Alain YVER

Alain YVER

LARRY FLYNT

LARRY FLYNT






//larryflynt.com/


Larry Flynt, né le 1er novembre 1942, est un producteur de cinéma américain. Il est le président-fondateur de « LFP inc. » (Larry Flynt Publications) qui se spécialise dans la production de vidéos pornographiques et de magazines, principalement Hustler. La compagnie a un chiffre d'affaires annuel d'environ 150 millions de dollars. Il souffre de trouble bipolaire et est paralysé à partir de la taille suite à une tentative d'assassinat.

Enfance

Larry Flynt est né le 1er novembre 1942 à Lakeville, une petite ville pauvre située dans le Kentucky, dans le Comté de Magoffin. Il a un frère cadet prénommé Jimmy né en 1948. Il est élevé par sa mère jusqu'en 1945, son père étant parti à la guerre. En 1952 ses parents divorcent (son père était alcoolique) et il part vivre avec sa mère à Hamlet dans l'État de l'Indiana. Son frère Jimmy s'en va vivre avec sa grand-mère paternelle, ils ne se reverront qu'une fois devenus adolescents. Après deux années passées dans un environnement urbain avec sa mère il retourne vivre dans le Kentucky chez une de ses tantes parce qu'il ne s'entend pas avec le nouveau conjoint de sa mère entre autres motifs.

Alors qu'il est en première année du secondaire, il s'enfuit de chez lui et, bien qu'il ait seulement 15 ans, à l'été 1958 il réussit à s'enrôler dans l’armée grâce à un certificat de naissance contrefait. Mais, en ce temps de paix, l'armée commence à réduire son personnel et, malgré un excellent dossier, il se fait démobiliser après seulement quelques mois. Il retourne vivre avec son père à Lakeville et devient pour quelques mois un trafiquant d'alcool. Il apprend que le shérif le recherche alors il s'enrôle une nouvelle fois dans l'armée, la marine cette fois. Durant son séjour dans l’U.S. Navy, il devient opérateur radar à bord du USS Enterprise, il est de service au radar lorsque son navire est dépêché pour récupérer la capsule spatiale de l'astronaute John Glenn lors de son retour sur terre. C'est aussi à cette époque que naît sa passion pour le jeu de poker. Il est démobilisé en juillet 1964.

Entreprises

Au début de l'année 1965, il prend 1 800$ de ses économies et achète un bar appelé le "Keewee". Il le réaménage et bientôt ce commerce lui rapporte 1 000$ par semaine, ce qui lui permet d'acheter deux autres bars. Il travaille alors plus de vingt heures par jour, ce qui l'amène à consommer des amphétamines qui lui permettent de rester éveillé. Tous ces bars étant situés dans des quartiers ouvriers de Dayton, dans l'Ohio, il doit fréquemment intervenir pour faire cesser des bagarres entre clients. Cette situation risquée l'amènera à ouvrir un autre bar qui vise une clientèle plus aisée et qui sera le premier de la région à mettre en vedette des hôtesses nues, ce sera le premier "Hustler" Club. En 1968, il ouvre des Hustler Clubs à Akron, Cleveland, Colombus, Cincinnati et Toledo qu'il gère avec l'aide de sa conjointe Althea Leasure et son frère Jimmy. Bientôt chacun de ces bars lui rapporte entre 75 000$ et 100 000$ par an. C'est aussi à cette époque qu'il fonde une entreprise qui se spécialise dans la location de machines distributrices aux commerces des environs, une décision risquée puisque ce genre de commerce a la réputation d'être opéré par le crime organisé. Il devient également franchisé d'un journal appelé Bachelor's Beat qu'il publie pendant deux ans avant de le revendre en même temps qu'il ferme son commerce de machines distributrices qui n'est pas assez rentable.

