap est devenu une vitrine de plus en plus populiste où on exhibe femmes, argents et bijoux dans les clips. Le rap actuel véhicule des idées très lointaines des vraies valeurs du Hiphop tels que le conçoivent les puristes. Ce titre Rap de droite ressemble beaucoup à un clin d'œil malicieux du groupe en cette période d'élection présidentielle. Ce Saison 5 tranche vraiment avec son prédécesseur, il apporte de la fraîcheur, de l'envie et de la force à un rap qui était en plein comas. Pour preuve l'exercice de style qui suit, une utopie intitulé Hip Hop Ville ou Iam interpelle son auditeur et l'invite à les suivre dans ce monde qui est un hommage aux anciennes gloires du Hip Hop. L'auditeur se retrouve plongé dans un univers idyllique, une mégalopole géante où chaque lieu décrit soit un grand artiste ou une discipline du HipHop. Cette utopie décrite avec enthousiasme et brio par Akhenaton et Shurik'n, qui reviennent en forme, démontrent qu'ils n'ont rien perdu aussi bien de leur maitrise du flow que des textes. L'album est d'une richesse qui ne souffre d'aucune comparaison avec son prédécesseur en témoigne des morceaux comme nos heures de gloire, une vibrante confession à cœur ouvert du groupe sur les erreurs qui ont traversé leurs jeunesse. Le tout sur une mélodie mélancolique dans la plus pure tradition marseillaise et comme à l'accoutumé un texte toujours pétri de sens et d'images forte. Si tu m'aimais sur le thème de l'immigration, le groupe se mettant dans la peau d'immigrés sur le point de se faire expulsé, thèmes qui une fois de plus est très d'actualité. L'instru est signé Akos et Spank qui réalise au passage 1/3 de l'album, avec Said au refrain. Iam prouve ici qu'il ne s'est pas reposer sur ses succès passé et continue son travail de chroniqueur urbain en décrivant ici une réalité de la vie en France.
Dix ans après le légendaires L'école du micro d'argent on retrouve le pharaon Akhenaton et ses compères qui reviennent éclairé un rap français en perdition. Saison5 est un très bon album de rap, surement l'un des plus abouti en ce début d'années. Iam offre ici une très bonne performance et récupère son trône au sommet de la pyramide rap français et prouve qu'ils ont encore de belles années devant eux.
Yero
http://www.stylehiphop.com/article-a-1930-r-iam_saison_5.html






Interview exclusive d'Olivier Cachin:
" je fais partie de ceux qui attendent le prochain IAM"

lundi 27 septembre 2010

Alors que je venais de me coller sur Stade 2, mon téléphone sonne et mon écran affiche un numéro inconnu. Attendant un appel de la plus haute importance, je décroche et suis heureux d'entendre mon interlocuteur: Olivier Cachin. Sollicité il y a quelques jours par votre serviteur, j'avais deux grandes questions à lui poser et je dois bien reconnaître qu'il a fait preuve d'un discours sans concession.

Le blog IAM: Comment expliquez-vous l'originalité du son du groupe IAM à la fin des 80 par rapport au reste de la scène rap française?

IAM était très en avance dans la connaissance du rap américain. Ce sont des passionnés qui n'ont pas cherché à faire des sons à la mode. La preuve de cette fine connaissance: l'utilisation très précoce des samples tirés du morceau "Pastime Paradise" de Stevie Wonder (Coolio l'utilisera bien plus tard) ou du morceau "T Stands for Trouble" de Marvin Gaye qui fut à l'origine d'une petite "gueguerre" avec NTM. Cette très bonne connaissance du rap américain n'est pas étrangère à la passion de Khéops dont on connaît la culture musicale et sa course à l'exclusivité (NDLR: DJ Khéops est connu pour avoir détruit des exemplaires de certains vinyls pour être certain d'en être le seul détenteur).

Dans une récente interview, vous déclariez vous intéresser à l'évolution des groupes mythiques du rap français et que vous ne suiviez plus autant les jeunes groupes. Que pensez-vous de l'évolution d'IAM?

On ne va pas se mentir, c'est très dur pour IAM. Le public rap se renouvelle très vite et ne fait pas l'effort de découvrir les anciens groupes. A mon sens, IAM n'a pas réussi le grand écart entre les publics jeune et quarantenaire comme a pû le faire NTM. Cela se ressent sur les ventes de disques qui n'ont cessé de baisser depuis l'Ecole du Micro d'Argent. Je sais qu'ils préparent un nouvel album et je pense qu'il sera très difficile de prétendre à un disque d'or. C'est bien de tenir un discours mature mais il est difficile d'en faire un discours d'aujourd'hui. C'est pour cela que je ne pense pas qu'un groupe, tel que NTM, se lance dans l'aventure d'un nouvel album. J'attends d'un groupe comme IAM qu'il se rapproche d'autres musiques comme la variété ou l'electro pour produire un beau mélange des genres.

Vous êtes très pessimiste?

Je vous rassure, je fais partie de ceux qui attendent le prochain IAM. Cela fait 20 ans que je lui suis et le retour d'Imhotep aux manettes des production est la meilleure des nouvelles. Je serais ravi de me tromper si IAM produit un nouveau "Demain c'est loin" (NDLR Olivier Cachin reconnaît tout de même que La fin de leur monde est le dernier grand titre d'IAM - "dommage qu'il soit initialement paru sur un album solo d'Akhenaton").

Je tiens à remercier Olivier Cachin pour sa disponibilité et son discours sans concession qui va susciter la discussion dans les commentaires. Alors, vous en pensez-quoi (j'ai hâte de vous lire)?

http://groupe-iam.blogspot.fr/2010/09/interview-exclusive-dolivier-cachin-je.html

entrevue
http://www.ina.fr/ardisson/tout-le-monde-en-parle/video/I08329097/interview-boy-s-band-iam.fr.html

http://rapadonf.fr/blog/2009/04/freeman-quitte-le-groupe-iam/







Ici le hip-hop est élevé au rang d'art de vivre
Black Kent x RapAndCo (teaser de l'interview) →
Interview d'IAM
Publié le 15 décembre, 2011 par rapandco

http://rapandco.fr/2011/12/15/interview-diam/

RapAndCo a eu la chance de rencontrer IAM, à l'occasion de leur venue le 12 Novembre à Mulhouse pour un concert dans le cadre du festival Cité Jeunes. IAM avec NTM est sûrement le groupe de rap qui parle le plus à toutes les générations. Il serait très difficile de résumer ces 20 ans de carrière en deux lignes. IAM a une histoire aussi longue que le bras, avec cinq albums au compteur, des centaines de milliers de copies vendues, des singles comme Danse le Mia en passant par Noble Art et Offishall. Bref, IAM est un mastodonte du rap hexagonal. Et n'en déplaise à leurs détracteurs, IAM revient sur le devant de la scène en 2012 avec un nouvel album.

À l'arrivée dans les backstages, nous avons le compteur stress chargé à bloc mais également de l'émotion à l'idée de rencontrer ce groupe qui est d'ores et déjà mythique. Première prise de contact avec le manager du groupe qui nous met tout de suite à l'aise et nous fait voyager avec son accent chantant. Bref, on nous présente à Shurik'n : « Enchanté, Geoffrey », sympathique et chaleureux. Puis arrive Khéops : «  Et les gars on va chez Heavy D ? ». En deux minutes, nous comprenons déjà quelque chose d'indispensable : IAM est là pour s'amuser, se faire plaisir et contrairement à beaucoup d'artistes en promo, ils sont heureux d'être là. On en oublierait presque que ce sont eux qui ont fait une partie de l'histoire du rap hexagonal. Le groupe n'est malheureusement pas au complet puisqu'il se partage les interviews, nous suivons donc Shurik'n, Khéops et Képhren pour une entrevue sans langue de bois et en toute simplicité.
RapAndCo : Vous êtes un des groupes qui tournez le plus en France. Est-ce important de toujours rencontrer votre public, même quand vous n'êtes pas en période de promo ?
Shurik'n : Oui, parce que comme tu le sais, on ne recherche pas la médiatisation si elle n'est pas musicale, on ne se montre pas trop dans les endroits où il faut être vu pour rester dans l'actu, même sans musique. Donc oui si nous ne sommes pas en studio, nous sommes sur la route. Après chacun vaque à ses occupations, ses projets, on a tous une vie, une famille. Mais simplement le fait de vivre ça nous met au contact des gens. On est tous à Marseille, on rencontre notre public tous les jours que ce soit au casino, dans la rue, dans un bar-tabac, à un feu rouge, quand on fait nos courses, parce que personne ne le fait pour nous…
Kheops : Oui, parce qu'on mange comme tout le monde. (rires)
 Shurik'n : Donc c'est normal de rencontrer les gens. Rencontrer notre public quand on est en tournée c'est la fonction première du rap, l'essence de cette musique c'est avant tout d'aller sur scène et qu'il y ait un échange avec le public.
 
