Alain YVER

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JIMI TENOR

JIMI TENOR





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4th Dimension de Jimi Tenor

chronique d'album
 
Il est loin, le temps où Jimi Tenor, l’autre fameux myope nordique éclipsé par Erlend Øye, pouvait imposer à son label le concours d’un orchestre philharmonique. Cela se passait au début de la décennie chez Warp – l’album Out Of Nowhere (2000), un peu kubrickien. Celui qu’on a plus volontiers appelé ces dernières années l’ex-mari de Nicole Willis a épuisé entre-temps le bon vouloir d’une autre structure, Kitty-Yo, littéralement portée disparue, et s’est détourné de l’électronique. Qu’à cela ne tienne, l’excentrique finlandais est revenu sur la structure de ses débuts, le très local Sähkö-Puu.

Toujours un peu savant fou, toujours un peu voyou, il réussit désormais avec trois fois rien – et tout de même le concours du trio africain Kabu Kabu, anciens sessions men de Fela Kuti – à faire feu de tout bois et à se surpasser sur le bien nommé 4th Dimension. Derrière ce titre qui sent bon le carton-pâte d’une production Ed Wood, se cache un disque ample et captivant. Il apparaît savoureusement grandiloquent grâce au concours d’une seule petite formation jazz, et cinématique sans être présomptueux ou décoratif. Des polyrythmies exotiques au jazz progressif (de Roy Ayers aux Pharoah Sanders), le captivant Jimi Tenor cède à toutes ses lubies, mais conserve le sens de la fête et le besoin de la mégalomanie artistique dans un monde qui, selon lui, ne crée plus qu’en mode mineur.

Le goût du bizarre, l’humour noir et la détermination à imposer un groove qui ne faiblit jamais traduisent moins l’idée de la fusion que celle de l’osmose, surtout si on compare 4th Dimension aux précédents albums beaucoup plus inégaux de ce multi-instrumentiste survolté. On pourrait estimer qu’à l’époque où Gilles Peterson était le seul Dieu sur terre, ce genre d’enregistrement voyait le jour par dizaines, et que le changement de mode (l’afrobeat mis à part) pourrait bien lui conférer une dimension plus exceptionnelle. Ce ne serait pas volé pour Jimi Tenor, au parcours si bosselé.

Il faut plutôt préciser que le dionysiaque 4th Dimension dure soixante-dix minutes, mais ne perd jamais son temps à mettre en boîte la très éventuelle concurrence. Voilà sans doute le privilège des outsiders : tandis que sa recette se révèle finalement simple et efficace, dédiée à un plaisir immédiat et avéré (salsa, congas, Moog), ce disque donne à l’auditeur le sentiment de se confronter à une ultime et cornucopienne bizarrerie.
Julien Welter








Joystone de Jimi Tenor
chronique d'album

Quelques mois après son retour en tant que producteur sur le nouveau et très réussi album soul de sa belle Nicole Willis, revoici l’expatrié de Warp et Kitty-Yo Jimi Tenor, de retour sur son label finlandais Sähkö. Pour Joystone, déjà son dixième Lp à ce jour, le blond à l’âme noire s’est entouré de Kabu Kabu, un trio de musiciens africains, qui comprend notamment Nicholas Addo Nettey, partenaire à la scène de Fela Kuti.

Ceux qui imaginent déjà un retour aux sources un poil pénible d’un hybride d’afrobeat contemporain se trompent, car Jimi Tenor est avant tout un musicien pop, et ses compositions sont plus que jamais empreintes de sa signature éclairée. Entre jazz scandinave et touches funk africaines, il était pourtant facile de noyer son auditeur dans une sorte de bric-à-brac casse-pipe, mais Tenor possède à l’évidence de grandes qualités de compositeur et d’arrangeur.

On peut ou pas adhérer à cette nouvelle orientation musicale, mais il reste cette touche de naïveté rayonnante, d’humour excentrique et de soul sexy qu’on aimera toujours dans son œuvre, à l’image de l’irrésistible Hot Baby, excellente variation sur l’éveil des sens, aux cuivres impeccables.
Thomas Schwoerer







Le finlandais electro Jimi Tenor en interview-vidéo
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02/08/2000
 
