Alain YVER

Alain YVER

IAN CURTIS

IAN CURTIS





http://www.enkiri.com/joy/joy_division_f.html

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Peter Hook honore Ian Curtis et crée la polémique
http://fluctuat.premiere.fr/Musique/News-Videos/Peter-Hook-honore-Ian-Curtis-et-cree-la-polemique-3233524

http://www.youtube.com/watch?v=G5ELh_9aPbE


http://www.youtube.com/watch?v=F7QOvO7BycQ

Ian a vécu et est mort dans cette maison de Macclesfield, Cheshire, Angleterre
http://www.enkiri.com/joy/77bs/77bs_f.html

http://obsession.nouvelobs.com/people/20110614.OBS5143/joy-division-suicide-de-ian-curtis-les-remords-du-bassiste.html

10 titres
http://clashdohertyrock.canalblog.com/archives/2012/05/18/24264838.html

Joy division sur ce site
http://jazz.blog4ever.com/blog/lire-article-78728-9767501-joy_division.html

control sur ce site
http://jazz.blog4ever.com/blog/lire-article-78728-9767084-control.html




Ian Curtis

Portrait de Ian Curtis par Pappi (2008).

Nom
Ian Kevin Curtis
Naissance
15 juillet 1956
Manchester, Angleterre
Pays d'origine
 Royaume-Uni
Décès
18 mai 1980 (à 23 ans)
Macclesfield, Angleterre
Activité principale
Chanteur, Musicien
Genre musical
Post-punk, Cold-wave, New wave, Rock indépendant
Instruments
Guitare, Clavier, Mélodica
Années d'activité
1976-1980
Labels
Factory Records
Site officiel
http://www.enkiri.com/joy/joy_division_f.html

