Alain YVER

Alain YVER

JOHN COPLANS

JOHN COPLANS
1920-2003





http://www.nordenhake.com/php/artist.php?RefID=3


http://www.galeriemons.com/artistes/?action=artistes-galerie-mons&COPLANS%20John&ida=106

http://www.artnet.fr/artistes/john-coplans/

https://www.pinterest.com/alexan04/john-coplan/

http://www.solwaygallery.com/john_coplans_exhibition.html

http://www.aaa.si.edu/collections/interviews/oral-history-interview-john-coplans-12787





BIOGRAPHIE
John COPLANS

John Coplans est un photographe et artiste britannique, fondateur et rédacteur de la revue Artforum et dirigeant de plusieurs musées d’art américains. Il prend ses premières photographies en 1941 mais renoue avec cette passion que très tard, à l’âge de soixante ans, sous l’influence de son ami photographe Lee Friedlander. Coplans est célèbre pour sa série d\'autoportraits en noir et blanc sectionnant son corps nu en une multitude de clichés, résultat de treize ans de travail. Par l’absence de figure, il dépossède son corps de son identité afin d’évoquer l’entité d’un corps vieilli qui accepte les reflets du temps. Rien est obscène, la chair est ici évocatrice d’une intimité avouée et le regard complice du spectateur n’est autre que celui d’un confident.

http://www.salomonduval.com/artiste/biographie.php?artiste=john--coplans







L’oeuvre photographique de John Coplans débute tardivement en 1974 après un parcours d’historien d’art, de critique et de conservateur de musée.

Il réalise alors des portraits d’anonymes avant d’être lui-même dès 1984 l’objet de ses images. Dans cette longue et unique série d’autoportraits, il explore son corps, la silhouette entière puis par fragments le dos, les mains, les pieds, à l’exclusion du visage . Ces images noir et blanc en grand format d’un corps vieillissant s’opposent aux images habituelles de la jeunesse dans les magazines et leur propos n’est pas sans violence. Au-delà de l'émotion qu'elles suscitent, la puissance des photographies de John Coplans tient à l’agencement des formes, plans, angles, à la lumière, aux effets de surface qui reflètent le plus intime du geste artistique, de sa maîtrise.
Question: Que ne nous montre jamais John Coplans dans ses autoportraits? Que nous révèle-t-il alors?

http://college-public-marcillac.entmip.fr/espaces-pedagogiques/arts-plastiques/histoire-des-arts/john-coplans-1751.htm







John Coplan


Coplans est célèbre pour sa série d'autoportraits en noir et blanc qui sont des études assez crues du corps nu et vieillissant. Il a photographié son corps sans fioritures, en le découpant en sections, des pieds jusqu'aux mains ridées. Le résultat de treize ans de travail, de 1984 à 1997, est le portrait poétique d'un homme comme entité corporelle, chaque partie devenant l'histoire de l'artiste.

https://www.pinterest.com/alexan04/john-coplan/







John Coplans

John Coplans (24 juin 1920 à Londres-21 août 2003 à New York) était un artiste et un photographe britannique qui a émigré aux États-Unis en 1960 et a beaucoup exposé en Europe et en Amérique du Nord.
Il a fait partie de la rédaction de la revue Artforum de 1962 à 1971, et fut rédacteur en chef du magazine de 1971 à 1977. Il fut le directeur de plusieurs musées entre autres, le musée d'art d'Akron, Ohio. En 1980 il s'installe à New York où il commence à se concentrer sur la photographie.
Coplans est célèbre pour sa série d'autoportraits en noir et blanc qui sont des études assez crues du corps nu et vieillissant. Il a photographié son corps sans fioritures, en le découpant en sections, des pieds jusqu'aux mains ridées. Le résultat de treize ans de travail, de 1984 à 1997, est le portrait poétique d'un homme comme entité corporelle, chaque partie devenant l'histoire de l'artiste.

http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Coplans






En se prenant lui-même comme modèle, John Coplans choqua par ses photographies d’une nudité inattendue, dans les années 1980.


 Aujourd’hui exposé à la galerie Anne de Villepoix, le photographe livre son corps à l’objectif, en présentant à nouveau ses premières séries d’autoportraits Self portrait, réalisées entre 1984 et 1988.