RapAndCo : Le dernier album d'IAM, Saison 5, date de 2007, un album est prévu pour 2012 ?
 Khéops : (il coupe) : Ahhh, ça c'est la question, quand il va sortir, comment il va s'appeler… et bien on ne répondra pas (rires). (l'interview a été réalisée le 12 Novembre, depuis le titre de l'album a été dévoilé, il s'agira d'IAM Morricone, une collaboration avec le célèbre compositeur)
Shurk'n : On ne peut pas te donner des infos que nous même nous n'avons pas. La date ce n'est pas une surprise, on en a déjà parlé…
Khéops : Je pense que c'est pour octobre 2014…
Shurik'n : Oui, donc octobre 2014…non, 2012.
 Khéops : Pour la Coupe du Monde au Brésil. (rires)
Képhren : Comme ça on fera la promotion là-bas…
 Shurik'n : Ce sera un retour aux fondamentaux ! Mais en 2012, le rap a évolué et peu importe depuis combien de temps tu pratiques, tu dois être au niveau en terme de qualité et d'actualité. Tu n'es pas jugé sur ton bac blanc, ça n'existe pas dans le rap.
 Khéops : Donc là, c'est un retour en studio quoi qu'il arrive.
RapAndCo : Pourquoi avoir attendu autant de temps pour planifier un nouvel album ?
Shurik'n : Saison 5, 2007..tu sais on est chaque année, quatre à cinq mois sur la route.
Khéops : Si on faisait la liste des dates que l'on a faites depuis cinq ans, on ne verrait plus le papier.
Shurik'n : On n'a jamais arrêté. Ça faisait longtemps que l'on voulait passer dans cette formule « en continu ». C'est-à-dire qu'à la place de faire un album et une tournée promotionnelle, on tourne en permanence. Parce qu'on aime bien le contact avec les gens. Nous on s'épanouit vraiment sur scène, même si le studio reste quelque chose de nécessaire à cet épanouissement. Mais on n'avait pas envie de faire de coupure. Encore plus aujourd'hui, vu la conjoncture et l'état des ventes de disques. Ça a été un mal pour un bien, puisque ça a obligé les artistes à retourner sur scène. Une petite sélection naturelle s'est faite.
RapAndCo : Comment se déroule la construction d'un album d'IAM ? Il y a un planning où c'est l'envie qui vous fait avancer ?
Shurik'n : Oui, c'est cette envie qui nous anime et qui explique aussi ce grand laps de temps entre deux albums. On n'a jamais calculé : « les gars on en fait un en tant de temps.. ».
On travaille beaucoup à l'envie, ce qui explique aussi pourquoi on est encore là. On est des passionnés. On dit toujours que chaque album est une photographie de l'instant, du moment où on le fait. Nous on est sur la route, à part quand l'envie commune se fait ressentir, on accumule les idées, l'expérience et quand tout le monde est prêt, là on rentre en studio et en écriture. Mais entre chaque projet d'IAM il y a une multitude d'autres projets donc ce n'est pas une mise en sommeil du groupe.
On pratique notre art tous les jours, sauf peut-être le week end et encore. Mais maintenant l'envie se fait ressentir et on est obligés de dire on se calme sur les concerts pour pouvoir retourner en studio.
RapAndCo : Vous aborderez les mêmes thèmes que dans vos précédents albums, la question sociale aura toujours une grande place dans vos lyrics ?
Shurik'n : Les thèmes seront très variés, comme d'habitude. On n'a pas encore commencé l'écriture, donc c'est un peu difficile d'en parler. C'est la musique qui va beaucoup indiquer les thèmes.
Képhren : On ne peut pas te dire le pourcentage de morceaux qui seront sur la question sociale, des morceaux plus délires. On ne sait même pas combien de morceaux il y aura sur l'album.
Shurik'n : On est encore aux étapes du début. On n'est pas si avancés que cela.
RapAndCo : Le départ de Freeman a-t-il changé quelque chose dans le fonctionnement du groupe ? Vous avez dû travailler autrement ?
 Shurik'n : On travaille exactement de la même façon, ça n'a absolument rien changé dans notre formule de travail.
Khéops : Il y a eu des périodes avec Freeman, il y a eu des périodes avant Freeman et donc on revient à la période qu'il y avait avant. C'est comme s'il y avait eu des featurings. Qu'il y ait trois ou quatre personnes qui rappent, ça ne change absolument rien.
Shurik'n : C'est vrai quand tu es trois rappeurs, ça ne change rien. Si ça avait été le programmateur ou le Dj ça aurait été plus problématique pour nous.
« On est avant tout des passionnés, c'est ce qui nous faits tenir! », Shurik'n.

RapAndCo : Vous avez plus de vingt ans de carrière et quand on entend un titre d'IAM on ressent toujours cette envie qui anime souvent les nouveaux dans le circuit. Cette niaque que beaucoup perdent en cours de route. Qu'est qui vous permet de rester motivés ?
Képhren : Je pense que c'est normal qu'il y ait une évolution. Tout être humain est destiné à évoluer. Si tu sors un album à 18 ans et ton cinquième à 35-40, si tu as la même gamberge qu'à 18 ans c'est qu'il y a un problème.
Shurik'n : Je suis d'accord. Moi, j'ai plus de problème avec des gens qui ont entre 30 et 35 ans et qui ont un discours qui s'adresse à des jeunes de 16-17. Là, ça pose un problème de véracité, de crédibilité. A 35 ans, tu as d'autres préoccupations.
Képhren : Il y a une évolution, que ce soit en bien ou en mal.
Shurik'n : Nous, ça fait 20 ans mais si pendant tout ce temps on avait le même flow qu'au début, jamais on n'aurait duré. Après, on a toujours eu ce truc, au-delà de tout, pour nous il y a toujours eu un seul leitmotiv : c'est quand on écoute l'instru, il faut que la tête bouge toute seule et quand on a trouvé un thème c'est flow et fond, on a toujours été comme ça.
Képhren : Moi je crois que c'est aussi parce que pour notre génération, c'est avant tout, le hip-hop. C'est l'élévation, c'est une compétition. Automatiquement, tu veux toujours faire mieux que ce que tu as déjà fait. C'est pour cela qu'on évolue, même si comme tout le monde on peut se manquer. Mais c'est la vie.
RapAndCo : Depuis que vous êtes en activité, le rap a beaucoup évolué que pensez-vous de ce qu'est devenu le rap français aujourd'hui ?
 Khéops : Quand on parle d'actualité, on parle de rap américain pas de rap français. Nous, on essaie pas d'être à la page du rap français.
Shurik'n : Nous, nos références ont toujours été américaines, depuis le début. Il y a François qui s'intéresse beaucoup au rap français, on s'y intéresse parce qu'on est dedans. Mais dans ma voiture, il n'y a que du rap américain parce que j'en ai toujours écouté, ça ma toujours influencé dans mes flows, dans mes programmations et pleins d'autres choses.
RapAndCo : La scène marseillaise reste-elle toujours compétitive ?
Shurik'n : La scène marseillaise est devenue vaste. On ne peut même pas dire qu'on les connaît tous. Même à travers des featuring, j'en découvre encore pleins.
RapAndCo : Shurik'n tu sors un deuxième album solo en 2012, l'album a été reporté au 26 mars 2012, je crois. Pourquoi ce retard ?
Khéops : Les jeux olympiques !
Shurik'n : Le travail et surtout les moyens, puisque que je suis quasi en indépendant.
Khéops : Oui, parce qu'on veut le sortir en indé, mais le sortir bien…
Shurik'n : On veut le sortir dans de bonnes conditions, avec une bonne exposition et pas simplement comme une mixtape sur le net. Ce n'est pas le même format, ni le même travail…
Képhren : Ce n'est surtout pas le même objectif !
RapAndCo : Tu prépares également un projet avec Médine Nord-Sud, quelles sont les bases de cette collaboration ?
Shurik'n : Ce n'est pas un projet, c'est un morceau qui a déjà été enregistré pour la compilation Nord-Sud. Nous ne sommes qu'invités sur le projet. Ça été une très bonne rencontre, parce qu'en terme de discours, je suis plus à l'aise pour rapper avec un emcee tel que Médine.  
RapAndCo : Le titre n'est pas encore sorti ?
 Shurik'n : Non, il sortira sur la compilation.
Khéops : Il n'est pas encore téléchargeable. (rires)
RapAndCo : Après 20 ans de carrière, où vous avez marqué le rap français, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour 2012 ?
Shurik'n : Encore beaucoup de musique et de bons moments. Parce que sur scène on a eu de très bons souvenirs, on a fait de belles scènes, on a toujours été bien accueillis et au final c'est tout ce qui restera.
Képhren : Que le hip-hop français ait enfin sa reconnaissance, la place qu'il devrait occuper.
   L'entretien s'achève, Shurik'n avant de passer la porte nous offre la conclusion : « Finalement, on a toujours pris des risques même beaucoup de risques pour notre musique. On la prend très au sérieux mais finalement on ne s'est jamais pris au sérieux. J'aime bien nous résumer comme ça. ».
 Propos recueillis par Thomas Rahoual







IAM est un groupe de rap français, originaire de Marseille, créé en 1989 et composé d'Akhenaton, Shurik'N, Freeman , Kheops, Imhotep et Kephren.

Akhenaton explique ainsi le nom du groupe IAM : "C'est contre le mot intégration qu'on a choisi de s'appeler IAM. Je ne suis pas un bourrin qui veut que tout le monde ressemble à tout le monde. Je préfère la figure de la mosaïque." Il ajoute qu'en arabe, cela veut dire l'histoire, le temps qui passe. Outre la traduction anglaise de je suis, le sigle IAM a plusieurs significations : Imperial Asiatic Men en référence à leur fascination pour l'Égypte et la Chine qu'ils considèrent comme le berceau de notre civilisation.

Indépendantistes Autonomes Marseillais est à prendre au second degré, car dénué de toute connotation politique. Ce n'est qu'une façon d'afficher fièrement son attachement à la ville de Marseille. Invasion Arrivant de Marseille est une autre possibilité de signification. On le voit bien le nom IAM qui paraît simpliste au premier abord est le fruit d'une réflexion inspirée...

