Alain YVER

Alain YVER

JEAN-JACQUES BEDU (L'auteur de Bohèmes en prose)

JEAN-JACQUES BEDU






//www.editionsdurocher.fr/Jean-Jacques-Bedu_auteur_2638.html



Bohèmes en prose de Jean-Jacques Bedu
12 décembre 2009 par bruno chauvierre

Parmi les figures du monde de la bohème, ressuscitées par Jean-Jacques Bedu, dans son essai « Bohèmes en prose », j'ai un faible pour  Tristan Corbière.   En compagnie de capitaines bretons, demi-pirates, le lecteur scrute la mer avec Corbière, à travers les bouillons de la vitre d'un bouge.  J'ai vite lu les lignes sur Maurice Sachs, sur l'érotomanie de Louys et l'excentricité névrotique de Gérard de Nerval.

J'ai préféré le monde magique de Corbière. J'ai lu le livre  de Bedu en buvant un verre de rhum Barbancourt, rapporté d'Haïti. Mon héros de toujours, le bossu Bitor s'enfila aussi plusieurs verres de rhum avant d'aller voir la Mary-Saloppe. Pauvre Bitor mis dans un sac à crever et,  jeté en l'air jusqu'à en mourir :«  Saute, Paillasse ! hop là… » Jean-Jacques Bedu nous plonge dans les Amours jaunes , on chavire, les yeux pleins de larmes en revivant la tragédie de Bitor :              « Plus tard, l'eau soulevait une masse vaseuse .Dans le dock. On trouva des plaques de vareuse… Un cadavre bossu, ballonné, démasqué … Par les crabes. Et ça fut jeté sur le quai… »

Tristan Corbière fulminait devant ces riches qui trouvaient pittoresques les scènes de débauche, des gens de peu, alors que lui, pressentait toujours le drame, comme dans la sublimation du martyre ordinaire du bossu Bitor.

Jean-Jacques Bedu, après Julien Gracq (En lisant-En écrivant)  réhabilite le Corbière des  promenades  à Saint-Cast, autour de la pointe préservée de la Garde, saluant la dette de Corbière au paysage, celui d'avant le chou-fleur du XXème siècle ( regretté par Julien Gracq), celui de la Rapsode foraine et le Pardon de Sainte-Anne, avec datation du 27 Août, jour du Pardon : La Palud, 27 Août, jour du Pardon. « Bénite est l'infertile plageOù comme la mer tout est nud.Sainte est la chapelle sauvage De Sainte Anne-de-la-Palud »

Julien Gracq, appréciait Corbière et La Rapsode foraine, « scène de genre… à la manière de Calot, un sujet pour petit maître hollandais ou flamand », Gracq s'en réjouissait en concluant : « C'est peut-être le seul exemple que je connaisse dans notre poésie d'une sublimation intégrale du pittoresque » ? (En lisant-En écrivant)

En chantant Corbière, Jean-Jacques BEDU, sur les traces de Julien Gracq nous conduit à célébrer la sublimation du pittoresque







Bohèmes en prose

Le Blog littéraire d'André Bonet, samedi 3 octobre 2009.

Jean-Jacques Bedu est l'auteur de plusieurs essais. En 1989, dans son premier ouvrage, Rennes-le-Château autopsie d'un mythe, il s'est employé à démontrer la supercherie littéraire qui a entraîné, par la suite, l'immense succès planétaire du Da Vinci code et la thématique de Dan Brown à laquelle il a consacré deux livres en 2005. Il est l'auteur de deux biographies d'écrivains, l'une de Maurice Magre et l'autre de Francis Carco, qui lui ont valu plusieurs prix littéraires. A l'occasion de cette rentrée littéraire, il publie aux éditions Grasset un nouvel essai, Bohèmes en prose.

