Alain YVER

Alain YVER

JAY JAY JOHANSON

JAY JAY JOHANSON


IT HURTS ME SO DE L' ALBUM " WHISKEY " COMMENCE PAR UN SAMPLE DE LA MUSIQUE DU FILM /  " UN HOMME UNE FEMME " LE MORCEAU,  "PLUS FORT QUE NOUS " MUSIQUE DE FRANçIS LAI. L' ABUM EST SUBLIME...

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Le dandy le plus cool de Suède. Le chevalier intrépide de la mélancolie. L'infatigable trublion de la pop électronique. Un amour d'enfant a toujours plusieurs petits noms et Jay-Jay a touché le cœur de bon nombre de personnes à travers sa musique.


Biographie Jay-Jay Johanson


Jay Jay Johanson, de son vrai nom Jäje Johanson est un artiste tellement à part, qu'il est bien difficile à l'époque où la magie Google règne sur le net de trouver quelques infos conséquentes sur cet hurbulerlu venu du froid (de Suède pour être précis). Aussi originale et non identifiable que sa coiffure, en mutation perpétuelle (voir photos), sa musique souvent mélancolique est complètement à part, mélant jazz, trip hop, électro, country (!) à sa surprenante voix de crooner.

La musique embrasse Jay Jay dès ses dix ans, il écoute alors du hard rock et fonde avec ses potes de classe un groupe de punk, baptisé May Tuck. Déjà très porté sur l'éclectisme il apprend en parallèle la clarinette et le saxophone, tout en composant ses premiers morceaux. A 15 ans il change complètement de registre et se met au jazz, dont son père lui a légué la passion. Le jeune homme se cherche, intègre un quartet de jazz, étudie l'architecture, l'art moderne pendant quatre ans et finit par quitter le quartet pour se lancer dans la composition sur boîte à rythme et synthétiseur.

En 1994, il découvre l'album « Dummy » de Portishead, c'est une révélation. Fortement influencé par leur trip hop mâtiné de jazz et de hip hop, il se lance dans l'écriture d'un album à lui reprenant ce même genre de mixture. Le très triste et magnifique « Whiskey » paraît en 1996 et reçoit un accueil favorable, grâce notamment au titre « So Tell The Girls That I'm Back In Town ».

Au fil des cinq albums qui suivront (« Tattoo » en 1998, « Poison » en 2000, « Antenna » en 2002, « Prologue » en 2004 et « Rush » en 2005), Jay Jay Johanson garde sa brillante ligne de conduite : mélange des styles, expérimentations, tristesse et textes désespérés. Depuis maintenant dix ans sa musique à toujours été de bon goût, on ne peut pas en dire autant de son look qui lui, s'est dégradé au fil des années. Mieux vaut ça que l'inverse me direz-vous…(FIN)





INTERVIEW

 JAY-JAY JOHANSON
The long term physical effects are not yet known
(1/15/2007)




JAY-JAY JOHANSON
"The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known"
Sortie le 22 Janvier 2007


"Rien n'a changé, je suis toujours le même, Jay-Jay Johanson / Regarde dans ces yeux et tu reconnaîtras Jay-Jay Johanson".

En 1996, vers la fin de l'automne, Jay-Jay Johanson sortait son premier album, intitulé "Whiskey", fort de l'imparable  "So Tell The Girls That I Am Back In Town".

Dix ans plus tard, il est de retour avec un sixième opus intitulé "The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known".

Avec sa voix douce et mélancolique et un sens infaillible de la nouveauté, Jay-Jay Johanson n'est pas seulement une pop star, mais un interprète émouvant, un artisan capable de mettre en musique ce qui est dans l'air. Johanson absorbe l'air du temps, la filtre au travers de ses sentiments et la traduit dans une écriture musicale atmosphérique.

Q : Comment décririez-vous votre nouvel album ?
JJJ : Je dirais que c'est un disque automnal, en quelque sorte, avec un côté obsédant, touchant et une certaine tristesse. On est très loin de mon incursion électronique avec l'album "Antenna" (2002) et de mon flirt avec la scène house française dans "Rush". Il y a peut-être dans ce disque les chansons les plus jazzy que j'ai réalisées à ce jour.

