Alain YVER

Alain YVER

JACQUES HENRY LARTIGUE

JACQUES HENRY LARTIGUE


Renée à Biarritz

Fondation
http://www.lartigue.org/

32 photos
http://monsieurphoto.free.fr/index.php?menu=1&Id=44

extrait de la vidéo JACQUES HENRY LARTIGUE
http://www.vodeo.tv/18-129-544-jacques-henri-lartigue.html?visu=544

Collection photo poche
http://www.delpire.fr/poches.htm



"Je ne suis pas photographe écrivain peintre, je suis empailleur des choses que la vie m'offre en passant ! Et répétait à qui croyait avoir fait une photo ratée : les insuccès sont tout à fait naturels. Ils sont une bonne leçon. C'est pourquoi il faut aussi conserver les photographies peu satisfaisantes car, dans trois, cinq ou dix ans, on y découvrira peut-être quelque chose de ce qu'on avait éprouvé jadis." - J.-H. Lartigue




Remerciements à Mme Martine D'Astier, M. Éric Colmet Daâge, Anne Diraison et Cyril Canselier (éditions Les murs d'Alysse).

On doit à Jacques Henri Lartigue quelques-unes des plus belles photographies du 20ème siècle. Il fut peintre, photographe, décorateur, dessinateur de mode, écrivain. Mais c'est de la conservation des instants fugitifs du bonheur qu'il a fit sa véritable profession. Une exposition rétrospective de 62 grands classiques de Jacques Henri Lartigue s'ajoute à la série des images de l'île de Batz réalisées pendant l'été 1920.




Biographie I

Jacques Lartigue naît à Courbevoie le 13 juin 1894. Dès l'âge de 6 ans, il prend ses premières photographies avec l'appareil de son père et entreprend d'écrire son "journal" qu'il continuera toute sa vie. A partir de 1904, il photographie et dessine ses expériences d'enfants, les jeux familiaux, ou encore les débuts de l'aviation, de l'automobile, les "belles dames du Bois de Boulogne", les manifestations mondaines et sportives. Il expérimente en amateur curieux toutes les techniques photographiques mises à sa disposition . Collectionneur infatigable des instants de sa vie, il réalise plusieurs milliers de photographies soigneusement mises en pages dans de grands albums. Mais là n'est pas, semble-t-il, sa véritable vocation : en 1915, il fréquente l'académie Jullian. La peinture devient et restera son activité professionnelle. A partir de 1922, il expose dans plusieurs Salons à Paris et dans le midi de la France. Il rencontre de nombreux artistes, gens de lettres et du spectacle comme Sacha Guitry et Yvonne Printemps, Kees van Dongen puis Pablo Picasso et Jean Cocteau. Passionné par le cinéma, il photographie les tournages de plusieurs films de Jacques Feyder, Abel Gance, Robert Bresson, François Truffaut et Federico Fellini... Il vend occasionnellement des images à la presse et expose à la galerie d'Orsay aux côtés de Brassaï, Man Ray et Doisneau. Mais, c'est par l'exposition au Museum of Modern Art à New York et la parution d'un portfolio dans Life que Jacques Henri Lartigue est reconnu pour son œuvre photographique. Il a alors 69 ans. Il ajoute le prénom de son père à son nom et devient Jacques Henri Lartigue. Trois années plus tard, son premier livre Album de Famille, puis la publication de Instants de ma Vie conçu par Richard Avedon le font connaître dans le monde entier. En 1975, le musée des Arts Décoratifs de Paris propose la première rétrospective française de son œuvre. Valéry Giscard d'Estaing lui commande la photographie officielle de son septennat. Jusqu'à la fin de sa vie, il répond à des commandes de magazines de mode ou de décoration. Il meurt à Nice le 12 septembre 1986.




Biographie de Jacques-Henri Lartigue II

Jacques-Henri Lartigue prend ses premières photographies dès l'âge de six ans, avec l'appareil de son père. A partir de l'âge de dix ans, il photographie ses jeux d'enfants, ses proches, les courses automobiles, les premiers vols d'avions, les manifestations sportives…

Lartigue réalise ainsi plusieurs milliers de photographies, collectées dans de grands albums qui constituent un véritable film de son temps, de sa vie et de celle de ses proches.

