Alain YVER

Alain YVER

JOSEPH ROTH

Joseph Roth





joseph Roth
Nom de naissance     Moses Joseph Roth
Activité(s)     écrivain
Naissance     2 septembre 1894
Brody, Galicie, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès     27 mai 1939
Paris, France France
Langue d'écriture     allemand

Œuvres principales
La Marche de Radetzky (1932)
La Crypte des Capucins (1938)
Le Poids de la grâce (1930)

Moses Joseph Roth (2 ou 26 septembre 1894, Brody, Galicie - 27 mai 1939, Paris) est un écrivain et journaliste de langue allemande.

Josef Roth est né en Galicie, aux confins de l'empire autrichien (aujourd'hui en Ukraine), dans une famille juive modeste de langue allemande. Il gardera la nostalgie des villages juifs du 'yiddishland' qui disparaissent avec le XXe siècle alors que se remodèle l'Europe centrale et orientale. Après des études littéraires, il participe à la Première guerre mondiale dans des unités non combattantes comme le service de Presse des armées impériales. Il devient après la guerre journaliste et chroniqueur à Vienne et à Berlin et écrit ses premiers textes publiés à partir de 1918, notamment Hôtel Savoy (1924), Le poids de la grâce (1930), La Crypte des Capucins (1938).

Ses textes, nombreux et divers, sont marqués par un regard particulièrement lucide sur son époque et ses contemporains et le regret d'un monde qui disparaît. Son œuvre la plus connue demeure La Marche de Radetzky publiée en 1932 qui raconte le destin d'une famille sur quatre générations sous la Monarchie austro-hongroise finissante et où transparaît la nostalgie monarchiste de l'auteur.

Joseph Roth s'exile en France dès l'arrivée au pouvoir des nazis - qui détruisent ses livres : il s'installe à Paris en 1934 et, malade, alcoolique et sans grand argent, il meurt le 27 mai 1939. Sa tombe est au cimetière parisien de Thiais.
Sommaire
Biographie

Ses biographes ont dû séparer la réalité de certains récits mythomanes du romancier sur sa propre vie.
Origines
Son père, représentant d'une firme de céréales de Hambourg, quitta sa mère et mourut en Russie. Joseph Roth fantasma toute sa vie ce père absent et se dit plus tard enfant illégitime tantôt d'un officier autrichien, tantôt d'un comte polonais ou encore d'un fabricant de munitions viennois. Mais dans tous ces récits revient la perte précoce du père. Cette perte se prolonge comme un fil rouge dans toute l'œuvre de Roth, sous la forme de la perte de la patrie (la monarchie austro-hongroise).

Joseph Roth est né dans la petite ville galicienne de Brody, qui appartenait alors à l'Empire austro-hongrois (actuellement en Ukraine). Brody était une ville-frontière par rapport à la région russe de Volynie. Roth affirma plus tard être né à Schwaby, un petit village des environs de Brody dont les habitants étaient majoritairement d'origine allemande (Souabes, d'où le nom) contrairement à la population de Brody, majoritairement juive.

Sa mère Maria Grübel (Myriam) était issue d'une famille de commerçants juifs établie à Brody. Son grand-père était rabbin ; ses oncles faisaient commerce du houblon, l'un était tailleur. Son père, Nahum Roth, était d'un milieu hassidique orthodoxe.

Une version de la disparition du père[réf. nécessaire] : alors qu'il était représentant d'une firme de grains de Hambourg, des marchandises qu'il stockait à Katowice furent détournées, et il dut se rendre à Hambourg pour régler l'affaire. Sur le trajet de retour, à la suite d'un comportement étrange dans le train, il fut envoyé dans un établissement pour malades mentaux, avant d'être remis à sa famille de Galicie occidentale, qui le confia aux bons soins d'un « rabbin miraculeux » (Wunderrabbis) russo-polonais. C'est dans la cour de ce dernier que, des années plus tard, l'aurait découvert l'un des oncles Roth qui le décrivait comme « très beau, riant tout le temps et complètement irresponsable ».
Enfance et jeunesse à Brody
Le collège de Brody où étudia Joseph Roth

Roth évoqua plus tard une enfance et une jeunesse constamment marquées par la pauvreté. Les photographies de l'époque et les témoignages de ses proches montrent plutôt des conditions de vie, certes pas riches, mais tout à fait bourgeoises : sa mère avait une servante, il reçut des cours de violon et fréquenta le lycée.

La situation sociale de sa mère en revanche était effectivement précaire : elle n'était pas veuve puisque son mari vivait encore - il passait le cas échéant pour disparu -, mais elle n'était pas non plus une épouse véritable, et elle ne pouvait pas divorcer, puisque cela aurait nécessité une lettre de séparation de son mari mais il aurait fallu pour cela qu'il ait tous ses esprits. En outre, dans le judaïsme orthodoxe de Galicie, la démence était considérée comme une malédiction divine qui s'étendait à toute la famille, et altérait grandement les perspectives de mariage des enfants. C'est pourquoi dans la famille on passa sous silence le destin du père, et on préféra se satisfaire de la rumeur selon laquelle Nahum Roth se serait pendu.

La mère vécut repliée sur elle-même, et s'occupa de l'entretien de la maison du grand-père jusqu'à la mort de celui-ci en 1907. Elle se concentra uniquement sur l'éducation de son fils, qui grandit à l'écart et protégé. Les relations entre mère et fils semblent avoir été difficiles dans les années ultérieures. En 1922, la mère tomba malade d'un cancer du col de l'utérus, et fut opérée à Lemberg, où son fils la vit une dernière fois peu avant sa mort.

Depuis 1901 (soit à sept ans), Roth avait fréquenté l'école du Baron Hirsch à Brody. Les écoles du Baron Hirsch étaient des écoles publiques (Handelsschulen) fondées par le magnat juif des chemins de fer et philanthrope Maurice de Hirsch; à la différence des écoles traditionnelles orthodoxes nommées Cheder, elle ne s'appuyaient pas sur l'enseignement religieux mais au-delà de l'hébreu et de la thora, enseignaient aussi l'allemand, le polonais, et des matières pratiques. La langue d'enseignement était l'allemand.

De 1905 à 1913, Roth fréquenta le Lycée du Prince Impérial à Brody. On ne sait pas très bien si l'argent de l'école, 15 florins par semestre (une somme considérable à l'époque) était payé par son tuteur et oncle Siegmund Grübel, ou provenait d'une bourse. Roth était un bon élève : en tant qu'unique élève juif de sa promotion, il obtint au baccalauréat le titre sub auspiciis imperatoris. Sur ses camarades de lycée, il fit l'effet de quelqu'un de réservé, voire arrogant, une impression qu'il laissa derrière lui aussi plus tard sur ses camarades d'étude à l'Université de Vienne. C'est à cette période qu'apparaissent ses premiers travaux d'écrivains (poèmes).
Etudes à Lemberg et Vienne

Après son baccalauréat en mai 1913, Roth alla s'établir à Lemberg (Lviv, Ukraine actuelle), où il s'inscrivit à l'Université. Il trouva à se loger chez son oncle Siegmund Grübel, mais il semble qu'entre le sobre commerçant et le poète débutant, les relations soient bientôt devenues tendues. Il trouva une amie maternelle pour plusieurs années en la personne de Hélène von Szajnoda-Schenk, âgée à l'époque de cinquante-neuf ans, une dame infirme mais spirituelle, très vivante et d'une grande culture, qui avait loué un appartement dans la maison de l'oncle. Il se lia aussi d'amitié avec ses cousines Resia et Paula.

