Alain YVER

Alain YVER

LA SECESSION

LA SECESSION





http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9cession_viennoise

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_de_la_S%C3%A9cession

http://laurent.buchard.pagesperso-orange.fr/Japonisme/EFFER.htm

http://www.lemonde.fr/culture/article/2005/10/05/exposition-les-mousquetaires-de-la-secession-viennoise_695970_3246.html





Définition Sécession viennoise

Des divergences d’idées au sein du Künstlerhaus ou de l’Association des Artistes viennois ont obligé Gustav Klimt et, avec lui, dix-huit de ses amis ou sympathisants à quitter ce groupe pour fonder l’association des Artistes autrichiens - Sécession de Vienne le 25 mai 1887.

Gustav Klimt en fut le premier président. Dès le début, la Sécession se montra très attentive aux nouvelles orientations de l’art à l’étranger et favorable aux conceptions modernes dans tous les domaines de l’art.

Les premières esquisses pour un bâtiment d’exposition sont de Klimt lui-même. Construit sous l’égide de Joseph Maria Olbrich en six mois, ce joyau du Jugendstil architectural abritera la 2ème exposition de la Sécession en 1898. Au dessus du portail d’entrée, on lit la devise "A chaque siècle son art, à l’art sa liberté".

Les premiers manifestes annoncent l’objectif principal de ces artistes : "Nous ne connaissons pas de différence entre le grand et le petit art, entre l’art des riches et celui des pauvres. L’art appartient à tous".

Le périodique de la Sécession est publié à partir de 1898 sous le titre de Ver Sacrum.








La Sécession Viennoise

La Sécession Viennoise est un nouveau courant artistique fondé a Vienne en 1878 dans le cadre de l’association des artistes d’Autriche formé autour de Gustav Klimt, Josef Maria Olbrich, Koloman Moser et Otto Wagner.

En 1905, le conflit entre les artistes Naturalistes (qui sont trop accrochés aux règles de la Künstlerhaus* [1] du début du Mouvement de la Sécession) et les stylistes devient insurmontable. A ce moment, Klimt, Boehm, Hoffmann,Moser se détachent de la Sécession, en disant qu’il ne peuvent plus être associés aux Naturalistes les plus réalistes, qui ne veulent pas s’engager dans le concept de "l’oeuvre d’art totale" [2] , une des bases fondamentales du Mouvement Sécessionniste.

Les caractéristiques de la Sécession Viennoise sont :

- des formes organiques et la représentation de la végétation : les artistes voulaient représenter la Nature, la Vie ;

- des compositions florales stylisées ;

- une abondance de courbes ;

- une forte relation entre les textes (dans le domaine de la littérature) et l’image ;

- une absence de perspective et, avec elle, une absence de temps, due à la vlonté de représenter le cycle perpétuel de la Vie. Les peintres peignent selon leur envie et ne produisent plus de tableaux historiques.

Gustav Klimt(1862-1918) est un peintre graveur, il est le fondateur principal de la Sécession Viennoise. Ses thèmes sont : des nus de femme, des allégories, des mythes antiques et des images liées à la psychanalyse de Freud* [3].

Josef Hoffman (1878-1956) fait des études d’architecture à Vienne. Il est inspiré par l’Italie. Il est l’un des créateurs de la Sécession Viennoise. Son oeuvre principale est le palais Stoclet à Bruxelles.

Josef Maria Olbrich(1867-1908) est l’un des fondateurs de la Sécession Viennoise. Il est architecte professeur et membre de la colonie d’artistes à Darmstadt où sont exposées ses oeuvres importantes. C’est un artiste polyvalent . [4]

Koloman Moser(1868-1918) fait des études aux Beaux-Arts de Vienne, il est un des fondateurs de la Sécession Viennoise. Il est scénographe d’une grande partie des expositions sécessionistes.

Otto Wagner(1841-1918) étudie l’architecture à l’Ecole d’Architecture de l’Académie de Vienne en Autriche, où il devient professeur. Parmi ses étudiants, il y a les illustres architectes Josef Maria Olbirch et Josef Hoffmann.

[1] batiment destiné aux expositions et lieu de rencontre des artistes

[2] est un concept esthétique issue du romantisme allemand et apparu au XIXe siècle en Europe. C’est un désir de créer un art de synthèse de différentes disciplines artistiques.