Pourtant, son activité professionnelle n'est pas là, mais dans la peinture. Lartigue prend des cours de peinture à partir de 1915, et expose ses toiles après la guerre. Il se lie avec de nombreux artistes et personnalités intellectuelles de l'entre-deux-guerres, Sacha Guitry, Pablo Picasso, Jean Cocteau… et passionné par le cinéma, photographie plusieurs tournages de films d'Abel Gance, Fellini, Truffaut…

La reconnaissance de son travail photographique ne survient que très tard dans sa vie, en 1963, non pas en France, mais aux Etats-Unis, grâce à une exposition au Museum of Modern Art de New York et à la parution d'un portfolio dans le magazine Life. Lartigue est alors âgé de 69 ans. Ses livres Album de famille et Instants de ma vie paraissent trois ans plus tard et le font connaître dans le monde entier.

Par la suite Lartigue se consacre à la photographie de magazine et reçoit de nombreuses commandes, notamment la photographie officielle de Valéry Giscard d'Estaing président de la République.

En 1979, il lègue à l'Etat français l'ensemble de son œuvre photographique, et meurt sept ans plus tard à Nice, à l'âge de 92 ans.


par Jeanloup sieff

Jacques-Henri LARTIGUE

Le fantôme et la mémoire du temps
ni vrai ni faux

        En 1904, Jacques-Henri Lartigue transcrit dans son Journal sa découverte : il peut, en se précipitant aller se placer devant l'appareil pour se prendre en photo et revenir en courant fermer le bouchon , mais il déplore le fait d'être toujours «à moitié transparent sur la photo».

L'année suivante il joue de sa découverte :
 «Aujourd'hui je me suis demandé si, en employant le même système, je ne pourrais pas faire des photographies de fantômes transparents, comme ceux des histoires racontées hier soir à table. Je dis donc à Zissou de s'envelopper d'un drap. Puis il vient se placer devant l'objectif. J'ouvre le bouchon. Je le referme. Zissou s'en va et je rouvre le bouchon, sans lui sur l'image.» Sur le banc, l'enfant non apeuré  ouvre grand les yeux et les bras pour accueillir le fantôme.  Le corps de Zissou est totalement invisible, on ne voit que le drap. A travers lui se dessinent le visage du petit garçon, son genou, la plante et les marches que le drap laisse transparaître tout en les épousant dans le bas de l'escalier. Lartigue a réalisé son souhait d'«avoir une belle photo de fantôme».

Ferrante Ferranti











Une Delage au grand prix de l'Automobile-Club de France de 1912. © Ministère de la Culture - France/A.A.J.H.L


C'est un jeune homme de 19 ans qui en ce 13 juillet 1913 réalisa le cliché ci-dessus, après avoir planté son ICA reflex utilisant des plaques 9 X 12 au bord d'une route de la campagne picarde, jouant avec un siècle d'avance les photographes du dimanche tels que les conçoit MdS et dont l'ami Guy Royer demeure à ce jour le meilleur exemple.

Pour audacieuse que soit la comparaison entre cette méchante photo, floue, mal cadrée, déformée, ratée en un mot, avec les compositions léchées, taillées au cordeau dues au titulaire de notre rubrique dominicale, elle s'impose, étayée du verdict de l'Histoire grâce auquel l'image légendée officiellement « Une Delage au grand prix de l'Automobile-Club de France de 1912 », entre autres du même acabit, fit passer Jacques Henri Lartigue (1894-1986) du statut de "photographe du dimanche" à celui de "Maître du XXe siècle", l'égal des Brassaï, Man Ray, Doisneau et consorts.

Injuste, n'est-il pas, envers un Royer dont les travaux apparaissent si nets, tellement évidents, mais dont la notoriété ne dépasse pas le cadre de notre page d'accueil… Oui, mais voilà, tout cela provient d'un malentendu, d'un accident de l'Histoire de la photo. Lartigue eut la chance de débuter à une époque balbutiante où l'académisme était la règle, où tout défaut, le moindre raté, renvoyait une image dans des limbes qui la condamnaient définitivement. C'est ce qui est arrivé à celle-ci que son auteur a remisée un demi-siècle dans une boîte à chaussures, jusqu'à oublier son existence.

Puis, dans les années 50, alors que la photographie, devenue mature, commençait à se regarder le nombril en se disant qu'elle avait fait le tour de sa personne et cherchait des voies de renouvellement, Lartigue exhuma ce cliché qui, littéralement, alors explosa. On loua l'audace de sa composition, le modernisme de ce filé, et cette déformation extraordinaire qui semble abandonner sur le bord de la route les spectateurs happés par la vitesse de la voiture de course qui, elle aussi déformée mais dans le sens de sa marche, est tellement rapide qu'elle sort du cadre ! Oui, quel chef d'œuvre ! En fait, la photo de Lartigue acquit ce statut grâce à une caractéristique de l'obturateur à rideau qui équipait la chambre, composé de deux lamelles formant fente. Si celle-ci s'obture moins vite que se déplace l'objet photographié, il en résulte une déformation, elle-même amplifiée par le mouvement de la chambre pour suivre l'auto.