Le corps anonyme et tronqué, telle est la vision personnelle de John Coplans. L’œil du visiteur glisse sur le papier photosensible comme l’air sur la peau tachetée de l’artiste lui-même. Malgré ses soixante-cinq ans, il n’hésite pas à jouer de sa chair, de ses articulations, pour produire chez le spectateur une forme d’intimité à partager avec lui-même. Les plis et replis de noir et de blanc deviennent les vagues d’une mer laiteuse, constellée de grains de beauté et autres imperfections qui confèrent à chaque photographie une sensibilité honnête. Capté de manière frontale, le corps de l’artiste est aussi le lieu de la déformation. En effet, comme aurait pu le faire John Baldessari, Coplans joue de la malléabilité de ses chairs et de ses organes, génitaux ceux-ci, en les étirant, les froissant. Le caractère sexuel n’est alors plus indécent, ni brutal mais proche d’une certaine forme d’acceptation de l’âge, du temps, qui, parfois grotesque, ramène l’adulte vers l’infantile. De plus, puisque dépossédé d’identité (par l’absence de figure), le corps ici photographié peut être (ou devenir) celui auquel songent chacun des visiteurs. La communication, le transfert s’opère alors entre l’image et le témoin de celle-ci. En observant le corps de John Coplans, le visiteur est moins voyeur que confident.
La familiarité se dégage peu à peu de ses membres, en évitant cependant l’auto-contemplation. Il semble aussi que la photographie prenne un rôle introspectif dans l’œuvre de l’artiste, qui tente à travers le regard de l’autre, de mieux saisir la globalité de son propre corps. Rappelant les anatomies désarticulées et tortueuses que photographiait volontiers Hans Bellmer à travers ses séries sur la poupée, les œuvres de Coplans traduisent une architecture des corps, une codification des attitudes que ce dernier s’attache à brouiller.
Pourtant, tout reste lisible. On reconnaît bien les coudes et autres membres anguleux du corps, qui prennent leur source dans une sorte de quête anthropologique. John Coplans, s’emploie "à une sorte d'archéologie qui transcenderait le temps et retournerait aux origines premières de l'humanité" affirme-t-il. Ainsi se dressent au cœur de sa démarche une mise à plat, une certaine démonstration où la vanité, la sculpture académique, la peinture héroïque et les nombreuses odalisques s’emparent du corps-sujet.
Faisant face à l’œil du spectateur, sans vraiment le convoquer, John Coplans laisse sa morphologie parler, divulguer l’ « autre » à sa place. Ses mains et ses bras se substituent aux mouvements de ses lèvres, poings serrés, coudes arqués, pour énoncer l’histoire d’un corps commun à tous, où la peau devient parchemin et ses gestes les paroles d’une vie.
Agathe Hoffmann

http://www.pixelcreation.fr/graphismeart-design/photographie/john-coplans/







John Coplans est mort.

