Alain YVER

Alain YVER

LA GOMME BICHROMATEE

LA GOMME BICHROMATEE





//www.artheque.net/la_gomme_bichromatee.html

//www.holywood.it/francais/antecf.htm




LA GOMME BICHROMATEE

Les propriétés de durcissement de la gomme arabique mélangée à du bichromate de potassium par les ultra violets ont été découvertes par Mr Poitevin vers 1842 et améliorées par Mr John Pouncy en 1858 . Il suffit de rajouter un colorant , par exemple du charbon pour obtenir un tirage ayant une durabilité étonnante .Le développement se fait à l'eau , les excès de gomme et de colorant se dissolvant aux endroits n'ayant pas été durcis par les UV ( parties sombres du négatif) . La densité est proportionnelle à la quantité d'UV. Le bichromate étant dissous dès le trempage il ne reste sur le papier que la gomme et le colorant. Aujourd'hui le papier est un papier aquarelle et les colorants sont dans les catalogues beaux-arts au même titre que les colorants utilisés par les peintres . On peut utiliser aussi l'aquarelle en tube , des ocres ou des terres diverses .Le négatif doit être de la dimension du tirage souhaité puisque l'on travaille par contact avec des temps de pose variant de la minute à la demie heure .Ces négatifs peuvent être réalisés de manière traditionnelle ou avec une imprimante jet d'encre sur transparent , mêlant ainsi intimement une technique des origines de la photo à celles du 21ème siècle .Le procédé à la gomme bichromatée se satisfait de ces négatifs numériques encore imparfaits mais qui permettent de créer un univers plus onirique . Les gommes présentées ici ont été réalisées avec les deux systèmes .
Pourquoi utiliser aujourd'hui ce procédé historique ?

Par masochisme sûrement pas , par réaction aux nouvelles technologies : peut-être, pour livrer un tirage qui va durer autant que son support : oui ; pour la joie de créer avec ses mains et non avec une machine automatique : oui ; pour la liberté d'interprétation que nous laisse ce procédé : oui , oui , oui . Et pour le rendu incomparable de l'oeuvre finie . Car aujourd'hui , un tirage à la gomme peut demander de 1 à plus de 10 couches successives sur la même feuille , le résultat est toujours aléatoire et sous la dépendance de multiples critères pas toujours connus . Mais au bout de la réussite !...
Plus de technique ?
Pour les débutants :
D'abord plus d'explications sur le procédé et surtout sa mise en application chronologique.
Choix du papier :  

  Tout papier pouvant supporter des immersions répétées c'est à dire des papiers épais ( plus de 2OOg/m2 et de préférence peu structuré , en effet une surface granuleuse est souvent un obstacle au bon résultat , surtout au début . J'utilise principalement du Vinci mais il existe chez Lana, Whatmann ou Rives d'excellentes références .L'aspect final de l'image sera dépendant des qualités (et des défauts) de la surface. La première opération va donc être de tremper le papier dans une eau chaude mais pas brulante, on laiseune dizaine de minutes, on fait sécher et on recommence . Le papier une deuxième fois sec aura perdu cette faculté qu'ils ont tous à redevenir plus petits qu'ils n'étaient avant d'être "mouillés" . Car il va falloir que notre feuille supporte bien des vicissitudes sans broncher !
Gélatinage :

 Deuxième acte , on va gélatiner nos futures feuilles de tirage pour que les produits sensibles restent en surface et n'aillent pas colorer les fibres du papier . On va donc préparer une décoction à base d'eau déminéralisée et de gélatine , matière photographique permettant d'étanchéifier la surface de travail . Quatre grammes pour 100cc d'eau pourront faire l'affaire. Certains rajoutent 4g de sucre mais là c'est selon les goûts. Pour celà on laisse tremper la gélatine dans l'eau à température ambiante pendant un couple d'heures au minimum puis on trempe notre bocal dans un bain marie à 50° maximum pour faire fondre la gélatine . Une fois fondue en conservant notre bocal dans l'eau chaude nous étalons avec un pinceau un peu large (5 à 7cm) cette émulsion de gélatine sur notre papier. Une fois sec nous recommencerons l'opération aprés avoir pris soin d'incorporer 2g d'iodure de potassium à nos 100c d'eau et de gélatine, ce produit a la faculté de taner la gélatine ce qui la rendra insoluble aux futurs trempages qui ne vont pas manquer de suivre. On vient de découvrir les joies du maniement du pinceau, et vous aurez vite compris que souplesse du poignet et délicatesse doivent être parfaitement maitrisés pour obtenir un fini sans surépaisseur, vagues ou autres moutonnements désagréables à l'oeil. Ce qui va être indispensable pour la prochaine opération .....
Emulsionnage :

