Alain YVER

Alain YVER

KOOL SHEN

KOOL SHEN








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http://www.purepeople.com/people/kool-shen_p558/articles/1

http://mcetv.fr/mon-mag/2301-interview-kool-shen%C2%A0-de-la-scene-au-poker






Kool Shen, de son vrai nom Bruno Lopes (alias « la caisse claire » en duo avec JoeyStarr), né le 9 février 19661 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est un rappeur, breaker, graffeur, acteur et joueur de poker français d'origine portugaise, co-fondateur de Suprême NTM. Il fait partie des figures majeures du rap français.

Biographie
Son premier amour est le football au point de se voir proposer l'entrée au centre de formation du RC Lens à l'âge de 14 ans2. Proposition qu'il décline au profit de sa nouvelle passion, le mouvement hip-hop alors tout juste balbutiant en France3.
Sa plume a contribué à faire du Suprême NTM un duo détonnant, contrastant avec l'énergie plus brute de son acolyte JoeyStarr. Mélancolique, lyrique, sensible et poétique, résolument engagé dans ses textes, il est aussi une référence en matière de flow hip-hop en langue française, hypnotisant, rapide, technique, funky (L'argent pourrit les gens, 93… J'appuie sur la gâchette, Dans le vent, Police, Come again, That's my people, Odeurs de soufre, Laisse pas traîner ton fils, …).
Après avoir soutenu la marque Com8 de son ex-complice de NTM JoeyStarr, il lance sa propre marque de street-wear aujourd'hui disparue (2 High).
Il sort au printemps 2004 (19 avril 2004) un album solo intitulé Dernier Round (meilleure vente rap 2004 en France avec 220 000 exemplaires vendus4), son premier album solo avant de mettre (officiellement) un terme à sa carrière en tant que rappeur. Sur cet album, Kool Shen rend hommage à Virginie Sullé, alias Lady V (qui a été sa femme durant dix ans) dans le titre Un ange dans le ciel. Il rencontre un vif succès grâce à ce hit, qui fut beaucoup diffusé à la radio.
Avant de tirer sa révérence, la face sombre de NTM, comme il se définit lui-même, sort un mini-album avec un morceau en featuring avec Rohff et Dadoo, L'Avenir est à nous.
Kool Shen préfère alors se consacrer entièrement à son label, IV My People en tant que producteur, label qui a déjà vu naître des artistes comme Busta Flex, Serum, les premiers solos d'artistes confirmés (Zoxea), ou encore l'américaine Toy et dernièrement, Les Spécialistes.
Il donne le vendredi 22 avril 2005 un concert d'adieu dans un Zénith de Paris tout acquis à sa cause. Il sortira un CD/DVD de ce concert intitulé Dernier Round au Zénith.
Parallèlement, il continue cependant de signer des featurings sur les albums d'autres rappeurs.
Après la sortie de la compilation IV My People Mission, le label IV My People et sa marque Street Wear « 2 High » déposent le bilan et le collectif éclate. Il arrivera quand même à faire signer Salif, Jeff Le Nerf et lui-même chez AZ, le label de Valery Zeitoun. Pour ce qui est des autres, Serum, Toy, rien n'est précisé, probablement en indépendant.
Conjointement avec son ancien complice JoeyStarr, il annonce officiellement le 13 mars 2008 sur le plateau du Grand Journal de Michel Denisot la reformation du groupe Suprême NTM, figure de proue du rap français des années 1990 dissoute en 1998 ; réunion qui se matérialise par une série de concerts qui se tiendront au Palais omnisports de Paris-Bercy les 18, 19,20,22 et 23 septembre 20085.
En avril 2009, il annonce son grand retour en solo avec un teaser où on le voit incarner un boxeur. Alors que certains s'attendaient à un nouvel opus du Suprême NTM, à quarante-trois ans, Kool Shen est de nouveau prêt à enfiler les gants pour un « nouveau massacre ». Il se prépare pour ce come-back avec son ami Fabrice Allouche, préparateur physique depuis la tournée NTM. L'album Crise de conscience sort le 2 novembre 2009. Il comporte quinze titres avec en featuring JoeyStarr, Jeff Le Nerf, J.Mi Sissoko, Salif, Blacko. À l'occasion de la sortie de cet album, Kool Shen tente un coup marketing en devenant le sponsor maillot de l'Olympique lyonnais pour le match entre l'Olympique lyonnais et l'Olympique de Marseille6.
Carrière de joueur de poker
Parallèlement à sa carrière musicale, il se consacre également au poker de haut niveau. Il a été sponsorisé par PokerStars sur plusieurs tournois, et a rejoint en 2010 l'équipe Poker-Leader. Il est depuis le 25 Novembre 2012 sponsorisé pas le team Winamax.
Considéré comme l'un des meilleurs joueurs français de tournois[réf. nécessaire] de No Limit Hold'em en tournois il a plusieurs succès à son palmarès. Il à atteint 5 fois les places payés lors d'un European Poker Tour, sa meilleure performance étant une 4ème place à Madrid en mars 2012 pour un gain de 140 000€. Il compte également de nombreuses places payés sur des WPT et des WSOP, ainsi que des victoires prestigieuses : vainqueur du Main Event des EFOP 2012 (5000€ Diamond Championship) à l'aviation Club de France le 29 janvier 2012 pour 100 000€, Vainqueur du WPT National Séries Cannes le 4 juin 2012 POUR 108 000€.
Ses gains en tournois live s'élèvent à plus de 740 000 dollars.
Discographie
Solo
    •    2004 : Dernier Round
    •    2005 : L'avenir est à nous (maxi avec Rohff et Dadoo)
    •    2005 : Dernier Round au Zénith (live)
    •    2009 : Crise de conscience
Avec le Suprême NTM
    •    1991 : Authentik
    •    1993 : 1993... J'appuie sur la gâchette
    •    1995 : Paris sous les bombes
    •    1995 : NTM Live (maxi 5 titres)
    •    1998 : Suprême NTM
    •    1998 : 93 Party (maxi 6 titres)
    •    2000 : NTM Live... du Monde de demain à Pose ton gun (live)
    •    2001 : NTM - Le Clash
    •    2007 : Best Of
    •    2009 : On est encore là - Bercy 2008 (live)
Avec IV My People
    •    2000 : Certifié conforme
    •    2002 : IV My People Zone
    •    2006 : IV My People Mission (avec Orishas, IV My People et Salif)

