Alain YVER

Alain YVER

LALO SCHIFRIN

LALO SCHIFRIN




"Mission Impossible", "Mannix", "Inspecteur Harry", la musique de la pub "Dim" (à l'origine générique de fin du film "Le Renard")... tous ces thèmes illustres sont signés du compositeur, arrangeur, pianiste, chef d'orchestre argentin Lalo Schifrin. Qui d'autre que lui pouvait mener à bien un projet tel que "Les cent ans du Cinéma" ? Franck Ernould




SITE OFFICIEL
//www.schifrin.com/


TOUT SUR LALO
//fr.wikipedia.org/wiki/Lalo_Schifrin



Biographie


Né à Buenos Aires en 1932, Lalo Schifrin est le fils de Luis Schifrin, un violoniste professionnel. Très jeune, il étudie le piano avec Enrique Barenboim (père du pianiste Daniel Barenboim) puis Andreas Karalis et suit un cursus classique en Argentine. Au début des années 50, il poursuit sa formation au Conservatoire de Paris et étudie, entre autres, auprès d'Olivier Messiaen et de Charles Koechlin.

C'est en France qu'il commence sa carrière professionnelle comme pianiste de jazz et arrangeur. Il enregistre quelques disques de "musique latine" pour les disques "Vogue" ou le label d'Eddie Barclay. Fin des années 50, de retour en Argentine, Schifrin travaille surtout comme musicien de jazz, avec entre autres, son compatriote Gato Barbieri. Il est embauché par le trompettiste Dizzy Gillespie comme pianiste de son quintette. Schifrin écrit aussi pour Gillespie des pièces ou arrangements pour grandes formations ("Gillespiana Suite", "The New continent"). C'est le début du succès.

Schifrin devient staff arranger pour le label Verve (arrangements pour Stan Getz, Count Basie, Sarah Vaughan, Jimmy Smith, Luiz Bonfá, Cal Tjader…). Verve appartient à la Metro Goldwyn Mayer et Lalo Schifrin devient vite compositeur pour la MGM. À partir de cette date Schifrin, installé à Hollywood, va écrire un nombre impressionnant de musiques de films ou de séries télévisées, tout en continuant son activité dans le domaine du jazz. Schifrin mène en parallèle une carrière de musicien "classique" comme chef d'orchestre et comme compositeur ("Invocations", "Concerto pour contrebasse","Concertos pour piano Nos. 1 & 2", "Pulsations", "Resonances"…).

Pour l'anecdote, la musique utilisée pour la publicité des bas « Dim » est une pièce écrite pour le film Le Renard (The Fox) de Mark Rydell (1968).









Lalo Schifrin

Lalo Schifrin est un véritable artiste du Renouveau. Non seulement pianiste, compositeur et chef d´orchestre, il dirige également un orchestre symphonique dans son pays, il donne des représentations lors de festivals internationaux de jazz, il compose pour le cinéma et la télévision, et produit divers travaux pour Placido Domingo ou encore pour le London Philharmonic.

Adolescent, à Buenos Aires où il est né, Lalo Schifrin reçut un enseignement classique par Juan Carlos Paz, Enrique Barenboim, Mariano Drago et son père, Luis Schifrin, un des pionniers de l'Orchestre Philarmonique de Buenos Aires et qui fut le maître de concert du Teatro Colon.

Pendant qu'il étudiait à Paris au début des années 1950, Lalo Schifrin menait une double vie ; Il n'a jamais avoué aux musiciens de jazz avec lesquels il participait aux jam sessions du samedi soir sur la Rive Gauche que tous les dimanches matin, de bonne heure, il allait écouter Olivier Messiaen improviser à l'orgue lors de la messe à l'Eglise de la Trinité. Messiaen, dont Schifrin suivait les cours de classique au conservatoire, ignorait également tout de ses escapades nocturnes.

Quand Schifrin retourna à Buenos Aires au milieu des années 1950, il forma son propre jazz band. C'est lors d'une des performances du groupe que Dizzy Gillespie entendit jouer Schifrin. Il lui demanda alors de faire les arrangements du Gillespie Band et d'en être le pianiste. En 1958, Schifrin partit aux Etats Unis et ce fut alors le début d'une carrière remarquable.

« La musique est pour moi source de croissance, de développement et de rajeunissement », affirme le compositeur. Sa musique est un mélange de techniques traditionnelles et nouvelles, et son amour précoce pour le jazz et le rythme sont de sérieux attributs de son style. « Invocations », «Concerto pour Contrebasse », « Concertos pour Piano No.1 et No.2 », « Pulsations », « Tropicos », « La Nouvelle Orléans », et « Resonances » sont quelques exemples de sa tendance à juxtaposer les pensées universelles avec une sorte de primitivisme élaboré.

Il a composé plus de 100 morceaux pour la télévision et le cinéma dont certains tels que «Mission : Impossible », « Mannix », « The Fox », « Bullit » et « Dirty Harry » sont devenus très populaires. Lalo Schifrin a reçu quatre Grammy Awards ( avec dix-neuf nominations ), un Cable ACE Award, et a été nominé six fois aux Oscars.

En 1987, un groupe de musiciens comptant parmi les meilleurs en France decida de former l'Orchestre Philarmonique de Paris dans l'optique d'enregistrer des musiques pour le cinéma, d'organiser des concerts et de participer à des émissions télévisées.

Ils nommèrent Lalo Schifrin directeur musical et leur concert d'inauguration eut lieu au Théatre des Champs Elysées le 26 Janvier 1988. Schifrin occupa le poste de directeur musical pendant cinq ans avant de se résigner à consacrer plus de temps à la composition.

Parmi les autres orchestres dirigés par Schifrin on compte le London Philharmonic, le Los Angeles Philharmonic Orchestra, le London Symphony Orchestra, le Mexico Philharmonic, le Vienna Symphony Orchestra, l'Israel Philarmonic, le Houston Symphony Orchestra, le Los Angeles Chamber Orchestra, le Mexico City Philharmonic, l'Atlanta Symphony Orchestra, l'Orchestra of Saint Luke ( New York City ) et le National Symphony Orchestra of Argentina.

