Alain YVER

Alain YVER

LA BLANCHE

LA BLANCHE





//www.myspace.com/video/la-blanche/le-forcen-live-la-blanche-2009/102154544


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//www.dailymotion.com/video/xihlj_alcoolique-la-blanche_music#.UQFkf-gsnPA

//www.youtube.com/watch?v=-X6BV0daJtk



La Blanche est un groupe français aux confluents de la pop-rock, de la chanson à texte et des musiques électroniques

La Blanche est un groupe français à géométrie variable formé en 1999 autour du chanteur Eric La Blanche. Sa musique, mêlant l’électro aux sonorités d’un groupe de rock typique (auquel s’ajoute un violoncelle), épouse des textes tragi-comiques souvent trés fins et narratifs. Encouragée par la critique et suivie par un fidèle public sur le web et aux concerts, La Blanche a à ce jour publié deux albums : Michel Rocard en 2002 et Disque D’Or en 2006, refusant au passage un contrat avec Universal qui aurait sans doute pu faire sortir le groupe de l’ombre où il perdure malgré la qualité de son travail.




La biographie de La Blanche

La Blanche, un groupe au style musical hybride. Chanson électropop, c'est l'expression pour dire vite. Pour sûr, le creuset où tout s'élabore, puise à des sources variées. Pour la photo de groupe et les univers en partage - car chacun prend part, de près ou de loin, aux compositions : Eric La Blanche, chanteur et auteur, a gardé Brel en modèle ; Stéphane Cargnino, batteur et bien nommé "Le Schumacher du sampl", a goûté ses premiers bonheurs de scène au son du raï et du trip hop ; Gil Hussen guitariste et bassiste, à celui du jazz et du funk ; Christophe Blanchet, lui aussi guitariste et bassiste, trouve ses influences dans la pop-rock ; et Raphaële Murer, violoncelliste aux interventions pleines de grâce et d'à propos, qui s'est d'abord formée au répertoire classique et contemporain.
Avec un premier disque, le bizutage est classique et paresseux, qui joue des comparaisons. De fait, la presse n'aura pas manqué de tisser la filiation avec Miossec, et quelque chose dans le phrasé leur est sans doute commun, comme cette manière de suspendre la rime à un infime instant de silence. Le groupe lui a d'ailleurs dédié un titre, "Un homme", et dans la chanson, cet homme boit trop. Cette dédicace : une façon de rendre hommage sans subir la référence, expliquent-ils. Pour le reste, Eric La Blanche fait tourner ses textes un peu plus loin qu'autour de son nombril. Les histoires racontées, si elles le sont majoritairement à la première personne, trouvent d'autres inspirations que la stricte autobiographie. Sur scène, le chanteur prête tour à tour sa voix dense à ces hommes contemporains, fragiles ou plus obscurs, un peu lui-même et parfois beaucoup plus lointains, ce que lui permet son charisme souple et pas cabot.
 
D'un album à l'autre, le groupe creuse son audacieux sillon. Michel Rocard avait sa teinte douce-amère, aux accents pince-sans-rire ; sans les abandonner, La Croisée promet des émotions plus larges, à faire tanguer du rire (La Mienne) aux larmes (Allongé dans le pré, superbe variation sur Le Dormeur du Val ). Quatre années après Michel Rocard c'est au tour du nouvel opus, Disque d'Or de sortir en 2006. Les années passent, le groupe évolue mais garde son sens de l'humour.

//www.premiere.fr/Star/La-Blanche-3144988





Eric la Blanche

Les blablas de la Blanche sont des billets d'hum(o)eur, des chroniques inversées où j'utilise l'ironie (dire une chose pour son contraire) afin de mettre l'actualité à l'envers - ce qui la remet souvent à l'endroit. J'aime les univers absurdes, les doubles fonds et les fins en queue de poisson, quelque part entre Desproges, Jose Luis Borges et les Monthy Python bref, "Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité" (J. Cocteau).
J'écris dans le magazine Causette, le satirique Zélium, les blogs de GlobalMag (Arte). Je suis également chanteur et musicien







Interviews

Eric La Blanche
par Le Daim le 20 février 2007
  Sommaire  
    •    « De toute façon c’est ça qu’on voulait faire... (...), p1
    •    « Brel, c’est un héritage assumé... », p2
    •    « Maintenant les mecs c’est à vous de bosser... (...), p3
    •    « Certaines chansons tiennent de l’exorcisme... (...), p4
    •    « Tu peux encore exister à côté de TF1... », p5
    •    « La possibilité de se remixer en permanence... (...), p6
    •    « On se bagarre pour faire connaître l’album... (...), p7

C’est à la salle de spectacle de la MJC Pichon de Nancy que j’ai rendez-vous avec Eric, chanteur du groupe La Blanche. À mon arrivée, les musiciens sont en train d’effectuer la balance pour le concert du soir et j’aperçois Eric assis au milieu de la salle, qui lit le journal. Notre première poignée de mains s’effectue sous une échelle posée entre deux rangées de sièges. Nous préférons penser que c’est un bon signe, en tout cas Eric semble enthousiaste. Il me propose de faire l’interview dans un bistrot. Un bon kilomètre effectué au pas de course plus loin, nous pénétrons dans un minuscule bar à l’ambiance chaleureusement franchouillarde. L’interview va durer une bonne heure, les demis s’accumulant joyeusement sur la table. Eric parle de l’industrie du disque, de l’internet, de son travail d’interprètation et de composition, sans oublier de vanter les mérites des deux disques de La Blanche parus à ce jour : Michel Rocard (2002) et le petit dernier, Disque D’Or. Attention ! Interview fleuve !

« J’abuse avec modération... »
La Blanche au complet... Ou presque ! (© Le Daim)
 « De toute façon c’est ça qu’on voulait faire... »
B-Side Rock : À la tienne, Eric ! Disque D’Or est sorti en novembre. Comment ça se passe ?
Eric La Blanche : Ca se passe plutôt bien. On a de bons retours des médias de proximité. Par contre, du côté de la grosse presse parisienne, bizarrement ça ne fonctionne pas. Je crois que l’album est trop varié, peut-être un peu difficile à chroniquer aussi. Sinon sur les concerts ça se passe super bien, on a de très bons retours. Et puis moi je suis très content d’avoir sorti un disque et d’aller faire le cake sur scène ! Je suis quand même un peu inquiet parce qu’aujourd’hui, pour que ça marche, il faut du pognon et de la médiatisation. Malheureusement, nous, on est pas dans la presse critique médiatique.
BS : Qu’est-ce qui explique que parfois le groupe fait salle pleine, et d’autres fois n’attire pas autant de public ?
ELB : Très souvent c’est le travail de la salle qui fait toute la différence. Si les directeurs de salle ont su fédérer un public de fidèles ou de gens qui aiment venir découvrir des trucs, ça peut fonctionner. Si tu mets des affiches de la Blanche dans la rue, a priori les gens ne vont pas savoir de quoi il s’agit.
BS : Par conséquent vous captez un public d’initiés...
ELB : De toute façon c’est ça qu’on voulait faire. J’ai commencé à écouter de la musique sur les radios locales, à la connaître par les médias indépendants. C’est bien de commencer par là, d’un autre côté il ne faut pas rester coincé et être capable de passer à l’étape supérieure. Si France Inter ou RTL2 te diffusent, c’est quand même pas mal. Etrangement, on fait aussi des télés, avec le clip qui est diffusé (celui d’Alcoolique)... Mais entre ça et les médias de proximité, il n’y a rien. Je pensais qu’avec les médias parisiens ça allait fonctionner, parce que notre travail est quand même assez littéraire, mais non. J’ai l’impression qu’il y a un truc qui bloque, mais je ne sais pas ce que c’est. C’est peut-être toi, en tant que critique, qui peut me le dire.
BS : Hm... J’en sais rien ! Comment avez-vous abordé ce second album, dans quel esprit étiez-vous ?
ELB : C’est un album qui a pris pas mal de temps pour deux raisons. Déjà parce qu’on a voulu changer de maison de disque. Nous n’étions pas tout-à-fait satisfaits du boulot de Nocturnes sur le premier album. Et puis on s’est retrouvés pile-poil dans l’énorme crise du disque, quand les gens se faisaient virer et que plus personne ne savait vraiment quoi faire. Aujourd’hui la crise continue mais les gens y sont un peu plus habitués. On a mis beaucoup de temps à trouver un producteur. On a été sollicités par Universal qui nous a fait perdre pas loin d’un an. Chez eux ça avance très lentement, tellement que finalement on a pas signé avec eux. Du coup on a eu le temps de faire plein de morceaux, d’amener plein d’influences. On avait quasiment de quoi faire deux albums. On en a fait qu’un faute de moyens et parce qu’on ne voulait pas faire un truc trop long non plus. L’histoire de ce disque explique un peu son contenu. Il y a des morceaux très ouverts, très variés et qui contiennent chacun un petit univers. Les chansons ne se ressemblent pas forcément, c’est en quelque sorte un album dé-cohérent. Il est assez fouillé, un peu érudit. Et tu noteras que souvent, aujourd’hui, les albums qui marchent sont tout le contraire. C’est Delerm, Bénabar, Cali, Carla Bruni... Tu as une chanson, tu les as toutes.
BS : Il y a quand même une cohérence de son, une logique récurente dans les arrangements sur votre album.
ELB : Forcément, on retrouve toujours la « patte » du groupe. Mais nous, on a plein de trucs à raconter. On a été obligés de virer des chansons. Je n’avais pas envie de faire quelque chose de trop ramassé. J’estime qu’on a de nombreuses cordes à notre arc. Ca nous aurait vraiment fait chier de tasser l’album pour en faire un truc très identifié, très identique.

