Alain YVER

Alain YVER

JACNO "ITINÉRAIRE DU DANDY POP"

JACNO  "ITINÉRAIRE DU DANDY POP"

 

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http://jazz.blog4ever.com/jacno





Description de l'ouvrage
Date de publication: 25 mai 2006

Avec humour, malice et complicité, Albert Algoud et Jacno ont conservé à bâtons rompus, au-delà des codes classiques de l'entretien biographique. " Alors que je m'attelais consciencieusement à ce travail biographique, Jacno s'est révélé être beaucoup trop vivant, beaucoup trop attachant pour que j'envisage de le momifier et son itinéraire si singulier dans des pages strictement historiques " explique Albert Algoud au lecteur. Plus qu'un un roman sur sa vie, cet Itinéraire est donc un livre riche d'entretiens avec l'éternel dandy de la pop française. Un itinéraire atypique et personnel écrit comme une promenade au cours de laquelle le lecteur croise aussi bien Andy Warhol, que Serge Gainsbourg, françoise Hardy, Iggy pop, Hergé, Étienne Daho, les Sex Pistols, Eric Françoise Rohmer, Kraftwerk ou Jacques Higeltn. Jacno parle à cœur ouvert de ces nombreuses collaborations artistiques, de ses amitiés avec des artistes majeurs et mythiques ainsi que de ses succès incontournables tels que " Amoureux solitaires " pour Lio (6 millions d'exemplaires vendus en Europe), " Main dans la main " avec Elli et Jacno, " Rectangle " pour lui-même (numéro un des ventes simultanément en France et en Italie en 1980). D'aventures en mésaventures, il nous livre son parcours de " prisonnier distrait " dans le domaine de la musique Electro-pop ou Punk. Promeneur élégant et libertaire, artiste complet et inspiré, Jacno aura, en albums solos, influencé de manière indéniable l'univers musical français huit et européen. Des premiers concerts des Stinky Toys au Palais des Glaces en 1977 à son nouvel album, il aura fallu " Tant de temps " pour que le martyr du rock s'efface dans le vrai père de la pop française.

http://www.amazon.fr/Itin%C3%A9raire-du-dandy-pop-Entretiens/dp/2268058875






Extrait du livre:

Quand il a été question d'écrire un livre sur Jacno, je me suis lancé dans une biographie classique pour tenter de raconter la vie et l'oeuvre de ce personnage hors du commun. Il est vrai que j'avais accepté l'entreprise autant par admiration qu'«à la sympathie», parce que je connaissais un peu l'animal, rencontré à l'occasion d'une émission qui demeure un de mes meilleurs souvenirs radiophoniques. Animal revu au hasard de rencontres tardives dans des établissements pittoresques comme celui, où, un soir, alors que, debout sur une table, j'entonnais une version très personnelle de Raphaël le Tatoué, de l'impérissable Fernandel, nous vîmes débouler dans l'estaminet, guidé par un Ariel Wizman aux anges, un groupe de Boliviens équipés d'une gigantesque harpe, comme une lyre tombée du ciel pour accompagner nos délires...

Mais très vite, alors que je m'attelais consciencieusement à ce travail biographique, Jacno s'est révélé être beaucoup trop vivant, beaucoup trop attachant pour que j'envisage sérieusement de le figer, de le momifier, lui et son itinéraire si singulier, dans des pages strictement historiques. Ce livre, réalisai-je alors, ce n'était pas sur Jacno ni autour de lui qu'il fallait le faire, mais avec Jacno.