En 1986, le Glendale Symphony Orchestra , sous la direction de Lalo Schifrin, faisait une représentation au Hollywood Bowl. Son " Salute to the Statue of Liberty" provoqua une véritable ovation de la part d'un public s'élevant à plus de 17000 personnes. En 1987, Schifrin fut sollicité pour écrire l'ouverture des Pan American Games qu'il enregistra à Toronto et fit sa première représentation avec l'Indianapolis Symphony Orchestra. En 1955, Schifrin composa et dirigea la musique de clôture des Pan American Games en Argentine.

C'est sa capacité à passer d'un genre musical à un autre qui fait de Schifrin une personnalité unique dans le monde de la musique. Musicien de jazz, il a joué et enregistré avec de grands noms tels que Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Stan Getz et Count Basie.

Son « Concerto pour Guitare et Orchestre », à l'origine interprété par le Los Angeles Philharmonic Orchestra, fut joué lors du Festival International de Musique à Liège en Belgique et retransmis à la télévision partout en Europe. Il est devenu un exemple de littérature contemporaine pour guitare. Le London Philharmonic Orchestra fit l'enregistrement pour EMI records, avec le soliste Angel Romero. « Dances Concertantes » pour clarinette et orchestre fut demandé et interpreté par David Schifrin et le Kansas City Symphons. Son « Concerto pour Contrebasse et Orchestre » fut enregistré par Gary Karr et l'Orchestre Philarmonique de Paris.

L'une des plus grandes réussites de la carrière de Lalo Schifrin fut la première mondiale de sa composition « Cantos Aztecas » pour chorus, voix solos et orchestre qu'il dirigea aux Pyramides de Teotihuacan à Mexico avec Placido Domingo comme ténor solo. Cet événement fut retransmis dans le monde entier en 1989, et le CD parut sur la marché en Mai 1990.

En Avril 1989, Lalo Schifrin fut nommé directeur musical du Glendale Symphony Orchestra ; Il occupa ce poste durant six années. L'un des grands moments de la programmation fut la première mondiale d' « Impresiones », concerto commandé par « Doc » Severinsen et écrit pour lui par Schifrin, qui alors dirigea Mr. Severinsen.

On lui demanda d'écrire la Grande Finale pour un événement qui eut lieu à Caracalla en Italie le 07 Juillet 1990 pour célébrer la fin de la Coupe du Monde de Football. Durant ce concert, les trois ténors Lucianno Pavarotti, Placido Domingo et Jose Carreras chantèrent ensemble pour la première fois. Les orchestres des compagnies d'opéra de Rome et de Florence furent dirigés par Zubin Mehta. Les cassettes audio et vidéo commercialisées de cet événement atteignent les meilleures ventes de l'histoire de la musique classique. Schifrin fut également engagé pour organiser la rencontre en Juillet 1994 de ces trois chanteurs en compagnie de Zubin Mehta. Ce concert eut lieu au Dodger Stadium, la veille de la finale de la Coupe du Monde de Football. La cassette vidéo et le CD parurent en Automne 1994 dans le monde entier sous le label WEA. Schifrin écrivit également les arrangements du plus récent concert des Trois Ténors à Paris en Juillet 1998.

La Fondation Steinway demanda à Schifrin d'écrire son « Concerto pour Piano No.2 », dont la première fut interprètée par le National Symphony Orchestra et dirigée par Mstislav Rostropovich à Washington, DC au Kennedy Centre le 11 Juin 1992, avec Cristina Ortiz comme soliste. La meme année, il produisit, dirigea et fit les arrangements d'un CD de Jose Carreras jouant avec l'Orchestre Symphonique de Londres : « Friends for Life ». Récemment, Schifrin à enregistré avec le Rochester Philharmonic Orchestra : « Romancing Hollywood », une compilation de thèmes récompensés aux Oscars.

Son implication à long terme aussi bien dans le monde du jazz que du symphonique fut concrétisée en 1993, en commençant par la série d'enregistrements « Jazz Meets the Symphony » qu'il dirigea et dont il fut le pianiste, accompagné par l'Orchestre Philarmonique de Londres et par de grands noms du jazz tels que Ray Brown, Grady Tate, Jon Faddis, Paquito D'Rivera et James Morrison.

« Avec le recul, je pense que le point de départ de ce projet à vraiment été l'écriture de deux de mes premières compositions pour films : « The Cincinnati Kid », dans laquelle Ray Charles chantait accompagné par un orchestre symphonique, et la célèbre scène de course poursuite dans les rues de San Francisco de « Bullit », pour laquelle j'ai écrit une partie symphonique combinée avec des solos de saxophone à des tempos très rapides. Puis, des années après, quand j'ai fait les arrangements musicaux pour une tournée que je faisais avec Dizzy Gillespie, Ray Brown et Grady Tate accompagnés par l'Israel Philarmonic Orchestra, j'ai commencé à réaliser pleinement que ces deux formes musicales distinctes pouvaient etre combinées ». «Jazz Meets the Symphony »  connut un succès mondial et engendra la sortie en Juillet 1994 de « More Jazz Meets the Symphony ». Le troisième de la série, « Firebird » (« Jazz Meets the Symphony #3 ») parut durant l'été 1996 et recut deux nominations aux Grammy Awards. Le quatrième de la série, « Metamorphosis », parut au cours du printemps 1998 sous le propre label de Schifrin, Aleph Records.

En Novembre 1992, la Los Angeles Master Chorale interpréta la première représentation de « Cantares Argentinos » lors d'un concert de Musique Latino-Américaine.

Au cours de ce même mois, Schifrin dirigea la première européeenne de son « Concerto pour Piano No.2 » avec le Sophia Radio Symphony Orchestra. Ce concert marqua la première retransmission bulgare pour le réseau télévisé européen.

Schifrin écrivit et adapta la musique de « Christmas in Vienna » en 1992 interprétée par Diana Ross, Joe Carreras et Placido Domingo. L'émission parut sur CD et en vidéo sous le label classique de Sony.

Schifrin retourna à Vienne en Décembre 1995 où il entreprit l'arrangement du programme complet de musiques de Noël intitulé « Christmas in Vienna », chanté par Jose Carreras, Natalie Cole et Placido Domingo.