 Je ne sais si ce mot est dans le dictionnaire mais il corespond bien à ce qui suit . Nous avons donc du papier gélatiné en notre possession et une fois coupé à la bonne dimension , c'est à dire plus grand que notre négatif nous allons pouvoir l'émulsionner . Je vous avais pas dit qu'il fallait un négatif ? Ah bon , ben c'est pas le sujet là mais on va dire que vous pouvez faire un tirage papier RC , vous savez ce papier plastique que les fabricants ont inventé pour remplacer les beaux papiers barytés , pour une fois ils vont servir pour une noble cause. Une fois votre tirage sec vous le contretypez par contact pour en faire un négatif papier . Vous pouvez vous rendre compte que ca marche pas trop mal car le papier plastique est sans fibre donc neutre par tranparence.Le temps d'exposition sera plus long mais pour commencer ... Vous pourrez plus tard gagner du temps en faisant vos négas avec du vrai film. Autre possibilité ;vous pouvez travailler votre plus beau cliché sur photoshop et l'imprimer en néga sur un support transparent gélatiné adapté à votre imprimante et à ses encres. Vous aurez pris soin de vous débrouiller pour obtenir un cliché pas trop heurté , avec des détails dans les ombres bien soutenus et des hautes lumières pas trop soutenues mais présentes. En bref un néga plutôt doux. Donc vous avez un néga reste plus qu'à émulsionner. Vous allez préparer votre mélange de gomme arabique (qui est en fait de la résine d'acacia) en poudre ou en morceaux avec le bichromate de potassium et votre couleur . La gomme se trouve en deux conditionnements. La poudre est pure , chère et pratique, les morceaux sont moins chers, mais il faut les faire fondre dans un morceau de collant usagé de votre copine. Et toujours dans de l'eau déminéralisée dans des proportions égales (100g de gomme pour 100cc d'eau). Prévoir de commencer à faire fondre l'avant veille car c'est plutôt long . Eh oui , avec la gomme bichromatée on évite Kodak, Fuji, Ilford ou Agfa mais il faut se préparer à l'avance pour être opérationnel le jour J. Il suffit de tout mettre en culture le jour où l'on gélatine en fait ! Et si j'utilise le mot de culture c'est que la gomme est vivante, ce qui veut dire outre le fait que les résultats futurs dépendent d'elle, c'est qu'on doit prévoir si on ne l'utilise pas toute en trés peu de temps de lui additionner un peu d'acide salycilique ou quelques gouttes de formol , en prenant garde de ne pas se shooter à ce produit car il est hyper dangereux et cancérigène. Bon alors on a la gomme diluée, on a acheté du bichromate de potassium (potassium dichromate dans sa nouvelle appellation) que l'on a dilué dans les proportions de 10g pour 100cc d'eau déminéralisée.On a aussi de la couleur en tube (aquarelle ou gouache) ou en poudre (ocres ou couleurs type beaux arts). On mélange dans un petit pot en verre (type crème brulée) à parts à peu prés égales de la gomme et du bichromate+de la couleur, en petite quantité c'est à dire 3cm d'un boudin d'aquarelle. Il ne nous reste plus quà étendre avec le coup de poignet que l'on a acquis lors du gélatinage. Là vous allez commencer votre collection de pinceaux car tout amateur des procédés historiques est à la recherche de son Graal : le pinceau idéal .Pour commencer un pinceau queue de morue (ou de rat?) fera l'affaire . On laisse sécher et on n'a plus quà exposer aux ultra violet, c'est à dire que l'on expose au soleil le sandwich:feuille émulsionnée+néga+vitre un peu épaisse au soleil pendant un certain temps puisque bien sûr tout dépend de la région, de la saison, de l'heure, de la densité du néga, de la quantité de bichromate, du papier, de la gélatine, de votre goût et bien sur de l'age du capitaine . Pour finir on laissera tremper dans l'eau (du robinet cette fois) notre image côté exposé vers le fond de la cuvette, là encore un certain temps car tout dépend de ......... Vous constaterez bientôt que l'eau va se colorer, puisque les parties non exposées à travers les parties foncées du néga non durcies par les UV vont se déliter petit à petit . On touche rien , on laisse faire le temps et celà peut prendre de 1/2 h à une nuit complète . Si l'on est pressé on peut aider au dépouillement en utilisant un jet d'eau ou un pulvérisateur de jardin à main ou tout autre procédé disponible au labo. On vient de faire la première couche de sa première gomme bichromatée . Aprés çà........ tout reste à faire ! Si vous voulez des formules vous aurez là des formules basiques et si vous voulez en savoir plus, procurez vous donc le livre L'esprit des sels aux éditions VM ou allez sur des sites comme celui de l'association Hélios : //www.foto-sapiens.com/helios . Vous avez d'autres sites sur la page liens avec plein de formules magiques, mais si vous recherchez un procédé scientifique à dominer, changez vite d'idée et allez vers la mécanique quantique car il n'y a rien de plus aléatoire que la gomme bichromatée au point qu'il est impossible de réaliser deux gommes identiques avec le même néga et les mêmes colorants.
Pour les anciens débutants : quelques astuces