Hustler

Toujours avec l'aide de son épouse il crée un bulletin d'information qui a entre autres pour but de renseigner les clients sur les danseuses. En mars 1972 la première édition de la Hustler Newsletter est publiée, il s'agit d'un bulletin de quatre pages en noir et blanc. La nouvelle publication est si bien reçue par la clientèle qu'en mai elle compte 16 pages, et en août 1973 elle compte 32 pages en deux couleurs. Vers la mi-1973 survient le premier choc pétrolier, et les États-Unis sombrent dans la récession. Cette situation aura un impact catastrophique sur les Hustler Clubs, les gens devenant plus économes, les bars sont parmi les premiers touchés. Fortement endetté, Larry doit trouver du financement ou il risque la faillite. Il décide de transformer la Hustler Newsletter en magazine et de le lancer à l'échelle nationale. Il trouve une partie du capital nécessaire à l'opération en utilisant l'argent qu'il a perçu dans ses Hustler Clubs en détournant les taxes qu'il doit normalement reverser au gouvernement, une opération illégale passible de la prison. En juillet 1974, le premier numéro du magazine Hustler sort des presses. Après quelques numéros passés inaperçus les profits commencent à monter en flèche. Larry doit cependant se battre de part et d'autre avec ceux qui trouvent son magazine trop explicite sexuellement et qui menacent de le faire retirer du marché. Il est approché par un paparazzi qui détient des photos nues de Jacqueline Kennedy Onassis, il les achète pour 18 000$ et les publie dans l'édition d'août 1975. Ces photos feront énormément de publicité au magazine, si bien qu'il s'en écoule un million d'exemplaires en quelques jours. Maintenant millionnaire, en janvier 1976 il emménage dans un manoir de 375 000$ (en dollars de 1976).

En juillet 1976, les autorités de Cincinnati accusent Larry et quelques membres de la direction d'Hustler de "Pandering", d'avoir produit du matériel obscène et de crime organisé. Larry est reconnu coupable et condamné à 7 ans de prison et à une amende de 11 000$. Au moment où il s'apprête à prononcer son jugement Larry dit au juge : « Vous n'avez pris aucune décision intelligente au cours du procès, je n'en attends pas une maintenant. » Il passe six jours en prison avant que sa demande de cautionnement soit approuvée. Finalement, il gagnera sa cause en appel.

En 1977, il fait la connaissance de Ruth Carter Stapleton, la sœur du président américain d'alors Jimmy Carter. Ruth voue une profonde admiration à Jésus et Larry est charmé, ils deviennent amis. Alors qu'ils voyagent ensemble dans le jet privé de Larry, ce dernier a une vision de ce qu'il croit être Dieu et l'apôtre Paul, et affirme avoir eu une vision de lui-même en chaise roulante. Cette apparition aura un profond impact sur Larry qui devient un Born Again Christian, se convertit au christianisme et affirme vouloir transformer Hustler en magazine chrétien. Il publie alors une édition de Hustler ayant en couverture la photo d'une femme dans un hachoir à viande. Il affirmera plus tard que cette image était une auto-critique de l'industrie de la pornographie.[réf. nécessaire]

Le 6 mars 1978, un extrémiste proche du United Klans of America, Joseph Paul Franklin, tire sur Larry Flint et son avocat, Larry Flint devenant paraplégique.

Son mariage le plus long fut avec sa quatrième épouse Althea, qui meurt des suites du sida (et probablement d'une overdose d'héroïne) en 1987.

En 1998, pendant la procédure d'impeachment à l'encontre du président Bill Clinton concernant l'affaire Monica Lewinsky, il offre un million de dollars à quiconque apportera la preuve de l'implication d'un élu du Congrès, d'un sénateur ou de tout haut-responsable politique ou juridique des États-Unis dans des affaires à caractère sexuel. Il recommence en juin 2007 en s'offrant des pages de publicité dans le Washington Post1.

Fin 2008, en pleine campagne pour les Élection présidentielle américaine de 2008, il lance le projet d'un film pornographique mettant en scène Sarah Palin, colistière de John McCain, le candidat du parti républicain2. Dans la parodie Who's Nailin' Paylin?, les actrices Lisa Ann, Nina Hartley et Jada Fire tiennent les rôles de Sarah Palin, Hillary Clinton et Condoleezza Rice. Le film devient mondialement connu.