Retrouvez les
clips vidéos du crew de la planéte Mars
: coupe le cake, offishall, ça vient de la rue, une femme seule, Bad boys de Marseille, L'Empire du Côté obscur, je danse le mia, Demain c'est loin, Nés sous la même étoile, Tam Tam De L'afrique, la saga, une femme seule...
clip Ludacris - video Lil Wayne - G-Unit - Kanye West - video Busta Rhymes - clip Zazie - clip The Roots - Chanson française - Psy 4 de la Rime - Ne-Yo

http://www.brut2rap.com/iam/




IAM :
Le groupe de rap français interdit de concert par l'extrême droite

News publiée Le Mardi 31 Janvier 2012 à 21:34


Toute l'actu de IAM
    •    05/06/09 Après les embrouilles, l'humour : regardez le message d'IAM !
    •    06/05/09 IAM enfin de retour en concert... et dans un nouveau clip ! Regardez !
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    •    03/07/09 Lil Wayne : la superstar du rap US annule son concert parisien ! Et reporte sa tournée européenne ! (réactualisé)


Début janvier, ils chantaient pour les résidents de la prison de Luynes, dans les Bouches-du-Rhône, les rappeurs du groupe IAM ont du coeur.
Depuis le début, fin des années 80, les Marseillais se battent pour la justice, l'ouverture d'esprit et l'acceptation de leur musique. Akhenaton, Shurik'n, Freeman (avant qu'il ne quitte avec pertes et fracas le groupe en 2008), Kheops, Kephren et Imhotepsont parmi les fondateurs du rap hexagonal. Ils méritent le respect, du haut de leurs cinq albums. Pourtant, ils viennent d'être refusés dans la ville d'Orange.
En effet, la municipalité d'extrême-droite a rejeté une demande de concert dans le cadre du Théâtre antique des rappeurs quadras.
C'est Akhenaton, de son vrai nom Philippe Fragione, le leader d'IAM (qui oeuvre en solo) qui a sorti la nouvelle sur son compte Twitter : "Le concert d'IAM qui devait se dérouler à Orange au mois de juin prochain vient d'être annulé par le maire de la ville."
Selon Gala, qui a joint le cabinet du maire d'Orange, Jacques Bompard, ancien du Front national et fondateur du parti La Ligue du sud, le concert ne peut avoir été annulé puisqu'il n'a tout simplement jamais été programmé.
Du côté de la production d'IAM, l'information est nuancée. Pas de concert prévu car la demande a tout simplement été rejetée. Le motif : la mairie d'Orange ne programme pas de concerts de rap dans sa ville.
Ce serait la première fois qu'IAM est interdit dans une ville ! Une onde de choc envahit le monde du hip-hop.
http://www.purepeople.com/article/iam-le-groupe-de-rap-francais-interdit-de-concert-par-l-extreme-droite_a95277/1





Akhenaton, 32 ans, leader du groupe de rap marseillais IAM, faux calme et vrai angoissé, sort son premier film. Rap de chez rap.
Par BINET Stéphanie
Philippe Fragione est un sentimental. Pour bâtir son studio
d'enregistrement, Akhenaton, du groupe IAM, a racheté les locaux de la radio qui lui a fait découvrir le rap en 1981. Dans cette bâtisse qui servait au début du siècle de refuge aux bergers sur le départ pour la transhumance, Radio Star, sur les hauteurs de Marseille, programmait du hip-hop, invitait Madonna, Coluche" Chill, alias Akhenaton, alias Philippe, petit-fils d'immigrés napolitains, a alors 13 ans et habite Plan-de-Cuques, une bourgade à la sortie de Marseille. Sa mère, employée d'EDF et divorcée, l'y élève, lui et son frère cadet, Fabien, devenu aujourd'hui son manager. «Elle a préféré nous faire grandir là plutôt qu'en cité, quitte à avoir des fins de mois difficiles», se rappelle l'aîné. Lorsqu'ils ont 6 et 8 ans, leur mère leur achète, à crédit, une encyclopédie. «Mon frère l'a lue en entier, affirme Fabien, du tome I au tome XXIV. Il allait déjà au bout des choses. Il s'intéressait aux dinosaures, alors il lisait tous les livres. Puis est venu l'antiquité, l'Egypte"» et son nom de rappeur, Akhenaton. Après un séjour dans la famille de son père à New York, le rap chasse ses autres passions et les études" «Je n'aimais pas l'école, elle m'a appris le stress.» Il vit alors chez son père, responsable informatique à la Sécu.
Au moment de passer son bac de français, il se sauve pour aller jouer au foot, agacé d'avoir à attendre devant la porte de l'examinateur: «Quand je l'ai dit à mon père il m'a répondu: "Du monde devant la porte, tu en trouveras toute ta vie. Cette réflexion m'a appris non pas à vouloir passer devant les autres pour aller plus vite mais à casser la porte.» Tout l'esprit du hip-hop est là. Quinze ans et quatre albums plus tard, l'oeil pétillant, le regard tendre, Akhenaton, que ses amis décrivent «généreux et sincère», fait faire le tour du propriétaire. A l'étage, les bureaux de ses structures de productions: No Sell Out, 361, La Cosca, qu'Aïcha, sa femme, gère d'autorité. «Comme à la maison, où chacun a son placard pour ranger ses affaires», dit-elle, ici chacun a son domaine réservé: elle, les contrats et les comptes, lui, l'artistique. Dans le bureau, les filles sont majoritaires: «Comme Kadhafi, plaisante-t-il, je n'embauche que des femmes, elles ont une efficacité et une méthode incroyables. Les mecs, ça reste des gamins toute leur vie. On sait très bien s'organiser pour faire des conneries et des matchs de foot, mais pour le reste"» La visite continue. En bas, le local pour le site Internet, la pièce pour travailler sur les maquettes des groupes, celle où il range ses trésors (ses vinyles de soul music et les autoparodies d'IAM) et le studio d'enregistrement.
Soudain, il apparaît faible, amaigri dans son jean déchiré et son sweat-shirt de marque, «son seul goût de luxe», selon Aïcha. Chill se plaint de souffrir de spasmophilie depuis six mois: «C'est le stress accumulé. A la fin de l'enregistrement de la bande originale de Comme un aimant, j'ai eu l'impression d'être un coureur de fond qui franchit la ligne d'arrivée et se relâche.» Bruno Coulais, qui a composé la B.O. avec lui, précise: «Alors qu'il est détendu et jovial en studio, j'ai découvert quelqu'un d'angoissé, de renfermé. Il est rongé par la célébrité, je ne pense pas que ce soit une coquetterie. Il n'est vraiment pas fait pour ça.» Akhenaton reconnaît qu'il a cherché les ennuis en intervenant beaucoup dans des émissions politiques. En «homme de gauche» comme il se définit, il affronte à la télé Pasqua, Sarkozy" «Je jugeais bon de le faire parce que personne n'occupait le terrain.» Aux théories des politiciens de tous bords («Mes ennemis de droite et la gauche de salon»), il oppose son expérience du terrain. «Je me sens responsable des gens qui nous font confiance en achetant nos disques. Ils attendent qu'on parle pour eux.» Il nuance: «Maintenant, je le ferais moins. D'ailleurs, les autres membres d'IAM se moquent de moi et me surnomment "Jean-Baptiste, l'animateur social.» A la sortie de l'école pour aller chercher son fils ou au supermarché avec sa femme, il a l'impression d'être Mickey à Eurodisney. Là où d'autres enverraient tout le monde balader, lui écoute, parle. «Il a une patience incroyable, témoigne Kamel Saleh, coréalisateur de Comme un aimant. A Cannes, après une projection, des jeunes d'une cité l'ont interpellé. Il est resté de minuit à six heures du matin à parler avec eux.» Son père renchérit: «Il est très respectueux et a un amour incroyable des autres. Son angoisse est aussi liée à sa recherche de perfection.» Chill se convertit à l'islam en 1992, peu avant son mariage avec Aïcha, d'origine marocaine. «Mais ces deux événements ne sont pas liés, précise-t-il. Mon intérêt pour l'islam a grandi lors de discussions pendant le ramadan. Des livres comme la Bible, le Coran et la Science, de Maurice Bucaille, m'ont fait dire: "Voilà ce qui me correspond et ce que je pense.» Akhenaton sait aussi montrer son «côté obscur». Son regard bascule d'un calme profond à une violence extrême quand il évoque les «donneurs de leçons, les gens qui vivent chez papa-maman et qui lui réinventent un passé». Excessif, il va jusqu'à établir une liste de journalistes à qui IAM refusera toute interview, parce qu'ils auraient donné «de fausses informations». Son père explique: «Dans sa recherche de perfection, sa volonté d'aboutir peut le faire passer à l'extrême. Dans intégrité, il y a intégrisme. Ses passions parfois l'écartent du réel et Philippe se décrit plus comme il aurait voulu être que comme il est.» Akhenaton, qui évoque le commandant afghan Massoud comme une de ses références, n'arrive pas à rester froid face au débat récurrent de ceux qu'il appelle les taliban du hip-hop, «ces théoriciens qui n'ont pas fait la révolution pour combattre les Russes (l'ennemi) mais pour chasser les moudjahidin (les résistants)». Une nouvelle génération de rappeurs lui reproche son absence de Marseille («il n'a pas de permis de conduire, habite dans un village, a une vie de père de famille et n'a jamais été un fêtard», Jo d'IAM), l'accuse de jouer au parrain et de vouloir «maquer» le rap marseillais («je n'ai jamais touché au gangstérisme, ma mère m'a toujours dit: "Tu mets le doigt dans cet engrenage et tu y passes tout entier») et remet également en cause sa sacro-sainte «street credibility». Là, bien sûr, sa défense date. Après que son père lui eut coupé les vivres pour avoir stoppé ses études, Chill a passé six ans à se contenter de demi-baguettes ou de bols de céréales: «Je n'ai eu que ce que je cherchais. Je voulais m'affirmer, vivre des trucs compliqués, maintenant que je les ai vécus, je trouve mon bonheur dans les choses simples. Mais personne ne me rendra ces années, elles m'ont abîmé à l'intérieur. Ça fait mal quand ton existence est une répétition des mêmes merdes. Aujourd'hui, mon pire ennemi est l'ennui.» Alors, pour conjurer le sort, Chill se lance dans une nouvelle passion, le cinéma. Et son film comme, un long rap, raconte l'histoire de huit anti-héros qui s'ennuient à mourir.
photo ERIC FRANCESCHI
AKHENATON EN 6 DATES 17 septembre 1968. Naissance à Marseille, XIIIe.
1989. Sortie d'«IAM Concept», cassette autoproduite du premier album d'IAM.
1992. Conversion à l'islam.
1995. Album solo, «Métèque et Mat» (Delabel), où Akhenaton galvanise ses origines italiennes.
1997. Sortie d'IAM, «l'Ecole du micro d'argent» (Delabel). Près de 1 million d'albums vendus.
31 mai 2000. Sortie de son premier film: «Comme un aimant», coréalisé avec son ami Kamel Saleh.
  http://www.liberation.fr/portrait/0101336513-akhenaton-32-ans-leader-du-groupe-de-rap-marseillais-iam-faux-calme-et-vrai-angoisse-sort-son-premier-film-rap-de-chez-rap