De façon générale, l'atmosphère de Lemberg était marquée par des tensions qui s'aggravaient, non seulement entre nationalités (à l'Université, il y avait à l'époque des luttes entre les étudiants polonais et ruthènes), mais aussi au sein de la jeunesse, les discussions étaient agitées entre le Hassidisme, le Haskala (issu des Lumières) et le Mouvement Sioniste qui devenait de plus en plus puissant. La dernière année à Brody avait été pour Roth la dernière année où l'allemand était la langue d'enseignement; à l'Université de Lemberg, depuis 1871, le polonais était la langue d'enseignement. Roth avait manifestement trouvé sa patrie littéraire dans la littérature allemande, et c'est peut-être une des raisons pour lesquelles il quitta Lemberg et s'inscrivit à l'université de Vienne pour le semestre de l'été 1914. On ne sait pas dans quelle mesure Roth avait effectivement étudié à Lemberg. Il a en tous cas séjourné épisodiquement à Vienne dès l'automne 1913, où il a participé au XIème Congrès Sioniste du 2 au 9 septembre 1913.

A Vienne, Roth prit une petite chambre dans la Leopoldstadt; au semestre suivant, il s'installa avec sa mère, qui face aux désordres de la guerre qui venait d'éclater, avait fui vers Vienne, dans un petit appartement du XXème arrondissement (14/16 rue Wallenstein). Roth et sa mère, chez qui vint aussi s'installer la tante Rebecca (Riebke)vivaient à cette époque dans une situation très misérable : Roth était sans revenus, sa mère percevait la maigre aide aux réfugiés, et pendant l'occupation russe de la Galicie, il ne pouvait bien sûr que rarement arriver des subsides de l'oncle Siegmund.

Roth semblait pourtant optimiste, et se lança avec enthousiasme dans l'étude de la germanistique. Il faisait grand cas de la réussite aux examens et de l'acquisition des connaissances grâce aux professeurs. Par la suite à vrai dire, il porta un jugement négatif sur les études et ses camarades d'université - comme tant de jeunes écrivains qui, à 'lUniversité, recherchaient la poésie et trouvaient la germanistique. Walther Brecht constitua une exception, titulaire de la chaire de la Nouvelle littérature allemande. Heinz Kindermann, l'assistant de Brecht, devint sans doute une sorte de rival. Dans les premiers récits paru en 1916, L'étudiant privilégié (Der Vorzugsschüler), Kindmann était le modèle du personnage principal Anton Wanzl, un caractère dépeint avec quelque haine et quelque expérience [1].

Bientôt la situation matérielle s'améliora. Des bourses et quelques places de précepteur (notamment chez la comtesse Trautmannsdorff) permirent à Roth de s'acheter de bons costumes. Les témoins de l'époque le décrivent avec pli au pantalon, canne et monocle, l'image même du dandy viennois.
Première Guerre Mondiale

La Première Guerre Mondiale et la décomposition de l’Autriche-Hongrie qui s’ensuivit se transforma pour Roth en expérience cauchemardesque. Contrairement à de nombreux autres qui, lorsque la guerre éclata, furent saisis d’un enthousiasme national dont ils ne connurent jamais d’équivalent par la suite, Roth défendit d’abord une position pacifiste et réagit avec une sorte de désespoir épouvanté. Pourtant, le temps passant, il lui apparut – à lui qui avait été classé inapte à la guerre- que sa propre attitude était humiliante et pénible :

Lorsque la guerre éclata, je perdis les leçons que je donnais, progressivement, l’une après l’autre. Les avocats entrèrent en scène, les femmes devinrent d’humeur maussade, patriotique, elles se mirent à témoigner d’une véritable prédilection pour les blessés. Je me présentai finalement comme volontaire au 21ème Bataillon de Chasseurs. [2]

Le 31 mai 1916, Roth se présenta au service militaire et débuta le 28 août 1916 sa formation en tant que Volontaire-Un- An (Einjährig-Freiwilliger) dans l’armée impériale et royale (KuK). Lui et son ami Józef Wittlin optèrent pour le Bataillon de Chasseurs à Pieds, dont l’école de formation en un an se trouvait dans le IIIème arrondissement de Vienne (originellement, il était prévu d’étudier pendant le temps libre). C’est pendant la période de formation que mourut l’Empereur François-Joseph, le 21 novembre 1916. Roth suivit en tant que membre de la chaîne de soldats tout le parcours du cortège d’enterrement :

L’ébranlement moral, provoqué par la prise de conscience qu’une Journée historique venait de s’achever, se joignait à l’affliction paradoxale pour le déclin d’une patrie qui avait elle-même enseigné l’opposition ses fils [3].

La mort de l’empereur de 86 ans apparaît à plusieurs reprises dans l’œuvre de Roth comme une métaphore centrale du déclin de l’Empire des Habsbourg et de la perte de la terre natale et de la patrie, notamment dans les romans [[La Marche de Radetzky]] et La Crypte des Capucins.

Au lieu de pouvoir servir dans le 21ème Régiment de Chasseurs à Pieds avec ses amis, Roth fut bientôt transféré vers la Galicie, à la 32ème Division de Troupes d’Infanterie. En 1917 et manifestement jusqu’à la fin de la guerre, il fut affecté au Service de Presse au local de Lemberg.

Selon les dires de Roth, il aurait été officier et prisonnier par les Russes ; en fait, il ne semble pas avoir fait partie des unités combattantes.

Après la fin de la guerre, Joseph Roth dut arrêter ses études et se consacrer à gagner sa vie. De retour vers Vienne, il trouva d’abord à se loger chez Leopold Weiss, le beau-frère de son oncle Norbert Grübel. Peu de temps après, il retourna à Brody, mais sur le chemin il tomba dans des démêlés entre troupes polonaises, tchécoslovaques et ukrainiennes, dont il ne put se sortir qu’à grand peine pour retourner à Vienne.

Déjà pendant son service militaire, il avait commencé à écrire des comptes rendus et des feuilletons pour les journaux Der Abend et Der Friede, et dans le journal Österreichs Illustrierter Zeitung étaient parus des poèmes et des textes en prose. A partir d’avril 1919, il devint rédacteur à Der Neue Tag, un quotidien qui comptait aussi parmi ses collaborateurs Alfred Polgar, Anton Kuh et Egon Erwin Kisch. Dans ce milieu professionnel, il faisait vite partie des devoirs de service que d’être un habitué du Café Herrenhof, où Roth, à l’automne 1919, fit la connaissance de sa future épouse Friedrike (Friedl) Reichler.
Journaliste à Vienne et Berlin

A la fin du mois d‘avril 1920, Der Neue Tag cessa sa parution. Roth s’installa à Berlin. Là, il connut d’abord des difficultés avec son permis de séjour, car la confusion et les fantaisies de ses papiers faisaient presque rire en Autriche, mais à Berlin, tout d’un coup, elles étaient prises au sérieux [4]. Bientôt parurent ses premières contributions dans différents journaux, parmi lesquels la Neuen Berliner Zeitung ; à partir de janvier 1921, il travailla principalement pour le Berliner Börsen-Courier.

