Alain YVER

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LA MAISON TELLIER

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Entrez dans la Maison Tellier
25 janvier 2012
By Xavier Ridon

Le français s'accorde souvent mal aux accords anglo-saxons. Quelques débrouillards arrivent à sauter le pas, la Maison Tellier en fait partie. En 2010, Ce groupe de 5 gaillards sort « l'Art de la Fugue », troisième album et le plus abouti jusqu'alors. Envie d'évasions sur le dos d'un cheval vers les horizons étatsuniens au son d'un folk compréhensible pour ceux fâchés avec l'anglais ? Cet album est fait pour vous…
Helmut et Raoul Tellier, fondateurs du groupe en 2005, apportent leurs pierres et leurs paroles à l'édifice des chansons folk rock français.

Extrait de l'album L'art de la fugue : La Suite Royale.

Au premier plan à droite Helmut Tellier et au deuxième rang à gauche Raoul Tellier.

Jukeblog  : La maison Tellier c'est une famille, des amis, des cousins et peut-être les Travelling Wilburys* des années 2000 ?
Raoul Tellier : Alors moi je serais bien George Harrison et toi Helmut, Roy Orbison. Cette réunion était séduisante avec l'idée du « on part et on joue quand on peut et où on peut ». Après musicalement c'était les années 80, il faut être indulgent.
Helmut Tellier : Mais nous c'est pareil, comme tous les groupes je pense. On se réunit, on prend nos fusils et nos guitares et on part sur les routes…

Jukeblog : Quels sont les architectes de cette maison Tellier ?
R.T. : Les fondations ? Il y a un peu toutes les influences pop-rock-folk qui viennent des Etats Unis et de l'Angleterre. Pas mal de musiques de films aussi. Et en chanson française, même si ça ne s'entend pas beaucoup, il y a tous les groupes et chanteurs français qui avaient du succès quand on avait 18 ans…

Jukeblog : Ce genre de groupe (5 musiciens) est assez massif aussi aujourd'hui…
H.T. : C'était important ce côté groupe. Dans le projet musical, c'est venu comme une évidence. On trouvait ça plus cohérent. C'est plus facile d'y trouver le courage pour ne pas lâcher l'affaire. Tout dépend des objectifs qu'on a. On n'a pas de plan de carrière mais ça permet de voir jusqu'où on peut aller. Je sais que si j'avais été tout seul, je me serais essoufflé et j'aurai arrêté. Ca n'aurait pas eu le même intérêt pour moi…
R.T. : On a une combinaison qui fait qu'on a besoin de la présence des autres dans le groupe. Si on faisait chacun des projets solos, ça ne ressemblerait plus à la Maison Tellier…
Jukeblog : Ça n'est pas non plus Raoul et les Telliers comme Bill Halley and his comets ?
H.T. : Non ça n'a jamais été comme ça. Même quand on a commencé tous les deux, on s'était volontairement caché derrière le patronyme de la Maison Tellier pour marquer le fait qu'il n'y avait pas un chanteur avec des musiciens. C'est un tout. Aujourd'hui, on est tous un cinquième de la Maison Tellier. A proportion égale…
Jukeblog : Et cette combinaison s'est ressentie dans la création de votre troisième album l'Art de la Fugue ?
R.T. : Oui et non… disons qu'Helmut et moi sommes au départ de chaque chanson pour les paroles et la mélodie… Mais chacun travaille à l'habillage des chansons. L'habillage est aussi important que la chanson elle-même. Beaucoup des chansons sont construites à partir de notre collectif. Mais c'est vrai qu'on est à deux pour poser les fondations des chansons.