Jimi Tenor se confie à la caméra des inrocks.com pour nous parler de sa dernière uvre, Out of Nowhere. Entre confidences et anecdotes décalées, cet entretien permet de mieux cerner l’énigmatique finlandais…
Avec ses allures travaillées de dandy pop blafard, mutique et hautain, sa panoplie kitsch de clone glacé d’Andy Warhol, le finlandais Jimi Ténor avance masqué. En une poignée de disques insituables et somptueusement bricolés, truffés de pop songs fûtées pulsées de grooves irrésistibles puisés aux sources de la musique noire seventies, le chanteur à la voix de falsetto s’est peu à peu transformé en ce qu’il n’a en fait jamais cessé d’être : un compositeur ambitieux complotant en solitaire une inédite et singulière nothern soul, subversive et givrée, à la fois sensuelle et cérébrale. Par la monstruosité de ses hybridations contre-nature, cette façon désinvolte d’osciller sans cesse entre élégance chic, easy-listening déglinguée et expérimentations improbables aux limites du grand-guignol. Out of nowhere, dernier opus de Jimi Ténor, enfonce le clou en multipliant tous azimuts les télescopages stylistiques, greffant sur sa neo-soul technoïde et mutante, des éléments toujours plus étrangers à l’univers de la pop (sitars, séquences de free jazz, orchestre de musique contemporaine). La beauté baroque et souvent outrancière du résultat, cette musique riche, complexe, débordante de matière (brute, précieuses, recyclées), propulse définitivement Ténor dans des contrées esthétiques fort peu explorées et le révèle au grand jour : terroriste utilisant les codes de la pop culture pour mieux les détourner, les piéger, subvertir de l’intérieur les cadres dans lesquels il s’inscrit. Invité à s’expliquer sur quelques-uns des titres forts de son dernier disque, Jimi Ténor apparaît enfin tel que vous n’aviez jamais pensé le voir : en pleine lumière !





Out of nowhere

Jimi Tenor - Out of nowhere
Warp - Source

Si l’on jette un rapide coup d’œil sur son parcours récent, on s’aperçoit qu’il n’aura fallu finalement à Jimi Tenor que trois disques insituables et somptueusement bricolés (Europa en 95, puis Intervision en 1997 et Organism, deux ans plus tard), accommodés d’une série d’interviews piégées, pour réussir au-delà de toute espérance à imposer cette image de mystificateur de génie jouant les intellos désabusés pour donner le change. Avec son nouveau disque Out of nowhere, Tenor, persiste dans sa façon sarcastique de reprendre à son compte tous les poncifs cyniques de la pop star dédaigneuse. Il a beau prendre les devants et s’en défendre a priori, ce nouveau disque sonne bien “plus sérieux” que les précédents. Car si Out of nowhere reprend sensiblement les mêmes techniques de composition par strates qu’Organism, la même esthétique de collage généralisé sur une base résolument funk, les éléments convoqués et manipulés se sont encore diversifiés et le résultat final, par sa beauté monstrueuse, trahit cette fois son ambition. Trop riche. Trop complexe. Un rien boursouflé même par instants. Indéniablement le dosage n’est pas aussi fin et précis que précédemment entre pop-songs futées à la légèreté désinvolte et expérimentations formalistes forcenée. Et même si la profonde originalité de la musique de Tenor se révèle totalement dans ce disque débordant de matières précieuses, sa réussite esthétique marque aussi sa limite stratégique. Car le résultat tangible c’est que pour la première fois le masque se lézarde laissant apparaître Tenor pour ce qu’il est réellement : un terroriste utilisant les codes de la pop-culture pour mieux les détourner, les piéger, subvertir de l’intérieur les cadres dans lesquels il s’inscrit.
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Jimi Tenor - Out of nowhere