En 1993, Schifrin fut sollicité pour l'écriture de « Lili 'Uokalani Symphony » en hommage à la dernière monarque de Hawaii, la reine Lili 'Uokalani. La première fut interprétée par l'Orchestre Symphonique d'Honolulu, et fut enregistrée par l'Orchestre Symphonique de Vienne avec Schifrin comme chef d'orchestre au printemps 1995. Il parut en Novembre 1996 sous le label Urtext Digital Classics.

Au printemps 1993, Schifrin dirigea un enregistrement pour Julia Migenes, « Julia Migenes in Vienna » avec l'Orchestre Volksoper de Vienne, et dirigea l'enregistrement de «Te Deum » de Charpentier pour le virtuose de trompette classique Maurice André et l'orchestre de chambre de Paris. Les deux projets furent édités en octobre 1993.

L'enregistrement du « Carnaval des Animaux » de Camille Saint-Saens qu'il dirigea en 1996 fut acclamé par les médias. Les narrations sont faites par Audrey Hepburn, Charlton Heston, James Earl Jones, Dudley Moore, Walter Matthau et Lynn Redgrave.

Schifrin a également composé la musique du drama « Bandido ! » de Luis Valdez présenté au Mark Taper Forum à Los Angeles. Sa musique évoquait le large éventail des talents de Schifrin comme compositeur. Valdez écrivit les paroles de certains morçeaux.

Il a récemment composé la musique de quatre films hollywoodiens : « Money Talks », réalisé en 1997 par New Line Pictures ; « Something To Believe In » produit par Lord Lew Grade et réalisé en 1998 ; et « Tango » de Carlos Saura, réalisé en 1998. Le dernier film dont Schifrin a écrit la musique est le film au succès énorme « Rush Hour » pour lequel il a été récompensé d'une nomination aux Grammy Awards en 1999.

Le 8 décembre 1995 à Marseille, Schifrin dirigea l'orchestre symphonique accompagnant les chanteuses Julia Migenes et Dee Dee Bridgewater lors de la célébration des 100 ans du cinéma en hommage aux Frères Lumière, qui fut enregistrée par Warner Bros. Records en France. Cet enregistrement, « Film Classics », paraît maintenant chez Aleph Records.

En plus de répondre aux « commandes » et de composer pour le cinéma, Schifrin dirige des orchestres symphoniques lors de grandes tournées, jouant plus particulièrement son répertoire de « Jazz Meets The Symphony ». D'autres programmes de direction d'orchestre concernent musiques de film, répertoire classique et groupes de jazz. Ses formations Big Band reprennent fréquemment « Gillespiana », devenu un classique hautement acclamé. Ses concerts récents furent ceux du Playboy Jazz Festival, Monterey Jazz Festival, le concert commémoratif du 80ème anniversaire de Dizzy Gillespie à Engelwood, New Jersey, plusieurs concerts de Big Band à la télévision allemande, ainsi qu'à Cologne (WDR), le Carnegie Hall Jazz Band au Carnegie Hall, le Clark University Jazz Band à Atlanta au IAJE et le BBC Big Band au Queen Elizabeth Hall à Londres.

En Octobre 1996 eut lieu la première mondiale de « The Rhapsody for Bix ». La Bix Beiderbecke Memorial Society avait demandé à Schifrin d'écrire une suite en hommage à Bix Beiderbecke, fils natif de Davenport, Iowa. Cette pièce est présente dans l'édition actuelle de « Metamorphosis ».

Schifrin est marié à sa femme Donna depuis 26 ans. Ses trois enfants sont William qui écrit pour la télévision et le cinéma, Frances, directeur/concepteur artistique, et Ryan qui est scénariste et directeur cinématographique.

Lalo Schifrin a reçu le 1988 BMI Life Achievement Award. Il a été félicité par le gouvernement israëlien pour sa « Conribution à la Compréhension du Monde par la Musique ». En 1988, la chambre de commerce d'Hollywood a attribué à Schifrin une étoile sur le célèbre « Walk of Fame ». Il est titulaire de diplômes de Doctorat d'Honneur de la Rhode Island School of Design et de l'Université de La Plata en Argentine. Il a été honoré lors du Festival Classique M.I.D.E.M en janvier 1990 à Cannes en dirigeant l'orchestre national symphonique de Lyon. Lalo Schifrin a également été nommé « Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres », l'une des plus prestigieuses distinctions décernées par le ministère français de la Culture. Le Los Angeles Music Center lui a délivré le « Distinguished Artist Award » en 1998.

En 1998, le gouvernement argentin l'a nommé Conseiller du Président aux Affaires Culturelles au rang de Secrétaire de Cabinet.













Lalo Schiffrin



    Lalo Schiffrin est une espèce à part dans le paysage musical mondial. Pas seulement parce qu'il a traversé les modes et les époques en ayant toujours un parterre de fans, mais aussi parce que dans une certaine mesure, il représente au mieux une certaine idée de la musique construite autour des cross-overs et l'ouverture mince entre la musique dite "savante" et la musique populaire. Il est surtout quelqu'un que le Hip Hop a su utiliser.

    Né le 21 juin 1932 à Buenos Aires, en Argentine, Lalo n'est pas tout de suite imbibé de Jazz, mais s'interesse plutôt à la musique contemporaine, une marque de fabrique qui se retrouvera dans toute sa carrière et toutes ses compositions, même les plus populaires. Après de brillantes études de piano dans la capitale argentine, il rejoint Paris, où il étudie la composition et le piano au conservatoire, sous la férule de Charles Koechlin, compositeur virtuose, qui dès les années 30 avait su mélanger musique contemporaine et musique populaire (communiste, il fut l'auteur de plusieurs chants glorifiants les héros de la guerre d'Espagne).

    C'est à Paris qu'il rencontre le Jazz. Le Week-end, on le retrouve dans les clubs, où il joue du piano avec les artistes Jazz de l'époque "Hot". Il est vite repéré pour sa virtuosité et son ouverture d'esprit. Après un retour en Argentine où il monte un big-band, il se retrouve à New York, temple du Jazz, et joue pour les plus grands : Sarah Vaughan, Basie, Ella Fitzgerald, Gillespie... C'est avec ce dernier qu'il jouera le plus, puisqu'il rejoint son quintet en 1958.

