Alain YVER

Alain YVER

KID CONGO

KID CONGO


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https://www.facebook.com/pages/Kid-Congo-and-The-Pink-Monkey-Birds/115221445167439

//kidcongopowers.blogspot.fr/

//www.youtube.com/watch?v=2nD8oZTxX6c

//www.classicrockmagazine.com/music_and_videos/halloween-video-premiere-kid-congo-the-pink-monkey-birds-haunted-head/

//vimeo.com/77100973

4 CD
//www.differ-ant.fr/artist/kid-congo-and-the-pink-monkey-birds

//concerts-review.over-blog.com/article-kid-congo-and-the-pink-monkey-birds-fifty-foot-combo-chez-madame-moustache-bruxelles-le-20-novem-121223806.html



Membre fondateur du Gun Club, Kid Congo Powers est aussi connu en tant que guitariste de Nick Cave and the Bad Seeds et des Cramps. Il apparaît comme l'un des guitaristes les plus prisés de la planète underground de ces vingt dernières années, dans son versant punk rock surtout. Ça, c'est pour le C.V., qui nous fait entrevoir le large prisme d'influences au sein duquel le kid de Los Angeles se déchaîne. Et justement, le prisme, on se le prend en pleine poire à l'écoute de "Solo Cholo" : vingt ans recyclés de façon complètement décomplexée, avec une production impeccable qui offre un panorama jouissif sur un certain rock de ces dernières années : celui qui, tout en laissant la place aux voix et aux morceaux, ne parvient jamais à tourner complètement le dos ni à l'expérimentation, ni à un certain goût pour le rétro.

//www.infoconcert.com/artiste/kid-congo-32496/biographie.html





KID CONGO


Grand maître du fuzz chicanos transpirant dans ses chemises bariolées, Kid Congo est cet homme qui a co-fondé le Gun Club et tenu la six cordes chez les Cramps. Certains disent l’avoir aussi vu aux cotés de Nick Cave et ses Bad Seeds, mais tout cela est moins important que l’inébranlable moustache qu’il arbore depuis déjà très longtemps. Après avoir tardivement débuté une carrière solo en 2005, le Kid enchaine depuis les disques et tourne à travers le monde pour répandre ses accords garage et post-punk auprès des jeunes générations. « Haunted Head« , Le dernier album de Kid Congo & the Pink Monkey Birds est sorti en mai dernier; Kid Congo continue quant à lui de faire danser les morts en enfilant son costume de dandy rockabilly.


//www.baladessonores.com/artist/kid-congo/






Kid Congo and the Pink Monkey Birds – Haunted Head (2013 – In The Red/Differ-Ant)
Par JPGP Samedi 28 décembre 2013

 Le Kid Congo Powers est indissociable du « Dirty LA ». il est co-fondateur du Gun Club, membre historique des Cramps et de Nick Cave & The Bad Seeds entre autres. Avec ses Pink Monkey Birds, il joue pour leur troisième album un garage rock noisy qui n’a pas d’équivalent. Le guitariste/chanteur, le bassiste Kiki Solis (Knife in the Water), le batteur Ron Miller (Up The Academy) et le guitariste Jesse Roberts (Sandrider, The Ruby Doe) ont autoproduit ce C.D. Roberts joue le rôle d’ingénieur son et  Miller fait le mixage.
La musique rebondit d’un titre à l’autre, rejetant sur les plages du Pacifique des noyés sans visage dont les vieilles dérives surnagent en un blues qui sème la solitude et incruste des vestiges insomniaques. Il y a là tout un bastringue d’états d’âme, des éclairs d’identité plus ou moins clochardes. La musique reste âpre en ses instants secs et parfois torpillés par des braises lascives. On est toujours près du naufrage, tout est hagard. Néanmoins demeure quelque chose de sourdement paradisiaque. Des liaisons s’ébauchent dans des suites de frissons  à travers des rues où l’asphalte jungle se fait ballast ou miroir. Des légendes finissent là où la musique parvient dans sa violence à fendre les vagues non seulement de l’océan mais des profondeurs de vie. Et ce même si elle s’effrite indiciblement dans le gris des déluges entre angoisse et merveille.


//www.lesimmortels.com/blog/chronique-musicale/6493/2013/12/28/kid-congo-and-the-pink-monkey-birds-haunted-head-2013-in-the-reddiffer-ant/






Kid Congo Powers

Kid Congo Powers, de son vrai nom Brian Tristan, est un guitariste et chanteur américain né à El Monte1 (Californie, États-Unis) en 1960, principalement connu pour avoir cofondé The Gun Club avec le chanteur Jeffrey Lee Pierce. Il tient également la guitare au sein des Cramps à partir de 1980. Kid Congo fait également plusieurs apparitions aux côtés de Nick Cave and the Bad Seeds, régulièrement sur scène jusqu’à l’été 1989. Il fonde le groupe Congo Norvell avec Sally Norvell, puis se lance dans une carrière solo à la fin des années 1990.
Il enregistre son premier album en tant que chanteur principal, intitulé Bad English, avec le compositeur, arrangeur et producteur de musique électronique allemand Can Oral dit « Khan », puis commence à tourner et enregistrer sous son propre nom, accompagné des Pink Monkey Birds.
Biographie