Larry Flynt (LE FILM)

Synopsis

Larry Flynt est un personnage scandaleux. Propriétaire d'une petite boite de strip-tease, animé d'une ambition sans limites. Il lance, dans les années 1970, un concurrent au mauvais goût délibéré du magazine Playboy, qu'il baptise Hustler. Cette publication s'illustre par son audace et son immoralité, provoquant la réaction des ligues de vertu, qui ne tardent pas à lui intenter un procès. Larry s'en moque. Il considère les institutions américaines de la même manière que ses collaborateurs, avec un solide mépris. On l'emprisonne, mais cela ne suffit pas à le faire taire, au contraire. Il s'attache aussi à dénoncer les horreurs de la guerre et devient l'homme à abattre.






Larry Flynt, un film provocateur sur l'industrie du sexe

1 sept. 2010  Marie-Pierre Frénéa

 la biographie du patron du magazine porno "Hustler" qui, parti de rien a défrayé la chronique et les moeurs puritaines américaines des 70's
 
L'année 1997 débute par un miracle .Vingt ans après le lancement du magazine pornographique "Hustler", Hollywood réussit l'exploit de sauver son créateur Larry Flynt des errements de la pornographie.Hugues Hefner n'avait qu'à bien se tenir avec ses photos érotico-sucrées.Larry Flynt lui a fait la nique car le Playboy du magazine du même nom attend toujours son hagiographie...Plus de 10 ans que le film est sorti...Toujours aussi moderne.Mais que fait fait Hugues Hefner dans sa maison de poupées barbies?
Les raisons d'un succès

Quand en juillet 1974 , Larry Flynt lance le magazine Hustler, il n'est qu'un patron de bar Topless, mal dégrossi.Flynt parti de rien et pauvre de surcroît,a ouvert la voix du sexe sur papier glacé.Mais comme Larry n'a jamais hésité à appeler une chatte une chatte,Hustler était le support privilégié de photos sexe nettement plus trash que celles de Playboy ou Penthouse.

Provocateur né, il le reste toute sa vie puisqu'il a l'audace de proposer des images pieuses dans son magazine et là la goutte fait déborder le vase ou la vase puisque la couverture d'un de ses magazines n'hésite pas à montrer deux jambes de femmes sortant d'un hachoir.

Pour aller plus loin dans la provocation et se défendre contre ses détracteurs, Larry Flynt n'hésitera pas à s'adresser à la cour suprême des Etats-Unis pour défendre son affaire sur la foi du premier amendement de la constitution américaine : "Le Congrès ne fera aucune loi qui touche le libre exercice d'une religion,ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre." Il remporte son action mais il continue son combat aujourd'hui.
Le film

Pour un tel film, un producteur évident s'impose Oliver Stone qui aura une caution morale forte en la personnalité de Milos Forman avec la bénédiction du tout Hollywood, Larry Flynt devient personnage de légende.

Pour résumer, Larry Flint ( Woody Harrelson) dirige un club de strip-tease dans l'Ohio des années 60. Malin, il a l'idée d'ajouter quelques photos de filles nues dans son établissement.Devant le succès de cette publication,il crée le magazine "Hustler" dont la surenchère dans la pornographie va lui amener une foule de problèmes judiciaires,défendu par Alan Isaacman (Edward Norton),Bouc émissaire de la ligue puritaine, il se défendra même au péril de sa vie : victime d'une tentative d'assassinat, il restera paraplégique toute sa vie, d'autant qu'il fera face à la décrépitude de son épouse Althea (Courtney Love) junkie atteinte du sida ; fidèle à son clan, il imposera Althea, dans ses propres bureaux jusqu'au triste décès de cette dernière.
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Un film trop romancé?