Jukeblog : Quand j'ai écouté l'Art de la Fugue, je suis en même temps tombé sur une phrase de Jean-Edern Hallier qui disait : « en Amour, une seule victoire la fuite ». Alors n'est-ce pas un album être heureux en amour ?
H.T. : (rire et long silence…) Et bien, c'est peut-être plus simplement une manière d'exorciser des démons. On est chacun dans une vie plutôt installée avec des femmes voire des enfants et c'est peut-être juste un moyen de vivre une autre vie par procuration… L'idée de fuite lorsqu'on va faire un boulot chiant ou lorsque la vie quotidienne devient étouffante et difficile on peut avoir des envies de fuites… Bon après la citation de Jean-Edern Hallier, il voyait l'amour à partir de son prisme… Céline disait que l'amour c'est l'infini à portée des caniches mais il a vécu toute sa vie avec la même femme… Donc il y a des déclarations et la réalité… Et nous c'est justement parce qu'on le dit dans les chansons qu'on n'a pas besoin de s'enfuir et puis finalement les tournées c'est un peu ça aussi…

Jukeblog : C'est donc essayer de faire vivre d'autres vies… Comme partir aux Amériques comme Eddy Mitchell a pu le faire ?
H.T. : Ouais pourquoi pas. Je préfère nettement ça à Cabrel qu'on nous sert comme référence ou influence potentielle… Surtout qu'Eddy Mitchell avait l'insouciance des sixties avec lui. Il jouait à l'Américain, au cowboy… C'est une part de jeu. On n'est pas des comédiens nés alors on essaie de s'imaginer dans d'autres vies. On a grandi avec dans notre biberon, 90% des choses qui venaient des Etats-Unis.
R.T. : Comme beaucoup de gens, les Etats-Unis font partis de nos fondations culturelles sans être un choix… 80% de la musique qu'on a écouté venait des Etats-Unis.
H.T. : Il se trouve qu'on ne vient pas d'une région avec un folklore très riche et intéressant à mes yeux. On serait né en Bretagne, on aurait peut-être eut une passion pour la bombarde.
R.T. : Et puis les Etats-Unis ont une mythologie très palpable. Dans les chansons en country, en folk ou dans le blues, il y a des personnages qui ont une aura de mythe et on ne retrouve pas ça dans la musique française. Là où un chanteur français va raconter sa vie ou faire des chansons à textes pour faire la révolution, un chanteur américain ou anglais va raconter tout simplement des histoires et faire plus appel à ton imagination.

Jukeblog : Alors c'est par dépit que vous chantez en Français ?
H.T. : Non non. On n'a pas de mission mais on veut donner à entendre ce qu'on aurait aimé entendre et ce que je pouvais trouver chez des artistes comme Renaud, Higelin, Bashung. Sur l'exemple de Renaud, quand j'étais petit, je connaissais beaucoup de ces chansons par cœur et sans vouloir en faire je trouvais qu'il se donnait du mal sans trop se prendre au sérieux. Ca parlait de vie que je ne connaissais pas avec une direction musicale. Avec le projet Tellier, on a l'occasion d'être intransigeant sur la musique et d'apporter la jouissance qu'on peut avoir d'entendre un texte en français qui soit compréhensible et faire passer plus d'émotions que quand on passe par l'anglais.

Jukeblog : La chanson « La Peste » présente sur votre album ressemble justement à une version adaptée en français comme Aufray reprenant Dylan…
H.T. : Dans cette chanson on s'est fait très plaisir. Il y a tous les clichés musicalement. On peut presque entendre des chœurs qui font « rumbudumbudum »…
R.T. : L'idée de départ c'était le générique de Lucky Luke… Lucky Luke, référence très importante dans les références de notre culture.
H.T. : Oui c'est possible si on recherche bien. C'était la jouissance absolue, un plaisir immédiat à lire ça. Ca plonge dans les références d'une autre époque et autre continent mais qui parle encore à nous petit français…

Jukeblog : le folk semble être dans une bonne période en ce moment…
H.T. : On est ravi s'il y a une profusion de groupes, c'est stimulant. On a souvent joué avec Moriarty et quand on les croise ça donne des idées. C'est une saine émulation. J'avais entendu les BB Brunes qui disaient « J'attends qu'il y ait un groupe de notre niveau pour qu'on ait envie de faire mieux », bon il est dans son attitude de rocker… Ce n'est pas ce qu'on pense, il y a de la place pour tout le monde.

