Alain YVER

Alain YVER

L’ ÉCOLE DE PARIS

L’ ÉCOLE DE PARIS






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L'École de Paris est une notion qui désigne l'ensemble des artistes étrangers arrivés avant les années 1920[1].

Note : cet article traite à la fois de l'École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris.)

 Précisions liminaires

L'expression générique « École de Paris » pose un problème lorsqu’on l’utilise pour désigner un groupe d’artistes en particulier. En réalité, elle ne fait référence à aucune école ayant véritablement existé ; l’expression, qui a fait l’objet d’emplois impropres, reste donc ambiguë et mérite d'être explicitée.

Dans son Dictionnaire des peintres de l’École de Paris (1993), Lydia Harambourg justifie l’emploi de l'expression par la continuité qu’elle permet d’établir entre les différentes phases de développement de l’art moderne de la part d’artistes ayant eu Paris pour résidence. Son livre ne présente pas une école ou un courant particulier, mais vingt années de peinture à Paris :

    « Le terme École de Paris sera gardé, parce qu’aucun autre ne peut mieux désigner, en ces années d’après-guerre, la suprématie de la capitale en matière d’art. »

Dans cette acception, l’École de Paris rassemble les artistes ayant contribué à faire de Paris le foyer de la création artistique jusque dans les années 1960.

On distingue en général trois grandes périodes de mutation dans le paysage artistique parisien au XXe siècle, chacune étant la manifestation d’un renouveau de la précédente. La première période va de 1900 aux années 1920, la deuxième couvre l’entre-deux-guerres et la dernière désigne l’après-Seconde Guerre mondiale.

Chronologie
1900-1920

C'est le 27 janvier 1925 qu'André Warnod utilise l'expression « École de Paris » pour la première fois, et ce dans un article de la revue littéraire Comœdia (fondée par Gaston de Pawlowski en 1907). Il désigne ainsi l'ensemble des artistes étrangers arrivés au début du XXe siècle dans la capitale à la recherche de conditions favorables à leur art. De 1900 à la Première Guerre mondiale, Paris a vu en effet l'afflux d'artistes, souvent d'Europe centrale, qui se fixent essentiellement à Montparnasse. Parmi eux Marc Chagall, Pablo Picasso, Pascin, Amadeo Modigliani et Tsugouharu Foujita pour ne citer que les plus célèbres. L'expression « École de Paris » a donc acquis, à ce moment-là, un sens propre et communément admis.

Nombreux sont les peintres juifs de l’École de Paris. Ces artistes viennent de l’Est : Russie, Pologne, Allemagne, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie. Ils ont été familiarisés avec les grands maîtres français du XIXe siècle et connaissent les impressionnistes par l’intermédiaire de leurs professeurs comme Józef Pankiewicz à Cracovie, Ilia Répine à Saint Pétersbourg, Adolf Fényes, Isaac Perlmutter à Budapest et Lovis Corinth à Berlin. Âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart, ils ont été des acteurs de l’émancipation juive, et participent au mouvement de réveil social et intellectuel en Europe qui se caractérise par la perte du religieux et l’engagement politique, et se trouvent en coïncidence avec le contexte cosmopolite des grandes capitales de l’époque, Vienne, Berlin et surtout Paris. D'après l'étude de Nadine Nieszawer (Peintres juifs à Paris 1905-1939), ils seront plus de cinq cent peintres dans le Paris de l'entre-deux-guerres, formant un réseau d'amitié et, de proche en proche, se connaissant tous.

Les artistes juifs de l'École de Paris

La guerre de 1914-1918 aura tôt fait de les disperser, renvoyant en Allemagne Rudolf Levy (de), Walter Bondy (de) et Otto Freundlich. Léopold Gottlieb part rejoindre en Pologne l'armée du maréchal Pilsudski. Marc Chagall, Emmanuel Mané-Katz, Savely Schleifer retournent en Russie.

Nombreux sont ceux qui se portent volontaires dans l'armée française : Kisling est reformé en 1915, après une blessure ; Louis Marcoussis, ami d'Apollinaire, sera décoré ; quant à Simon Mondzain, il gardera l'uniforme jusqu'en juillet 1918. Certains, réformés pour raisons de santé, comme Modigliani et Soutine, se portent alors volontaires pour des corvées. Pascin part pour Londres afin d'échapper au service dans l'armée bulgare.