[3] La psychanalyse est une méthode d’exploration du psychisme humain (analyse des actes du quotidien, interprétation des rêves...)

[4] qui a plusieurs capacités








Wiener Secession / Sécession Viennoise
(1897-1939)


Mouvement artistique autrichien

A Vienne, en Autriche, en 1897, un groupe d'artistes formé par Otto Wagner, ses talentueux élèves Josef Hoffmann et Josef Olbrich, ainsi que par Gustav Klimt, Koloman Moser et bien d'autres encore, se forma sous le nom de "Wiener Secession" ou Sécession Viennoise. Ils aspiraient à la renaissance des arts et de l'artisanat et voulaient donner des formes plus pures et plus abstraites aux dessins des bâtiments et du mobilier, des objets en verre et de ceux en métal, en suivant le concept de "l'oeuvre d'art total". Pour ce faire, ils réunirent des artistes de tous les styles: les Symbolistes, les Naturalistes, les Stylistes et les Modernistes.

Ils donnèrent ainsi naissance à une autre forme de modernisme des arts visuels, la Sécession. Comme son nom l'indique, ce mouvement représentait une protestation de la jeune génération contre l'art traditionnel de ses prédécesseurs. Le premier président de l'association fut Gustav Klimt.

Afin d'atteindre leur but, ils créèrent leur propre espace d'exposition: l'immeuble de la Sécession, à peine en dehors de la Ringstrasse de Vienne, réalisé par l'architecte Josef Maria Olbrich.

La Sécession Viennoise promouvait son esthétique artistique grâce aux affiches des expositions et son journal, le "Ver Sacrum" (le Printemps Sacré). Le journal montrait des reproductions des oeuvres d'art, des illustrations de poèmes, des documents d'art graphique et décoratif, des objets design et de nouvelles conceptions de mise en page.

La première exposition se déroula en novembre 1898 et de nombreuses oeuvres furent présentées dans l'immeuble de la Sécession Viennoise, exposant de grand noms d'artistes de l'époque tels que:
Gustav Klimt, Koloman Moser, Josef Maria Olbrich, Max Klinger, Walter Crane, Eugène Grasset, Signac, Charles Robert Ashbee, Charles Rennie Mackintosh, Degas, Arnold Bocklin, Giovanni Segantini, Auguste Rodin, Edvard Munch, van Gogh, Toulouse-Lautrec, Vuillard, Bonnard, Redon, Gauguin, Otto Wagner, ...

et aussi une bonne partie d'artistes belges, tels que:
Fernand Khnopff, Constantin Meunier, Félicien Rops, Theo van Rysselberghe et George Minne,

En 1902, Gustav Klimt créa la "Beethoven Frieze", faisant partie de l'installation de la sculpture Beethoven de Max Klinger, réalisée par Josef Hoffmann. La Beethoven Frieze fut exposée pendant un an et elle fut ensuite désassemblée et vendue.

Le 19 mai 1903, une autre association fut créée à Vienne, la Wiener Werkstätte ou "Atelier de Vienne". Les membres fondateurs, Josef Hoffmann et Koloman Moser, tous deux membres de la Wiener Secession, voulaient donner aux étudiants diplômés de la Kunstgewerbeschule un lieu de travail et d'expression.

En 1905, le conflit entre les artistes Naturalistes (qui s'étaient trop accrochés aux dogmes de la Kunstlerhaus du début du Mouvement de Sécession) et les Stylistes devint insurmontable. A ce moment, Klimt, Auchentaller, Boehm, Hoffmann, Moser et Rollerse se détachèrent de la Sécession, en disant qu'ils ne pouvaient plus être associés aux Naturalistes les plus réalistes, qui ne voulaient pas s'engager dans le concept de "l'oeuvre d'art total", une des bases fondamentales du Mouvement Sécessionniste.

Le "Groupe de Klimt" exposa en 1908 au Kunstschau, un pavillon temporaire construit par Hoffmann, et cette année là représente le point culminant de la phase décorative de l'Art Nouveau tardif.