John Coplans est mort. John Coplans était photographe, du moins le fut-il surtout dans le dernier quart de sa vie, de 1984 à nos jours. En effet à partir de 1984, à l’âge de 58 ans, John Coplans entama une œuvre consistant essentiellement à se photographier. L’expression se photographier est ici choisie à dessein, plutôt que de parler d’autoportrait, tant les motivations de John Coplans se photographiant, étaient très éloignées de ce qui est précisément recherché dans l’autoportrait, une manière de reconnaissance ou de ressemblance, s’approcher soi-même avec le regard de l’autre, s’affranchir de son propre regard dans ce qu’il conditionne ce que l’on regarde en somme. Non, les photographies de John Coplans le représentaient parce qu’elles étaient effectivement tournées vers son corps, mais pas nécessairement dans ces parties du corps qui sont le siège de la reconnaissance ou de la ressemblance, le visage notamment.
Le corps de John Coplans, quand ce dernier commença à se photographier, était âgé de 58 ans. A l’âge de 58 ans, ce corps avait une histoire, il portait en lui les traces indéflectibles du vieillissement, une peau usée, des poils blancs, des muscles avachies, l’embonpoint de l’homme vieillissant, et c’était de prime abord ce qu’il y avait de plus marquant dans ces photographies : la vue d’une nudité qui ne fût pas celle de chairs fermes et jeunes, non pas que le spectacle de cette nudité mature fut nécessairement inédit, tout du moins n’est-il pas fréquent. Ce qui était rendu flagrant et manifeste tenait beaucoup de la taille des images et aussi de leur précision. En effet, une grande partie des images de John Coplans ont été réalisées avec une chambre polaroïd de taille 50X60 (20X24 pouces), ce qui est bien au-dela de ce que les appareils, même de grand format, les plus précis donc, permettent habituellement. Dans la multitude des détails révélés donc par cet appareil de "très grand format", l’œil discerne très nettement non seulement le grain de la peau mais aussi toutes les aspérités qui parsèment l’épiderme, dans cette constellation infime était alors révélée la morsure du temps exacerbée. Les ravages du temps sur le corps furent continuellement scrutés par les photographies de John Coplans dont le corps vieillissait, une démarche qu’il maintint jusqu’à une période récente. Mais était-ce là les seuls sujets et enjeux des photographies de John Coplans ?
Sans doute parce que l’image de cette nudité à la fois crue, et hors des canons avilisants de la beauté physique telle que l’époque l’entend, est choquante, d’autres impératifs de la photograhie de John Coplans étaient ici au travail mais sans doute moins visibles. Ce travail photographique est en fait très fourni, au delà de ce que l’on pourrait attendre d’un seul et même sujet tellement ressassé, son propre corps et ses extraits tels qu’ils sont obtenus avec force recadrages  en cela les photographies de John Coplans rejoignent dans la pauvreté du sujet des préoccupations que l’on retrouve, constantes, chez Jasper Johns, I am only trying to find ways to make pictures (j’essaye seulement de trouver des façons de produire des images). Les variations dans ces photographies sont pléthoriques, agissant cependant sur très peu de points, pause, cadrage et association ou non des images entre elles, le sujet, l’éclairage et son fond sont systématiquement les mêmes, un fond blanc dont John Coplans ne se souciait absolument pas qu’il ne reçoive pas d’ombre émanant du sujet, ce dernier parfaitement détaché du fond  un éclairage neutre et indirect, en clair obscur en fait, et le même corps encore et toujours soumis au regard de l’appareil-photo scrutateur, un dispositif simplifié à l’extrême, n’était-ce le format de l’appareil-photo. Du même angle, et de la même composition générale : une vue de dos, le cou rentré, donc disparaisant derirère le dos massif, les deux mains sont posées sur les épaules et font l’effet de deux ailes d’ange atrophiées, la même image est ensuite produite, les deux mains ne sont plus posées sur les épaules, mais ce sont deux poings serrés qui sortent de la masse du dos bombé, et c’est alors une image toute d’abstraction qui voit je jour. Tant de positions différentes prises également par les mains au fil des années et qui remplissent entièrement le cadre. Même le pénis, aussi las qu’il apparaisse, prend toutes sortes de formes au gré des pauses du reste du corps. De même l’éclairage ne s’attarde pas à souligner ou gommer ce qu’il représente, il est neutre, et voulu tel, il n’accentue pas les ombres les rides et les plis de la peau âgée. En un sens le sujet est dédramatisé.
Parfois, notamment avec les photographies des mains et des pieds, la notion d’échelle implose, et l’on voit des mains hautes de 60 centimètres ou des pieds particulièrement agrandis, sans doute parce que ces extrêmités ne peuvent être raisonnablement envisagées dans une telle proportion, les formes alors dessinées par les doigts ou les chevilles confinent à l’abstrait, ces mains et ces pieds acquièrent de ce fait, avec une masse augmentée, une dimension tellurique et sculpturale. D’autre fois deux ou trois images peuvent être associées bout à bout, le plus souvent dans la continuité des formes qu’elles représentent, le bassin dans le prolongement du torse par exemple, tout comme les pièces d’un montage, et ce sont de nouvelles formes qui apparaissent, par assemblage, un sculpteur ne travaillerait sans doute pas différemment. Les continuités de ces collages ne sont cependant pas parfaites, certes une jambe trouve son prolongement dans l’image suivante, mais bassin et ventre dans l’image suivante au contraire achoppent, ce qui sans doute le peu de cas que John Coplans faisait de ce qui était représenté, quand au contraire des formes embouties les uns dans les autres, pourvu qu’il y ait continuité de formes, étaient recherchées.
Une image qui est seulement narrative ne peut être regardée qu’une seule fois, on la regarde, on lit l’histoire qu’elle raconte et c’est fini, au contraire on peut toujours revenir à une image formelle, parce que justement ses formes nous parlent chaque fois d’autre chose. (Assez librement traduit d’une conversation avec la photographe américaine Barbara Crane) Cet axiome photographique, en quelque sorte, se vérifie amplement dans le travail de John Coplans. Si le spectateur ne fait qu’envisager le sujet des photographies, y voit ce qui y est immédiat, c’est à dire des photographies d’un corps âgé, il trouvera peut-être un certain contetement au spectacle édifiant des chairs fatiguées et empesées, et de cette peau burinée et usée. En soi cela peut être suffisant et n’est pas étranger de certains enjeux coutumiers de la photographie, le passage du temps et la morbidité de toute photographie, s’agissant notamment des êtres qu’elle représente. On parlera alors de courage, celui de John Coplans de rendre son corps à la fois visible et générique, parce qu’il représente tous les corps âgés, la vérité veut que John Coplans s’en moquait sûrement et qu’il était autrement préoccupé par l’agencement des formes, à la fois dans les pauses qu’il inventait sans cesse et faisait prendre à son corps, comme le peintre ou le sculpteur auraient pareillement fait avec leur modèle nu. Parce qu’il faut tout de même souligner que le nu est une discipline en soi, qu’elle est académicienne, qu’elle est au dessin, à la peinture ou à la sculpture, à la photographie, ce que sont les gammes au musicien, à la fois un entraînement  un peu à la manière des suites pour violoncelle de Bach qui sont destinées à l’"échauffement" de l’interprête  comme elles sont le matériau brut avec lequel le musicien compose. Tout comme, pour fermer cette boucle, le sculpteur envisage la masse informe de la terre ou du bloc de marbre comme contenant des formes qu’il va faire naître. Et n’est-ce pas là une vision plus perçante celle qui regarde comme au travers des chairs distendues et âgées, les envisage comme formes potentielles, fait de l’or avec de la boue, et compose au contraire de grands tableaux tutoyant l’abstraction, masses admirablement réparties, une courbe de membres les équilibrant, et le poil dépigmenté et le grain de la peau faisant office de matière.
Alors, oui, dans ce regard qui va au delà de ce qui est montré, la contingence, et qui travaille avec la matière, il y a une vision, forte, qui nous engage au delà du spectacle du corps fragile. La photographie de John Coplans est une oeuvre totale, elle assujettit son auteur comme modèle, en même temps qu’elle exige de lui un travail de sculpteur qui donne forme au corps, double engagement qui ressemble à celui du chorégraphe. Puis les cadrages de ces photographies sont très travaillées, ce qui les fait notamment ressembler à ces compositions soudain découvertes par Degas ou Toulouse-Lautrec, dans lesquelles des hors-champs audacieux sont imaginés par eux après avoir vu des photographies, astuces de composition que les photographes eux-mêmes mettront (très) longtemps à reprendre à leur compte. Enfin John Coplans fait oeuvre de collage en rassemblant ces images par dytique ou tryptique. Il me semble que c’est dans ce foisonnement créatif que se trouve la véritable tentative d’auto-représentation, tout comme on voit Jasper Johns se débattre d’avec le potentiel des objets vernaculaires qui l’entourent, John Coplans travaille avec la plus immédiate des contingences, celle de son propre corps, un matériau immédiatement disponible et maléable  j’imagine dans les limites de la souplesse du corps d’un homme âgé  au delà du corps qui est représenté, il semble que l’on distingue assez nettement la pensée au travail, quand elle invente de nouvelles formes. L’homme qui est capable de montrer cela de lui-même, ce cheminement incertain, est plus nu encore que celui qui se deshabille.
Cet homme là n’est plus. John Coplans est mort.