Pendant les années de guerre, les artistes restés à Paris sans pension ni aide se solidarisent. À partir de 1915, Marie Vassilieff tiendra une cantine artistique dans son atelier situé dans l'impasse du 21 de l'avenue du Maine, qui ne désemplit pas durant toute la guerre. On y parle toutes les langues.

La Première Guerre mondiale marque l'entrée des peintres juifs de Montparnasse sur la scène parisienne. En décembre 1915, Germaine Bongard, sœur du couturier Paul Poiret, parraine une série d'expositions dans sa boutique de la rue de Penthièvre.

La première présente des tableaux de Modigliani, des tableaux de Kisling, qui voisinent avec des tableaux de Picasso, des tableaux de Fernand Léger, d'Henri Matisse et d'André Derain.

Ces peintres se défont peu à peu de la position de marginaux qui était la leur. Le retour du front leur procure un « certificat de bonne conduite », des perspectives s'ouvrent alors.

Léopold Zborowski organise le 3 décembre 1917 la première exposition personnelle de Modigliani, à la galerie Berthe Weill, et pour la préface du catalogue, Blaise Cendrars écrit un poème.

L'Entre-deux-guerres
Trois étapes d'immigration des artistes de l'École de Paris

Eugene Zak quitte Varsovie pour Paris dès 1900, Mela Muter en 1901, Jacques Gotko arrive d'Odessa en 1905 et Adolphe Feder d'Ukraine en 1908, la même année que l'Allemand Otto Freundlich. Samuel Granowsky arrive en 1909, tout comme Maurice Mendjizki, qui vient de ®©ódê. Quittant la Russie, Marc Chagall passe d'abord, à partir de 1910, quatre années à Paris. Istvan Farkas arrive de Budapest en 1912, Emmanuel Mané-Katz d'Ukraine en 1913...

Ceux qui se sont installés entre 1900 et 1912 ont eu le temps de mettre en place le réseau d'amitiés et de relations nécessaires à leur essor. D'autres peintres leur succèdent, fascinés par Montparnasse.

Les rejoignent bientôt : Vladimir Naïditch de Moscou en 1920, Zygmunt Landau de Pologne en 1920, Alexandre Fasini d'Ukraine en 1922. Le Russe Ossip Lubitch arrive en 1923, le Biélorusse Isaac Antcher en 1924, la Polonaise Esther Carp en 1925. Issachar Ryback arrive d'Ukraine en 1926, Abraham Iris (dit Antoine Irisse) arrive de Bessarabie en 1926, Jacob Macznik de Pologne en 1928. Quant au prince russe, le peintre Alexis Arapoff, né à Saint-Pétersbourg, il a fui l'URSS, en 1924, avec une troupe de théâtre.

L'Entre-deux-guerres connaît donc l'arrivée d'autres artistes (russes notamment, comme André Lanskoy, Serge Poliakoff, Alexandre Garbell, etc.) et voit l'émergence de nouvelles tendances stylistiques, telle l'abstraction, ainsi que l'importance de la couleur en peinture.

Dès l'accession d'Hitler au pouvoir en 1933, les peintres fuient l'Allemagne nazie : le Lituanien Moses Bagel, Jésékiel Kirszenbaum et Jacob Markiel arrivent à Paris. En Pologne, Sam Ringer, après avoir été forcé de travailler à la construction du camp d'Auschwitz, fut déporté successivement dans neufs camps différents et finit par venir à Paris en 1947 pour entrer aux Beaux-Arts.

Montparnasse remplace Montmartre. À Montparnasse, pendant vingt ans, sous le manteau ou sous les tables des terrasses de La Rotonde, du Dôme, de la Coupole, des trafiquants achètent et vendent des tableaux de Derain, des tableaux d'Utrillo, des tableaux de Modigliani ou de Picasso échappés par miracle du carton des peintres.

En effet, les trois principaux cafés de l'École de Paris sont le Dôme, la Rotonde et la Coupole.