 
Le groupe de rap marseillais IAM est devenu en quelques années une valeur incontournable du paysage musical français.

 Chaque sortie d'album est un évènement. Ses membres, dont Akhenaton, poursuivent en parallèle des projets personnels maintenant ainsi un équilibre bénéfiqueavec leur entrepise collective.
    •    Pour ces rappeurs originaires des banlieues marseillaises, l'histoire commence vers 1984-85 avec le groupe Lively Crew où l'on trouve Philippe Fragione, qui devra attendre fin 86 son premier voyage à New York pour s'affubler de son premier surnom Chill et Eric qui deviendra Kheops dans la formation d'IAM. En 1988, quand arrive Geoffroy Mussard dit Shurik'n, ils deviennent le B Boys Stance. Pascal qui est bassiste et batteur avant de sampler (échantilloner), fréquente la bande. Il faut attendre l'année suivante pour voir arriver les dernières recrues de ce qui deviendra le groupe IAM : Pascal donc, qui devient Imhotep, "l'Architecte sonore" et les deux danseurs Malek Sultan et Divin Kephren. Outre les nouveaux arrivants, le groupe se construit autour de références égyptiennes et extrême-orientales, traces de lectures croisées des albums de bandes dessinées d'Alix et des ouvrages de Cheikh Anta Diop, l'historien anthropologue linguiste sénégalais.
    •    Le rap du sud remonte à Paris
    •    En 1989, ils enregistrent sur un magnétophone "quatre pistes", la cassette "Concept". Malgré un tirage limité, l'écho est plus que satisfaisant : le rap du sud prend forme et remonte jusqu'à Paris. En juin 90, ils signent avec "Labelle noir", le label qui sert de "tête chercheuse" à la maison de disques Virgin.
    •    En 1991, sort leur premier album "De la planète Mars". Ils en vendent environ 100.000 exemplaires. Trois simples en seront extraits "Red black & green", "Tam Tam de l'Afrique" et "Planète Mars". Cet album s'impose comme une des plus grandes réussites de la scène rap française encore très jeune à cette époque. Les origines du groupe confèrent à leur rap une spécificité qui en cassant le cliché marseillais "Fernandel-pétanque-pastis", donnent d'autant plus de force et d'intérêt à cet album engendré loin de Paris.  
    •    Le 3 juillet 90, ils ouvrent le concert de Madonna à Bercy, la plus grande salle parisienne. Depuis, ils ont fait les premières parties de Public Enemy, Rita Mitsouko, James Brown ou Touré Kunda.  
    •    On danse le Mia
    •    Deux ans et demi après leur premier album, ils reviennent avec un disque d'une quarantaine de titres "Ombre est lumière". Cet album navigue entre actualité et mythologie, entre textes engagés et parodies comme "Le Mia". Enorme succès en France, ce titre se moque sur un rythme funk et avec humour, des frimeurs du samedi soir. Leur succès et leur notoriété au niveau national en font un des groupes phares de la génération montante. En février 1995, ils sont élus groupe de l'année par les Victoires de la Musique. La même année, ils participent au projet lancé par le cinéaste français Mathieu Kassovitz à l'occasion de la sortie de son film "La Haine". Sur un même disque, différents groupes de rap interprètent des titres liés au thème du film soit la police et la banlieue. Le titre d'IAM s'intitule "La 25ème image".  
    •    Après les longues tournées de promotion du dernier album, le groupe décide de faire une pause et de prendre du recul. A cette occasion, en 95, le chanteur Chill, devenu Akhénaton, sort un album solo, "Métèque et mat", un album très personnel où l'humour est manié avec une verve toute méridionale et où le rappeur nous fait découvrir son univers.  
    •    1997 : "l'Ecole du Micro d'argent"
    •    Deux ans après, sort "l'Ecole du Micro d'argent", nouvel album du groupe IAM, enregistré à New York puis réenregistré à Paris avec la collaboration de Prince Charles, célèbre producteur de Harlem. Le discours est épuré. L'injustice sociale et la dureté du monde sont dépeints à l'aide de mini-récits teintés d'une poésie sombre. Le titre de l'album vient aussi du fait que le groupe IAM entraîne dans son sillage la formation de nombreux groupes de la région marseillaise et qu'il tente de les aider à émerger.
    •    En 1997, le groupe participe à un projet toujours très lié aux problèmes des banlieues françaises (police, racisme, violence, chômage). Avec d'autres groupes de rap français (Assassin, Ménélik, Ministère Amer, Fabe,...), ils enregistrent un titre au profit de l'association MIB (Mouvement de l'Immigration et des Banlieues), qui s'intitule "11 mn 30 contre les lois racistes".  
    •    Aux Francofolies de la Rochelle, en juillet 97, le groupe donne un concert entouré de nombreux autres groupes marseillais souvent inconnus mais à qui IAM souhaite faire profiter de sa renommée.  
    •    Alors que l'album s'est déjà vendu à 500.000 exemplaires, IAM joue à guichets fermés sur la scène parisienne du Zénith le 2 décembre 97. Suit une tournée française. Le 20 février 98, le groupe reçoit la Victoire de la Musique du meilleur album de l'année. Et dans la foulée, ils retrouvent le Zénith pour deux soirées les 21 et 22 avril 98.
    •    Rap en Solo
    •    Après le succès de l'album d'Akhénaton en 95, c'est au tour de Kheops de sortir sa production solo en mars 98 avec "Sad Hill" et de Shurik'n fin mai avec "Où je vis". Puis enfin, Imhotep sort le sien le 12 juin, "Blue Print". Mais c'est de loin, Shurik'n qui emporte le plus de succès et culmine en quelques semaines dans les meilleures ventes.
    •    Toujours imprévisible, IAM sort en simple le titre inédit "Independenza" sur le thème de l'indépendance culturelle. Ce morceau est ajouté en 98, lors du nouveau pressage de l'album "l'Ecole du Micro d'argent". En février 99, deux membres du groupe, Akhenaton et Kheops reçoivent la Victoire de la Musique pour la meilleure Bande Originale de l'année avec le film "Taxi".
    •    Puis, toujours en 99, nouvel album solo, cette fois pour Malek Sultan alias "Freeman". L'album, "L'Palais de justice", confirme l'incroyable potentiel de créativité de chacun des membres du groupe.
    •    Un an plus tard, au printemps 2000, Akhenaton revient sur l'avant-scène musicale mais aussi cinématographique, en réalisant son premier film, "Comme un aimant", véritable prolongation cinématographique de son travail. Le film, qui traite de la vie des quartiers défavorisés de Marseille, sort le 31 mai et reçoit un accueil très mitigé. La bande originale est signée bien sûr Akhenaton mais aussi du compositeur de musiques de films, Bruno Coulais.
    •    Toujours en solo, Kheops ressort un deuxième album à la même époque, "Sad Hill impact". A l'automne 2000, Akhenaton se lance dans l'électronique avec son album "Electro Cypher", hommage à l'électro funk. Puis, le 14 novembre, c'est Shurik'n et son frère Faf la Rage qui sortent "La Garde". 
    •    2003 : "Revoir un printemps"
    •    Depuis le dernier opus d'IAM, ses membres ont sorti à eux tous, une dizaine d'albums solo. Forts de ces expériences personnelles, ils se sentent prêts à se retrouver pour l'enregistrement d'un disque du collectif. Conçu entre Marseille, Paris et New York, "Revoir un printemps" sort le 16 septembre 2003. Il est précédé du simple "Noble art" sur lequel on trouve les feeturings (de luxe) des rappeurs américains RedMan et MethodMan.
    •    Les titres de "Revoir un printemps" ont été conçus dans une période comprise entre le 11 septembre 2001 (explosion des tours du Word Trade Center à New York) et la guerre en Irak (mars/avril 2003),avec dans l'intervalle,le 21 avril 2002 (deuxième tour des élections présidentielles en France). Très marqués par la conjoncture internationale et par les mutations de la société française, Akhenaton, Shurik'n, Kheops et Freeman qui cette fois-ci, sort de son rôle de breaker/danseur pour intégrer le groupe comme MC, proposent un disque dans son ensemble plutôt sombre. Bruno Coulais qui a déjà travaillé avec Akhenaton sur "Comme un aimant", vient apporter aux arrangements une touche particulière, avec l'introduction de cordes. On peut aussi compter la présence de Beyoncé de Destiny's Child sur le titre "Bienvenue". Très attendu, cet album relance l'histoire du plusconnu des groupes de rap français.
    •    En février 2004, le groupe marseillais sort un DVD "Au coeur d'IAM : genèse d'un album". Le disque propose un documentaire d'1h30, sorte de caméra embarquée dans la conception et la réalisation du cinquième opus du posse. Le DVD a aussi pour objectif de faire patienter le public d'AKH, Shurik'n, Freeman & consorts avant une tournée exceptionnelle.
    •    Le "Stratégie tour" est lancé au même moment que la sortie du simple "Stratégie d'un pion", début juin 2004. Cette tournée marque surtout le retour du groupe sur scène après sept années d'absence. Solidays, les Francofolies de La Rochelle, les Vieilles Charrues, le Canada, la Suisse, l'Allemagne, le rap Marseillais parcourt, flow aiguisé et micro au poing, les salles francophiles du monde entier.
    •    2007 : "Saison 5"
    •    L'aventure collective IAM reprend en ce début d'année 2007. Dans un premier temps, le groupe fait appel à DJ Kheops et Cut Killer pour réaliser un "Official mixtape". On y retrouve Faf la Rage (par ailleurs frère de Shurik'n), le groupe Psy 4 de la Rime ainsi que Chien de Paille, Bouga, etc. Une "mise en bouche" avant la sortie de l'album original le 2 avril, précédé en janvier de la sortie du simple "Une autre brique dans le mur".
    •    "Saison 5" ainsi que se nomme ce nouvel opus, rassemble des morceaux aux textes finement ciselés, marque de fabrique imparable du crew marseillais, qui abordent des thèmes proches de leurs vécus et de leurs aspirations citoyennes. Le deuxième simple, "Ça vient de la rue", rend hommage aux cultures urbaines. Dans ce disque, IAM revient aux fondamentaux de sa musique. Enregistré plus rapidement que les précédents, "Saison 5" se veut aussi plus direct, un peu moins noyé dans une production de mastodonte.
    •    Pour renouer vraiment avec le public, le groupe se produit en avant-première pour une dizaine de concerts dans des salles de moyenne capacité à travers la France (du 13 au 30 mars). Le 3 avril, IAM se retrouve à Paris sur la scène du Bataclan. Pour ce nouveau tour, il reprend d'ailleurs quelques uns des morceaux qui ont fait son succès dont le fameux "Mia".
    •    Le 3 avril 2007, la clique est au Bataclan, à Paris, avant de prendre une pause jusqu'en décembre. Ce mois-là, IAM enchaîne les dates dans les plus grandes villes de France (avec deux soirées à l'Olympia, à Paris, le 5 et le 6) et s'arrête un soir à Genève, un autre à Zurich et un autre encore à Bruxelles.
    •    En cette fin d'année, le groupe, en bon fan des comics fantastiques américains, fait paraître une bande dessinée à l'initiative de Freeman. Elle s'intitule "Imperial Asiatic Man". L'histoire se situe à Marseille dans une société devenue totalitaire. Elle se poursuit dans un monde parallèle fortement inspiré de l'univers futuriste du disque "l'Ecole du micro d'argent".  Le scénario est signé Stéphane Durel, les dessins (qui rappellent les graphs urbains), Daniel Ballin.
    •    2008 : IAM aux pieds des pyramides
    •    Le 14 mars 2008, pour fêter ses 20 ans d'existence, IAM réalise son rêve : jouer au pied des pyramides du Caire, en Egypte. Eblouis depuis qu'ils sont gamins par l'Egypte pharaonique (tous les membres en ont tiré leurs noms de scène), les rappeurs français ont joué sous un soleil de plomb "Je danse le Mia", "Nés sous la même étoile" ou encore "Petit frère" et ce, devant un parterre de 700 personnes, essentiellement des Français résidents au Caire ou à Alexandrie. L'Algérien Khaled, le chanteur et compositeur tunisien Lofti Bouchnaq et l'ensemble national de musique populaire du Caire ont rejoint le groupe sur quelques titres. A l'occasion de ce voyage, un documentaire ("Encore un printemps") est tourné pour en montrer les coulisses, ainsi qu'un live vidéo du concert du 14 mars, qui sort en DVD en mai 2008.
Avril 2008 RFI Musique
 