Q : Selon vous, de quoi ces chansons sont-elles le fruit ? Dans quelle mesure votre carrière à ce jour a-t'elle exercé une influence sur ce que vous faîtes aujourd'hui ?
JJJ : D'une certaine manière je suis revenu aux atmosphères denses et mystérieuses sur lesquelles j'ai travaillé à la fin des années 90. On retrouve aussi tous ces ingrédients qui sont présents dans ma musique comme ma voix, bien entendu, et la manière que j'ai de la mettre en avant, mais il y a aussi les sujets abordés qui s'inscrivent dans une certaine continuité, comme la solitude, les regrets et les voyages. Il y a des choses qui ne changent pas comme par exemple la surprise des premières expériences et le sentiment d'isolement, tant dans le temps que dans l'espace. Mais un sentiment d'isolement peut être plutôt réconfortant. J'ai toujours aimé les chansons tristes. Même lorsque j'essaye d'écrire une chanson gaie, elle finit toujours par dégager une certaine mélancolie.

Q : Qu'est-ce qui vous a fasciné au départ dans la musique ? Quand avez-vous commencé à vous considérer comme un musicien ?
JJJ: Dès l'âge de 7 ans, j'écrivais des chansons et des mélodies sur le piano de la maison. Ma professeur de piano était une belle femme aux cheveux blancs qui me faisait écouter Chopin et Satie. Plus tard à l'école de musique, j'ai eu plusieurs professeurs d'instruments à vent, mais aucun ne m'a marqué. J'ai néanmoins persévéré et ai commencé des études supérieures de musique que j'ai abandonné au bout d'un an. C'était très ennuyeux, car tout était axé sur l'instrument, ils cherchaient à faire de nous des experts, sans traiter de l'écriture et de la composition qui étaient pourtant ce qui m'intéressait le plus. Ce n'est que lorsque j'étais à l'école d'art que mon écriture et mes compositions ont commencé à prendre forme, à avoir un sens et à représenter pour moi quelque chose de bien, dont je pouvais être fier.

 

Q : Qu'est-ce qui vous a influencé au niveau de vos créations ? Quels artistes, quels mouvements vous ont inspiré ?
JJJ : Les deux premières personnes qui me viennent à l'esprit sont mon père et Chet Baker. A Skara, au printemps1984, j'ai débarqué dans le club où mon père organisait des concerts. Jusqu'alors je n'avais vu que deux artistes, Gerry Mulligan et Stan Gets, et ça ne m'avait pas emballé. Mais ce soir-là, comme c'était Chet Baker j'ai décidé d'y retourner. Et il était là, tellement  fragile, interprétant ses chansons qu'il avait chantées tant de fois auparavant, avec toujours cette profonde sincérité. Et à chaque fois qu'il faisait un solo de trompette – attention, on était loin de ses heures de gloire trente ans plus tôt – il n'y avait pas la moindre fausse note. Ce son très particulier, ces notes, ces mots, j'ai tout simplement adoré. Depuis ma fascination pour Chet - ses particularités, son répertoire, n'a fait que croître… Il était à mes côtés avant que je ne monte sur scène à Montréal et à Bologne et aussi dans les studios d'enregistrement à Barcelone, Paris et Lidingö.

Q : Y-a t'il des idées ou des pensées précises que vous souhaitez transmettre dans votre musique, des choses que vous avez particulièrement envie de partager avec le public ?

JJJ : j'ai toujours essayé d'être sincère et direct. Sur scène, c'est peut-être plus évident qu'en écoutant mes disques, mais je m'efforce d'aller dans ce sens. J'essaye constamment de m'améliorer. Je ne joue pas la comédie, je ne suis pas différent des autres. Je ne cherche pas particulièrement à être une pop star et je ne veux pas que les gens me perçoivent ainsi. Je suis comme tout le monde.

Q : Vous me semblez être très curieux de tout ce qui est moderne et nouveau. Qu'est-ce qui vous pousse dans ce sens, d'après vous ?