Ian Curtis, né le 15 juillet 1956 à Manchester et mort le 18 mai 1980 à Macclesfield, était le chanteur et occasionnellement guitariste du groupe de post-punk Joy Division de 1977 à 1980. Le groupe gagnant en popularité, Ian Curtis souffrit de sa célébrité naissante qui s'accordait mal avec sa vie privée : son couple en pâtit et l'épilepsie diagnostiquée devint de plus en plus handicapante. Il mit fin à ses jours à la veille du départ du groupe pour leur première tournée en Amérique du Nord.
Enfance et jeunesse
Ian Kevin Curtis naît le 15 juillet 1956 dans le quartier d'Old Trafford à Manchester, au Memorial Hospital. Il grandit à Hurdsfield, à la périphérie de Macclesfield, ville où il vivra la majeure partie de sa vie. Il fait preuve dès son plus jeune âge d'un certain talent poétique et il entre à 11 ans à la King's School. Il ne s'investit cependant pas dans ses études, il quittera l'école après avoir atteint le O-level. À 15 ans, il fait une overdose de médicaments que lui et ses amis ont à cette époque habitude de consommer. Quelque temps après, lui et ses parents déménagent, et il arrête alors la consommation de drogue. Sa personnalité apparaît déjà ambiguë à cette époque : il peut se montrer poli et réservé, mais il est également capable de céder à des crises de rage et de faire preuve de violence physique. Il est passionné d'art, de littérature mais avant tout de musique. Il a grandi en écoutant The Who, Velvet Underground, Stooges, Can, Neu!, il lit JG Ballard, Nietzsche, Sartre, Wordsworth... Il est surtout sensible aux artistes glam rocks et romantiques : David Bowie, Iggy Pop, Lou Reed, et encore plus aux "poètes maudits" morts jeunes, dans la pleine force de leur talent : Jim Morrison, Janis Joplin, James Dean... Sa passion pour la musique l'amène à travailler (peu de temps) dans un magasin de disques. Il travaille également dans la fonction publique à Manchester, et plus tard, à Macclesfield. Le samedi 23 août 1975, Ian Curtis épouse Deborah Woodruff et, en 1977, il devient le chanteur du groupe post-punk et cold wave Joy Division.
Le déclic
Dès son adolescence, sous l'influence de ses héros, Ian Curtis est passionné de musique et il s'imagine facilement faire partie d'un groupe. C'est alors l'âge d'or des groupes de la mouvance punk dont la scène est en pleine effervescence. Lors d'un concert des Sex Pistols, le 20 juillet 1976 (il avait raté leur précédente date), il fait une rencontre décisive. Il y fait la connaissance de Bernard Sumner, de Peter Hook et de Terry Mason. Sumner et Hook lui apprennent qu'ils essayent de former un groupe mais qu'il leur manque un chanteur. Quelques jours après ce concert, une annonce de Summer et Hook paraît : Ian Curtis y répond, et il est immédiatement accepté, sans même avoir été auditionné. Le groupe initial, Stiff Kittens, avait été fondé en 1976. Il était composé de Bernard (ou Bernay) (guitare), de Peter (basse) et de Terry (batterie). Après l'arrivée de Ian Curtis, la formation évolue rapidement : Terry Mason devient manager du groupe puis est remplacé par Rob Gretton, plus professionnel. Cette formation ne donnera cependant aucun concert et ne pressera aucun titre. Stephen Morris rejoint alors le groupe à la batterie et le groupe est rebaptisé Warsaw avant son premier concert, puis enfin Joy Division pour la sortie du 1er album.
1975
A 19 ans tout juste, deux ans après avoir fait sa connaissance, Ian Curtis se marie avec Deborah Curtis (née Deborah Woodruff), le 23 août à Henbury. Il travaille un peu dans un magasin de disques, afin de se rapprocher de sa passion pour la musique.
1976
Lors d'un concert local des Sex Pistols du genre intimiste, Ian fait la connaissance des membres fondateurs d'un groupe en gestation, qui deviendra plus tard Joy Division. Il les avait déjà aperçus lors de concerts passés. Sumner, Hook et Terry Mason avaient mis une annonce au magasin Virgin de Manchester pour trouver un chanteur. Puisqu'ils en recherchent un, Ian se propose : il est pris sans même auditionner.
1977
Ian Curtis alterne son travail dans la fonction publique (à Manchester et à Macclesfield) et les répétitions, puis les concerts (dès la fin mai) et les enregistrements (en janvier avec l'EP An Ideal For Living, en juillet et en décembre). Il se met à écrire de nouveaux titres.
1978
Ian peaufine ses textes, travaille ses chansons. 14 avril : avec un culot provocateur, Ian Curtis ose aborder Tony Wilson, le directeur de la chaîne locale Granada Television, pour lui exprimer son dégoût que son groupe ne soit pas choisi pour passer dans une de ses émissions : il lui donne un papier où il a écrit "Joy Division, you cunt" ( "Joy Division, connard" ). Wilson aquiesce. Si Joy Division réussit à émerger un peu de la scène locale, ce n'est pas seulement par leur talent mais surtout grâce aux efforts et à la passion de son producteur, Martin Hannett, au soutien sans faille de son manager, Rob Gretton et grâce aussi à l'engagement fidèle de Tony Wilson. Celui-ci fonde, avec Rob Gretton et Alan Erasmus, une toute nouvelle maison de disques, Factory Records Ltd, qui signe avec Joy Division en septembre. Dès l'automne, si les concerts s'enchaînent, cela ne rapporte pas encore beaucoup d'argent. Le groupe fait en tous cas une très bonne prestation à la Factory de Manchester, le 20 octobre. À la fin de l'année, Ian va subir ses premières «crises», que les diagnostics révèlent être des manifestations aiguës d'épilepsie.
1979
1979 est une année où tout va très vite. Pour contrer ses crises, Ian se retrouve astreint à un lourd traitement à base de barbituriques, parmi lesquels des doses puissantes de sédatifs. Il en résulte une souffrance dans l'effort, qu'il se plaît parfois à exagérer, même sur scène. Pourtant, une situation dépressive commence à s'installer. Les effets collatéraux des médicaments n'iront pas dans le sens d'un apaisement, au contraire. Les premiers mois sont des mois de forte créativité, avec l'apparition de titres comme Transmission, She's Lost Control et Shadowplay. 4 mars : Joy Division joue en première partie de The Cure à Londres, tout comme le 16 juin à Canterbury.
16 avril : Natalie, fille de Deborah et de Ian Curtis, naît à Manchester. Bien que lui témoignant de l'amour, Ian semble quasiment indifférent au bébé. Il perd la sensation immédiate des choses. Dans la chanson Disorder, il écrit : I got the spirit, but lose the feeling. Joy Division poursuit les concerts, compose et enregistre en avril son véritable premier album Unknown Pleasures, ainsi que des sessions pour radios: pour le DJ John Peel de la BBC Radio, en janvier et novembre, pour Picadilly Radio en juin et Rock On en septembre.
15 septembre : Après une deuxième télé et un concert à Londres qui marche enfin très bien, le groupe passe sur la BBC2 dans l'émission Something Else: il y joue Transmission et She's Lost Control. La danse frénétique de Ian Curtis, la musique hypnotique du groupe font forte impression. Une tournée européenne est en marche. Cependant, fatigué par les prises de médicaments qu'on lui prescrit (qui lui permettent pourtant de contrôler ses crises), épuisé par les concerts, Ian Curtis devra finalement se résoudre à quitter son travail à la fonction publique. Aussi, au vu de leurs effets secondaires néfastes, Ian a tendance à ne plus prendre régulièrement ses pilules. Pour aggraver le tout, Ian prend l'habitude de boire de l'alcool avant ses performances de scène, ce qui évidemment aggrave l'effet nocif des médicaments.
28 septembre : Avant l'une de ses prestations scéniques, Ian subit une crise d'épilepsie mais il peut monter sur scène. À la fin de l'année, il connaît de nouvelles crises, douloureuses, dont une en voiture, qui le mène à l'hôpital.
Du 2 octobre au 10 novembre: Joy Division participe à la grande tournée des Buzzcocks à travers le Royaume-Uni, sauf pendant quelques jours mi-octobre (crochet par Bruxelles) et le 26 octobre (crochet par Londres). Le groupe profite aussi des pauses pour enregistrer quelques titres.
9 et 10 novembre : lors d'un des derniers concerts avec les Buzzcocks à Londres au Rainbow Theatre, dans le cadre d'un accord d'interview, Ian Curtis fait la rencontre de Annick Honoré, journaliste belge à temps partiel, qui travaille en outre à l'Ambassade de Belgique. Une relation intime s'installe.
1980
janvier: Ian Curtis a passé plusieurs semaines en concert sur le continent et tente de réintégrer un peu sa place dans sa famille. Difficilement. D'une part, sa rencontre avec Annik Honoré est venu chambouler sa vie. Ian le sait, cette nouvelle relation amoureuse risque de compromettre sérieusement l'avenir de son couple, alors même que les bases de ce dernier s'effritent, du fait de ces longues absences répétées. D'autre part, Ian souffre d'une dépression de fond et il lui semble que les gens lui échappent. Depuis 9 mois, Ian est papa d'une petite fille, Natalie mais, bien qu'éprouvant de l'affection pour elle, il n'arrive pas à manifester ses sentiments. Plongé dans un dilemme angoissant, tiraillé entre passé et avenir, entre désir nouveau et piété fidèle, Ian se sent déchiré : c'est ce qu'exprime d'ailleurs la chanson Love Will Tear us apart, enregistrée début mars au cours de deux sessions. Si Ian et Annik s'aiment, leur joie de vivre reste fragile. Loin de tout, Ian peut oublier ses démons. Les retours sont pénibles : la relation avec Deborah s'étiole. De plus en plus, Ian s'enfonce dans un état dépressif. Avec sa personnalité explosive, il se laisse gagner par le tragique. De plus, avec la nouvelle gloire du groupe, tout se complique et il craint l'avenir. Un voile noir masque son futur. Ian fuit la réalité des problèmes plutôt que les affronter. De plus en plus distant, éloigné (et pourtant aimant), il assiste à la lente désintégration de son mariage et culpabilise. Ce sont surtout les pilules qu'il prend pour se soigner qui lui causent le plus grand tort : sa médication a tout simplement tendance à intensifier sa dépression, et ce jusqu'à sa mort. Pour autant, Ian joue avec sa santé et se laisse aller. Après avoir vidé une bouteille d'alcool, il tente une première fois de se suicider, en se coupant les veines. Les médecins préconisent du repos, meilleur remède contre l'épilepsie, mais le succès accumule encore la charge de travail.
4 avril 1980 : Après s'être arrêté presque tout le mois de mars pour enregistrer une nouvelle sortie pour l'été (Closer), les concerts reprennent de plus belle. Joy Division joue en première partie des Stranglers au Rainbow Theatre, à Londres. Le stress, le manque de sommeil depuis deux jours et, surtout, la présence de plusieurs lampes stroboscopiques visant la scène -un gros facteur de risque-, tout se combine pour déclencher et intensifier une nouvelle crise d'épilepsie. Sur le dernier titre du concert, alors que Ian effectue sa fameuse «danse du papillon crevé», il ne s'arrête pas, s'emballe et recule, jusqu'à heurter la batterie : rapidement, on l'évacue. Le public n'y voit que du feu, croyant à un fait-exprès, alors même que Twiny et Dave Pills transportent Ian, encore en convulsions, en direction de la loge, où il se remet. Annik, qui le suit dans ses concerts, pourtant bienveillante, se sent impuissante. Le groupe réussira ensuite à se rendre au Moonlight Club (West Hampstead) mais Ian devra être à nouveau secouru, cette fois en plein milieu du concert.
7 avril 1980 : Réalisant l'erreur qu'est son mariage, exténué par les concerts du groupe et par l'aggravation des suites de son épilepsie chronique, rattrapé par des pensées dévorantes à la No Future, Ian Curtis, désespéré, tente une nouvelle fois de s'auto-détruire en avalant un flacon de ses barbituriques (il s'agit de phénobarbitol). Alertée, son épouse l'expédie à l'hôpital, où Ian subit un lavage d'estomac; il parvient à réchapper à l'«accident». Mais le 8 avril, au concert du lendemain à Bury, deux autres chanteurs choisis par Factory Records encadrent et "remplacent" le leader maladif. La prestation de Ian est plus que médiocre: au bout de deux chansons, des fans, rageant d'avoir payé aussi cher pour un concert pareil, interrompent le spectacle en déclenchant une émeute, qui finit par le saccage de la salle. Le réconfort de Tony Wilson n'y fait rien. À ce moment-là, Ian songe profondément à tout arrêter. Il regrette les débuts, quand tout allait encore bien. Qui plus est, sa femme Deborah a l'intention d'engager une procédure de divorce. Il ne peut plus rester chez lui, allant et venant d'une maison d'ami à une autre. Les concerts de fin avril sont annulés.
2 mai 1980 : Le groupe fait sa dernière prestation à l'Université de Birmingham. Avec Ian, il interprète pour la première et la dernière fois le titre Ceremony, qui sera repris dans le répertoire de New Order. Digital sera la dernière chanson à être interprétée par Ian Curtis devant le public de Joy Division. En détresse, las, Ian est loin d'être au mieux de sa performance. Cet ultime concert se révèlera être d'une grande médiocrité.
18 mai 1980 : après un coup de fil concernant le départ de lundi pour les Etats-Unis, Ian quitte l'appartement de ses parents pour aller voir Deborah — mais aussi le film Stroszek de Werner Herzog, qui passe ce soir-là. Ian tente une dernière fois de recoller les morceaux, sans succès ; Deborah préfère rompre que continuer ainsi. Ian exige alors qu'elle quitte les lieux. Après une nuit éprouvante, profondément mélancolique, une nouvelle crise d'épilepsie, sentant la vie lui échapper, Ian Curtis décide d'en finir. Il se pend dans sa cuisine le dimanche au matin.
Le 23 mai 1980, le corps de Ian Curtis et certains de ses objets personnels sont incinérés au crématorium de Macclesfield.
Circonstances du suicide
Le 17 mai 1980, Ian Curtis va rejoindre Debbie (Deborah) chez elle, au 77 Barton Street de Macclesfield. Il lui répète qu'il ne souhaite pas la fin de leur mariage, tout en ne pouvant se résoudre à se séparer d'Annick. Mais Deborah, jalouse, ne veut rien « partager » : elle refuse. Sur ce, Ian se braque et renvoie Deborah, qui va passer la nuit chez ses parents. Ian regarde à la télévision Stroszek de Werner Herzog, cinéaste qu'il admire. Ce film raconte le parcours d'un jeune musicien allemand paumé et alcoolique qui, parti vivre le rêve américain aux États-Unis, se retrouve abandonné par la femme qu'il aime et criblé de dettes ; il finit par se suicider après une lamentable tentative de hold-up. En situation de dépression, il écrit une dernière lettre à Deborah, qu'il place sur le rebord de la cheminée. La teneur exacte de cette soi-disant note de suicide n'a pas été révélée, mais elle ne comporte pas ses intentions de suicide, seulement le fait qu'il souhaiterait être mort. Ensuite, Ian se serait saisi d'une ou de plusieurs photos avec sa petite fille Natalie (juste un an), envers laquelle il se serait senti coupable, voire envers son épouse. Il se met à écouter, à plusieurs reprises, l'album 33 tours The Idiot d'Iggy Pop (issu d'une collaboration avec David Bowie). Il aurait également eu une violente dernière crise d'épilepsie. L'aube pointant, ce dimanche 18 mai 1980, il va se pendre au plafond de la cuisine à l'aide de la corde et du crochet du séchoir à linge, qui étaient accessibles. De retour vers midi, Deborah le découvre avec horreur. Pour le groupe, atterré, qui devait partir pour les États-Unis, c'est aussi un effondrement, qu'ils choisiront plus tard de dépasser pour poursuivre leur chemin en prenant le nom de New Order. Un mois après sa mort sortent Love Will tear us apart (27 juin) et deux mois et demi après Closer (fin juillet au R.-U., décembre aux E.-U.), album posthume qui se classera dans le top 10 de la BBC. Joy Division ne jouera jamais aux États-Unis.
Héritage
Sa mort a mené à la création du groupe New Order. Par le charisme et l'originalité du talent de son chanteur-compositeur, le groupe Joy Division a influencé quantité d'auteurs-compositeurs des divers courants rock, pop ou électro, dès les années 1980. Le groupe Orchestral Manoeuvres in the Dark lui dédiera un titre, Souvenir. Plus de 25 ans après la mort tragique de Ian Curtis, le groupe New Order, créé par les trois autres membres de Joy Division, a composé de nouveaux morceaux pour la bande originale de Control, un film biographique sur Ian Curtis dont le tournage a eu lieu au cours de l'été 2006. The Killers ont fait une reprise du fameux Shadowplay pour le générique de fin, incluse sur leur troisième album, Sawdust (2007). Réalisé par le néerlandais Anton Corbijn, connu pour son travail de photographe avec Depeche Mode, U2 ou Coldplay, qui a connu Ian Curtis et avait réalisé un clip posthume pour Atmosphere. Corbijn s'inspire d'un livre écrit par Deborah Curtis, épouse de Ian Curtis, Touching From A Distance (éditions Faber & Faber, sorti en 1995). Deborah Curtis est également productrice associée du film, le groupe New Order ayant eu un droit de regard sur le scénario.
Les prestations scéniques
Elles se caractérisent par un jeu de mouvements rapides, nerveux, de style frénétique, en particulier des bras : on peut parler de danse du papillon crevé voire de danse de la mouche. (cette manière si particulière de "danser" a notamment été reprise par Thom Yorke du groupe Radiohead.) Cette agitation renvoie directement aux crises d'épilepsie dont Ian Curtis souffrait, parfois même sur scène. Son corps était alors traversé de spasmes incontrôlables. La similitude entre le simulacre de la maladie, dont il faisait finalement récupération, et ses réelles manifestations pathologiques était de nature à prêter à confusion, si bien que le public s'avérait parfois incapable de savoir s'il dansait réellement ou en fait s'il subissait une crise. La santé de Ian se compliqua par la conjugaison de prises de médicaments aux effets secondaires pénibles et d'une mauvaise hygiène de vie (fatigue, stress, alcool, tabac). La fréquence des concerts et des tournées de Joy Division fut pour lui source d'éreintement.
Biographies et récits
Sur les autres projets Wikimedia :
    •    Ian Curtis, sur Wikimedia Commons
    •    Mick Middles et Lindsay Reade, Torn Apart - sur-titré : The Life of Ian Curtis, Omnibus Press, 2006, 400 p.  (ISBN 1844498263).
    •    Deborah Curtis, Histoire d'une vie - Ian Curtis et Joy Division (Touching From A Distance - Ian Curtis and Joy Division), Camion Blanc (France), Faber & Faber (Royaume-Uni), 1995, réédité en 2005.
    •    Control, de Anton Corbijn (2007) d'après la biographie écrite par Deborah Curtis : Ian Curtis est interprété par Sam Riley.
    •    24 Hour Party People de Michael Winterbottom (2002) : Ian Curtis est interprété par Sean Harris.
    •    Joy Division de Grant Gee (Année de production : 2007) : Documentaire de Grant Gee sur le groupe Joy Division. Interview des membres survivants, entre autres. Distributeur : Pretty Pictures