A l’automne 1922, il rompit sa collaboration au Börsen-Courier. Il écrit : Je ne peux plus partager les égards pour un public bourgeois et rester son causeur du dimanche, si je ne veux pas renier chaque jour mon socialisme. Peut-être aurais-je malgré tout été suffisamment faible pour réprimer mes convictions afin d’obtenir des appointements supérieurs ou pour des louanges plus fréquentes de mon travail. [5](5). Certes, Roth signait des contributions au journal socialiste Vorwärts sous le nom de Joseph le Rouge , mais il n’était certainement pas socialiste, ses convictions reposaient sur des fondements théoriques. Il apparaît surtout dans ses reportages et feuilletons comme un observateur précis, qui tire des fragments de vie qu’il perçoit et des manifestations immédiates du malheur humain des conclusions importantes (et souvent clairvoyantes) en ce qui concerne les malaises sociaux et les circonstances politiques. Pour ce qui est de la force de ses convictions face aux attraits financiers, il en donna lui-même un exemple (violemment critiqué par ses amis et collègues), lorsqu’en 1929, il se fit payer très cher par le Münchner Neuesten Nachrichten, une feuille nationaliste, pour écrire très peu [6].

A partir de janvier 1923, il travailla comme chroniqueur pour le renommé Frankfurter Zeitung dans lequel une bonne partie de ses travaux journalistiques devaient paraître au cours des années suivantes. Selon la situation économique qui, du fait de l’inflation, s’aggravait alternativement en Allemagne ou en Autriche, Roth fit la navette à plusieurs reprises entre Vienne et Berlin à cette époque, et il écrivit en dehors du Frankfurter Zeitung, des articles pour le Wiener Sonn-und Montagszeitung (Vienne), pour le Neues 8-Uhr-Blatt (Vienne), pour Der Tag (Vienne) et pour Prager Tageblatt (Prague). Pendant cette période, il travaillait à son propre roman (La Toile d’Araignée) qui parut à l’automne 1923 comme roman feuilleton dans le journal viennois Arbeiter-Zeitung, mais resta inachevé.

Ses rapports avec le Frankfurter Zeitung et avec Benno Reifenberg, alors chargé des chroniques, ne furent pas sans heurts. Roth se sentait insuffisamment estimé et cherchait à compenser cela par des exigences sous forme d’honoraires. Lorsqu’il voulut se séparer du journal, on le pria de continuer à travailler pour le FZ comme correspondant à Paris. Roth accepta, alla s’établir à Paris en mai 1925 et dans ses premières lettres, il se montra enthousiaste pour la ville. Mais un an après, quand il fut remplacé comme correspondant par Friedrich Sieburg, il fut très déçu. En compensation, il obtint d’être mandaté par le FZ pour des séries de grands reportages. De septembre à décembre 1926, il parcourut à ce titre l’Union Soviétique, de mai à juin 1927 l’Albanie et la Yougoslavie, à l’automne 1927 le territoire de la Sarre, de mai à juillet 1928 la Pologne et en octobre-novembre 1928 l’Italie.
Mariage et tragédie matrimoniale

Le 5 mars 1922, Roth avait épousé à Vienne Friederike (Friedl) Reichler. Friedl était certes une femme séduisante et intelligente, mais elle n’était pas une intellectuelle, et la vie mondaine, sans repos, aux côtés d’un journaliste vedette sans cesse en déplacement ne correspondait pas non plus à ses besoins. En outre, Roth faisait preuve d’une jalousie presque pathologique. Déjà en 1926, les premiers symptômes d’une maladie mentale s’étaient manifestés chez Friedl, et en 1928, la maladie devint évidente : la schizophrénie. Friedl fut d’abord traitée à la clinique psychiatrique Westend, puis elle habita un temps chez un ami de Roth – soignée par une infirmière. La maladie de son épouse précipita Roth dans une crise profonde. Il n’était pas prêt à accepter l’incurabilité de la maladie, espérait un miracle, se rendait coupable de la maladie – la démence était considérée, et est considérée, chez les Juifs pieux comme une punition divine. L’éventualité d’une possession par un dibbuk le poussa à consulter (sans succès) un rabbin miraculeux hassidique. A cette époque, il se mit sérieusement à boire. Sa situation financière elle-même empira.

Même le placement chez les parents de Friedl n’apporta pas la moindre amélioration, et la malade tomba dans une apathie qui s’accroissait ; on l’amena alors en novembre 1930 au sanatorium Rekawinkel à côté de Vienne ; en décembre 1933, elle vint à l’asile de soins de santé du Land « Am Steinhof » à côté de Vienne ; enfin à l’été 1935 dans la clinique du Land Mostviertel Amstetten-Mauer. Les parents de Friedl émigrèrent en 1935 en Palestine et Roth demanda la séparation. En 1940, Friedl Roth fut expédiée en direction de Linz ; il n’y a aucun document attestant de son arrivée là-bas. Elle fut une des victimes du programme d’euthanasie des Nazis (action T4). Son acte de décès porte la date du 15 juillet 1940.
Liaisons
Sybil Rares

Même si dans les années qui suivirent, la maladie de son épouse demeura une source de culpabilité et de déprime, sur un autre plan, il prit relativement tôt ses distances par rapport à la situation devenue désespérée. En 1929, il fit la connaissance de Sylbil Rares, une comédienne juive de Bucovine qui à cette époque avait été engagée au Théâtre de Francfort. La relation ne dura cependant pas longtemps.
Andrea Manga Bell

Les relations se présentèrent tout autrement avec Andrea Manga Bell, dont il fit la connaissance en août 1929 et qui devait pendant les six années suivantes, partager son destin et le suivre dans l’émigration. Andrea Manga Bell était née à Hambourg, fille d’une huguenote hambourgeoise et d’un Cubain de couleur. Elle était mariée avec Alexandre Manga Bell, Prince de Douala et Bonanjo, de l’ancienne colonie allemande du Cameroun, fils du roi douala Rudolf Manga Bell exécuté en 1914 par les Allemands, mais il l’avait quittée et était retourné au Cameroun. Quand Roth fit sa connaissance, elle était rédactrice au magazine du groupe Ullstein Gebrauchsgraphik et assurait ainsi la subsistance des deux enfants issus de son mariage malheureux avec le « prince Nègre ». Roth fut aussitôt fasciné par la belle exotique sûre d’elle et indépendante, et l’intérêt fut réciproque. Bientôt, ils partagèrent tous deux un appartement commun avec les enfants Manga Bell [7].

Lorsque Roth fut obligé d’émigrer, Andrea Manga Bell le suivit avec ses enfants. Au fil du temps, il y eut des frictions que Roth attribuait aux problèmes financiers dus à la prise en charge de la famille Manga Bell (« Je suis obligé de nourrir une tribu nègre de neuf personnes ! » [8].) La cause probable des différends et de la brouille définitive fin 1938 fut sans doute la jalousie extrême de Roth, qui est présente aussi dans sa vie matrimoniale et dans les autres relations.
Irmgard Keun

Au début juillet 1936, Roth était allé, à l’invitation de Stefan Zweig , à Ostende où il rencontra la femme de lettres Irmgard Keun qui vivait depuis peu dans l’émigration. Les deux s’intéressèrent immédiatement l’un à l’autre. Irmgard Keun :

« … J’eus alors la sensation de voir un être humain qui pouvait mourir de tristesse dans les heures qui venaient. Ses yeux ronds et bleus fixaient le vide presque sans regard, de désespoir, et sa voix semblait comme ensevelie sous le poids du chagrin. Plus tard, l’impression s’estompa, car Roth n’était pas seulement triste à l’époque, il était aussi l’esprit haineux le talentueux et le plus vivant. [9] »

Ce portrait de Joseph Roth est fait par une femme qui était elle aussi un esprit haineux de talent. Mais Keun et Roth ne se rencontrèrent pas seulement sur ce point mais aussi dans la tendance aux excès d’alcool : «… tous deux picolent comme des trous » dit du couple Egon Erwin Kisch[10].