//jukeblog.owni.fr/2012/01/25/entrez-dans-la-maison-tellier/







La Maison Tellier, c'est un bordel, une nouvelle de Maupassant, mais aussi un groupe qui gratouille ses guitares, souffle dans quelques trompettes et sort parfois son banjo…
Alors amateurs de grand espaces, de mariachis et de chansons de cowboys, soyez les bienvenus, n'hésitez pas à pousser les portes de la Maison!!

Collectif normand fondé en 2004 autour de Raoul et Helmut Tellier, La Maison Tellier a accueilli de nouveaux musiciens au fil des mois. Formation classique (guitare-basse-batterie + trompette) le groupe est alors parti sur les traces de Cake, Bonnie Prince Billy, 16 Horsepower, CSNY. …, et a élaboré un mariage heureux entre ses influences musicales, plutôt anglo-saxonnes, et sa langue natale, plutôt française.
Après s'être fait remarquer sur la compilation Travaux Publics « Une Reprise », avec la désormais fameuse version de « Killing in The Name » des RATM, La Maison sort son premier album, éponyme, le 4 mai 2006, sur le label Euro-Visions.
Après quelques changements de personnel, la fin 2006 et le début 2007 sera consacré aux concerts.
Le deuxième album de la Maison (« Second souffle »), enregistré à la campagne pendant l'été 2006, est sorti le 18 octobre 2007, toujours chez Euro-visions.







Interview de La Maison Tellier
ZiKomAgnes 3.03.2010

//www.soul-kitchen.fr/12145-interview-de-la-maison-tellier

Interview : La Maison TellierLa Maison Tellier sort son troisième album, 'L'Art de la Fugue', c'est l'occasion de les rencontrer. Je m'aventure dans le fumoir, l'équipe est au complet, même Daddy Tellier est là. A parler de bordel, c'est un vrai foutoir là dedans, l'odeur d'homme se mêle au tabac froid, la seule touche féminine c'est Whitney Houston, en fond, pour l'ambiance. Très rapidement, la conversation se focalise sur Raoul et Helmut, à l'origine du groupe.
La Maison Tellier

Après quelques vannes, on s'engage sur le sujet de leur dernier album. Ils se sont exilés pendant deux semaines à la campagne pour l'enregistrement. Leur idée était de « s'approprier un lieu en ramenant notre studio sur place, pour se retrouver tous dans un endroit où il n'y a rien d'autre à faire que de la musique ou jouer aux cartes. Enregistrer en ville on l'avait déjà fait pour le premier album, c'est pas du tout pareil. Le tout, c'est les méthodes de travail, ensuite ça pourrait être intéressant de ramener d'autres choses, d'essayer de partir dans un coin totalement différent. »
Ont-ils des idées de lieux d'enregistrement ? En vrac : « Pourquoi pas au bord de la mer, ou alors pour une fois dans un studio normal, c'est aussi une chose qu'on a jamais faite. Tout le monde dirait New York ou le studio d'un artiste, pourquoi pas : il paraît qu'Austin c'est assez trendy pour ça, Tucson aussi » Mais ils gardent les pieds sur terre : « L'avantage de la campagne normande quand tu sors pour aller fumer ta clope, t'es dans un champs, et pas dans la rue avec quinze camions de livraison… »

C'est classieux d'avoir Camus comme référence, même si je ne m'y connais pas en Camus