    En 1962, il enregistre son premier album en leader, "New Brazilian Jazz", avec notamment Art Davis à la basse. Les années 60 vont être les grands succès de Schiffrin. Souvent considéré comme un compositeur au mètre, sous-estimé comme beaucoup de compositeur de musique de film, Schiffrin commence cette activité en 1963. On lui doit des musiques célèbres, comme Mission Impossible, Bullit, Enter The Dragon, Dirty Harry, The Fox (la musique des bas Dim) ou Mannix... En tout plus de 100 compositions riches et brillantes, savantes et accessibles. Un travail qu'il l'occupera quasiment à temps plein jusque dans les années 80.

    Parallèlement, il continuera un travail plus méconnu dans la musique savante : Cantos Aztecas, Piano Concerto Number two sont autant de compositions contemporaines qu'il écrira durant sa carrière.

    Durant les années 90, il s'attelera, avec Paquito D'rivera à une relecture "Jazz" des oeuvres symphoniques... Les cinq volumes de ses "Jazz meet Symphony" reste sa dernière oeuvre à l'heure actuelle.


       











Lalo Schiffrin au Grand Rex
Lundi 23 avril 2007

Pour clôturer la quinzième édition du festival du film d'aventures Jules Verne, les organisateurs avaient eu la bonne idée d'inviter un magnifique compositeur, malheureusement beaucoup trop rare : Lalo Schiffrin. Certes ses compos penchent plus vers le polars - sa musique d'ambiance étant souvent plus connue et de meilleure qualité que les films qu'elle illustre – mais il est devenu avec le temps l'un des maîtres des bandes originales avec Quincy Jones, Isaak Hayes, Bernard Hermann, John Barry, Henri Mancini ou encore Michel Legrand. Mais que dire de cette interprétation live de classiques devenus références non seulement dans le milieu du jazz mais aussi dans le hip-hop ?
Après plus de 20 ans d'absence Lalo Schiffrin était donc de retour à Paris pour une prestation exceptionnelle pour interpréter ses plus grands succès. Accompagné par plus de 70 musiciens, le compositeur Argentin s'exprime en français pour introduire ses titres. La soirée commence fort avec d'abord l'inusable générique de la série télé « Mannix« , puis le thème principal de « Bullitt » , film de 1968 interprété par Steve McQueen. Suivront la musique de « Opération Dragon » , pour un thème oriental illustrant des scènes de kung-fu avec Bruce Lee, puis l'archiclassique « James Bond Theme » composé par John Barry.
Lalo Schiffrin s'installera ensuite seul derrière son piano pour interpréter la superbe ballade illustrant "Le Renard" film très méconnu. L'écran géant installé au dessus de la scène nous montre le compositeur pianotant ou baguette en main et le générique des films abordés.
S'ensuivront avant l'entracte les thèmes de « Airport 80 Concorde », film catastrophe avec Alain Delon, et surtout de « Dirty Harry », dont le célèbre inspecteur est interprété par Clint Eastwood. Son fils Kyle fera même une apparition sur la scène du Grand Rex pour une improvisation à la basse.
A la reprise, le maestro abordera des musiques de films plus confidentiels comme « Les félins » de René Clément, le « Kid de Cincinnati » de Norman Jewison, ou encore « Rollercoaster », son unique film d'horreur.
Le clou du spectacle sera cette magnifique interprétation du « Cotton Club » de Martin Scorcese, en hommage à Duke Ellington. Douze minutes de variations jazzy ahurissantes! L'orchestre est parfait. Tout y passe, des cordes (violons, violoncelles, basses, contrebasses…), aux cuivres (trompettes, trombones, flûtes…) en passant par les percus (batterie, gong, tambours…).
Le bouquet finira par faire chavirer le public lorsque retentira les premières notes de « Mission Impossible », histoire de clôturer ce concert en beauté.
Une heure trente de chef-d'œuvres à jamais gravés dans la mémoire collective. Un moment inoubliable!















BULLITT - Lalo Schifrin
(1968 Warner)



Publié 28 octobre 2008  dans Plein les ouies

On ne presente plus Lalo Schiffrin, grand compositeur des années 60/70, qui a produit, entre autres, les B.O. de "l'Inspecteur Harry" et de "Opération Dragon". Même si le film n'est pas un chef d'oeuvre, la musique de Bullitt est absolument géniale ! On y trouve de grosses rythmiques funky associés à des arrangements subtiles de cuivres et de cordes. Un mélange de blaxploitation et d'easy-listening. Un régal !

Né en 1932 en Argentine, Schiffrin s'est fait un nom avec des séries télés comme MISSION : IMPOSSIBLE ou MANNIX, puis STARSKY ET HUTCH (pour la version originale, bien sûr), et avec des classiques du ciné et du polar, comme DIRTY HARRY, UN SHÉRIFF À NEW YORK, DE L'OR POUR LES BRAVES, MAGNUM FORCE, OPÉRATION DRAGON, LE RENARD (musique reprise pour les pubs DIM dans les années 70)… Il a signé pour BULLITT l'une de ses plus belles partitions, apportant une nouvelle touche remarquable au film et une identification sonore au polar urbain !…( dvdrama)



 





LA poursuite culte du cinéma :
 
Steve Mc Queen dans sa Ford Mustang Fastback 1967 poursuit une Dodge Charger RT 1968 dans les rues de San Fransisco, accompagné de la bande-son de Lalo Schiffrin. Après Bullit, toutes les courses poursuites en voiture ne seront que de pâles imitations !