Warp - Source

Par la monstruosité de ses hybridations contre nature, Out of nowhere, nouvel album de Jimi Tenor, vient en partie craqueler l’image de désinvolture cynique derrière laquelle le chanteur dissimulait ses ambitions. Et si le Finlandais n’était pas le dandy pop pseudo-intello que l’on croyait, mais un authentique expérimentateur fou ?
Vous voulez faire plaisir à Jimi Tenor ? Traitez-le d’imposteur. Aussitôt son regard s’illumine derrière les lunettes noires, son discours jusqu’ici crispé et passablement laconique gagne en décontraction ­ vous ne serez pas celui qui fera tomber le masque. Vous vous imaginiez pertinent (voire impertinent) : vous venez juste, au contraire, de plonger à votre tour dans le piège en vous aventurant sans malice au cœur de son royaume d’ambiguïtés calculées, dans ces zones d’ombres et d’incertitudes savamment entretenues, où le moindre bâtard a des allures de chien de race, et le loup sanguinaire les apparences angéliques de l’agneau qui vient de naître… Car c’est principalement sur la mystification que Tenor a basé sa stratégie retorse et son art subtil des apparences. C’est même très précisément dans cette indécision savoureuse, qui saisit l’auditeur au bout de quelques chansons languides aux grooves maladifs, dans cette suspicion lancinante, qui insensiblement le gagne sur la nature profonde de ce qu’il est en train d’écouter, que réside le charme flou de son univers fuyant et informel, oscillant sans cesse entre élégance chic, easy-listening déglingué et expérimentations monstrueuses, aux confins du désastre. Plongé dans un monde factice qui n’aime rien tant que les vains jeux de miroir lui renvoyant en mille scintillements sa vacuité infinie, Jimi Tenor aura fait de cette ambiguïté, très finement orientée, son arme secrète pour s’immiscer à son tour dans le jeu. C’est à la place de l’imposteur de service donc, dans le rôle un peu ridicule du dandy bouffon, que la société du spectacle l’a accepté en son sein. Non seulement Tenor le sait et s’en accommode, mais on le soupçonne désormais de savourer béatement ce jeu de dupes. Et si jusqu’alors on avait plutôt tendance à analyser cette attitude comme une façon futée et raffinée de dissimuler une fondamentale vacuité esthétique derrière une feinte désinvolture, on en vient aujourd’hui, en un total renversement, à se demander si Tenor n’a pas au contraire endossé sciemment les habits de la pop-star et emprunté sa pseudo-pensée chic pour faire passer en contrebande une musique bien moins futile et gratuite qu’il n’y paraît.
Si l’on jette un rapide coup d’œil sur son parcours récent, on s’aperçoit qu’il n’aura fallu finalement à Tenor que trois disques impossibles à situer et somptueusement bricolés (Europa en 1995, puis Intervision en 1997 et Organism, deux ans plus tard), accommodés d’une série d’interviews piégées, pour réussir au-delà de toute espérance à imposer cette image de mystificateur de génie jouant les intellos désabusés pour donner le change. Aujourd’hui, invité à définir le style hybride de son nouveau disque Out of nowhere, Tenor, dandy blafard, hautain et mutique, persiste dans sa façon sarcastique de reprendre à son compte tous les poncifs cyniques de la pop-star dédaigneuse. “Je fais de la musique comme on imagine un cocktail. J’essaie des combinaisons de styles différents, je mixe tout ça un peu au hasard et, selon le goût que ça donne, je précise les dosages, j’affine les associations. Si on désire intellectualiser le truc, on peut voir là-dedans une attitude post-moderne propre aux musiciens de ma génération, une façon d’arriver après les grandes révolutions et de rassembler les morceaux ­ pourquoi pas ? Mais sincèrement j’ai très rarement en tête ce type de préoccupations. Ma musique n’est pas très “conceptuelle”. Plutôt : gin & tonic !” Rien de “réfléchi” donc, à l’entendre, dans cette néo-soul technoïde et mutante, terriblement sensuelle sous