De 1936 à 1938, ils habitèrent ensemble à Paris. Keun accompagnait aussi Roth dans ses voyages, entre autres lors de sa visite à Lemberg à Noël 1936, où il lui présenta son ancienne amie Helene von Szajnoda-Schenk.

Mais cette relation aussi finit par ses briser, aux dires d’Irmgard Keun, la cause en était à nouveau la jalousie de Roth :

« Pas une fois je ne pus sortir sans qu’il soit inquiet. M’endormais-je, il enfouissait alors ses doigts dans mes cheveux, et ils y étaient encore quand je m’éveillais. … Du fait de sa jalousie démentielle, je me sentais toujours poussée dans mes derniers retranchements, jusqu’à ce que je ne le supporte plus, jusqu’à ce que je sois absolument obligée de rompre. A Paris, je le quittai avec un profond soupir de soulagement et je partis avec un officier de Marine français pour Nice. [11] ».
L’émigration

Le 30 janvier 1933, le jour de la nomination de Hitler comme chancelier du Reich, Roth quitta l’Allemagne. Dans une lettre à Stefan Zweig, il se fait preuve d’une étonnante clairvoyance :

« A présent il vous sera évident que nous allons vers de grandes catastrophes. Abstraction faite du privé – notre existence littéraire et matérielle est déjà anéantie - l’ensemble conduit à une nouvelle guerre. Je ne donne pas cher de notre vie. On a réussi à laisser la Barbarie prendre le pouvoir. Ne vous faites pas d’illusions. C’est l’Enfer qui prend le pouvoir.[12] »

Bientôt, ses livres aussi furent brûlés. Roth choisit d’abord Paris comme lieu de son exil, mais au cours des années suivantes, il ne séjourna pas la plupart du temps en France. Il entreprit différents voyages, certains de plusieurs mois comme aux Pays-Bas, en Autriche et en Pologne. Le voyage en Pologne eut lieu en février-mars 1937, où il donna une série de conférences, à l’invitation des PEN Clubs polonais. Il fit à cette occasion un détour par Lemberg pour rendre visite aux membres de sa famille qui y vivaient[13]. De juin 1934 à juin 1935, Roth séjourna, comme de nombreux autres émigrants sur la Riviera française. Avec Hermann Kesten et Heinrich Mann, Roth et Manga Bell avaient loué une maison à Nice.

A la différence de nombreux écrivains émigrés, Roth réussit non seulement à rester productif mais aussi à trouver des opportunités de publications. Ses œuvres parurent dans les maisons d’éditions d’exil néerlandaises Querido et de Lange, comme dans la maison d’édition chrétienne De Gemeenschap. C’est une des raisons pour lesquelles il séjourna à plusieurs reprises aux Pays-Bas pendant son exil (en mai 1935 à Amsterdam et en 1936 des séjours plus longs à Amsterdam et Ostende). En outre, il rédigea des articles pour le magazine d’exil publié par Leopold Schwarzbild Das neue Tage-Buch.
Dernières années

Dans les dernières années, la situation des finances et de la santé de Roth se détériora rapidement. En novembre 1937, on avait démoli l’Hôtel Foyot, 33 rue de Tournon, à cause de sa vétusté. Roth avait vécu dix années durant dans cet hôtel au cours de ses séjours à Paris. Il vécut donc cela une dernière fois comme une perte de sa patrie. Il prit en face une petite chambre, au-dessus de son café habituel, le Café Tournon.

Le 23 mai 1939, Roth fut conduit à l’hôpital pour indigents l’Hôpital Necker, après qu’il se fut effondré devant le Café Tournon (soi-disant en recevant la nouvelle du suicide d’Ernst Tollers). Le 27 mai il mourut d’une double inflammation des poumons. L’évolution fatale de la maladie fut favorisée par le sevrage alcoolique abrupt (délirium alcoolique). Auparavant il paraît qu'Otto de Habsbourg, lors d’une rencontre, lui avait interdit de boire.

Le 30 mai, il fut inhumé au cimetière de Thiais au sud de Paris. L’enterrement eut lieu suivant le rite « catholique-modéré» car aucun justificatif de baptême de Roth ne put être fourni. A l’occasion de l’enterrement, les groupes très hétérogènes de la communauté endeuillée ne tardèrent pas à entrer en collision : les légitimistes autrichiens, les communistes et les juifs réclamèrent respectivement le défunt comme un des leurs.

La tombe se trouve dans la section catholique du cimetière. L’inscription sur la pierre tombale dit : « écrivain autrichien – mort à Paris en exil. »

Dans sa ville d’origine de Brody, une petite plaque commémorative, rédigée en ukrainien et en allemand, perpétue le souvenir du grand fils de la ville.
Œuvres
Une œuvre inclassable

Il semble difficile de ranger l’œuvre de Roth dans une tendance précise ou un groupe de la littérature contemporaine. En premier lieu, on l’associe à la Nouvelle Objectivité, et ce classement peut avant tout être pertinent pour ses premières œuvres. Ainsi, La Fuite sans fin porte non seulement le sous-titre Un compte-rendu, mais dans la préface, l’auteur assure : « Je n’ai rien inventé, rien composé. Il ne s’agit plus de « faire des vers ». Le plus important est ce qui est observé. »

Toutefois, c’est ce même Roth qui dans En finir avec la Nouvelle Objectivité rejette cette tendance[14]. Il critique avec un point de vue de journaliste l’absence de forme d’une littérature qui veut s’appuyer sur des « faits bruts », en mettant en parallèle avec les témoignages le compte-rendu journalistique (mis en forme) :

« Le Fait et le Détail sont le contenu du témoignage. Ils sont le matériau brut du compte-rendu journalistique. « Restituer » l’événement rend d’abord possible une expression mise en forme, donc artistique, dans laquelle le matériau brut contenu est comme le minerai dans l’acier, comme le mercure dans le miroir. [14] »

Et il reproche à la Nouvelle Objectivité de faire sienne la position du lecteur naïf :

« Le lecteur primitif soit restera tout entier dans la réalité, soit la fuira tout entier. [14]. »

D’où sa préférence pour la prétendue authenticité des rapports non mis en forme des témoins oculaires. Roth, en tant que journaliste, connait le travail pour former un article à partir d’une simple déposition, et comme poète, il sait :

« … en premier lieu est « l’œuvre d’art », vraie comme la vie.  »[14].