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ian_Curtis







Suicide de Ian Curtis :
les remords du bassiste (il n'est jamais trop tard...)

 Mis en ligne le 16/06/2011

Plus de 31 ans après la suicide de Ian Curtis, Peter Hook, le bassiste du Joy Division, avoue ressentir des remords.
Flashback. Le dimanche 18 mai 1980 : Ian Curtis, chanteur de Joy division, se suicidait à son domicile au sommet de sa gloire.
Et apparemment, la culpabilité est un plat qui se mange froid. Peter Hook a confié au Guardian combien la mort de Ian Curtis le tourmentait. Le leader du groupe de cold wave s'était donné la mort par pendaison.
Le bassiste raconte le jour du suicide : "J'ai appris ce qui s'était passé par un coup de fil d'un policier. C'était horrible. Un choc dévastateur. C'est très difficile de vivre avec ce souvenir. Je m'en souviens comme si c'était hier".
Peter Hook précise notamment au journal anglais que les fréquentes crises d'épilepsie de Ian Curtis rendaient difficiles l'enregistrement des albums.
Alors que la maladie empirait, Peter Hook concède : "nous ne l'avons pas aidé, principalement par ignorance en fait. Mais aussi parce que Ian était son pire ennemi- il ne voulait pas vous déranger, donc il disait ce que vous vouliez entendre. On ne savait jamais s'il souffrait ou à quoi il pensait".

Les mois précédents son suicide, Ian Curtis avait déjà tenté par deux fois de mettre fin à ses jours.
Ces tentatives sonnaient comme des mises en garde, et Peter Hook, maintenant devenu adulte et responsable, est rongé par la culpabilité : "Si ça avait été mon fils, je serais venu là-bas, j'aurais mis un coup de boule à Rob Gretton, notre manager, et je l'aurais ramené à la maison. Il y avait des docteurs, des consultants, des psychiatres, et personne n'a rien pu résoudre. Incroyable".
Même en pleine période de crises d'épilepsie, Ian Curtis tenait à assurer les concerts, Joy Division c'était son rêve, la réussite de sa vie. C'est pour cette raison que le groupe de Manchester n'empêchait pas le chanteur de monter sur scène.
Joy Division est mort avec Ian, et les membres restant ont créé un autre groupe, New Order, encore de service aujourd'hui.
Transmission de Joy Division

http://www.staragora.com/news/suicide-de-ian-curtis-les-remords-du-bassiste-il-n-est-jamais-trop-tard/425599





La biographie de Ian Curtis


Leader du groupe Joy Division, Ian Curtis a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire du rock et de la musique en générale. Tiraillé entre sa vie privée et un succès qu'il ne parvenait à maîtriser, il est entré dans la légende, à seulement 23 ans.
Ian Kevin Curtis naît le 15 juillet 1956 à Manchester. Il grandit à Huddersfield, dans la périphérie de Macclesfield. Adolescent, il passe beaucoup de temps seul, à lire et à écrire des nouvelles, des poèmes ou des chansons. En 1975, à seulement 19 ans, il épouse Deborah Woodruffe, sa petite amie depuis deux ans. C'est après un concert des Sex Pistols, le 20 juillet 1976 que Ian Curtis aura cette révélation : lui aussi veut intégrer un groupe de rock et se lancer dans la musique.
A cette époque, Bernard Sumner, Peter Hook et Terry Mason souhaitent fonder un groupe et sont à la recherche d'un chanteur. Ce sera lui, Ian Curtis. Le quatuor officie d'abord sous le nom de Warsaw, avant de se rebaptiser Joy Division, du nom d'un bordel fréquenté par les soldats allemands pendant la seconde Guerre Mondiale. Un soir d'avril 1978, le jeune homme aborde avec virulence Tony Wilson, directeur de la chaîne locale Granada TV, dans un bar. Il lui exprime son dégoût de ne pas être programmé dans son émission aux côtés de groupe comme The Clash ou Buzzcocks. Surpris par l'audace du chanteur, le célèbre directeur les programme quelques jours plus tard -Curtis et sa bande y interprètent le titre "Transmission". A cette époque, Wilson est en train de fonder avec Rob Gretton, futur manager du groupe, une nouvelle maison de disque, Factory Records. Joy Division signe sur le label en septembre. Alors que la côte du groupe monte en flèche, Ian Curtis découvre qu'il souffre d'épilepsie. Un véritable traumatisme pour le chanteur, une pathologie qui l'inspirera beaucoup dans l'écriture de ses textes ("She's Lost Control"). Sa voix profonde, caverneuse met en relief des textes poignants, graves, témoins des interrogations existentielles et des craintes de son auteur et interprète. Sur scène, Curtis apparaît tantôt à l'image d'un autiste accroché à son micro, tantôt exubérant, en danseur épileptique, quasi incontrôlable.
En avril 1979 naît Nathalie, la fille de Ian et de Deborah. C'est à cette époque que le chanteur de Joy Division fait la connaissance d'Annik Honoré, journaliste amatrice belge, qui deviendra sa maîtresse. Le groupe est alors au sommet de la gloire, les enregistrements se multiplient, les tournées s'enchaînent à un rythme frénétique. Fragilisé par sa maladie, la santé de Ian Curtis se détériore du fait de cette hyper-activité. Déprimé, mal dans sa peau, il se send usé, abîmé par le groupe et songe même à tout arrêter. Au même moment, son couple bat de l'aile, Debbie ayant découvert la liaison de son mari avec Annik. Elle demande le divorce. Les crises de Curtis s'intensifient de plus bel au point que le chanteur craint maintenant d'affronter son public. Un soir de 1980, il ne parvient à monter sur scène et le concert se termine par une émeute. Le 2 mai 1980, Joy Division fait sa dernière apparition live, à l'Université de Birmingham. Ian y interprète pour la première et la dernière fois le titre "Ceremony".
Le 18 mai 1980, à la veille d'une importante tournée américaine, Ian Curtis met fin à ses jours. Il se pend au petit matin dans la cuisine de sa maison à Macclesfield. Il avait 23 ans. Le chanteur est incinéré quelques jours plus tard. Après la mort de Ian, les autres membres de Joy Division fonderont un nouveau groupe : New Order. En 2007 sort sur nos écrans le film "Control", un biopic sur la vie et le parcours de Ian Curtis signé par le photographe Anton Corbijn.
http://musique.ados.fr/Ian-Curtis.html





Focus Vif » Musique » Ian Curtis et Annik Honoré : l'histoire fulgurante de Joy Division
 
Ian Curtis et Annik Honoré : l'histoire fulgurante de Joy Division
lundi 14 juin 2010 à 11h04
Le 18 mai 1980, Ian Curtis se pend dans sa maison de Macclesfield, enclenchant le processus de mythification de Joy Division. Trente ans plus tard, Annik Honoré, son amoureuse belge, accepte pour la première fois de parler en détail de sa fulgurante histoire avec Ian et d'une époque, en tous points, extraordinaire.