Cette histoire d'amour émouvante et épineuse ajoutera de la romance à cette histoire et enfoncera le clou de l'attitude rebelle du bonhomme.Le vrai Larry Flint bénéficie d'une réputation provocatrice en diable, confirmé par son attitude face au tribunal et pour clore le tout le vrai Larry Flynt interprêtera le rôle du juge dans le film.D'autant qu'à 27 ans ,Larry Flynt a déjà réussi la prouesse de faire échouer trois mariages et d'engendrer quatre enfants ,absents dans le film.Et lors de la sortie du film, une des filles du pornocrate a déposé plainte contre son père pour inceste et détournement de mineur.

Malgré tout le film est évidemment bien fait et à voir bien entendu si vous ne l'avez pas encore vu ne serait-ce que pour avoir une idée de l'ambiance de l'époque.









Le roi du porno Larry Flynt se paye Sarah Palin
Le fondateur du magazine Hustler a produit un film X avec une pseudo-sosie de la gouverneure de l'Alaska.

surfe sur le filon Sarah Palin. Le célèbre éditeur de la revue pornographique Hustler a récemment passé une petite annonce pour dégoter une actrice, plus ou moins sosie de la candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis. Objectif: tourner un film X qui, d’après certains sites spécialisés, met en scène une fausse gouverneure de l’Alaska aux prises avec des Russes, un scientifique peu porté sur le créationnisme ou encore Hillary Clinton et Condoleeza Rice…

Déjà tourné, le projet n’a pas encore de date de sortie officielle mais devrait voir le jour avant l’élection du 4 novembre et s’intituler «Nailin’ Palin’». L’équipe de campagne de John McCain n’a fait aucun commentaire sur le sujet.

Larry Flynt, lui, jubile. Peu avare en provocations, il avait déjà offert en juin un million de dollars à quiconque lui fournirait la preuve d’un scandale sexuel impliquant un haut responsable du gouvernement. Preuve qu’il comptait publier dans les pages de Hustler. N’ayant pu réaliser son rêve, ce farouche opposant à George W. Bush se «paye» donc indirectement celui qui espère lui succéder côté républicain. S’il gagne, Barack Obama devra-t-il remercier le tycoon du porno?

Liberation.fr









Le "Pornographe" mord encore
par Lucie Morillon
Immortalisé par le film de Milos Forman, Larry Flynt se bat pour la liberté d’expression depuis plus de trente ans. Une croisade qui l’a conduit dans un fauteuil roulant. Créateur du magazine Hustler, celui qu’on appelle le « Pornographe » ne se donne qu’un objectif : démasquer les hypocrites.

Vous avez proposé un million de dollars en échange de la preuve d’un scandale sexuel impliquant un haut responsable du gouvernement américain. Vous l’aviez déjà fait une première fois au moment de l’affaire Monica Lewinsky. Quel est le sens de cette récompense ?

Je n’aime pas les hypocrites. Nous les traquons depuis plus de vingt ans. Quiconque prend publiquement des positions contraires à ce qu’il fait dans sa vie privée mérite d’être dénoncé. Je ne suis pas intéressé par la vie sexuelle de ces gens en tant que telle. Mais c’est un domaine dans lequel ils sont vulnérables. Je suis en train d’écrire un livre sur la manière dont nous menons nos enquêtes, un livre qui va dévoiler de nouveaux scandales juste avant notre élection présidentielle de 2008. Afin que les Américains sachent vraiment pour qui ils votent.

Avez-vous déjà versé de l’argent ou est-ce un effet d’annonce ? Et comment vous y prenez-vous pour vérifier ces témoignages ?

Nous avons recueilli pas mal de choses différentes, notamment des vidéos, des photos d’amants pris sur le fait, des reçus d’hôtel, des témoignages. Nous faisons attention. Notre crédibilité est en jeu. Eh oui ! j’ai dû verser à mes sources environ quatre ou cinq millions de dollars ces dix dernières années.

Si une de ces affaires devait desservir la carrière politique d’un de vos amis, seriez-vous prêt à cacher l’information en votre possession ?