 « Brel, c’est un héritage assumé... »
BS : Le deal manqué avec Universal, tu en as déjà un peu parlé... On peut y revenir ou c’est tabou comme sujet ? Le diable serait-il vraiment radin ?
ELB : On a résumé la question en disant : « nous avons refusé la proposition qu’Universal ne nous a pas faite ». Enfin... C’est difficile... Universal est quand même en partie responsable, comme plein de gros médias, de l’abrutissement général. Ça, c’est un peu emmerdant. Après, en terme de carrière, c’est vrai que si tu vas chez Universal il y a quand même des chances que ça pête pour toi. Par contre le risque c’est de rester coincé dans un tiroir. Nous, on est restés plutôt indépendants. C’est un peu plus dur mais en même temps c’est aussi sur les planches qu’on fait sa vie, au contact du public qu’on apprend son métier, qu’on se développe. À tout prendre je préfère qu’on commence doucement et qu’on se fasse un vrai public de fidèles plutôt que d’attaquer fort et de se casser la gueule.
BS : Sur cet album il y a de vrais tubes en puissance comme Alcoolique, La Mort À Johnny, Tout Est Parfait... J’ai aussi l’impression que les textes sont moins brutalement intimes, plus accessibles que sur Michel Rocard, en général.
ELB : Oui, il y a du changement. Michel Rocard avait un côté beaucoup plus expérimental, au sens où j’avais envie de mélanger de vrais textes avec une musique qu’à l’époque on entendait pas trop, comme par exemple sur La Piscine. Donc, on a fait des essais... Sur Michel Rocard il n’y a quasiment aucune chanson avec des refrains. Sur Disque D’Or on est revenus à une forme peut-être un peu plus standard... Et je suis sorti des choses intimes. Si tu écris d’après tes émotions et que tu es amoureux à ce moment-là, tu vas écrire des chansons d’amour. Là en l’occurrence ce qui m’a ému c’est plutôt des choses que j’ai trouvé en me baladant dans la rue, en parlant avec les gens... Des chansons comme Le Martien À Grosse Tête, La Mienne, sont plus ouvertes sur la société parce que c’est la société qui m’a touché ces dernières années.
BS : Ta démarche d’écriture repose plutôt sur l’émotion ou l’intellect ?
ELB : Les deux. Souvent, l’idée d’une chanson vient d’une émotion. Par exemple, La Mienne vient du fait que j’en avais marre de voir partout des mecs et des nanas à poil, et puis le message qu’on nous délivre en ce moment c’est qu’une nana doit avoir de gros seins pour être belle, et que les mecs doivent avoir de grosses bites. C’est une sorte de pornocratie qui exclue toute forme de sensibilité dans l’apparence. La Mienne n’est pas une chanson sur ma bite, elle parle plutôt de tendresse, et du fait qu’on est pas des queutards ou des salopes. La chanson sur le vélo, Adélaïde, vient d’une question : pourquoi les gens ont ce rapport avec leur bagnole, leur moto ? J’ai eu envie de faire une chanson en réaction à ça, où je dis que la classe ce n’est pas une grosse moto mais un vélo qui ne fait pas chier et qui permet de se déplacer rapidement en ville. Ca part d’une émotion, ensuite ça s’intellectualise et ça devient une chanson sur l’écologie, la modification des modes de transport.
BS : Le début d’Adélaïde m’a un peu rappelé...
ELB : ...Chantal Goya !
BS : En quelque sorte... C’était voulu, bien entendu.
ELB : Ouais.
BS : Une référence dangereuse !
ELB : C’est l’histoire d’un mec amoureux de son vélo, donc forcément c’est d’abord une histoire de gamin. C’est comme ça que ça débute. Après, ça devient un peu plus adulte.
BS : Les critiques aiment bien te comparer à Brel, Gainsbourg, Nougaro, Miossec. Ca t’énerve ou tu revendiques cet héritage ?
ELB : Ce que j’ai remarqué c’est que les gens qui essayent de nous trouver des références y substituent souvent les leurs. En ce moment la référence c’est Desproges. Plusieurs journalistes m’ont déjà sorti ça, « une écriture à la Desproges », le côté cynique, etc. Je trouve ça bien, car ça a le mérite de changer un peu le registre... Et pour Gainsbourg : de quel artiste peut-on dire qu’il n’a pas été influencé par lui ? Il a jeté des ponts et on est obligé de repasser par ces ponts-là à un moment donné. Pour ce qui est de Brel, oui, là c’est un héritage assumé car pour moi c’est le modèle en termes de présence scénique, d’écriture, de poésie, d’étincelle... C’est le seul mec qui arrive à me transporter avec trois mots. C’est pour moi le plus grand interprète. Gainsbourg était plus intello.
 « Maintenant les mecs c’est à vous de bosser... »
BS : Tu disais à l’occasion d’une interview accordée à un autre webzine que sur scène tu n’interprètes pas un rôle, mais que tu laisses libre-champ à certains aspects de ta personnalité. Finalement ça reste un travail de comédien ?
ELB : Oui, tu rentres dans la peau d’un personnage et après tu fouilles. J’imagine qu’un autre artiste qui interprèterait la même chanson incarnerait un personnage différent. De plus, cela peut évoluer. Je ne vais pas interpréter le personnage de La Folle tous les soirs de la même façon. Parfois ce mec-là est cynique, parfois transi, parfois violent... C’est quelque chose qui vient sur le moment. C’est bien d’être capable de se laisser porter sans savoir ce que tu vas dégainer. C’est une alchimie assez étrange et intéressante. Mais, en fait, un spectacle ne se fait pas tant sur scène que dans la salle, il fonctionne entre les deux oreilles des gens. Si l’imagination de chaque spectateur fonctionne, c’est gagné. L’artiste est un vecteur. Le spectateur construit le personnage avec lui. Ça amène de l’exigence dans la relation avec le public, comme si on lui disait : « Voilà les mecs, maintenant c’est à vous de bosser ! ».
BS : Tu travailles ta gestuelle ?
ELB : Oui. Tu peux te contenter de vivre le personnage intérieurement, sans bouger, mais il faut arriver à le transmettre, à le faire sortir. La gestuelle se travaille de deux façons. Il y a des passages obligés pour appuyer certains mots, certaines intentions, et d’autres choses sortent spontanément sans qu’on sache pourquoi : des choses nulles, ou des choses bien qu’on garde pour plus tard. C’est un mélange d’inné et d’acquis.
BS : Votre reprise des Canuts d’Aristide Bruand m’a fait penser à la Marseillaise revue et corrigée par Gainsbourg.
ELB : Je suis lyonnais, et c’est un peu la chanson de la ville, celle que les gamins apprenent à l’école. J’imagine que pour les petits toulousains ça doit être la chanson de Nougaro. Je trouvais ça rigolo de faire un petit clin d’œil mais quand on a fait cette reprise je n’avais pas complètement perçu le message politique de la chanson. Elle parle d’évènements qui se sont produits en 1831, mais 180 ans après on en est toujours là. Un ouvrier chinois pourrait parfaitement chanter Les Canuts parce qu’il fabrique des trucs dont tout le monde profite sauf lui. Rien n’a bougé. C’est assez affligeant.
BS : Je vais encore te faire chier avec Gainsbourg...
ELB : Non, non, attends, ça va !!!
BS : OK. Je suis Une Maison Close m’a fait penser à L’Hotel Particulier sur l’album Melody Nelson.
Et ben, pas du tout ! Je vais te dire, c’est étrange... Après Michel Rocard je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs chansons qui parlaient d’eau... La Piscine, Sous Marine, L’Ennui et une autre chanson qu’on a pas pu mettre sur le disque, La Rivière (on peut écouter ce titre sur le site officiel du groupe). Je ne sais pas pourquoi à ce moment-là j’étais plutôt attiré par la mer, la flotte... Même chose sur Disque D’Or : je me suis rendu compte après-coup que plein de textes parlaient de la solitude. Le Bocal, Alcoolique, Tout Est Parfait, Allongé Dans un Pré, Le Martien À Grosse Tête, La Croisée, Les Animaux... et aussi Je Suis Une Maison Close. Ce n’est qu’après que j’ai réalisé de quoi parlait vraiment cette chanson : de la maladie mentale. « Je suis une maison close » : il y a le bordel dans ma tête. Relis le texte et tu verras, c’est cohérent.
BS : Dans le même ordre d’idée, j’ai pensé que La Croisée était peut-être une métaphore du plantage avec Universal, quand tu écris par exemple que « le diable est radin ».
ELB : Non, parce que la chanson était déjà écrite avant. Mais de toute façon la métaphore faustienne est incontournable pour moi. Si tu la traduis dans la vie de tous les jours, ça donne « le mieux est l’ennemi du bien ». La volonté d’aller loin t’oblige à revenir sur des principes. La Croisée est un mélange entre deux histoires. Un jour, je me suis retrouvé dans une boîte parisienne qui s’appele La Coupole. C’est un endroit plein de gigolos. Je danse, et soudain une vieille nana se pointe et commence à me coller... Je me suis dit : « si je lui propose de passer la nuit avec elle, elle va accepter, elle va me demander mes tarifs ». En gros j’étais en situation de prostitution. La Croisée fait aussi une allusion à l’histoire de Robert Johnson qui a vendu son âme au diable à la croisée des chemins pour mieux jouer de la guitare. D’où la chanson Crossroads, reprise par Clapton. Et puis je trouvais ça marrant : le gars qui veut vendre son âme, et le diable qui lui répond qu’il n’en veut pas... C’est un peu l’humiliation suprême.
 « Certaines chansons tiennent de l’exorcisme... »
BS : Tu abordes des sujets difficiles et peu traités par les auteurs en général. Mais dans tes textes rien n’est jamais blanc ou noir. C’est juste l’humain qui est détaillé dans ce qu’il a de paradoxal et fragile. Finalement, chacun de tes portraits ou histoires renvoie l’auditeur à une partie de lui-même. C’est ta motivation ? Tu cherches à être le miroir de la personne qui t’écoute ?