Aujourd'hui, cette image est culte. Une vente récente par Sotheby's à Amsterdam l'a adjugée 7 800 euros après qu'elle eut été considérée comme une des grandes images du siècle dernier par les différentes rétrospectives photographiques publiées à la fin de 1999.

Enfin, last but not least, Lartigue s'est planté dans les grandes longueurs en légendant sa photo car il n'exista aucune Delage #6 au GP de Dieppe 1912. Selon plusieurs sources, il s'agit d'une Théophile Schneider saisie à l'occasion du GP de l'ACF 1913, couru à Amiens, celle de René Croquet, qui termina 10e. Jacques Henri Lartigue est bien un photographe du dimanche.




        Comment ne pas partager le sentiment de bonheur qui vous saute au cœur en observant les photos de Jacques-Henri Lartigue ? A la fois autobiographiques et fruit de ses recherches esthétiques, ces images, qui n'étaient à leur conception que des souvenirs assemblés par un amateur, vont nous transporter dans un monde qui respire la joie de vivre.
C'est l'histoire d'un petit garçon qui naît à la fin du XIXe siècle dans l'une des familles les plus riches de France. L'enfant se voit offrir pour ses 7 ans un appareil de photo. Pour s'amuser, il prendra en photo sa famille dans ses différentes activités dans les somptueux cadres de leurs propriétés. Mais le conte de fée ne durera pas et la famille ne tardera pas à perdre toute sa fortune. Le jeune homme n'en aura que faire. Lui a décidé d'être peintre. Mais l'artiste aura du mal à vendre ses toiles. Tout au plus bénéficiera-t-il d'un succès d'estime qui lui permettra d'échanger quelques tableaux contre une table chez Maxim's ou une chambre d'hôtel dans quelque palace. Ce n'est d'ailleurs pas sa peinture qui intéressera le conservateur du Museum of Modern Art de New York qu'il rencontre fortuitement au début des années 60 mais son passe-temps, son amusement : la photo. Jusqu'à sa mort, Lartigue prendra quelques 150 000 clichés qu'il ordonnera en 130 albums, le tout accompagné d'un journal qu'il tiendra quotidiennement sa vie durant. Et là, le conte de fée reprend son cours. En voyage touristique en Californie, en 1962, notre homme est contraint, à cause d'un problème de transport, de faire un détour par New York. On lui présente le conservateur du Museum of Modern Art. Celui-ci tombe sous le charme de ses tirages et organise une exposition en 1963 à New York : Lartigue devient un photographe de renom universellement connu à l'âge de 69 ans !

Que possèdent donc ces photos pour attirer autant le regard ? Tout simplement une impression d'insouciante légèreté qui flotte dans leurs pigments. Ici c'est Zissou (son frère) qui fait un dérapage avec une voiture de sa fabrication, là une cousine de l'artiste qui donne l'impression d'être en lévitation au-dessus d'un escalier. Mais c'est aussi une photographie de mode : celle du début du siècle avec ses élégantes du bois de Boulogne dans leurs longues robes, coiffées de leurs larges chapeaux. Celle des années trente avec le mannequin Renée Perle et ses pantalons larges et ses capelines. Mais la photographie de Lartigue est également une oeuvre expérimentale : expérience de l'instantané avec ces personnages volants au-dessus du sol ou ces aéronefs des débuts de l'aviation, expérience de la vitesse avec ces bolides aux roues déformées par la rapidité, expérience esthétique enfin avec ses cadrages serrés sur les mains d'une femme ou sur le visage sublime de Bibi, Renée ou Florette. A tout moment, la photo abolit l'espace et le temps et plonge directement le spectateur au cœur de l'action ou aux côtés de la belle, assise dans une Hispano Suiza. C'est la force de cet artiste de pouvoir faire partager au spectateur son souvenir très personnel et pourtant si collectif, celui qui vous procure un sentiment d'épanouissement, de joie de vivre, celui qui vous donne envie de croire encore aux contes de fées. Ce que Lartigue exprimait lui-même en se définissant comme un « empailleur de bonheur ».

Courez vous imprégner de la chaleur de ce soleil réconfortant en n'oubliant pas de passer à la galerie Bellier qui expose les rares photos de l'artiste encore en mains privées, le photographe ayant donné tous ses albums à l'Etat en 1979.

Jacques-Henri Lartigue(1894-1986)



15/08/2007
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