Jean-Jacques Bedu est vice-président du Centre Méditerranéen de Littérature, délégué général et membre du jury des Prix Méditerranée. Il en assure l'administration et le secrétariat. En étroite relation avec tous les éditeurs partenaires, il établit la première sélection des ouvrages susceptibles de concourir dans les diverses catégories du Prix. Dans le cadre de l'action du Centre Méditerranéen de Littérature, J.J Bedu participe aux rencontres littéraires et à la gestion des colloques. Afin de promouvoir la lecture dans les collèges et les lycées, il a en charge l'organisation du Prix Méditerranée des Lycéens , en s'employant à découvrir les premiers romans de jeunes auteurs, tout comme les écrivains locaux, riche pépinière de talents. Le CML est également présent dans les salons méditerranéens comme ceux d'Alger, de Beyrouth, de Tanger et de Tunis, où l'on requiert son expertise. C'est à ce titre qu'André Bonet son président, et Jean-Jacques Bedu son vice-président, ont tous deux intégré le collège des experts du Conseil Culturel de l'Union pour la Méditerranée, sous la présidence de Renaud Muselier. Enfin, Jean-Jacques Bedu a conçu et anime le site internet du Prix Méditerranée (www.prixmediterranee.com) ; il est également délégué général du Prix du livre incorrect.

Bohèmes en prose

Des trois glorieuses jusqu'à la fin des années folles s'esquissent, dans Bohèmes en prose, les parcours d'un certain nombres d'artistes qui ont marqué leur époque : Gérard de Nerval, Henry Murger, Alfred Jarry, Paul-Jean Toulet, Picasso, Modigliani, Utrillo, Soutine, Kiki de Montparnasse et d'autres encore, moins connus : Pétrus Borel, Albert Glatigny, le perpignanais Ernest Cabaner, Jean de Tinan, Jean Lorrain, Mécislas Golberg, Charles-Louis Philippe, Béatrice Hastings, Maurice Sachs qui tous, écrivains, peintres, musiciens, ont vécu dans une certaine marginalité et fréquenté des lieux mythiques : le café Vachette, la Closerie des Lilas, la Rotonde, le Dôme, le Chat-Noir, le Lapin Agile, le Bateau-lavoir, la Ruche...
De ce mode de vie aléatoire, émaillé d'anecdotes, se dégagent une conception de l'art et un guide du « Paris bohème ».

Jean-Jacques Bedu, Bohèmes en prose, Grasset 2009, 394 p. 22 €









Jean-Jacques BEDU,
écrivain Perpignanais
Biographie de l'auteur
Publié le samedi 15 octobre 2005.

Vice-président du Centre Méditerranéen de littérature, membre des jurys des prix : Méditerranée et Spiritualité d'aujourd'hui.

La fin de l'année 2001 l'a couronné de trois prestigieux Prix de Littérature pour sa biographie de l'écrivain Francis CARCO. C'est une invitation au voyage dans un Paris oublié, celui de la belle époque aux années folles, de Montmartre, à laquelle l'auteur Perpignanais nous convie dans cet ouvrage riche en anecdotes sur les milieux littéraires de l'entre-deux guerres.

Le lecteur y découvre tous les peintres et écrivains qui deviendront célèbres, se disputant leur droit de survivre dans une bohème qui de nos jours est devenue un mythe.

Jean-jacques BEDU publie cette première biographie de Francis CARCO en révélant les multiples facettes de son personnage : enfant battu, révolté, amateur de filles, écrivain attitré du milieu avant de finir membre du jury de l'Académie Goncourt !

Un texte riche et chaleureux qui fait revivre le Montmartre du début du siècle, ses anges et ses truands, son argot et son plus célèbre écrivain...

Sources secrètes de Anges et Démons

Présentation : Une antique confrérie secrète : les Illuminati...

En désignant cette mystérieuse société comme Pierre Angulaire de son roman, et attestant surtout qu'elle est très ancienne, Dan BROWN, en véritable apôtre de la littérature "conspirationniste", n'a-t-il pas commis une nouvelle maladresse critiquable ?

Les Sources Secrètes de Ange et Démons est le seul livre osant enfin dévoiler qui se cache derrière ces Illuminati et le Nouvel Ordre Mondial : des réseaux néonazis et occultistes, très structurés, s'employant à nous faire croire que le monde est gouverné par cette mystérieuse société aux multiples ramifications.