http://www.rfimusique.com/artiste/rap/iam/biographie






IAM
est un groupe de rap français, originaire de Marseille, créé en 1989 et composé d'Akhenaton (Philippe Fragione), Shurik'n (Geoffroy Mussard), Kheops (Éric Mazel), Imhotep (Pascal Perez), Kephren (François Mendy) et Freeman (Malek Brahimi). Le groupe a marqué les débuts du rap des années 1990 en France. Freeman quitte officiellement le groupe en 2009

Biographie
Le groupe naît en 1984-85 sous le nom de Lively Crew, et est tout d'abord composé de deux membres, le rappeur Akhenaton et le DJ Kheops. En 1988, suite à l'intégration de Shurik'n, le groupe change de nom et devient B Boys Stance. Enfin, l'année suivante, Imhotep, Freeman et Kephren rejoignent le groupe, désormais appelé IAM. Ils sortent alors une cassette « Concept »1. Cette sortie leur permet d'intégrer le label Labelle Noire (devenu plus tard Delabel), subdivision de Virgin. Le groupe sort un premier maxi nommé Red, black and green suivi de leur premier album, … de la planète Mars en 1991. La sortie en 1993 de Ombre est lumière leur permet d'accroître encore un peu plus leur popularité, grâce notamment à la chanson "Je danse le mia" qui reprend des expressions marseillaises, et qui devient un énorme tube, avec plus de 500 000 exemplaires vendus (atteignant la première place du Top 50 pour huit semaines en 1994, y demeurant classée presque neuf mois d'affilée)2.
Le plus grand succès commercial du groupe reste L'École du micro d'argent, sorti en 1997, qui remporte deux récompenses aux Victoires de la musique. Devenu disque d'or en seulement deux jours, il se vend au total à plus d'un million et demi d'exemplaires autant en France qu'à l'étranger, atteignant le statut de disque de diamant en 2005. Le groupe américain Sunz Of Man, en featuring sur l'album, participe probablement au succès de l'album en Amérique du Nord.
Après le succès colossal de L'École du micro d'argent, les membres du groupe suivent des carrières solos. Akhenaton l'a déjà fait avec son Métèque et mat en 1995, avec notamment Où je vis de Shurik'n en 1998, ou encore L'Palais de justice de Freeman en 1999. Ils travaillent également sur d'autres projets, comme Akhenaton avec la sortie en 2000 du film Comme un aimant. Il publie par la suite trois albums solos, Sol Invictus (2001), Black album (2002) et Soldats de Fortune (2006).
En 2003, le groupe sort l'album : Revoir un printemps, au succès critique partagé. L'année suivante, IAM sort sa première compilation qui retrace sa carrière depuis ses débuts, Anthologie (1991-2004). L'un des inédits présents, "Où va la vie ?", sorti en single, fonctionne plutôt bien dans les classements. En 2006, Akhenaton et Shurik'n sur l'album Soldats de Fortune du premier, composent un rap fleuve de 10 minutes, "La fin de leur monde". Le clip, interdit à la télévision, est accessible uniquement sur Internet3.
Début 2007, IAM sort Official Mixtape mixée par DJ Kheops et Cut Killer, en guise de "trailer" à leur nouvel album Saison 5. Sur cette mixtape, on peut remarquer la collaboration de plusieurs groupes tels que Chiens de Paille, Psy 4 De La Rime ou encore MC Arabica.
Saison 5, 5e album du groupe, sort le 2 avril 2007 et débute directement à la 2e place dans les charts4, montrant que le groupe n'a en définitive rien perdu de sa popularité après plus de quinze ans d'existence et de succès variés4.
À l'occasion des 20 ans du groupe, IAM s'est réuni pour un concert exceptionnel au pied des Pyramides de Gizeh le 14 mars 2008. En résulte l'album live Retour aux pyramides, qui sort le 26 mai 2008 uniquement sur les sites de téléchargement légaux. Le 30 mai 2008, sort le DVD IAM 20, comprenant la vidéo du concert à Gizeh, le documentaire Encore Un Printemps sur le groupe ainsi que le CD Retour aux pyramides en bonus.
À l'été 2008, Freeman quitte le groupe. Sa séparation avec le groupe IAM est officialisée dans une interview accordée au magazine Orbeat sur son blog puis reprise par la Provence, dans laquelle Freeman, fait une série de reproche au groupe et en particulier à Akhenaton5, qui lui a répondu aussi vite (soutenu par le reste du groupe)6.
Fin 2011, le groupe annonce la sortie d'un nouvel album : IAM Morricone. L'album sera une « collaboration » avec le célèbre compositeur de musiques de film italien Ennio Morricone7. Initialement prévu pour 2012, le projet est abandonné en raison de droits d'auteurs trop élevés. En effet, le groupe quitte AZ pour la division française de Def Jam.
Origine du nom
IAM est à la fois un sigle, à la fois un acronyme et donne lieu à plusieurs interprétations. À l'époque de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, les manifestants défilaient avec des pancartes "I AM A MAN".
« C'est contre le mot "intégration" qu'on a choisi de s'appeler IAM. Je ne suis pas un bourrin qui veut que tout le monde ressemble à tout le monde. Je préfère la figure de la mosaïque8. [...] En arabe, cela veut dire "l'histoire, le temps qui passe". »
— Akhenaton
Outre la traduction anglophone de "Je suis", le sigle IAM a plusieurs significations : "Imperial Asiatic Men" en référence à leur fascination pour l'Égypte, la Chine et le Japon qu'ils considèrent comme le berceau de notre civilisation. "Indépendantistes Autonomes Marseillais" est à prendre au second degré, car dénué de toute connotation politique. Ce n'est qu'une façon d'afficher fièrement son attachement à la ville de Marseille. D'autres significations du sigle peuvent être "Italien Algérien Malgache", référence aux origines multiples des membres, ou encore "Invasion Arrivée de Mars(eille)"9.
Discographie
Albums