Il s'agit d'un des nombreux procédés pigmentaires utilisant les propriétés des colloïdes (gomme Sénégal, colle de poisson, tapioca, gélatine etc...) qui deviennent sensibles (en devenant insolubles) à la lumière (UV) sous l'action des bichromates.
L'énorme différence avec les autres procédés est son côté "flou", enveloppé, diffus, estompé, son manque de netteté dans les contours, son absence de piqué. Son encore plus énorme avantage est sa facilité d'interprétation, son aptitude à favoriser la créativité, sa faculté à nous réserver des surprises à chaque dépouillement (on ne dit pas développement pour la gomme), ses possibilités d'accepter presque toutes les couleurs que ce soit sous forme de pigments, d'aquarelle ou de gouache, sans oublier les pigments spéciaux comme la poudre dorée ou d'aluminium, les terres diverses, la poudre ponce .......... La liberté créatrice est dans les mains du "gommiste" (c'est comme ça qu'on s'appelle ! )
Ce procédé excluant d'avoir de fins détails, les sujets photographiques choisis seront simples, poétiques, graphiques et adaptés à ce rendu particulier. Il faut bannir tous les sujets exigeant de la netteté.
C'est cette liberté d'intervention qui a fait adopter ce procédé par les grands photographes pictorialistes du début du siècle comme Puyo, Demachy, Kuhne etc...
Et rajoutons à ceci le fait de pouvoir travailler en multicouches donc de multiplier les effets colorés et on voit tout de suite que les multiples combinaisons possibles font qu'on n'a jamais fini d'explorer les possibilités de ce procédé.

Papier

Comme presque tous les procédés méconnus la gomme bichromatée trouve sa base dans un papier type aquarelle de poids conséquent car il doit résister sans déchirement aux multiples trempages et séchages qu'on peut lui faire subir.

Son choix est capital pour une bonne conservation des images. Il convient de choisir des papiers sans acide. Le papier dit permanent est fabriqué sous la norme iso 9706. Le pH doit être compris entre 7,5 et 10, La réserve alcaline doit être supérieure ou égale à 2% d'équivalent de carbonate de calcium.
On peut utiliser par exemple le papier Vinci 300gr/m2 ou l'Artistico 300g/m2de chez Fabriano qui est très blanc, sans acide, le Vélin Rives BFK, 280g/m2, le LANA Royal 250 gr, le CANSON Montval 300g sont aussi d'excellents papiers. On peut trouver dans les moulins artisanaux de superbes papiers se prêtant à ce procédé. On préfère en général des papiers peu structurés en surface, mais la gomme peut à condition de ne pas rechercher
Avant d'utiliser le papier, si l'on veut travailler en multicouches, il faut anticiper le retrait inhérent au premier trempage dans l'eau de toute feuille de papier. Il faut savoir qu'une feuille de papier neuve trempée dans l'eau rétrécira nécessairement au séchage et plus ou moins en fonction de sa fabrication. ce retrait n'a lieu qu'une fois . On peut donc anticiper ce fait en prétrempant notre feuille dans une eau chaude de manière à ne plus avoir de retrait lors des prochains trempages.
Nous ferons donc un prétrempage dans de l'eau entre 65 et 80° pendant 1 heure en retournant souvent les feuilles puis séchage par étendage.