Kid Congo Powers en concert avec les Pink Monkey Birds à Dijon, le Deep Inside, décembre 2009.
Brian Tristan est le fils d'immigrés mexicains. Il nait et grandit à El Monte, ville de l'agglomération de Los Angeles. En 1976, il assure la présidence du fan club des Ramones puis crée un fanzine musical. Il voyage à Londres et New York avant de s'installer à Los Angeles en 1979, où il rencontre Jeffrey Lee Pierce. Pierce lui apprend à jouer de la guitare en open tuning, et les deux musiciens fondent The Creeping Ritual, groupe qui prend par la suite le nom de The Gun Club. Tristan quitte le groupe avant l'enregistrement du premier album, et rejoint les Cramps à New York, en décembre 1980. Ce sont eux qui le rebaptisent Kid Congo Powers. Il revient au sein du Gun Club de 1983 à 1988, formation qu'il quitte à nouveau pour intégrer le groupe de Nick Cave and the Bad Seeds à Berlin. Il participe à plusieurs albums et tournées. Au cours des années suivantes, Powers joue également avec The Divine Horsemen, The Angels of Light et Die Haut.
Plus récemment, Powers collabore avec le guitariste new-yorkais Jack Martin, avec lequel il crée les groupes Kid Congo & The Pink Monkey Birds, groupe constitué dans le but d'accompagner la carrière solo de Powers tant sur scène qu'en studio, et Knoxville Girls, supergroupe éphémère qui sort deux albums. Avec l'actrice, poétesse et chanteuse Sally Norvell, Powers crée le duo Congo Norvell.
Discographie
Pour les albums enregistrés avec d'autres formations, voir les articles détaillés correspondants : The Gun Club, The Cramps, Nick Cave and the Bad Seeds, Knoxville Girls, Congo Norvell2.
    •    Solo Cholo, compilation, autoproduction, 2002
    •    Bad English par Kid and Khan, Trans Solar, 2004
    •    Philosophy and Underwear, Kid Congo & the Pink Monkey Birds, 2006
    •    Dracula Boots par Kid Congo & the Pink Monkey Birds, In the Red, 2009
    •    Gorilla Rose par Kid Congo & the Pink Monkey Birds, 2010
    •    
Notes et références
    •    (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kid Congo Powers » (voir la liste des auteurs)
    1.    ↑ (en) Entretien [archive] avec Kid Congo Powers sur mishkanyc.com.
    2.    ↑ Voir également sa discographie complète [archive] sur discogs.com.


//fr.wikipedia.org/wiki/Kid_Congo_Powers





Kid Congo & The Pink Monkey Birds
Haunted Head

 

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In the Red Recordings
Psychobilly
Sortie: 28 mai 2013

Rescapé d’une époque peuplée de fantômes, Kid Congo Powers nous entraine dans une maison hantée habitée par un rock’n’roll suintant et immortel.
Souvent désigné comme « le guitariste de » (the Cramps, Gun Club, Nick Cave), Kid Congo Powers (Brian Tristan dans le civil) reste ce gars précieux qui, aujourd’hui encore, porte sur ses frêles épaules de dandy rockabilly l’héritage d’une scène musicale dans laquelle le mot « alternatif » avait encore du sens. Comme il l’a dit chez Gonzaï, en trente ans sa vision de la musique n’a pas beaucoup changé et il s’applique toujours à faire danser les morts aux rythmes  d’une musique aussi punk que roots. Lui, le gamin chicanos, qui a été élevé par les sauvages : de Jeffrey Lee Pierce, qui l’initie aux  joies païennes de l’open-tuning, jusqu’à l’ange déchu Bryan Gregory dont il absorbe le groove d’outre-tombe comme un assoiffé, n’imaginant pas qu’il le remplacerait bientôt au sein des Cramps.
Aujourd’hui ces idoles ont trépassé et Kid Congo Powers a su retrouver une seconde jeunesse grâce à ses Pink Monkey Birds avec lesquels il vient de sortir son sixième album, le terreux Haunted Head, toujours chez In The Red.  Débordant de guitares qui susurrent des riffs poisseux comme un vieux rade planqué dans les marécages, ce disque séduit par l’ambiance qu’il tisse au fil des titres.
Seuls « Killer Diller », « I Don’t Like » et « The Rad Lord’s Return » jouent up-tempo, et soit dit en passant, mettent une raclée à la plupart des apprentis rockeurs. Oui, la classe, ça ne s’apprend pas.  Pour le reste, Kid Congo et ses sbires titubent sereinement, balançant des airs pour croque-morts cabotins, de la langoureuse « Lurch » jusqu’à « Loud and Proud », en passant par les virages de « Lamont’s Requiem » et ses sept minutes. Comme à son habitude, Kid Congo déclame ses textes d’une voix de gourou et fout carrément les jetons sur une chanson comme « Su Su ». Deux morceaux se distinguent néanmoins dans cette brume électrique : la cabossée et saignante « Haunted Head » ainsi que la magnifique « Dance Me Swamply », étonnamment aérienne. Le discret Brian Tristan prouve donc une nouvelle fois que son alter ego Kid Congo a encore des choses à raconter, se moquant bien de faire évoluer sa musique et préférant rester dans la marge à creuser un sillon qui, de toute façon, sera toujours fertile dans 30 ans.