J'ai trouvé l'album chargé de référence bibliques : 'Josh the Preacher', 'Laissez Venir', 'La Peste', et même dans 'L'Art de la Fugue'… Lequel se prend pour le Messie ? Tous, solidaires, dénoncent Helmut. Il tente de se justifier : « Oui, enfin, c'est des références assez universelles, c'est une bonne base de départ à la chanson. Ca a un côté un peu iconoclaste à peu de frais. » Raoul vient lui prêter main forte : « C'est notre culture, notre civilisation » Helmut reprend son explication : « Ca fait partie des références intégrées. Ce sont des influences même littéraires puisque ça irrigue aussi une partie de la littérature américaine, dont on peut s'inspirer. Quant à 'l'Art de la Fugue', c'est un clin d'oeil à 'Black Wings' de Tom Waits, où il parle lui-même de la bible. Mais je me prends pas pour Jesus. »
Au début, quand j'ai vu le titre La Peste, j'ai eu peur que ça fasse référence à Camus, que je n'ai pas lu ; Helmut me confirme mes doutes : « Ca vient de là. Je l'ai pas lu en entier, mais y'avait une image où il va prendre un bain pour se purifier. Cette image-là m'a marqué, je l'ai gardée dans la chanson, mais il n'y avait pas de discours derrière. C'est classieux d'avoir Camus comme référence, même si je ne m'y connais pas en Camus. »

Avec cet album, on est arrivé à réunir deux mondes qui n'ont rien à voir

Camus, Maupassant, ils se payent des références de haut vol… Ils m'arrêtent tout de suite : « Maupassant c'est convenu. C'est pas plouc mais c'est pas élaboré non plus : c'est raccord avec nous. Mais on n'est pas centrés non plus dans la référence à Maupassant, si on pousse le parallèle c'est pour son écriture simple, qui va facilement vers les gens. Pas besoin d'avoir de dictionnaire ou d'autres connaissances pré requises pour accéder à ce qu'il veut dire. »
Là je note un paradoxe, car Maupassant est un réaliste, or leurs chansons partent dans un délire de western enchanté. « Tout le but c'est de rendre ce mélange cohérent ; et au troisième album on est arrivé à réunir deux mondes qui n'ont rien à voir. La seule connexion ce serait l'époque à la limite : La Maison Tellier, c'est fin XIXe, ce qui coïncide avec la conquête de l'ouest, l'apogée de tous ces mythes qui ont pris dans l'imaginaire occidental. » Raoul confirme : « C'est paradoxal, mais pas incompatible. »

L'Anglais ça permet plus de poésie, une sorte d'apesanteur

Là où des groupes splittent à savoir s'ils vont écrire les paroles en Anglais ou en Français, ils coupent la poire en deux et mêlent les deux langues avec une aisance presque impertinente. « L'Anglais ça permet plus de poésie, une sorte d'apesanteur. En Français tu peux pas te permettre ça, ou alors c'est vite très bizarre ; et limite un peu chiant. Bashung par contre y arrivait très bien, faire prendre la sauce alors que ça part dans tous les sens, sans vraiment de colonne vertébral. Pour moi en Français faut que ce soit un minimum réaliste. »
Le choix de la langue se fait suivant la mélodie, explique Raoul : « Sur certaines on peut mettre un texte en Français et d'autres où c'est pas possible ou alors ça nous convient pas. Moi par exemple, je sais pas du tout écrire en Français, donc les miennes sont forcément en Anglais. » Je lui demande de développer son propos. « Certaines mélodies sont clairement anglo-saxonnes : au mieux ça sonne comme Joe Dassin. Tout est dans le débit, la métrique du texte. C'est une question de rythmique, mais c'est aussi qu'en Français, c'est plus difficile de faire traîner des syllabes, tu peux pas le faire avec n'importe quelles paroles ou avec n'importe quelles notes. »

Le premier clip extrait de l'album est 'Suite Royale'.

J'avais pensé que quand ils n'avaient pas grand-chose à raconter, c'était plus simple d'utiliser l'Anglais. Helmut ne nie pas : « Quand tu décides que la chanson va être en Anglais, tu vas effectivement passer moins de temps sur le texte. » En bon père, Daddy Tellier prend sa défense : « Autant vous aviez certaines chansons en Anglais que vous avez changé en Français après coup. » Raté, Raoul rétorque qu'ils avaient dans l'idée dès le début de la mettre en Français. Helmut, très pragmatique, me donne un exemple : « Goldmine, sur cet album, je l'avais essayée en Français et ça sonnait pas : même si j'avais pris le temps de faire un beau texte, ça serait resté bizarre, ça venait du phrasé, du débit… »