La gomme ne peut se satisfaire d'un papier pour beaux arts. Son côté cabotin nous impose de traiter ce papier différemment des autres procédés. Lors du couchage des produits les colorants aidés du bichromate et de la gomme arabique ont la fâcheuse tendance à pénétrer les fibres du papier et à vouloir y rester. Ce qui ne fait pas notre affaire car nous aimons parfois avoir des blancs bien blancs ou presque. Or le blanc dans ce procédé est donné par le papier. Le mieux est donc d'étanchéifier le papier en lui couchant une couche d'apprêt. Aujourd'hui le plus couramment utilisé est la gélatine. Elle a la faculté d'être neutre et d'empêcher les pigments colorés de migrer dans les fibres. La formule pour cette opération:
Eau déminéralisée ………100cc
Gélatine ……………..……… 3 à 5g
Alun de potassium ……… 10g
Précautions d'emploi: la gélatine est mise à tremper 4 heures environ avant, puis dans un bain marie à 45° on fait fondre notre préparation et on y rajoutera l'alun à la fin. A noter que l'on peut utiliser de l'alun de chrome qui bleuira la solution (azurant ?) ce qui peut donner un effet. L'alun sert de tannant évitant que la gélatine ne se dissolve lors du dépouillement à l'eau.
On peut gélatiner en une seule couche mais selon les papiers un deuxième gélatinage est indispensable.
En général ce travail étant considéré comme une corvée on prend soin d'enduire une grande quantité de feuilles et on est tranquille pour de longs mois vu que la conservation du papier en cet état est infinie. Pour gélatiner les feuilles on peut utiliser deux méthodes soit par trempage soit par enduction au pinceau. Par trempage on va enduire les deux côtés de la feuille en laissant tremper cinq minutes dans notre préparation tenue au chaud au bain marie. Prendre bien soin de ne pas trop agiter la cuvette car on risque d'avoir des bulles sur la surface du papier lors de sa sortie du bain. Ces bulles entraîneront des défauts de surface qui ensuite nous joueront des tours lors des dépouillements futurs On aura par cette méthode l'inconvénient d'avoir le surplus qui va goutter lors de l'étendage sur fil pour séchage d'ou l'obligation de protéger le sol car la gélatine sèche accroche bien !
La deuxième méthode plus délicate consiste à enduire de gélatine avec un pinceau à poils fins et doux de manière à ne pas faire de bulles. La température du bain marie 45° a une importance capitale pour la bonne conduite de ce travail nous évitant des bulles dont il est difficile de se débarrasser. Il faut lisser avec le pinceau jusqu'à disparition des bulles inévitablement présentes lors de cet étendage.

Négatif ou positif


Le négatif doit être au format du tirage puisqu'on travaille par contact
On peut le réaliser soit sur un transparent numérique ou calque sur imprimante jet d'encre, laser ou même photocopieur, soit sur film négatif à partir d'un néga NB ou d'un internégatif, soit sur un film argentique "positif" type arts graphiques par exemple le CPRX4 de Bergger si on arrive encore à en trouver. On peut même pour commencer faire ce néga à partir d'une diapo que l'on tire sur papier NB type RC (parfait car il n'a pas de grain). Le temps d'exposition n'en sera que plus long à cause de son peu de transparence mais ça fonctionne bien et c'est efficace m'a-t-on dit (je n'ai jamais essayé).
A l'heure actuelle les imprimantes à encre à l'eau comme la plupart des imprimantes de bureau peuvent imprimer sur des transparents gélatinés ou des calques de bonne qualité mais fragiles et sensibles à l'humidité et aux UV ce qui entraîne un vieillissement accélère du néga. AGFA fabrique un transparent spécial pour imprimantes jet d'encre pigmentée type Epson 2400, 4800 et traceurs 7800 ou 9800. Ce transparent est utilisé principalement pour la sérigraphie. On peut trouver ce transparent en feuilles ou rouleau chez TIFLEX (visible sur internet) .
Le négatif ne doit pas être trop dense ni trop contrasté, mais avec des hautes lumières bien marquées.

Les négas sur imprimante jet d'encre nous permettent de mêler un procédé de 1858 à une technologie du 21ème siècle. Un mariage heureux .....et créatif au possible. D'abord sur un logiciel de création numérique puis par la créativité du procédé à la gomme nous permettant une exploration sans fin et qui nous laisse une liberté que peu de procédés de tirage nous permettent.