Avec la même aisance que dans Les Sources Secrètes du Da Vinci Code, Jean-jacques BEDU, à ce jour le seul auteur Français à s'être intéressé à Anges et Démons, nous entraîne au coeur des intrigantes et redoutables sociétés secrètes, politiques et religieuses, qui ont joué un rôle dans l'histoire de l'humanité.

Sources secrètes du Da Vinci Code

Présentation :

Alors qu'au début des années 90 il parvient à lever définitivement le voile sur l'énigme du trésor de Rennes-le-château, Jean-jacques BEDU fut confronté au Prieuré de Sion. Cette mystérieuse société secrète apparaît sous un jour nouveau dans l'intriguant roman de Dan BROWN.

Quelle est la genèse du Prieuré de Sion ?

Qui se cache derrière cette organisation, et quels sont ses desseins ?

Quelle est la nature de ce terrible secret transmis avec la prudence des initiés, par de mystérieuses sociétés qui nous viennent de la nuit des temps ?

Les Sources Secrètes de Da Vinci Code est le livre qui ose enfin aller plus loin en plongeant au coeur du roman de Dan BROWN, afin d'en extraire les éléments qui lui ont permis de bâtir ce puissant phénomène éditorial.







ENTREVUE
Jean-Jacques Bedu (Mai 2005)

Autopsie d'un Mythe - Jean-Jacques BeduLes Sources Secrètes du Da Vinci Code - Jean-Jacques Bedu

WM : Bonjour Jean-Jacques Bedu et merci d'avoir bien voulu répondre aux questions de www.renneslechateau.com. Vous êtes connu, avec Autopsie d'un Mythe, comme le chef de l'école des « débunkers » de l'affaire de Rennes-le-Château. Pouvez-vous revenir rapidement sur la genèse de ce premier livre de 1990 ? Qu'est ce qui vous a amené à l'époque à venir pourfendre les soi-disant mystères de la « Colline Envoûtée » ? L'envie de poursuivre et compléter les travaux de Descadeillas ?

JJB : C'est la découverte, un jour de 1988 de L'Énigme Sacrée qui m'a amené l'esprit empli de rêves à Rennes-le-Château. J'y ai vraiment cru, et j'ai mené au départ une petite « enquête » qui devait rester strictement personnelle si ma rencontre avec Gérard de Sède et surtout Claire Corbu et Antoine Captier n'avait été déterminante. Lorsqu'ils ont eu la gentillesse et surtout l'incroyable confiance de me confier la plus grande partie de leurs archives, j'ai découvert – hélas – car j'ai été le premier déçu par mon livre, que la réalité était bien différente de la fiction…

WM : Je suppose que suite à cette première publication, vous ne vous êtes pas fait que des amis dans le milieu des « saunièrologues » (sourire) ? Quelle a été la réaction à l'époque ?

JJB : Je ne me connais pas d'ennemi même si certaines des conférences auxquelles j'ai pu participer au début des années 1990 étaient plutôt « animées » ; je respecte néanmoins tous les avis sur la question. Je n'ambitionne nullement de convaincre celui qui a envie de croire, mais il est vrai que ceux qui se plaisent à rêver dans le cadre de cette affaire seront fatalement déçus par ma thèse. La meilleure réaction a été celle d'un journaliste qui, à l'époque, a écrit au sujet de mon livre : Qu'importe la vérité pourvu qu'on, ait le mystère… Combien il avait raison !

WM : Je pensais, que suite à cette publication, vous aviez fait le tour du sujet et que le dossier était clos pour vous. Pourquoi y revenir avec Les Sources Secrètes du Da Vinci Code ? Un effet de mode, afin de tirer –comme beaucoup d'autres – parti du fantastique engouement généré par le thriller de Dan Brown ?

JJB :  Je le pensais également, mais l'extrême sollicitation de la presse à mon encontre dès le mois de mai 2004, m'a conduit, fort tardivement, à renouer avec ces vieux démons, car je n'ai entamé, en réalité, la lecture de Da Vinci Code qu'au moins de novembre de l'année dernière. Il est vrai que ce roman de Dan Brown – au demeurant excellent sur de nombreux points – est un formidable moteur qui me permet, à nouveau, de faire revivre mes théories.  