'Toxic', elle est super bien écrite cette chanson, faut juste s'enlever de l'idée que c'est Britney Spears

Je ne démords pas de mon idée de paradoxe, j'avance un autre point : les reprises. Comment peut-on interpréter 'Killing in the Name' puis 'Toxic' ? Raoul taquine : « C'est la culture outre atlantique. On prend tout ce qui est bon à prendre. Sans rire, 'Toxic' est une très bonne chanson, même si c'est pas Britney qui l'a composée, parce que je pense qu'elle a composé aucune de ses chansons, mais peut importe. En plus c'est tombé à un moment où c'était un tel tube incontestée, beaucoup d'artistes l'ont trouvée intéressante cette chanson : elle est super bien écrite, faut juste s'enlever de l'idée que c'est Britney Spears. » Raoul recentre le sujet : « On en a fait que deux des reprises comme ça, après on a repris des trucs beaucoup plus convenus par rapport à la musique qu'on faisait, et de manière plus classique ['Les terres brunes' de Dominique A]. Sinon les reprises, c'est pour m'amuser : j'entends une chanson, je me demande comment est-ce que je pourrai la chanter, ou la faire chanter. »

Pour finir, je leur pose la question qui brûle les lèvres de tous leurs fans : sont-ils engagés dans la lutte pour la réouverture des maisons closes ? Helmut prend la balle pour l'équipe : « J'irais pas jusqu'à militer pour ça mais il y a effectivement tout un fantasme autour de cette période là : pas juste les maisons closes mais la belle époque, où visiblement, certaines catégories de la population avaient l'air de bien s'amuser. Et les maisons closes faisaient partie de cet univers là. En général, au sein du groupe, on milite pas pour grand-chose mais personnellement, c'est autre chose. Par exemple, si on est à l'étranger, dans un pays où y'a des bordels, d'un point de vue sociologique, on serait allés voir comment c'est… »

L'Art de la Fugue est à paraître le 22 mars.






La Maison Tellier, meilleur groupe de l'Hexagone ?

Par Mickaël Draï
le 20/11/2010

Avec trois excellents albums au compteur et malgré un succès d'estime, le quintet La Maison Tellier se démarque des productions françaises de par son obscur univers et des textes singuliers sur des rythmiques folk et country qui feraient passer leur Normandie natale pour le Far West Hexagonal. Des liens avec Sébastien Tellier ? La barbe peut-être mais rien de plus. Plutôt un hommage à une nouvelle de Guy de Maupassant, de celles qui traitent de prostitution et de maisons close de province. Une référence parmi les références qui plante, comme aucune autre, le décor. Rencontre avec Helmut Tellier, l'un des tenanciers de l'établissement.

Lyon Capitale : Pourquoi avoir choisi cette histoire de Maupassant ?

Helmut Tellier : Cette idée de maison était plaisante et la nouvelle est plutôt intéressante. Elle se passe dans un bordel en Normandie, ce qui nous fait un point commun qu'on trouvait assez drôle. Et puis, un univers féminin pour un groupe composé exclusivement de barbus, c'était rigolo.

Quand on vous écoute, on se dit pourtant que ça ne doit pas rigoler tous les jours dans la Maison Tellier…

Ça doit venir de nos lectures et des musiques que l'on écoute qui ne sont pas des choses super festives. Ça doit se ressentir même si j'essaie, quand j'écris, de ne pas trop remuer le couteau dans la plaie et de tomber dans le pathos. J'essaie toujours de trouver une petite touche d'optimisme. Mais effectivement, les thèmes qui reviennent souvent ne sont pas toujours drôles et j'ai du mal à écrire sur autre chose. Pourtant, nous ne sommes pas dans la déprime permanente.