suite ici
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kool_Shen







J’ai visité la roulotte belge de Kool Shen
20/10/2012 |
 
Un entrepôt de Laeken, l’un des quartiers de Bruxelles. À l’intérieur une roulotte, celle de Kool Shen. Confortable, la roulotte : un chauffage d’appoint, un lavabo avec tout ce qu’il faut pour se faire un thé vert, un coin privatif et dans le fond, un canapé coolos. Vous vous demandez ce que fiche Kool Shen dans une roulotte, et encore plus en Belgique. Non, il ne s’est pas exilé fiscalement après une paupérisation relative qui aurait suivi la mise en sommeil de NTM.
Si Kool Shen est à Laeken, et dans cette sorte de mobil-home, c’est qu’il tourne dans le prochain film de Catherine Breillat, qu’il est l’un des premiers rôles, et qu’il dispose de ce qu’on appelle, dans le cinoche, “une loge”. Kool Shen acteur donc, et dans le rôle de Vilko Piran, personnage librement inspiré de Christophe Rocancourt pour un long métrage, Abus de faiblesse, tout autant inspiré de l’histoire de Catherine Breillat – dont le rôle est tenu, dans le film, par Isabelle Huppert.
“Je ne pensais jamais me retrouver au cinéma, à part une apparition dans La Beuze, tu vois, j’avais pas grand-chose sous le coude. Quand Catherine Breillat m’a proposé le rôle, j’ai hésité puis je me suis lancé.”
Comme son compère Joey Starr, Kool Shen découvre les plateaux de tournages. “Les gens sont gentils avec moi. C’est vraiment différent des tournées où c’était plus dur : non, c’est vrai qu’on était NTM aussi, on cherchait les crosses.” Breillat ? “Je n’ai vu aucun de ses films, je ne suis pas très cinéphile. Mais j’aime le personnage, son vécu, on passe beaucoup de temps à discuter. Je crois que ça la fait rigoler que je sois professionnel au poker (Kool Shen est désormais l’un des meilleurs joueurs français – ndlr). Pour la charrier, je lui dis qu’à cause de son tournage, j’ai raté les Championnats du monde à Cannes.”
Huppert ? “Je prends des leçons. Pour moi, c’est vraiment un autre métier, je repars de zéro, et c’est une chance de pouvoir commencer face à Isabelle Huppert.”
Quelques heures auparavant, on nous a autorisé à assister à une scène entre Huppert et Kool Shen. Une scène assez bouleversante. Kool Shen, à l’aise et en hoodie donne le change à l’actrice, au sommet de son art. Dans sa roulotte, l’ex-futur NTM-le-retour évoque ce moment. “Il faut voir ce qu’elle donne sur certaines scènes. Elle arrive à une sorte de lâcher prise complètement dingue. Là, sur cette scène, elle m’a sidéré. Je ne sais pas si je peux arriver à ce genre de chose. Je pense que ça n’est pas donné à tout le monde.”
Que savent ses deux collègues de travail sur le passé de rappeur de Kool Shen ? “Franchement, Isabelle pas grand-chose. Même rien, j’en suis presque sûr. Catherine, elle, a dû écouter des trucs pour le film.” D’autres films en perspective ? “J’ai envie, j’y prends goût. J’ai un projet qui pourrait arriver, un road-movie.” Un pied dans la grande famille du cinéma, quoi ?
“Non, je ne pense pas, dans le hip-hop, j’étais déjà loin des familles. Les César tout ça, c’est pas mon truc”, conclut Kool Shen, qui n’a pas encore fini son premier film.
par Pierre Siankowski







Kool shen en plein Abus de faiblesse !
le 22 Octobre 2012  par Aros .
Kool shen en plein Abus de faiblesse !

Donne ton avis sur la news.
Kool shen ne se contente pas de posséder l'un des plus gros CV de l'histoire du rap français. L'ancienne moitié de NTM est devenu l'un des meilleurs joueurs de poker français et tourne actuellement son premier long métrage.
Bruno Lopes (son vrai nom) fait partie du casting du prochain film de Catherine Breillat, intitulé Abus de faiblesse. Il y incarne Vilko Piran, personnage inspiré du célèbre escroc Christophe Rocancourt. C'est avec Isabelle Huppert, l'une des plus grandes actrices de l'Hexagone, que Kool shen partage l'affiche.
Le film est adapté d'un livre du même nom, sorti lors de l'année 2009. Il est inspiré de la mésaventure de Catherine Breillat, victime d'une escroquerie de la part de Christophe Rocancourt qui, profitant de son handicap et de sa faiblesse, lui aurait soutiré des chèques pour plus de 850 000 euros.
« J'ai hésité puis je me suis lancé »
« Je ne pensais jamais me retrouver au cinéma, à part une apparition dans La Beuze, tu vois, j’avais pas grand-chose sous le coude. Quand Catherine Breillat m’a proposé le rôle, j’ai hésité puis je me suis lancé », a-t-il expliqué lors d'un entretien accordé aux Inrocks. Il s'agit donc d'un nouveau défi pour l'ancien boss du label IV my people, qui est également apparu dans Old School (2000), Le cercle de la haine (2003) ou encore Au petit matin (2005).
Son « collègue » Joey starr s'est aussi essayé au septième art dès le début des années 2000. Aujourd'hui, il est l'un des acteurs français les plus bankable. A l'instar du Jaguar, serait-t-il tenté d'intégrer la grande famille du cinéma ? « Non, je ne pense pas, dans le hip-hop, j’étais déjà loin des familles. Les César tout ça, c’est pas mon truc », rétorque-t-il. Reste maintenant à savoir si Kool shen reprendra un jour sa carrière de rappeur. Son dernier album, Crise de conscience (sorti en 2009), avait été un demi-échec commercial.







Kool Shen :
 "Je suis un peu une mère juive avec mon fils de 6 ans"...