Le Dôme a été créé en 1898 et c'est vers 1903 que les peintres juifs de langue germanique, Walter Bondy, Rudolf Levy (de), Béla Czobel, Jules Pascin, Reszo Balint… en font leur lieu de prédilection selon la tradition des cafés munichois. Ils y retrouvent les marchands de tableaux Alfred Flechtheim (de), Henir Bing... D'autres groupes se composent de peintres hollandais et scandinaves.

La Rotonde est un établissement ancien, pris en main par Victor Libion en 1911. Cet homme très généreux envers les peintres accueille peintres et parfois homme de ménage en échange de consommations, mais aussi Michel Larionov, Nathalie Gontcharova, Adolphe Feder. Des difficultés financières obligent Libion à vendre La Rotonde en 1920. Au même titre que les marchands de tableaux, cet homme a largement contribué à l'éclosion de cette vie grâce à son attitude et à sa sensibilité.

On raconte qu'André Salmon pendant des années a fait campagne pour que la statue de Balzac, boulevard Raspail, soit remplacée par celle de Libion.

La Coupole est inaugurée en décembre 1927 par les artistes gérants du Dôme Fraux et Laffont. Une trentaine de peintres ont décoré les piliers et les murs avec des tableaux peints directement sur le béton : Fernand Léger, Marie Vassilieff, David Seifert, Nathan Grunsweigh, Georges Kars, Othon Friesz…

La Seconde Guerre mondiale

Un groupe de peintres, qui entreprennent d'exposer sous l'Occupation, est rassemblé par l'exposition Vingt jeunes peintres de tradition française, organisée en 1941 par Jean Bazaine et l'éditeur André Lejard. L'intitulé de l'exposition masque en réalité la démonstration d’une peinture non conforme à l'idéologie nazie de l'art dégénéré.

« Tous ces peintres, d'âge et de tendance très divers, se trouvèrent d'accord sur la résistance nécessaire de la peinture. Ce qui leur fit accepter ce titre général et lénifiant, destiné à rassurer l'occupant (…) Il ne s'agissait de rien d'autre – de rien moins – que de permettre, par surprise, une exposition judéo-marxiste, sous toutes ses formes, à une époque où les galeries n'osaient montrer que de l'art d'obédience nazie. Après refus d'un certain nombre de galeries, la galerie Braun accepta le risque de l'exposition, qui fut accueillie par des torrents d'injures d'une presse bien dressée », écrira en 1998 Jean Bazaine[2].

En effet ces peintres sont bien loin des formes traditionnelles de l’art. Rangés toutefois sous le terme de « tradition », ils ne sont pas inquiétés par la censure du régime de Vichy. « Je me souviens assez bien du vernissage : sont arrivés deux officiers allemands qui se sont avancés jusqu'au milieu de la galerie. Ils ont jeté un coup d'œil, se sont regardés, ont tourné les talons. C'est tout. C'était l'époque où les Allemands voulaient encore être gentils », dira encore Bazaine[3]. L’exposition devient le manifeste d’une peinture moderne et fédère plusieurs artistes à tendance non-figurative : Jean Le Moal, Alfred Manessier, Charles Lapicque, Jean Bazaine, Édouard Pignon, Léon Gischia, Maurice Estève, Charles Walch, Gustave Singier, Jean Bertholle, André Beaudin et Lucien Lautrec.

Deux ans plus tard, du 6 février au 4 mars 1943, une exposition collective, Douze peintres d’aujourd’hui, se tient à la Galerie de France avec Bazaine, Bores, Chauvin, Estève, André Fougeron, Gischia, Lapicque, Le Moal, Pignon, Singier, Villon, Lautrec, Tal Coat. Malgré leurs différences esthétiques, émergent de ce groupe ces artistes qui seront bientôt désignés comme membres d’une Nouvelle École de Paris.

Pierre Francastel, dans un livre écrit sous l’Occupation mais publié à la Libération en 1946 (Nouveau dessin. Nouvelle peinture. L’École de Paris), labellise en effet le style roman et cubiste de ces peintres dit « de tradition française » en reprenant la formule d’André Warnod.

L'après-guerre

Aujourd’hui, l'expression « École de Paris » recouvre plusieurs acceptions.