Un programme direct pour son œuvre, la phrase :

« Le narrateur est un observateur et quelqu’un qui comprend les choses. Son œuvre ne rompt jamais avec la réalité, mais elle est en vérité (par la médiation de la langue) la réalité transformée.  »[14]

Roth défendait ici la position de l’"artisan" journaliste. Il était connu de ses contemporains en premier lieu comme journaliste, et les travaux journalistiques représentaient bien la moitié de son œuvre. L’appartenance de Roth à la Nouvelle Objectivité – qui était déjà un mouvement de réaction à l’Expressionnisme qui dominait la littérature de la période de Weimar – dérive peut-être justement du fait que Roth n’était pas un expressionniste. Roth ne prit pas part à l’expérience linguistique de l’ "Expressionnisme" , il resta au contraire conservateur dans les moyens linguistiques qu’il utilisait le plus souvent.
Mythomanie ou mystification [modifier]

La vérité et l’équité sont – en tant qu’attributs divins- des concepts centraux dans la culture juive. Roth se sentait sans aucun doute profondément attaché à ces valeurs. Cepndant, si l’on observe le Roth «fanatique de vérité» , on ne peut manquer d’être irrité par le Roth «mythomane» et «mystificateur ».

Par exemple, il faisait le récit d’injustices subies pendant sa captivité - jusqu’à ce que Kisch fasse des recherches sur son passé et prouve que Roth n’avait jamais été en captivité. Mais Franz Tunda dans La Fuite sans fin avait été en captivité, et Roth s’identifiait avec son personnage de roman. Roth disait :

« Ca ne dépend pas de la véracité, mais de la vérité intérieure.[15] »

Toutefois, la « vérité intérieure » de son autoportrait se heurtait souvent à la véracité :

- Il n’était pas né à Schwaben en Hongrie, mais à Brody en Galicie. Les légendes qu’il racontait sur son père ont été mentionnées au début.

- Il ne fut pas officier autrichien, mais Volontaire-Un-An. Après la guerre, il se transforma d’abord en porte-drapeau, puis en lieutenant. Au fil du temps, par le langage et le vêtement, il s’adaptait parfaitement à l’image de l’Officier royal et impérial. Son attitude paraissait absolument convaincante à son entourage (même à d’anciens officiers autrichiens)[16].

- Il n’était pas catholique. Le catholicisme est bien sûr la religion de l’officier autrichien. Lors de son enterrement, on ne put fournir aucune preuve effective d’une éventuelle conversion. Roth s’est aussi reconnu alternativement comme juif ou comme catholique. Il faut ici faire remarquer qu’on ne trouve pas le moindre cas où Roth ait tiré de ses mystifications un avantage personnel. Il était plutôt connu comme quelqu’un de libéral et désintéressé qui aide, avec ses propres moyens, tous ceux qui sont tombés dans la misère[17]. Néanmoins le remodelage poétique de sa biographie par Roth a provoqué une certaine irritation non seulement à l’époque parmi ses amis et relations, mais aussi parmi ses biographes.
« Joseph le rouge » et le légitimiste autrichien

De manière générale, on note chez Roth pour l’année 1925-1926 une mutation du socialisme vers le monarchisme. Que Roth ait été auparavant un écrivain « socialiste » ou en tous cas « de gauche », en attestent ses articles socialement critiques et socialement engagés des premières années. Il apparaît clairement dans ces écrits que le malaise social n’était pas pour lui un point de départ pour élaborer des théories, ou la preuve d’une théorie déjà formulée ; Roth reste dans le concret et se révèle là comme un observateur très précis.

Même le fait que quelques articles de Roth soient parus dans le journal social-démocrate Vorwärts sous le pseudonyme de «Joseph le Rouge»[18], ne justifie pas la caractérisation absolue du Roth des débuts comme socialiste.

Là où, dans les études littéraires, il est pris au mot comme « Joseph le Rouge »[19], on le démasque d’abord comme un social-romantique ; son supposé abandon du socialisme est ensuite considéré comme typique d’un intellectuel bourgeois dont la théorie socialiste est insuffisamment consolidée.

Même son appartenance au Groupe 1925, une association d’écrivains de gauche, ne prouve rien : Roth apparaît comme signataire des résolutions du Groupe, mais il ne prit pas part aux rencontres de l’association. Néanmoins, il semble avoir suivi avec intérêt les activités du Groupe pendant la courte période de l’existence de celui-ci.

En ce qui concerne le Roth monarchiste : dans ses premiers travaux journalistiques, Roth s’était montré vraiment critique à l’égard de la monarchie. Cette position se transforma en une idéalisation de la Monarchie des Habsbourg, qui certes ne méconnaissait pas ni n’ignorait les erreurs et les négligences de l’État corporatif autrichien qui avait réellement existé (mais n’existait plus), mais qui peignait l’Utopie d’une Autriche dans une transfiguration romantique, telle qu’elle aurait pu être ou dû être. Roth n’était ici pas le seul représentant de cette nostalgie spécifique royale et impériale : de Fritz von Herzmanovsky-Orlando (Tarockanie) à Robert Musil (Kakanie), quelques poètes travaillaient au transfert de l’Autriche vers le Mythe et l’Utopie.

Pour Roth, cela changea avec l’ascension du National-socialisme. Il voyait dans la Monarchie et l’Église catholique les seules forces qu’il croyait capables d’opposer une résistance suffisante à la « peste noire » - si elles pouvaient s’y décider. En conséquence, non seulement il renforça sa propre stylisation en tant qu’officier autrichien (catholique, naturellement), mais il soutint aussi concrètement la cause monarchiste par des articles et un travail politique.

Dans ses dernières années, il cherchait le contact avec les cercles légitimistes autour du prétendant au trône Otto de Habsbourg ; dans cette perspective il partit pour Vienne le 24 février 1938 (quelques jours avant l’Anschluss de l’Autriche) avec l’objectif de convaincre le chancelier fédéral autrichien Kurt Schuschnigg d’abdiquer en faveur d’Otto de Habsbourg. Le projet n’était peut-être pas aussi illusoire qu’il apparaît rétrospectivement; quoi qu’il en soit, Roth échoua : il ne réussit pas à parler à Schuschnigg et le président de la Police de Vienne Michael Skubl lui conseilla de retourner au plus vite à Paris.
La patrie et la perte de la patrie

Dans ces années-là parurent certaines œuvres de Roth, au centre desquelles le déclin de l’Autriche est purement et simplement une métaphore de la perte de la patrie. En font partie les grands romans La marche de Radetzky (1932) et La crypte des capucins(1938) (dont le récit s’enchaîne avec le premier), tout comme la nouvelle Le buste de l’Empereur (1934). Dans sa préface à la première publication de La marche de Radetzky dans le Frankfurter Zeitung, Roth écrit :

"Une volonté cruelle de l’Histoire a réduit en morceaux ma vieille patrie, la Monarchie austro-hongroise. Je l’ai aimée, cette patrie, qui me permettait d’être en même temps un patriote et un citoyen du monde, un Autrichien et un Allemand parmi tous les peuples autrichiens. J’ai aimé les vertus et les avantages de cette patrie, et j’aime encore aujourd’hui, alors qu’elle est défunte et perdue, ses erreurs et ses faiblesses. Elle en avait beaucoup. Elle les a expiées par sa mort. Elle est passée presque directement de la représentation d’opérette au théâtre épouvantable de la guerre mondiale."[20]

Le déclin de l’Autriche comme perte de la patrie et sa réinterprétation par Roth renvoie à la perte précoce du père. Mais ce sentiment d’égarement et de déracinement est aussi représenté ailleurs, en l’occurrence comme sentiment dominant dans la vie des juifs galiciens, et des juifs en général, par exemple dans l’essai Juifs en errance.