LA POURSUITE ICI
//video.lematin.ch/video/iLyROoaftdud.html












Lalo SCHIFRIN

Une Symphonie Fantastique (ENTRETIEN)



"Mission Impossible", "Mannix", "Inspecteur Harry", la musique de la pub "Dim" (à l'origine générique de fin du film "Le Renard")... tous ces thèmes illustres sont signés du compositeur, arrangeur, pianiste, chef d'orchestre argentin Lalo Schifrin. Qui d'autre que lui pouvait mener à bien un projet tel que "Les cent ans du Cinéma" ? Franck Ernould

Parler de Lalo Schifrin revient à évoquer le gratin du milieu musical et cinématographique mondial. Son père étant violoniste professionnel, Lalo apprend donc le piano dès son plus jeune âge (il est né en 1932). Après des études classiques en Argentine, il arrive au Conservatoire de Paris au début des années 50, où il travaille notamment avec Olivier Messiaen. Parallèlement, son intérêt pour le jazz lui fait passer plus d'une nuit blanche à Saint-Germain-des-Prés... Autre spécificité bien parisienne : le nombre de salles de cinéma ! Lalo Schifrin va donc voir donc plusieurs films par semaine, parmi lesquels figurent nombre de futurs classiques : "La Strada", "Les Diaboliques"...
Arrivé musicien amateur en France, il devient très vite pianiste et arrangeur professionnel. Il vend même ses compositions à Eddie Barclay, qui enregistrait alors Duke Ellington ou Stéphane Grapelli sur son label ! La vogue des sonorités afro-cubaines qui sévit à cette époque permet à Lalo Schifrin, qui connaît très bien cette musique et parle espagnol, d'assurer les arrangements et la supervision d'un nombre incalculable de séances d'enregistrement. Pour l'anecdote, quarante ans plus tard, son français est toujours impeccable...
A la fin des années 50, alors qu'il rend visite à sa famille en Argentine, son frère lui propose de diriger un big band de jazz pour la télévision. Occasion inespérée pour le jeune Schifrin, qui revient au pays et voit défiler les meilleurs musiciens de jazz argentins, Gato Barbieri notamment. Dans un festival, il croise Dizzy Gillespie, qui lui demande après l'avoir entendu au piano s'il désire venir avec lui aux USA comme membre de son Quintette... Lalo écrit pour lui la "Gillespiana Suite", où il essaie de concilier jazz et musique classique. C'est un grand succès, et son nom circule dans le milieu musical professionnel de New York. En tant qu'arrangeur "maison" du label Verve, il travaille avec Stan Getz, Count Basie, Sarah Vaughan... Verve appartenant à la Metro Goldwyn Mayer, Lalo Schifrin demande à son agent, lors du renouvellement de son contrat, à composer des musiques de film. C'est à Paris qu'il revient en 1963 écrire et enregistrer une de ses premières bandes originales, pour "Les Félins", de René Clément (avec Alain Delon), où la présence d'Ondes Martenot vient rappeler l'influence d'Olivier Messiaen... Deux thèmes en seront réenregistrés par Jimmy Smith, sous le nom de "The Cat".
Ayant déménagé à Hollywood (où il vit encore aujourd'hui), Schifrin se consacre dès lors essentiellement aux musiques de film (il en a composé plusieurs dizaines), sans jamais oublier ses premières amours, le classique et le jazz. Nous l'avons rencontré à Paris pour la promotion de l'album "Les Cent Ans du Cinéma", enregistré en décembre 1994 à l'Opéra de Marseille avec Julia Migenes et Dee Dee Bridgewater notamment (voir également l'article dans Home Studio sur l'enregistrement du disque proprement dit).

Est-ce uniquement votre passion pour le cinéma qui vous a poussé vers la musique de film ?

Pas seulement. J'ai été très tôt touché par le jazz, parallèlement à mes études classiques, et je crois que le seul endroit où jazz et classique peuvent se mêler est Hollywood ! Dans les années 60, des compositeurs comme Henry Mancini ou Johnny Mandel pratiquaient déjà couramment le mélange des genres. "Les Félins" représente une combinaison de jazz, de symphonique et d'électroacoustique. Pour le générique de fin de "Cincinnati Kid", un orchestre symphonique accompagne Ray Charles. A l'origine, la musique de de "Mannix" faisait intervenir un orchestre, même si l'arrangement le plus connu est différent, sans cordes...

Composiez-vous toute la musique pour les séries télé comme "Mannix" ou "Mission Impossible" ?

Pour quelques épisodes seulement, mais c'était le plus souvent impossible, par manque de temps. Parmi les autres séries sur lesquelles j'ai travaillé (on y relève notamment le pilote de "Starsky & Hutch", NDR), je me souviens de "Medical Hospital", qui, comme son nom l'indique, se déroule en milieu hospitalier. Le générique montrait une ambulance. Je crois que j'ai été le premier à utiliser un synthétiseur Moog dans une série télé : il m'a servi à produire le bruit de la sirène ! Du coup, j'ai commencé à collectionner les synthétiseurs. A l'époque, ils étaient analogiques et monophoniques : je me souviens notamment de l'ARP 2600, qui était formidable (et qui l'est encore !). J'en ai acheté bien d'autres, des Oberheim, des Prophet, j'ai même eu plusieurs Fairlight et un Synclavier, mais je suis tombé dans le piège... J'arrivais le matin pour travailler, je cherchais quelques sons, et il était déjà temps de dîner ! Une journée ne compte que vingt-quatre heures, et tout ce temps passé à expérimenter était perdu pour la composition. J'ai alors réalisé que ces synthétiseurs étaient très dangereux pour mon emploi du temps, et je les ai presque tous revendus, à l'exception de mon DX7 et de mon Jupiter 8... Désormais, lorsque j'ai besoin de sonorités électroniques, j'engage un programmeur ! Comme j'ai moi-même beaucoup pratiqué les synthés, nous communiquons très facilement.

On ne vous connaît pourtant pas pour vos recherches électroniques !

C'est bien la preuve que les étiquettes arrivent très vite, et sont difficiles à décoller ! Après "Mannix", "Bullitt" ou "Inspecteur Harry", j'étais catalogué comme le spécialiste des poursuites de voitures... A tel point que composer à l'image un générique particulièrement mouvementé me prenait plus de temps que la musique du reste du film ! Pour certains films, je réalisais les parties séquencées chez moi, et j'apportais la bande au studio, pour enregistrer l'orchestre par-dessus. Plus tard, avec le Fairlight, je composais à l'écran, sur la fameuse page R, et je me déplaçais avec mes disquettes !
J'ai poussé les sonorités électroniques à leur extrême en 1978, pour un film de science-fiction peu connu en France, "Hellstrom Chronicles", dans lequel les insectes ont pris le pouvoir sur Terre. J'avais composé une partition électroacoustique, vraiment d'avant-garde, à base de synthétiseurs. L'orchestre avait été enregistré à part, et l'assemblage des parties s'était effectué lors du mixage du film, avec une synchronisation très précise. Je ne sais malheureusement pas où est passée cette bande, que j'aimerais beaucoup faire rééditer...
Pour "Sudden Impact", de la série des "Inspecteur Harry", composer le générique m'a pris plus de temps que tout le reste du film ! Je retravaillais le son des bruits d'hélicoptère au synthétiseur, j'incorporais des sons concrets dans la musique, toute cette recherche était très longue. Clint Eastwood, lui, était satisfait dès les premières pistes, il ne comprenait pas pourquoi nous ajoutions autant d'éléments...