Non, je ne le ferais pas. Si un ami menait une vie privée en contradiction avec ce qu’il dit en public, s’il votait au Congrès contre ses propres pratiques, alors je n’aurais aucun scrupule à la révéler. Tout hypocrite mérite d’être démasqué, qu’il soit mon ami ou non.

Lors de votre procès contre le célèbre télé-évangéliste Jerry Falwell, la Cour suprême a consacré la liberté d’expression en précisant que les personnalités publiques qui se voient infliger intentionnellement une « détresse émotionnelle » basée sur une parodie ne peuvent prétendre toucher des dommages et intérêts. Sans vous, le premier amendement était menacé ?

La décision de la Cour suprême de 1988 a renforcé le premier amendement et changé la manière d’envisager la liberté d’expression aux États-Unis. Nous n’avons plus à nous inquiéter de heurter les susceptibilités des uns et des autres. Les comédiens ont retrouvé leur liberté de ton. Les satires de l’émission télé « Saturday Night Live » ont cessé d’être censurées, le fait de « blesser les sentiments » d’une personne n’étant plus un problème. Notre société a radicalement changé du jour au lendemain.
 
photo : Justine Gautron

« Trop de journalistes ont peur des grands groupes médiatiques pour lesquels ils travaillent. »

Votre victoire dans cette affaire était d’autant plus inattendue que vous aviez multiplié provocations ou insultes contre les juges et les tribunaux tout au long de la procédure. Vous avez même fait de la prison pour vous être présenté devant un tribunal avec une couche-culotte taillée dans un drapeau américain. Où fixez-vous la limite entre liberté d’expression et provocation ?

J’ai été très surpris quand la Cour a tranché en ma faveur. Je pensais que j’allais perdre. Après tout, j’étais le « Pornographe » contre le «  Prêcheur ». Mais vous savez, il y a un prix à payer pour vivre dans une société libre, et ce prix est d’avoir à tolérer les propos auxquels vous n’adhérez pas.

Vos publications vous ont valu de nombreuses batailles juridiques. À la sortie d’un de ces procès, en mars 1978, on vous a tiré dessus, ce qui vous a rendu paraplégique. La bataille en valait-elle la peine ? Le referiez-vous ?

Oui, je le referais, parce que j’ai toujours voulu repousser les limites de la liberté d’expression. C’est le combat de ma vie.

Le 11 Septembre et les mesures répressives qui l’ont suivi ont-ils muselé les médias américains ?

Les médias américains fournissent à leur public les informations qu’ils veulent bien lui délivrer. Ils n’uti-lisent pas la liberté d’expression comme ils le devraient. Trop de journalistes ont peur des grands groupes médiatiques pour lesquels ils travaillent. Trop de journalistes, au lieu de dire ce qu’ils savent, s’en tiennent à ce qui leur paraît sans risques. Hustler ne rapporte que ce qui est vrai.

Le film de Milos Forman qui vous a été consacré a-t-il été un atout dans votre combat ?

Oui et j’ai beaucoup aimé le film que j’ai trouvé très juste. Woody Harrelson a d’ailleurs joué mon rôle beaucoup mieux que je ne l’ai fait moi-même !

Aujourd’hui, avez-vous des interdits ?

Aucun sujet n’est ni ne devrait être tabou.

Pourtant vous avez décidé de ne pas publier des photos de nu de Jessica Lynch, ce soldat de l’armée américaine capturée en Irak et secourue à grand renfort de publicité par les forces de la coalition. Pourquoi ?

Jessica Lynch était un soldat qui accomplissait tout simplement son travail. Le gouvernement l’a utilisée pour créer de toutes pièces l’héroïne dont il avait tant besoin en Irak. Cette jeune femme effectuait seulement son service militaire et ne méritait pas d’être ainsi exposée. Lorsque ces photos ont été prises, elle ne faisait que s’amuser. Ce n’est pas une hypocrite. Je ne voulais pas participer à une campagne de désinformation lancée par le gouvernement américain.