Sa fin déjà proche, Roth a la nostalgie d’un retour au pays, dans le sentiment de sécurité (également religieux) de la culture juive des « Schtetl », transformée miraculeusement en culture catholique dans La légende du saint buveur, où le buveur sans abri Andreas Kartak, directement frappé par des miracles et la Grâce divine, trouve dans la mort la délivrance et le retour au pays.

Parmi les œuvres explicitement juives ou plus précisément qui étudient la thématique juive, on peut citer la nouvelle Le Léviathan et le roman Job (Le poids de la grâce)[21].
Liste des œuvres

Son œuvre la plus célèbre est son roman La Marche de Radetzky, qui retrace la chute de l'Empire austro-hongrois et la désintégration de la société autrichienne à travers trois générations de la famille von Trotta.

Liste (non exhaustive) par ordre chronologique de parution :

    * Der Vorzugsschüler (Vienne 1916) ;
    * Barbara (Vienne, 1918) ;
    * La Toile d'araignée - Das Spinnennetz, (Vienne, 1923);
    * Hôtel Savoy - Hotel Savoy. Ein Roman ( Berlin, 1924);
    * La Rébellion - Die Rebellion (Berlin, 1924) ;
    * L'Histoire d'un amour- April, Die Geschichte einer Liebe (Berlin, 1925) ;
    * Le Miroir aveugle - Der Blinde Spiegel, ein kleiner Roman (Berlin, 1925) ;
    * Juifs en errance - Juden auf Wanderschaft (Berlin, 1927) ;
    * La Fuite sans fin - Die Fluch ohne Ende - Ein Bericht (Munich, 1927;
    * Zipper et son père -Zipper und sein Vater (Munich, 1928);
    * Gauche et droite - Rechts und links (Berlin, 1929) ;
    * Le Prophète silencieux - Der stumme Prophet (Berlin, 1929);
    * Briefe aus Deutschland (Hambourg, 1929) ;
    * Le poids de la grâceou Job - Hiob. Roman eines einfachen Mannes (Berlin, 1930) ;
    * Panoptikum. Gestalten und Kulissen (Munich, 1930) ;
    * La Marche de Radetzky - Radetzkymarsch (Berlin, 1932);
    * Stationschef Fallmerayer (Amsterdam, 1933) ;
    * Tarabas - Tarabas, ein Gast auf dieser Erde (Amsterdam, 1934);
    * Triumph des Schönheit (Paris, 1934) ;
    * Le Buste de l'Empereur - Die Büste des Kaisers (Paris, 1934);
    * L'Antéchrist - Der Antichrist( Amsterdam, 1934) ;
    * Le Léviathan - Der Leviathan (Amsterdam, 1940 ;
    * Le Roman des cent-jours - Die hundert Tage (Amsterdam, 1935) ;
    * Notre assassin - Beichte eines Mörders, erzählt in einer Nacht (Amsterdam, 1936) ;
    * Les fausses mesures- Das falsche Gewicht. Die Geschichte eines Eichmeisters (Amsterdam, 1937) ;
    * La Crypte des Capucins (où le dernier des von Trotta cherche en vain refuge dans la Crypte des Capucins où gisent ses empereurs) - Die Kapuzinergruft (Bilhoven, 1938);
    * Conte de la 1002ee nuit - Die Geschichte von der 1002. Nacht (Bilthoven, 1939);
    * La légende du saint buveur - Die Legende vom heiligen Trinker (Amsterdam, 1939).

Autres titres parus en français :

- Recueils de nouvelles :

    * Marchand de corail

- Recueils de chroniques et lettres:

    * Une Heure avant la fin du monde ;
    * À Berlin ;
    * La Filiale de l'enfer (Ecrits de l'émigration) ;
    * Le Genre féminin ;
    * Symptômes viennois ;
    * La deuxième vie ;
    * Lettres ;
    * Croquis de voyage ;
    * Le Cabinet des figures de cire, précédé d'Images viennoises, Esquisses et portraits ;

Adaptations cinématographiques

    * Le nid de l'araignée :

Film allemand, Bernhard Wicki, 1989 ;

    * La Rébellion :

Téléfilm allemand de Wolfgang Staudte, 1962 ; Téléfilm autrichien de Michael Haneke ;

    * La fuite sans fin :

Téléfilm austro-allemand avec Helmuth Lohner ;

    * Le poids de la grâce :

Sins of Man, USA 1936 ; Hiob, téléfilm austro-allemand en 3 parties, de Michal Kehlmann;

    * La Marche de Radetzky :

Téléfilm allemand de 1965; Téléfilm austro-germano-français en trois parties de 1995 avec Max von Sydow et Charlotte Rampling ;

    * Stationschef Fallmerayer :

Film austro-allemand de 1975 ;

    * Tarabas :

Téléfilm germano-autrichien, avec Helmut Lohner;

    * La Crypte des Capucins :

Trotta, Johannes Schaf, Allemagne, 1971 ;

    * Les fausses mesures :

Téléfilm allemand de Berhard Wicki, 1971 ;

    * Conte de la 1002ee nuit :

Téléfilm allemand de 1969 ;

    * La légende du saint buveur :

Film italo-français de Ermanno Olmi, 1988, voir La Légende du saint buveur)



Joseph Roth
L’exil à Paris, 1933-1939

Cette exposition documentaire permettra de redécouvrir Joseph Roth, un des plus grands écrivains autrichiens du XXe siècle.
À travers des manuscrits, des correspondances, des éditions originales, des photographies et des documents audiovisuels, le parcours insistera sur ses années parisiennes, son travail d’écrivain, son engagement actif dans le milieu des exilés opposants au nazisme et sa fidélité nostalgique à la monarchie habsbourgeoise.

Dans son ample œuvre littéraire, Joseph Roth, né en 1894 à Brody en Galicie, une région de l'empire austro-hongrois (aujourd’hui en Ukraine), évoque abondamment le déclin de l’Autriche impériale et royale et le monde juif d’Europe de l’Est dont il est issu. On connaît surtout de lui La Marche de Radetzky, qui offre l’un des tableaux les plus poignants de la fin des Habsbourg et Le Poids de la Grâce (ou Job, l’Histoire d'un Homme simple).
Après ses années de formation à Vienne, il s'établit à Berlin, comme journaliste pour Vorwärts, puis comme correspondant de la Frankfurter Zeitung. Le jour de l’avènement du IIIe Reich, il quitte l’Allemagne pour la France, où il a déjà effectué plusieurs séjours. Réfugié à Paris, il évolue au sein d’un milieu germanophone antinazi et dénonce le pouvoir hitlérien dans des articles véhéments. Il soutient à reculons la résistance du régime autoritaire autrichien face au nazisme, et défend ardemment le retour de la monarchie des Habsbourg, convaincu que cela seul pourrait sceller l’union de tous les Autrichiens et faire barrage à l’Allemagne hitlérienne. Parmi ses amis, figurent Soma Morgenstern, Stefan et Friderike Zweig, Heinrich Mann, Ludwig Marcuse, Schalom Asch, Egon Erwin Kisch, Stefan Fingal et Blanche Gidon – sa traductrice. Installé à l’hôtel Foyot, rue de Tournon, il continue de voyager à travers l’Europe, y compris en Autriche.