Annik Honoré accepte pour la première fois de parler en détail de sa fulgurante histoire avec

"Je m'attends toujours à ce que Natalie, la fille de Ian, sonne à la porte de la maison... J'aimerais tellement lui raconter ma version de tout ce qui s'est passé. " Annik s'arrête un instant et fige un sourire qui lui donne ce visage à la fois charmant et mélancolique.
Depuis la parution du livre Touching From A Distance de Deborah Curtis en 1995 -qui la vilipende largement- et plus encore depuis le biopic d'Anton Corbijn, Control, à l'automne 2007, Annik est sortie de la sphère purement privée. La fiction de Corbijn déclenchera d'ailleurs un retour en force des interrogations de toujours sur son rôle à elle dans la tragédie Ian Curtis, qui se suicide à 2 mois de ses 24 ans. Annik préfèrera le psy aux journalistes, refusant de se confier aux médias qui, en Grande-Bretagne surtout, la caricaturent en diabolique maîtresse, causant la fatale rupture entre Ian et sa femme Deborah. Elle fera une exception pour le beau livre de Lindsay Reade (1), compagne de Tony Wilson, qui l'avait accueillie après la disparition de Curtis.
Connaissant Annik depuis les glorieuses années punk, on l'a approchée avec le désir fort de connaître l'envers de cette saga. Nous rappelant qu'au Futurama de Leeds en septembre 1979, après une performance shamanique et tétanisante de Joy Division, on croisait Annik sans qu'un instant elle ne s'épanche sur ce qu'elle a toujours considéréêtre une "affaire privée". Le temps a fini par faire son oeuvre et un soir de début juin, on la retrouve chez elle dans une maison boisée du Brabant wallon pour des pâtes sauce végétarienne et une discussion marathonienne de 4 heures.
Née le 12 octobre 1957 dans une famille de la classe moyenne montoise -papa est inspecteur de police, maman travaille au cadastre-, Annik est une enfant du rock. Après les Stones à Forest en 1973, le premier choc viscéral vient le 16 mai 1976 lors d'un concert de Patti Smith et des Stranglers à la Round-house de Londres. La stagiaire en langues à Bournemouth est pareillement foudroyée lorsqu'elle voit Bowie -toujours son héros actuel- au Wembley Arena la même année. Le rituel des fans anglais, la dévotion british, les "looks d'enfer", tout cela imprime définitivement son ADN de "fille convenable, clean sur toute la ligne, qui a toujours bien travailléà l'école".
Après un boulot "merdique" à la Tour des Pensions à Bruxelles (...), Annik part habiter à Londres au début de l'été 1979, où elle dégotte un travail de secrétaire à l'Ambassade de Belgique. 

Annik Honoré: Là, je fais des correspondances pour En Attendant (magazine culturel belge, ndlr) et je vais tous les soirs au concert. Tout semble simple, accessible, peu cher, l'époque est terriblement excitante. En août, je vois Joy Division au Nashville Rooms: j'avais entendu Unknown Pleasures que j'avais trouvé d'une violence et d'une intensité extrêmes. Je suis complètement scotchée: après le concert, ma copine Isabelle et moi approchons un gars près de la console pour demander une interview. C'est Rob Gretton, le manager, qui dit oui pour la prochaine fois. Ce qui se passe peu de temps après lorsque je débarque avec mes questions à la Bert Bertrand (2) genre "Quelle est votre couleur préférée?" (elle sourit). Les musiciens de Joy Division gagnent 5 livres chacun par concert, n'ont pas d'argent pour aller à l'hôtel et logent chez des connaissances, tout au nord de Londres. Ils sont très aimables, très gentils, flattés qu'un magazine étranger s'intéresse à eux. On écoute Low de Bowie et, peu à peu, tout le monde s'endort, sauf Ian et moi... Le film de Corbijn retrace bien la scène. 

Tu tombes amoureuse... 

C'est ma première histoire d'amour. Jusqu'alors, je n'ai vécu que par la musique, j'ai eu un flirt ou deux et là, je rencontre un être rare, exquis, poli, tout ce que j'aime. C'est con à dire, mais Ian a des beaux yeux, un regard doux, je sens une personne en souffrance, fragile, tout de suite gentille avec moi. 

Joy Division est alors une secousse musicale, une sensation inédite! 

C'est souvent mauvais au niveau de la sono mais d'une intensité, d'une beauté... C'est un moment suspendu, d'ailleurs les concerts ne durent jamais longtemps. Les critiques sont dithyrambiques, je suis sûre qu'ils vont devenir énormes. Comme je travaille aussi pour la programmation du Plan K à Bruxelles (3), tout naturellement, je leur demande de venir y jouer, à 2 reprises, le 16 octobre 1979 et le 17 janvier 1980. A l'époque, le groupe touche autour de 250 livres (équivalent de 400 euros...) par concert. 

Il y a donc deux Ian Curtis: un type sur scène, littéralement en transe, et puis la personne privée, introvertie, troublée? 

Sur scène, il sort de lui-même comme s'il exorcisait tous ses démons, c'est un volcan en éruption. Après le concert, il est épuisé, mentalement et physiquement. Il redevient cette personne excessivement douce et timide, renfermée, plein d'interrogations sur le groupe et sur sa vie. Il a un potentiel immense mais la grande honnêteté de ne pas s'en rendre compte. Il n'a aucun cynisme, aucune prétention. 

Pourquoi cette angoisse profonde? 

Il est dépassé par son propre talent. J'aimais beaucoup les autres Joy Division et leur énergie exceptionnelle, mais Ian était un mètre au-dessus d'eux. Le fait que Ian soit épileptique depuis l'adolescence le rend particulièrement fragile. Quand il a des crises, cela le rend surréel, terriblement effrayant: je l'ai vu pratiquement se soulever du sol. Mais c'est aussi quelque chose de magique comme un contact entre conscient et inconscient. Tout d'un coup, il entre dans un monde sans rapport avec la réalité. Je comprends qu'il a besoin d'une présence féminine alors que c'est la politique du groupe de ne pas avoir de femmes en concerts. Quelque part, je brise ce cercle parce que Ian a énormément besoin d'être réconforté. C'est d'autant plus dur de lire, par la suite, des horreurs sur la "tromperie", ce genre de choses... 

Mais vous étiez amants, non? 

C'était une relation complètement pure et platonique, très enfantine, très chaste... Je n'ai pas eu de relation sexuelle avec Ian, il était sous des médicaments qui lui rendaient impossible une relation physique. J'en ai tellement marre que les gens mettent en doute ma parole ou la sienne: on a beau dire tout ce qu'on veut mais je suis la seule personne à avoir des écrits de lui... Une de ses lettres dit que la relation avec sa femme Deborah était déjà terminée quand nous nous sommes rencontrés. 

Quelle a été ta réaction au film d'Anton Corbijn, Control? 

Ce n'est pas Annik Honoré qui apparaît dans le film mais la copine de Ian, c'est de la fiction. Si je témoigne aujourd'hui, c'est pour garder une authenticité biographique, je n'ai aucun autre intérêt à le faire hormis celui de parler du Plan K, des Disques du Crépuscule que j'ai fait avec Michel Duval. Ceci dit, Anton est quelqu'un d'immensément respectable qui est venu me parler plusieurs fois, mais Annik n'existe pas, c'est Deborah Curtis qui existe... (cette dernière a coproduit le film de Corbijn, basé sur son livre, ndlr). Je ne l'ai vue qu'une seule fois, de loin à un concert à Manchester. J'avais été très mal à l'aise parce qu'à cette époque déjà, elle me haïssait profondément. J'étais la "petite amie" de Ian, son amoureuse, pas sa maîtresse ni "an affair", mot hideux et abject. 

Tu t'es retrouvée aspirée dans une histoire qui t'a dépassée et qui a grandi avec l'incroyable succès posthume du groupe! 

Je pense toujours que sa mort est un pur moment d'égarement. Je lui ai parlé le soir même et tout le monde savait qu'il était content de partir en Amérique (le lendemain de sa mort, pour une tournée, ndlr). Il prenait 20 pilules par jour et comme il a fait un mélange avec de l'alcool... Le samedi 17 mai, je suis au concert de James White au Plan K et Ian m'appelle pour me dire qu'il veut me voir à Heathrow avant son départ pour les USA. Quand j'arrive à Londres le dimanche matin, je sens qu'il y a quelque chose... Comme je ne le vois pas au rendez-vous, j'appelle chez ses parents -il y habite depuis quelques semaines- et là, son père me dit "Ian is dead" et raccroche. Je n'ai pas pu aller à l'enterrement parce que Deborah Curtis, comme elle l'écrit dans son livre, "craignait que je fasse une scène" -ce qui me fait rire- mais elle a accepté que j'aille voir le corps de Ian à la chapelle de Macclesfield... J'étais effondrée. Tony Wilson (boss de Factory, label de Joy Division, ndlr) et sa femme m'ont hébergée pendant une semaine, puis Tony m'a acheté un ticket d'avion pour Bruxelles au nom d'Annik Curtis... Je suis partie 3 mois chez mes grands-parents à la campagne et l'ambassade, où je n'étais pas retourné travailler, m'a poursuivie pour "trahison de l'Etat belge"... 

Pendant des années, tu es restée avec cette lourde histoire. Tu m'as dit que tes parents et ton frère ne savaient pas que tu avais eu cette liaison avec Ian Curtis: pourquoi tout garder ainsi? 

Mes parents et moi, on ne se raconte pas nos histoires (...), ils ne savaient pas, tout comme mon frère, qui étaient Joy Division ou Ian Curtis. J'avais aussi une très grande culpabilité en moi, un homme marié, un suicide, j'abandonnais mon super bon boulot à l'ambassade, j'ai donc fait profil bas. J'apprécie que mes parents aient respecté cela. A l'époque, j'ai vécu pleinement l'histoire et j'aurais voulu que cela reste dans une petite boîte secrète: cela m'a rendu fragile, peur de faire du mal, de tomber amoureuse. C'est seulement en 1995 -15 ans après la mort de Ian- qu'on a commencéà parler de moi à cause du bouquin de Deborah Curtis. Contrairement à ce qu'elle a raconté, je ne lui ai jamais téléphoné la nuit "pendant des mois", par contre, elle m'a téléphoné pour me menacer de me "tuer" parce que je voyais son mari... Aux e-mails et aux sollicitations qui venaient ensuite, je répondais que c'était une affaire privée et que Joy Division, c'était des disques. 