Références:
Varnedoe, Kirk. Vienna 1900: Art, Architecture and Design. New York: Museum of Modern Art, 1986.
Boubnova, Iaroslava. Vienna Secession: 1898-1998. Munich, New York: Prestel, 1998.








L’Art Nouveau : La sécession viennoise
Hoffmann, Klimt, Kokoschka, Schiele

Les sécessionnistes viennois ont peint ce qu’on ne devait pas peindre : les frôlements, les enlacements, les baisers, les douceurs, les violences, les rêves érotiques. Par Brigitte Ducousso-Mao, professeur d’histoire de l’art à l’Association Philotechnique.

 A la veille du XXe s. apparaît partout en Europe le désir de créer un art de synthèse des différentes disciplines artistiques. L'érosion des frontières entre arts majeurs et arts mineurs et la notion d'art total, ou «Gesamtkunstwerk», furent initiées en Autriche par Joseph Hoffmann (1870-1956), architecte et directeur des ateliers viennois. Son style sobre et très épuré dans le mobilier et les arts du métal eut une influence considérable sur les jeunes générations de designers. Oskar Kokoschka (1886-1980), Egon Schiele(1890-1918), et Le Corbusier se sont formés dans ces fameux ateliers d'art et d'artisanat, inspirés par le mouvement «Arts and Crafts». Le palais Stoclet d'Hoffmann à Bruxelles et La frise Beethoven de Klimt présentée dans le pavillon de la Sécession pour l'exposition de 1902 furent de véritables démonstrations de ce que devait être une œuvre d'art total.

Gustave Klimt (1862-1918) fondateur avec Joseph Hoffmann des «Wiener Werkstätte» fut sans conteste la figure la plus emblématique de la Sécession viennoise ; provocateur et iconoclaste, Klimt séduisit toute une génération de jeunes artistes.

Klimt, Kokoschka, Schiele ont refusé de désamorcer la charge sexuelle de leur peinture montrant parfois les corps nus dans une crudité radicale. Ils firent comprendre à leurs contemporains que la peinture avait désormais autre chose à dire ; qu'elle ne pouvait plus être uniquement une œuvre décorative destinée à relater l'histoire, ou à orner les murs des édifices privés ou publics. C'est à Vienne, avec ces artistes que commence, dans le dernier quart du XIXe l'art moderne.

L'invitée de Krista Leuck au micro de Canal Académie, Brigitte Ducousso-Mao enseigne l'histoire de l'Art Nouveau et organise sur cette période artistique des expositions.

Pour en savoir plus :

. Vienne 1880-1938, L'apocalypse joyeuse, sous la dir. de J. Clair, éd. du Centre Pompidou, 1986.
. Carl E. Schorske, Vienne fin de siècle, politique et Culture, Seuil, 1983.
. P. Loze, L'Art nouveau, Paris, Flammarion, 1999.
Bibliographie.
. J.-P. Lyonnet, Guimard perdu : histoire d'une méprise, Paris, Alternatives,(...)

Canal Académie - Tous droits réservés








http://www.franceculture.fr/emission-les-mardis-de-l-expo-klimt-et-la-secession-viennoise-2010-11-30.html

L’histoire de l’art célèbre les grands maîtres mais accorde aussi une grande place aux lieux phares qu’on appelle des foyers de création. Exemples : Venise et Florence au XVI° siècle,  Amsterdam au XVII°, Paris au XIX° et au début du XX° siècle, New York dans la  seconde moitié du XX° siècle.  Par une conjoncture extraordinaire réunissant, à un moment donné, des facteurs complexes, ces villes ont été le théâtre d’une incroyable énergie créatrice. Elles ont  attiré, tel un aimant, les meilleurs artistes, les plus novateurs, ceux qui ont laissé une empreinte profonde. Vienne, capitale de l’Autriche à la fin du XIX ème siècle enfante, dans l’affranchissement de la morale et de la tradition, quelque chose de radicalement  neuf. Dans tous les domaines de la vie intellectuelle et artistique se produisirent des bouleversements majeurs avec pour toile de fond Freud et l’invention de la psychanalyse. Dans l’art ce besoin se concentre alors autour de Gustave Klimt, chef de file de « la Sécession » un mouvement fondé en 1897.