http://remue.net/spip.php?article3






John Coplans, dernière image
OLLIER Brigitte 23 août 2003

L'artiste britannique est mort à New York, à l'âge de 83 ans.

Né à Londres en 1920, John Coplans est mort à New York avant-hier, à 83 ans, après avoir eu deux vies. Lors de la première, il fut, entre autres, un historien et critique d'art, cofondateur de la revue Artforum, et organisateur des premières rétrospectives de Lichtenstein, de Stella et de Warhol aux Etats-Unis. Et puis, sur un coup de tête ­ il s'ennuie ­, il décide de consacrer la deuxième partie de sa vie à la photographie. Et devient dès lors son propre modèle, n'hésitant pas à se mettre totalement nu devant l'objectif. Il a 58 ans quand cette audace le prend de se scruter en très gros plan, sans que l'on aperçoive sa tête, comme s'il représentait l'essence de l'espèce humaine. Parfois dérangeants, ses autoportraits révèlent des morceaux de corps vieillissant, gros ventre et peau flasque, sexe las, poils usés. Mais lui, bien sûr, ne voyait aucune hideur dans ces nus, plutôt des sculptures intemporelles : «Nu, le corps appartient au passé, au présent et au futur.» Au fil des années, il avait même perfectionné son système d'exploration personnelle, s'attachant à un ongle, un doigt, un pied, avec des tirages de plus en plus grands. Comme s'il voulait, juste retour des choses, être un jour dévoré par ses propres images.
OLLIER Brigitte

http://www.liberation.fr/culture/2003/08/23/john-coplans-derniere-image_442714

















11/11/2013
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