Alors qu'il fait paraître aujourd'hui même un nouvel album qu'on pensait ne jamais entendre pour cause de retraite, et que son sulfureux complice JoeyStarr devrait sortir aujourd'hui de prison, Bruno Lopes alias Kool Shen, 42 ans, fait le point dans une interview accordée au Parisien.
Evidemment interrogé sur la détention de son binôme du Suprême, condamné au début de l'été dernier à deux ans de prison, dont 6 mois ferme, le rappeur de Saint-Denis, qui dit ne pas s'être rendu au parloir mais correspondre avec JoeyStarr (lequel "va bien"), donne sa vision des choses : "J'ai pensé plus à lui et à ses deux gosses qu'aux concerts. Joey, c'est un sanguin. Il descend chercher des clopes à 5 heures du mat. Il est en tongs et en jogging. Il y a des mecs bourrés qui se foutent de sa gueule : "Oh Joeystarr en pyjama". Il se met devant leur voiture pour pas qu'ils partent. Il roule sur le capot, remonte chez lui et va chercher un hachoir. Et voilà."
Un côté sanguin également en exergue dans les retrouvailles de NTM, lorsque, après avoir livré une autobiographie mal reçue ("Joey avait dit des saloperies sur moi") par Kool Shen, JoeyStarr avait fait, à sa façon, amende honorable : "Tu sais bien que je suis le champion du monde de la connerie", avait-il déclaré à son acolyte.
Ce dernier, de retour dans les bacs avec Crise de conscience, appuyé par deux singles vindicatifs (J'reviens et C'est bouillant), rappelle qu'il avait raccroché pour se consacrer au label qu'il avait fondé (IV My People) : "En 2006, on a dû fermer pour des raisons économiques et je me suis remis à faire un disque".
Avec la sortie de prison de JoeyStarr, l'heure est à l'évocation de l'avenir de NTM. Et, malgré les dernières semaines un peu épineuses imposées par les frasques de JoyStarr à Kool Shen, qui a dû donner des concerts "gratuits" en solo pour éponger les pénalités du groupe pour les festivals victimes du désistement forcé de NTM, Bruno et Didier risquent fort de reprendre le micro ensemble : "J'ai adoré la tournée, les concerts. Si on nous repropose des dates, je suis prêt. On va en discuter quand Joey sortira".
Indulgent envers son partenaire ("Moi-même j'ai eu des problèmes avec la justice. J'ai vécu 38 ans au même endroit, toutes mes relations sont des mecs de banlieue et forcément certains font autre chose que de la musique"), Bruno Lopes concède finalement que la paternité l'a transformé : "Je suis un peu une mère juive avec lui [son fils de 6 ans] ! Sa maman travaille beaucoup, elle est danseuse, et moi j'écris à la maison donc je vais le conduire et le rechercher à l'école. Il m'a appris à prendre du recul, à tempérer ma colère".







Il avait dit adieu. En 2005, Kool Shen avait tiré sa révérence sur la scène du Zénith. « Ah bon, j’ai dit ça ? » balance-t-il rigolard alors qu’est sorti son… nouvel album, « Crise de conscience ».
La moitié de NTM revient effectivement avec un disque percutant et responsable. A 42 ans, Bruno Lopes est devenu papa gâteau, a retrouvé son compagnon de route JoeyStarr, mais conserve sa libre parole.   
Pourquoi être revenu après avoir dit adieu ?
Kool Shen. J’avais créé mon label, IV My People. Je m’occupais aussi bien de l’artistique que du fonctionnement de la boîte. Je n’avais plus le temps d’écrire, donc j’ai arrêté. Et puis en 2006, on a dû fermer pour des raisons économiques et je me suis remis à faire un disque.
C’est pour cela que vous avez reformé NTM, pour l’argent ?
Pas du tout. Même si ce n’est pas scandaleux d’être payé pour faire des concerts.
Pourtant vous refusiez cette reformation…
Oui, j’avais fermé la porte parce que Joey avait dit des saloperies sur moi dans son autobiographie. C’est notre manageur qui nous a réunis dans un restaurant. Je lui ai tout de suite dit : « Je ne comprends pas pourquoi tu veux rechanter avec moi avec ce que tu as écrit. » Il m’a répondu : « Tu sais bien que je suis le champion du monde de la connerie. »
A Bercy vous avez attiré le Tout-Paris. NTM est-il devenu un phénomène bobo ?
C’est tout ce que je fuis. Je ne connaissais même pas certains invités. Clotilde Courau, je ne savais pas qui c’était. En revanche, quelqu’un comme Obispo, il est fan depuis le début. Il a même voulu reprendre « J’appuie sur la gâchette » au piano en 1993. Avant de le connaître, on lui aurait plutôt tiré les cheveux !
NTM a dû annuler la fin de sa tournée à cause de la condamnation de JoeyStarr à six mois de prison ferme pour violences. Comment avez-vous réagi ?
J’ai pensé plus à lui et à ses deux gosses qu’aux concerts. Joey, c’est un sanguin. Il descend chercher des clopes à 5 heures. Il est en tongs et en jogging. Il y a des mecs bourrés qui se foutent de sa gueule : « Oh JoeyStarr en pyjama. » Il se met devant leur voiture pour pas qu’ils partent. Il roule sur le capot, remonte chez lui et va chercher un hachoir. Et voilà.
Quelles ont été les conséquences pour le groupe ?
Cela a coûté très cher. Les assurances ne prennent rien en charge dans ces cas-là. Cela a été un manque à gagner important (NDLR : selon nos informations, NTM était payé 150 000 € par festival).
J’ai fait des concerts en solo gratuitement pour juste payer les pénalités d’annulation, et encore cela n’a pas tout remboursé.
Vous êtes allé voir JoeyStarr en prison ?
Non. J’ai fait huit ans de parloir avec un ami qui vient de sortir. Je n’avais pas envie de recommencer. On s’écrit, il va bien. Il doit sortir ces jours-ci.
Vous êtes prêts à continuer NTM ?
Oui, j’ai adoré la tournée, les concerts. Si on nous repropose des dates, je suis prêt. On va en discuter quand Joey sortira.
Ses déboires donnent du grain à moudre aux anti-rap…
Il y a plus de dérapages qu’ailleurs parce que les milieux sociaux sont compliqués. Moi-même j’ai eu des problèmes avec la justice. J’ai vécu trente-huit ans au même endroit. Toutes mes relations sont des mecs de banlieue et forcément certains font autre chose que de la musique.
Votre fils de 6 ans vous tempère ?
Oui, je suis un peu une mère juive avec lui ! Sa maman travaille beaucoup, elle est danseuse, et moi j’écris à la maison donc je vais le conduire et le rechercher à l’école. Il m’a appris à prendre du recul, à contrôler ma colère.
Source : Le Parisien








Kool Shen - Interview
Krinein 11/05/2004 Interview Shen (Kool) - Interview
par Toma
 