Quelques exemples de ces possibilités créatives:
- Réaliser plusieurs négatifs de contraste différent ou l'un avec détails dans les ombres et l'autre avec détails dans les hautes lumières par exemple et ensuite exposer selon le négatif choisi avec des colorants différents à la demande.
- Réaliser à partir d'un fichier numérique couleur trois ou quatre négatifs N&B des couches RVB ou CMJN de ce fichier que l'on trouve facilement dans un bon logiciel de traitement d'image. Il suffit ensuite de les juxtaposer comme le faisaient les imprimeurs à l'époque des sélections quadri pour un bon repérage et après perforation de tous les négas on pourra juxtaposer les couches colorées différentes sur notre épreuve.
- Réaliser en plus un positif de notre ou nos négas qui nous permettra de travailler avec du blanc ou un colorant clair et transparent par dessus nos couches colorées.
- Avec notre positif sur papier noir ou très foncé on peut coucher une émulsion à base de colorants poudre d'or, d'alu ou de toute sorte. Et si on a de la véritable poudre d'or on fera de la photo à prix d'or ........... Faudra pas la louper !

Produits et émulsionnage (pigmentage)

Gomme arabique (appelée aussi gomme Sénégal :
En fait c'est de la sève d'acacia)
La gomme existe sous deux formes : poudre et morceaux bruts. Pour la gomme en poudre aucun problème pour la dissolution, il suffit de s'y prendre trois jours avant en faisant dissoudre la gomme dans de l'eau déminéralisée à parts égales
50cc d'eau pour 50g de gomme par exemple
Pour celle en blocs il faut aussi la dissoudre dans de l'eau déminéralisée comme la poudre mais en prenant soin d'envelopper les morceaux dans un "nouet" de gaze (ou un bout de bas ou de collant ) de manière à récupérer les morceaux de paille, bois ou autres impuretés agglomérées aux blocs de gomme. Il suffira après dissolution complète de presser la gaze pour en extraire la gomme et éliminer les impuretés à la suite.
Pour une plus longue conservation on peut prévoir quelques gouttes de formol, d'acide phénique ou d'acide salicylique en fin de préparation permettant d'éviter la formation de moisissures.

Bichromate de potassium ou d'ammonium. - Formol - Colorants - Pinceaux -
Préparer à part une solution de bichromate à saturation ( env. 10%) dans de l'eau déminéralisée (par exemple 15g de bichromate dans 100 cc d'eau) Il va rester un peu de bichromate au fond non dissous, signe que la solution est saturée.
Mélanger avant l'emploi la solution de gomme arabique et celle de bichromate à parts égales. Pour ma part une cuillère à café de chaque me permet de sensibiliser 7 ou 8 feuilles 24x30 (environ 3 à 4cc pour un 18x24). Certains disent que plus de bichromate augmente le contraste, l'inverse étant valable. J'ai toujours eu du mal à le constater.
Rajouter le colorant: aquarelle, gouache ou pigment (colorants solubles à l'eau) en quantité variable selon les besoins.
Parfois certains colorants ont du mal à de dissoudre dans la gomme + la solution de bichromate, dans ce cas utiliser un mortier en porcelaine par exemple qui va nous permettre d'effectuer cette dissolution rapidement et efficacement. Ce moyen permet aussi de bien répartir le colorant dans la solution surtout les noirs qui ont tendance à faire des traînées insolubles lors du pigmentage.
Etaler sur le papier avec un pinceau type queue de morue et bien lisser. Trouver le bon pinceau adapté à son coup de main est primordial, chacun trouve un jour SON pinceau et ne le quitte plus. Le mien est une brosse plate en nylon très douce de chez Stouls (35mm de largeur) référence BRO35
La feuille de papier est couverte d'une mince couche de la solution de gomme sensibilisée. La couche doit être étendue rapidement (en moins d'une minute) au pinceau. On adaptera l'épaisseur d'une couche colorée fine par exemple pour une longue exposition et pour faire ressortir les détails dans les hautes lumières en début de processus et ainsi de suite jusqu'à une couche épaisse pour une exposition plus courte en fin de processus pour la densité des ombres.
Le papier ainsi préparé est mis à sécher à l'abri des UV.
Sa durée de conservation ne dépasse pas les quelques heures qui suivent.
Exposition