ELB : Je pense que les artistes ont une fonction de vigie dans la société. En laissant sa sensibilité agir on peut détecter des trucs. Mais, ça n’est pas à moi de dire aux gens ce qu’ils doivent faire, c’est pour cela que je laisse les choses en blanc et noir. Il y a des gens qui me disent « vous faites l’apologie de l’alcool », mais ça n’est pas du tout ça. dans Alcoolique je parle d’un mec qui commence à se débattre avec l’alcool et qui se justifie en disant : « si le monde était différent je boirais moins beaucoup souvent », ce qui est quand même un avœu d’échec. L’idée c’est de mettre le doigt sur les choses. Après, vous en faites ce que vous en voulez. Je ne suis pas un homme politique, je ne crois pas que le boulot de l’artiste soit de passer des messages, de dire aux gens pour qui ils doivent voter ; par contre, de poser des questions : ça oui.
BS : L’écriture, c’est catharsique pour toi ?
ELB : (Long silence) J’irais même plus loin. Il y a des textes, Alcoolique en est un exemple, qui sont exorcistes... Certaines chansons sont cathartiques, quand on fait des choses et qu’on a besoin de les sortir, de s’en défouler. D’autres tiennent plus de l’exorcisme, elles sont un moyen de dire : « je ne veux pas être comme ça ». Quand on me demande si je parle de mon histoire personnelle, j’ai envie de répondre que je parle plutôt de mon futur personnel.
BS : La chanson Approche parle de sado-masochisme. Là encore c’est un sujet peu abordé par les auteurs de chansons. D’où vient ton intérêt pour ce thème très spécifique ?
Cette chanson vient de l’émotion forte qu’a suscité en moi le livre de Pauline Réage, Histoire d’O. J’en ai rêvé la nuit, ce livre m’a vraiment mis à mal. Dans ce bouquin l’héroïne rentre dans une forme d’esclavage sexuel et y trouve non seulement une sorte de plaisir mais aussi de liberté... Et ça, ça m’a complètement retourné parce que depuis que je suis gamin je suis obsédé par la liberté, l’indépendance, tout ça... De voir cette fille qui ne se débat pas, ne lutte pas, et y trouve une espèce de sérénité, ça m’a vraiment turlupiné. J’ai voulu explorer ça. Comment peut-on ressentir une liberté, vivre un dépassement de soi quand on est sous la coupe de quelqu’un ? Certains disent « on a jamais été aussi libres qu’en prison » ou « on a jamais été aussi libres que pendant l’occupation »... Il y a différentes manières de faire tomber quelqu’un sous son emprise. Et ce que raconte Pauline Réage c’est que le cul est une façon très efficace d’aliéner les gens.
BS : Le cynisme est une de tes qualités ?
ELB : Le cynisme, c’est une protection de la tendresse. Pour moi le cynisme et la dérision sont des outils qui permettent de se mettre à distance des choses. Personne ne devrait se prendre au sérieux, surtout pas les artistes. Parfois je trouve marrant de dire quelque chose de fort, et ensuite de le retourner. Le cynisme permet ça, et de ne pas juger en assénant. C’est la subtilité qui est intéressante, pas de dire « c’est blanc » ou « c’est noir ». Mais en fait je n’aime pas les gens vraiment cyniques. Très souvent c’est une façon de ne participer à rien tout en étant toujours gagnant. (imitant un pilier de comptoir) « Moi j’aime rien, tous les gens c’est des cons »... C’est naze, mais dans le cadre d’un texte ça devient intéressant.
BS : Eric La Blanche est-il à l’aise avec sa voix ?
ELB : Ouais, ouais, ça va... Faut que je la travaille.
BS : Tu chantais déjà avant, ou ça a commencé avec La Blanche ?
ELB : Non, j’avais un groupe quand j’étais ado. Ensuite pendant dix ans je n’ai plus rien fait parce que je suis rentré sur le marché du travail. Mais je me suis rendu compte que j’avais envie de faire de la musique. Et puis arrivé à 30 ans je me suis dit « ne tourne pas autour du pot pendant 20 ans, si c’est ce que tu as envie de faire, fais-le ». J’ai la chance d’avoir une voix d’opéra. Je me suis inscrit au conservatoire quand j’avais une vingtaine d’années, et les profs m’ont dit que j’avais une voix de baryton. Ils voulaient me garder, mais 20 ans ça fait tard pour débuter une carrière lyrique. Je ne bosse pas ma voix, mais j’ai progressé depuis le premier album, j’ai gagné en hauteur. Cela dit la prochaine étape serait plutôt d’arriver à des choses plus brutes, plus spontanées. L’émotion n’est pas qu’un truc technique, et il faut y revenir sans cesse.
 « Tu peux encore exister à côté de TF1... »
BS : En dehors de la musique, qu’est-ce qui influence ton travail ?
ELB : Les rencontres, la presse, l’actualité... Je lis assez peu de bouquins, mais pas mal de quotidiens. La tragique destinée de notre malheureuse planète me fait complètement flipper. Je suis abasourdi par l’inactivité ou le manque de recul de tout le monde. Tous les signaux d’alarme sont tirés et on arrive juste à décider qu’on va faire 5 minutes de blackout... C’est l’image du mec qui tombe du dernier étage et se vide les poches en espérant qu’il tombera moins fort. C’est dérisoire, mais en même temps nécessaire.
BS : Les groupes français qu’il faut surveiller en ce moment ?
ELB : J’aime beaucoup ce que fait Bertrand Belin. Il y a aussi une p’tite nana qui a bossé avec nous assez souvent sur les première parties, que j’aime beaucoup et qui s’appele Marjolaine. Je la considère un peu comme notre alter-ego féminin. Elle fait des chansons assez osées, pas seulement dans le vocabulaire mais aussi dans la façon d’aborder les choses.
BS : Quand on écoute Alcoolique ou Tout Est Parfait, ces histoires de mecs qui sortent en boîte, on se dit qu’il y a du vécu là-dessous... Au bout du compte, tu es un urbain socialement actif ou plutôt un gros ours renfrogné ?
ELB : Un ours renfrogné. La raison pour laquelle je monte sur scène c’est que je suis quelqu’un d’excessivement timide. C’est un truc assez dément pour ça... Après, est-ce que finalement le remède n’est pas pire que le mal ? C’est une autre question...
BS : Héhé. Le téléchargement, le MP3, toute cette confusion qui règne en ce moment autour de ça, ça t’inspire quoi ?
ELB : J’ai tendance à penser que l’éducation est la solution de tout. Les gens qui aiment vraiment la musique ont plutôt intérêt à privilégier une sorte de partenariat... Si j’aime un artiste je ne vais pas aller le pomper. Je peux lui pomper son disque pour l’écouter mais après, si ça me plaît, je vais l’acheter ou aller au concert. Il y a un côté donnant-donnant, et on a la possibilité d’être sur une forme d’échange non-marchand. Je trouve ça complètement con d’envoyer les gens en taule parce qu’ils ont téléchargé, mais en même temps je trouve ça dégueulasse de télécharger un artiste... Encore une fois, ça n’est ni blanc ni noir, la solution est au milieu. Si vous aimez les artistes, achetez leurs disques parce qu’ils ont besoin d’argent, et si vous êtes des artistes ne faites pas de procès aux gens pour les envoyer en taule... Mais je pense qu’on va de toute façon passer à autre chose. La musique existe depuis qu’il y a le langage. Dés que les gens ont un toit et de quoi bouffer ils racontent des histoires ou chantent des chansons. Ca fait partie des besoins primaires ou primordiaux de l’être humain. La musique s’est toujours répandue gratuitement comme ça, et finalement ça ne fait guère que 100-150 ans qu’on en a fait quelque chose de très marchand. Aujourd’hui on en revient à ça : les gens vont aux concerts. Le mec qui joue pour toi, devant toi, c’est une des plus vieilles formes d’expression. Après, puisqu’on parle de modèle économique, j’ai envie d’évoquer la Chine. Là-bas il y a un modèle intéressant qui repose sur l’idée que le disque n’est pas fait pour être rentable, mais pour permettre la promotion. Les artistes gagnent de l’argent en faisant des concerts et aussi de la pub, ce qui pose un autre problème... Mais, après-tout, les artistes ont toujours été mécénisés, sponsorisés. Léonard De Vinci, Michel-Ange, Le Caravage... Molière arrivait bien à se démerder avec Louis XIV, pourquoi pas nous ?
BS : Aujourd’hui, les artistes sont dans un étau ; les majors qui se disent ruinées par le téléchargement illégal ont plus que jamais les moyens de monopoliser les radios, les télés, la presse et les grandes surfaces.
ELB : Oui, et le problème c’est que ça n’est pas en train de changer. Un jour viendra où les majors auront aussi le monopole sur internet. C’est en train d’arriver. Les sites qui drainent tout le public aujourd’hui sont WapTV, MySpace... Qui possède MySpace ? C’est Murdoch... Des gens comme ça. TF1.fr est un carton aussi... Mais on a encore la possibilité d’exister face à ces mastodontes. C’est encore ouvert, tu peux exister à côté de TF1, même si tu es un fan de trash-metal-gothic roumain tu peux trouver ton bonheur sans passer par quelqu’un. Ça, c’est super-intéressant. Cela dit je me fais peu d’illusion sur l’avenir de la musique... Il y aura des méga-sites qui fédéreront certains trucs, et face à eux ce sont encore les mêmes qui vont griller.
BS : Hm... Passons à autre chose ! Pas de clavier chez vous, mais un violoncelle. C’était un choix prémédité ou le résultat d’une heureuse rencontre ?
ELB : C’est les deux. Ça m’emmerdait de faire un combo rock de base. Je ne nous aurais pas trop vu avec un violon, mais le violoncelle par contre... Je me rappele à quel point j’étais ravi et béat le premier jour où Raphaèle est venue répéter avec nous... Le son du violoncelle c’est un truc dément. On a pas besoin de clavier, le violoncelle est un excellent clavier ! Après, la touche de féminité : oui ! Mais ça aurait aussi pu être un mec.