JJJ : Et bien, disons que j'aime découvrir de nouvelles choses et peut-être le fait que je ne sois jamais totalement satisfait de mon travail, me pousse à chercher à m'améliorer, à faire mieux la prochaine fois. Je cherche toujours des nouvelles façons d'y parvenir. J'essaye d'entrer en studio avec un point de vue différent, de ne jamais tomber dans une routine, de ne jamais utiliser deux fois la même formule.

"She Doesn't Live Here Anymore", le titre qui ouvre l'album, est une composition toute en douceur. Un chaleureux vibraphone et la cadence d'un rythme monotone viennent accompagner la voix flottante d'un Jay-Jay, plus présent et plus épuré que jamais.

"Only For You" est une délicate calligraphie réalisée avec minimalisme. La voix obsédante et la  structure harmonique créent un savant équilibre entre les rares ingrédients.

"Coffin", dont les paroles reprennent là où l'histoire de "Escape" dans "Poison" s'était arrêtée, est enveloppé d'arrangements sombres et ensorceleurs, un titre plein de secrets à découvrir, mais néanmoins délicat et généreux.

"Rocks In Pockets" est un titre fort, énergique, très intime et vraiment original qui dure plus de huit minutes. Cette chanson sur l'évasion évoquée avec morosité sur des rythmiques groovy qui montent en puissance et des cordes magnifiquement orchestrées, est un grand moment d'émotion pure et dure.

"As Good As It Gets" est caractérisé par le désir de communiquer une sensibilité débordante. Cette douceur innocente qui fait trembler filles et garçons dans leur chambre d'adolescents avec leur casque sur les oreilles.

Au travers de ces onze chansons, Jay-Jay s'impose avec ce charme et ce côté chaleureux qui le caractérise grâce à ses interprétations très personnelles et émouvantes, et en dépit d'une grande timidité et réserve.

Tous les morceaux ont été composés, arrangés et produits par ses soins et enregistrés avec les mêmes musiciens que sur ses trois premiers albums - "Whiskey", "Tattoo" et "Poison".

"The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known" est truffé de mélodies délicieuses.
C'est un disque hallucinogène, mélancolique, élégant, surréaliste, surprenant et néanmoins puissant.

Un album magnifique, unique en son genre, qui constitue une fois encore une expérience inoubliable  – intemporelle et moderne à la fois.
(FIN)





The Long Term Physical Effects...

 Jay-Jay Johanson

Les artistes suédois possèdent l'art et la manière de construire des ambiances musicales singulières. Jay-Jay Johanson vient encore une fois confirmer la règle.

Dans les années 2000, Jay-Jay Johanson avait honteusement volé sa coupe de cheveux à Poil de carotte... En 2007, il a décidé de rendre sa couleur à la star de l'oeuvre de Jules Renard, et de revenir à un style capillaire quelque peu plus " sage " : le blond. Plus d'un an après la sortie du discret "Rush", Le Suédois remet ainsi le pied à l'étrier avec un disque à la pochette sombre, et avec la volonté de mettre en peu de côté la musique électronique pour réaliser des morceaux plus posés. Voici donc l'album au titre à rallonge "The Long Term Physical Effects are not yet Known".

Ce sont les quelques notes d'ouverture qui nous mettent sur la piste : cet album sera aérien ! De sa voix haute, apaisée et coulante, Jay-Jay Johanson pose les bases d'une musique pop très légère, qui s'immisce dans l'oreille avec aisance. La mélancolie tient ici le rôle principal, largement servie par une instrumentation vraisemblablement étudiée au millimètre. De l'électronique, l'artiste n'a choisi de conserver que le meilleur : de petits éléments anodins assemblés entre eux pour donner le meilleur. Cet album ne nous réchauffe pas, mais nous envahit d'une douceur qui dure...(FIN)

POPNEWS Septembre 2005 - interview





                            


Jay-Jay Johanson

"The Long Term Physical Effects are Not Yet Known"



Au milieu des années 1990, une des plus belles voix européennes se faisait crooner et trip-hop. Il y a dix ans, Jay-Jay Johanson enchantait les oreilles en distillant de douces mélodies telles "So Tell the Girls That I am Back in Town" et plus tard "Milan, Madrid, Chicago, Paris". Le début du nouveau millénaire arrive et le Suédois tente d'imiter ses idoles Kraftwerk et David Bowie. De quelle façon ? En versant dans les airs robotiques et dansants rappelant fortement la décennie maudite, celle des années 1980. Manque de bol. Si "Antennas" s'écoutait sans trop rechigner, "Rush" atteignait les bas fonds de la médiocrité.