ses dehors givrés. Pourtant, cette façon d’oser sans filets tous les télescopages stylistiques imaginables en coupés/collés audacieux, de cultiver les moindres paradoxes esthétiques en brouillages multipistes malins ­ tout en prenant bien soin de ne jamais s’éloigner des cadres rassurants et consensuels de la culture pop ­ apparaît tout sauf le fruit du hasard. Là encore, Tenor se défile. “Ce que je fais et la façon dont je le fais reflète à mon avis très précisément les structures mentales des gens de ma génération, nourris de sous-culture TV et formatés par la logique du zapping. Mon rapport à la culture, c’est du grappillage : je suis séduit ponctuellement par telle sonorité, tel groove, telle orchestration, je m’en empare, je l’utilise, je l’intègre pour ce qu’il a à m’offrir dans l’instant, sans forcément chercher à savoir d’où ça vient, où ça va, quel type d’idée ça véhicule. C’est plutôt un matériau ou une marque, un signe culturel qui renvoie à une période bien précise, à un certain imaginaire ­ dans tous les cas un truc qu’on a là sous la main et qu’il faut savoir saisir et utiliser. Il y a beaucoup d’opportunisme là-dedans mais c’est ça être un musicien pop. C’est tout sauf sérieux. Notre royaume, c’est l’instant et le superficiel… On est là pour s’amuser et faire du fric. J’en ai vraiment rien à foutre d’être considéré comme un artiste et je trouve terriblement suspects ceux qui, dans la pop-music, ont toujours ce mot à la bouche. Je ne fais pas de musique pour la postérité, avec l’espoir d’être redécouvert après ma mort comme le grand poète maudit de mon époque. Cet album peut sembler sonner un peu plus “sérieux” que les précédents parce qu’il intègre des éléments étrangers à l’univers de la pop (des sitars, des séquences de free-jazz, un orchestre de musique contemporaine), mais je pense que ma musique est toujours fabriquée dans le même esprit d’entertainment.”
Il a beau prendre les devants et s’en défendre a priori, ce nouveau disque sonne bien “plus sérieux” que les précédents. Car si Out of nowhere reprend sensiblement les mêmes techniques de composition par strates qu’Organism, la même esthétique de collage généralisé sur une base résolument funk, les éléments convoqués et manipulés se sont encore diversifiés et le résultat final, par sa beauté monstrueuse, trahit cette fois son ambition. Trop riche. Trop complexe. Un rien boursouflé même, par instants. Indéniablement, le dosage n’est pas aussi fin et précis que précédemment entre pop-songs futées à la légèreté désinvolte et expérimentations formalistes forcenées. Et même si la profonde originalité de la musique de Tenor se révèle totalement dans ce disque débordant de matières précieuses, sa réussite esthétique marque aussi sa limite stratégique. Car le résultat tangible, c’est que pour la première fois le masque se lézarde, laissant apparaître Tenor pour ce qu’il est réellement : un terroriste utilisant les codes de la pop-culture pour mieux les détourner, les piéger, subvertir de l’intérieur les cadres dans lesquels il s’inscrit.
Finalement, tout l’art de Jimi Tenor tient dans cette distinction très fine entre la notion de kitsch, qu’il récuse violemment, et l’enthousiasme avec lequel il accueille l’idée que sa musique sonnerait souvent comme la BO inspirée d’un film d’Ed Wood. “J’aime cet esprit série B. J’aime cette façon de faire avec ce que l’on a sous la main, cette urgence dans l’action, ce rapport au temps qui impose que l’on trouve des solutions dans l’instant, qui se moque de la perfection toujours artificielle, pour viser à une certaine fonctionnalité. Il y a indéniablement ce petit côté bricolé dans ce que je fais, qui à mon sens est en relation directe avec la vie…” La musique de Tenor, sous ses dehors ultra-sophistiqués, est bien du côté de la vie, en lutte contre l’artifice… Un paradoxe de plus.
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Jimi Tenor - Organism