L’expression a été détournée par certains dans les années 1950 pour définir une esthétique figurative nationale ; elle prend alors une connotation fortement péjorative dans le vocabulaire de la critique de la fin des années 1960 flagornant l’École de New York. Par ailleurs, des galeries parisiennes relaient la confusion quant à l’utilisation du terme. En janvier 1952, lors d’une exposition à la galerie Babylone, Charles Estienne prend le parti de ne rassembler que des artistes à tendances abstraites. Ils y sont présentés comme garants de la Nouvelle École de Paris née entre 1940 et 1950. La galerie Charpentier, en 1960, élargit sa sélection d’artistes. Elle est exposée par la Biennale de Paris en 1961. L’article de Connaissance des Arts paru au moment de l’exposition en retrace le contenu :

    « L’art présent est à Paris, mais aussi ailleurs : en Italie, par exemple. C’est ce qu’ont compris les organisateurs de l’exposition annuelle dite de l’École de Paris (galerie Charpentier). Ils ont ajouté à leurs invités vingt-sept peintres italiens dont Peverelli qui est le seul à habiter Paris. Parmi les autres, Burri, Dova, Schneider, et Fontana Orazi se sont acquis une réputation internationale. »

La « jeune peinture » de l'École de Paris

Créé juste après la guerre, le salon de la « jeune peinture » rassemble les peintres nés pendant ou peu après le premier conflit mondial. Le peintre Gaëtan de Rosnay en est le vice-président. Ce sont parfois des artistes qui se sont peu manifestés pendant l'Occupation ou même pas du tout parce qu'ils participaient activement au conflit dans les rangs des armées alliées ou dans ceux de la Résistance. À propos de ces peintres, André Warnod utilise le terme Nouvelle École de Paris. C'est l'expression qu'il emploie en particulier pour classer Maurice Boitel en 1954 et en 1955 dans Le Figaro.

Certaines galeries parisiennes soutiennent activement ces artistes dès la Libération : la galerie Suillerot, la galerie Le Chapelain, la galerie de l'Élysée, la galerie Bernier, la galerie Drouant David, puis Maurice Garnier et Jean Minet de La Galerie d'Art de la Place Beauvau.

Parmi les peintres figuratifs les plus représentatifs de cette « jeune peinture » se trouvent René Aberlenc, Roland Bierge, Bernard Buffet, Jansem, Yves Brayer, René Margotton, Maurice Boitel, Geoffroy Dauvergne, Louis Vuillermoz, Pierre-Henry, Daniel du Janerand, Michel de Gallard, Guy Bardone, Paul Collomb, Gaston Sébire, Jean Joyet, Paul Schuss, Éliane Thiollier[4], Michel Thompson, Jean Vinay, Jean Baudet, Claude Schurr, Danièle Perré[5].

Ce sont les mêmes peintres qui refuseront de se conformer aux standards officiels de l'ère Malraux et dont on retrouve les œuvres dans les principaux Salons parisiens, indépendants du pouvoir politique, pendant toute la seconde moitié du XXe siècle.

Des critiques d'art et des écrivains de renom ont écrit sur les peintres de l'École de Paris des préfaces, des livres et des articles, notamment dans des périodiques comme Libération, Le Figaro, Le Peintre, Combat, Les Lettres françaises, Les Nouvelles littéraires. Ce sont notamment Georges-Emmanuel Clancier, Jean Paul Crespelle, Arthur Conte, Robert Beauvais, Jean Lescure, Jean Cassou, Bernard Dorival, André Warnod, George Besson, Georges Boudaille, Jean-Albert Cartier, Jean Chabanon, Raymond Cogniat, Guy Dornand, Jean Bouret, Raymond Charmet, Florent Fels, Georges Charensol, Franck Elgar, Roger Van Gindertael, Marcel Zahar.