 « La possibilité de se remixer en permanence... »
BS : J’ai lu sur le site que tous les musiciens de La Blanche ont des activités annexes. Et toi, alors ? Tu ne vis pas seulement de la musique ?
ELB : J’ai des activités annexes. Je fais un boulot alimentaire. Voilà. (Il boit une gorgée, le regard dans le vide).
BS : Ok. Vous adaptez votre formation aux endroits où vous jouez. Tantôt vous balancez les décibels, tantôt c’est unplugged et à la cool.
ELB : C’est aussi un désir artistique. Vu qu’on se situe entre chanson et musique actuelle, on a deux formations. On est assez content de la façon dont on fonctionne en trio, c’est très lisible, très simple, ça amène une interprétation et des émotions différentes. L’autre formation permet plus de patate. C’est bien d’avoir les deux, comme si on avait la possibilité de se remixer en permanence.
BS : En ce qui concerne les arrangements, il y a une tête pensante dans le groupe ou c’est un travail collectif ?
ELB : Ça a évolué. Christophe, mon frère (l’un des deux guitaristes du groupe, crédité comme arrangeur principal sur Michel Rocard) a fait un album tout seul dans son coin... Il est super bien... Enfin, selon moi...
BS : Hop ! Promo pour le frangin ! Le titre de l’album ?
ELB : Son projet s’appele Seven Questions. On peut l’écouter sur MySpace. C’est un truc en anglais... Pour les arrangements il n’y a pas de recette bien définie. Par exemple pour Allongé Dans Un Pré En Automne, Gil (Husson, guitariste) avait une mélodie et elle m’a fait penser à un paysage d’arbres, de prés, avec un mec allongé au milieu. Parfois les textes arrivent avant, parfois c’est la mélodie, c’est un peu à la fortune du pot. Il arrive aussi que la personne qui mixe ou le réalisateur donnent leur vision de la chanson. Sur La Mienne, au départ, on voulait mettre de la batterie et d’autres trucs et puis le réalisateur a dit « non, elle est très bien avec juste une guitare », et finalement on l’a laissée comme ça.
BS : Tu joues d’un instrument ?
ELB : Oui, un peu de guitare. Mais le problème, c’est que j’ai quatre pieds gauches. Je suis très maladroit, donc la guitare... Je compose des trucs mais je ne suis pas instrumentiste, c’est d’ailleurs pour ça que je me suis retrouvé chanteur. Au départ, j’aurais bien aimé être un guitar-hero, pouvoir jouer tous ces trucs à toute vitesse...
BS : Enfin, vous avez quand même deux chouettes guitar-heroes il me semble !
ELB : Non, non, pas vraiment. Ce qui est intéressant avec nos guitaristes, c’est qu’il y en a un qui est très virtuose... (il parle de Gil Husson) Il joue des trucs assez posés, mais si tu lui demandes de te balancer un « bloubloubloubloublou » (il imite un solo à la Yngwie Malmsteen), ça marche aussi ! Christophe est dans un style complètement différent, dans l’émotion brute, la création... Les deux s’harmonisent assez bien.
BS : Une petite anecdote sur le groupe ? Un truc de tournée, quelque chose de tragique, de drôle, peu importe... On veut du croustillant !
ELB : (Il réfléchit un court instant) Oui, on a fait un concert avec le groupe Khaban’ qu’on connaît bien parce qu’on a le même tourneur, et il était question que Stéphane Balmino, le chanteur, nous rejoigne sur scène pour un morceau. Le moment venu j’ai fait un truc très con, j’ai demandé au public : « est-ce que quelqu’un veut monter sur scène ? » tout en sachant que Stéphane, dans la salle, allait se proposer. Effectivement, quelqu’un a levé le doigt mais c’est seulement au moment ou la personne est arrivée que j’ai réalisé que ce n’était pas Stéphane mais un handicapé mental. Il m’a demandé s’il pouvait réciter une poésie au milieu du morceau et ça a donné quelque chose de magnifique, de très tendre. C’était sur Les Canuts, à Lyon je crois... Mais je pense que si quelqu’un avait pu photographier ma tête au moment où il est monté sur scène... « Oh ! Mais merde ! C’est qui ?! ». (rires) J’aime bien quand il y a de l’imprévu, parce que là c’est vraiment du live et les gens rentrent chez eux avec un souvenir mémorable du concert.
 « On se bagarre pour faire connaître l’album... »
BS : Gainsbourg, encore lui ! Et Neil Young sont d’accord pour dire qu’on ne fait pas de musique sans mise en danger, sans prise de risque. Dirais-tu que La Blanche se met en danger, parfois ?
ELB : Oui, Alcoolique, La Mort À Johnny sont des prises de risque. Je savais qu’on risquait d’être tricards sur certaines radios. Tout Est Parfait aussi, car je voulais que ce morceau sonne « boîte de nuit ». Du coup, des journalistes disent « c’est tout pourri, c’est cheap ! »... Une fois l’article publié, forcément, moi j’aimerais bien pouvoir leur répondre « hé, mais c’est bien que vous disiez ça parce que c’est ce qu’on voulait ! »... Mais trop tard... Dans des cas comme ça il y a prise de risque car tu sais que tu t’exposes. Dans le côté varié de l’album, aussi. Tu ne vas pas forcément aimer toutes les chansons, tu vas piocher. Tu peux adorer certains titres et en détester d’autres. Mais je ne m’inquiète pas trop pour le public, parce que certains chroniqueurs de webzine ont dit que pour eux c’était le meilleur album de la rentrée, et ce sont quand même des gens qui écoutent beaucoup de musique... Le problème viendrait plutôt de certains journalistes qui chroniquent un disque en 40 minutes montre-en-main. Ils l’écoutent une fois en zappant, et « emballé c’est plié ». Nous, on ne rentre pas du tout dans ce format-là. C’est un album farouche, exigeant, charnu, qu’il faut écouter un certain nombre de fois. Mon ambition c’était de faire un disque qui serait un peu comme un album d’Astérix qu’on relit dix ans après en se disant « putain, j’avais pas capté ce truc-là ! ». J’aime bien faire des choses un peu ludique, avec des jeux de mots, des renvois et... (le téléphone d’Eric sonne, l’inquiétude monte car il n’a pas encore effectué ses réglages de voix pour le concert et que l’heure approche dangereusement).
BS : On ne va pas trop tarder... Encore une ou deux questions, vite fait. Qu’est-ce que c’est que cette photo sur la pochette de Michel Rocard ?
ELB : Je trouvais que cette espèce de grand-roue abandonnée avait un côté fête triste. C’est un copain qui a pris cette photo, elle me plaisait bien. J’avais prévu une pochette bleue avec un truc un peu cinémascope, des bandes noires... Et puis en fait, j’étais en vacances au moment où la pochette s’est faite, ça a changé au dernier moment, c’était un peu n’importe quoi... Finalement je trouve cette pochette très moche, voilà ! (rires)
BS : À quoi ressemble le futur de la Blanche ?
ELB : À Don Quichotte contre les moulins à vent. On va continuer à aller au contact du public. Je sais qu’on est convaincants sur scène, encore faut-il que les gens viennent nous voir. On se bagarre donc pour faire connaître l’album mais comme je l’ai déjà dit le problème est qu’on a pas une couverture suffisante des médias critiques. Si La Blanche avait signé chez Universal on aurait des articles dans tous les journaux. Si tu es avec une grosse maison de disques tu es pris plus au sérieux et respecté car les mecs se disent que tu as plus de chances de faire une tournée, qu’on parle de toi... On souffre d’être petits, alors que je considère qu’on a absolument pas à rougir en comparaison d’autres artistes. Je suis assez fier de cet album, assez fier de ne pas avoir fait la pute, mais ça m’emmerde d’être coincé, de ne pas avoir le droit de rentrer dans le stade pour jouer avec les autres.
BS : Il paraît que tu as été journaliste ?
ELB : Oui, j’ai été J.R.I. Mais j’ai trouvé tellement frustrante, tellement anti-créative cette façon de traiter l’information, que j’ai arrêté immédiatement. J’aurais aimé être un journaliste à la Jack London, Hemingway, Albert Londres... Mais je n’aurais pas pu m’empêcher de déformer, de recréer, de faire des jeux de mots... Hors, le journaliste doit rester très factuel et maîtriser sa subjectivité, ce dont je n’ai absolument pas envie.
BS : Pareil. Un petit conseil de l’ancien journaliste aux rédacteurs de B-Side Rock ?
ELB : J’ai deux trucs à dire aux rédacteurs de B-Side Rock. D’abord : les mecs, vous êtes des vrais journalistes donc vous êtes censés vérifier vos infos. J’étais avec une copine de Libé l’autre jour et elle me dit : « ce qui est étonnant avec les critiques, c’est que sous-prétexte qu’ils sont critiques, ils ne vérifient jamais les infos ». Le critique reste un journaliste, dont le boulot est d’amener de l’information. Ensuite : vérifiez les dossiers de presse, parce qu’on peut vous raconter n’importe quoi. Même si le public et le journaliste ont envie d’y croire...
BS : L’histoire des batteurs de la Blanche décédés dans des circonstances aussi loufoques qu’improbables, que vous racontez dans la bio, il y a des gens qui y croient vraiment...
ELB : Oui ! C’est énorme ! Mais du coup, ça agit comme une sorte de piège à journalistes. Si les mecs lisent en diagonale, ils se disent : « oh putain les pauvres, ils ont eu plein d’emmerdes ». Si ils lisent le truc complètement, ils se rendent compte qu’il y a embrouille... C’est vrai qu’on a rencontré des gens qui nous ont dit : « j’espère que vous n’allez pas me porter la poisse, il y a quand même eu des morts chez vous », et on répondait : « attendez, vous croyez vraiment que le batteur est mort d’une overdose de Bounty ??? » (rires).