Comment se déroulait la collaboration avec Clint Eastwood ?

Il me faisait une confiance totale. Il ne me donnait même pas d'indication, il me demandait de faire comme je jugeais bon. Par contre, il est présent à toutes les séances d'enregistrement. Chaque réalisateur a sa sensibilité, son langage. René Clément, pour "Les Félins", me parlait de tout sauf de technique, ses indications étaient presque poétiques. Les réalisateurs, dans la mesure du possible, viennent écouter les musiques de leurs films. Les exceptions sont généralement des cas de force majeure. P our "Cincinnati Kid", réalisé en 1965, Norman Jewison n'a pas pu venir : il était déjà en train de tourner un autre film !

Vous arrive-t-il de demander des changements de montage, de suggérer d'allonger ou de raccourcir tel plan, de modifier leur ordre, dans un but strictement musical ?

Souvent, oui : la composition de musique de film est une collaboration ! Cependant, sur un film de Liliana Cavani, "La Peau", j'avais demandé de modifier une séquence du film à cause d'un plan très court, particulièrement éprouvant, dont je pensais qu'il dérangerait le public. Liliana a toujours refusé,même lorsque je lui ai suggéré de procéder à une "snake preview" pour se rendre compte de l'accueil du public : elle voyait son film ainsi, point final. C'est une des rares fois où je me suis heurté au refus d'un réalisateur. Ils ne se font généralement pas prier si j'ai besoin de rallonger une scène pour des raisons musicales (exposition complète d'un thème, homogénéité de rythmes à l'image et en musique, etc.).

Gardez-vous des souvenirs précis de certains réalisateurs, qui vous impressionnent particulièrement ?

Oui, bien sûr : René Clément, mais aussi Richard Lester, Don Siegel... Une anecdote pour caractériser le sens de l'humour de ce dernier : lors des répétitions du générique de "Tuez Charley Varrick" (1972), il m'avait demandé au début du film une atmosphère musicale très pastorale, juste avant un hold-up. Comme je savais qu'il venait, j'avais demandé aux musiciens de l'orchestre de lui faire une farce, de jouer très fort n'importe quoi au moment précis où le hold-up commençait : une sorte de musique aléatoire... A son arrivée, l'écran a été déroulé pour l'ultime répétition, tout se passait très bien, avec un harmonica, des hautbois, atmosphère très pastoral, américain, tranquille... et d'un seul coup, le chaos, le bruit le plus épouvantable que j'aie jamais entendu ! J'ai vraiment cru qu'il allait avoir une attaque... Il s'est vengé plus tard, lors du mixage où il tenait vraiment à me voir présent : un jour pendant le déjeuner, il avait fait changer les bobines image, et au lieu du film qu'il avait tourné, nous avons redémarré la séance de mixage avec à l'écran un film pornographique absolument ignoble...

Quel est le dernier film dont vous avez composé la musique ?

"Scorpions Spring", tourné par un jeune réalisateur du nom de Brian Cox. C'est un film noir qui se déroule au Mexique - j'y ai d'ailleurs encore employé des sons électroniques...

Etes-vous l'instigateur du projet musical "Les Cent ans du Cinéma ?"

Il était évident pour moi que la commémoration mondiale du centenaire du cinéma prendrait un éclat tout particulier en France... En 1994, j'ai été membre du Jury du Festival de Cannes, dont Clint Eastwood était Président et Catherine Deneuve Vice-Présidente. Les autorités du Festival m'ont confié qu'elles désiraient organiser un concert à Cannes même, pour les cent ans du cinéma. Quelques mois plus tard, j'ai donné un concert de "Jazz meets the Symphony" à Marseille, et le Directeur de l'Opéra avait eu de son côté une idée similaire. Deux bonnes raisons pour ne pas refuser, même si c'est finalement Marseille qui a accueilli cette soirée.

Compte tenu de votre filmographie, on aurait pu s'attendre à voir figurer au programme un plus grand nombre de vos compositions !

Ce n'était pas le but de la soirée, le concert était un hommage aux cent ans du cinéma. Pour la séquence dédiée aux frères Lumière (la sortie des ouvriers et l'entrée du train en gare), je voulais écrire une musique originale, mais je n'en ai pas eu le temps. Je voulais un compositeur français, et j'ai choisi Ravel, respectivement le Rigaudon du "Tombeau de Couperin" et le début de "la Valse". Une fois la synchronisation en place, on aurait dit que Ravel avait écrit ces morceaux spécialement à cet usage...
J'ai voulu rendre hommage aux musiques les plus célèbres du cinéma. A part "Le Parrain" de Nino Rota, toutes les autres orchestrations sont de moi. J'ai utilisé les thèmes des autres, Maurice Jarre, John Williams, Leonard Bernstein, Dimitri Tiomkin, Michel Legrand entre autres, mais en apportant mes propres couleurs orchestrales. De manière générale, j'utilise l'orchestration comme moyen d'expression : je ne fais aucune différence entre composition et orchestration, les deux sont indissociables. C'était la première fois que j'orchestrais les thèmes des autres en exprimant mes sentiments, les souvenirs que j'avais de ces films, que je n'avais pas revus depuis leur sortie pour la plupart. J'étais très jeune quand j'ai vu "Le train sifflera trois fois", j'ai dû faire appel à ma mémoire ! Je n'ai pas voulu le revoir pour ne pas être influencé par le compositeur de la partition originale du film.

Qui a choisi les films dont les musiques étaient représentatives de ce siècle de cinéma ?

Lionel Rotcage, qui vit ici à Paris, et moi. Nous avions dressé une longue liste, que nous avons progressivement raccourcie. Ses conseils m'ont été précieux notamment en ce qui concerne les musiques de films français. Par exemple, je ne savais pas que "Les feuilles mortes" venaient d'un film de 1951, complètement oublié, intitulé "Les portes de la nuit" !