1991 : de la planète Mars
1993 : Ombre est lumière
1997 : L'École du micro d'argent
2003 : Revoir un printemps
2007 : Saison 5
2013 : IAM Morricone


Notes et références
    1.    ↑ Ròker Promocion [archive].
    2.    ↑ Prix Roger Seiller du meilleur groupe français IAM, article de la Sacem [archive].
    3.    ↑ Clip La fin de leur monde [archive]
    4.    ↑ a et b charts [archive]
    5.    ↑ L'interview de Freeman sur le blog du magazine hip hop Orbeat [archive] - Orbeat
    6.    ↑ http://www.orbeatmagazine.com/article-30733191.html [archive] IAM répond à Freeman sur le blog du magazine hip hop Orbeat
    7.    ↑ IAM : nouvel album IAM Morricone pour novembre 2012 [archive] - Rap2k
    8.    ↑ (fr) Delphine Sloan, IAM de A à Z, MusicBook, Paris, 2003, p.51 (ISBN 2843431456)
    9.    ↑ IAM : présentation du groupe [archive] sur Actualite-fr.com
    10.    ↑ Source : d'après l'album original.






Interview - IAM


Après leur quatrième album 'Revoir un Printemps' sorti il y a maintenant un peu plus d'une année, et le 'Stratégie Tour' entrepris ce printemps, le groupe marseillais nous revient avec un double album 'Anthologie' et le DVD du Stratégie Tour 'Live au Dôme de Marseille'. Entretien avec Freeman, Kephren et Shurik'N à l'heure où le cri de guerre "Indipendenza" reprend tout son sens…
Site Web : www.iam.tm.fr

Vous venez de sortir le DVD 'Stratégie Tour' qui inclut votre concert enregistré à Marseille. C'était le concert le plus "chaud" de votre tournée ?
Shurik'N : C'était un des concerts les plus chauds. Mais durant cette tournée, il y a eu beaucoup de concerts où nous avons eu un accueil quasi à l'égal de Marseille. Après, c'est sentimentalement que ça revêt un autre aspect pour nous. Mais il n'y a pas que Marseille dans le DVD, il y a quelques petits passages de Paris… Il y a plein d'endroits ou il y avait la possibilité de capter un live. Mais techniquement parlant, c'est l'enregistrement à Marseille qui était le meilleur.
Sur le DVD Il y a aussi un documentaire qui retrace les coulisses de la tournée avec, j'imagine, de nombreuses séquences marrantes ?
Freeman : Je n'ai pas encore eu le temps de le regarder comme il faut. Je l'ai juste vu vite fait avec le manager pour approuver certaines choses, mais c'est sympa... Même nous qui n'avions pas revu les images depuis un moment, nous étions morts de rire en revoyant certaines scènes. Les gens pourront voir la continuité  de notre travail sur l'album. Avec le premier DVD 'Au Cœur d'IAM', ils ont pu nous voir préparer l'album, concevoir les morceaux en studio, et avec ce DVD ils nous retrouvent sur scène. On peut aussi y voir notre vie avant de monter sur scène. Il y a des scènes assez rigolotes, toujours dans l'esprit du groupe…
Parallèlement à la sortie de ce DVD, il y a aussi le double album 'Anthologie' qui est dans les bacs. Comment avez-vous choisi les titres qui y figurent ?
Shurik'N : Comme il n'y pas eu de gros travail de création - tous les morceaux étaient déjà là - notre intérêt a été de choisir des versions inconnues du public, pas au niveau des paroles, mais au niveau des musiques. Nous avons essayé de faire en sorte qu'il y ait des versions différentes, tirées des maxis. L'ordre chronologique est pas mal intéressant aussi, ça permet de voir l'évolution dans les compositions musicales, et à tous les autres niveaux de notre travail aussi. Après la question de volonté, le choix tracklist, c'est sûr que nous sommes six... Nous regardons dans la même direction mais nous avons quand même des divergences d'opinion. Le choix des morceaux ce sont des négociations, des discussions, des échanges, du troc et forcément des concessions parce que nous sommes est six et que tout le monde ne peut pas imposer son mode de pensée. Même si un titre n'a pas la majorité, nous fonctionnons toujours en groupe.
Vous avez eu pas mal des problèmes avec votre maison de disques cette année - sorties de certains singles en Suisse mais pas en France, remontage du clip "Revoir un Printemps" par votre label, etc. – et aujourd'hui vous quittez EMI. Qu'est ce qui va changer pour le groupe ?
Shurik'N : Nous quittons la maison de disques mais le groupe reste le même, nous n'allons pas changer radicalement de direction musicale. Il y aura un peut-être changement dans le confort et la forme de travail.
Freeman : C'est pour ça que nous avons entamé le divorce, nous n'arrivions plus à travailler avec notre maison de disques. Nous ne voyions plus la musique de la même manière. Il est arrivé un moment où il a fallu prendre des décisions Nous n'avons pas eu besoin de nous clasher, nous sommes assez grands. Il a fallu arrêter en bonne et due forme et donc le divorce a commencé.
Vous êtes un groupe très productif, il y a des inédits sur chacun de vos maxis, et vous avez déjà mentionné à plusieurs reprises des remixs  "Reggae" et "Imothep" de l'album 'Revoir un Printemps'. Est-ce que suite à votre départ de EMI ce sont des projets que nous auront peut-être l'occasion de retrouver dans les bacs ?
Freeman : Disons que le remix reggae de l'album a été entamé, mais nous en revenons à ta question précédente et les problèmes avec notre maison de disques. Le projet est donc resté un peu de côté, même si nous en avons encore parlé dernièrement. Maintenant nous recommençons aussi à travailler des projets solos. Jo est en train de produire un chanteur qui s'appelle Saïd, moi je prépare un nouvel album des MC's Arabica avec K.Rhyme le Roi, Akhenaton enregistre avec L'Algérino. Le travail ne s'arrête pas, nous sommes toujours en travail continu. Pour ce qui est de IAM, nous avons déjà fixé des dates par rapport au nouvel album. Pour nous, le fait qu'on s'embrouille avec notre maison de disques c'est juste une étape. C'est vrai que nous n'avons pas eu tout ce qu'on voulait et aussi dans la manière qu'on voulait l'amener, maintenant nous faisons avec et nous continuons à avancer. Ce n'est pas ça qui va arrêter notre productivité. Pour nous, l'essentiel c'est de pouvoir nous lever tous les jours pour faire ce qu'on a envie de faire, de la musique.
Apparemment, vous avez déjà pas mal de morceaux plus ou moins terminés. Est-ce que votre cinquième album sortira un peu plus rapidement que le précédent ?
Shurik'N : Ce sont plus des restes de morceaux, des titres que nous avions mis de côté sur l'album précédent. Ils ne sont pas dans la logique d'un nouvel album. Il y a surtout un gros travail à faire sur ces morceaux, pour certains au niveau des paroles, pour d'autres au niveau de la musique, pour certains il n'y a que le titre qui est à garder. En terme de qualité il n'y a rien qui justifie une sortie dans l'immédiat. Mais nous avons d'ors et déjà lancé Tonton sur la piste... Même nous, nous avons la volonté de retourner à un travail beaucoup plus basique, instinctif et viscéral. Moins posé, un Hip Hop plus spontané. Nous avons expérimenté la grande machine, nous avons mis deux ans pour faire un album quinze titres, comme pour un film à gros budget. Personnellement, je ne pourrais pas le refaire.
Vous êtes présents en solo et en groupe sur la compilation 'OM All Stars' qui est dédiée au club de foot de votre ville. Pouvez-vous nous parler de votre participation à ce projet ?
Shurik'N : C'est sûr que ça nous fait plaisir d'être sur un tel projet ! En plus la personne qui gère le truc c'est quelqu'un qu'on connaît depuis longtemps puisque c'est le manager de mon frère. Il a pensé à nous, Psy 4, les gens qu'il trouvait représentatifs de la scène de ces dix dernières années. Nous ne serons jamais aussi fort en terme de symbole que l'OM, c'est comme ça. Je ne te parle pas de l'équipe, mais du logo. Les joueurs peuvent faire ce qu'ils veulent, moi je viens supporter le logo.  C'est pour ça que je dis que tu peux râler à cause des joueurs, mais tu ne peux pas déserter ton rôle de supporter du logo simplement parce qu'il y a un joueur qui ne tient pas son rôle. Il n'y a que les rats qui quittent le navire, normalement le capitaine, il reste.  Si tu es le douzième homme, tu dois aussi rester sur le bateau, tu ne dois pas partir avant les autres.
On y retrouve aussi "On lâche rien", un inédit de IAM ?
Shurik'N : Il y avait un inédit à faire, pour nous c'est de la fraîcheur. Nous n'acceptons pas les projets si nous savons que nous ne pourront pas les faire. Là nous avions le temps, l'envie. Ça faisait longtemps, depuis l'album, que nous n'étions pas retourné en studio en processus de création, c'est-à-dire maquette, concertation pour les sujets, etc. C'est intéressant de conserver un pied dans le travail de groupe en studio. Après c'est toujours un challenge d'aller à un endroit où nous n'avons pas encore été. Nous sortons d'un album où nous avons dit beaucoup de choses. Là c'est une figure imposée, pour nous c'est une bouffée d'air. Donc on retrouve IAM mais aussi des gens avec qui nous avons toujours travaillé. On retrouve aussi la volonté d'avoir des morceaux du groupe mais aussi des morceaux où ne sommes pas que en solo, c'est pour ça qu'on retrouve Freeman avec K.Rhyme Le Roi, moi je fais un morceau avec Saïd, Chill fait un titre solo.
Shurik'N, tu as participé à 'Kill and Win', un court-métrage fantastique dans lequel tu joues un sbire du mal expert en arts martiaux. Ce film devrait désormais sortir courant 2005, peux-tu nous raconter comment s'est déroulé le tournage ?
Shurik'N : Je ne sais pas "qui" je joue mais je me bats et je m'amuse (rires). C'est comme un clip, c'est de l'amusement. Tu arrives, tu te déguises, tu fais des combats… En fait, le réalisateur - Cédric Apikian - est la personne qui a récolté toutes les images d'archives pour le DVD 'Au Cœur d'IAM' avant que Laurent Junca n'en fasse le montage. Ça faisait deux trois ans qu'il avait ce projet là en cours, vu que ça prend ce temps-là pour faire un court-métrage avec les moyens du bord. Il m'a demandé d'y participer et moi forcément… tu te déguises, tu te costumes et tu te fous sur la gueule, c'est tout bénéf ! C'est un truc que je n'avais jamais fait avant. C'est lié aux combats mais ça n'à rien avoir avec les arts martiaux, c'est pour l'écran. On s'est vu quelques jours avant avec les autres acteurs. Il y avait entre autres François Nguyen, qui a notamment réalisé des cascades sur Le Baiser Mortel du Dragon. C'est un petit moustachu, il joue aussi dans Taxi. Nous nous sommes vu deux trois fois pour tout mettre en place avec les combattants. A chaque fois ça fonctionne en petites séquences. Nous avons répété ces petits modules pendant deux trois jours. C'est allé assez vite parce qu'en face je n'avais que des pratiquants. Nous nous sommes vraiment faits plaisir.  Il n'y a pas d'effets spéciaux, pas de cordes, tout est fait à l'arrache, sur le tas, mais c'est ça qui est bien !
En parlant de tes projets solos, tu as aussi enregistré récemment un morceau avec Erick Sermon et Sy Scott pour le projet 'Infamous French Mobb' ?
Shurik'N : C'est dans la même optique que ce que j'ai pu faire avec Method et Red, c'est que du plaisir ! Le gars qui organise ce projet est un ami de longue date, un pratiquant d'arts martiaux, c'est d'ailleurs comme ça qu'on s'est connu. Il organise pas mal de trucs, il fait venir pas mal de MC's américains en France et il m'a proposé ce projet. J'ai bien sûr accepté ! Sermon c'est un gars que j'ai vu commencer, je le suis depuis les premiers maxis de EPMD, j'aime ce qu'il fait. Je ne l'aurai pas fait si je n'appréciais pas l'artiste. Et Sy Scott déchire quand même ! L'instru a été faite par un producteur du projet. Nous nous sommes retrouvés en studio, Erick Sermon, Sy Scott et moi-même et nous avons écrit ensemble. Le morceau était déjà dans une connotation assez brute, assez bounce, donc nous sommes restés dans cet esprit là, avec une structure intéressante, il est très bien le morceau. Après, pour ce qui est de la date de sortie, ce n'est plus de mon ressort…
Tu vas également produire l'album du chanteur Saïd avec qui tu as enregistré un titre pour 'OM All Stars'. Où en êtes-vous ?
Shurik'N : Nous travaillons dessus depuis un moment, nous avons déjà une quinzaine de morceaux finis qu'il faut maintenant maquetter. Je compose les musiques, j'écris les textes et je compose les mélodies de chant. Mais toutes les idées viennent de Saïd. Au vu de ce qu'on écrit, il va forcément avoir des questions sur ce qu'il chante, c'est important que les idées et les sujets viennent de lui. C'est un travail différent. Composer des mélodies de chant, je ne l'ai jamais fait dans le rap. En même temps, les sons que j'ai faits pour Saïd, je pourrais rapper dessus. Mais ce qui est intéressant c'est qu'en rap tu ne penses qu'au flow, alors que là il faut penser au flow, à la mélodie, au placement. C'est un travail qui m'enrichit parce que quand je retourne travailler du rap, j'ai une nouvelle approche au niveau mélodique.
Freeman, quoi de neuf pour les MC's Arabica ?
Freeman : Nous avons été obligés d'attendre parce qu'il a fallu que je me concentre sur le travail par rapport à IAM. Nous avons attendu pour que chacun puisse faire ses projets, et là nous sommes repartis en tant que MC's Arabica. Maintenant je suis libre, lui aussi, c'est quelque chose de bien pour nous. Je pense que nous allons bosser de la même manière que sur 'L'Palais de Justice', c'est-à-dire que Akhenaton va produire les trois quarts de l'album. Après, il y aura aussi Hal de Chiens de Paille... Jo et Tonton doivent aussi nous faire écouter des sons. Je pense que nous allons fonctionner de la même manière, mais nous allons prendre plus de temps pour faire un truc sympa. Le premier album, nous l'avons quand même fait en deux mois. C'était pendant la Coupe du Monde en France, je me rappelle, nous avions terminé tous les morceaux sur une période de deux mois, c'est quelque chose qui s'était fait assez vite. Là nous allons prendre notre temps et essayer de bosser avec plein de producteurs différents. Il n'y a pas de date précise. Tant que nous n'avons pas vingt morceaux de bon, la date ne peut pas sortir…
Le mot de la fin ?
Freeman : The end ! (rires)
Shurik'N : Bonne continuation et vive le Hip Hop ! (rires)
Kephren : Le Hip Hop n'est pas mort…  (rires)
Shurik'N : Je dirais même : force et courage !