Admirable chroniqueur, il laisse de très nombreux articles écrits pour des journaux allemands à Paris et publie plusieurs romans et nouvelles : L’Antéchrist, Le Poids de la Grâce, La Crypte des Capucins, La Légende du saint buveur... Devenu sévèrement alcoolique, il mène une vie misérable, épuisé physiquement et éprouvé moralement, et meurt à Paris le 27 mai 1939.
Cette exposition a été conçue par Heinz Lunzer, directeur du Literaturhaus de Vienne jusqu'en 2007, et Victoria Lunzer-Talos, ancienne responsable de la bibliothèque d’histoire de l’art à l’Université de Vienne. L’exposition est soutenue par le Forum culturel autrichien.







Sur les pas des écrivains
Joseph ROTH à Paris (1933-1939)

9 juillet 1936
Roth accepte une invitation de Zweig à Ostende. Il y retrouve Hermann Kesten, Egon Erwin Kisch et Ernst Toller [1]. Il fait la connaissance de l’écrivain Irmgard Keun, émigrée en 1935.

Juillet 1936
Séjour à Ostende, hôtel de la Couronne. Roth essaie à nouveau de vendre ses nouvelles les plus récentes à divers éditeurs, ce qu’il ne peut faire qu’avec l’accord de l’éditeur Querido ; échec de la démarche. Début de la relation avec Irmgard Keun. Sous l’influence de Zweig, Roth refuse de consulter un médecin : son état ne s’améliore pas ; il ne mange qu’une fois par jour.
Il travaille au roman Les fausses mesures.
L’éditeur Viking Press (Huebsch) résilie son contrat : Roth perd toutes ses chances d’être publié dans les pays anglophones.

1er août 1936
Visite à Otto de Habsbourg à Stenokerzeel (Belgique).

8 août 1936
Landauer refuse de verser de l’argent à la livraison d’un nouveau manuscrit car le montant des avances autorisées est largement dépassé.

4 septembre 1936
Roth répond à l’invitation de son vieil ami Heinrich Wagner à venir le voir à Calais, avant que ce dernier ne parte pour Londres.

Septembre 1936
Le roman Confession d’un assassin, racontée en une nuit paraît chez Allert de Lange.

28 octobre 1936
Signature, à Amsterdam, d’un contrat entre Roth et Cornelis Johannes Vos, représentant d’un petit éditeur catholique, De Gemeenschap. La date de remise du roman La 1002e nuit est par la suite plusieurs fois repoussée. Roth obtient un droit de regard particulier sur la vente des droits dérivés de ses œuvres. Il obtient de son nouvel éditeur, à partir de décembre, une avance mensuelle de 125 florins. Le vol d’un de ces paiements par son secrétaire à Amsterdam défraie la chronique.

Novembre 1936
Roth voyage à Bruxelles et Zürich avec Irmgard Keun et Paula Grübel.

22 novembre-16 décembre 1936
Séjour à Vienne avec Irmgard Keun, à l’hôtel Bristol. Roth travaille au roman La crypte des Capucins.

Décembre 1936
Par l’intermédiaire de son contact à Vienne (sa belle-sœur Hedy Pompan), Roth envoie à l’éditeur De Gemeenschap les cent premières pages du Conte de la 1002e nuit.

Hiver 1936-1937
Invité par le PEN-Club polonais, Roth, accompagné d’Irmgard Keun, entreprend une tournée de conférences qui les mène à Lemberg (Lvov), Varsovie, Vilna et autres villes.
Jour de l’an chez des parents à Lemberg. Irmgard Keun rapporte que Roth se portait nettement mieux « chez lui » : il boit moins et mange avec appétit.

28 mars 1937
Une version de la conférence paraît dans la revue Der christliche Ständestaat sous le titre La superstition du progrès. Roth donne sa conférence dans la salle de l’association viennoise d’artistes Hagenbund.

15 avril 1937
Roth répond à une invitation de Friederike Zweig à Salzbourg, où il réside à l’hôtel Stein.

Pentecôte 1937
Le roman Les fausses mesures paraît chez l’éditeur Querido à Amsterdam.

8-22 mai 1937
Vienne, hôtel Bristol.
Roth se porte candidat pour une bourse de l’American Guild for German Cultural Freedom, fonds de soutien aux intellectuels émigrés, auprès duquel il joue également le rôle de conseiller. Il repart peu après pour Salzbourg.

Juin 1937
Bruxelles, hôtel Cosmopolite.
Le Conte de la 1002e nuit ne paraît pas. Roth travaille au roman La crypte des Capucins pour continuer à recevoir des avances et corrige en même temps le précédent roman. L’éditeur De Gemeenschap s’impatiente.
Roth demande à Blanche Gidon de s’entremettre pour lui afin d’obtenir le versement d’une avance de la revue Candide ; il soupçonne l’éditeur Allert de Lange de retenir des honoraires qui lui étaient destinés.
Un périodique américain souhaite publier des nouvelles de Roth, mais ses papiers sont toujours chez Manga Bell et chez son avocat Samuel Feblowicz à Paris. Il sollicite également l’aide de Blanche Gidon sur ce point.
Querido cesse de défendre les intérêts de Roth en France. Roth espère que Blanche Gidon pourra faire publier Les fausses mesures par des éditeurs français ; il estime que ce roman est plus réussi que Confession d’un assassin.

Juillet 1937
Hermann Kesten invite Roth à Ostende.
Un accord entre l’Allemagne et l’Autriche doit pacifier les relations entre les deux pays : les attentats nazis diminuent et des sympathisants nazis sont nommés à des postes officiels et au gouvernement. Les tentatives d’intégration de Schuschnigg ont aussi peu d’effet que ses déclarations sur l’indépendance de l’Autriche et les différences foncières avec le troisième Reich.

22 juillet 1937
Décès à Vienne de Karl Tschuppik, ami très proche. Roth déplore deux nécrologies. Il déplore la perte de nombreux proches dans les dernières années.

4 août 1937
L’éditeur zurichois Niehans propose à Roth de collaborer à la revue bimestrielle Maß und Wert à laquelle participent, entre autres, Thomas Mann, Konrad Flake, Ferdinand Lion (et, à partir de 1939, Golo Mann et Emil Oprecht). Il refuse l’honoraire « dérisoire ».

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La dernière demeure de Joseph Roth, 18 rue de Tournon.

8 août 1937
Bruxelles. Le gérant des éditions De Gemeenschap étant en congé, Roth ne perçoit pas son versement mensuel. L’hôtel exige d’être payé, Roth n’a plus rien, « excepté des timbres » ; il demande à nouveau de l’argent à Stefan Zweig. Il ne voit pas d’issue et cherche à allonger les délais de remise de ses manuscrits.

Octobre 1937
Paris, hôtel Foyot.

2 novembre 1937
L’hôtel Foyot, résidence de Roth depuis de longues années, est détruit. Il emménage d’abord à l’hôtel Paris-Dinard, tout proche. À partir du printemps 1938, il réside à l’hôtel de la Poste, 18 rue de Tournon, juste en face de l’emplacement de l’hôtel Foyot. Y habitent également Soma Morgenstern et Jean Janès ainsi que, temporairement, Stefan Fingal.


12 février 1938
Un entretien entre Hitler et Schuschnigg à Berchtesgaden démontre la position de faiblesse de Schuschnigg et laisse présager l’Anschluß. Contre la propagande nazie, Schuschnigg essaie de démontrer l’attachement de la population à l’Autriche en appelant à un référendum sur la liberté et l’indépendance de l’Autriche, le 13 mars 1938. Alors que l’influence nazie est très forte au sein du gouvernement (de nouveaux ministres sont des nazis déclarés, comme Arthur Seyß-Inquart), Schuschnigg ne tente qu’un timide rapprochement en direction des dirigeants sociaux-démocrates.