 Notes et références

   1. Å™ Selon l'expression d' [archive]André Warnod
   2. Å™ Cité dans Michel-Georges Bernard, Jean Le Moal, Ides et Calendes, Neuchâtel, 2001, p. 66-67.
   3. Å™ Entretien, dans Histoire de l'Art, 1940-1944 de Laurence Bertrand-Dorléac, publications de la Sorbonne, Paris, 1986, p. 351-352.
   4. Å™ Secrétaire générale de la Jeune Peinture de 1957 à 1964.
   5. Å™ (fr) "L'école de Paris 1961, à la Galerie Charpentier" [archive]. Site officiel de Danièle Perré. Article de Frank Elgar, Journal Carrefour, du 25 octobre 1961. Consulté le 8 avril 2011









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Les mouvements artistiques constituent des tendances plus ou moins innovantes, mais certains artistes ont une originalité qui ne permet pas de les rattacher clairement à un courant. Tout au plus peut-on discerner des influences en observant leur œuvre. Au début du 20ème siècle, et même après la première guerre mondiale, Paris accueille de nombreux artistes qui ont fui leur pays d’origine. Ils n’ont pas la même culture et ne partage pas une approche esthétique commune, mais il s’agit, sauf exception, de peintres et de sculpteurs figuratifs. C’est l’écrivain André Warnod (1885-1960) qui employa pour la première fois à leur propos le terme « Ecole de Paris » dans un article paru en 1925. Cette « école » regroupe plusieurs dizaines d’artistes, mais quelques personnalités exceptionnelles doivent être particulièrement retenues.

Marc Chagall (1887-1985), peintre d’origine russe, arrive en France en 1910. Naturalisé français en 1937, il est une des plus fortes personnalités de la peinture du 20ème siècle. Inclassable, on peut cependant noter dans son œuvre l’influence du cubisme et du surréalisme. Chagall a tout le charme d’un contemplateur du monde qui évoque parfois avec nostalgie la Biélorussie de ses origines.


Chaïm Soutine (1893-1943) est un peintre d’origine russe qui arrive à Paris en 1913. Très marqué par la misère, son œuvre, très originale et inclassable, évoque la souffrance physique et psychique.

Amedeo Modigliani (1884-1920) s’installe à Paris en 1906. Il vient d’Italie et est issu d’une famille de la bourgeoisie juive. Mais son père se ruine et son enfance est marquée par la pauvreté et la maladie. Il est resté célèbre pour ses personnages tout en longueur et ses nus d’inspiration classique mais desquels émanent une sensualité et une tristesse qui provoqueront d’abord le scandale. Modigliani, à qui reste associée l’image de l’artiste maudit, est aujourd’hui un des peintres les plus cotés : en 2010, le Nu assis sur un divan (La Belle Romaine) a été adjugé pour 68,9 millions de dollars.

Tamara de Lempicka, née Maria Gorska (1898-1980) est une peintre polonaise issue d’un milieu aisé qui gagnera Paris à la suite de la révolution russe. Comme Modigliani, Tamara de Lempicka s’inspire des classiques (renaissance et néo-classicisme) pour la composition mais accentue fortement la sensualité de ses personnages.

Giorgio de Chirico (1888-1978) est un peintre italien qui s’installe à Paris en 1910. Son œuvre est imprégnée d’influence surréaliste et, dès 1911, Apollinaire en fera l’éloge. Sa « peinture métaphysique » nous fait pénétrer dans un monde onirique rendu inquiétant par la juxtaposition géométrique de l’ombre et de la lumière sous des ciels menaçants.








école de Paris

On désigne sous le nom d'école de Paris l'ensemble des artistes d'origine étrangère qui vinrent, au début du XXe s., chercher dans la capitale des conditions favorables à l'épanouissement de leur talent et, en premier lieu, une rare liberté de l'expression, fruit de contacts incessants et d'une émulation féconde.

   Le rôle des impressionnistes est ici capital, non seulement pour la valeur stimulatrice de leur art hors des frontières françaises, mais surtout parce que Paris et ses environs sont les points privilégiés de leur inspiration commune. En 1886, Van Gogh découvrait à Paris les voies d'une conquête irréversible, et ce précédent illustre contient déjà l'ambiguïté qui est le caractère par excellence des maîtres de l'école de Paris : si la ville a permis à ces artistes de déchiffrer leur propre cœur et de donner forme à leur nostalgie créatrice, ceux-ci n'ont jamais pu (jusqu'à une date récente tout au moins) renier leurs origines.