A l'occasion de son passage à la coopérative de mai à Clermont Ferrand, Krinein a interviewé Kool Shen. Prévu à 18h, notre interview sera légèrement décalée. Pour s'excuser les membres de l'équipe IV my people nous permettent d'assister aux balances. C'est plus qu'original de voir un artiste sur scène, dans les mêmes conditions que le concert, mais devant une salle totalement vide. C'est aussi l'occasion de découvrir un Kool Shen ultra perfectionniste à l'affût du moindre larsen. Nous entendrons 5 fois de suite la même chanson avant que cette séance de réglages se termine. Nous montons ensuite dans les loges de la coopé pour commencer notre entrevue. Kool Shen, nous met très rapidement à l'aise et nous voici parti pour un quart d'heure d'interview.
Krinein : C'est un nouvel album pour vous mais c'est surtout votre premier album solo. Comment vous est venue l'envie de le faire ? C'était quelque chose que vous aviez prévu depuis longtemps ?
Kool Shen : Non, c'était je vais pas dire un concours de circonstances mais disons que depuis qu'on a fini avec NTM en 98, on a monté IV my peoples. Le premier but c'était de sortir des nouveaux artistes sur des nouveaux albums. C'est ce qu'on a fait avec des artistes comme Busta Flex par l'intermédiaire de WEA. Quand on est sorti vraiment en indépendant on a sorti Salif, Serum, là on est en train de travailler l'album de Toy. On a fait des projets collectifs, on a sorti une compile qui s'appelle Certifié Conforme, un album collectif qui s'appelait IV my peoples Zone et pendant ce temps là moi j'écrivais des trucs de mon coté et y'à un moment donné j'avais suffisamment de matière et je me suis dit : bon je vais vraiment me concentrer sur mon album solo. Ça n'a pas été après l'album d'NTM un truc du genre « maintenant il faut que je me concentre sur mon album solo ».
Krinein : Donc sur l'album il y a certains titres qui sont assez anciens ?
Kool Shen : Oui tout à fait, il y en a qui date de 2000.
Krinein : Comment s'est déroulée la création de l'album ? C'est un album solo mais vous n'avez sûrement pas dû le faire tout seul dans votre coin !
Kool Shen : Ben un peu à vrai dire. De toutes façons à la limite moi, toutes ces années, j'écrivais tout seul dans mon coin. Après il se trouve que quand on est en studio t'as des personnes de IV my People qui passent de temps en temps comme Zoxea, Serum ou Toy, y'a aussi des potes, pas que des gens de IV my peoples. Mais en réalité t'es un peu tout seul dans ton coin. La conception de l'album je l'ai faite tout seul.
Krinein : Ça fait une grande différence par rapport aux albums d'NTM où vous étiez 2 ?
Kool Shen : Ben ouais t'as personne, t'as pas ton pote que tu peux appeler et à qui tu dis : voilà j'ai écris ça, qu'est-ce que t'en penses ? Pis là il peut te donner une bonne idée et ça te fait rebondir. Là t'es vraiment seul.
Krinein : Ça permet aussi d'être plus libre dans la création !
Kool Shen : Ouais mais en même temps avec NTM on était très libre. Quand il y avait un thème sur lequel y'en avait un qui avait pas trop envie d'écrire, on faisait des solos. J'ai fait That's my peoples, c'est un titre solo. Sur le dernier album d'NTM Joey a fait Je vis juste. On a toujours fait des épopées un peu solos même à l'intérieur d'NTM. Y'avait déjà une totale liberté. Maintenant peut être que pour des trucs vraiment personnels là j'ai pus les mettre en avant alors que sur NTM ça n'avait pas lieu d'être.
Krinein : Le fait d'être signé sur votre propre label élargi encore cette liberté.
Kool Shen : On était au contrôle de tout de a à z.
Krinein : Déjà à l'époque ?
Kool Shen : Ouais même chez Epic. C'est nous qui nous occupions des pochettes, des visuels, des clips, de la production, c'est nous qui choisissions notre mixer,...
Après Epic c'est une équipe de promotion, de marketing, c'est une grosse machine derrière. Mais sinon artistiquement on avait une liberté totale déjà chez Epic donc pour IV my People ça change pas.
Krinein : D'ailleurs c'est quoi votre rôle au sein de IV my People ? J'ai lu que vous étiez directeur artistique mais concrètement ça consiste en quoi ?
Kool Shen : Ça consiste à repérer des artistes entre guillemets qui m'intéressent, et d'essayer de déceler des gens qui sont capables de faire une carrière même si tu sais pas la première fois que tu le vois. Mais en tous cas essayer de pas signer des gens qui font un morceau qui marche bien et qui sont pas capables de faire d'autres trucs derrière. Si un mec te ramène 5 morceaux et que c'est 5 fois le même tu sens vite que ça va tourner en rond. En gros c'est essayer de déceler en très peu de temps et avec peu d'informations quelqu'un qui est capable de faire du hip hop pendant un bout de temps.
Krinein : Et vous intervenez beaucoup dans la production même ?
Kool Shen : Ouais, j'ai forcément le nez partout. J'ai pas que le rôle d'un directeur artistique et j'ai pas non plus vraiment entièrement le rôle d'un DA. Un vrai DA il va vraiment intervenir. Enfin en même temps il va intervenir sur les groupes qui n'ont pas vraiment d'identité. Notre DA par exemple on l'a jamais vu avec NTM. On n'a jamais eu personne en studio avec nous qui donnait son avis sur les trucs qu'on avait à faire. Mais moi je dois aussi aller au bureau, m'informer des budgets des choses comme ça donc c'est encore une autre partie. J'ai pas un rôle fixe et à plein temps tu vois. Je suis les projets du début jusqu'à la fin mais un peu de loin. Je suis pas constamment avec les artistes en train de leur dire « fais ci fais ça ». Quand tu signes un artiste t'es content quand c'est vraiment un artiste qui sait où il va et à qui t'as pas besoin de dire ce qu'il doit faire.
Krinein : Vous essayer d'éviter de faire ce que vous n'aimeriez pas avoir : quelqu'un trop derrière votre dos.
Kool Shen : Voilà on essaye. Après comme tout le monde on est là on donne des conseils comme je te disais. Quand Alcide H et Dany Boos (qui forment le groupe SERUM ndlr) passent en studio ils vont me dire la même chose que moi quand c'est leur album. « Voilà moi j'aime pas trop ci, ça, ça je trouve que ça manque d'énergie, ça je trouve ça trop mou,... ». Voilà tu donnes des conseils.
Krinein : Vous avez été impliqué dans le travail graphique de la pochette de l'album, avec les textes qui sortent de vos mains ?