Boris Cuisinier
//www.bongmagazine.fr/?p=3154





KID CONGO POWERS 
L.A. Confessionnal


Quand je repense à Kid Congo, la première image devrait être celle de ce guitariste maniéré qui m’avait reçu dans les loges de plastique l’hiver dernier. Ou celle du maître du fuzz chicanos transpirant dans ses chemises derrière quelques pontes du Rock’n’roll Hall of Fame. Too bad for the record, c’est plus tordu que ça : […]
Quand je repense à Kid Congo, la première image devrait être celle de ce guitariste maniéré qui m’avait reçu dans les loges de plastique l’hiver dernier. Ou celle du maître du fuzz chicanos transpirant dans ses chemises derrière quelques pontes du Rock’n’roll Hall of Fame. Too bad for the record, c’est plus tordu que ça : quand je pense à Kid Congo, je vois surtout la jeune Riff Randle.
Blonde à frange et couettes, short en acrylique mauve, blouson rouge feu, Converses grenat avec surchaussettes jaunes, Riff Randle a écrit les paroles de Rock’n’roll High School pour les Ramones. Elle s’allonge sur son lit, s’allume un joint de la pointe d’une allumette et s’envoie Road To Ruin comme une bande blanche discontinue, direction fantasmes. Rêves d’adolescente. Pas l’ombre d’un doute à mes yeux, si Brian Tristan était devenu Kid Congo c’est parce qu’il était une groupie. Prête à raconter son histoire, in extenso.
« Il y avait ce groupe qui vivait à deux maisons de chez moi, Hogwide. Ils répétaient dans leur garage et j’y allais tout le temps pour les regarder. Ils ont été ma première fascination de groupe en live, au bout de ma rue. J’étais encore à l’école, genre 13 ans. Peut être plus, vers 1973, les années glam ou un truc comme ça. Ça, j’ai vraiment été à fond là-dedans. A l’époque je portais des platform shoes et j’allais en discothèque. Tu sais, quand j’avais 14 ans, je me faufilais hors de la maison de mes parents, j’allais prendre un bus, et droit en ville. De là, direction Hollywood, et puis je me baladais en faisant du stop. A la découverte du monde du rock. (…)
Il y avait ce club, le Rodney Bingenheimer’s English Disco, c’était un énorme DJ à L.A. et il passait tous les hits de glam-rock anglais qui à ce moment, à L.A., étaient super underground. Bowie, Mott The Hoople, T-Rex, mais aussi Mud et The Sweet. Et puis aussi, c’était là que venaient se poser toutes les rockstars, précisément dans ce club. Y avait des tas d’ados, garçons et filles, en shorts très hot… Ouais ouais ouais, c’était trèèèès… Hmmm. Tu sais, là j’arrête pas de penser que c’était un bar, et une boîte de nuit, et comment il y avait tellement de gamins de 14 ans ; aujourd’hui ça ne pourrait pas se passer à L.A. Mais à l’époque, dans les 70′s, c’était tellement différent… C’est là que j’ai vu mes premiers concerts, j’ai pu voir Bowie, Iggy Pop, c’était fascinant. J’étais si jeune. Je ne pensais pas à devenir musicien alors, mais je voulais vraiment être rock critic. Journaliste. Bien sûr, je lisais tout le gonzo. Et Creem. Et Circus Magazine, Rock Scene, tous ces magazines vaguement new yorkais où Lester Bangs avait une grosse influence.
All my friends know the low rider (and the low rider is a little higher)
 
J’ai deux grandes sœurs qui étaient branchées musique, du coup j’ai grandi dans une famille où il y avait toutes sortes de musiques mexicano-américaines. Plein de cousins et des tas de fêtes dans la maison de ma grand-mère où ça buvait, et mes oncles sortaient leurs guitares et tout le monde chantait. Et ça buvait encore, et puis une bagarre éclatait, et d’une façon ou d’une autre on se retrouvait à y passer la nuit… Voilà comment j’ai grandi.
On avait des goûts très… marrants. Par exemple, quand j’ai rencontré Jeffrey [Lee Pierce, du Gun Club - NDR], il était complètement dans le reggae. Moi et Jeffrey, on a grandi dans un coin de L.A. et on est tous les deux mexicano-américains. Et toute cette communauté chicanos aimait les low riders – ces vélos trafiqués ou des voitures aux suspensions modifiées – et tous écoutaient des trucs de doo-wop, de R&B, des slow jams… Mais ils étaient aussi super branchés psychédélique ! Des trucs comme Jimi Hendrix, c’était énorme pour les chicanos. Black Sabbath était énorme aussi là-bas, et bien sûr Santana, et War et plein d’autres… Du coup dans un sens, on était le produit de ce que nous avions entendu en grandissant.
Les touts premiers trucs que j’ai écoutés, c’est dur à dire du coup. Mais je me rappelle bien le premier disque que j’ai acheté de toute ma vie ! C’était le single Ruby Tuesday des Rolling Stones. Je devais avoir 9 ans, et je me souviens d’avoir convaincu ma mère de me l’acheter parce que j’étais fasciné vu que… La pochette du 45 tours était celle de l’album Between The Buttons et Brian Jones y portait des énormes lunettes ; je me suis dit « Je veux ÇA ! C’est ça que je veux ! » Et je crois bien que je l’ai pris juste à cause des lunettes. »