   Depuis le début du XXe s., il y eut 3 grands mouvements, d'abord en direction des acropoles périphériques de la butte Montmartre et du Haut-Vaugirard dominant Montparnasse. Le premier porta les noms les plus célèbres. Ces peintres, d'ascendance israélite pour la plupart, venus d'Europe centrale et orientale surtout, fuyaient des conditions sociales cruelles et plus encore peut-être un milieu culturel ancestral hostile aux images. Le Polonais Eugène Zak fait un premier séjour à Paris en 1900-1901, puis s'y installe en 1904. Les arrivées se succèdent dès lors rapidement. Déjà précédé de sa réputation de dessinateur, Julius Pascin vient de Munich la nuit de Noël 1905, puis arrivent en 1906 le Livournais Amedeo Modigliani, en 1908 Léopold Gottlieb, en 1910 Marc Chagall et Moïse Kisling, venant l'un de Saint-Pétersbourg, l'autre de Cracovie. Pinchus Krémègne et Michel Kikoïne, élèves des Beaux-Arts de Vilna, arrivent en 1912, et leur condisciple Chaïm Soutine, l'année suivante. C'est en 1913 encore que vint à Paris le Japonais Foujita. Sauf Pascin, ces artistes sont fort démunis matériellement et se fixent surtout à Montparnasse, où ils élisent domicile dans les ateliers de la Ruche, tandis que Montmartre, dont l'occupation est légèrement antérieure, reste surtout le fief des cubistes, de la " bande à Picasso ", résidant au Bateau-Lavoir en 1904. Mais les rapports des nouveaux arrivés avec les cubistes influencèrent pourtant, plus ou moins, la formation de leurs styles respectifs, où la sensibilité à la couleur et l'imagination l'emportent en général sur le schéma intellectuel.

   Si l'art de Soutine fut parfaitement étranger au Cubisme, en revanche Modigliani et Chagall, puis, à un degré moindre, Pascin, Kisling et Zak en retinrent quelque temps la discipline ordonnatrice des formes. Seul Gottlieb conserva une acuité graphique qui évoque l'Expressionnisme autrichien (Kokoschka, Schiele). Mais, bien qu'ils soient plongés dans un milieu où l'objectivité traditionnelle est mise délibérément en doute, tous respectent la vraisemblance des images.

   La Première Guerre mondiale dispersera ce premier groupe. Restèrent en France Modigliani, Soutine, Krémègne, Kisling, Kikoïne, qui connurent alors leurs plus dures années. Le renouvellement de l'école de Paris durant l'entre-deux-guerres, depuis la mort de Modigliani (1920), se fit sous de tout autres auspices. Les conditions matérielles étaient plus favorables pour les peintres : le docteur Barnes, en faisant, à la surprise générale, un achat massif de tableaux de Soutine (1923), montrait la voie à des spéculateurs avisés. De Russie surtout affluaient des peintres juifs chassés par la situation politique difficile. Beaucoup avaient fait étape à Berlin, mais la conjoncture économique de l'Allemagne ne permettait plus à sa capitale de retenir un fort contingent d'artistes. Mané-Katz, à Paris en 1921, Zygmund Menkès et Max Band, arrivés en 1923 (année du retour de Chagall), sont passés par Berlin, ainsi qu'Abraham Mintchine, qui vécut en France les cinq dernières années de sa vie. Beaucoup moins novateurs que leurs aînés, ils sont plus aisément intégrés à la vie artistique, car ils bénéficient du soutien de leurs coreligionnaires, critiques ou directeurs de galerie. Leur art est trop marqué par le Néo-Réalisme assez banal de l'après-guerre, mais il est parfois pénétré d'intentions symboliques, nées du souci de maintenir une culture hébraïque vivante, notamment chez Mané-Katz, Menkès et Max Band. Le premier termina ses jours en Israël, les deux autres ont gagné, devant la menace nazie, les États-Unis, où ils sont demeurés.

   Un autre groupe de peintres originaires de Russie est resté en France. Constantin Terechkovitch est arrivé en 1920, André Lanskoy et Serge Charchoune en 1921, Jean Pougny en 1923, Serge Poliakoff, Philippe Hosiasson et Chapoval, disparu prématurément, en 1924, et Joseph Pressmane en 1926. Cette école russe de Paris fut aussi, comme la première, l'ambassadrice de la couleur. Maurice Blond vint de Lódê en 1924 et se joignit à l'école slave de Paris.