Figure charismatique, Klimt fit souvent scandale avec des nus trop suggestifs, trop sensuels, trop érotiques. Il créa un langage plastique flamboyant qui mêlait mythologie et réalité, arts décoratifs et beaux arts.

Cette émission est une évocation de Gustave Klimt et de la Sécession Viennoise.

 





L'art nouveau et la Sécession Viennoise

http://sylviaetchris.over-blog.com/article-20973965.html

Pour ne pas passer à côté de certains éléments en découvrant Vienne, il nous semble important d’éclaircir certains points : qu’est ce que l’art nouveau ou la Sécession Viennoise ?
C’est tout simplement un mouvement artistique qui débute à la fin du XIXe et qui porte différents noms selon les pays :
- Sezessionstil en Autriche
- Jugendstil en Allemagne
- Nieuwe Kunst aux Pays-Bas
- Stile Liberty en Italie
- Modern Style en Angleterre
- Modernismo en Espagne
Et même surnommé « style nouille » par les opposés et détracteurs de ce nouveau style artistique.

 Pourquoi l’émergence d’un tel courant ? Pourquoi parle-t-on d'Art Nouveau ou de Sécession ?
Il faut savoir que le XIX siècle connaît un fort « historicisme » (ou néo-classicisme) qui prétend que tout en art a déjà été fait et qu’il suffit de piocher dans chaque période pour créer en fonction de ses besoins et du but de la création. Par exemple une église sera baroque tandis qu’un tribunal sera sous la forme d’un temple grec, et qu’un hôtel de ville sera de style renaissance. Mais toutes les combinaisons sont possibles (exemple : église de la Madeleine à Paris).
Les artistes de l’art Nouveau refusent cette normalité de création et cherchent à explorer d’autres domaines. Ils commencent par utiliser les nouveaux matériaux comme le verre et l’acier en exploitant au maximum leurs capacités. L’acier permet de réaliser des formes fines et des entrelacs pour un coût abordable… même si le style évolue au sein des quartiers bourgeois. On voit alors la recrudescence de formes florales et animales pour exploiter la beauté naturelle de la nature. En quelque sorte et en raccourci extrème, on peut résumer le principe en disant que le néoclassicisme prétendait que le meilleur et le beau avait déjà été trouvés et que l'art nouveau s'y oppose en exploitant les formes originelles de la nature. Paradoxal, non ?
Cependant, en Autriche, l’art nouveau semble un peu plus géométrique qu’il ne peut l’être en France. La Sécession dans ce pays se développe grâce à un groupement d'architectes et de plasticiens en 1897 sous l’instigation de Josef Olbrich, de Josef Hoffmann et de son président Gustav Klimt. Leurs buts sont les suivants :
- réunir les forces créatrices de l’Autriche
- s’ouvrir sur le Monde et instaurer des contacts avec les artistes étrangers
- prôner un échange international des idées
- lutter contre l’élan nationaliste des pays européens
- renouveler les arts appliqués
- créer un art total
- opposer une nouvelle expression artistique à l'art officiel viennois
Les caractéristiques du style de la Sécession viennoise sont les suivantes :
- des formes organiques et la représentation de thèmes animaliers
- des motifs floraux
- une profusion de courbes
- abandon de la perspective

Pour atteindre leurs objectifs, les artistes de la Sécession Viennoise réalisent leur espace d’exposition : le Palais de la Sécession d'après les plans de Josef Maria Olbrich. Mais ça, on vous en parlera demain…







Arts plastiques et architecture
Elisabeth Malick
doctorante ENS LSH

1. La Sécession viennoise

1.1. Avant-garde et « Art nouveau »

Le courant Art Nouveau, appelé Modern Style en Angleterre et Jugendstil dans les pays germaniques, se développa en Autriche et tout particulièrement à Vienne à partir de 1897. Le 3 avril 1897, un groupe d'artistes viennois de diverses tendances, architectes, peintres et graveurs, fondèrent la Wiener Secession. Comme le revendiquait sa devise, « Der Zeit ihre Kunst, Der Kunst ihre Freiheit » (« à chaque époque son art, à l'art sa liberté »), ce mouvement voulait rompre avec l'art académique des salons officiels viennois mais ne se fondait pas sur un programme esthétique précis. Leur objectif était plus large : il s'agissait pour eux d'élaborer un « art total », qui touchât tous les domaines de l'existence, ce qui explique l'importance accordée par ce mouvement aux arts appliqués. La Sécession revendiquait également un échange international des idées, et tenta de faciliter les contacts entre artistes étrangers.