 lablanche.org
Le patron du troquet arrive avec deux demis qu’il veut nous offrir. Mais Eric est pressé par le temps, nous sifflons nos bières en deux gorgées et je lui suggère de le prendre en photo avec les clients. Sympas, les gens acceptent de poser avec le chanteur devant le bar... Puis nous rentrons à la MJC en quatrième vitesse. Merci à Eric, aux musiciens de La Blanche et à Stéphane Marvy pour leur gentillesse et leur disponibilité. Longue route à eux !

//www.inside-rock.fr/Eric-La-Blanche?artpage=7-7







La Blanche

Biographie > Le Noir
Formé il y a quelques années, La Blanche enregistre son premier album Michel Rocard qui verra le jour en octobre 2002. Parallèlement à la confection de cet album, le groupe donne une centaine de concerts parmi lesquelles des participations à quelques festivals (Francofolies de La Rochelle, Printemps de Bourges, ...). Fin 2004, commence alors la préparation d'un nouvel album. Il sera enregistré durant l'hiver 2004-2005 et apparaîtra dans les bacs début novembre 2006 via La Manufacture Du Disque. Actuellement, le line-up du groupe est le suivant : Eric La Blanche (chanteur, arrangeur), Mademoiselle Murer (violoncelliste, bassiste), Monsieur Cargnino (sampleur, électrobatteur), Christophe Blanchet (guitariste, bassiste) et Gil Husson (guitariste, bassiste).
Rémiii 
Janvier 2007
La Blanche / Chronique LP > Disque d'or
 Mais qu'est-ce que fabricote La Blanche ? De l'électro-folk ? De la chanson réaliste ? Du rock binaire ponctué de tendres éclaircies ? A vrai dire, Disque d'or est un peu tout cela à la fois. La Blanche manie de diverses manières l'approche d'un chant exclusivement en langue française, quitte à déconcerter l'auditoire. 
Si un petit coté "Debout Sur Le Zinc / Les Hurlements D'Léo crew" se dégage des parties à cordes veloutées, l'assemblage du violoncelle avec des rythmes syncopés provoque un curieux effet. Curieux mais original et kitsch, aussi, il faut le dire. Malheureusement, parfois, la recette est faiblarde, comme sur "Adélaïde", où les textes ne viennent pas vraiment au secours des instrus. Mais d'autres titres font oublier ce passage à vide de mi-parcours. Dans cette même approche de chant servi sur du "boum-boum-violoncelle à guitares", on notera le Miossecien "Alcoolique" ou "Tout est parfait", deux titres électriques de bout en bout. 
Le groupe prend une option plus posée, entre chanson et folk sur "Le bocal" (qui ouvre l'album), "La mienne" dont Pierre Perret aurait été fier d'accoucher ou "La croisée" qui fait figure d'épopée en clôturant l'album durant 7 minutes. "Le martien à grosse tête", disjoncté, s'emballe un peu plus, tout comme "La mort à Johnny", morceau futuriste, anticipant la disparition de Johnny Hallyday et décrivant avec justesse l'ambiance qui règnera ce jour-là. A contrario, un brin de nostalgie s'échappe du très soigné "Allongé dans un pré en automne".
Maniant textes drôles ou plus noirs, livrés avec leur lot de rimes bien emballées, chantés sur un assemblage original d'instruments, La Blanche s'offre le luxe d'obtenir "un disque d'or une fois dans leur vie" (dixit la bio officielle) en osant franchir des clivages tout en se constituant une propre identité.





La Blanche - Michel Rocard
Nocturne -

Il y a deux ans, on s’enthousiasmait sur les chansons bilieuses et mâles de La Blanche, groupe abattu mais fier qui appelait son autoproduction Michel Rocard et la dédiait à Miossec. Ravi, Rocard a accordé sa bénédiction (“Vos chansons me rappellent Bashung“, leur a-t-il dit, pour rappeler qu’il aurait dû être président et rock-critic) à [...]
Il y a deux ans, on s’enthousiasmait sur les chansons bilieuses et mâles de La Blanche, groupe abattu mais fier qui appelait son autoproduction Michel Rocard et la dédiait à Miossec. Ravi, Rocard a accordé sa bénédiction (“Vos chansons me rappellent Bashung“, leur a-t-il dit, pour rappeler qu’il aurait dû être président et rock-critic) à la ressortie de ces chansons, cette fois-ci débarrassées du devoir de grisaille par la production délicate de Gilles Martin (Miossec, justement).
C’est pourtant toujours sans luxe, sans manières que La Blanche reçoit, la langue hérissée mais les chansons plus chaleureuses et ouvertes vers le Sud, d’une bossa perturbée à un flamenco perverti. Du coup, on ressort ébranlé de La Piscine, funky-frisquet, ou troublé par la fréquentation d’Un Homme, chanson à déboires. Et on accompagne toujours avec autant de plaisir pervers Bart, à la pêche aux coquillages.

par Simon Triquet







LA BLANCHE

Auteur : Blandine
(Publié le 24/01/2007)

Comme l'a dit fort justement Philippe Bouvard, grand intellectuel de notre temps : "Le cynisme est le comble de la franchise dans une société d'hypocrites".
Cette rafraîchissante définition colle bien aux pompes de La Blanche, les dignes héritiers de Brel et Brassens qui aimaient à chanter tout haut ce que tout le monde fredonnait tout bas. Heureusement, dans ce monde tourmenté par les mauvaises nouvelles journalières et la musique insipide, une nouvelle génération prend la relève. La Blanche en fait partie, aux côtés, entre autres, de Mickey 3D et Tue-Loup.
Leur premier album, intitulé Michel Rocard, en hommage au créateur du RMI sans qui la sortie de ce disque n'aurait pas été possible, est là pour secouer les endormis bien-pensants. Un portrait des petits moments de la vie, si anodins et si importants, chanté par quelqu'un qui a très vraisemblablement vécu quelques coups durs au cours de son existence.
Au cas par cas, chaque chanson est une vraie perle, un instant volé, des réminiscences, une réflexion sur la vie, l'amour et les Hommes. La voix d'Eric La Blanche, à la fois douce et sifflante, s'accompagne d'un violoncelle et d'une guitare discrète, d'une batterie et d'effets électroniques ("Bart à la pêche aux coquillages", "Sol, la femme digitale"). D'autres morceaux plus réalistes ont un but principalement comique ("La piscine"). D'autres sont particulièrement cyniques ("La folle", "La mauvaise foi"). Les sujets sont variés mais le thème principal est le même : l'amour qui rend fou, l'amour sensuel d'une femme virtuelle, l'amour de l'alcool, l'amour perdu, l'amour physique. Cependant, le groupe ne tombe pas dans la facilité de décrire la vie quotidienne. Non, chaque situation est à la fois réaliste mais certainement pas routinière. Un portrait croqué à coups de machettes ("L'alcoolique") aurait pu être en son temps chanté par Brel. L'album se clôt sur la reprise "Les Canuts", d'Aristide Bruant, chantant la révolte des Canuts à Lyon au XIXème siècle. Clin d'œil (cynique !) à la ville natale d'Eric La Blanche.
Un arrière-goût de nostalgie nous met un peu mal à l'aise. La voix d'Eric La Blanche exprime très bien la recherche désespérée du bonheur, l'arduité de croire que tout ira mieux. Le violoncelle ponctue ses tristes accents de notes graves alors que la guitare souligne la violence dissimulée des paroles. Les textes sont mis en avant, la musique accompagne chaque mot pas à pas, crée l'atmosphère. Un cocon de vague à l'âme où l'on aimerait bien s'enfouir et ne plus en sortir…







La Blanche - Michel Rocard     
Nocturne - 2002
 
Ils font de l’électro-pop. Et ils le valent bien. Eux, ce sont La Blanche, groupe lyonnais qui vient enfin de sortir son premier LP Michel Rocard. Un LP bourré d’inventivité, d’ingéniosité et surtout de textes poétiques que l’on avait plus trop l’habitude d’entendre dans une chanson française boursouflée jusqu’à l’os de mièvreries ineptes et bassement mercantiles. Présentation.
 