D’autres lunettes on pris le pas aujourd’hui, grossissant d’élégantes moustaches. Kid Congo est avachi dans un canapé, jambes croisées et bottillons de cuir aux nombreux ornements. Ses collègues et amis des Monkey Birds nous écoutent tout en enfilant leurs costumes de scène. Mariachis noir de toro galonnés d’entrelacs blancs sur chemises rouges infernales. Impossible de prendre au sérieux ces gosses attifés pour un mariage. Ils rient de bon cœur dans leurs gilets brodés et je vois des larrons préparant une feria parodique. Trop malin pour passer pour un singe, Powers continue ses histoires, son histoire. Suis-je suspendu aux pieds d’un Peter Pan ou à la pointe du capitaine Crochet ?
« Plus tard je me souviens aussi d’être allé chez le disquaire, d’y avoir attendu qu’il ouvre parce que je savais que c’était le jour de la sortie du Ramones – je l’avais appelé et j’avais demandé ; je pensais qu’il allait y avoir une foule de gens là-bas faisant la queue, et je voulais être sûr que je pourrais en avoir un exemplaire. Alors me voilà qui attend devant le magasin et bien sûr je me suis retrouvé tout seul ! Pour moi les Ramones étaient déjà des stars gigantesques qui épuisaient les ventes de disques, mais non… C’était seulement leur premier album. Alors je l’ai pris, je suis rentré chez moi et je l’ai mis dans mon mange-disques, j’étais super excité et je me suis mis à sauter dans tous les sens sur mon lit. Je l’ai récemment réécouté et je dois dire qu’il est plus génial que jamais ! Tu sais, je crois que c’est encore mieux que tout ce dont je peux me souvenir.
Je suis instantanément devenu fan. Ils sont venus à L.A. et ils ont joué une quantité de shows dans une quantité de clubs, et moi et une bande de vingt gosses on les suivait. Y avait de tout, du prof hippie taré aux jeunes adolescentes tout juste punks – ça commençait à peine. Moi, j’avais une coupe au bol, mais y avait tous les âges et tous les genres de gens, on ressemblait aux foules de freaks dans Mad Magazine. Et on voulait rester liés, garder le contact ; du coup j’ai commencé à faire ce fanzine rien pour nous. J’étais devenu un fan. Pareil avec les Screamers. Ils n’ont jamais enregistré que quelques démos, rien qui soit sorti. Pas d’album ni de single, par contre il y avaient ces énormes performances en live. Chaque concert était complet, et on pensait tous qu’ils allaient être le prochain gros truc, comme les Ramones ou Devo, tout ça… Et puis ça n’est jamais arrivé. Il s’est révélé qu’ils étaient plus fan de multimédia que de musique. Ils ne voulaient pas devenir mainstream ; ils voulaient jouer le jeu à leur manière.
(this baby needs some) New kind of kick
 
Mes potes et moi on a pris le Greyhound Bus de L.A. à New York City, un trajet long de 3 jours. En 1977 ou 78. Parce qu’on ne pouvait pas ne pas faire partie de cette scène -là, il fallait qu’on y aille. Et les premières personnes qu’on y a rencontrées étaient les Cramps. On les avait déjà rencontrés par Kristian [Hoffman] vu que son groupe, les Mumps, les avait fait jouer à L.A. On y était allé et il nous avait conduit jusqu’au concert des Cramps et… Je n’ai plus été le même après ça. Cette histoire comme quoi Lux m’aurait foutu un coup de poing ce soir-là pourrait bien être tout à fait vraie, mais il m’a tellement emmêlé le cerveau que je ne m’en souviens plus. Enfin, c’est plus leur musique, leur look, leur tout, qui m’a giflé, ce sentiment que t’en retirais. C’était dingue alors, leurs concerts étaient géniaux – je veux dire même avant qu’ils enregistrent des disques et soient connus, il y avait déjà foule, et les gens devenaient fous. C’était de la musique magique. Primitive et puissante. Alors… j’étais accro. Comme tant d’autres. Immédiatement. Je n’ai jamais imaginé que je finirais par…
Tu sais, je ne jouais même pas de guitare à l’époque. Plus tard je suis rentré à Los Angeles, j’ai rencontré Jeffrey Lee Pierce et on a monté un groupe. A l’origine on s’appelait The Creeping Ritual, mais on n’aimait pas le côté gothique, alors sur les conseils de Black Flag on a changé. Jeffrey m’a appris les rudiments de la guitare, et le reste plus tard. C’est juste que je ne savais rien jouer. Il m’a donné un disque de Bo Diddley et m’a dit « Tu peux jouer ça avec un seul accord. T’as qu’à jouer ce rythme encore et encore ». Ce que je fais toujours aujourd’hui ! Ben oui : si c’est pas cassé pourquoi le réparer ? Quand tu sais que la recette est bonne, tu te contentes de suivre la recette.
J’étais un gros fan de Bryan Gregory, de ce paquet de bruit qu’il faisait. Mon jeu de guitare était très limité, mais je n’avais pas franchement besoin d’en savoir plus. Du coup avec les Cramps, Ivy me disait quoi faire et de mon côté j’apportais un son, un style. Donc bon, je pense que ça compte quand même hein ? Et puis une bonne part des membres des Cramps n’ont fait que passer ; au moins moi j’ai duré un moment. Du coup au début j’ai proposé que comme je m’appelle Brian aussi, et que j’allais le remplacer, je pourrais m’appeler Brian Gris-Gris. Mais ils n’ont… pas vraiment aimé. Trop de souvenirs. Clin d’œil vaudou bien sûr. On avait ces bougies de marque Congo, et dessus ça disait « Si vous allumez ces bougies, les pouvoirs du Congo vous apparaîtront. Congo powers will reveal ». Ça sonnait bien, et comme j’ai toujours aimé le nom Kid, qui faisait très pirate ou boxeur, enfin un truc dans le genre, ça sonnait super bien. Comme Nick Knox, ou Poison Ivy Rorschach… comme une chanson dans le nom, tu vois ? Ça a été ça ; et ça l’est toujours depuis. Je n’ai pas osé en changer depuis mon baptême.
Congo Powers will unleash
 