Warp - Source
Avec son visage blême et ses gestes mécaniques, le groove de Jimi Tenor possède une singulière allure. Sur son nouveau Organism, le Finlandais continue ses étranges manipulations où funk, techno, free-jazz, house et pop sont priés de laisser leurs manuels à l’entrée de la discothèque la plus givrée du monde. Lointaine, nordique et énigmatique, coincée [...]
Avec son visage blême et ses gestes mécaniques, le groove de Jimi Tenor possède une singulière allure. Sur son nouveau Organism, le Finlandais continue ses étranges manipulations où funk, techno, free-jazz, house et pop sont priés de laisser leurs manuels à l’entrée de la discothèque la plus givrée du monde.
Lointaine, nordique et énigmatique, coincée entre la Suède et la Russie, tiraillée entre les deux selon les aléas de l’Histoire, on n’imagine que vaguement la Finlande. De cette contrée floue du bout de l’Europe se sont déjà échappés quelques musiciens eux-mêmes tiraillés entre plusieurs cultures, Sibelius au début du siècle, 22 Pistepirkko plus récemment. Le tournant du siècle prochain se fera plus certainement avec Jimi Tenor et son nouveau single Year of the Apocalypse, morceau assurément non prémonitoire, dans lequel il prône liesse et amusement. Mais seulement en public : en privé, ce type cache sa joie.
Glacial ressortissant de Lahti, il confirme tous les clichés usuels circulant sur les Nordiques ­ sympa comme la porte de la prison de Hämeenlinna, bavard comme un hareng fumé. Plus laconique que lapon, Jimi Tenor a le regard aussi expressif que Rudolf le renne quand il annonce d’entrée de jeu la couleur : vêtu d’un avenant T-shirt aux couleurs de l’Allemagne, ce clone pâlichon d’Andy Warhol a la mauvaise grâce distinguée, la retenue sarcastique et l’humour congelé. “Juste à côté de la Finlande, il y a Saint-Petersbourg, qui compte sept millions d’habitants. Donc il ne faut pas voir la Finlande comme un pays perdu, loin du monde (rires)… Helsinki est grand et petit à la fois. Ça va pendant un moment, mais si on veut vraiment faire quelque chose, aller plus loin, progresser, il faut en sortir. Dans ma ville, ça n’était jamais arrivé à personne d’avoir du succès, c’était complètement improbable, inutile. Je me suis toujours senti un peu perdu en Finlande, j’aimais les grandes villes.”
Jimi Tenor avait pourtant de quoi s’occuper quand il était gamin. Après avoir pipeauté son monde en avouant des passions fugaces pour le bricolage, la photo ou le hockey sur glace, il trouve sa voie dans la flûte et le saxophone. “Vraiment mauvais en solfège”, il rejoint donc quelques groupes de rock avant de s’installer à son compte en formant The Shamans. Un groupe aux performances scéniques aussi visuelles que musicales, qui l’entraîne logiquement à la réalisation de ses propres films ­ “que l’on ne pourrait même pas qualifier d’underground”. Citoyen du monde par obligation ­ il vit maintenant à Barcelone ­, Jimi Tenor a quitté la Finlande très tôt et sans états d’âme.
Professant une théorie néolibéraliste bien à lui, Tenor s’insurge contre un système social qui, selon lui, rend ses compatriotes mous et apathiques, interdisant le pays de création. “Musicalement, il n’y avait quand même pas assez de possibilités à Helsinki. Il y a plein de musiciens, mais les gens ne sont pas vraiment impliqués dans ce qu’ils font, pas vraiment concernés. La société finlandaise rend la vie trop facile. Les allocations chômage sont très conséquentes. On n’a quasiment pas besoin de travailler pour vivre, il suffit d’aller au bureau d’aide sociale et on reçoit de l’argent. Moi, je n’ai jamais vraiment travaillé là-bas. La plupart du temps, j’étais au chômage, et la plupart de mes amis musiciens le sont aussi et le seront toujours. Une telle aide n’encourage pas à travailler. Les Finlandais n’ont pas la volonté de s’en sortir parce que, de toute façon, il n’y a nulle part où percer en Finlande, il n’y a pas d’industrie. C’est très frustrant de savoir qu’on ne peut pas aller plus loin.”
A ce système finlandais, Jimi Tenor préférera les joies du libéralisme américain et de ses carnages quotidiens, tellement plus stimulants pour la créativité. “A New York, je n’avais pas de travail, je grugeais donc les Assedic finlandais, je leur disais que je vivais toujours là-bas et je touchais les allocs. Comme à New York les prix sont plus bas qu’en Finlande, ça valait le coup. Ensuite, je n’ai plus pu, parce qu’ils se sont aperçus de mes combines. Il a donc fallu que je trouve du travail. Mais comme j’étais un étranger en situation irrégulière, c’était difficile. Je me suis fait faire une fausse carte d’identité. Je n’avais pas de scrupules : à New York, la moitié des gens qui bossent sont des illégaux. Je faisais de la musique également, j’enregistrais et j’ai fait quelques concerts dans des bars où j’étais payé en boisson.”
Pour se consoler de l’ingratitude de ses hôtes, qui ignorent royalement sa musique, Tenor se vengera en piquant dans le sac à main du jazz, histoire de renouveler son inspiration. Pour survivre, il passe ses journées à photographier des freaks dans les rues de Manhattan ­ en édifiant de nouvelles magouilles à tester. A bout de manigances, il finit par rentrer en Europe. C’est finalement la Grande-Bretagne qui l’accueille avec le plus d’honneurs. Avec la sortie, en imports exotiques d’Helsinki, de deux albums (dont le merveilleux Europa), un mini-culte se développe autour de Jimi Tenor : son bouillon de cultures devient alors une énigme musicale, qui ne manque pas de taper dans l’oreille du label le moins frileux d’Angleterre : Warp.