La nuit est tombée depuis longtemps. Annik m'emmène dans le grenier où sont stockées des affiches du Plan K et un peu de memorabilia new wave. Elle me montre les lettres de Ian -une dizaine- dont l'une contient un poème de T.S. Eliot. Ce soir, elle a ouvert les vannes d'une histoire décisive qui aura duré moins d'une année, il y a 3 décennies. Malgré l'empreinte de cette rencontre, Annik n'est pas devenue une veuve noire. Elle a refait sa vie, eu 2 enfants -aujourd'hui adultes- et travaille depuis 1985 dans la même institution internationale. Elle n'a jamais cessé d'écumer les concerts et s'enthousiasme pour la prochaine venue de Benjamin Biolay. Elle voudrait qu'on s'intéresse davantage à elle pour le travail "précurseur" réalisé au Plan K entre 1979 et 1984, ou aux Disques du Crépuscule, label un peu snob mais inventif, crééà Bruxelles en 1980. Le lendemain, Annik envoie un sms pour qu'on ne donne pas de "détails trop persos" sur tout cela. Mais où s'arrête donc la frontière intime d'une pareille histoire?
Rencontre Philippe Cornet
(1) Torn Apart-The Life Of Ian Curtis par Mick Middles & Lindsay Reade, Omnibus Press, 2006. 

(2) fameux journaliste belge de l'époque à Télémoustique, il s'est suicidé à New York en 1983 à l'âge de 28 ans. 

(3) ancienne raffinerie de sucre transformée en lieu multi-culturel, installée rue de Manchester à Molenbeek. 

La discographie de Joy Division est distribuée par Warner







Joy Division : Histoire d'une vie
Description de l'ouvrage
Date de publication: 1 avril 1995

Ce livre ne consacre que quelques pages, disséminées ici et là, au chanteur de Joy Division. Pourtant, Deborah Curtis fut bel et bien emportée dans les turbulences qui prédestinèrent à la création de la scène musicale de Manchester. Ainsi croise-t-on les Buzzcocks, Martin Hannett, l'Electric Circus, Factory, Paul Morley, Granada TV, Tony Wilson et So It Goes... Mais Deborah Curtis s'est davantage attachée à faire revivre l'homme que le chanteur de Joy Division, même si le groupe et sa carrière constituent le fil rouge de son récit. Cet homme qu'elle tire de la scène du spectacle et qui finalement semble aussi énigmatique et fascinant sous cet angle que sous les projecteurs.

http://www.amazon.fr/Joy-Division-Histoire-dune-vie/dp/2910196062






Ian Curtis, bibliophile intranquille
Le vendredi 18 janvier 2013
Ian Curtis, l'éphémère chanteur du groupe à la durée de vie réduite Joy Division (1976-1980), portait sur ses épaules le poids d'une personnalité torturée, créatrice de quelques tubes new wave. L'artiste mort à 23 ans était également un grand amateur de livres, un goût que l'on retrouve dans les compositions de son groupe, et les chansons des deux albums sortis sous leur nom.
 « Curtis était un lecteur affamé, qui est devenu un écrivain inspiré » note le célèbre critique britannique Jon Savage, auteur d'un essai sur les inspirations littéraires du leader de Joy Division. D'après Savage, le jeune homme a un faible pour Gogol et Kafka, mais s'intéresse aussi aux théories existentialistes, encore très en vogue à l'époque.
À l'origine nommé Warsaw, le groupe formé par Ian Curtis, Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Sumner change de nom en janvier 1978 pour éviter la confusion avec une autre formation, Warsaw Pakt. Le nom Joy Division fait alors surface, tiré d'un ouvrage rédigé par Karol Cetinsky, The House of Dolls.
L'ouvrage raconte l'expérience d'une jeune femme au sein de la « compagnie de la joie », un groupe de jeunes femmes laissées à la disposition des officiers nazis, pour leur plaisir personnel au sein des camps de concentration. On comprendra qu'avec un nom pareil, l'équivalent d'une chape de plomb s'abatte sur les compositions de Joy Division.
 La chanson No Love Lost paye d'ailleurs son tribut à l'ouvrage, avec cette ligne : « Instinctively. no life at all in the house of dolls. »
Ian Curtis fréquentait assidûment la librairie House on the Borderland, accompagné par Stephen Morris, alors simple ami : Mike Butterworth, le gérant de la boutique, se souvient d'eux comme « des jeunes hommes dispersés, aliénés et attirés par des caractères similaires. Ils recherchaient des choses décalées, qui sortaient des sentiers battus, et la boutique leur donnait ça. Pour eux, c'était l'équivalent d'un phare dans le Manchester morne des années 70 ».
De ses lectures, Curtis retient deux auteurs en particulier, JG Ballard et William S. Burroughs, ce dernier devenant une sorte de maître à penser pour le jeune homme. On se souvient de la chanson Atrocity Exhibition qui apparaît sir l'album Closer, ouvertement et clairement inspirée de La Foire aux atrocités de l'auteur anglais.
Mais Curtis a également rendu hommage à l'oeuvre centrale de William S. Burroughs, Le Festin nu, à travers la chanson Interzone, cette fois tirée de leur premier album Unknown Pleasures (1979). Le morceau s'appuie sur la description précise que fait Burroughs de son pays imaginaire, où le centipède se monnaie très cher.
 Le site Reality Studio raconte d'ailleurs la rencontre improbable de Ian Curtis et de William S. Burroughs, par un doux 16 octobre 1979, à Bruxelles. La troupe de théâtre Plan K allait se produire dans une ancienne sucrerie, interprétant des textes de l'écrivain beat, tandis que Joy Division était chargé d'ouvrir le spectacle. Inutile de souligner que Curtis trépigne, attendant l'entrevue comme une consécration.
Hélas, la plupart des sources relatant la rencontre la résument à une phrase ou presque : « Malheureusement, quand Ian se présenta, l'auteur lui répondit d'aller se faire voir. » Pourtant réputé pour sa sympathie à l'égard de ses admirateurs, Burroughs a joué l'ours ce soir-là, et la rencontre n'a pas eu lieue.
 Et, dès 1980, c'était trop tard...

Antoine Oury
http://www.actualitte.com/tribunes/juke-books-15-ian-curtis-bibliophile-intranquille-1906.htm








Cette semaine on a fêté, et c'est peu de le dire, les 30 ans de la disparition (que rajouter ici comme synonymes, éminemment tragique peut-être, anormalement évidente sans doute) de Ian Curtis, mythe indépassable s'il en est avec Kurt Cobain et Nick Drake du chanteur aliéné par son propre génie. Beaucoup d'entre-nous n'étions pas encore vivants, trop jeunes ou tout simplement pas au fait de l'actualité culturelle de Manchester lorsque le chanteur fut décidé à résumer sa courte vie par un geste que lui seul pouvait considérer comme salvateur ; nous obligeant ainsi à appréhender son œuvre post-mortem l'oreille toujours portée vers le passé et ce sentiment frustrant de finitude absolue, avec comme posture possible celle de l'homme devant rendre hommage. Mais que dire de plus qui n'ait pas déjà été dit. Alors que certains, Peter Hook le premier, s'acharnent à vouloir invoquer l'esprit de l'idole pour remplir salles et festivals – entreprise vouée à l'échec artistique puisqu'on ne peut rendre à une œuvre désincarnée sa forme auratique – nous avons décidé de vous faire réentendre quelques morceaux captés en décembre 79 aux Bains Douches, six mois avant la disparition du leader de Joy Division, afin d'au moins rendre faussement proche cette histoire de plus en plus lointaine et de rendre et laisser aux morts ce qui leur appartient.
Audio
http://www.hartzine.com/ian-curtis-80-010/






Ian Curtis et Joy Division:
L'histoire d'une vie par Deborah Curtis


Serafina dans Critiques, Livres le 16 novembre 2011
Critiques
Puisque je suis dans ma période Camion Noir, dabYo m'a offert Ian Curtis et Joy Division: L'histoire d'une vie, la biographie de Ian Curtis écrite par sa femme, Deborah Curtis traduite en français aux éditions Camion Blanc. Pour les incultes, c'était le charismatique leader de Joy Division, initiateur de la Cold Wave et donc influence importante de la culture goth. Ian Curtis s'est suicidé, à 23 ans, à la veille de leur première tournée américaine. Cette mort en pleine gloire l'a forcément érigé en légende.
http://ifisdead.net/livres/ian-curtis-et-joy-division-lhistoire-dune-vie-par-deborah-curtis/Si je connaissais la légende ainsi que la musique de Joy Division, à vrai dire je n'en savais pas grand chose sur l'homme. La biographie qu'a écrit sa femme s'intéresse surtout à ce dernier, à celui qui fut son mari, même si bien évidemment son histoire est indissociable de celle de son groupe. La biographie évolue chronologiquement, bien qu'on connaisse déjà la fin évidemment et est illustrée de photos d'archives en noir et blanc.
La bio évoque bien sur la scène post-punk de Manchester, mais sans entrer dans le détail, le but n'étant pas de documenter cette scène. Personnellement je ne la connais que peu, via un ou deux groupes emblématiques dont Joy Division, mais je pense que c'est un sujet sur lequel je me documenterais dans le futur.
Le roman est facile à lire , les photos bien intégrées, et on le termine très vite. En effet, les 150 dernières  pages sont exclusivement consacrées aux paroles des chansons du groupe, ainsi qu'aux paroles inutilisées laissées par Ian Curtis après sa mort, et à la discographie du groupe. Si cela est sans doute très intéressant pour les fans, bien qu'avec un accès au net trouver les paroles ne soit pas bien dur, je dois avouer que je ne les ai pas lues.