WM : En fait, en lisant ce dernier livre, j'ai eu le sentiment que le Da Vinci Code n'était qu'un prétexte. Après avoir tordu le cou au mythe du trésor de Saunière, vous semblez avoir eu envie de régler le compte du Prieuré de Sion et de Pierre Plantard ?

JLR : Je n'ambitionne surtout pas de « tordre le cou » à Pierre Plantard. En effet, voilà un personnage, qui, sur de nombreux plans, demeure énigmatique. Si l'on fait abstraction de sa jeunesse tumultueuse et de ses idéaux que nous saurions partager, il demeure toutefois évident que cette incroyable affaire de Rennes-le-Château doit tout à Pierre Plantard. Il dispose d'une évidente forme d'intelligence qui l'a conduit à mystifier tous ses contemporains, et certainement nombre de ses amis qui furent, ne l'oublions pas, les premiers compagnons de la grande aventure du Prieuré de Sion. Je ne pense pas que Plantard ait pu imaginer – un jour – qu'il aurait pu connaître cette notoriété, hélas posthume.

WM : Vous faites une approche très documentée sur les sources ésotériques qui ont présidé à la création de cette invraisemblable mystification. Mais n'est ce pas malgré tout faire le jeu de Plantard en lui prêtant une quelconque « pensée ésotérique » ?

JJB : Mais il y a une réelle pensée ésotérique chez Plantard que j'estime, par endroit, très érudit. C'est justement cette évidente connaissance de tout ce qui touche au monde de l'occulte, qui lui permet de se jouer de tous ses détracteurs. Il est néanmoins évident que dans le microcosme de Rennes-le-Château, Plantard est l'un des plus grands affabulateurs que nous n'ayons jamais connu. Il a offert du rêve même si certaines de ses élucubrations sont facilement « démontables. »

WM : Nos amis anglo-saxons, très friands des « grands mystères » se passionnent pour le Prieuré de Sion auxquels ils croient généralement dur comme fer. Un chercheur anglais que vous citez, Paul Smith, s'est pourtant lancé dans un combat de « débunking » acharné contre cette mystification. Jusqu'à plonger dans des marécages assez glauques, et notamment concernant la vie privée de Plantard et ses démêlés judiciaires afférents à des « détournements de mineurs ». Vous en parlez dans votre ouvrage et semblez y apporter crédit. Même si cela ne change rien à notre sujet, avez vous des éléments concrets pour défendre cette thèse ?

JJB : Je n'ai pu me procurer le jugement afférent au « détournement de mineurs » de Pierre Plantard, aussi il conviendrait pour être parfaitement honnête, d'employer le conditionnel. Nonobstant, cela ne nous préoccupe pas dans la thématique de l'affaire de Rennes-le-Château. J'estime de Paul Smith fait un travail remarquable s'adressant à un public anglo-saxon nettement moins éclairé que nous le sommes. N'oublions pas que le succès de L'Énigme Sacrée s'explique avant tout parce que les anglais – et encore plus les américains – sont très portés à encore en de telles inepties.   

WM : Vous avez la dent particulièrement dure à l'encontre de Gérard de Sède. Est ce que vous lui accordez au moins des circonstances atténuantes, à savoir celle de s'être fait avoir, comme Chaumeil du reste plus tard ?

JJB : Gérard de Sède était un personnage débonnaire et très sympathique et surtout doué – à contrario de Plantard – d'une très bonne plume qu'il mit à profit d'une œuvre pourtant très inégale. Gérard de Sède ne pouvait ignorer, en écrivant l'Or de Rennes, que les parchemins étaient des faux manifestes. Il a donc écrit son ouvrage majeur en sachant qu'il allait mentir ostensiblement à son lectorat. C'est quand même lui qui fait voyager Monseigneur de Beauséjour en 1901, alors que ce dernier est impotent au monastère de Prouille. Si Gérard de Sède avait eu l'honnêteté de présenter à son public une vue romancée de l'abbé Saunière ; ce livre aurait-il eu, pour autant, la même destinée ?... C'est à Jean-Luc Chaumeil que nous devons d'avoir révélé la supercherie du Prieuré de Sion et son œuvre, là encore est très inégale ; il fait très souvent preuve d'une grande clairvoyance, particulièrement au sujet de Pierre Plantard et pourtant c'est lui qui écrit qu'à la fin de sa vie l'abbé Saunière avait signé le devis d'une nouvelle tour pour la bagatelle de 8 millions de Franc or !!!