C’est là, chez les barjots de Sheffield ­ chez qui, de Squarepusher à Aphex Twin, Björk vient régulièrement faire incognito son marché aux rythmes détraqués ­, que Jimi Tenor trouve fin 96 un asile où dépaqueter son joli bazar. Easy-listening, funk, techno-lounge, Gary Glitter, Elton John, Miles Davis, Barry White, Curtis Mayfield : on évoque tout et n’importe quoi pour tenter de saisir l’insaisissable, pour disséquer les productions électro-spatiales de Jimi Tenor. On parle même de Liberace, mais sans doute par référence aux capes et autres effets que Jimi Tenor porte sur scène ­ le Finlandais crée d’ailleurs dans ses heures creuses les modèles de sa propre ligne de vêtements : Tenorwear.
Avec Intervision (1997), Jimi Tenor échappe de peu à un procès expéditif : on le soupçonne alors de n’être que le rigolo techno de service, une cocasserie kitsch ­ il faut dire qu’en pleine mode Mike Flowers Pops, on avait tendance à voir de la cocktail-music même chez Lilicub. Pourtant, de froides et anormales cassures faisaient déjà de la musique de Jimi Tenor un easy-listening souffrant, catarrheux, tordu, puisant dans la soul, le funk, transformant une musique facile à écouter en une musique facile pour emballer.
Son nouvel album, Organism, jamais vraiment orgasmique, pas plus organisé qu’organique, est toujours un télescopage dingo de styles qui tissent la trame de cette musique filante comme une anguille ­ à l’image de son créateur. Techno-funk bonne pour l’asile (Total devastation), farfouillage dans les poubelles odorantes de New Order et dans la BO de films d’horreur (Serious love), house feutrée (Year of the Apocalypse), groove jazzy (Sleep), Jimi Tenor furète dans ces no man’s land frontaliers où les musiques hésitent à se fréquenter, inventant sa voie au hasard de tâtonnements dans les recoins malades de son cerveau. “J’essaie de composer ma musique sérieusement, quitte ensuite à l’emballer dans un enrobage plus léger, de la transformer en produit de plus grande consommation. Si ma musique était des cornflakes, l’emballage ressemblerait à celui des Frosties de Kellog’s. Le son, l’équipement que j’utilise, la couleur et la lumière qui dominent le son sont arrivés accidentellement. J’ai juste une petite table de mixage. Je ne peux donc utiliser que très peu d’instruments à la fois. J’adore bidouiller en studio, je fais plein de trucs moi-même, je construis mon matériel. Mais chez moi, la véritable base scientifique n’existe pas. Je n’arrive même pas à réparer un câble cassé. Je teste, je fais tout à l’aveuglette et j’ai déjà bousillé plein de trucs à force de brancher les mauvais câbles ensemble. Mais des choses intéressantes peuvent arriver à travers les accidents.”
Jimi Tenor invente là le concept de musique sur pilotis : le bidouillage à tâtons, l’expérimentation scientifique sans la base mathématique, le pilotage à vue, la charrue sans les boeufs. D’où ce résultat hétéroclite : une musique aussi bien taillée pour les dance-floors que pour les supérettes. Une musique aux apparences parfois puériles et simplettes, mais dont la discothèque de Jimi Tenor ­ beaucoup de Sun Râ, dont il rêverait de partager le don pour l’expérimentation bizarre et primitive ­ révèle des cheminements autrement plus sinueux et savants. “J’écoute beaucoup de jazz, c’est très présent dans ma musique. J’écoute surtout du free-jazz, beaucoup de choses expérimentales. J’adore Sun Râ, surtout parce que personne n’a jamais reconnu qu’il était un authentique jazzman. Beaucoup de gens sérieux disent qu’il ne valait rien, faisait de la merde. Pourtant, il était un pianiste incroyable.”
Malheureusement, l’illumination spatiale et la poésie déglinguée du pianiste américain ne sont encore ici que de lointaines chimères : la grâce solaire n’a pas encore frappé le Finlandais ­ à Helsinki en plein hiver, la luminosité est de six heures par jour. Armé de son petit manuel du free, Jimi Tenor s’en tient à des formules, s’embourbe à l’occasion dans quelques solos de saxophone douteux ­ d’où sortent les diatribes baveuses au milieu de My mind ? ­, laisse une liberté trop inconditionnelle aux prouesses de la basse, confond Parliament et Jaco Pastorius… Du free-jazz, on vire vite à un jazz-rock de sinistre mémoire ­ “Non, je ne crois pas aimer le jazz-rock, je n’écoute pas ça”, se défend-il, visiblement très agacé. Et s’il ricane des doutes de son manager ­ “Il y a quelques semaines, il me disait encore “Jim, cet album ne va pas vraiment te nuire, mais…“ ­, Jimi Tenor reste suffisamment humble pour qu’on lui épargne un embarrassant procès en concept-albumisation. Car, loin d’être l’un de ces fumeux soufflets où la vanité le dispute à la virtuosité, Organism se contente de proposer une musique fonctionnelle, sans prétention : destinée à faire trépigner le clubber, elle est surtout dessinée pour amuser son créateur.
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Jimi Tenor - Intervision