24 février-2 mars 1938
Roth se rend pour la dernière fois à Vienne, pour le compte des légitimistes autrichiens. Il descend à la pension-hôtel Atlanta. Le dernier discours de Schuschnigg devant le Parlement, retransmis à la radio, inspire à Roth son article « Victoria victis » qui paraît dans le dernier numéro de Der Christliche Ständestaat. Roth essaie d’être reçu par le chancelier Schuschnigg pour plaider en faveur d’une prise du pouvoir par Otto de Habsbourg, sans résultat. L’offre du prétendant Otto de Habsbourg d’assumer la responsabilité du gouvernement en Autriche afin de faire échec à la menace de l’annexion allemande est rejetée par Schuschnigg. Les chances de réussite d’une telle entreprise, si elle avait été réalisée, sont généralement jugées assez faibles.

2 mars 1938
Roth quitte Vienne.

11 mars 1938
Démission de Schuschnigg imposée par l’Allemagne. Arthur Seyß-Inquart forme un gouvernement provisoire.

13 mars 1938
Les troupes d’Hitler entrent en Autriche ; l’Anschluß est accompli. Très rapidement, les lois nazies entrent en vigueur en Autriche. L’émigration de nombreux persécutés commence. D’éminents opposants à l’Allemagne (également issus du camp conservateur) sont internés et envoyés en camp de concentration. La France et de l’Angleterre n’expriment pas l’opposition espérée.

16 mars 1938
Paris, hôtel de la Poste.
Après une présentation de Pierre Bertaux, Roth tient à la radio française un discours sur l’annexion de l’Autriche.
Contact avec Hubertus zu Löwenstein [2] et poursuite de l’activité politique en faveur de l’American Guild for German Cultural Freedom. Roth assiste des émigrés et participe à des actions caritatives.
En raison des événements politiques, Roth persuade l’éditeur De Gemeenschap d’avancer la sortie du roman La crypte des Capucins et de retarder la publication de Le conte de la 1002e nuit, bien qu’elle soit complètement corrigée et déjà imprimée à quelques exemplaires.

28 mars- 4 avril 1938
Réunions organisées par le Comité de défense des écrivains allemands et le Congrès international pour la défense de la culture en faveur de l’Autriche. Roth participe activement à ces deux manifestations.

13 juin 1938
Cérémonie commémorative organisée par le Comité de défense des écrivains allemands en l’honneur de l’auteur autrichien Ödon von Horváth, mort à Paris le 1er juin. Roth figure parmi les orateurs.

30 septembre 1938
Avec les accords de Munich, l’Angleterre, la France et l’Italie concèdent à l’Allemagne l’annexion du pays des Sudètes.

Fin de l’automne 1938
Roth se rend à Amsterdam pour rencontrer l’éditeur de Lange. Il écrit La légende du saint buveur. Il est épuisé, physiquement et intellectuellement. Il aurait emprunté à l’hôtelier l’argent de son billet de retour à Paris.

Fin décembre 1938
Le roman La crypte des Capucins paraît chez l’éditeur De Gemeenschap, à Bilthoven.

21 janvier 1939
Dorothy Thompson, présidente du PEN-Club américain, invite Roth à la World’s Fair qui se tient à New York du 5 au 10 mai 1939. Roth accepte mais ne part pas.

15 février-1er mai 1939
Une série d’articles de Roth paraît dans la revue monarchiste Die Österreichische Post sous le titre Journal noir et jaune (Schwarz-gelbes Tagebuch). À partir de février 1939, Roth exprime de violentes divergences avec la direction de la revue (sans sortir des limites de la correspondance privée). La crypte des Capucins paraît en feuilleton dans cette revue.

Printemps 1939
Roth travaille à un essai sur Georges Clemenceau.
Mauvaise santé ; ses amis Soma Morgenstern, Ludwig Marcuse, Stefan Fingal et Jean Janès le soutiennent. Il rencontre souvent Blanche Gidon et Friederike Zweig.

11 mars 1939
Pour le premier anniversaire de l’annexion de l’Autriche, Roth participe à plusieurs rassemblements. Une grande manifestation de la Ligue de l’Autriche vivante (dont Roth est vice-président avec Franz Werfel et Emil Alphons Rheinhardt) se tient à la salle Adyar.

16 mars 1939
Hitler annonce la formation du Reichsprotekorat de Bohême-Moravie, qui fait partie du Grand Reich. Il poursuit ainsi sa politique d’annexion, soulevant pour la première fois des protestations officielles sans, toutefois, aucune sanction.

27 avril 1939
Contrat de Roth avec l’éditeur de Lange pour la nouvelle La légende du saint buveur en lieu et place de l’essai sur Clemenceau.

9 mai 1939
Roth promet à la Guild for German Cultural Freedom un article qui ne paraîtra jamais.

24 mai 1939
Roth apprend au café Le Tournon la nouvelle du suicide d’Ernst Toller à New York : il s’effondre. Alertés par l’hôtelière, Blanche Gidon, Friederike Zweig et Soma Morgenstern le font transporter à l’hôpital Necker.

27 mai 1939
Roth meurt à 5 h 55 à l’hôpital Necker.

30 mai 1939
Roth est enterré à 16 heures au cimetière de Thiais.
Les papiers de Roth qui se trouvent à l’hôtel sont rassemblés et conservés par différentes personnes.

Juin 1939
La légende du saint buveur paraît aux éditions Allert de Lange.

3 juin 1939
Représentation unique, au théâtre Pigalle, de l’adaptation théâtrale de Hiob, réalisée par Victor Clerment, sur une musique d’Erich Zeisl.

Août-septembre 1939
Pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique. Le 1er septembre, l’Allemagne attaque la Pologne sans déclaration de guerre préalable. L’Angleterre et la France déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre, après l’expiration d’un ultimatum. La Deuxième guerre mondiale commence.

Décembre 1939
Le conte de la 1002e nuit est publié dans sa version définitive par l’éditeur De Gemeenschap.

Printemps 1940
La nouvelle Leviathan est imprimé par l’éditeur Querido mais n’est vraisemblablement pas mise en vente.

Juillet 1940
Friederike Roth est transférée à l’hôpital psychiatrique de Niedernhart près de Linz, où elle est euthanasiée.

Source : Joseph Roth im Exil in Paris 1933 / 1939, de Heinz Lunzer et Victoria Lunzer-Talos (victoria.lunzer -at- univie.ac.at), 2008. Merci à François W. pour la traduction. Ce livre n’existe actuellement qu’en allemand. Une exposition lui est associée, qui viendra peut-être un jour à Paris. www.literaturhaus.at/veranstaltungen/roth_exil/presseinfo/

[1] (1893-1939) Écrivain révolutionnaire allemand. Sa participation à la République des conseils à Munich en 1919 lui vaut de passer cinq ans en forteresse. Auteur de plusieurs drames expressionnistes, il a laissé une intéressante autobiographie, Une jeunesse en Allemagne.

[2] (1906-1984) Universitaire et historien conservateur (il est prince…), il organise à partir de 1935 l’American Guild for German Cultural Freedom.

















03/02/2010
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