Pour mettre en œuvre cette nouvelle vision de l'art, la Sécession viennoise s'appuyait sur trois organes essentiels :

Le Palais des Expositions, construit en 1898 par Josef Olbrich, permettait aux artistes autrichiens de se faire connaître, mais constituait surtout une ouverture sur l'art international. Chaque année, plusieurs expositions mêlaient les productions autrichiennes aux œuvres d'artistes étrangers de tendances très diverses : les impressionnistes (Cézanne, Manet), Gauguin, Van Gogh, Munch, alternaient avec les maîtres graveurs japonais ou encore les naturalistes ou les symbolistes (Much, Puvis de Chavanne, Khnopff).

La revue Ver Sacrum, qui parut de 1897 à 1903, joua un rôle très important dans la diffusion des idées de la Sécession. Elle permit également la collaboration entre l'art pictural et la poésie en associant au projet des écrivains tels que Rainer Maria Rilke et Hugo von Hofmannsthal, ou encore le critique culturel Hermann Bahr.

Enfin la création en 1903 des Wiener Werkstätte (les ateliers viennois), fondés par les artistes et les architectes issus de la Sécession, devait ouvrir la voie à l'esthétisme de masse. Outre les meubles et aménagements complets, ces ateliers produisaient des bijoux, de l'argenterie, de la céramique, de la verrerie, mais aussi des objets quotidiens, des cartes postales, des affiches, et finit même par réaliser des vêtements.
1.2. Les principaux représentants du mouvement

1.2.1. Peinture et arts graphiques

Gustav Klimt (1862-1918)

Élu président de la Sécession de 1897 à 1905, Gustav Klimt est le représentant incontournable de ce mouvement.

Le parcours artistique de Klimt illustre particulièrement bien les mutations de l'époque : il débute en effet comme décorateur dans l'atelier du peintre officiel Hans Makart, et réalise de nombreuses fresques (notamment au Kunsthistorisches Museum de Vienne) dans un style néo-classique académique. Inspiré par les estampes japonaises et le symbolisme, Klimt finit par rompre en 1882 avec l'académisme. En 1893, son originalité a l'occasion de s'affirmer en opposition aux attentes officielles : les trois peintures allégoriques La Philosophie, la Médecine et la Jurisprudence, chargées de décorer les plafonds de l'université, provoquent le scandale. Certaines caractéristiques de l'art de Klimt y sont déjà nettement perceptibles, notamment la juxtaposition du naturalisme et de stylisation.

En 1897, il est l'un des fondateurs de la Sécession et de Ver Sacrum dont il illustre la plupart des numéros. La frise picturale de 24 mètres de long qu'il réalise en 1902 pour une salle du Palais des Expositions - elle-même conçue par l'architecte Josef Hofmann et devant abriter une statue de Beethoven réalisée par Max Klinger (on retrouve ici l'importance de la collaboration étroite des divers domaines artistiques) - marque le début de sa maturité artistique. Klimt ose pour la première fois le style bi-dimensionnel, sans effets de relief et consacrant la forme pure, mais sans renoncer pour autant au figuratif. C'est cet équilibre étonnant du figuratif et de l'abstrait qui caractérise alors son art. Dans ses productions artistiques, les représentations symboliques, mêlant Eros et Thanatos (Le Baiser, Les Trois âges de la Femme, La Vie et la Mort), alternent alors avec des portraits où la véracité psychologique des visages se détache sur une mosaïque d'ornements (Adèle Bloch-Bauer, Emilie Flöge).