Image tiré de Control, l'adaptation du roman en livre par Anton Corbijn
Du coup, le récit en lui même se lit très vite. Deborah Curtis est je trouve assez objective et plusieurs années après les faits, elle a pu gagner pas mal de recul pour son écrit. Elle ne montre pas que les bons cotés du chanteur, mais pas non plus que les mauvais, ce n'est clairement pas du règlement de compte contrairement à ce qu'on aurait pu penser au vu de leur relation. La culpabilité ressentie par l'auteur est cependant assez palpable plus on s'approche de la fin.
On suit d'abord avec passion Joy Division récolter la reconnaissance et finalement des contrats, souvent grâce au culot de Ian Curtis. Et puis c'est totalement impuissant qu'on assiste peu à peu à la spirale auto-destructrice dans laquelle il va être entrainé, ses tendances suicidaires ayant toujours été présentes mais exacerbées suite à la déclaration de son épilepsie. En effet, Ian Curtis était épileptique et la fin de sa vie aura été fortement marquée par ses crises qui affecteront notamment sa présence scénique.

Je suppose que le récit ici présent n'intéressera guère que les fans du groupe culte, mais je ne peux quand même que vous le conseiller même si ce n'est pas votre cas. Ian Curtis fait, et pas seulement pour moi, partie des légendes du rock et a été une inspiration importante pour de nombreux autres groupes par la suite. Son histoire est touchante et mérite d'être connue.
Il est à noter que ce livre a servi de base à Control, un film biographique qui retrace une bonne partie de ce qu'on peut lire dans le récit de Deborah et que je compte bientôt voir. Nous reparlerons sans doute dans un prochain article.

http://ifisdead.net/livres/ian-curtis-et-joy-division-lhistoire-dune-vie-par-deborah-curtis/







IAN CURTIS, YOU CUNT !

Posté par Louis Lepron, le 21 mai 2010

Voilà 30 ans, Ian Curtis s'est donné la mort dans sa maison, un 18 mai 1980. À la veille d'une tournée aux Etats-Unis. À la veille de tout ce que n'importe quel chanteur ou groupe aurait aimé connaître : le triomphe, les photographes, les concerts sold-out, les interviews, l'immortalisation sur papier dans des grands publications, des citations dans le classement des personnes les plus influentes au monde dans le Time. Tout ça, Ian Curtis, modeste britannique né à Manchester, n'y pensait pas. Ian Curtis aura toujours été à part, loin, très loin de la normalité, à des kilomètres des musiciens standards et des standards de la musique. Marié à 19 ans à peine, le cul amoureux entre deux chaises quelques années plus tard, souffrant de crises d'épilepsie qui lui feront perdre le contrôle, Ian Curtis ne fera pas partie du club des 27, ce « stupid club » comme disait la mère de Kurt Cobain. En aucun cas. Il est mort à 23 ans et Dieu sait ce qu'il aurait pu faire par la suite. Une pendaison soudaine et brutale, comme pour mieux tuer ces crises incontrôlables qui l'envahissaient peu à peu.  Une décision égoïste qu'ont pris certains fans stupides comme un acte romantique. 23 ans de vie qui ont entraîné des tonnes de questions  et d'hypothèses sur sa vie, ce qu'il pensait, ce qu'il était. Le film Control, sorti en 2007 sur les écrans, est l'exemple parfait de qui était Ian Curtis : se rapprocher de lui d'un pas, c'est s'en reculer inexorablement de deux pas. Le film ne donne aucune réponse. À nous de nous les poser. En aucun cas un artiste britannique n'aura eut le pouvoir comme lui de changer la face la musique britannique en seulement deux ans. Deux années dont Ian Curtis a disposé et utilisé avant de mourir afin de construire le premier album du groupe Joy Division, Unknown Pleasures. Si peu de temps qui vont influencer le post-punk britannique, donner des idées aux OMD, Bloc Party, The Editors et Interpol.
Ian Curtis n'était pas le genre de chanteur à dire à tout bout de champ « on ne parle bien que de ce que l'on connait ». Avouez que cela aurait été une forme d'aveu qu'il n'aurait pu se permettre à l'égard de ceux qu'ils côtoyaient quotidiennement, notamment les membres de son groupe Joy Division. Ce n'est d'ailleurs qu'en relisant ses paroles que les membres du groupes comprendront un peu mieux le suicide de leur chanteur. Plus ils parcouraient ses écrits et plus ils comprenaient ce geste inqualifiable pour tout homme de 23 ans. C'est comme s'ils ne l'avaient jamais vraiment connu, jamais vraiment percé, même s'ils étaient toujours à ses côtés. Le relire a été pour eux une forme de prise de conscience à regret de ce qu'était leur partenaire musical. Ils comprenaient enfin qu'il ne parlait pas pour le plus grand nombre mais seulement de lui. Ils ont enfin compris qu'il n'avait peut être pas un talent pour se mettre à la place des gens mais un talent pour décrire avec génie ce qu'il lui arrivait. Paradoxalement, les fans de Joy Division apprendraient peut être à mieux se connaître en déchiffrant les paroles d'un chanteur atypique de Manchester.
Pourquoi parler d'un type mort il y a 30 ans ? Mort en 1980 alors que Margaret Thatcher était encore à la tête du Royaume-Uni. En parler en 2010 alors que David Cameron, après 13 ans de New Labour Party, prend les commandes du pays. Car c'est un des seuls types au monde à avoir réussi à marquer la musique en l'espace de si peu de temps, avec autant de classe en apparence que de fragilité dans le fond. Ce n'est pas un papier de 20 lignes qui pourra lui rendre hommage. L'objectif n'est pas là. C'est juste pour qu'on se souvienne encore un peu de lui et de Joy Division dans 10 ans, en relisant ce qu'il a fait, en réécoutant Joy Division. C'est donc un billet plutôt personnel à partager avec quelques personnes.

Mais sur Across The Days, on ne lâche pas l'affaire aussi facilement lorsqu'un type comme lui vous intrigue autant. Alors on a essayé de se mettre à sa place, d'essayer de voir ce qu'il aurait pu penser de sa mort, après sa mort, modestement :
« Je suis Ian Curtis et dans quelques minutes je serais mort. Une balle dans la tête ? Non. Je n'ai pas envie de faire comme un certain blond crasseux qui, dans 14 ans, se retrouvera contre sa volonté sur des milliers de t-shirt d'ados boutonneux. Une fin glaciale dans une baignoire à Paris ? Non, je ne veux pas finir au Père Lachaise, visité par des millions de touristes feignant de pleurer sur ma tombe tout en étant photographié par leurs parents, le chien sur les genoux. Finir sur un lit d'hôpital, un petit tas de médicaments à côté de moi comme le roi de la pop ? Mais ça va pas non ! Ca sent la cérémonie à deux balles vue par des milliards de téléspectateurs, médusés par une mise en scène à la Spielberg. Dites moi si je me trompe pour ce qui est de la cérémonie.
Je vous parle d'une mort brutale sans autre moyen qu'un simple bout de corde dans une simple cuisine dépareillée dans la simple ville de Manchester. Pas la pendaison pour le côté répulsif et agressif de voir un corps inerte pendre dans une pièce. Non. Je n'aime pas la télévision et tout ce que cela comporte comme spectacle. La corde, c'est surtout pour que je sache quand je mourrais et les conséquences que cela aura sur mon corps : sans autre trace qu'une simple brûlure au cou, à l'image de mon passage sur Terre, rapide. Pas de trou béant dans mon corps, pas de seringues dans mes veines, pas de drogues dans mon sang. Quelque chose de brutal mais de simple à la fois. La mort lente par la drogue, ou rapide par un coup de fusil, a tout d'une mise en scène pour la télévision. La pendaison, c'est quelque chose d'oubliée, réservée non pas aux rock star mais à ceux qui croupissent en prison, dans leur prison.
Qu'elle soit réelle ou imagée, je vis dans une prison. Une prison que je ne peux plus arpenter sans me sentir piégé par mes sentiments, par une maladie qui me paralyse. Pour tout vous dire, j'ai été heureux. Mon groupe, Joy Division, j'y ait tout donné et c'était plutôt cool. Mais c'est avec lui et un peu à cause de lui que j'ai connu cette mort. Il m'a fait prendre conscience de l'importance de certaines personnes, m'a permis d'en rencontrer d'autres. Mettez moi en plein milieu d'un carrefour d'où je pourrais voir deux chemins et je ne saurais vous dire lequel je voudrais choisir. « Pourquoi faire ? » vous dirais-je. Mieux vaut parfois prendre un chemin qui n'existe pas, même si c'est le plus égoïste, le plus repoussant et le plus brutal. Il permet parfois de couper court à tout, de tout laisser en suspens, que ce soit l'amour pour deux personnes, pour deux territoires, pour la musique, pour un groupe ou le désespoir d'une maladie qui vous rend faible à l'égard des autres. Laisser en suspens, c'est bien l'image que j'aimerais laisser au monde : mourir à 23 ans, il est vrai que c'est très jeune, mais c'est mourir à un âge qui m'aura permis de donner de la hauteur aux choses que j'ai accomplies. À l'heure où je vous parle, ma musique est au summum, je suis amoureux de deux belles femmes au delà des frontières et je n'ai rien à regretter. À l'opposé, mourir à 100 ans, il est vrai que c'est vieux, il n'y a plus grand chose en suspens à cette âge là. Tout ce que vous avez accompli a déjà été fait des dizaines d'années en arrière lorsque vous étiez encore jeune : tout n'est plus en suspens, tout est à terre et tout le monde a eu le temps d'y marcher dessus, de  tout retourner. À 23 ans, quoi que vous ayez fait, les gens n'arriveront même pas à accéder à ne serait ce qu'un centième de votre vie. Il pourront seulement en avoir une « idée » et des centaines de questions sans réponses sur le bas côté.
Imaginez : vous êtes fort, chantez, écrivez, créez devant des milliers de personnes. Et soudain, vous tombez. Vous tombez comme une plume sur un coussin mais avec fracas, vous vous débattez sans que rien n'y fasse puis vous vous réveillez, des centaines d'yeux vous fixant avec stupeur. Les gens vous perçoivent alors différemment, essaient de vous comprendre sans qu'ils ne puissent y arriver tout en faisant mine de savoir qui vous êtes. Comment faire dans ce cas là ? Se laisser mourir. Pas pour la postérité ou pour avoir une place au soleil dans le club des 27. Seulement pour partir, brutalement oui, mais en paix, en ayant pris ce chemin qui n'existait pas. Une personne de ma famille disait, parlant de quelqu'un, « je serais heureux que cette personne disparaisse, elle a tout vécu, n'a plus aucun désir de rester sur Terre et ce serait pour elle un véritable soulagement et une véritable liberté que de mourir. Enfin ». Il était temps pour moi aussi de disparaitre.
P.S : je viens de voir le dernier film qui m'était consacré et, franchement, j'ai beaucoup apprécié ce que le réalisateur a fait de ma vie. Oui. Faire un biopic sur une vie, normalement, ça donne des réponses. Là, j'ai senti que Control n'en était pas un. Les Johnny Cash et autres Ray étaient bien mais trop convenu. Dans Control, on se pose encore des questions à la fin du film. En plus, le côté noir et blanc et stylisé m'a beaucoup plu. La couleur va très bien aux manteaux noir que je porte dans les rues blanches de Manchester. Je vais donc de ce pas voir J-J Truffaut, histoire qu'il me donne son avis sur ce film. Ce français a encore toute sa tête et me bat tous les samedis aux échecs. Il est vraiment bon le salop .
P.S 2 : bonne chance à David Cameron et à sa troupe.
Ian Curtis, le 21 mai 2010, 10h30 du matin. »