Conscient qu'il se mettait à dos une grande majorité de ses admirateurs, Johanson décide de rebrousser le chemin. Sur son sixième "vrai" disque, le voilà qui retourne à ses premiers amours. Évoquer un terme porté disparu comme le trip hop paraît un peu fort. Il faudra plutôt le qualifier de sombres-chansonettes-tendant-vers-les-ballades-romantiques-obscures. Avec un titre d'album beaucoup trop long et une pochette hommage à Bill Evans, le scepticisme apparaît… pour se dissiper des les premières notes de "She Doesn't Live Here Anymore". Il faut remonter à "Poison" pour retrouver quelque chose d'aussi beau et poignant. La plume affûtée demeure simple sans être éculée, versant dans l'intemporalité. Il y a surtout cette voix si unique en son genre qui bouleverse instantanément. C'est peut-être nécessaire de s'habituer à ce timbre sonore particulier, mais difficile de retrouver quelque chose de plus singulier. Ça brasse déjà un peu plus sur "Time Will Show" avec cette atmosphère lugubre qui atteint des sommets lors des refrains. La mélancolie et les jours tristes trémoussent "Coffin", un aller simple vers la déprime. Cet essai pluvieux se restreint peut-être à faire pleurer délicatement et il y arrive aisément.

Il faudra alors accepter que presque toutes les pièces se ressemblent un peu. Elles sont soient possédées par des rythmes hantés (très mélodique "Rocks in Pockets", langoureux ballet jazzé "As Good as it Gets", hypnotique "New Years Eve") ou des tergiversions vers le silence ("Only For You" et son piano élégant, fantomatique "Jay Jay Johanson Again", finale sereine sur "Pelicular"), le temps de bien accepter cette amertume passagère. Les instants quétaines ne sont peut-être pas épargnés ("Breaking Glass") et il y a même des chœurs extrêmement douteux sur "Tell Me When The Party's Over", mais c'est parfait pour guérir une peine d'amour.

"The Long Term Physical Effects" are Not Yet Known ne révolutionne en rien le répertoire de Jay-Jay Johanson. Il prouve au contraire que le Suédois est capable de se relever après quelques fâcheux faux pas. Une bonne nouvelle pour une belle petite renaissance. Son prochain projet sera néanmoins déterminant dans sa carrière. (FIN)

Martin Gignac

samedi 10 février 2007




        



JAY-JAY JOHANSON


INTERVIEW

Les filles aiment bien Jay-Jay Johanson parce qu'il chante des airs d'amour déçu sur fond de musique électronique très en vogue. La jolie standardiste d'EMI aime beaucoup Jay-Jay mais elle ne l'a pas vu, affairée qu'elle était avec ses communications, lorsqu'il a traversé le hall sous son nez à deux reprises. Pour elle et pour tous ceux qui se sont entichés du crooner suédois, voici de quoi patienter en attendant une tournée automnale. Le dernier album de Jay-Jay Johanson, "Rush", sort le 27 septembre. Le géant blond jouera le 21 novembre au Ninkasi Club (Lyon), le 22 au Bataclan (Paris) et le 23 à La Laiterie (Strasbourg).

(Un grand escogriffe en T-shirt rayé arrive. Poignée de mains, sourires, et le voilà qui parle de son dernier album, "Rush", sans même qu'on ait besoin de poser la première question)

La France a été le premier pays à s'intéresser à moi. Après sont venus l'Europe, le Canada, le Brésil, l'Argentine et, après "Antenna" (avant-dernier album), l'Australie, les Etats-Unis, la Pologne, l'Irlande, la Russie, la Turquie. Tout va très vite aujourd'hui dans ces pays...

Tu as joué là-bas ?
Oui. A l'époque de "Whiskey", ma tournée se limitait à la France, à l'Espagne, un peu l'Italie. Mais maintenant, c'est partout. C'est drôle comme ça a fait tâche d'huile.