Kool Shen : Ouais. On l'a fait ensemble moi et un mec de IV my people qui vient du graffiti et qui s'appelle Nosé. Il a niqué la France un peu partout à coups de graffiti et maintenant il bosse pour la marque 2 High. Et il fait aussi les visuels des différents albums IV my people. On se connaît très bien, il connaît mon univers. On a fait une séance photo pis cette photo m'a plu donc on l'a gardée pis on l'a travaillée. Et puis comme j'aime bien la calligraphie voilà. C'est mon écriture d'ailleurs sur la pochette.
Krinein : En ce qui concerne le titre de votre album Dernier Round. Il fait clairement référence aux albums d'avant, les Clashs entre IV my People et Boss. Le fait que ce soit le dernier round signifie-t-il que vous vouliez faire une rupture avec le passé ?
Kool Shen : C'était pas de ce but là mais je trouvais que ça fonctionnait bien avec les albums du Clash. Et puis y'a un morceau qui s'appelle Dernier Round avec Oxmo Puccino qui est le dernier titre de mon album. Ce morceau dit qu'il faut faire comme si c'était le dernier round parce qu'on sait pas ce qui va se passer demain donc il faut vivre la vie à plein temps. C'est ce que ça dit, c'est ce qui transpire de mon album. Un côté un peu urgence pessimiste. Je trouvais que ça résumait bien l'album en fait.
Krinein : Le concept même de « Round » fait directement référence à la boxe. Ça vous plait cet esprit boxe, battle,... ?
Kool Shen : Oui tout à fait le coté challenge, compète. Nous on toujours vécu ça un peu comme une compète donc ouais. Déjà à la base, même entre nous, on était associés, mais au moment où on passait derrière le micro, on essayait de faire mieux que l'autre.
Krinein : C'est peut être après ce qui vous a donné envie de faire les albums Clash justement. En fait on a l'impression qu'il y a toujours eu une continuité : NTM, les Clash et maintenant Dernier Round...
Kool Shen : Oui mais moi j'avais envie de garder l'esprit NTM dans ce que j'ai fait. De toutes façons je sais pas faire autres choses donc ça se ressent. Même si c'est un album solo je me sens pas tellement différent quand je rappe en solo que quand je rappait avec mon collègue.
Krinein : D'un point de vue Artiste, « Directeur artistique » et tout simplement internaute, que pensez-vous du téléchargement ? Le format DVD+ de votre album c'était pour limiter un peu le piratage ?
Kool Shen : Même pas à la base je te jure. C'est juste qu'aujourd'hui y'a moyen avec les nouvelles technologies d'avoir sur le même disque un côté audio et un côté vidéo pour le même prix. Mon CD il est pas plus cher qu'un autre CD donc tant qu'à faire autant donner aux gens un peu plus. Parce que je trouve que les disques sont trop chers par exemple, tu vois. La TVA, c'est pas normal, elle est à 5,5 sur les livres et sur les CDs c'est pas la même chose. Je trouve ça problématique. Donc si on a l'occasion de donner plus, que ça nous coûte pas plus et que ça revient pas plus cher au client c'est l'idéal pour tout le monde.
Après pour l'histoire du téléchargement il faudrait vraiment qu'il y ait une législation, quelque chose qui régit un peu l'histoire pour que les producteurs et les artistes puisse toucher des sous quand on télécharge leurs morceaux, ce que je trouve assez normal.
Krinein : Mais en même temps ça permet de découvrir des artistes inconnus ?
Kool Shen : Si on disait je les découvre et après je vais l'acheter je veux bien mais vas-y c'est quoi le pourcentage des gens qui découvrent et qui vont l'acheter. Celui qui l'a téléchargé et qui l'a chez lui, tu vas pas me dire qui va au magasin pour acheter le truc. Ok découvrons mais téléchargeons pas ! On peut écouter, pourquoi tu télécharges ? Parce que je la connais la rengaine : C'est une façon de découvrir. Ben alors découvre, écoute chez toi pis tu vas au magasin pour acheter le disque. Mais c'est pas le cas. A un moment donné on va pas se voiler la face, si tout le monde ou une grosse partie des gens téléchargent ben la musique elle va mourir.
Krinein : En parlant de musique qui va mourir, on entend beaucoup aujourd'hui que le rap français est mort, qu'il n'y a plus de vrai rap français. Qu'est ce que vous pensez du rap tel qu'on l'entend aujourd'hui sur les radios ?
Kool Shen : Moi je peux pas généraliser, c'est trop compliqué de dire « Le rap ».
Krinein : Non mais disons qu'on va avoir d'un côté les groupes vachement commercialisés et de l'autre des groupes comme par exemple La Rumeur, avec les problèmes qu'on leurs connaît avec Skyrock ou le ministère de l'intérieur. Qu'est ce que vous pensez de groupes comme ça qui s'oppose plus ou moins à Skyrock par exemple ?
Kool Shen : Je pense que c'est aussi parce qu'ils passent pas sur Skyrock qu'ils s'opposent à Skyrock. Maintenant si tu veux mon avis sur la politique de Skyrock je la trouve pas une seconde hip hop malheureusement. C'est un diffuseur de peura mais bon...
Y'a encore 4, 5 ans y'avait certains trucs qui étaient pas acceptables mais maintenant c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres. Aujourd'hui c'est du n'importe quoi.
Maintenant on connaît les médias, s'ils veulent toucher plus de monde et c'est ce que veut faire Skyrock, ils veulent concurrencer avec NRJ. Donc y'a un moment donné où c'est plus du tout hip hop. Je sais pas si ça l'a été vraiment un jour en tous cas ça l'est vraiment plus aujourd'hui. Ouais c'est un problème parce que c'est le seul diffuseur de peura en tous cas au niveau national.
Krinein : Parce que pour vous c'est vraiment l'élément marketing majeur pour la promotion d'un album...
Kool Shen : C'est quasi incontournable. Enfin t'as La Rumeur qui fait sans Skyrock par exemple, mais ça se ressent dans les ventes.
Krinein : On peut donc y arriver par une autre voie. On peut contourner Skyrock quand même...
Kool Shen : Ils passent pas par une autre voie La Rumeur. Ils sont pas joués par Skyrock c'est tout. Tout le monde se débrouille aussi sans Skyrock. J'ai commencé en 88 à péra et Skyrock a commencé à nous diffuser en 95 donc j'ai fait 7 ans sans Skyrock. On peut vivre sans Skyrock.
Krinein : Oui mais en terme de vente de disques...
Kool Shen : Enfin tu vois faut pas se leurrer non plus. Je suis pas en train de critiquer La Rumeur, je suis en train de te dire qu'ils font différemment mais qu'ils ne vendent pas de disque. Un peu, mais pas suffisamment pour vivre quoi. Donc c'est compliqué et de toutes façons, t'as pas d'autres solutions que de faire comme ça. Pas besoin de parler de La Rumeur, Serum ils passent pas sur Skyrock. Ben qu'est-ce qu'ils font, ils font des tournées. Ils ont fait 25 dates avant de faire ma tournée. On fait tous la même chose quand y'a pas Skyrock, on va pas leur donner une médaille non plus à La Rumeur.
Krinein : Merci d'avoir pris du temps pour Krinein.
Kool Shen : Pas de problème, c'est cool.