Après un voyage à Paris en 1909, il remplace les fonds or de ses œuvres par des motifs extrême-orientaux ou slaves et abandonne progressivement la stylisation au profit du naturel. Le paysage, abordé généralement de manière pointilliste, occupe également une place de plus en plus importante dans ses créations. Il meurt brutalement en 1918, laissant plusieurs peintures inachevées et de nombreux dessins qui ne sont pas la part la moins intéressante de son œuvre.
Koloman Moser (1868-1918)

Koloman Moser a étudié à l'école des Beaux-Arts à Vienne et fut l'élève d'Otto Wagner. Graphiste de talent, il illustra lui aussi la revue Ver Sacrum. Il s'épanouit également dans le domaine des arts décoratifs, abandonnant peu à peu les lignes sinueuses pour des motifs abstraits géométriques, qui devinrent typiques de l'art graphique viennois. En peinture, ses productions sont proches du mouvement fauve contemporain, notamment dans l'utilisation qu'il fait des couleurs vives.
1.2.2. Architecture

Otto Wagner (1841-1918)

Comme le fit Klimt dans le domaine de la peinture, Otto Wagner réalise la transition entre l'historicisme et la modernité dans le domaine de l'architecture. Après une première phase de constructions très classiques, fortement influencées par l'étude approfondie de Friedrich Schinkel, Otto Wagner s'oriente vers la fin du XIXe siècle vers des projets plus « sécessionnistes », intégrant à ses façades de grandes surfaces ornementales (on peut penser à la Majolikahaus à Vienne). Mais même les réalisations de cette période ne remettent pas en cause son attitude formelle constructive. Cet idéal de fonctionnalité le fait revenir à des constructions plus sobres. Le bâtiment de la Caisse d'Épargne de Vienne, alliant esthétique et fonctionnalité, classicisme et innovation (Wagner associe notamment au marbre de tout nouveaux matériaux tels que l'aluminium et le béton armé), est un modèle du genre. On trouve parmi les élèves d'Otto Wagner deux autres des fondateurs de la Sécession : Josef Olbrich et Josef Hoffmann.
Josef Hoffmann (1870-1956)

Élève d'Otto Wagner, co-fondateur de la Sécession, Josef Hoffmann est également l'un des initiateurs, avec Koloman Moser, des Wiener Werstätte. Il inaugure en 1906 sa première œuvre importante, le Sanatorium de Purkersdorf. Mais son véritable chef d'œuvre, il le réalise, entre 1905 et 1911, hors des frontières autrichiennes. En effet, l'un des plus riches exemples de l'Art nouveau viennois, le Palais Stoclet, se trouve à Bruxelles. La simplicité raffinée de cette villa repose sur la précision de ses formes, dont le jeu d'angles, marqués de bronze, annonce le cubisme. Cette sobriété et l'importance accordée aux modèles géométriques permettent de considérer l'œuvre de
Hoffmann, représentant d'une nouvelle génération d'artistes, comme une charnière entre l'Art Nouveau et l'Art Déco.

2. Critique et dépassement

2.1. Adolf Loos (1870-1933)

Adolf Loos a été un virulent adversaire de la Sécession viennoise : il adhère certes aux idéaux de fonctionnalité d'Otto Wagner mais rejette catégoriquement le recours à l'ornementation et dénie toute légitimité aux arts appliqués. En l908, il expose ses positions dans un article intitulé Ornament und Verbrechen (Ornement et Crime), où il associe l'ornementation d'objets quotidiens aux cultures « barbares » et considère qu'un développement culturel avancé ne peut se manifester que par la fonctionnalité et l'absence d'ornements inutiles dans la vie courante. Art et architecture sont pour lui deux choses totalement distinctes : si l'œuvre d'art doit être révolutionnaire et dérangeante, la maison par contre se doit d'être confortable, et par là même conservatrice. Ses intérieurs qui, plutôt que d'imposer une modernité, prennent en compte le mobilier de ses commanditaires, sont de ce fait emprunts d'un certain classicisme. Les façades quant à elles se caractérisent par leur sobriété, leur exigence formelle évidente, ainsi que par l'importance toute particulière accordée aux matériaux employés.