Hommage à Jacno
21/11/2009  par Christophe Conte

Mort à 52 ans, Jacno laisse les amoureux d’un certain style frenchy but chic terriblement solitaires. Il fut le pionnier des prélmiminaires du punk et des mariages electro-pop.
En 2006, le livre d’entretiens haut en couleur entre Jacno et Albert Algoud (Itinéraire du dandy pop, aux Editions du Rocher) comportait en exergue cette citation de Cioran : “N’avoir rien accompli et mourir exténué”. Denis Quilliard, alias Jacno, est probablement mort exténué, emporté le 6 novembre par un cancer à l’âge de 52 ans, mais ce qu’il aura accompli n’est pas rien. Il s’agit même, en plusieurs points cardinaux de nos mémoires, d’immortels repères dans ce que la musique en France aura généré de plus vif et distingué, des premières lignes du front punk jusqu’à la chanson oblique en passant par cette electro-pop géométrique dont Rectangle aura défini, un beau jour de 1979, les contours.
Des saillies cinglantes des Stinky Toys transformées en concubinage ultrasexy avec Elli Medeiros, du Jacno solo aux productions avisées pour Etienne Daho, Lio, Daniel Darc ou Jacques Higelin, on aurait voulu l’éviter durant toutes ces années qu’une camisole de séminariste autiste n’y aurait pas suffi.
Après Fred Chichin, à quelques encablures d’Alain Bashung, c’est donc un troisième de ces hommes liges d’une certaine identité nationale – la seule que l’on épouserait sans condition – qui disparaît trop vite et, avec eux, un peu de notre ADN commun part en fumée.
A propos d’ADN, celui de Jacno était plutôt du genre chargé. Ce Parisien de souche, avant d’incarner le dandysme post-punk et le visage ultime des “jeunes gens modernes”, avait grandi entre les mâchoires d’une vieille France réac – en pension chez les Jésuites, au garde-à-vous chez les scouts – dont il lui restera, sinon les idées, au moins le mordant et la distance trempés au besoin d’un doigt de sarcasme.
Si certains aïeuls étaient des peintres et sculpteurs illustres que l’on croise au Louvre (notamment Noël Hallé, 1711-1781), c’est d’un grand-père royaliste et persifleur que le jeune Denis tirera les rudiments de son anticonformisme, un humour libre et acide tout comme un goût prononcé pour les fleurs de lys qu’il arborait aux premiers matins du punk à la boutonnière de ses costards comme d’autres (Elli) l’épingle à nourrice.
Le grand-père germanopratin et pourfendeur des flics républicains aura sa citation dans le Manuel de Saint-Germain-des-Prés de Boris Vian, idole du petit-fils. Un oncle, en revanche, écopera surtout de citations à comparaître puisqu’il s’agit d’André Zeller, l’un des quatre généraux putschistes de l’Algérie française. Jacno se servira une seule fois de cet encombrant branchage dans sa généalogie. A la séparation des Toys, toujours harnaché aux disques Vogue, il se voit refuser par le patron du label son single solo, le fameux Rectangle. Empêché contractuellement de le sortir ailleurs, il découpe alors un article dans Historia qui raconte les frasques militaro-barbouzardes de l’oncle André et l’adresse au boss de Vogue avec cette menace : “Ton usine va sauter.”
Les déflagrations, Jacno connaît bien, surtout celles des guitares de Satisfaction et de My Generation qui viennent perforer son adolescence alors qu’il s’usait la jeunesse avec Mozart et Chopin comme seuls copains, sur injonction familiale. Le rock envoie tout valser et il se retrouve batteur dans des groupes qui durent le temps d’un paquet de cigarettes. Des clopes, il en consomme avec la ferveur d’une caserne de pompiers, ce qui lui vaut dès le lycée le surnom de Jacno, hérité de Marcel Jacno, le dessinateur du logo des Gauloises. Ça tient à pas grand-chose un pseudonyme novö.
L’histoire s’accélère un jour de manif étudiante en 1973 lorsque Jacno tombe sur une petite bombe de fabrication uruguayenne, qui porte un blouson de cuir et un T-shirt Alice Cooper et fait partie du service d’ordre trotskiste, parle à peine français mais hurle très bien en anglais : Elli Medeiros. Les Stinky Toys (les “Jouets puants”) naissent quelques mois après autour du couple formé dans l’intervalle par Elli et Jacno. Ils décanteront à cinq une formule pas si éloignée de celle de Blondie – mélange de glamour et de poudre à canon –, qui fera mouche aussitôt. Malcolm McLaren invite à la rentrée 1976 ces Frenchies décapants à partager l’affiche de son festival du 100 Club de Londres qui accueille notamment les Sex Pistols et Clash.
Dans l’emballement général de ces premières incandescences punk, Elli se retrouve en couverture du Melody Maker alors que les Stinky Toys n’ont pas encore enregistré la moindre note. Le premier de leurs deux albums devient, en 1977, le disque de chevet d’un jeune étudiant rennais nommé Etienne Daho, qui se saigne pour les faire venir Salle de la Cité un jour de décembre 1978 glacial et bouillonnant puisque les Toys sont précédés sur scène par Marquis De Sade. Soit l’essentiel du punk français en deux cartouches. Après ce concert, un pacte à vie est scellé entre Elli, Jacno et Daho, qui partagent en gros les mêmes valeurs sûres : le Velvet, Blondie mais aussi Françoise Hardy, Gainsbourg et… les Dinky Toys.
Logiquement, Jacno produira le premier album d’Etienne, Mythomane (1981), qui lui rendra la politesse une quinzaine d’années plus tard sur Faux témoin. Les Stinky Toys forgent un petit mythe frenchy de ces années électriques et chimiques, et s’ils ne vendent pas des millions d’albums leur musique parvient toujours jusqu’aux bonnes oreilles.
Parmi les légendes multiples, il y a celle de Warhol, qui débarque un jour à Orly avec un badge de Jacno sur sa veste et dessinera sur une nappe de restaurant un portrait du guitariste des Toys avec du rouge à lèvres. “Il en voulait à mon cul”, résumera Jacno à Algoud. Par contre, pas moyen de savoir si, oui ou non, il y aura eu contact avec Debbie Harry, certains prétendant que les paroles en français du Denis de Blondie (“Denis Denis/Avec tes yeux si bleus”) ne pouvaient être destinées à quelqu’un d’autre que lui. Et lorsque le magazine Actuel fait sa fameuse couverture en février 1980 sur les “jeunes gens modernes”, qui posent pour l’occasion avec leurs mères, Jacno résume encore une fois assez bien l’époque d’une formule : “La Troisième Guerre mondiale, ça me fait ni chaud ni froid mais je ne veux pas que ça gêne ma carrière.”
Sa carrière est alors au top grâce à Rectangle, un menuet électronique génial, enfermé avec deux de ses semblables (Triangle et Losange) dans une pochette bleue devenue mythique. Le son Jacno est unique et il accompagnera l’aube d’une décennie synthétique et pop, derrière Lio (Amoureux solitaires, une reprise méconnaissable du Lonely Lovers des Stinky Toys, six millions de singles vendus), le groupe Mathématiques Modernes (Disco Rough) ou encore sur le générique de l’émission Platine 45 intitulé Roulette russe. Et surtout à travers les disques d’Elli et Jacno, Adam et Eve new-wave qui croisent les yé-yé avec Kraftwerk et dont les rafraîchissants refrains (Main dans la main, Je t’aime tant, Le Téléphone) laissent filtrer un certain désenchantement générationnel, ce que saura saisir à merveille l’éternel moderne Eric Rohmer qui leur confiera la bande originale des Nuits de la pleine lune en 1984.
Après la séparation avec Elli, Jacno mettra du temps à retrouver un ton perso en solo, optant pour la chanson détachée à la Vian/ Dutronc/Ferrer sur la demi-douzaine d’albums aux fortunes commerciales très relatives réalisés entre 1988 et 2006, traversés toutefois de fulgurances comme La réponse est non, Je viens d’ailleurs ou récemment son hymne antihygiénisme Le Sport. Une plaie intérieure éternellement à vif – laissée par la mort accidentelle de sa compagne, l’actrice Pauline Lafont, en 1988 – n’empêchera pas Jacno de conserver en toutes circonstances sa superbe, ses répliques dignes d’Audiard, sa finesse de goût et son sens hypertrophié de la convivialité autour d’une boutanche, généralement de plusieurs. Même sa dernière volonté nous met en joie : être enterré en Champagne.