Peter Hook de Joy Division raconte ses derniers jours avec Ian Curtis
16 juin 2011
        
Dans une interview au «Gardian», Peter Hook, bassiste de Joy Division, revient sur les crises d'épilepsie du chanteur qui s'est suicidé en 1980.

Peter Hook, lors du festival international du film de Toronto le 9 septembre 2007. - REUTERS
    
Dans une série sur les cinquante événements qui ont marqué l'histoire de la musique, le quotidien anglais «Le Guardian» donne la parole à Peter Hook. Le bassiste de Joy Division raconte la fin du groupe, et le suicide de Ian Curtis. Extraits de confidences poignantes.
«Ian souffrait beaucoup de l'épilepsie quand nous enregistrions Closer. Il avait beaucoup de trous noirs. Une fois, il a disparu du studio pendant deux heures. Nous ne savions pas où il était. J'ai été aux toilettes et je l'ai retrouvé inconscient, allongé par terre - il avait eu une crise et s'était ouvert le crâne sur l'évier. Ce genre de choses arrivait très souvent. Closer avait été fait assez vite après Unknown Pleasures. Certaines chansons ont été achevées au studio. Nous avions seulement deux semaines pour tout faire, y compris le mixage. Il y avait donc beaucoup de pression. Nous ne l'avons pas aidé en nous moquant tout le temps.
«Nous avions enregistré l'album en mars. Il a fait sa première tentative de suicide en avril, c'était donc assez rapproché. Ian travaillait bien avec notre producteur, Martin Hannett, qui insistait pour travailler la nuit. Ian préférait la paisibilité et la tranquillité. Mais c'était stressant (...) La maladie de Ian empirait, et nous ne l'avons pas aidé, principalement par ignorance en fait. Mais aussi parce que Ian était son pire ennemi- il ne voulait pas vous déranger, donc il disait ce que vous vouliez entendre. On ne savait jamais s'il souffrait ou à quoi il pensait.
«Il a fait deux autres tentatives de suicide. La première fois, il était vraiment ivre. Il s'est blessé avec un couteau de cuisine, ce qui, à mon avis, était un épisode à la Iggy Pop. De la pure frustration. Il a ensuite eu une overdose. Tony Wilson, le patron de notre label Factory Record, l'a emmené aux répétitions directement en sortant de l'hôpital, je crois. Nous lui avons demandé: "Tout va bien, mec?" Et il a répondu: "Oui, pas de problème, continuons".
«Comme je suis maintenant père et adulte, je me sens plus coupable que jamais. Si ça avait été mon fils, je serais venu là-bas, j'aurais mis un coup de boule à Rob Gretton, notre manager, et je l'aurais ramené à la maison. Il y avait des docteurs, des consultants, des psychiatres, et personne n'a rien pu résoudre. Incroyable.
«Rob avait organisé un concert à Bury. Ian avait décidé qu'il ne pouvait pas y aller. Mais pour une raison démente, il a été conduit au concert, même si nous nous étions arrangés pour que Simon Topping et Alan Hempstall le remplacent. Ian a insisté pour faire quelques chansons. Et quand il n'a plus pu chanter, le public a commencé à tout casser. Cela l'a détruit.
«Puis notre dernier concert à Birmingham a été une histoire lugubre. La maladie de Ian tirait tout vers le bas. Mais en trois ans, nous étions passé de concert devant une salle vide au statut de groupe vénéré. C'était pour ça qu'il s'était battu toute sa vie. Aucun de nous ne voulait abandonner. Nous sentions tous que si nous arrêtions, cette chance pouvait ne pas repasser.
«J'ai appris ce qui s'était passé par un coup de fil d'un policier. C'était horrible. Un choc dévastateur. C'est très difficile de vivre avec ce souvenir. Je m'en souviens comme si c'était hier.
«Après un événement comme celui-là, on ne sait plus quoi faire. La seule chose constante dans nos vies, c'était le fait de jouer. Quand on a quitté les funérailles de Ian, on s'est dit: "On se voit aux répétitions". Ce dimanche après-midi là,  j'ai trouvé l'accord de Dreams Never End que nous avons enregistré avec New Order. Nous avons mis Joy Division dans une boîte et nous avons mis un couvercle dessus. Cela nous à permis à tous les trois restants de poursuivre en tant que New Order.
«Je sais que Joy Division sera toujours éclipsé par la mort de Ian. Je me souviens conduire ma vieille Jaguar quand la radio annonce: "A la onzième place des meilleures ventes, c'est Joy Division avec Love will tear Us Apart". J'ai éteint. Pour nous, Joy Division n'existait plus.
«Je pense que, comme pour Kurt Cobain plus tard, ce fut la mort de l'innocence. La fille de Ian n'a pas eu de père. Est ce que la musique indépendante y a gagné une icone? Je suis trop proche pour juger. Je devais voir la mort de Joy Division comme un nouveau départ. Toutes les batailles que nous avions menées pour Joy Division, nous devions les refaire une fois encore.
«Réécouter Closer est bouleversant. Ian a créé un temoignage formidable de ce que nous ressentions à l'époque: inquiets, remplis de craintes mais puissants.»

http://next.liberation.fr/musique/01012343682-peter-hook-de-joy-division-raconte-ses-derniers-jours-avec-ian-curtis








Ian Curtis est vivant

Il y a 30 ans (et un jour), Ian Curtis se donnait la mort.
Le 18 mai 1980 disparaissait ainsi un O.V.N.I. du ciel musical, laissant derrière lui un héritage fascinant, source intarrissable d'énigmes, de coeur à vif et de doutes.
 