Le public en Turquie doit être très différent d'ici...
Non, les jeunes se ressemblent de plus en plus ces temps-ci. Ils regardent les mêmes chaînes de télé, lisent les mêmes magazines, correspondent via Internet, s'habillent de la même façon. Seule la couleur de leurs cheveux change encore d'un pays à l'autre ! Ce n'était pas comme ça avant. Mon père me racontait des histoires géniales sur ses voyages, ses rencontres avec les autres, leur étrangeté. Aujourd'hui, le monde est devenu si petit...

Après "Antenna", "Rush" explore à nouveau un univers électro-pop. Veux-tu définitivement rompre avec le trip-hop et les ambiances jazzy de ton premier album, "Whiskey" ?
Mes trois premiers albums ont été enregistrés quasiment de la même façon. On a utilisé beaucoup de samplers, comme tout le monde dans les années 1990. Je ne voulais pas me répéter. Je voulais savoir si je pouvais faire une musique un peu plus rapide. Mais je reste inspiré par les musiques de film, comme avant. Ça a d'abord été Francis Lai et Serge Gainsbourg avec "Whiskey", puis Michel Legrand et Ennio Morricone avec "Tattoo", puis la musique d'Hitchock avec "Poison". Aujourd'hui, j'écoute plutôt la musique électronique des films de John Carpenter, et celle de Danny Elfman pour Tim Burton... Je reste attaché à la musique de films. Mais c'est vrai que j'ai peut-être perdu ma "jazzy touch".

(Opinant) Mmh...
Je pense aussi que j'ai fait du trip-hop à l'époque parce qu'alors c'était nouveau, frais et intéressant. Maintenant, ce qui m'intéresse, c'est d'accélérer un peu ma musique et l'éloigner du jazz, la rapprocher de la pop. Mais je ne veux pas pour autant faire de la musique programmée, mathématique. J'aime avoir mon bassiste qui groove, un batteur "live" sur scène. Je veux montrer mes musiciens, montrer qu'ils sont habiles, talentueux. Je veux montrer que...

...que tu es un bon musicien.
Oui ! Montrer qu'on est des artisans doués. C'est comme en peinture : il y a eu trop d'œuvres virtuelles, d'installations... Mais maintenant, les gens veulent voir de la PEINTURE ! Ils veulent voir des gens qui peignent pour de bon. Pareil en musique : je veux montrer que je peux faire de la bonne musique sans utiliser tous les moyens faciles, la technologie de pointe. "Antenna" a été fait comme ça. Pour "Rush", on est revenu à un enregistrement plus classique, comme au début. La moitié a été enregistrée à Stockholm, dans le même studio que mes trois premiers albums, l'autre moitié, la plus dansante, à Paris. J'ai gardé les mêmes personnes : même clavier, même batteur, même personnel de studio...

D'accord pour le retour à une base plus classique, mais on ne peut quand même pas dire que tu es passé au rock à guitares ! "Rush" garde un son très "eighties", très synthétique...
(Moue)

Non ?
Peut-être que je ne l'entends pas ! Pour "Antenna", d'accord. Sur la partie dansante de "Rush", j'ai essayé d'avoir un son un peu house mais orienté pop. J'ai aussi conservé mes ambiances mélancoliques, avec la voix au centre de tout ça. J'ai pris soin de ne pas la laisser se faire manger par des arrangements ou par la production. Sur la partie plus lente de l'album, j'ai travaillé de la même façon qu'avant. Non, vraiment, je n'entends pas de son "eighties"!

Pourtant, tu reconnais aimer Daft Punk et "Rush", la première chanson de l'album, sonne beaucoup comme "I'm not in love" de 10CC...
Oui, j'ai composé cette chanson au piano. On en trouvera d'ailleurs une version acoustique sur l'édition limitée de l'album. Piano et guitare, c'est tout. C'est quand la chanson a été finie que j'ai eu l'idée d'utiliser les sons de voix inventés par Brian Eno dans les années 1970. Brian Eno était un héros pour moi quand j'étais gamin. J'ai aussi été inspiré par Air, Daft Punk, les Français Alan Braxe & Fred Falke avec leur hit "Rubicon". Je n'ai jamais voulu sonner comme 10CC, mais c'est comme ça que c'est ressorti ! J'ai aussi été influencé par la voix de "Moments in Love "d'Art of Noise.