   La plupart de ces peintres ont trouvé dans l'Abstraction un champ d'activité où ils se sont illustrés, de même que des artistes venus à cette époque de Belgique (Lacasse, Vantongerloo), de Hollande (Geer et BramVan Velde), d'Allemagne (Hartung), du Portugal (Vieira da Silva), d'Espagne (Bores).

   Enfin, depuis la Libération, le concept d'école de Paris s'est élargi à l'excès, et les apports les plus divers lui donnent des frontières singulièrement mouvantes, les peintres ne s'établissent pas tous en adoptant la nationalité française, comme l'ont fait Zao Wou-Ki, Vasarely, Nicolas de Staël. " Résidents privilégiés ", la plupart restent en contact avec leur pays d'origine. C'est ou ce fut le cas notamment des Belges Alechinsky, Hecq, des Hollandais Appel, Corneille, Lataster, Bogart, du Danois Jorn, du Grec Prassinos, des Polonais Lebenstein et Maryan, des Yougoslaves Music et Velikovic, du Canadien Riopelle, des Espagnols Ubeda, Clavé, Arroyo et Hernandez, de l'Allemand Klasen.

   Cela s'explique par la rapidité accrue des communications, mais aussi par l'attrait de la clientèle américaine, qui fait des États-Unis l'un des principaux marchés des peintres, même si ces artistes se sont fait connaître à Paris même, où ils travaillent et vivent encore, partiellement du moins. La ville, jadis creuset d'une élaboration intense, est devenue plutôt l'une des plaques tournantes des courants de la peinture dans le monde.

//www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Paris/153740








L’afflux d’artistes étrangers au début du XXe siècle.
En 1925, André Warnod écrivain, dessinateur et critique d’art, emploie l’expression « École de  Paris » pour la première fois, pour désigner l'ensemble des artistes étrangers arrivés au début du  XXe siècle à Paris. De 1900 à la première guerre mondiale surtout, ils sont très nombreux, et on  compte parmi eux beaucoup de juifs d’Europe centrale et orientale, du fait des numerus clausus  pratiqués dans les écoles de Beaux Arts. Ils choisissent Paris, lieu des avant-gardes cubiste,  fauviste...  Beaucoup  vivent  alors  à  La  Ruche,  un  atelier  de  Montparnasse,  où  les  plus  anciennement installés accueillent les nouveaux arrivants.     Marek Szwarc (1892-1958)  Marec Swarc est né à Zgierz en Pologne en 1892. Son père est juge et  un érudit en langues mortes orientales, il meurt en 1940 en tentant de  sauver sa bibliothèque des nazis. Swarc fréquente le hedder puis  l’université de Lodz. En 1910, il arrive à Paris. Avec d’autres artistes  juifs, il publie Makhmadim (plaisirs), une revue d’art juif. En 1914, de  retour en Pologne pour les vacances, il est stoppé par la guerre et  exempté de service militaire par le tsar grâce à l’intervention d’Antoine  Mercier, son professeur à l’académie des Beaux Arts.   En 1920, il retourne en France avec sa femme.   Ensemble, ils se convertissent au catholicisme.   Il travaille alors essentiellement à des basreliefs illustrant des scènes bibliques mais  également au décor du théâtre yiddish fondé à  Lodz par son ami Moyshe Broderson.   En 1939, il s’enrôle dans l’armée polonaise afin  de combattre Hitler.     Amedeo Modigliani (1884 – 1920)  Amedeo Modigliani est né à Livourne en 1884. En 1906, il s’installe à  Montmartre, près du Bateau Lavoir. Il y rencontre Picasso et Max  Jacob.   En 1909, il investit la Cité Falguière à Montparnasse et s’adonne à la  sculpture aux côtés de Brancusi, avant de retourner à la peinture. En  1917, il rencontre Jeanne Hébuterne, étudiante en peinture de 19 ans.  La même année, la galerie Berthe Weil consacre une exposition à ses  peintures. Malade, il s’adonne à la boisson. Il meurt de la tuberculose en  1920. Après avoir donné naissance à leur enfant, Jeanne se jette par la  fenêtre.   Source : //www.ecoledeparis.org  Art moderne    L’Ecole de Paris    L’Ecole de Paris ne désigne pas un courant artistique mais  plusieurs générations d’artistes.  Elle rassemble tous les artistes ayant contribué à faire de  Paris le foyer de la création artistique de 1900  jusque dans  les années 1960.    Parmi eux, de nombreux juifs la plupart originaire d’Europe  centrale et orientale.   Marek Swarcz et Amedeo Modigliani parmi d'autres illustrent  la diversité de ce milieu.   La Ruche, lieu d’arrivée des artistes étrangers  Marek Swarc, Autoportrait  