Warp - Pias
Entre érudition et récréation, un Scandinave revisite jazz et funk pour inventer une musique mutante, snob et troublante. Sur la pochette de son album, Jimi Tenor ressemble étrangement à David Sylvian, pour cet art rare de gestion de la préciosité. Et un peu aussi, pour les mêmes raisons, à Jarvis Cocker. En blond. Ce qui, [...]

Entre érudition et récréation, un Scandinave revisite jazz et funk pour inventer une musique mutante, snob et troublante.
Sur la pochette de son album, Jimi Tenor ressemble étrangement à David Sylvian, pour cet art rare de gestion de la préciosité. Et un peu aussi, pour les mêmes raisons, à Jarvis Cocker. En blond. Ce qui, depuis deux ans, ne le fait pas passer inaperçu dans un milieu ­ celui de la techno intelligente et froide alimentée par deux labels, un scandinave (Sahkö) et l’autre anglais (Warp) ­ où un grand échalas blond en veste lamée a le don de détonner. Il semblerait presque s’être trompé de porte, Jimi Tenor. Par contre, toujours aux avant-postes des sons sérieusement cervelés, les patrons de Warp n’ont pas raté leur coup. On n’aurait pas, au départ, forcément parié trop de couronnes sur cet homme-orchestre kitsch ­ qu’est-ce qu’un label au QI un rien trop élevé comme Warp allait pouvoir faire d’un tel olibrius ? Car la mode easy-listening s’est depuis longtemps essoufflée et un art consommé du second degré n’a jamais fait un bon disque. Seulement, les têtes chercheuses de Warp ont su voir, derrière un fin (et vite dissipé) voile de second degré, la beauté de cet album. N’écoutez surtout pas vos parents quand ils claironneront que tout cela est “kitsch et drôle”. Non, Intervision est juste triste et beau. Et l’on sent que cette image de clown commence à peser à Jimi Tenor. D’ailleurs, le texte de la pochette invite à ne pas croire en l’amateurisme et à la chance, ce disque résultant d’une gestation qui sent le forceps. Très loin de l’easy-listening, c’est un autre héritage musical qui s’impose aux oreilles : Sly Stone et sa soul mélancolique, le Prince de 1980, un George Clinton enfin zen, le Human League en gestation de Dignity of labour, un Tom Waits fluide (Countdown), le Bowie d’Hunky Dory, une génération entière de jazzmen héroïnomanes, et surtout, le Alan Vega de Juke box baby. Jimi Tenor revisite ces héros, les digère et les recrache en drôles de petits morceaux : électronique déjantée, rythmiques presque noisy, synthé sixties, saxophone en plastoc, grandes orchestrations pour petites mélodies. Soit l’une des plus belles collections d’objets mutants qu’il nous ait été donné de voir (le personnage lui-même) et d’entendre : le P-funk d’Outtaspace, le funk blanc-rock de Sugardaddy, la soul psychédélique de Can’t stay with you baby, le hard-jazz de Caravan (une vieille scie de Duke Ellington, qui retrouve ses jambes de 20 ans), la douleur écrasante de Shore hotel, l’ascenseur tout droit pour l’échafaud d’Atlantis… Un univers hautement référencé et pourtant intime. La pire insulte à cette beauté saugrenue serait de réduire Jimi Tenor à un triste phénomène de mode. <
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Jimi Tenor & Tony Allen - inspiration, information 4  (WORLD)
Quatrième épisodes des aventures "inspiration information" initiée par le label Strut Records. Pour celles et ceux qui n'ont pas entendus parler de cette collection, rappel des faits. Le label anglais propose à des artiste contemporains de collaborer, le temps d'un album, avec une de leur idole. Ainsi, le volume 1 a vu la rencontre entre Amp Fiddler et Sly & Robbie, le volume 2, l'association de Ashley Beedle et de Horace Andy, et le volume 3 nous a donné la merveilleuse collaboration entre The Heliocentrics et Mulatu Astatke.
Ce quatrième volume voit la rencontre entre le musicien finlandais Jimi Tenor et le mythique batteur de Fela Kuti, Tony Allen. Rencontre assez logique, puisque le saxophoniste, depuis trois disques (dont le très bon "4th dimension" sorti cette année), a quelque peu délaissé son funk cosmique pour  se tourner vers de l'afro psyché beat. Quand à Tony Allen, il reste bien évidemment dans son univers, même si il n'a jamais hésité a expérimenter, comme le démontrent ses collaborations avec Doctor L ("black voices" et l'indispensable "psyco on da bus") dans un registre électro psychédélique, ou encore le mariage avec le hip hop sur le plus dispensable "home cooking".
Cette rencontre fait un peu le pont entre tout ça car, sur une base résolument afro beat, menée par la frappe si particulière du nigérien, Jimi Ténor apporte une bonne touche de psychédélisme et de funk, alors qu'en guest, Allonymous (que vous avez peut être déjà entendu avec Doctor L, Julien Loureau, Les Nubians...), avec son slam groovy, apporte une petite touche hip hop. L'alchimie entre les deux protagonistes est évidente. On n'avait pas entendu Tony Allen sur un disque aussi inspiré depuis le projet Psyco On Da Bus. Quand à Jimi Tenor, malgré la qualité des ses trois opus en compagnie de Kabu Kabu, avec qui il s'essayait à l'afro beat, force est de constater que le niveau est bien supérieur ici.
En bref, si vous êtes amateurs d'afro beat, vous ne devez absolument pas passer à côté de ce "inspiration, information 4".