Nous remercions vivement Kool Shen ainsi que tous les membres de son équipe qui se sont occupés de nous pour que cette interview se déroule dans les meilleures conditions.
TOMA






Interview Kool Shen

Figure historique du rap français, auteur d'un premier album solo intitulé "Dernier Round" et sorti sur son label IV My People, Kool Shen revient sur son parcours, son investissement dans le rap et sa structure. Il se livre avec simplicité, assumant les critiques de la nouvelle et l'ancienne génération sans oublier de rafraîchir les mémoires.
12/05/2004 | Propos recueillis par Nicobbl avec Greg
    
Abcdr : Après plus de 20 années passées dans le rap, comment juges-tu son évolution en France et quel regard portes-tu sur son état actuel ? 

Kool Shen : Il y a une quinzaine d'années deux disques de rap sortaient par an, et encore si c'est pas deux tous les deux ans. Aujourd'hui, il y a entre 50 et 80 albums qui doivent sortir par an. Les gens rappent mieux que ce qu'on pouvait faire il y a une quinzaine d'années, les productions sonnent aussi beaucoup mieux. C'était logique vu qu'on avait de grosses lacunes dans de nombreux paramètres. Donc voilà, je considère que si on prend l'état général des choses, il faut reconnaître que cela a avancé. Aujourd'hui il y a des diffuseurs, des radio black list, réparties ici et là, il y a quinze ans il n'y en avait pas. On trouve aussi toutes sortes de producteurs indépendants et ils sont de plus en plus nombreux, et des gens qui s'allient avec des maisons de disques. Après que la musique soit récupérée et faite pour le plus grand nombre et donc forcément édulcorée, soit. Dans l'ensemble, je trouve que le truc est positif. 

A : Partant de ce principe oui, après le discours privilégié la plupart du temps tend plutôt à insister sur la mort du Hip-Hop... 

K : En fait, c'est pour ça que je tiens le discours inverse. Les gens passent du blanc au noir, sans juste milieu, en disant qu'il y a cinq ans tout le monde vendait 300 000 albums. Mais c'était pas le cas. Qui vendait 300 000 il y a cinq ans ? Sniper a bien vendu. Matt aussi...oui...c'est plus R&B mais là tu peux toucher d'autres gens. Arsenïk leur premier album, "Quelques gouttes suffisent" avait bien marché, le single avec Doc Gynéco avait bien poussé l'album. Un groupe comme Sniper aujourd'hui vend environ 400 000 albums. C'est peut-être pas le groupe le plus rap machin mais ils font du pe-ra. Techniquement ce ne sont pas les plus forts, les textes ce ne sont pas les plus forts mais qui peut se prétendre le plus fort ? Donc non, tout ne va pas archi-mal. Demain l'album de Booba va sortir, il est bien médiatisé et il va en vendre des disques. Voilà, moi je me fais volontairement l'avocat du diable parce qu'évidemment plein de choses ne vont pas mais tout le monde dit "ça ne vend plus, y'a que de la merde..." alors qu'à mon avis c'est faux.
On aurait été bien bête de ne pas vivre les choses avec passion
A : C'est ton premier album solo et ce "Dernier round" laisse à penser que cet opus constitue pour toi une dernière expérience. Considères-tu qu'il existe un âge limite pour rapper ?
K : 'Dernier round' c'est le titre d'un morceau avec Oxmo Puccino où on dit qu'il vaut mieux vivre les choses à fond, au jour le jour, en essayant de profiter au maximum de l'instant présent. On ne sait pas de quoi sera fait demain. Si on coupe la lumière demain matin je pense qu'on aurait été bien bête de ne pas vivre les choses avec passion. J'estime que cet état d'esprit là résume bien mon album, et notamment le morceau 'Un ange dans le ciel'. Après pour ce qui est de la connotation "fin de carrière", il est clair que je suis plus prêt de la fin que du début. Mais l'album ne porte pas ce titre pour cette raison.
A : Tu étais producteur exécutif sur plusieurs albums, notamment les premiers longs formats de Busta Flex et Zoxea "A mon tour d'briller", qu'est-ce que cette expérience t'a apporté ?
K : Je pense que c'est avant tout un ensemble de choses plus qu'un point précis. En fait ce rôle de producteur exécutif, je l'occupais déjà beaucoup avec NTM. J'ai continué avec Busta et Zoxea où là tu apportes plus ton avis sur le fond, je l'avais fait avec Busta, que sur la forme. Après pour un mec comme Zoxea tu n'as rien à dire, tu t'assoies et tu dis "elle est bonne". Le truc en fait c'est que tu vas ramener avant tout des idées, des conseils, des discussions. Tu fais tout ça pour que l'ensemble soit le mieux possible.
A : Il n'y a pas un moment où tu as voulu t'investir dans la production ? En regardant le livret de "1993...J'appuie sur la gâchette" tu es crédité dans les productions, avec Tahar à l'époque, tu as complètement arrêté après ?
K : Après je me suis mis à la prod' au mois d'août 1994. J'ai du faire une quarantaine de productions en 22 jours. J'avais rien à faire alors le temps du mois d'août j'ai branché les bécanes chez moi. J'ai acheté un SP 1200, un S 3000...après j'arrivais plus à dormir, je calais des charleys jusqu'à 8 heures du matin ! (rires) Je me suis alors dit soit tu fais ça, soit tu fais du rap. Les deux ce serait pas possible. J'ai pris l'option de continuer à rapper. En plus j'avais dans mon entourage des gens qui faisaient du son plutôt bien, donc bon...

A : Comment tu te situes par rapport à la nouvelle génération et aux critiques assez récentes qui ont pu être faites à l'égard de NTM ? Evoquant ce sujet, tu dis même dans ton album, sur 'Qui suis-je ?' "J'aime qu'on me déteste, c'est mon carburant et aujourd'hui je suis servi vu que la liste est épaisse"... 

K : Oui ben écoute il y a des gens qui ont envie de réagir par rapport à un groupe. Très bien, qu'est-ce que tu veux je te dise ? Comment je dis sur 'On a enfoncé des portes' "...Crache ta haine vas-y jacte donc...". Voilà, fais plutôt au lieu de parler. Le parcours il a été long et je le dis dans ce texte. Mais aujourd'hui si tu me demandais sur qu'il y faudrait miser pour tenir la baraque, j'aurai misé sur nous. Voilà. Après on n'a pas été parfait tout ça, soit... 

A : C'est peut-être aussi une question d'époque et de génération... 

K : ...Après tu as des gens qui viennent critiquer et qui ne sont pas jeunes non plus. Jean Gab'1 c'est un mec qui était de la tournée NTM en 1998 puisque Doeen' Damage assurait la sécurité de Joey. A cette époque là il disait rien. C'était en 1998 et depuis on a rien fait, alors qu'est-ce que tu critiques, je comprends pas bien là... 

A : Bon ce morceau c'était aussi une façon de se faire connaître quand on a pas de passé musical conséquent... 

K : Oui et la plupart du temps, les critiques sont plus adressées par des gens sans visages, ce sont des propos qu'on me rapporte où qui sont tenus sur Internet. 

A : Un discours récurrent dans le rap français, c'est justement de dire qu'on écoute pas de rap français. Apparemment toi tu en écoutes, d'ailleurs plus simplement tu écoutes quoi en ce moment ? 