Par contact sous UV : on utilise soit la lumière solaire plutôt à l'ombre car la chaleur aurait tendance à tanner la gomme la rendant insoluble partout, soit une lampe à rayons ultra violets ( lampe à bronzer, lumière noire type boite de nuit, lampe à vapeur de mercure, etc....)
Les tubes néon UV - OSRAM Eversun de 40W en 60cm ou les lampes UV Ultra-Vitalux de 300W toujours de chez Osram sont des exemples de source UV
Il est indispensable d'avoir un bon contact entre le négatif et la feuille sensibilisée, de même qu'il est primordial que notre feuille soit parfaitement sèche pour ne pas détruire le néga. Le bichromate attaque les sels d'argent, et l'humidité certaines impressions jet d'encre. A cet effet nous pourrons soit utiliser les châssis presse des débuts de la photo lorsque les agrandisseurs n'existaient pas et que les seuls tirages étaient faits par contact à l'extérieur, avec l'avantage d'utiliser une vitre fine, soit avec un châssis fabrication maison constitué d'une planche bois dans laquelle on aura fixé 3 ou 4 tétons du diamètre adéquat (6mm en général) en repérage parfait avec les trous d'une perforatrice de bureau à 4 trous.
On n'a plus qu'à mettre le sandwich papier-négatif dans les perforations et d'y rajouter par dessus une vitre épaisse pour une bonne planéité, avec l'inconvénient d'une absorption des UV par ce genre de vitre.
De 10 à 30mn d'exposition sont nécessaires pour durcir la gomme dans les parties exposées aux UV (les ombres). Ce durcissement est proportionnel à la quantité d'UV ayant impressionné la feuille.
A noter qu'il est impossible de contrôler la densité en cours d'exposition comme dans les procédés à noircissement direct comme le Van Dyke, la platinotypie ou la cyanotypie. On doit donc acquérir une expérience selon le matériel à notre disposition et selon les négatifs. Par tâtonnements on arrivera à déterminer selon la couleur des pigments des temps d'exposition à peu près exacts. sachant que si l'ion pratique le multi-couches on peut arriver à une densité convenable. De même les éventuelles traces de couchage dues au pinceau seront atténuées.
Dépouillement

A l'eau par trempage , progressivement, les parties les moins insolées (sous les noirs du négatif) sont dissoutes, laissant apparaître le blanc du papier. Les partie exposées au contraire ne se dissolvent pas et préservent les pigments colorés qui recouvraient le papier.
Après 5 minutes dans un premier bain le bichromate est dissous et on peut renouveler l'eau pour la suite du travail. Pendant 10mn à 1h, plusieurs heures parfois il faut surveiller et attendre que ce processus de dissolution soit terminé. Lors de ce dépouillement la couche de gomme est extrêmement fragile et donc facilement effaçable du support.
On peut constater tout de suite que si le dépouillement est rapide cela provient sûrement d'une sous exposition, et à l'inverse si aucun dépouillement n'apparaît au bout de demi heure on peut dire que l'on est en sur exposition.
Plus l'eau de dépouillement est chaude , plus le tirage sera contrasté
On peut donc s'aider d'un fin jet d'eau ou d'un pinceau pour des détails à éliminer. On peut si l'on désire travailler en polychromie effacer sur cette couche certaines parties de l'image avec le pinceau, dans un deuxième temps une couche colorée d'une autre couleur et dépouillée de la même manière ne sera à son tour visible que dans les endroits que l'on souhaite c'est à dire ceux que l'on aura épargné avant. On peut imaginer ainsi sur la même image un ciel bleu, de l'herbe verte, un toit rouge et une enseigne Kodak jaune !
Chaque dépouillement s'effectue avec toute une série d'outils à adapter soi même, ce qui constitue une phase de création indéniable et donc d'interprétation. C'est précisément dans le geste du dépouillement qu'apparaît le caractère singulier de la gomme bichromatée loin du mouvement mécanique et de la reproduction à l'infini.
Il faut attendre le total séchage de la gomme car celle ci est TRES fragile à l'état humide. Une fois séchée on peut sans crainte rajouter d'autres couches colorées, la gomme ayant durcie est très résistante.
Une particularité de la gomme: l'hygrométrie de la pièce dans laquelle on travaille est particulièrement importante, 70 à 80% d'humidité et ça fonctionne bien, 50 ou 60% et on a des problèmes. Et là je n'ai aucune explication, un des mystères qui font que la gomme est un procédé à part !

Finitions

Terminer par un trempage rapide (2mn) dans une solution à 5% de bisulfite de sodium
qui permet d'éliminer toutes traces de bichromate à la fin lorsque toutes les couches ont été faites.
La retouche se fera avec de la gomme et les colorants utilisés précédemment.
Le montage avec des cartons sans acide comme pour la photo sur papier baryté.

//www.nougaret.com/pages/gomme-bichromatee.htm







Introduction

Ce procédé de fabrication de papier photographique à de quoi en laisser plus d'un perplexe... on mélange une résine à un pigment, on étale cette pâte visqueuse et sale sur du papier et, ô miracle, cela fait une photo!