On parle de littérature, mais votre musique évoque également le western et le film noir…

J'essaie d'aller vers d'autres univers artistiques comme la peinture de Hopper ou le cinéma. Je ne suis pas non plus un rat de cinémathèque et j'ai des goûts assez "mainstream" que je partage avec le reste du groupe. C'est assez générationnel, mais on s'est tous pris en plein visage, quand on était petits, les westerns de Sergio Leone par exemple et forcément, ça nous a marqués. Nous ne sommes pas Jack Kerouac, nous avons des vies raisonnables. Il faut aller chercher des thèmes là où on peut et on préfère éviter de puiser dans notre quotidien comme certains ont pu le faire ces dernières années en France.

La Normandie, par rapport à Paris, c'est un peu le Far West… Plus difficile d'émerger quand on vient de là-bas ?

On reste un groupe en développement, on a commencé un petit peu tard aussi. Les années comptent un peu double pour nous. On porte encore la mention de "surprise la mieux gardée du rock français". On n'a pas connu encore la déferlante, mais c'est quelque chose qui aide à avancer. On n'a pas voulu s'installer à Paris où il est plus facile de rencontrer des gens, de faire des concerts. Mais ce n'est pas avec aigreur que l'on est resté en Normandie. On a commencé nos vies ici et finalement, la musique est arrivée à un âge où ce n'est pas forcément facile de dire "on monte à Paris". S'amuser en jouant notre musique, reste la priorité. Et si un jour, ce n'est plus possible de faire des disques ou de trouver des dates et bien on retournera à nos vies d'avant.






La Maison Tellier est un groupe de musique français, dont le style musical se situe entre musique folk, country et chanson française.

Histoire

La Maison Tellier est fondée en 2004 en Normandie par deux frères : Helmut et Raoul Tellier. Il réunit des musiciens évoluant dans diverses formations sous l'égide du folk-rock (pop, jazz, électro). Après avoir présenté ses morceaux sur des radios régionales, leur travail est retenu sur la compilation « travaux public ».

Peu après l'arrivée du contrebassiste Alphonse Tellier, le premier E.P La Maison Tellier est enregistré après quelques mois d'existence et produit par Xavier Alvès. Il exprime « l'amour des harmonies vocales, des mélodies qui claquent ainsi qu'un goût prononcé pour les ambiances subtiles »[1].

A la rentrée 2005, La Maison Tellier signe avec le label Euro-visions, pour un album éponyme qui parait en mai 2006.

Albums

    * 2006 : La maison Tellier
    * 2007 : Second souffle
    * 2010 : L'art de la fugue

Influences

L'identité sonore du groupe est un mélange de musique anglo-saxonne, de paroles mélancoliques, de références littéraires (comme le suggère le nom du collectif, tiré d'une nouvelle de Maupassant[2]), de clins-d'œil cinématographiques et d'humour noir. S'aidant de la diversité musicale de ses membres, La Maison Tellier parsème ses chansons de références éclectiques et adapte par exemple une reprise de Rage Against the Machine, « Killing in the Name ».

On note également la présence d'un dobro, qui renvoie à la country et au blues.

Cinéma

Les paroles des chansons du groupe s'inspirent de l'univers des westerns tels ceux de Sergio Leone (cuivres) ou bien encore de Pat Garrett et Billy le Kid et de celui de films noirs (Usual Suspects) ; sans oublier Délivrance, dont le « duelling » banjo semble resurgir dans le phrasé de certaines mélodies.
Notes[modifier]

   1. Å™ La Maison Tellier _[archive]
   2. Å™ Ce texte fut publié en 1881 dans un recueil auquel il donna son nom.







La Maison Tellier, The Luyas
Publié le 03 mars 2011 par Mainsdoeuvres

Indie / Pop / Folk
Du Banjo, de la guitare, de la trompette, on croirait écouter la B.O du western "Le Bon, la Brute et le Truand". Pourtant, les Tellier sont de Rouen et c'est de leur Normandie qu'ils écrivent leur folk-blues-country. Une musique qui fait frissonner, particulièrement lorsque les cuivres retentissent.