Loos fut cependant contraint parfois d'adapter ses exigences aux attentes du public, et les critiques de ses adversaires ne se firent pas attendre lorsqu'il orna de colonnes doriques un grand magasin construit dans un quartier exposé de Vienne. Mais Loos reste l'un des pionniers de l'architecture fonctionnaliste, et son style présente, même s'il s'en est lui-même violemment défendu, des analogies certaines avec celui du Bauhaus. Son article Ornement et crime sera également publié par Le Corbusier dans sa revue L'esprit nouveau.
2.2. Évolution de l'art pictural

Egon Schiele (1890-1918)

Le jeune Egon Schiele était un grand admirateur de Klimt. Leur rencontre en 1907 au cours de laquelle Schiele présenta une série de dessins au maître de l'avant-garde viennoise, marque le début d'une amitié profonde et d'une admiration réciproque. L'influence de Klimt ressort assez clairement de certaines œuvres de Schiele à cette époque, proches de l'esthétique Jugendstil. Mais l'élève développe rapidement un style plus personnel, au trait énergique, parfois violent. On retrouve dans son œuvre la problématique d'Eros et Thanatos, chère à Klimt, mais représentée de manière bien plus nerveuse, torturée et dérangeante. Schiele peint ses modèles dans des poses insolites, souvent chargées d'érotisme, mais comme désarticulées (il a notamment étudié les attitudes de déments dans des asiles psychiatriques ainsi que la gestique des marionnettes), et aime à représenter la chair dans des couleurs verdâtres, qui suggèrent la décomposition. Le contraste entre l'Art Nouveau et cet esthétisme bien plus sombre est particulièrement saisissant si l'on compare Le Baiser de Klimt à la parodie qu'en propose Schiele dans Cardinal et nonne.

L'influence de la Sécession disparaît complètement dans ses peintures de paysages : paysages d'automne aux arbres grêles et dénudés, villages toujours déserts, comme inhabités, qui correspondent à une période de grande solitude dans la vie de Schiele. Cette solitude prend fin en 1915, lorsqu'il épouse Édith Harms, et son style s'en ressent. Des œuvres telles que La mère avec deux enfants, Étreinte ou La famille semblent exprimer un certain épanouissement. Mais cette dernière phase créative sera de courte durée. En octobre 1918, Edith et Egon Schiele succombent à quelques jours d'intervalle à la grippe espagnole.

L'œuvre de Schiele se libère ainsi progressivement de toute ornementation, pour refléter directement la crise existentielle et le malaise de sa génération. Cette exploration minutieuse d'un langage corporel reflétant en réalité le psychisme, Schiele la pratique également sur lui-même. Il est l'un des artistes ayant réalisé le plus d'autoportraits, essayant tour à tour des rôles divers : le saint, Saint Sébastien, le masturbateur, l'ermite, le dandy, le prisonnier, ou encore la mort. Ce long voyage à travers l'égo rend également compte de l'évolution de son œuvre, des débuts proches du Jugendstil à l'expressionnisme des années 1911 à 1915, puis à l'apaisement des dernières années.
Oskar Kokoschka (1886-1980)

Oskar Kokoschka étudie de 1904 à 1909 à l'École des arts décoratifs de Vienne, où il rencontre Schiele et a Klimt pour professeur. Mais il rejette rapidement le Jugendstil pour s'orienter vers l'expressionnisme. Il est renvoyé de l'École des arts décoratifs après le scandale provoqué par l'exposition, en 1908 à la première Wiener Kunstschau, de son poème illustré « Die Träumenden Knaben ». Mais cette exposition le fait connaître à Karl Kraus et Adolf Loos qui l'encouragent et le soutiennent dès lors dans son travail. Kokoschka peint à cette période les portraits de ces artistes dont il se sent proche : Kraus, Loos, Peter Altenberg, le psychiatre August Forel. Cette série de portraits frappe par sa forte intensité psychologique : il explore la psyché qui se cache derrière la représentation physique. Kokoschka quitte alors Vienne pour s'installer à Berlin, qui lui semble plus proche de ses conceptions artistiques, et collabore à la revue expressionniste Der Sturm. Il revient cependant à Vienne en 1911 et y rencontre Alma Mahler, veuve de Gustav Mahler, qui lui inspire une véritable passion et pour laquelle il réalise en 1914 La Fiancée du vent. A cette époque, sa technique évolue vite, accumulant les couches de couleurs et les coups de pinceaux de plus en plus larges. Le reste de sa carrière picturale se déroula hors d'Autriche et consacra l'expressionniste qu'il fut depuis ses débuts.

http://cle.ens-lyon.fr/allemand/arts-plastiques-et-architecture-20749.kjsp














 


22/06/2012
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