Et qui a sélectionné les invitées de charme de cette soirée ?

C'est moi. J'avais déjà travaillé avec Julia, notamment sur un film espagnol appelé "Berlin Blues", et aussi lors d'un MIDEM classique (où il a reçu la Médaille de Chevalier des Arts et Lettres, NDR). Quant à Dee Dee, je connaissais ses disques, je l'avais vue à L.A., on m'avait dit qu'elles avaient déjà fait une émission de télévision ensemble ici en France et que le résultat avait été impressionnant. J'ai donc repris la formule que j'avais utilisée pour les récitals des "Trois Ténors", la rotation des chanteurs. Chacune a chanté quatre chansons seule, et les medleys faisaient intervenir l'une et l'autre en alternance... Pour des raisons de contrats discographiques, seule une chanson interprétée par Dee Dee figure sur le CD.
Cette soirée a représenté plusieurs mois de travail, mais beaucoup de plaisir aussi. Le public applaudissait sans cesse, sans même attendre la fin des morceaux.

Combien de répétitions avant le concert ?

Cinq en tout. Nous avons enregistré la générale, pour pouvoir y prélever des "rustines" en cas d'erreur lors de la soirée.

Indépendamment de la musique de film, quelles sont les oeuvres plus "sérieuses" que vous avez composées ?

J'ai composé un concerto pour contrebasse et orchestre, sorti en France chez Cybélia, et aussi une cantate appelée "Cantos Aztecas". J'ai appris à cette occasion la langue des Aztèques... Pour la première mondiale, qui a eu lieu sur un site archéologique aztèque devant plus de douze mille personnes, le concert était filmé et retransmis sur grand écran, et la reproduction du son était assurée par l'écran lui-même, formé de carrés blancs transducteurs de son - une invention géniale d'un ingénieur argentin.

Quels sont vos projets pour cette année ?

L'an dernier, pour le 35è anniversaire de sa création, j'ai remis sur le métier ma suite "Gillespiana", une version allongée (plus d'une heure). Nous la rejouons cette année, le 15 juin au Hollywood Bowl, puis au Monterey Jazz Festival, avec John Farris. Et avant-hier, le chef d'orchestre israélien Zubin Mehta m'a commandé, pour le mois de juillet, une cantate commémorant les trois mille ans de Jérusalem. Elle clôturera un concert oecuménique, regroupant des compositeurs chrétiens ou juifs.

Lorsque vous désirez écouter de la musique pour vous délasser, quels disques mettez-vous sur votre platine ?

Je commence toujours la journée par des exercices physiques, j'ai donc installé une bonne chaîne dans mon gymnase. Selon le jour, je choisis Charlie Parker, Lutoslawski, Milhaud, Cage, Bach, Mozart... aucune règle, seulement l'humeur du moment. Ces musiques n'ont rien à voir avec ce que je vais écrire : au contraire, si j'écris de la musique classique j'essaie dans la mesure du possible de ne pas en écouter. Elles déterminent l'humeur, l'ambiance du reste de ma journée...
Article paru dans Keyboards 99













LE LIVRE


Lalo Schifrin est l'un des très importants compositeurs de la modernité cinématographique (Les Félins, Bullitt, Le Renard, Les Proies, La Peau) et de l'espace hollywoodien en son entier – du film fantastique comme Amityville à Opération Dragon (Tarantino ne cache pas qu'il adore cette musique) et Rush Hour, sans oublier les génériques de séries télévisées passés à la postérité : ceux de Mannix, de Starsky & Hutch et celui de Mission impossible, le plus célèbre thème de série jamais conçu pour la télévision. Créateur prolifique dans le domaine de la bande?son (plus de trois cents partitions), il est aussi musicien de jazz : il fut, comme pianiste, compositeur et arrangeur, l'un des compagnons privilégiés de Dizzy Gillespie – pour qui il a écrit, en 1961, la célèbre suite Gillespiana. Il a également donné des partitions classiques et des pièces contemporaines pour cordes.

Georges Michel s'est entretenu avec Lalo Schifrin à Los Angeles. Durant une semaine, l'artiste a évoqué son apprentissage, sa fréquentation du milieu du jazz, ses idées sur la musique de films, ses liens à Hollywood (notamment ses collaborations marquantes : avec Don Siegel, John Boorman, Georges Lucas, Clint Eastwood, Peter Yates, Sam Peckinpah), ses méthodes compositionnelles. Il livre des anecdotes passionnantes à propos des personnalités qu'il a côtoyées (Gillespie, Count Basie, Quincy Jones…), revient sur sa collaboration houleuse avec William Friedkin pour L'Exorciste (dont il a composé la première bande originale).

Le livre d'entretiens issu de cette rencontre est accompagné de la discographie complète de l'artiste, et enrichi d'une iconographie largement nourrie par les archives personnelles de Schifrin. Il reproduit des pages de partitions célèbres, une lettre de Norman Jewison évoquant sa collaboration avec le musicien pour Le Kid de Cincinnati, et retranscrit la séance de travail d'Osterman Week-end, durant laquelle Sam Peckinpah et le compositeur dialoguent.

Lalo Schifrin lui-même considère Georges Michel, musicien et musicographe, comme le meilleur spécialiste actuel de son œuvre, tous genres confondus. (Georges Michel a publié dans le n° 2 de Simulacres (printemps 2000) un entretien remarqué avec le compositeur.)