Mais c'est qui ça, Ian Curtis ?
De Manchester à Joy Division
Ian Curtis est né le 15 juillet 1956 à Manchester.
A 15 ans il fait une overdose de médicaments que lui et ses amis avaient l'habitude de consommer. Le décor est planté.
Déjà à cet âge, il présente une personnalité complexe, alternant politesse et calme avec crises de rage et violences physiques.
L'école ne l'intéressera jamais et il concentrera plutôt sa passion sur David Bowie, Iggy Pop, les Who, le Velvet Underground ou encore Jim Morrison.
Il grandit à l'âge d'or de la musique punk et affectionne notamment les Sex Pistols. C'est d'ailleurs en se rendant à un de leurs concerts le 20 juillet 1976 que sa vie prendra un tournant décisif.
Il y fera la connaissance de Bernard Sumner, Peter Hook et Terry Mason qui cherchent un chanteur pour leur projet de groupe. Ian Curtis se présente à leur audition le lendemain et remporte le job. Il a alors 20 ans et s'est marrié l'année précédente à Deborah Woodruff.
Joy Division : mise en orbite de l'O.V.N.I.
Après différents changement de musiciens et de noms (Stiff Kittens, puis Warsaw), la formation optera pour "Joy Division" à la sortie de leur premier album en 1978.
Les premiers concerts du groupe ont essentiellement lieu dans le nord de l'Angleterre et Ian Curtis se fera déjà remarquer par son jeu de scène inédit.
A la fin de l'année 1978, Joy Division sera le premier groupe signé par le tout nouveau label Factory Records, fondé notamment par Tony Wilson que Ian Curtis avait violemment interpellé dans un bar deux mois auparavant lui reprochant d'avoir programmé les Sex Pistols dans son émission de télévision, et pas Joy Division. Un des co-fondateurs du label est Rob Gretton qui n'est autre que le manager du groupe. Tony Wilson, n'étant visiblement pas rancunier et ayant surtout un groût pronnoncé pour l'avant-gardisme, signe Joy Division.
A la fin 1978 les concerts s'enchaînent même si la récompense financière se fait encore attendre.
C'est lors de cette tournée que Ian Curtis fait sa première crise qui sera diagnostiqué comme étant de l'épilepsie ; il sera alors astreint à un traitement avec de lours effets secondaires.
 1979 : en surface l'apogée, en profondeur la dépression
Cette année sera la plus créative pour le groupe et sera également celle de la consécration.
Le 14 février, Joy Division passe pour la première fois à la radio nationale.
Le 4 mars, Ian Curtis et ses compères font la première partie de The Cure à Londres.
En avril l'album Unknown Pleasures est enregistré sur Factory Records. On y retrouvera des titres majeurs du groupe : Disorder, She's Lost Control et Shadoplay. L'album est accueilli favorablement par la critique et le groupe gagne un public toujours plus nombreux.
Le 16 avril, Natalie, la fille de Ian et Deborah naît à Manchester. Ian semble quasiment indifférent à son enfant même s'il affirme l'aimer. Ce sera une contradiction parmis tant d'autres en cette année 1979. Les médicaments le plongent lentement dans la dépression et il explique perdre la sensation immédiate des choses. Il est alors irréversiblement parti dans un autre monde, celui qui aura raison de lui.
Pourtant, en parallèle, Joy Division connaît un succès grandissant et d'autres enregistrements marqueront cette année 1979, notamment celui de Transmission, et placeront définitivement le groupe au sommet de son art.
En septembre, Ian a une crise d'épilepsie avant de monter sur scène. Il assurera le concert mais rien n'ira en s'arrangeant par la suite.
Entre octobre et novembre, Joy Division accompagne le groupe Buzzcocks dans leur tournée européenne. Ian y rencontrera une journaliste belge avec qui une relation intime s'installera.
1980 : une chute lente et inévitable
Rentré de sa tourné, Ian tente de recoller les morceaux avec sa famille qu'il a largement délaissé pendant plusieurs mois. Mais sa nouvelle relation avec la journaliste belge ne facilite pas les choses. A cet instant précis de sa vie, Ian Curtis est tiraillé entre ses relations amoureuses, sa fille et sa dépression qui lui fait perdre tous rapports au monde réel, lui donnant l'impression que tout lui échappe.
Il enregistre Love Will Tear Us Apart ("L'amour nous séparera") en mars.
Les médicaments qu'il prend pour combattre l'épilepsie l'enfoncent toujours plus profondément dans un état dépressif dont il ne parvient plus à sortir.
En mars, il tente de se donner la mort en se coupant les veines. Il est auvé et on lui préconise du repos mais le succès du groupe l'emmène à nouveau sur les routes en avril.
Le 4 avril, Joy Division joue en première partie des Stranglers à Londres, au Rainbow Theatre.
Le manque de sommeil, combiné au stress et à l'éclairage stroboscopique projeté sur la scène, sont autant de facteurs de risques d'une nouvelle crise d'épilepsie pour Ian Curtis qui s'effondrera lors du dernier morceau. On le transporte rapidement jusqu'aux loges où il se remettra finalement. Le groupe assure un nouveau concert le lendemain mais cette fois Ian Curtis s'effondre en plein milieu de la prestation.
Le 7 avril, effondré par l'échec de son marriage, épuisé par les concerts et enfoncé dans des pensées noires par une dépression dévorante, il tente à nouveau de se suicider en avalant un de ses flacons de barbituriques. Alertée, sa femme le conduit à l'hopital où un lavage d'estomac le sauvera.
Le lendemain, il doit assurer un nouveau concert. Cette fois, il est épaulé par deux autres chanteurs mais rien n'y fera, il n'arrive même plus à chanter, ni à se tenir debout. Les fans enragent d'avoir payé pour voir ça et déclenchent une émeute qui aboutira au saccage de la salle.
Dans le même temps Deborah souhaite divorcer. Ian partage alors son temps entre le domicile familial et celui de sa maîtresse. Il veut tout arrêter et les concerts de fin avril seront annulés.
 Le 2 mai 1980, Joy Division donne son dernier concert. Ian Curtis est toujours aussi faible et déprimé et délivrera une performance médiocre.
Le samedi 17 mai, à la veille d'une tournée triomphale aux Etats-Unis qui doit débuter le lundi suivant, Ian passe voir Deborah pour tenter de se réconcilier mais elle préfère rompre, expliquant qu'elle ne peut continuer comme ça. Il lui ordonne de quitter la maison et passera la nuit seul. On dit qu'il regardera le film Stroszek, de Werner Herzog, un réalisateur qu'il admire. C'est l'histoire d'un jeune musicien allemand, perdu et alcoolique parti tenter sa chance aux Etats-Unis. Sa femme l'abandonne, il est noyé sous les dettes et finit par se suicider après une ridicule tentative de hold-up. Ian Curtis aurait aussi écouter l'album The Idiot d'Iggy Pop avant d'écrire une lettre à sa femme dont la teneur n'a jamais été révélée.
A l'aube du dimanche 18 mai 1980, après une nouvelle crise d'épilepsie, Ian Curtis se pend dans sa cuisine.
Il avait 23 ans.
De retour vers midi, sa femme découvre son corps sans vie.
New Order : fidélité et changement de cap
Les trois membres restants de Joy Division ont créé le groupe New Order et ont à leur actif 10 albums studios, répartis de 1981 à 2005. Les premières chansons sont dans la lignée de Joy Division : sombres et mélancoliques. Mais petit à petit le groupe acquiert une nouvelle identité qui lui collera davantage, ce sera le tournant vers une musique plus électronique. Le groupe à composé la bande originale du film Control, d'Anton Corbijn, sorti au cinéma en 2007 qui retrace le parcours de Joy Division.
Pour comprendre l'ambiance des textes de Curtis, saisir la complexité de sa personnalité et de son rapport au monde, et apprécier la musique qu'il a créée, regardez ce film et ouvrez une porte sur un univers sombre mais riche.
 Mais même si Ian Curtis est mort il y a 20 ans, j'aime penser qu'il fait parti de ces Jim Morrison, Jimi Hendrix et autres Elvis Presley. Je ne parle pas de cette soit-disante île secrète où seraient en réalité planqués tous ces artistes dont on nous à fait croire à la mort. Non.
Je veux dire que lorsqu'on crée un genre musical à part entière, on ne meurt jamais.
On ne peut pas mourir.
Ainsi, je l'écris haut et fort : Ian Curtis est vivant.

http://lesmotsdunevie.over-blog.com/article-ian-curtis-est-vivant-50696914.html







"Ian Curtis, l'âme de Joy Division"
18 mai 2012

32 ans. Cela fait 32 ans que Ian Curtis a été retrouvé pendu dans sa cuisine par sa femme, alors qu'il était sur le point de partir en tournée aux États-Unis. À seulement 23 ans, il laisse avec son groupe Joy Divsion, Deux albums, Unknown Pleasures et Closer, et une poignée de singles.

Joy Division s'est formé en 1976, les quatres membres se sont rencontrés à un concert des Sex Pistols, et en voyant le spectacle qui s'offrent à eux, décident de fonder un groupe de punk-rock. À l'époque, Ian Curtis a tout juste 20 ans et vient de se marier avec sa compagne Deborah Curtis. Il intègre le groupe comme chanteur et propose un premier nom, Warsaw, en hommage à la chanson Warsawa de David Bowie dont il est fan. Au début le groupe n'est qu'un simple groupe de punk- rock parmi tant d'autres et il semblait voué à rester dans l'anonymat le plus total. Mais deux rencontres vont influencer sur le destin du groupe: tout d'abord Martin Hannett, célèbre ingénieur du son qui va donner l'atmosphère que l'on connaît aux morceaux du groupe, et Tony Wilson, animateur radio connu pour avoir créé le label Factory Records. À partir de là le groupe va enfin pouvoir commencer à enregistrer des albums. Le premier, Unknown Pleasures, sort en 1979. Beaucoup de choses ont changé depuis la création du groupe : tout d'abord la vague punk commence sérieusement à s'essoufler, laissant place au post-punk. Ensuite, Ian Curtis est désormais épileptique et le traitement qu'il prend possède des effets secondaires dangereux. L'album est sombre, dépressif, mais reste encore très rock. Début 1980, le groupe commence à enregistrer son deuxième album, Closer. Encore plus sombre que le premier album, Closer montre un Ian Curtis encore plus triste, encore plus bouleversant. Son traitement contre l'épilepsie le plonge dans une dépression chronique, et comme si ça ne suffisait pas son mariage bat de l'aile depuis qu'il a rencontré Annick Honoré. Cela lui inspirera le single cultissime, Love Will Tear Us Apart, chanson sur le désamour qui sera le seul et unique tube du groupe. Ian Curtis essaiera tant bien que mal de se sortir de cette situation mais la fatigue dût aux concerts de plus en plus nombreux, et aux crises de plus en plus régulières l'amèneront à faire une première tentative de suicide. Il réussira à s'en sortir mais sa situation ne s'améliore pas pour autant: pire elle s'aggrave. Le 2 mai 1980, Joy Division donne son ultime concert, durant lequel ils interpréteront notamment Ceremony, une des dernières chansons écrite par Ian Curtis. Le groupe doit partir faire une tournée aux États-Unis mais malheureusement le matin du 18 mai 1980, Ian Curtis se donne la mort par pendaison. Il avait 23 ans.

Rares sont les personnalités dans le rock qui vivaient pleinement leur musique et étaient littéralement en transe sur scène. Au hasard on citera Jim Morrison, Janis Joplin ou encore Jacques Brel (même si c'est pas du rock). Ian Curtis faisait partie de ces gens-là, à la différence qu'il ressemble plus à une antistar qu'à un symbole. Et pourtant aujourd'hui après plus de trente ans, sa légende semble ne plus pouvoir cesser de grandir, comme en témoigne notamment le film Control qui retrace sa vie, de sa rencontre avec Deborah jusqu'à ce triste jour du 18 mai 1980.  Sa voix caverneuse, ses textes forts et poétiques dans lesquels il exprimait son mal-être résonnent encore dans le coeur de millions de personnes.

Et maintenant mes 10 titres préférés du groupe :

http://clashdohertyrock.canalblog.com/archives/2012/05/18/24264838.html





13/02/2013
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