Le tirage à la gomme, est, dans la théorie, d'une grande simplicité. Mais obtenir un bon résultat est un travail de longue haleine. En effet, cette technique dépend de facteurs sur lesquels on a peu de prise : qualité de l'eau, température et humidité de la pièce dans laquelle on travaille, etc.

Le meilleur conseil à donner pour la gomme se résume en un mot : patience. Il n'est pas rare de devoir travailler plusieurs jours sur un seul tirage. C'est long, peut-être, mais le résultat que vous obtiendrez méritera certainement tout ce travail.

Un peu de théorie

La gomme arabique, au même titre d'ailleurs que la gélatine et l'albumine, fait partie de la famille des colloïdes. Les colloïdes ont la particularité de s'insolubiliser lorsqu'ils sont mis en contact avec un chromate et une certaine quantité de rayons ultraviolets.

Si on expose à une source d'ultraviolets du bichromate de potassium, celui-ci libère une quantité de chromate proportionnelle à la quantité d'U.V qu'il a reçue. Ces chromates insolubiliseront la gomme arabique.

D'un point de vue photographique, si on joint à la gomme arabique du pigment et du bichromate, on obtiendra une émulsion photographique. Lors du développement à l'eau, les endroits qui auront été exposés par les U.V seront insolubles et garderont leur pigment, tandis que les endroits non exposés libèreront la gomme dans l'eau ainsi que le pigment. On obtient alors une photographie !

//www.galerie-photo.com/gomme_bi-chromatee.html







Gomme bichromatée

La gomme bichromatée est un procédé photographique non argentique inventé au XIXe siècle, consistant à utiliser de la gomme arabique et du bichromate de potassium.

Origine

Côté français, c'est Alphonse Poitevin qui utilise la propriété que possède le bichromate de potassium de rendre insoluble la gomme arabique après exposition à la lumière. C'est vers 1850 qu'il perfectionne ses recherches qui aboutissent en 1855 à la mise au point du procédé au charbon. Côté anglais, c'est John Pouncy qui présente des épreuves à la London Photographic Society en 1858. Le procédé ne connut pas un succès immédiat à cause de l'absence des demi-teintes.

Robert Demachy (1859-1936) est l'un des premiers à appliquer le procédé à la gomme bichromatée vers 1894. Il deviendra l'un des chefs de file du mouvement pictorialiste. Il considérait que la photographie devait être interprétée : « une photographie doit-elle être produite uniquement par des moyens mécaniques ou peut-on admettre que l'on fasse appel, pour la modifier, au talent et à l'habileté de l'artiste ? » Il s'inscrit dans le mouvement opposé de ceux qui pensent que la photographie doit être le moyen de saisir et restituer la réalité et rien que la réalité. Comme tous les pionniers, il a expérimenté et a contribué à donner à la photographie ses lettres de noblesse. Il participera à la rédaction d'un texte : « Le procédé à la gomme bichromatée ou photo-aquatinte »[1] . Il a connu ses heures de gloire outre-Manche et outre-Atlantique. Stieglitz lui achète plusieurs photos et lui consacre un portfolio en 1904 dans la revue qu'il dirige : Camera Work. Demachy ne s'en est pas tenu qu'à la gomme. Il a beaucoup expérimenté d'autres procédés. Ses images les plus connues restent ses portraits et ce corps de femme où il joue avec la gomme et la couleur. En 1914, il cessera toute production photographique, sans que l'on en connaisse la raison. Il léguera la plupart de ses travaux à la Société Française de Photographie et à la Royal Photographic Society. Dans son ouvrage, il explique avec beaucoup de clarté sa méthode et donne de nombreux détails sur ses choix et son expérimentation. C'est un bon texte de base pour comprendre le procédé, car il sait s'adresser aux débutants. Néanmoins, tant que l'on n'a pas vu une gomme se réaliser, l'apprentissage reste difficile.

Intérêt du procédé

C'est un moyen d'intervenir directement sur une image, d'en donner une interprétation personnelle.

C'est surtout un procédé qui permet de travailler à la fois avec les outils du peintre et ceux du photographe : les pinceaux, les pigments et les négatifs. L'image obtenue reste stable si l'on respecte quelques règles quant à la qualité du papier et des produits utilisés.