    On aurait pu titrer cet article : Où il est question d’Electro-Po (p’)esie. Car oui, de poésie et d’électro-pop il en est question à l’écoute de La Blanche, qui vient tout juste de sortir son premier opus. Un premier album, estimable, à estimer, et sauveur d’une chanson française pour qui le néo-réalisme est devenu le fond de commerce (et l’arbre qui cache l’immonde forêt).
Afin de ne pas tomber dans les redites de chroniques de journalistes (bien plus spécialistes que moi dans l’écriture de ce genre de laïus) sorties ici et là, nous ne nous éterniserons pas sur le fait que l’album s’intitule Michel Rocard. Sachez juste qu’il s’agit d’un hommage à l’ancien premier ministre, initiateur du RMI, aide qui a permis au groupe de s’en sortir il y a quelques temps de cela.
Attachons-nous plutôt au disque en lui-même, perclus de pépites.
 
    Nous avons affaire ici à l’album quasi-parfait. Un mélange de grandes influences (Miossec, Ferré, Brel), une pointe de nouveauté (cette électro-pop) et des textes poétiques à faire passer certains porte-étendards de la musique française actuelle pour de gentils compositeurs à la petite semaine (ce qu’ils sont pour la plupart).
Entre violons savamment distillés, sons électro et finesse des compositions, il n’y a rien a jeter.
De Bart à la pèche aux coquillages, l’histoire d’un doux rêveur qui dessine sur le sable le visage de ses épouses, à « Te Dire » (splendide chanson d’amour, pleine de tendresse et de pudeur) en passant par Un Homme où  l’influence de Brel se fait énormément sentir, tant au niveau du texte que de l’interprétation et la double chanson qu’est La mauvaise foie où le poète Eric La Blanche (auteur-compositeur) atteint des sommets de créativité. Tout est parfait ici.
Et que dire de « Les Canuts » première chanson syndicaliste pour un des premiers, si ce n’est le premier, mouvement gréviste de notre histoire, reprise ici avec brio.
 
    Bien sûr on pourra reprocher la faiblesse de quelques chansons (en fait d’une seule, « Approche (la servitude en adepte). Et encore, il faudrait vraiment être pointilleux. Et même si le  caractère un poil tristounet de toutes les compositions ne nous donne pas vraiment envie de rire -caractère qui au final fait toute la richesse de cet album-, rien ne saurait gâcher le réel plaisir que l’on a à l’écoute de cet album, quasi parfait, d’un groupe inconnu jusqu’alors, mais qui espérons, ne devrait pas le rester longtemps.
 
olivier






Biographie :                    
La Blanche
 
2000 - Formé autour d'un quatre pistes d'emprunt, la Blanche enregistre rapidement une première démo ; l'idée de départ est simple : de la musique, des histoires… et de l'émotion. Coup de bol, le premier titre, "Bart à la Pêche aux Coquillages", est immédiatement repéré et diffusé sur France Inter. Encouragé à poursuivre, La Blanche vole des instruments et compose un album.

2001- Entre temps, le groupe accueille Stéphane, batteur, puis Melle Murer, violoncelliste. En pleine bulle Internet, la Blanche communique allègrement sur Internet et se forge une réputation numérique via de décapantes niouzelettres d’informations, la voici promue : « Porte-parole de la Génération Internet » (sic). La bulle crève, les niouzelettres restent, munitions d'une guérilla promotionnelle ironique et fauchée.

2002- la Blanche auto produit son premier album, intitulé Michel Rocard en hommage à l'initiateur du RMI sans lequel la création du disque n'eut pas été possible. Il est mixé par l’excellent Gil Martin à Bruxelles puis distribué par le label Nocturne. Malheureusement, le jour de la sortie, le groupe perd son batteur, Stéphane, tragiquement asphyxié dans le garage qui lui sert de local de répétition. Son passage éclair influencera durablement le son du groupe. La Blanche recrute alors un nouveau batteur qui, coïncidence, s'appelle lui aussi Stéphane.
Le disque est salué par les médias tandis que "Bart à la Pêche aux Coquillages", "la Piscine" ou "Sous Marine" prennent le chemin des ondes (France Inter, Férarock, Nova, Mouv', RTL etc.) Parallèlement, la formation donne des concerts (Francofolies, Chorus des Hauts de Seine, PdB et salles de concert). Avec une centaine de dates à son actif, la Blanche s'affirme peu à peu comme un vrai groupe de scène, intense et incarné, entre la personnalité massive du chanteur, Eric la Blanche, et la troublante présence de Melle Murer, au violoncelle. Cette année-là, après un concert, Colin, guitariste fondateur du groupe décède lors d'une partie de fléchettes qui tourne mal, victime de la folie des hommes : Gil Husson le remplace.

2003- Malgré l'absence de budget, Michel Rocard rencontre un bon succès d'estime mais, avec 5000 ex. vendus, la construction de la piscine en forme de guitare dans laquelle le groupe se voyait déjà barboter doit être reportée... d'autant que fin 2003, Stéphane, second batteur du groupe, se noie lors d'un entraînement nocturne de triathlon. Qu'à cela ne tienne ! la Blanche décide de recruter un troisième batteur et décrète que tous ses batteurs devront désormais se prénommer Stéphane, en hommage aux deux précédents.
 
2004- Stéphane, troisième du nom, rejoint le groupe. Fin 2004, la Blanche est lauréat du Fair et prépare son deuxième album lorsque Bart, bassiste historique du groupe, disparaît à son tour, dans une crevasse lors d'une randonnée alpestre. Fou de douleur (mais conscient du fait que le destin vient de lui faire économiser un salaire), le groupe décide qu'il ne sera jamais remplacé. C’est pour cela que, depuis lors, il y a trois bassistes volants dans la Blanche.
 
2005- L'album est néanmoins enregistré durant l'hiver dans les anciens studio Vogue sous la houlette du réalisateur Laurent Guéneau. Il ne peut malheureusement achever le mixage, terrassé par une invraisemblable intoxication alimentaire.
C’est à ce moment que le groupe rencontre le label indépendant « la Manufacture de Disques ». C’est aussi à ce moment-là qu’Universal choisit de s’intéresser à la Blanche. Le groupe hésite, tergiverse, mais décide de suivre sa pente naturelle et signe pour l’indépendance.
 
2006- Il ne reste plus alors qu’à finir les mixes, que Gil Martin, sorcier du premier album, prend en charge (au péril de sa vie). La sortie du disque est prévue en octobre 2006. Sauf accident, bien sûr…
 
Epilogue : « Disque d’Or » aura mis plus de deux ans à naître. Il est à l’image de sa gestation :  mouvementé, multicolore, insoumis, désabusé, plein de cynisme et de grosses guitares (pour faire genre), de tendresse et de violoncelle (pour plaire aux filles). Il parle du beau sexe (« la Mienne »), de tabassage médiatique (« la Mort à Johnny »), d’un vélo légendaire (« Adélaïde »), d’un Faust gigolo (la Croisée), d’un Candide extra-terrestre (« le Martien à Grosse Tête »), des méandres de la conscience (« la Maison Close ») bref, de la vie (« Alcoolique »), de la mort (« Allongé dans un Pré en Automne ») et, plus largement, de la comédie humaine.
*
En même temps, il ne faut pas croire tout ce que racontent les artistes dans leur biographie.    
Album « Disque d’Or »  - Sortie le 03 Novembre 2006
La Manufacture du disque ®

Eric la Blanche
Chanteur survivant, auteur, compositeur, arrangeur, emmerdeur (Lyon)
 Après un parcours mouvementé, en vrac : vendeur, rédacteur de documentaires, journaliste, gagman (notamment « un gars, une fille »), voyageur, mannequin, fondateur de start-up, chômeur puis RMIste, Eric décide, à 30 ans, que « ça commence à bien faire » (sic). Il plaque tout et revient à ses premières amours : les lettres et la musique.
Ce parcours atypique a été influencé par les longs mois passés à l’hôpital, en tête à tête avec la maladie, à 21 ans. Restent cette distance ironique qui imprègne les textes et une farouche volonté de vivre en accord avec soi-même.
Et d'être liiiiibre.
 
Mademoiselle Murer
Violoncelliste diaphane - bassiste (Strasbourg)
Concertiste issue du classique et du contemporain, Raphaèle est à la scène un personnage troublant, à la fois angélique et sulfureux. Curieuse de nouvelles expériences, elle décide de se lancer dans la chanson après un concert des Têtes Raides et, depuis, joue dans plusieurs formations tout en collaborant avec des comédiens et des danseurs. Elle pratique aussi les arts martiaux et enseigne la musique aux petits enfants.
 
Christophe B.
Guitariste atmosphérique - bassiste (Lyon)
Footballeur émérite, Christophe abandonne la compétition à 16 ans, suite à une faute commise sur sa cheville droite par un jeune inconnu dénommé Thierry Henry. Promis ensuite à un avenir de voyageur, Christophe se sédentarise pourtant à Paris avant de triturer une guitare électrique. Il s'amuse depuis à semer des ambiances atmosphériques, distribuer des riffs teigneux et voyager entre guitares électrique, acoustique et basse. Christophe compose aussi des musiques de films sous le pseudonyme de Kitso.
 