K : Non en fait j'écoute très peu de rap français. En rap, j'écoute des trucs ricains plus anciens, mais aussi des choses récentes comme Beanie Sigel, Obie Trice. J'aime bien ce que fait Kanye West aussi, même des trucs plus gros comme Jay-Z ou Eminem. C'est fort, tu sens qu'il y a du travail derrière. 

A : Pour revenir à ton album, j'étais étonné de voir que le premier extrait 'Qui suis-je ?' était basé sur exactement le même sample qu'un morceau de Rocca, 'R.A.P', qui figurait sur son deuxième opus, ("Elevacíon"). Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Vous ne connaissiez pas le morceau ? 

K : En fait ce qui c'est passé exactement c'est que j'ai enregistré le morceau en octobre et en novembre un pote à moi rentre dans le studio. Mon morceau passait et il me dit : "Attends, Rocca il a pris ce sample". "Allez vas-te gratter, va écouter Rocca"... "Non mais je te jure, c'est le même sample". Alors on a demandé à Madizm de capter le morceau sur Internet. 15 minutes après il rappelle et il nous dit "C'est le même ple-sam !" (rires) Bon après j'avais le choix, j'aurais pu encore changer, reprendre un autre instru... 

A : ...Non mais la boucle tue...D'ailleurs dans le DVD tu dis que s'il y a un morceau où en sortant du studio tu te disais que s'il y avait un morceau dont tu étais tout de suite très content c'était celui-là, 'Qui suis-je ?'. Textuellement, j'imagine que c'est un des morceaux qui a été le plus dur à écrire... 

K : Non en fait c'est l'un des morceaux que j'ai écrit le plus rapidement, en deux jours il était terminé. 

A : Est-ce que tu considères que tu aurais pu sortir cet album solo alors que NTM existait toujours ? 

K : Clairement non. On le disait dans les interviews, tant que nous on fait notre truc on ne voit pas l'intérêt de mener une carrière solo. Peut-être qu'on se sentait plus fort à deux aussi, tout simplement. Et on faisait même des morceaux solos à l'intérieur des albums de NTM. Il y avait une liberté pour le faire. Mais bon avec Joey on se mettait autour d'une table en disant "T'as écrit des trucs là ?" "Ouais vas-y mate le refrain"... "Ouais ça défonce, bouge pas j'arrive..." Et voilà 99,9% des fois on fonctionnait comme ça. 

A : Comment s'est fait le choix des invités sur ton album solo ? 

K : Oxmo m'avait déjà demandé d'être sur son deuxième album, "L'amour est mort". J'avais pas pu le faire et ça m'avait frustré. Là, il a appelé au bureau pendant que j'appelais son manager. Lui m'appelait pour être sur son nouvel album et moi je l'appelais pour qu'il soit sur le mien. Donc voilà, échange de bons procédés on l'a fait. Ox', je l'avais rencontré pour la première fois lorsqu'il avait fait un titre avec Busta Flex sur son premier album ('Esprit Mafieux'). On avait aussi fait un concert en commun en Cote d'Ivoire, à Abidjan, en 1999. Ca c'était bien passé, mais sans plus. Là ça a un peu changé, on est plus proches. 

Zoxea, normal, sans surprise. Il a réalisé 'Un ange dans le ciel'. 

Nano et Tony, les deux gitans qui font le refrain de 'Oh no', ce sont des potes d'un ami. Ils avaient jamais chanté dans un micro. 

Big Ali. En fait, l'instru de 'Two shouts IV MY People' était déjà dans "IV My People Zone" sous la forme d'un interlude. L'interlude était scratchée avec des phases en ricain, on avait l'impression qu'un cain-ri était en train d'ambiancer le machin. A chaque fois que j'entendais l'interlude passer, je me disais qu'il y avait quelque chose à faire à partir de ça et que le morceau était trop court. Tu l'écoutais, tu avais envie que le morceau dure plus longtemps, que d'autres phases soient scratchées. Big Ali, j'avais entendu ce qu'il faisait avec LBR, il avait une voix exactement comme je voulais et en plus il traînait en France, donc voilà...

A : Pourquoi ne pas avoir privilégié d'avantage les rappeurs de ton label ? 

K : Je ne voulais pas faire un album IV My People avec toujours les même gars, les même voix. Non, je voulais vraiment que ce soit mon album solo, et pas autre chose. 

A : Sur 'Bombe H' tu parles du boycott des médias, plus particulièrement de la presse spécialisée, le "nous" utilisé est ambigu. Il fait référence à IV My People ou au rap français plus généralement ? 

K : Quand je suis pas joué à Couvre Feu, à B.O.S.S, à Générations on me dit que je suis un indépendant de luxe. J'ai envie de dire à ces gens que je fais du rap seul, je suis en distribution pas en licence. Alors quand toi Générations tu dis dans Lundi Investigation que Laurent Bouneau de Skyrock s'est fait acheter par les majors alors que Skyrock n'a jamais demandé de prendre des pubs pour diffuser mes titres, alors que toi, Générations, tu as téléphoné à mon bureau en me disant "si tu veux que Sérum passe il va falloir que tu prennes de la pub"... Voilà donc ce titre il est adressé à ces gens là. 

A : Toujours à propos de la presse spécialisée, tu dis "Quand tu lis les chroniques de rap français t'as mal". Tu trouves cette presse trop lèche cul ou simplement ignorante ? 

K : En fait c'est un mélange des deux. Moi, comme on me dit que l'album de Jean Gab'1 c'est sûrement l'un des meilleurs albums de rap français de l'année. Là j'ai du mal avec la définition du rap. Je me dis qu'on ne doit pas aimer le rap pour les même raisons. Ca, je vais te dire je trouve ça lamentable. J'ai pris cet exemple mais il y en a d'autres.


A : Qu'est-ce que tu penses de la disparition de magazines historiques comme l'Affiche ou Get Busy, qui étaient peut-être critiqués à l'époque mais étaient bien mieux que ce qu'il reste aujourd'hui. 