"Eighties" toujours...
J'ai grandi dans les années 1980, donc j'ai été clairement influencé par tout ça. Mais ce n'est pas comme si j'avais pioché dans ma collection de disques pour sonner comme eux. Ce que j'aime dans la musique de ces années-là, c'est la générosité des lignes de basse, qui étaient très mélodiques. Dans les années 1990, les lignes de basse sont très monotones, à part peut-être celle de Flee des Red Hot Chili Peppers. Lui, il suit beaucoup la voix.

Pas de nostalgie, donc ?
Ben... Ecoute, quand j'écris, je ne reçois l'influence d'absolument personne. C'est pendant la production que les influences extérieures entrent en jeu: musiques de film, dance music pour "Rush"...

Comment écris-tu ?
Ça commence toujours par un papier et un crayon. Une mélodie ou une idée de paroles me vient quand je marche ou devant le distributeur automatique, je l'écris sur un bout de papier, un ticket de bus, ce que j'ai sous la main. Puis je la joue au piano et elle évolue avec mes musiciens. Je tiens aussi un journal, moins assidûment qu'avant, mais quand même. Alors j'écris en suédois et parfois je traduis en anglais dans un style plus poétique.

As-tu besoin de silence pour composer ?
Oui, et j'écris mieux la nuit. La journée, on est sans cesse dérangé. J'écris aussi plus facilement quand je suis seul. Mais j'ai besoin de l'avis des gens après. Côté paroles, au début, j'étais très "moi, moi, moi", "je, je, je". Je racontais comme ma vie était déplorable ! Désormais, je suis plus objectif, je m'améliore dans la fabrication de petites histoires qui se passent autour de moi. Cela dit, je parle encore beaucoup de moi.

Ta voix semble de plus en plus aiguë...
J'essaie de chanter plus haut qu'avant. Sur mon premier album, je chantais très bas. Dans un style crooner, sur "So Tell the Girl" et "I'm Older Now". Genre Elvis Presley ! Mais sur scène, ça ne sonnait pas comme ça. En fait, à l'époque de mon premier album, je n'étais pas sensé chanter, je pensais faire chanter quelqu'un d'autre. Quand j'ai dû m'y mettre, j'ai tâtonné, j'ai fait des tests. C'est pour ça que j'ai plusieurs voix sur "Whiskey". Mais après mes premières tournées, j'ai trouvé ma voix.

Donc sur "Rush", on entend ta voix naturelle.
Oui, mais j'essaie de chanter plus haut, notamment au refrain. Je commence bas, et je finis haut pour donner du contraste à la chanson (Il chante "Rush" bas, puis haut). C'est aussi la première fois que j'utilise un vocodeur qui double ma voix pour rendre le refrain plus généreux.


Ecoutes-tu de l'électro-pop : Zoot Woman, The Faint ?
Zoot Woman, c'est ce Français...

Jacques Lu Cont. Mais il n'est pas Français.
Oh, je pensais qu'il l'était ! Parce qu'il était aussi dans un projet, Les Rythmes Digitales, non ? Je n'écoute pas tant d'électronique que ça, sauf les Français : Daft Punk, Air, Phoenix. Phoenix, c'est génial. Ils sont très doués, de très bons musiciens. Pour moi, c'est très moderne d'être comme ça. C'est si facile de se cacher derrière toutes les technologies de studio, de sonner pro. Et c'est très difficile de faire un album comme "Alphabetical". J'aime aussi Franz Ferdinand pour leur pop dansante.

A tes débuts, on n'aurait jamais cru que tu te tournerais vers les dance floors !
A l'époque, ce qui m'intéressait, c'était Mo'Wax, Massive Attack, Portishead. Mais ces gens n'ont rien fait d'autre ! Ils n'ont pas évolué. Prends Bowie : il a été romantique, puis glam, puis drum'n'bass raté dans les années 1980, et il revient à présent avec quelque chose de nouveau. C'est important d'évoluer, sinon on s'ennuie et le public aussi. Je ne voudrais pas retourner en studio avec un sampler. Ce ne serait pas créatif.