Au départ duo, puis groupe à part entière, La Maison Tellier est une sorte de road-movie dont l'action se situe entre l'Arizona et la Haute-Normandie. Les influences sont Calexico, 16 Horsepower, Bonnie Prince Billy ou Devendra Banhart et la BO, composée de folk songs moites et délicates, est une petite merveille salvatrice.
www.myspace.com/lamaisontellier

THE LUYAS

Groupe montréalais formé en 2006 avec deux membres de Bell Orchestre, dont un qui était même chez Arcade Fire, The Luyas ont déjà sorti un album en cachette en 2007, Faker Death, qui avait attiré l'attention avec son indie pop douce et maligne. Mais 2011 devrait enfin leur offrir un peu plus de lumière puisque le label Dead Oceans, sur lequel ils viennent de signer, annonce la parution de leur second essai pour le 22 février prochain. Too Beautiful To Work a eu le droit à un traitement de choix, avec une production signée Jeff McMurrich (qui a travaillé avec Tindersticks, Picastro), des arrangements de cordes composés et interprétés par Owen Pallett, et des participations de Sarah Neufeld et Daniel Romano d'Arcade Fire, respectivement au violon et à la basse.








La Maison Tellier : "On est plus fasciné par la culture populaire américaine que par l'Angleterre punk"
Le 15/04/2010

Troisième album de ce groupe originaire de Rouen qui manie le folk-rock comme personne. Entre Rose et Francis Cabrel il y a un gouffre, aujourd'hui comblé par ces 5 faux-frères, qui même s'ils ont adopté Tellier comme nom de famille n'ont rien à voir avec Sébastien, ils partagent pourtant un certain goût pour le libertinage, car La Maison Tellier n'est rien autre qu'un bordel dans une œuvre de Maupassant. Une belle manière de décrire une musique où l'on rentre chargé, et dont on ressort la tête dans les nuages, léger comme l'air voire libéré de ses pesants tracas… La Maison Tellier rêve du grand ouest Américain, et nous propose un folk-rock aussi habité que magique, Helmut en est le chanteur-guitariste. Yannick une fois son chapeau de cow-boy posé.

Est-ce facile d'être un groupe de folk-rock aujourd'hui ?
Helmut Tellier : C'est l'une des difficultés, le terme folk a été un peu galvaudé, c'est devenu fourre-tout, c'est pour cette raison d'ailleurs que j'essaye de ne pas insister sur cette appellation folk français. C'est trop devenu une caution pour des artistes dans une démarche de variéte. Ce n'est pas péjoratif parce qu'il en faut, et il y a des trucs que j'aime, mais nous, c'était plus malgré tout un soin apporté à la musique. Ce n'est pas juste le chant, la mélodie et un accompagnement dépouillé derrière, l'une des difficultés pour nous, c'est de ne pas être associé à cette scène fille + guitare = folk, alors que ce n'est pas forcément la définition du truc.

Plutôt Neil Young que Joan Baez alors ?
C'est un parfait résumé !

Il y a un mélange du français et de l'anglais, pour quelle raison ?
Pour pas avoir à choisir, parce que moi j'aime bien l'idée de sortir un texte qui ne prenne pas le pas sur la musique mais qui au contraire apporte un plus. C'est agréable de réécouter une chanson après s'être fait plaisir en écoutant la musique, d'aller un petit peu chercher du côté des textes. Et honnêtement, je ne suis pas sûr que sur les titres en anglais tout le monde fasse cela. Oui, il y a des gens qui s'attachent aux textes en anglais, mais quoi que l'on dise ça reste plus facile d'approche en français. Par contre, il y a certains morceaux sur lesquels le français, ce n'est juste pas possible parce que du coup, ça emmène le truc dans une direction où l'on n'a pas envie d'aller qui serait justement plus variété française. Ou alors sur un blues, ce qu'on ne voulait pas trop faire au départ parce que c'est vraiment typé quoi, mais quand on prend ce parti-là de base, on ne va pas chanter en français sur un blues parce que c'est craignos.

C'est pas gentil pour Bill Deraime ou Paul Personne…
J'aime bien les personnages, c'est vraiment sincère dans leur démarche, mais ça ne m'a jamais vraiment touché.