Vos amis démocrates sont-ils différents ? Hillary Clinton est-elle plus respectueuse de la liberté de la presse que George Bush ?

Absolument. Hillary Clinton n’est pas un dictateur comme George Bush.








Larry Flynt, croisé du sexe

Par L'Express, publié le 13/02/1997

         
Débarquant de son Kentucky, Larry Flynt est devenu le plus grand pornologue américain. Une passion pour le «sexuellement incorrect» qui l'a mené au tribunal, puis dans un fauteuil roulant. De cette vie peu ordinaire Milos Forman tire un film peu inspiré.
 
Anarchiste milliardaire, histrion partouzeur, cynique roué, pornocrate, Larry Flynt, calé dans son fauteuil roulant plaqué or, le visage empâté et la voix embrumée par des années d'abus de drogues diverses et un traitement au lithium, se dit satisfait du film éponyme réalisé par Milos Forman. «Je suis capable de me distancier du personnage dépeint à l'écran», affirme Flynt en allumant un cigare de ses mains rutilant de diamants.
Le Larry Flynt qu'on découvre donc sur pellicule reste un paradoxe dont la vie pourrait se résumer, selon le magazine People, à la «version cauchemar du rêve américain». L'ascension fulgurante dans le monde du porno d'un bouseux du Kentucky qui a su transformer son formidable appétit pour le sexe et un sens inné des affaires en un empire florissant.
Lorsqu'il lance Hustler, un magazine de cul bas de gamme, en 1974, ses concurrents sont Playboy et Penthouse. «Des hypocrites prétentieux qui prétendaient faire de l'art avec des filles hors de portée pour l'homme de la rue, dit Flynt en parlant de Hugh Heffner et de Bob Guccione. Pour moi, les organes génitaux ont toujours été la partie la plus érotique de l'anatomie féminine.» Moyennant quoi Flynt cultivera donc un journalisme... gynécologique, assorti de commentaires politiques satiriques et de dessins humoristiques racistes. «C'est ce qui m'a toujours attiré des ennuis, rappelle-t-il. Jamais la pornographie.» Des exemples de délire Flynt sont la fameuse couverture montrant une femme passée au hachoir à viande et le scandale des photos cadrant Jackie O. nue sur une île grecque. Pas étonnant que les féministes et la droite religieuse l'aient eu dans le collimateur. Résultat: une succession de procès retentissants. «J'ai toujours été conscient de l'hypocrisie des puritains qui m'attaquaient, rabâchant les mêmes arguments fatigués.»
La joute qui l'oppose à l'évangéliste Jerry Falwell (la parodie d'une pub pour la boisson Campari évoquant une relation incestueuse avec sa mère) le conduira devant la Cour suprême des Etats-Unis. La décision de justice historique en faveur de Flynt le transformera en champion du premier amendement. Presque vingt ans après cette victoire, il reste tout aussi concerné. «Je déplore l'apathie d'une majorité d'Américains, qui considèrent leurs libertés, notamment le premier amendement, comme un droit naturel.»
Paralysé à la suite d'un attentat, en 1978, qui l'a laissé impuissant (un implant dans le pénis lui a permis de recouvrer une activité sexuelle), Larry Flynt continue de surveiller la publication de ses 25 magazines (Chic, Maternity, Fashion and Beauty) et de mener un train de vie fastueux. Au parking stationnent sa Bentley bordeaux et sa limousine blanche, tandis que, dans un hangar proche, son jet est prêt à décoller à tout instant.
A ceux qui le considèrent désormais comme un héros il rétorque: «Je ne suis pas digne de ce titre. Jamais je n'aurais volontairement sacrifié l'usage de mes jambes pour qui ou quoi que ce soit. Les vrais héros, eux, meurent pour leur pays.» Quand même, cette réhabilitation inattendue est-elle une ultime revanche? Un mince sourire se tord sur sa bouche: «Finir cloué sur une chaise roulante n'en valait certainement pas la peine.»



11/04/2011
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