Monsieur Cargnino
Batteur - sampleurs (Avignon)
Musicien éclectique, Stéphane pratique aussi bien l'humilité de la chanson que l'effervescence du raï ou la densité et les sonorités du rock. Il est intervenu auprès de différents artistes aux baguettes ou au sampleur. Afin de conserver à la Blanche la forte crédibilité rock qui est la sienne, il meurt souvent.
 
Gil Husson
Guitariste électro-cabalistique - bassiste (région parisienne)
Gil abandonne vite une carrière dans l'enseignement pour peaufiner les musiques improvisées, le jazz, le funk, le rock. Egalement régisseur sons & lumières de théâtre, veilleur de nuit, joli-cœur, ambianceur en hôtel quatre étoiles et prof de guitare.
 
La Newslettre
Objet numérique envoyé par e-mail à de malheureux innocents plus ou moins triés sur le volet et qui, sous prétexte de faire la promo du groupe, disserte sur, en vrac, « la taupe comme animal totem chez les Sioux », « le bracelet de force du chanteur de Kyo », « une pétition pour soutenir financièrement les actionnaires des majors pendant la crise de l’industrie du disque » ou « ces coquetiers horizontaux qu’on fait sauter entre des sortes de petites cannes à pêche attachées entre elles par un fil ».
Il est, en outre : « impossible de s’en désabonner, pour différentes raisons et contrairement à la loi »
 
Bref, la niouzelettre de la Blanche est un splog (spam et blog) branleur et irrévérencieux, qui reçoit à la fois les louanges de ses victimes et les honneurs de la presse… la seule correspondance électronique à « rudoyer son groupe ethnique » (déchirer sa race ndlr).
 
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La Blanche - Novembre 2006

Rencontre avec « La Blanche » pour parler de leur album « Disque d'or » qui n'est pas disque d'or mais qui le mérite amplement ! Explications pour les personnes déjà perdues par cette introduction...