Lux était très porté sur la magie noire et le rock’n’roll. Faire de la magie avec des guitares et une batterie c’était déjà du vaudou pour eux. Une incantation. Incantation diabolique.  Je crois que Bryan était encore plus sérieux concernant ces choses… pas sérieuses. La sorcellerie. Mais… Moi ? Naaaan. J’ai été intéressé par des trucs satiriques, mais le diable n’est pas l’une d’elles, héhé.
Les drogues par contre… Je crois qu’après l’explosion du punk, après le déchaînement et la colère il y a eu une sorte d’exploration, qu’on est arrivé à un niveau plus profond. C’est venu par la lecture de Malcom Lowry et des choses comme ça. Évidemment, quand tu t’apprêtes à lire Burroughs, tu sais que tu vas en apprendre sur l’héroïne, les opiacés etc. Je suis certain que ça, Under a volcano, Ginsberg etc, ça nous a influencé. Enfin bref, c’était répandu, et culturellement je ne sais pas d’où cela venait mais c’était partout. J’avais des amis dans la mode qui en prenaient, des amis dans le cinéma, partout… C’était aussi un contexte de parfait excès : plein de fric, plein de drogues, de paillettes, de tout. Très glouton. Oui c’est étrange que ça ait jailli du punk qui était très « je suis anti ! Je suis anti-bourgeois », et passer de ça au champagne…
Personnellement je cherchais des réponses. Que je n’ai jamais trouvées. C’est ça le truc, tu finis par trouver qu’il n’y a pas de réponse. C’est ce qui m’est arrivé durant les 90′s, après les Bad Seeds : j’avais décroché et j’étais super occupé [avec Barry Adamson et Blixa Bargeld] ; puis je me suis remis à me piquer ; puis j’ai ré-arrêté, puis me suis re-drogué… Pffff. Et soudain, il n’y avait plus personne.

Je pense que beaucoup de gens des les 80′s se servaient de la dope comme d’un outil, et la décennie suivante tout le monde cramait et mourait. On ne cherchait plus du tout. Il y avait un problème. Ça ne servait plus aucun sens artistique ; les gens étaient malades, d’autres morts. J’ai réalisé que je n’y tenais plus tant que ça. Qu’est-ce qui m’était arrivé ? La veille encore j’aimais la musique, elle me passionnait, je sautais sur mon lit avec les Ramones, et là je ne faisais plus rien. Je n’étais plus rien. C’était limpide. C’était devenu les 90′s et le rock’n’roll était mort. Enfin c’est ce qu’on nous a dit alors. Nous on a découvert le grunge, on a écouté et on se disait « Ohh, comme c’est crétin ». On a continué, comme on a pu. J’ai même appris à chanter. Il a fallu choisir entre parler, chanter ou crier. Trouver ma voix. Quelques balbutiements, un premier EP, et avec le temps tout ça est redevenu simplement divertissant.
Tu sais, cela fait 30 ans que je fais de la musique, eh bien c’est circulaire. Tu vois Jim Jones Revue, Jon Spencer… Les Black Lips qui sont vachement… Enfin, c’est un cycle. Eh bien ce cycle, il va se mettre en marche MAINTENANT. »
Alors le Kid se lève, enfile sa veste de costume chicanos. Prend une large poignée de paillettes qu’il enterre dans ses poches brodées. Vérifie son sourire, sa raie gominée, ajuste ses lunettes et sort. Le velours rouge de son pantalon chuinte un peu comme il part vers la scène. « Trouver ma voix. » Dans la roulotte j’ai soudain froid. Quelques fantômes viennent de me caresser la nuque et je réalise tout ce que véhicule ce kid qui ne grandira plus. Ne vieillira pas non plus. Disparaîtra un jour. Dans la fumée d’une bougie africaine. Haiyo, Haiyo yah ! He no dead, he no dead, he no dead…


//gonzai.com/kid-congo-powers-l-a-confessionnal/





Kid Congo Powers sort une nouvelle vidéo,

alors on en a profité pour discuter avec lui
Pour leur nouveau clip, Kid Congo & The Pink Monkey Birds ont choisi le morceau-titre de leur dernier album, Haunted Head, sorti sur In The Red Records. La vidéo a été réalisée par Rob Parrish, le réalisateur de leur précédent clip, « Rare As The Yeti », et on peut y apercevoir tout un tas de figures de Washington DC, comme Ian Svenoinius, Victoria Gaitán, Alberto Gaitán, Ryan Hill, Baby Alcatraz, ainsi que le tout nouveau membre des Pink Monkey Birds, Mark Cisneros.
 