WM : Savez-vous comment de Sède et Plantard se sont rencontrés ?

JJB : Ils se sont rencontrés à l'occasion de la parution, en feuilletons, de l'édition originale des Templiers sont parmi nous ; Plantard était à l'affût de ce genre d'information qui aurait pu légitimer sa pseudo société secrète. Pour lui, les prétendues découvertes de Lhomoy étaient primordiales pour bâtir la première colonne de sa mystification.

WM : Savez-vous si Plantard et Noël Corbu ont été en contact ? Les déclarations d'Antoine Captier sur le sujet sont assez hésitantes, non ?

JJB : J'avoue que sur ce point je l'ignore ; je pense qu'il faut porter crédit aux affirmations, même hésitantes d'Antoine Captier ; une rencontre Plantard – Corbu n'est pas à exclure.
 

WM : Vous avez également la dent très dure à l'encontre des auteurs de L'Enigme Sacrée, et plus particulièrement d'Henry Lincoln. Pour vous, cette opération éditoriale n'était rien d'autre qu'une opération à caractère « capitaliste » ?

JJB : Il est vrai que je ne serais guère tendre envers les 3 anglais ; je leur préfère de très loin Gérard de Sède qui, répétons-le était un personnage très sympathique (ce qui ne veut pas dire que Lincoln et consorts ne le soient pas – je ne les connais pas) mais leur démarche me paraît bien plus malhonnête. Leur livre est un pur produit marketing ce qui a été surabondamment démontré. Ils n'ont pas hésité à falsifier des pièces (la facture du cercueil de Saunière) pour faire croire qu'il avait été commandé 5 mois avant son attaque ! Et puis, pour qui nous prends-t-on lorsque l'on est capable d'écrire des inepties pareilles : "Absolument rien ne prouve que les sources que nous citons et les faits que nous rapportons soient authentiques, mais à supposer qu'ils le soient, les conclusions qu'on en peut tirer sont incontestables."

WM : Henry Lincoln a fait – comme Gérard de Sède- son mea culpa. Puis a rebondi dans une nouvelle direction, celle de la Géométrie Sacrée. Que pensez-vous de cette nouvelle « science mathématique » ?

JJB : Chez les francs-maçons, l'apprenti travaille sur la pierre brute qu'il apprend à dégrossir ; au compagnon l'on enseigne la Géométrie et il appartient au Maître d'utiliser la planche à tracer. Lincoln s'est épuisé à travailler en apprenti sur la pierre brute ; il ne connaît hélas pas grand chose à la géométrie et se contente de tracer des droites en tentant de faire parler ses figures mathématiques ; trop de symbole tue le symbole et il y a une réalité financière à vouloir échafauder sans cesse de nouvelles théories qui infirment les précédentes. Depuis plus de 50 ans, que je sache, nul n'a jamais rien trouvé !!! Il faut croire qu'il y a un public qui veut croire ; Lincoln, en excellent financier sait répondre à ses attentes.

WM : La mythomanie est un virus qui a la peau dure. Jean-Luc Robin, dans un ouvrage qui vient de paraître, parle des nouveaux « faussaires » de Rennes-le-Château. Certains découvrent de nouveaux parchemins, d'autre une maquette topographique… etc. Et trouvent toujours un public pour les suivre. Que pensez-vous de ce phénomène ?

JJB : J'aime beaucoup l'approche de Jean-Luc Robin ; Rennes-le-Château est de toute manière la capitale des faussaires et le premier fut Noël Corbu. Tout n'est que supercherie et je sais que je ne vais pas me faire des amis en étant aussi péremptoire, mais je demeure fidèle à ma ligne de conduite, il n'y a jamais eu de trésor mais nous avons été entraînés dans une fable montée par des doux rêveurs ou des génies. Ce que je regrette, c'est qu'en marge des publications les plus importantes, une autre littérature, plus sulfureuse et nauséabonde se développe autour de cette thématique.