Propos recueillis par Equi






CHRONIQUE RAP FRANCAIS PAR ROMERO
Critique d'Album :
IAM - Saison 5

Après nous avoir offert une superbe mixtape qui devait servir de trailer à cet album tant attendus par les fans du groupe, enfin l'album se retrouve dans les bacs en début du mois d'avril 2007 en Europe comme au Québec.

Déjà à première vue, l'album semble être beaucoup plus Hiphop que ne l'a été l'album avant (« Revoir un printemps »). Les artistes y sont tous réunit faisant face à la caméra, avec un arrière plan des plus urbains. Un grand changement comparé au dernier album, pas que la pochette de « Revoir un printemps » soit mauvais, au contraire il l'était très séduisant mais pas dans un esprit très Hiphop.

Je me suis longtemps demandé ce qui avait poussé le groupe Iam a choisir un tel titre (« Saison 5 ») et je me disais que ça devait être un titre temporaire. L'album se retrouva dans les bac avec ce même titre de départ, j'ai été surpris et j'ai recommencé à me demander ce qui a amené à le groupe à choisir ce titre. « Revoir un printemps » ça sonne nostalgique mais « Saison 5 » ça peut être n'importe quoi! Imhotep confiait, lors d'une entrevue qu'ils ne pouvaient tout de même pas intituler l'album « Revoir un été », ils restent donc dans les saisons « Saison 5 »... il ajoute qu'avec le réchauffement climatique, il pourrait avoir une cinquième saison!

Ensuite, dès la première écoute, l'album semble avoir une certaine énergie, une certaine rage dans les textes qui ne manquera pas de nous plaire. DJ Khéops nous offre des beats puissants, très recherchés malgré que peut-être un peu trop lents, un peu trop souvent... ce qui nous amènera un certain air de nostalgie, mais d'un autre côté « Le style de l'homme libre » séduira plusieurs avec ses airs japonais extrêmement réussit, mixage parfait, la dose parfait entre RAP et mélodie japonaise!

Nous remarquerons aussi que le groupe Iam n'a qu'un seul featuring sur tout l'album (Jehro), un artiste marseillais multi-talentueux qui a sortit un album en mars 2006, un album éponyme. Le featuring parfait, il apportera à l'album une touche anglophone et chaleureuse, comme venu des îles antillaises et pourtant, ça vient de Marseille! Ça fait un beau changement, car on était habitué de les voir inviter toujours les mêmes featurings : Method man, Redman, la Fonky family, K-Rhyme le roi, Faf Larage, etc. Cette fois-ci, c'était un nom peu connu du public Hiphop ou RAP et ça réussit!

Dès le premier coup d'œil à la tracklist de l'album, un titre attira mon regard et j'étais bien curieux de savoir de quoi traiterait ce morceau (« Si tu m'aimais »). À mon souvenir, le groupe Iam n'a pas fait beaucoup de morceaux traitant sur les histoires de cœur, le dernier que je puisse me souvenir est « Alone, tout seul forever » (« Ombre et lumière » en 1993). Par respect pour l'œuvre, j'écoute les pistes dans l'ordre. Lorsque j'étais (enfin) rendu au track en question, c'est une merveilleuse surprise de voir qu'ils traitent de l'immigration clandestine mais interprété avec une subtilité incomparable, à la façon d'une histoire d'amour afin de ne pas tomber dans le ton de la dénonciation.