À l'âge de 9 ans, Kid Congo Powers avait déjà une visions très précise de ce que devait être le rock & roll. Il a aujourd'hui 53 ans et rien n'a changé de ce côté là : « Tu dois proposer quelque chose d'excitant aux gens. » C'est tellement simple que des tas d'abrutis passent à côté ou font semblant de ne pas comprendre. « Pas besoin d'être calé en musique. Il suffit de connaître les bons... trucs. » Quand Kid dit « trucs », il fait ce geste vague, qui renvoie au désir, à la chaleur, et à la possibilité d'une baise explosive.
Peu de personnes dans la scène rock peuvent se vanter d'avoir un CV aussi impressionnant que celui de Kid Congo. Ok, il y a bien deux ou trois abonnés aux super groupes pénibles des 70's, mais si on en avait vraiment quelque chose à foutre, on le saurait, pas vrai ? Le parcours de Kid est d'un tout autre niveau. Du Gun Club aux Cramps en passant par Fur Bible (très éphémère groupe goth fondé par Powers et Patricia Morrison, la bassiste des Sisters Of Mercy) et Nick Cave and the Bad Seeds (il joue sur The Good Son, qui est non seulement mon album préferé des Bad Seeds mais aussi le tout premier disque que j'ai acheté), sans oublier Congo Norvelle, The Knoxville Girls, et son groupe actuel The Pink Monkey Birds, Kid s'est imposé sur toutes les scènes musicales où les hommes portent des costumes de goût, où les femmes arborent d'amphigouriques crinières noires et où tout le monde prend des drogues dures jusqu'à ce que l'un d'entre eux meure, après quoi ils arrêtent la drogue mais continuent quand même à porter de chouettes costumes.
Kid Congo a grandi avec les disques que ses grandes soeurs écoutaient, comme  « Who Wears Short Shorts » ou la version Doo-Wop de Blue Moon. Powers—qui s'appelait alors encore Brian Tristan—voyait chaque week-end ses soeurs et ses cousins se préparer pour aller voir Thee Midniters, un groupe de garage chicano de Los Angeles qui chantait exclusivement en anglais. « La plupart des immigrés mexicains de ma génération ne parlent pas espagnol. Kiki (le bassiste des Pink Monkey Birds) est une exception, mais il vient du Texas, c'est normal. Alors que des mecs comme El Vez ne parlent pas un mot d'espagnol. Pareil pour Ritchie Valens, il chantait tout en phonétique. Les choses ont sans doute changé, mais dans les années 60, nos parents voulaient qu'on puisse totalement s'intègrer, contrairement à eux, qui sont arrivés ici sans connaître l'Angais et pour qui ça a été très difficile. »
Malgré le racisme latent et l'embargo des stations radio, Thee Midniters était LE groupe, et même si Kid ne savait pas exactement ce pourquoi sa famille passait autant de temps à se pomponner, il savait en revanche qu'il s'agissait de quelque chose dont il voulait clairement faire partie. Il a fini par voir les Midniters à 14 ans, après quoi il s'est mis à faire le mur plusieurs fois par semaine pour aller à l'English Disco, le club de Rodney Bingenheimer sur Sunset Boulevard (« C'était dément. Il y avait des tas de gamins de mon âge ! Ils se débrouillaient tous pour entrer dans les bars. ») et s'est finalement retrouvé à jouer avec le Gun Club et les Cramps.

Photo de Nick Zinner
J'ai demandé à Kid si le fait d'être Latino dans une scène majoritairement blanche lui avait posé problème et il m'a répondu que, tout comme le fait d'être gay, ce n'était vraiment un problème que lorsqu'il avait envie que ça en devienne un. « Le Gun Club, les Cramps, même les Bad Seeds : ce sont des groupes ouvertement sexuels. Il n'y avait donc pas de limites à ce niveau. Dans les premiers groupes punks de L.A., il n'y avait quasiment que des gays. Et on venait tous de la scène glam, où même les hétéros se comportaient de manière très efféminée, juste pour lever des nanas. Bowie, Lou Reed, tous ces mecs étaient hétéros mais ils jouaient à fond la carte de l'ambigüité sexuelle. Alors être gay ou pas n'était pas vraiment un souci. »
« Bien sûr, je suis devenu plus militant par la suite, mais je n'ai jamais mis ma sexualité en avant dans ma musique. Personne ne le faisait vraiment à l'époque... Pourtant, il n'y avait que des gays dans la scène de L.A.... Darby Crash, les Screamers, tout le monde savait qu'ils étaient gay et avec qui ils baisaient, mais les labels n'en parlaient pas, c'était un truc un peu tabou, tout comme le terme « punk » d'ailleurs. »
C'est avec Congo Norvell, un projet formé avec Sally Norvell, que Kid Congo Powers s'est mis à aborder le sujet de manière frontale, en parlant notamment des nouveaux problèmes liés au SIDA. « À l'époque, Diamanda Galas le faisait aussi, mais de manière hyper violente. C'était cool, mais avec Sally, on avait vraiment envie de faire ça de façon plus graçieuse. En mémoire de tous les amis que nous avions perdu. »
Congo Norvell ont signé sur Priority Records, se sont fait niquer par Priority Records et ont finalement quitté Priority Records. Kid a ensuite formé les Pink Monkey Birds, un groupe en forme d'hommage au rock New-Yorkais avec lequel il a grandi, des New York Dolls aux premières formations No Wave. Le projet a ensuite évolué vers quelque chose de nettement plus direct et agressif, sous l'impulsion du vieil ami de Kid, Jonathan Toubin, qui lui a présenté Kiki Solis, Ron Miller, et Jesse Roberts.

Photo de Nick Zinner
« Il m'a dit : Kid, ce dont tu as besoin c'est d'une paire de Texans dans ta section rythmique. Et il avait raison. Pendant des années, j'ai fait mon possible pour éviter de faire marche arrière, mais quand j'ai vu les Cramps sur leur dernière tournée, j'ai réalisé que c'était exactement ce dont j'avais besoin. Il fallait que j'arrête de me prendre la tête et que je redevienne moi-même. »
Évidemment, « redevenir soi-même » n'est pas forcément ce qu'il y a de plus facile quand on est considéré comme un des meilleurs guitaristes de la scène punk US et qu'on a appris à se saper en regardant Cruising, mais dans le cas de Kid, l'opération s'est avérée payante. Tous les disques de la seconde incarnation des Monkey Birds, sortis chez In The Red, souscrivent en effet à la règle Kid Congo Powers : c'est méchant, psychédélique, hyper camp et les gens peuvent danser dessus. En un mot : c'est foutrement excitant.  
Alors oui, les « poptivistes » du Monde Libre vous rappeleront que l'underground et la contre-culture n'existent plus et que le simple fait d'y faire allusion fait de vous un gros connard élitiste. Et ils auront sans doute raison. De toute façon, je ne sors pas suffisament de ma chambre pour savoir si c'est vrai ou pas. Mais j'aime à croire, dans mon inéffable naïveté, que le rock & roll tel que l'envisage et l'incarne Kid Congo Powers -un mélange de pop culture et de sophistication, un concept à la fois archaïque et sexy- est bien vivant et qu'on aura toujours envie d'y plonger plus profondément qu'ailleurs. Histoire d'en apprendre un peu plus sur les bons « trucs ».
 