L'Amérique dont vous parlez dans les textes, c'est une Amérique fantasmée, c'est comme dans les bandes dessinées de Lucky Luke !
Oui, elle n'a peut-être jamais existé d'ailleurs, c'est mon Amérique à moi ! C'est générationnel, mais ça va aussi avec cette flopée de groupes en France qui se sont mis à faire du folk avec ou sans guillemets. Bah voilà, c'est jute qu'on a grandi dans les années 70 et 80 et qu'on a été abreuvé de culture populaire américaine, avec le choix entre le versant urbain, donc plutôt Philippe Roth on va dire, et le versant bucolique ou de la campagne avec Cormac McCarthy par exemple. Il y avait toute cette sous-culture avec les westerns spaghettis aussi, et donc au moment d'écrire des chansons, on va forcément aller chercher là où on a mangé avant. Mais il n'y a pas plus de démarche que ça, même si effectivement on a été plus fasciné par ça que par l'Angleterre punk ou cold-wave.

Vous êtes tous rouennais ?
Oui, il y en a un qui est originaire du Havre et qui vit aujourd'hui dans le Lot, mais sinon, on a grandi là-bas.

La scène musicale de Rouen, vous a-t-elle touchée ?
Je me souviens être tombé sur une cassette des Dogs et d'avoir croisé Dominique Laboubée à l'entrée de concerts à l'Exo 7 ou dans la rue, mais je n'étais pas du tout dans un environnement qui m'emmenait vers le rock ou la rebellion frontale. Je savais que les Dogs étaient de Rouen comme Jill Caplan, mais c'est tout, ça me faisait marrer de savoir qu'ils étaient de la même ville que moi.

Alors justement, les premiers disques que tu écoutes ?
J'ai baigné dans du Renaud, (Hubert-Félix) Thiéfaine, Lavilliers, des choses comme ça, à cause de mes grandes sœurs. Il y avait aussi un 33 tours de musique de film d'Ennio Morricone, ensuite ça a été des trucs d'ado comme la Mano Negra puis je suis tombé sur Jerry Lee Lewis et Johnny Cash, qui étaient le summum de la ringardise à l'époque. Voire même certains trucs d'Eddy Mitchell, et ça me parlait pas mal, The Trinity Sessions des Cowboy Junkies, c'est un album que, je pense, je vais réécouter toute ma vie sans me lasser.
Fred : J'ai grandi avec France Musique ensuite je me suis mis au jazz. Je pense que le dénominateur commun c'est Ennio Morricone qui nous fascine tous. Et aussi les Beatles, même si ça ne transparaît pas du tout dans ce qu'on fait.
Helmut : Notre guitariste, Raoul, c'est un peu l'encyclopédie vivante du groupe, et c'est lui qui nous a fait découvrir Crosby, Stills, Nash & Young, le folk anglais à la Pentangle, Graham Parsons et des choses comme ça. Je découvre Neil Young sur le tard grâce à lui aussi.

C'est drôle de citer Ennio Morricone car il a beaucoup travaillé avec le réalisateur Sergio Leone qui lui aussi fantasmait une certaine Amérique.
Oui mais l'Européen qui a sa vision du nouveau monde c'est plutôt universel, non… ?

Est-ce pour s'échapper du quotidien, cela correspondrait en tout cas au titre de votre album L'Art De La Fugue ?
Soit tu fais du hip-hop ou du punk car tu as envie de revendiquer frontalement certaines idées, or moi ça me semblait plus cohérent, même dans la vie de tous les jours non pas d'être dans la confrontation mais dans l'esquive. Parce qu'on vient tous de milieux favorisés et blancs dans un coin tranquille de Normandie. La rebellion aurait un petit peu des airs piteux et ça serait un petit peu à côté du sujet. Donc je préfère cette idée de l'esquive.

//www.live-concert.sfr.fr/actualites/la-maison-tellier-on-est-plus-fascin-par-la-cu%20...-498596
















24/10/2012
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