Je dirais que cet album aurait été le pont parfait entre « L'école du micro d'argent » et « Revoir un printemps », mais il est venu après « Revoir un printemps » et l'album semble vouloir être un effort pour tenter de récupérer ces fans perdus avec le dernier album. Certains surnomment le groupe Iam comme les « Papys du RAP » ou sinon les « Grands frère du Hip hop »... cet album semble être fait pour se briser cette image, ils sont là avec une énergie et une rage indéniable (« Coupe le cake »).

Un album conseillé pour ceux qui doutaient encore sur le talent de Shurik'n, pour prouver que Iam est toujours dans le RAP, toujours capable de mettre le feu et le tout bien fait, bien dosé. Par contre ceux qui s'attendent à un album extrêmement politique un peu à la façon de Keny Arkana ou sinon à de la rage, de la violence gratuite, vous serez un peu déçu... c'est le groupe Iam, tout doit être calculé et parfait! Par contre ce sera un pur plaisir pour ceux qui avaient été déçus par « Revoir un printemps ».

Pistes à écouter:
• Une autre brique
• Ça vient de la rue
• Coupe le cake

http://www.rap2france.com/chronique-rap-francais-i-am-saison-5.php






IAM - Ombre Est Lumière (1993)


Par MARCO STIVELL le 17 Juillet 2012       

...De la Planète Mars a fait son bonhomme de chemin, une sorte de nouvel éveil dans l'histoire de la musique française. Il est temps pour IAM de passer à l'étape supérieure, celle d'une réelle professionnalisation. Les six compagnons s'installent à la Friche de la Belle-de-Mai (Marseille), une ancienne manufacture de tabac qui leur est prêtée gracieusement par la SEITA à raison d'un concert par an. C'est un local gigantesque, d'à peu près 100 m², où Kephren dispose des glaces sur les murs pour s'entraîner tranquillement, et où le groupe va faire jaillir ses idées pour le fameux deuxième album. En avril 1993, il signe un contrat avec Delabel, mais va aussi connaître une ascension artistique fulgurante grâce à son rapprochement avec l'Amérique. Depuis le milieu des années 80, le groupe se rendait à New York ("la Mecque du rap", selon Shurik'n) régulièrement, et au moment de la confection de ce deuxième album précisément, ils rencontrent le producteur Nick Sansano qui a beaucoup travaillé avec des pointures comme Sonic Youth, Run DMC et Public Ennemy. Sansano écoute une démo du groupe et fond pour eux, pour leur son novateur contrairement à ce qui se produisait à New York selon ses dires. Avec son ingénieur du son Dan Wood, il s'expatrie pour le studio La Blaque, près d'Aix-en-Provence pendant les mois de mai et juin, et à son tour le groupe parte pour New York en juillet, complétant l'enregistrement au studio Green Street à Soho. Ombre Est Lumière peut ainsi voir le jour, et il sera auréolé du succès retentissant d'IAM, premier groupe de rap européen a avoir été diffusé sur un rapline américain (Yo !, le plus prestigieux).

Si IAM est encore aujourd'hui l'un des disques les plus importants du rap français et même du hip hop tout court, c'est parce qu'il est le tout premier de la génération des doubles opus. Qui aurait cru que cela viendrait de la part d'un combo de gentils Marseillais ? Ce grand "boum" artistique -avant le financier- coïncide également d'abord avec la victoire de l'OM au championnat d'Europe pendant le printemps 1993. Cet évènement redouble la fierté des Marseillais (IAM et toute la ville bien sûr) et c'est sous ce signe qu'est placée l'ouverture d'Ombre Est Lumière, "Le Feu", dans laquelle le groupe mêle sa propre histoire avec l'hymne des supporters phocéens.

Un double album de rap, c'est pour le moins copieux, les deux supports physiques étant remplis à ras-bord de textes et de musiques, mais ce qui fait la force d'un tel phénomène, c'est sa diversité autant que sa justesse, ou ses ouvertures à l'auto-dérision. Ainsi, on remarque un schéma régulier de deux ou trois chansons séparées par des interludes pour le moins cocasses. Ces chansons, si elles n'ont pas grand-chose de tubesque -y compris "Je Danse le Mia" dans sa version originale-, rentrent pour la plupart dans la légende, grâce à un propos constamment étoffé. IAM dénonce d'abord, les manoeuvres judicaires dans "Affaire en Cours" ou les politiques dans le non-moins excellent "Contrat de Conscience" -"tout dans les urnes, rien dans les burnes !"- ; les horreurs de la guerre dans "Le Soldat" (et pourtant, "c'est une simple histoire de soldat"), les conflits de l'époque au Golfe et en Israël dans "J'Aurais Pu Croire" ; le fait de tuer pour la religion ou le rapport fuyant de l'Homme à la spiritualité ("Cosmos", "Le Dernier Empereur", "Le Dragon Sommeille", "Vos Dieux Ont les Mains Sales", souvent propres aux aspirations de Shurik'n) avec des expressions telles que "Les hommes sont ainsi faits... Qu'ils gardent mieux mémoire de l'invisible que du réel" ; dans "Sachet Blanc", c'est le trafic de drogue qui est visé et dans "L'Aimant", la loi de la rue et des cités plus généralement ; dans "Interview", si on leur parle du monde en général, Shurik'n avoue qu'il aimerait être mort avant de voir l'avenir, et Akhenaton n'est pas plus optimiste ; et enfin on revient à Marseille, dans "Mars Contre-Attaque" qui n'est pas un brûlot indépendantiste, juste une expression de légitime défense. C'est que comme le dit Akhenaton, "Quand un peuple perd tout, ce qui lui reste en dernier, c'est la fierté. Et si les Marseillais sont si fiers de leur ville, c'est que Marseille est dans un sale état."

Fort heureusement, dans ce constat amer, des perles de dérision subsistent. Dans les chansons, on peut en particulier citer l'exotique "Le Repos, C'est la Santé", où le groupe se retrouve les pieds en éventail sous les cocotiers de la plage du Prado. Il peut aussi parler de la drogue de manière légère comme sur "Le Shit Squad". Pour "Je Ne Veux Plus Voir Personne en Harley Davidson", les rappeurs raillent les loubards, reprennent le refrain de Gainsbourg en gerbant et font même un clin d'oeil à Renaud ("faut pas faire chier Bébert quand il répare sa pétrolette"). Sur "Attentat II", le groupe s'éclate en faisant du gringue à la peinture. Il y a encore "Je Danse le Mia" où Akhenaton emploie diverses expressions marseillaises. Le dérision est aussi perceptible sur les différents interludes, à commencer par les croustillants "La Méthode Marsimil" (Nick Sansano et Dan Wood en perdent leur accent yankee), "La Mousse à Riton" très Renaud-like encore, "Alone Tout Seul Forever" où le désespoir de ce type qui attend sa chérie en devient marrant, ou encore "Le Slow de Lai T'es". Deux disques entiers, cela laisse aussi forcément de la place à des auto-citations, comme "Le 7" et "Le dragon" qui reviennent souvent. La condition de rappeur est une fierté ("Fugitif"), mais comme tout le reste, ne se fait pas en un jour ("Un Jour Tu Pleures, Un Jour Tu Ris"). Pour conclure en élévation sur les textes, "Pharaon Reviens" amorce un retour aux croyances égyptiennes, si chères aux membres du groupe.

Si Ombre Est Lumière est ainsi riche sur le plan des textes, il ne l'est pas moins sur le plan musical. Imhotep et Khéops avec l'aide des américains façonnent un monument de hip-hop aux influences très diverses, autant que les rythmes ce qui pour ces derniers ne sera bientôt plus le cas. Cette alternance de tempos lents et rapides pour une telle oeuvre est salvatrice. On retrouve bien entendu les éléments funky du premier album, mais aussi des éléments jazz, parfois free avec beaucoup de saxos et de cuivres. Les samples se la jouent parfois rock à l'ancienne comme sur certains interludes dont un remake de "Hit the Road Jack". Il peuvent aussi prendre une couleur expérimentale comme sur le nébuleux "Cosmos", ou sur le pour le moins tiré par les cheveux "Transekitchmegatron...", au titre aisément forgettable. "Pharaon Reviens" possède une couleur péplum inédite, superbe. Il y a encore les instruments world, en particulier sur les méditations de Shurik'n, et qui préfigurent son chef-d'oeuvre d'album solo paru quelques années plus tard. Et enfin, si Khéops est surnommé quelque part le "papin du scratch", ce n'est pas pour rien...

Vous l'aurez compris, Ombre Est Lumière est une pièce d'orfèvre, et qui se savoure en version double, même si cette édition est devenue difficilement trouvable (malgré les presque 500 000 exemplaires écoulés) et qu'elle pourrait donner l'impression de s'essouffler un peu dans la dernière moitié. Un petit mot sur la version simple qu'il faut écouter quand même, en grande partie parce qu'elle contient deux somptueux inédits, le revanchard "Reste Undergound" et le lourd "Ombre Est Lumière" -où l'on entend déjà parler du côté obscur-, des réponses bien senties à tous ceux qui accusaient IAM de faire du rap commercial sous prétexte de grosses ventes. Parmi les remixes, celui de "Sachet Blanc" est le plus marquant parmi ceux qui sont proposés, et bien sûr on se délectera de "Je Danse le Mia" qui reprend pour le coup le groove du célèbre "Give Me the Night" de George Benson.


http://fp.nightfall.fr/index.php?idchoix=4432



02/12/2012
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