Texte: Zachary Lipez
nov 6 2013

//noisey.vice.com/fr/blog/kid-congo-the-pink-monkey-birds-haunted-head-video-premiere





Kid Congo : l’enfant du rock
17/11/13,Nicolas Alsteen





Véritable légende vivante, Kid Congo a traversé l’histoire du rock comme un punk. Sauvage et iconoclaste, garant du slogan « No Future!  », l’artiste a grandi dans une famille d’immigrés mexicains à El Monte, une petite bourgade californienne. C’est là que son histoire d’amour avec le rock commence.

À cette époque, les gens l’appellent encore par son vrai nom (Brian Tristan) et le connaissent surtout comme le président local du fan club des Ramones. En 1979, il s’installe à Los Angeles et rencontre un certain Jeffrey Lee Pierce. Les deux garçons jouent de la guitare ensemble et décident de monter leur propre groupe. Baptisée The Gun Club, l’affaire va influencer plusieurs générations de rockeurs. Entre-temps, Brian Tristan s’en va chatouiller le rock’n’roll chez The Cramps, où il est surnommé Kid Congo Powers. Ce pseudo lui colle à la peau et va rester. Pour l’éternité. Fin des années 80, il décide de changer d’air et déménage en Europe, à Berlin. Il met alors l’électricité de sa six cordes au service de Nick Cave & The Bad Seeds.



À l’aube du nouveau millénaire, Kid Congo se la joue en solitaire. Signés sur la structure In The Red Records (Thee Oh Sees, Black Lips, The Strange Boys), ses albums cultivent sa science du rock garage et du punk et affirment une passion débordante pour les mélodies psychédéliques. Enregistré avec son groupe The Pink Monkey Birds, le récent Haunted Head s’en tire une fois encore avec gloire et honneur. À l’écart du monde et des logiques mercantiles du business musical, Kid Congo chante le rock comme un poète enragé. Un truc à voir au moins une fois dans sa vie.


//www.agendamagazine.be/en/blog/kid-congo-l-enfant-du-rock





Nuit boogaloo avec Kid Congo
Publié le 11/04/2013  par Joël Raffier


Avec Kid Congo, c’est une figure historique du rock 80-90 qui sera sur la scène du bootleg lundi soir à Bordeaux.

Nul ne sait à quoi ressemble « Haunted Head », le dernier enregistrement de Kid Congo and the Pink Monkey Birds, le sixième de sa carrière solo et le quatrième avec ce groupe impeccable. Il sortira dans les bacs lundi, jour même du passage du groupe au bootleg, nouvelle salle rock de Mériadeck.
Car on ne compte plus les collaborations de ce guitariste californien d’origine mexicaine dont la carrière commença comme président du fan-club des Ramones. Ensuite, il apprendra la guitare avec Jeffrey Lee Pierce et fondera avec lui le Gun Club, groupe culte des années 80 avec lequel Noir Désir avait donné une première partie mémorable à la salle du Grand Parc. On retrouvera ensuite Le Kid avec les Cramps et son bazar gothique de série Z et enfin avec les Bad Seeds de Nick Cave. Excusez du peu.
Le style antihéros
Le spectre du guitariste est large, du rock acide et dégingandé au rock intello en passant par une tendance auto parodique de bon aloi, Kid Congo a toujours influencé les groupes avec lesquels il a joué. Son jeu primitif, souvent en accord ouvert, n’est peut-être pas un parangon de technique pour les guitaristes en herbe mais il possède un je-ne-sais-quoi d’expressif, de primesautier et direct qui le rend reconnaissable et diablement efficace pour traduire en musique le cauchemar américain.
Boogaloo, vaudou, psyché, garage, le style des Pink Monkeys Birds n’est ni pas un souvenir du Gun Club, des Cramps et encore moins de Nick Cave and the Bad Seeds. Kid Congo chante lui-même avec une voix grave et dédaigneuse des histoires à cauchemarder debout et dont les titres n’ont généralement rien à voir avec ce qui est chanté. Parmi eux et à titre d’exemple on retiendra « The History of French Cuisine » qui à aucun moment n’évoque la blanquette de veau. Une blague Kid Congo ? Peut-être, mais avec du style et de la classe. Avec The Blacksheeps en 1ère partie.