Myg : La question habituelle d'un début d'interview : Tu peux nous présenter La Blanche, le groupe, toi, etc...
Eric : La Blanche c'est un groupe qui existe depuis 5 / 6 ans. Il y a eu des formations différentes et le groupe s'est stabilisé depuis 3 / 4 ans. On est 5, il y a une voix, 2 guitares, un violoncelle, une batterie et un sampler, et une particularité qui est que la basse passe d'un musicien à l'autre.
Myg : Le second album était attendu car on a un peu cru à une disparition du groupe suite au premier.
Eric : On a été pendant 3 ans dans les marécages de l'industrie du disque, disons qu'aujourd'hui le disque ne va pas très fort. Quand il s'agit de trouver un contrat discographique, une bonne équipe et avoir les moyens de faire de bonnes chansons, c'est déjà pas facile et donc quand c'est un peu la crise c'est encore plus dur. Donc on a pris notre temps, on a fait les choses tranquillement.
Myg : Si je te dis que c'est un second premier album tu es d'accord ? Souvent on dit que pour le premier on a tout le temps pour le préparer et là en 3 ans tu as aussi eu du temps pour le faire.
Eric : C'est pas faux, c'est même une remarque assez juste. C'est vrai qu'on a eu le temps de bien prendre les émotions qu'on a eu durant ces 4 ans, de bien les laisser décanter, on a eu la possibilité de faire un album très varié, très riche avec plein de choses à l'intérieur. C'est vrai que les seconds albums des groupes sont faits sur un laps de temps très rapproché contrairement aux premiers qui eux vont chercher très loin. Donc c'est un second premier album : oui et non en même temps car c'est vrai que l'expérience du premier nous a beaucoup aidés pour faire le deuxième.
Myg : Le premier album était auto-produit c'est ça ?
Eric : Oui, le premier était auto-produit, le second est auto-produit. Ce qui s'est passé, c'est que le premier est sorti chez une maison de disque (pour pas la citer...) mais disons que l'on était pas trop content du travail qui avait été fait. Donc on a décidé de changer de maison de disque, de prendre notre temps, de trouver les bonnes personnes pour pas refaire les bêtises du premier album.
Myg : Qui a tout de même connu un certains succès.
Eric : Le premier album « Michel Rocard » avait eu un peu de succès parce qu'on s'était débrouillé tout seul et on ne voulait pas tout refaire tout seul parce que ce n'est pas notre boulot, il se trouve qu'on l'avait relativement bien fait mais voilà... Enfin aujourd'hui pour faire qu'un album arrive jusqu'aux oreilles des gens, c'est un travail assez considérable et on voulait que ce travail soit bien fait. Ca sert à rien de mettre des émotions, de mettre sa vie dans des chansons si elles n'arrivent pas à toucher les gens.
Myg : Maintenant que le second est sorti, tu écoutes encore le premier ? Tu as quel regard sur ce disque ?
Eric : J'en reste toujours assez fier, il y a de très bonnes chansons. Je le considère comme un album un peu plus expérimental, j'avais envie de prendre des textes très écrits, assez riches et de les mélanger avec des musiques qui sont peut-être pas faites pour. Il se trouve qu'il y a des morceaux qui ont très bien fonctionné comme ça. Le second album c'est une nouvelle aventure qui commence et donc non je n'ai pas de regret.
Myg : Justement le lancement de « Disque d'Or » se passe bien ? Il a un nom prémonitoire ?
Eric : On l'a appelé « Disque d'Or » parce qu'on est un peu superstitieux. Et puis c'était un gentil pied de nez à l'industrie du disque qui considère que la quantité peut remplacer la qualité. C'était un peu une façon de se foutre de la gueule du monde. Ca ressemble un peu au titre qu'on avait trouvé au premier album « Michel Rocard » en hommage à l'instigateur du RMI vu qu'à l'époque la plupart d'entre-nous étaient au RMI. Donc voila, c'était une façon de dire que ce qu'on met dans l'album c'est une chose et la façon dont il est amené dans les radios, la façon dont il vit sa vie d'objet commercial c'est aussi un autre problème et les 2 ne sont pas indépendants. C'est-à-dire qu'on ne peut pas être que dans le commercial et on ne peut pas être que dans l'art et malheureusement, en tant qu'artiste, on est obligé d'avoir un pied dans le commercial même si ce n'est pas ce qu'on préfère.
Myg : Est-ce que tu as envoyé un album à Johnny ou est-ce que sa maison de disque vous a contactés ?
Eric : Depuis qu'on a fait la chanson « La mort à Johnny », on a eu beaucoup de questions pour savoir s'il était au courant. Je ne sais pas, j'imagine que depuis un mois, des gens ont dû lui faire écouter. Après, la chanson est rigolote car elle se moque un peu du phénomène médiatique : Johnny dans les stades, Johnny à la télé, Johnny dans les radios, Johnny qui vend des lunettes. Ceci étant, l'artiste Johnny est quelqu'un pour qui j'ai plutôt du respect, c'est quand même un sacré type mais Johnny tout le temps, matin, midi et soir j'en peux plus. Ce qui m'a beaucoup intéressé, c'est que quand j'ai fait circuler le morceau sur internet, pas mal de gens m'ont répondu en me disant « Putain je suis pas tout seul à penser ça, à en avoir marre. » Bon parallèlement , j'ai reçu des mails d'insulte de la part de fan de Johnny qui malheureusement ne sont ni très mesurés ni très polis. Enfin moi je m'attendais à ça, ça m'a fait rigolé. Je me suis fait traiter de fasciste, tout ça.
Myg : Est-ce que parmi les 90% de CDs « pré-formatés » qui circulent, est-ce que tu penses qu'Internet est un média assez fort pour les groupes comme le tien pour se faire entendre ?
Eric : En ce moment on est en train de le vivre, et c'est ça qui est super passionnant : le moment où internet est en train de grignoter le marché du disque, où des artistes décollent sur internet. Moi je trouve ça super intéressant et je suis vachement aux aguets, nous on a un blog , on a une newsletter qui est très drôle où vous pouvez vous abonner. C'est-à-dire qu'au départ pour trouver du public et avertir les gens du fait qu'on faisait des concerts, on leur a envoyé des messages d'information et comme c'était trop triste de se contenter d'annoncer les concerts, on a commencé à raconter des conneries dessus. Et pour finir, un éditeur m'a appelé et m'a proposé d'en faire un bouquin. Quand j'écrivais ma newsletter, je ne pensais pas que ça finirais sur un bouquin papier.
Myg : Pour se faire connaître cela peut-être une opportunité mais la moindre exposition médiatique entraîne des téléchargements de manière illégale non ?
Eric : En ce qui concernent le téléchargement, je crois beaucoup à une histoire de partenariat. Je suis contre les gens qui veulent essayer de mettre les internautes en taule, faire payer des amendes je trouve cela un peu absurde. Moi je crois que quand on aime vraiment la musique et les artistes, on finit par établir une sorte de partenariat. La plupart des artistes gagnent très mal leur vie, ils font ça par passion. La plupart des gens qui téléchargent sur internet sont pas pétés de thune, ils font aussi ça par passion. A partir d'un moment il faut pas prendre les gens pour des imbéciles et que maintenant, les internautes qui téléchargenent et copient sont parfaitement capables de renvoyer la balle aux artistes. Je crois que les choses vont se faire petit à petit, les gens qui nous aiment peuvent acheter nos albums de temps et temps, nous on leur file aussi des morceaux de temps en temps et il n'y a pas besoin de faire intervenir la police là-dedans.
Myg : C'est encore en phase de transition là quand même.
Eric : C'est en transition mais c'est quand même dommage qu'il faille toujours menacer les gens, je trouve ça un peu insupportable.
Myg : Je voulais aussi te remercier pour la bio du groupe qu'on a reçue, elle doit être dispo sur le site et il faut la lire....
Eric : Ouaip elle est dispo sur lablanche.org et non pas lablanche.com qui concernent des caravanes dans le Minessota ce qui n'a rien à voir. Disons qu'une bio d'artiste, on est parti du principe que généralement c'est chiant, il ne se passe rien, c'est genre : « on s'est rencontré, on a joué de la guitare, gniagniagnia ». Nous on avait envie de transformer notre bio en roman noir, c'est une bio avec plein de musiciens qui meurent, des batteurs qui se noient, des bassistes qui sont asphyxiés, des gens qui font des chutes dans des crevasses, etc... Ca nous fait bien marrer, ca fait bien rigoler les gens qui vont sur le site, ca fait marrer les journalistes et voilà, je trouve que quand on fait ce métier, qu'on est chanteur, artiste il ne faut pas se prendre au sérieux, la vie est trop courte et je ne suis pas certain qu'on est un bon artiste honnête si on est trop sérieux.
Myg : Donc dans cette bio, il y a du faux mais il y a du vrai aussi : j'ai lu que l'histoire avec Universal était vraie.
Eric : Universal nous a fait des propositions de signatures il y a un an et aux contacts des gens d'Universal on s'est aperçu que c'était pas notre cam, que c'était pas notre monde. Je dis pas pour autant qu'Universal c'est pas bien, je n'ai pas de discours formaté sur les majors c'est nul et les indé c'est bien. Il y a des gens biens et des gens nazes de partout. Simplement Universal c'est une énorme machine qui travaille assez lentement, qui a beaucoup de moyens et le risque dans une énorme machine c'est de n'être qu'un petit rouage et de se retrouver dans un tiroir ou au fond d'un hangar et nous on ne voulait pas ça. On fait une musique qui, sans être underground, est quand même un truc avec une personnalité assez forte, donc on a fait plutôt le choix de travailler avec des indépendants. Comme on le dit joliment dans la bio, on a refusé la proposition qu'Universal ne nous a pas faite mais ils nous ont quand même fait perdre presque un an. Ils vont très lentement, ils te disent qu'ils te rappellent, ils sont jamais là, ils te rappellent jamais... Par contre qu'est-ce qu'ils ont du pognons ! Si tu vas au resto avec eux, t'es tranquille.
Myg : C'est quelque chose que tu prends comment quand les gens analysent tes textes, cherchent le véritable sens etc...
Eric : Ce qui m'inspire une chanson, et c'est valable pour le groupe, c'est une histoire. Il y a des choses qui nous touchent et ces choses là on a envie de les raconter. Après il y a des choses qui nous touchent : quand ta nana te largue ou que tu t'engueules avec un ami, ça te touche et tu peux écrire une chanson. Mais il y a aussi des choses qui me touchent dans le quotidien, dans la politique, dans le monde, dans la rue et donc ces émotions j'ai envie de les ressortir. Je les ressors pas vraiment avec un message parce que je ne crois pas que ça soit mon boulot de faire ça et il y a des gens qui sont bien meilleurs que les artistes pour le faire. Moi ce qui m'intéresse c'est de poser des questions, par exemple sur « la mort à Johnny », je ne sais pas ce qu'il faut faire, est-ce que Johnny il est trop présent, pas assez... Par contre j'aime bien mettre le doigt sur un truc, je dis que moi je trouve ça 'too much', après vous en faites ce que vous voulez. Quand je fais une chanson qui parle de la Star Academy, moi j'en parle et voilà. On fait de la chanson d'abord pour avoir des frissons, pour avoir des émotions et les faire passer. C'est aussi au public de faire le boulot, de mettre des messages dans nos chansons, etc... Ce que j'adore c'est que parfois on finit un concert, les gens viennent nous voir et nous disent « J'ai adoré tel morceau parce que ça parle de ça » alors qu'en fait pas du tout. En même temps c'est super bien, ca veut dire que c'est la personne qui écoute qui a été touchée et qui a refait une histoire avec. Voilà, moi je suis là pour poser des questions et le public pour y répondre.
Myg : Tu peux nous parler de la chanson « la mienne » qui parle d'un sujet assez original.
Eric : La chanson « La mienne » qui parle donc de ma bite pour dire les choses simplement, elle vient d'une considération, un truc qui me trottait dans la tête depuis longtemps. C'est vrai qu'aujourd'hui il y a pleins de femmes à poil partout dans la rue sur les affiches, dès que tu allumes la télé tu vois des mecs ou des nanas à poil, les films pornos c'est super accessible sur internet ou le câble et quand tu te retrouves avec une nana ou qu'une nana se retrouve avec un mec on est pas dans un film porno. Moi je voulais juste remettre un peu de tendresse dans tout ça et dire que les nanas sont pas que des salopes. Après je ne suis pas contre la pornographie, c'est un truc plutôt rigolo mais ce n'est pas que ça. Je me dis qu'à force de ne voir que des nanas supers, des mecs supers, on est où nous ? Donc moi je suis là avec la mienne, avec ma tendresse et puis voilà.
Myg : Ce soir je vais vous découvrir sur scène, je dois m'attendre à quoi ?
Eric : La Blanche à la base c'est un groupe de 5 personnes et on envoie un son assez rock, avec des grosses guitares, des samples, une bonne basse et là ce soir à Toulouse on est venu jouer en trio acoustique c'est-à-dire sur une formule plus chansons, quelque chose de beaucoup plus simple, plus axé sur le texte, sur une proximité. En règle générale, il y a une ambiance où les gens écoutent vachement et s'il tapent dans les mains et qu'ils viennent nous payer des coups à la fin c'est super bien. Et puis surtout ce soir on joue avec un groupe que j'adore qui s'appelle Khaban', qui est un groupe un peu comme nous avec pas mal de textes, des ambiances très travaillées, des musiciens très soudés qui sont vachement dans l'émotion, avec des sonorités peut-être parfois un peu plus rock-jazz. C'est un groupe qui vaut le détour et c'est vrai quand on a la chance de faire une soirée ensemble ça donne quelque chose de chouette.
Myg : Vous faites des morceaux ensemble peut-être ?
Eric : Non pas encore, je pense qu'un jour ça se fera. C'est vrai qu'on se croise un peu par hasard mais ça devrait se faire.
Myg : Dans l'agenda de la Blanche, il y a quoi dans les mois à venir ?
Eric : Il y a rien de marqué en particulier, nous on compte vachement sur le bouche à oreille, c'est vrai qu'on n'a pas des millions à dépenser en promo à la télé. Pour l'instant on a un bouche à oreille qui se développe pas mal. Là aussi je pense qu'il faut faire confiance aux auditeurs, ils sont capables de repérer la bonne cam, de soutenir les artistes donc ce que j'attends c'est que les choses se développent, on travaille beaucoup avec les radios locales, les fanzines, les sites internet, on essaye d'aller chercher les gens là où ils sont. Moi j'ai fait toute mon éducation musicale en écoutant des petites radios indés, en me débrouillant moi-même, je n'écoutais pas la télé car c'était pas intéressant. Donc moi j'ai envie de procéder de la même façon, je pense que les gens qui ont du goûts ils se trouvent vraiment sur les petites radios branchés. C'est bien le grand public, ca te permet de vendre plein de disques, mais à mon avis c'est pas à eux de décider.
Myg : Est-ce que tu as découvert des groupes sur scène ou sur CD dont tu voudrais nous parler ?
Eric : Il y en a plein, nous on vient de Paris et je connais pas mal de parisiens qui ne sont pas forcément signés qui font des trucs extraordinaires. Si je vous dis qu'il y a une nana qui s'appelle « Marjolaine » qui fait des trucs déments, vous serez pas qui c'est parce qu'elle est pas connue et qu'elle a pas signé. Il y a plein de groupes que j'adore, des groupes anglais de pop, des découvertes j'en fais un peu en permanence.
Myg : Tu veux léguer aux générations futures une phrase pour terminer cette interview ?
Eric : Il faut longtemps pour aller loin ! C'est pas mal et c'est totalement absurde donc voilà !

Haazheel





L'ALBUM mbécile Heureux

description
        Imbécile Heureux, c'est l'album d'Eric la Blanche, chanteur abîmé, et de Nicolas Deutsch, réalisateur à fleur de peau : des chansons gaies, d'autres noires, racontées comme de petites nouvelles ; des mots, des sensations, un exorcisme ; l'histoire d'un type qui ne veut pas tomber.
Et qui tombe quand même. 

"Imbécile Heureux ? Des musiques chatoyantes, acoustiques, pleines de bruits étranges, d'arrière-fonds ; un chant sobre et des textes tirés au cordeau, sans une once de gras. L'album flotte, quelque part entre cuivres tex mex et solitudes européennes. Il bat comme un coeur. La Blanche chante, là, maintenant, juste pour vous. Ecoutez et laissez-vous aller."
(P. Castells) 

« Imbécile Heureux m'a empêché de devenir un imbécile mort. » résume Eric la Blanche

































04/02/2013
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