WM : Avez-vous pris du plaisir à lire le Da Vinci Code, et que pensez-vous de ce roman en se plaçant cette fois sous l'angle de la seule fiction ?

JJB : Dan Brown est un excellent romancier, mais qui s'adresse avant tout à un public américain dont la plupart a découvert la tragédie du débarquement à l'occasion de la sortie du film ; Il faut sauver le soldat Ryan ! L'ésotérisme et l'occulte devient peu à peu la religion des temps modernes et l'on aime le mystère parce qu'il permet d'espérer et qu'un tel espoir est indispensable dans une époque où, à cause de la cruauté des hommes, une réalité sans mystère serait particulièrement atroce. C'est ce qui fait l'immense succès des ouvrages de Dan Brown : piégés par le rythme du récit et par une intrigue parfaitement menée, sous le couvert du roman, mêlant le vrai au faux et la fiction à l'histoire, annihilant parfois notre esprit critique, s'adressant à un public qui doute – et il faut souvent beaucoup douter pour croire – ils nous donnent l'impression de participer à la découverte de ces mystères et gageons, au bout de plus de 500 pages, qu'il y a une évidente jouissance dans la pseudo révélation de ce secret.

WM : Que pensez-vous des condamnations récentes de l'Eglise Catholique à son égard ?

JJB : Ridicule de la part d'un cardinal qui a agit en franc tireur et qui ne s'est pas exprimé au nom de l'Eglise.

WM : Vous avez je crois en cours un autre ouvrage sur Angels & Demons ? A qui voulez vous régler le compte ? (sourire)

JJB : J'ai souhaité m'attaquer à la littérature conspirationniste et particulièrement au thème des Illuminati qui, là aussi, est une véritable arnaque. Le problème, avec les Illuminati – secte d'opposants à l'Église catholique – c'est que bien plus encore qu'avec le Prieuré de Sion, cette prétendue société secrète nous laisse respirer des parfums bien nauséeux. Dan Brown a trempé sa plume dans l'encrier de la conspiration, lequel, sur le continent américain, est depuis des décennies savamment alimenté par l'extrême droite ou par les néo-nazis qui semblent avoir trouvé, au Canada, une terre d'accueil. Il a puisé son inspiration dans une littérature déjà surabondante et des documents mille fois utilisés chez des auteurs qui – sans faire preuve d'une réelle originalité – se sont recopiés les uns sur les autres sans jamais vérifier leurs sources. À moins que Dan Brown n'ait lui aussi cédé à l'entreprise de désinformation mondiale, que l'on prétend mise en œuvre par cette fameuse sibylline société secrète connu sous le nom Illuminati : détourner les peuples de l'action politique en leur faisant croire à des théories révisionnistes sur la marche du monde. Par sa mainmise sur la haute finance et la politique, ce groupe de comploteurs, qui contrôle l'histoire à sa guise, serait donc à l'origine, depuis la nuit des temps, de tous les conflits et maux qui ravagent notre planète selon un plan parfaitement orchestré sans qu'il n'y ait jamais – ce qui est extraordinaire – la moindre intervention de l'aléa ou du hasard. Cette révolution des élites, agissant silencieusement et sans désordre dans la rue, qui est en réalité un pacte synarchique, ne trahit-t-elle pas une vision plutôt simpliste et manichéenne de l'histoire ou n'est-on pas en présence d'une nouvelle religion s'employant à manipuler les esprits, transformant ses adeptes en initiés schizophrènes et paranoïaques ? Voici une des questions auxquelles je m'attache à tenter de donner une réponse.

WM : D'autres projets ?

JJB : J'ai écrit il y a quelques années la biographie de Maurice Magre, célèbre pour le Sang de Toulouse et le Trésor des Albigeois et surtout celle de Francis Carco, le chantre du Paris de l'entre-deux guerres. Je suis en train d'écrire un dictionnaire sur la bohème artistique et littéraire de Montmartre à Montparnasse entre 1890 et 1940. Rien à voir avec les sujets précédents !!!

WM : Merci Jean-Jacques Bedu.

 Les ouvrages sont en vente sur
//www.atelier-empreinte.com/bedu.htm



16/05/2012
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