//www.sudouest.fr/2013/04/11/nuit-boogaloo-avec-kid-congo-1021229-607.php






[Kid Congo and the Pink Monkey Birds] loud and good
Date : 16 avril 2013


 Si les deux groupes avaient bien insisté sur le devoir d’arriver tôt, il n’est que 20h40 lorsque les Magnetix arrivent sur la scène, mais le duo bordelais ne va pas mettre longtemps à se faire pardonner… En effet, si j’ai parfois eu la sensation, lors de précédentes prestations, d’un certain manque de « professionnalisme » (je m’entends, je ne demande pas à avoir Michel Sardou sur scène, mais quand même une certaine limite dans le bordel ambiant, et pas trop de je-m’en-foutisme…), ce soir j’aurais du mal à esquisser l’ombre d’une critique négative ! Pendant une grosse quarantaine de minutes, Looch Vibrato (guitare) et Aggy Sonora (batterie) vont nous offrir des pépites garage-punk bien calibrées, parsemées de larsens quand il le faut (OK, le larsen final est un poil long…), avec des paroles qu’on devine plus qu’on ne les comprend (on suppose qu’il y a un mélange de français et d’anglais), mais surtout une énergie maximale du début à la fin du set. Les titres s’enchaînent très rapidement, et sans à-coups, la batteuse est métronomique, et presque effacée dans son jeu, le guitariste aiguillonne le public sans excès, et les spectateurs se régalent, avec un son très propre et audible, ce qui doit aider à l’appréciation globale du concert… Au fil des titres, on croit reconnaître des accointances méritoires, au hasard du Cramps, ou du Dead Kennedys, mais cela reste léger, quelques sonorités éparses, il n’y a pas de pompage éhonté, ce sont plutôt des hommages discrets qui agitent les neurones des aficionados et permettent éventuellement de croire l’espace d’un instant à une reprise, ce qui ne sera jamais le cas, sauf erreur de ma part ! Alors effectivement, le dernier titre s’éternise un peu, on se demande si Looch tente de jouer de la guitare avec les dents (la scène est haute, mais s’il est au ras du sol, seuls les premiers rangs réussissent à deviner ce qu’il fait !), mais peu importe, cela n’aura été qu’une goutte d’incertitude dans un océan de plaisir sonore, sans aucune arrière-pensée, et c’est bien comme cela que l’on doit apprécier les Magnetix : à fond, et très bien !
 
Il n’y a guère le temps d’attendre, car un ¼ d’heure plus tard Kid Congo et ses Pink Monkey Birds sont déjà sur scène et entament un set totalement orienté sur le nouvel album, « Haunted Head », qui ne sortira que début mai… Mauvais timing donc, au moins en ce qui concerne le merchandising, car si l’album vaut les interprétations des titres ce soir, il sera à ranger dans les albums de l’année ! Après un lurch plutôt calme, dans une ambiance limite latino comme le Kid est capable de les gérer, on passe aux choses sérieuses, avec un killer diller dont le sens est très américain, puisqu’il s’agirait de mixer les histoires de Jerry Lee Lewis (le “Killer”) et de Phyllis Diller (actrice américaine), comme toujours Kid est très loquace au moment de présenter ses chansons, nouvelles ou anciennes, mais parfois on a du mal à suivre son débit et ses histoires un peu tirées par les cheveux... Les titres commencent à se durcir, on frôlera régulièrement le punk-garage, et le groupe qui accompagne est désormais totalement au point, il ne s’agit plus d’un backing band mais d’une vraie équipe, soudée, et diablement efficace ! Alors on enchaîne les nouveaux morceaux, l’instrumental the rad lord’s return est une suite (dans l’esprit, pas forcément dans le concret) de lord bloodbathington, le floor length hair qui est déjà un classique des concerts du groupe depuis longtemps (au moins les deux derniers, en août l’an passé et en décembre de l’année précédente), et on a quand même droit à un petite vieillerie, le she’s like heroin to me du Gun Club, dans une belle version qui m’évoque assez celle de Congo Norvell, et qui ravit le public, certains spectateurs partant de très loin pour aller pogotouiller dans la fosse... On revient à du nouveau, toujours aussi excitant, toujours bien amené par le discours du maître de cérémonie, et puis c’est une version méconnaissable du green fuz (Cramps), comme quoi le bonhomme est loin de se limiter à une copie des différents groupes auxquels il a collaboré ! Une anecdote hilarante sur Sky Saxon pour introduire la reprise du lose your mind (the Seeds), et on continue d’alterner les nouveautés (le single conjure man, dont je n’avais même pas entendu parler...) et les pépites anciennes (jack on fire, du Gun Club), mais cela importe finalement peu au public, qui engrange et dévore avec avidité toutes ces bonnes choses. Histoire de ne pas oublier ses propres compositions des précédents albums, Kid Congo enchaîne 3 titres devenus classiques (rare as the yeti, bubble trouble, lsdc) en guise de cerise sur le gâteau, avant de quitter la scène après une grosse heure de set, sous les applaudissements pour le moins nourris de spectateurs qui en attendent encore plus !
Alors le groupe ne nous fait pas mariner, il revient très vite pour deux reprises (eh oui, encore, mais qu’est-ce que ça fait du bien !), l’une des Cramps, l’autre du Gun Club, les deux faisant partie des incontournables des set-lists du groupe depuis très longtemps, et les lumières peuvent enfin se rallumer pour permettre à tout un chacun de sortir respirer (il commence à faire bien chaud) ou fumer... Patatras ! Puisqu’il s’agit de la dernière date de la tournée, que les tenanciers du lieu l’acceptent, et qu’il s’agit de finir encore plus en beauté, c’est un second rappel qui nous est offert, avec en version instrumentale très allongée le mother of earth (Gun Club), auquel s’amarre une extraordinaire version  de la historia de un amor, c’est l’apothéose, et si finalement le tout n’aura duré qu’un peu plus d’1h22, personne ne hurlera au scandale, le groupe a tout donné, et dès que le set est définitivement terminé, on peut retrouver Kid Congo et ses musiciens au merchandising, prêts à autographer, discuter, rire, boire, bref toujours aussi disponibles et sympas avec des spectateurs qui ont les yeux tout émoustillés, comme après chaque prestation des Américains. Et maintenant, il ne reste plus qu’à attendre la sortie du nouvel opus, et surtout la prochaine tournée européenne du groupe, bien entendu !


//matttbrrr.canalblog.com/archives/2013/04/16/27126170.html










































































20/02/2014
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