    * 155 x 215 mm
    * cousu-collé, avec rabats
    * 208 pages
    * 200 images couleurs et n&b
    * 23 €
    * ISBN 2-915083-16-9

 










Lalo Schifrin
Entretiens avec Georges Michel

Il y a de fortes chances que vous connaissiez le thème musical du célèbre feuilleton américain "Mission impossible", car c'est assurément un générique que l'on n'oublie pas après une seule écoute en raison de sa rythmique très caractéristique. Par contre, il est moins sûr que vous ayez mémorisé le nom de son compositeur mais vous l'aurez bien sûr deviné , par l'objet de cet article : il s'agit de Lalo Schifrin. Cela dit par la lecture de ce ce tout premier livre qui lui est consacré vous découvrirez aussi probablement qu'il y a bien d'autres musiques que vous connaissez de ce compositeur.
Georges Michel, musicien et musicographe, auteur de ce livre, est considéré par Lalo Schifrin comme le meilleur spécialiste de son œuvre, tous genres confondus. Il a pu s'entretenir de nombreuses heures avec lui, à Beverly Hills, en mai 2003 et en délivre aujourd'hui un compte-rendu très précis, intéressant et distrayant.
Né à Buenos Aires le 21 juin 1932, Lalo Schifrin a été l'élève d'Olivier Messiaen, d'Enrico Barenboim, de Juan Carlos Paz. Lalo Schifrin n'aime pas les étiquettes et d'ailleurs il serait bien impossible de lui en "coller" une : sa musique est au carrefour du classique, du contemporain, du jazz, de la pop et des musiques sud-américaines. Il est vrai que c'est avant tout par ses nombreuses musiques de film que le compositeur, pianiste virtuose, et chef d'orchestre est sans doute le plus connu, aussi ce livre intéressera tout autant les cinéphiles que les musicophiles, et doublement ceux qui s'intéressent à ces deux arts, car il y est bien sûr beaucoup question de films hollywoodiens mais aussi français.Lalo Schifrin compare son œuvre pour le cinéma à une maison, dont les fondations en sont...un film français : les Félins (film de René Clément avec Alain Delon).

La nationalité de ce film n'est pas vraiment surprenante puisque , ayant obtenu une bourse d'études, Lalo Schifrin a passé plusieurs années au Conservatoire de Paris. Il y mena une double vie car à l'époque( les années 50) la musique jazz n'était pas appréciée et reconnue comme aujourd'hui : il n'a jamais avoué aux musiciens de jazz avec lesquels il participait aux jam sessions du samedi soir sur la Rive Gauche que tous les dimanches matin, de bonne heure, il allait écouter Olivier Messiaen improviser à l'orgue lors de la messe à l'Eglise de la Trinité. Messiaen, dont Schifrin suivait les cours de classique au conservatoire, ignorait également tout de ses escapades nocturnes. Et même s'il craignait les autorités françaises parce qu'il n'avait pas de carte de séjour mais seulement un visa d'étudiant qui ne lui donnait pas le droit de travailler...cela ne l'empêcha pas d'être engagé par Eddie Barclay et dans l'orchestre d'Eddie Warner.
Mission quasi impossible de résumer ce livre qui aborde nombreux aspects de Lalo Schifrin : sa biographie, les musiciens (interprètes et compositeur) qu'il a côtoyés (ou non : ainsi une rencontre manquée avec sa compatriote : Martha Argerich, à laquelle il aurait aimé confier l'interprétation du concerto n°3 de Prokofiev pour le film "Le Concours"), ses points de vue sur la musique, ses compositions (illustrées par nombreuses photographies de films et feuilletons dont il est l'auteur de la musique : Bullitt - avec Steve Mac Queen- L'inspecteur Harry -avec Clint Eastwood - Un espion de trop- avec Charles Bronson etc, etc...) et se termine par sa discographie complète.....
Mais voici une petite sélection d'extraits qui vous donneront une idée du grand intérêt de ce témoignage :
"Qui suis-je : je ne cesse de le dire , et ce n'est pas par snobisme : j'ai grandi dans la musique classique mais j'ai choisi les deux arts du XXème siècle :, le cinéma et le jazz."
" Mon père enseignait au conservatoire et faisait de la musique de chambre avec Enrico Barenboim. Ils étaient très amis. C'est ce qui l'a décidé à me faire commencer le piano avec lui. J'avais six ans. il était très dur : à la moindre erreur, il me donnait un bon coup de crayon"
" Un soir après son concert au Théâtre Colon, une jam-session se tient à laquelle il [ le pianiste Friedrich Gulda] participe. Il m'invite à jouer à quatre mains avec lui, en se réservant la basse. Tout à coup il me regarde et quelque chose d'intense passe dans le gris de ses yeux. Je n'ai jamais oublié ce regard. Il a eu un effet imparable sur moi, tout est devenu clair : je voulais devenir musicien de jazz. Bien sûr par la suite, Dizzy Gillespie a été une grande révélation mais j'ai été préparé à celle-ci par le regard de Gulda."
"Pour moi Dizzy Gillespie , c'est le Pierre Boulez du jazz, il a une oreille incroyable...l'harmonie pour lui c'était le plus important".
" Au cours d'un repas, mon père s'était débrouillé pour que j'approche Heitor Villa-Lobos. Je lui ai dit :" Maître, je voudrais être compositeur. Quels conseils me donneriez-vous ? il m'a répondu :en portugais : "Contrepoint, contrepoint et contrepoint !". Une phrase déterminante pour moi "
"Les cinq compositeurs les plus importants du 20ème siècle sont à mes yeux , Bartok, Schöenberg, Webern, Berg et...Stravinsky"
"On dit que la musique Africaine est primitive. On se trompe (...) Les Européens étaient tellement intéressés et attirés par le problème de la hauteur de son qu'ils ont sacrifiés le problème de la durée du son. Pour les Africains c'est l'inverse. Le Rythme et la durée du son, très complexes, étant essentiels, ils ont sacrifié la hauteur. Les gammes qu'ils utilisent apparaissent naïves, mais si vous jouez une fugue de Bach à l'attention d'un Africain, ou une symphonie de Beethoven, il trouvera que le rythme est naïf...."
Pour être un musicien de film : "Il faut avoir de solides bases musicales, connaître toutes les techniques de la composition, l'harmonie, le contrepoint, les structures...Mêm si la structure du film dicte la structure de la musique, il faut maîtriser toutes les formes classique et moderne. Il est nécessaire que le compositeur en sache le plus pour utiliser ses techniques personnelles et les développer...."
" J'écoute toujours de la musique, Bach, Ravel, Brad Mehldhau : de grands improvisateurs, mais comme j'ai horreur des étiquettes, je les classe par ordre alphabétique de musiciens".
"Il existe une ville en Floride, Fort Lauderdale, qui est une sorte de cimetière des éléphants pour chefs d'orchestre,. Il y fait beau, on peut y jouer au golf toute la journée. Certains de mes collègues- musiciens classiques ou contemporains- y ont élu résidence. Ils ne veulent plus entendre parler de musique. Cet endroit ne sera jamais le mien. Moi, je veux mourir en travaillant".



08/02/2009
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