JIMI TENOR : HIGHER PLANES


Un nouvel album de Jimi tenor, c'est toujours du bonheur en boîte. Notre cher finlandais psyché-jazz-electro nous revient en grande forme avec un Higher Planes de haute voltige.
Jimi Tenor, de son vrai nom Lassi Lehto, est un multi-instrumentiste (clavier, saxophone, flûte, chant... ) et producteur de génie, et son talent ne s'arrête pas là car il touche aussi à la photographie, la mode et la vidéo.

Mais concentrons-nous sur sa musique. Depuis 1988, ce gringalet décoloré à lunettes a apporté son grain de folie à l'indus, à l'electro technoïde, à l'easy listening, au jazz à paillettes, au funk philharmonique, et nous revient avec ce Higher Planes hautement jazz et rempli de cuivres. Et autant dire que ça groove sévère!

Restant dans la lignée de ses travaux précédents, avec toujours ce sens du gimmick accrocheur et cette voix si étrange et attachante, il pousse le bouchon un peu plus loin au niveau de l'instrumentation et des arrangements. Après le déjà grandiose Out Of Nowhere, dans un genre plus symphonique et contemporain, Jimi Tenor, tel le nain devant un urinoir, devait placer la barre très haut... Et le finlandais ne nous déçoit pas car il s'est vraiment donné les moyens de rendre hommage, de manière ludique et réjouissante, à la grande époque de Lalo Schifrin. Et la virtuosité de certains morceaux comme Cosmic Dive ou Good Day est plutôt surprenante. On oscille ici entre jazz (Tariola, Stargazing...), groove psychédélique (Black Hole, Let The Music...) et soul électronique planante (Higher Planes, Spending Time...) mais à chaque fois c'est en nous laissant un grand sourire aux lèvres. Vous l'aurez compris, avec son jazz festif, intelligent et actuel, Jimi Tenor est un artiste à (re)découvrir à tout prix, et à voir absolument en concert (je reviens d'un de ses concerts au moment où je tape ces lignes), où le grand prêtre en costume zébré et son big band à paillettes enflammeront votre soirée.

JIMI TENOR : HIGHER PLANES
12 titres






Inspiration Information vol. 4
Jimi Tenor, Tony Allen
Une trame nigériane mais gorgée de soul fondante et de jazz moelleux, avec des escapades vers le spoken word et le reggae. Une pointe d'humour désabusé aussi, et des pics d'énergie contenue mais intense. Le Finlandais atypique Jimi Tenor ferraille aux voix, aux claviers, à la basse, Tony Allen, l'ex-batteur de Fela Anikulapo Kuti, est à ses baguettes et ses balais. C'est le label anglais Strut Records qui est à l'origine du projet dans le cadre du quatrième volume de sa série Inspiration Information. Le numéro 3 était consacré au télescopage réussi entre les grooves éthiopiens de Mula­tu Astatke et les univers electro-free-funk de The Helliocentrics. Cette fois, l'afro-beat musclé de Lagos et la suave juju music façon King Sunny Adé sont le point d'appui à partir duquel Tenor et Allen - associés au groupe afro-finlandais Kabu Kabu et au MC allemand Allonymous - tricotent leur voyage en apesanteur solidement rivé à la sophistication des rythmes. L'enregistrement, commencé à Berlin, s'est achevé entre Paris et Helsinki. Les textes en anglais et en yoruba fustigent le sort réservé aux immigrés et s'interrogent sur la condition humaine : « Tout ce dont ils ont besoin, c'est d'amour, tout ce dont ils ont peur, c'est l'amour. »
Le 13/02/2010 - Mise à jour le 09/02/2010 à 14h23
Eliane Azoulay - Telerama n° 3135








Jimi Tenor

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Jimi Tenor (né Lahti , 1965, Lassi Lehto) est un musicien finlandais. Son nom est une combinaison du prénom de sa jeunesse idole Jimmy Osmond et le saxophone ténor . Son groupe Jimi Tenor & His chamans a publié son premier album en 1988, album de Jimi premier album solo paru en 1994. "Take Me Baby" est devenu son premier succès en 1994. Il a sorti des albums sur les enregistrements Sahko , Warp Records et Kitty-Yo étiquettes. Jimi a joué à plusieurs reprises avec l'Avante Guarde bande Society grande Flat Earth.
En 2009, il a contribué d'une reprise d'une chanson de Elektroids Warp20 (Recreated) compilation, ainsi que d'avoir sa chanson "Paint the Stars" couverts par Hudson Mohawke .

Discographie
Jimi Tenor et ses chamans
    •    Capacité totale de 216,5 litres, 1988
    •    Diktafon, 1989
    •    Mekanoid, 1990
    •    La peur d'un Jésus noir, 1992
Solo
    •    Europa, 1995
    •    Sähkömies, 1994
    •    Intervision , 1997
    •    Venera EP, 1998
    •    Organisme, 1999 (Warp / Sire Records )
    •    Out Of Nowhere, 2000
    •    EP secours Cosmique, 2001
    •    Rêve utopique, 2001
    •    Higher Planes, 2003
    •    Beyond the Stars, 2004
    •    Deutsche Grammophon recomposé par Jimi Tenor, 2006
    •    Live in berlin, 2007
Avec Kabu Kabu
    •    Lever, 2006
    •    Joystone , 2007
    •    4e Dimension 2009,
    •    Mystère de l'Ether, 2012
Avec Tony Allen
//fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Allen
    •    4 Informations Inspiration, 2009
Liens externes
    •    Jimi Tenor & Son Fanpage Shamans
    •    Examen de l'album "Joystone"












03/12/2012
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