Valadon et Utrillo :
De l’Impressionnisme à l’École de Paris


//www.teva.fr/actualite/256366-valadon-utrillo-impressionnisme-peinture.html


La Pinacothèque de Paris programme une importante exposition des oeuvres de Suzanne Valadon et de Maurice Utrillo. Cette exposition se tiendra du 6 mars au 15 septembre 2009 et présentera une cinquantaine d’oeuvres de chacun des deux artistes.

Exposition Valadon et Utrillo à la Pinacothèque de ParisExposition Valadon et Utrillo à la Pinacothèque de Paris
L'histoire de Suzanne Valadon et de Maurice Utrillo est celle du tournant du siècle à Montmartre. Ce « couple » mère-fils, atypique et bohême, est au centre de tout un univers artistique qui est à cheval entre deux périodes, entre deux mondes. Il illustre comment l'impressionnisme, mouvement bourgeois et installé dans le confort va mettre au monde, par le biais de l'une de ses plus belles égéries – Suzanne Valadon –, l'École de Paris avec le plus symbolique de ses artistes, Maurice Utrillo.

C'est également l'histoire du passage difficile d'une époque d'artistes issus de classe bourgeoise à un nouveau groupe d'artistes qui sont issus de catégories sociales beaucoup plus populaires. Ces « nouveaux » artistes sont parfois aussi des cas psychologiques lourds vivant douloureusement leur condition d'artiste, ce que l'on n'avait plus vu depuis Van Gogh.

Le cas Maurice Utrillo qui lui-même passe de la pure tradition picturale impressionniste (période « Montmagny ») à l'éclatement de la couleur (« période blanche ») montre la difficulté pour ces artistes de s'adapter à un monde en pleine mutation industrielle, à l'image du quartier où ils ont choisi de s'installer : Montmartre, quartier en chantier permanent à l'époque d'Utrillo.

Femme au caractère bien trempé, Suzanne Valadon a su trouver sa place dans cet univers d'artistes presque exclusivement masculins. Modèle occasionnel mais figure fédératrice du monde de l'art à la fin du XIXe siècle, elle posa notamment pour Puvis de Chavannes, Renoir et Toulouse-Lautrec. Celle que Degas encouragea vivement à poursuivre sa vocation artistique s'est rapidement affirmée comme une artiste puissante et rénovatrice. Mère à dix-huit ans, elle a transmis sa passion à son fils.

Toujours associé à la bohème parisienne à cause de son existence excentrique, Utrillo doit avec ses deux plus belles périodes – « Montmagny » et « période blanche » (1910-1914) – être immédiatement considéré comme l'un des symboles de l'École de Paris, à l'égal de Modigliani ou de Soutine.

C'est au cours de ces deux grandes périodes – que la Pinacothèque de Paris a exclusivement choisi d'exposer – qu'Utrillo va exprimer la quintessence de son art en quelques années. Le brio avec lequel il perçoit d'une manière nouvelle Paris et ses quartiers, un regard topographique neuf en pleine continuité à la fois de l'oeuvre du Douanier Rousseau, des impressionnistes et des Fauves où se mélangent, vision de la ville, éclatement de la couleur et art naïf.
L'échange particulier qui exista entre cette mère et son fils se traduit dans leur amour commun de la peinture et leur admiration réciproque.
Est ainsi réunie à la Pinacothèque de Paris, une sélection des plus belles toiles de ces artistes, présentées ensemble dans l'esprit d'un dialogue, aussi intime soit-il, recréant l'atmosphère parisienne de cette époque.

Une exposition de cette envergure n'a jamais été proposée à Paris. Le catalogue dirigé par un comité scientifique de prestige reproduira la totalité des oeuvres exposées en pleine page couleur.

Direction artistique : Marc Restellini
Assisté de Françoise Künzi
Commissariat de l'exposition : Jean Fabris








16/05/2012
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