http://www.lesinrocks.com/2009/11/21/musique/hommage-a-jacno-1135734/






JACNO (3 juillet 1957, 5-6 novembre 2009).


Moins de deux semaines après sa disparition, l’hommage de la Presse à l’artiste et la communication commerciale de ses productions dans tous les sites de vente en ligne, dont la page d’accueil de amazon.fr lui étant exclusivement consacrée le dimanche 15 novembre, ont attesté de sa popularité incontournable. Au-delà du boycott radiophonique et télévisuel de son dernier album "Tant de temps", à cause de la chanson à l’envers des media "Le sport c’est d’la merde", c’est le dialogue direct des internautes avec cette rengaine criminalisée par les lobbies qui a apporté à Jacno son dernier succès critique depuis 2006. Grâce au clip rigoureusement iconoclaste comme la musique et son texte boycotté par les chaines musicales, envoyé sur YouTube ce fut une traînée de poudre : lors de la grande manifestation nationale contre les licenciements et la politique anti-économique et anti-sociale du gouvernement, qui convoqua en France plus de deux millions de personnes, le 15 mars 2009, on put voir à Paris des pancartes au cadre noir et aux mots d’ordre ironiques plagiant les cartons du clip. Mais ce n’est pas tout, maintenant nous allons entendre l’album entier d’où la part maudite du sport a surgi avec le don du tube (d’autant plus subtil que Jacno y pariait notoirement une métaphore de ses addictions respectives, sa monnaie vivante), "Tant de temps", qu’il considérait musicalement comme l’un de ses meilleurs albums, sinon le meilleur. Et pour le déchiffrer nous allons retourner vers ses actes Solo après "Rectangle". Le paradoxe du simple (écrire sa musique avec des samples mais leurs combinatoires ne sont pas des remix, c’est la composition), c’est d’ouvrir les multiples chemins de l’abstraction mathématique secrète de la musique, par lesquels il n’y a pas de petite musique. La variété des répétitions n’est pas la reproduction de soi. C’est dire si le titre de son dernier album supposait autant que son passé le temps futur qu’il nous resterait à lui consacrer... Jacno, c’est l’écoute et le timbre, l’oreille des musiques modernes et contemporaines d’environnement et des musiques actuelles populaires, à l’épreuve de la critique sociale, c’est la différence entre les oeuvres personnelles et les contributions pour d’autres selon leurs propres sensibilités. C’est le style de la ponctuation acoustique quand elle fait vibrer l’électronique, quand laissant entrer le désir dans la machine obtuse elle déchire une petite faille, une âme instrumentale, pour libérer le supplément d’âme. Un compositeur radical en poète transgenre du son et des musiques divertissantes. Des avant-gardes dans le ruisseau à la ritournelle comme performance de renversement du réel, et sa découverte posthume.


http://www.larevuedesressources.org/mort-de-jacno-non-mort-de-jacno,1405.html




17/02/2014
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