En résumé, c'est une composition d'images obtenue par la superposition successive de chaque couche colorée. Chacune des couches est ensuite insolée et dépouillée dans un bac d'eau. Chaque dépouillement[3] s'effectue avec toute une série d'outils à adapter soi même, ce qui constitue une phase de création indéniable et donc d'interprétation. C'est précisément dans le geste du dépouillement qu'apparaît le caractère singulier de la gomme bichromatée loin du mouvement mécanique et de la reproduction à l'infini.

Mise en œuvre

Il suffit de mélanger dans une solution de gomme arabique, du pigment non gras ou de l'aquarelle en tube, de sensibiliser avec une solution saturée du bichromate de potassium (9 %), de coucher ce mélange sur une feuille de papier préalablement gélatinée, après séchage à l'ombre, d'insoler par contact sous un négatif (sous UV naturels ou lampe), de dépouiller dans une cuvette d'eau à 20 °C et à intervenir éventuellement avec un pinceau ou une pissette d'eau pour moduler le résultat final.

//fr.wikipedia.org/wiki/Gomme_bichromat%C3%A9e







Gomme Bichromatée
Théorie Physico-Chimique


C'est un procédé extrêmement simple découvert vers 1842 par Alphonse Poitevin, ingénieur chimiste et photographe, lors de ses recherches sur les propriétés de la gomme arabique ; plus précisément sur ses propriétés de durcissement à la lumière.

Certes, c'est une technique d'impression photographique simple mais elle requiert dextérité et rigueur de la part du photographe pour que le résultat final soit esthétique. C'est la principale raison pour laquelle ce procédé n'est resté populaire que parmi les photographes et non parmi le peuple. De plus, il existe une multitude de facteurs qui paraissent banals comme la température de l'eau de rinçage, l'humidité lors du tirage qui influent plus ou moins grandement sur le résultat et seul un utilisateur expérimenté saura jouer avec ces éléments.

          C'est une des rare technique à laisser au photographe sa liberté d'expression via le développement. Comme la gomme bichromatée implique l'utilisation de pigments, c'est à l'expérimentateur de choisir lesquels reproduiront le plus fidèlement la réalité ou l'émotion que l'image lui suggère. Aucune réaction chimique n'étant impliquée dans ce procédé pour obtenir la couleur, le photographe a donc le champ libre pour altérer ou renforcer la teinte de son image via un pinceau et des pigment ou de l'eau.

La superposition de plusieurs tirages à la gomme bichromatée avec un ou plusieurs pigments permet le gain de netteté et la diminution du grain de l'image.

L'utilisation de plusieurs pigments et de plusieurs négatifs d'une même image permet d'obtenir une image en couleurs si on superpose chaque couche de couleur sur un même papier.

Il faut noter que l'image obtenue est permanente et tient relativement bien l'épreuve du temps.

Manipulation

          Les tirages à la gomme bichromatée nécessitent peu de matériaux : de l'eau, du papier ( épais de préférence pour éviter qu'il se déchire lors de différents trempages ), de la gomme, de la gélatine et un pigment au minimum ( on peut aussi utiliser de la gouache ). On note que la plupart des produits utilisés ne sont pas dangereux.

Cette technique exploite au maximum la découverte de Mr Poitevin au sujet du durcissement de la gomme arabique lors de son exposition aux UV : elle devient complètement insoluble à l'eau.

      Pour réaliser un tirage à la gomme bichromatée il faut commencer par gélatiner le papier qui recevra l'image. Cela permet d'homogénéiser la surface de la feuille et d'éviter de coloriser directement les fibres du papier lors de l'apposition des pigments sur la feuille.

Sur cette couche de gélatine, on applique le mélange de la gélatine et du pigment. On applique alors le négatif sur le papier pour que l'image apparaisse correctement puis l'on solarise le papier et le négatifs ensemble. La gomme bichromatée est donc un « procédé par contact » car le négatif est appliqué directement sur le papier.

Lors de la solarisation, plus une zone de l'image reçoit d'UV, plus la gomme contenant les pigments sera insolubilisée. Après, l'exposition il suffit alors de rincer le papier à l'eau pour évacuer gélatine non-insolubilisée et laisser l'image fixée au papier.

On peut répéter ce protocole autant de fois que l'on veut pour obtenir une nouvelle couche de pigments. Il existe des tirages à la gomme bichromatée composés de plus de 15 couches !

Ce tirage monochrome a été réalisé par superposition de 3 couches de gomme :

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//hebergement.u-psud.fr/evolutionphoto/index.php?option=com_content&view=article&id=33&Itemid=128

Rédigé par Antoine Gros

 

 




14/06/2012
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