K : Ah c'était le bon temps l'époque, pour les disques, les magazines.... Moi j'ai jamais été fan de l'Affiche donc je peux pas te dire. Après il y avait sûrement à cette époque des gens plus investis et peut-être qu'il y avait moins de rapport avec le commerce. Oui, après moi j'aimerais comme toi que les magazines soient biens.
A : Ton premier album se présente sous la forme d'un DVD Plus, avec une face audio classique et une face DVD. Qu'est-ce qui t'a poussé à sortir un disque sous un tel format ?
K : Le simple fait que ce soit possible. Là les gens de Digital Valley sont venus en m'expliquant ce qu'il était désormais possible de faire. Les majors avaient peur d'utiliser ce procédé, craignant que ce format soit rejeté par le public. Après ils sont pas venus parce que je rappe bien ou mal, ça j'en suis bien conscient. C'est venu aux oreilles de gens qui bossent chez moi. Pour le même prix tu peux avoir sur un même disque du son et de l'image, c'est pas négligeable pour le consommateur. Moi, je trouve que les disques sont trop chers, la TVA devrait être à 5,5% et pas à 20%. Alors quand on peut se permettre d'ajouter des choses pour le même prix, pourquoi s'en priver ?
A : En même temps on se disait que développer un tel support, c'était enterrer un peu plus le vinyl, support historique du Hip-Hop ?
K : Je ne pense pas. Celui qui achète du vinyl c'est parce qu'il aime le support, qu'il a une passion pour le vinyl ou qu'il en a une utilité particulière. Ce mec là il achètera pas plus un CD/DVD si son plaisir c'est d'avoir du vinyl. Le fait d'avoir des images en plus il va s'en battre...
A : Le clip de 'Qui suis-je ?' s'apparente à un vrai court-métrage. A mon sens il rentre dans la lignée des 'J'appuie sur la gachette' ou de ce qui avait été fait pour 'Paris sous les bombes'. Je pensais que c'était plus un trip de Joey Starr vu qu'il avait commencé la réalisation, apparemment non...
K : En fait on a toujours fonctionné comme ça. Pas plus Joey que moi. Même s'il avait déjà réalisé des trucs, moi j'avais fait le Nas/NTM. On s'est toujours investi dans l'image, discutant avec les mecs pour qu'ils nous ramènent les plans, pour tout comprendre. Je sais que si je n'étais pas venu au montage de 'Qui suis-je ?' il aurait été loin de ressembler à ce qu'il est aujourd'hui. Ca peut paraître prétentieux de dire ça mais c'est mon univers. J'ai une idée plus approfondie que quiconque de ce dont j'ai envie au final. En plus, l'image est très en rapport avec la musique. Pour moi, les changements de plans sur les caisses ou sur les pieds c'est très important dans un clip. Je ne pouvais pas rater une minute du montage. Ca m'intéresse tout simplement. Si c'était pas le cas je partirais.
A : Que penses-tu du déclin annoncé des majors comme on a pu l'annoncer, sans un certain catastrophisme ces dernières semaines ?
K : Aujourd'hui quand tu regardes les chiffres tu vois que les plus grosses ventes sont toujours plus ou moins au même niveau. Le marché du single c'est un peu cassé la gueule. Le téléchargement, oui, pose problème et à un moment il va falloir trouver une solution. Enfin elles ont dit qu'elles allaient fermer les majors ? Non donc bon...
A : Finalement, tu ne penses pas que ce déclin des majors, si déclin il y a, peut être favorable au rap dans le sens où il inciterait à un retour à une indépendance artistique ?
K : ...oui, sauf si les radios deviennent payantes comme cela peut-être le cas aux Etats-Unis. Dans un contexte comme ça, tu te rends compte que ton indépendance connaît rapidement ses limites. Enfin, il faut savoir que dans la musique on a pas ramené un bilan positif depuis 4 ans...
A : ....Quand on voit le succès de "Mauvais oeil" et "Temps Mort" on se dit tout de même que l'indépendance peut constituer une véritable alternative permettant de vraies réussites.
K : Oui les deux albums que tu as cité sont sortis via la meme structure et constituent une exception, de l'ordre de 1 pour 1 000. Alors est-ce que un pour mille c'est une règle permettant de dire que c'est réalisable je ne sais pas...
A : Après c'est vrai qu'il y avait une grosse attente derrière le premier album de Lunatic, et un gros vécu, comme pour ton album solo...
K : Oui, après la réalité c'est que c'est très dur d'être en indépendant quand tu ne sors pas ces deux albums. Ces albums ce sont des cas d'écoles. Si toute la France rappe aujourd'hui comme Booba c'est pas pour rien.
A : Tu as eu des retours en terme de vente sur ton album ?
K : Oui on est disque d'or depuis hier, 100 000 albums vendus. J'espère qu'on atteindra les 200 000 albums.
A : Tu as des concerts de prévu pour défendre ton album ?
K : Oui, un premier le 22 juin à l'Olympia et une tournée à la rentrée, de septembre à octobre. Je serai accompagné de Zoxea, Serum et Toy. La répartition dans le concert, ça va être 75% moi et 25% entre Serum, Zoxea et Toy. On va tourner un peu sur la scène et c'est bien parce que tenir 1 heure et demie quand t'es le seul MC...






Kool Shen dans le prochain Catherine Breillat

Le prochain film de Catherine Breillat sera tiré de son autobiographie. Kool Shen y jouera le rôle de Christophe Rocancourt. Crédits photo : Abaca/Holubowicz Gerald/ABACA
 
inSh

La cinéaste Catherine Breillat a choisi le rappeur Kool Shen et Isabelle Huppert pour jouer dans l'adaptation de son autobiographie: Abus de Faiblesse.
 Le prochain film de la réalisatrice, Abus de faiblesse, est actuellement en projet et retracera tous les drames qu'elle a vécus. Catherine Breillat s'attardera sur son AVC qui l'a paralysée en 2005 et, surtout, sur l'escroquerie dont elle a été victime de la part de Christophe Rocancourt. Surnommé «l'arnaqueur des stars», celui-ci lui aurait soutiré plusieurs centaines de milliers d'euros avant de disparaître. Dans le cadre de cette affaire, il a été placé le 20 décembre dernier en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris.
Abus de faiblesse racontera «l'histoire autobiographique d'une relation autodestructrice entre Maud, metteur en scène devenue subitement hémiplégique et Vilko, escroc flamboyant qui l'attire et qu'elle veut engager dans son prochain film.» 
Cette nouvelle oeuvre est donc une sorte de thérapie pour la cinéaste, qui tentera d'exprimer tous ses souvenirs traumatisants au travers du film. «Je veux survivre, en lavant mon honneur et ternir à jamais le sien», explique-t-elle aujourd'hui. Catherine Breillat compte confier son rôle à Isabelle Huppert et celui de Rocancourt au rappeur Kool Shen. Une surprise de casting à surveiller de près, vu le succès de son collègue de NTM JoeyStarr cette année dans Polisse. L'équipe du film se retrouvera au second semestre pour commencer à tourner.
Le public a réservé un timide accueil aux dernières réalisations de Catherine Breillat. Après les très effacés Une Vieille Maîtresse, pourtant en compétition à Cannes en 2007, une adaptation du conte Barbe Bleue en 2009 et La Belle Endormie en 2010, ce nouveau projet s'annonce fort en émotion et profondément dramatique.
    















































06/12/2012
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