Quelle est ta chanson favorite sur "Rush" ?
" Rush". L'histoire, la mélodie... Elle est dans la lignée de "The Girl I Love is Gone", "Milan Madrid Chicago Paris", "She's Mine but I'm not Hers", "Escape", "Believe in us", "Tomorrow". La ligne rouge continue avec "Rush". J'aime aussi l'ambiance ciné de "Rock It", et "100 000 Years". Je les jouerai en tournée.

A qui s'adresse la chanson "Rush" ("I don't want to rush you") ?
Non, c'est juste, c'est... (Il bafouille). C'est une vieille histoire, je n'y repense que maintenant... Tu sais, au début d'une relation, l'un demande beaucoup et l'autre veut du temps, l'un veut se marier tout de suite, l'autre n'est pas sûr... La passion et l'attente... (Long silence. Il rit nerveusement). C'est typiquement des notes de journal intime...

Pourquoi avoir choisi une pochette si verte, si nature ?
C'était au "Butterfly Museum" de Stockholm. Il n'y avait pas d'autre endroit en Suède qui soit si vert. Je sais que mes fans aiment ce côté exotique, scandinave. Je ne suis pas Scandinave dans mes chansons, alors je le suis sur la pochette. La photographe pensait à "La Sieste" de Van Gogh, où l'on voit deux paysans alanguis contre une botte de paille. Il voulait la même impression de repos, avec la nature derrière. Une belle idée. Il y a aussi un côté paparazzi à me surprendre en plein moment de détente. C'était marrant.

Es-tu enfin reconnu en Suède ?
Depuis "Antenna" seulement. Les radios ont commencé à passer mes chansons. Pareil pour les Etats-Unis, l'Australie, l'Irlande. Ce sont mes chansons rapides qui m'ont ouvert des portes, de nouveaux territoires. Et pour la première fois, je vais tourner en Suède ! Ça va être bizarre de parler en suédois entre mes chansons !

Connais-tu la scène suédoise et as-tu des projets de collaboration avec les artistes locaux ?
Oui je les connais, Stockholm est une petite ville. On sort dans les mêmes endroits. On se respecte beaucoup. On pourrait imaginer un duo avec Nina des Cardigans, mais je n'ai pas écrit beaucoup de duos.

Tu apprécies beaucoup Françoise Hardy, Jane Birkin, mais les aimes-tu en tant qu'artistes ou en tant qu'icônes rock ?
Comme icônes, je pense. Il y a Mylène Farmer aussi. Mais c'est Françoise Hardy la plus douée des trois. Elle a fait des disques fantastiques. On s'est rencontré plusieurs fois. Elle est encore sublime : grande, mince. OK, elle était encore plus belle avant, quand elle avait ses cheveux longs... Il y a aussi quelque chose d'intéressant dans le mysticisme de Mylène Farmer. Je n'aime pas du tout ses derniers albums, mais je l'écoutais dans les années 1980, à l'époque de "Sans contrefaçon". Peu de chansons françaises arrivaient jusqu'en Suède... Il y avait "Ella, elle l'a" de France Gall, puis "Joe le Taxi"... Je ne connaissais pas encore Serge Gainsbourg.

Tu as déjà composé une musique de film avec "La Confusion des Genres". Aimerais-tu recommencer ?
Oui, certainement. J'ai rencontré pas mal de producteurs à Cannes, mais ce genre de travail prend beaucoup du temps. Après "La Confusion des Genres", j'ai été en contact avec Lars Von Trier, Hal Hartley, Walt Disney... (Il rigole).

Walt Disney ?
Oui ! Donc ça va se faire, c'est sûr, j'aime tellement les musiques de films. Mais pas en ce moment, je suis trop occupé: la promo, la tournée... Mais peut-être après tout ça, qui sait ? J'ai beaucoup de manuscrits à la maison.

Comment ça se passe : on t'envoie les images sans son ?
C'est ce qui s'est passé pour "La Confusion des Genres", où je devais écrire des bouts de musique qui duraient 21 secondes, le temps d'une scène. C'est intéressant mais difficile. A l'avenir, j'aimerais être impliqué plus tôt pour mieux sentir l'ambiance du film. (FIN)

Propos recueillis par V





02/06/2007
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