Alain YVER

Alain YVER

LE RAP

LE RAP




http://www.rap2france.com/


http://www.rap-culture.fr/

"Explicit Content" Le rap sans censure
http://www.goomradio.fr/radio/explicit--content

Liste de rappeurs américains
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_rappeurs_am%C3%A9ricains

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap_West_Coast

http://rap-actualite.com/

http://www.rfimusique.com/actu-musique/musique-africaine/album/20121212-joey-le-soldat-le-rap-quotidien

http://www.lepoint.fr/videos-culture/30-ans-de-hip-hop-dj-cut-killer-le-rap-a-ete-un-porte-voix-21-12-2012-1604995_739.php

Le vrai rap n'est pas mort, il faut seulement chercher un peu»
http://lerapestla.tumblr.com/

http://musicienintervenant.pagesperso-orange.fr/Templates/musacturap.htm




Le Rap Francais, une musique en total déclin

Ce mouvement musical, qui a vu le jour au début de années 90 en France, est un des styles musical qui fait vendre le plus aujourd'hui. Souvent critiqué pour sa pauvreté musicale ou textuelle, et l'agressivité des propos tenus, il reste néanmoins un mouvement artistique à part entière.
Néanmoins, on peut constater que depuis qu'il se vend, il a perdu son âme, et le message contestataire qui le caractérisait il y a 10 ans, n'existe quasiment plus......

Début des années 90, le hip hop est en train de naître dans l'univers bétonné de la proche banlieue parisienne et marseillaise, avec pour fer de lance des groupes comme Suprême NTM (très sulfureux), IAM (plutot comique), Assassin(groupe à fortes revendications politiques). Dignes descendants de Trust et des Béruriers noirs, les albums qui paraissent alors à cette époque, sont très souvent revendicateurs d'un malaise social, et autoproduits.
 
Les messages sont clairs : revendication d'un statut de sous prolétaire, absence de patriotisme, haine de la police, ras le bol général, recherche d'argent. Néanmoins la démarche reste artistique et fortement inspirée du rap américain.
 
En 1990 des émeutes à Vaux-en-Velin, banlieue lyonnaise, donnaient déjà un avant goût de l'état de mal-être omniprésent dans les quartiers difficiles.
 
Les albums se vendent plutôt bien en Ile-de-France, commence a se faire reconnaitre dans les cités, mais aucun morceau ne passe à la radio, il faudra attendre 1992 pour entendre le MIA et faire découvrir au grand public ce style musical. Même si auparavant Benny B et d'autres personnalités ridicules avaient sorti des maxis peu crédibles....
 
Puis vers 1994 tout se bouscule, la sortie du film la Haine, le deuxième album des NTM, "1993 j'appuie sur la gâchette" fait parler de lui, en mal bien sûr, surtout à cause d'un morceau "Police" particulièrement violent à l'encontre des petits hommes bleus, et du morceau éponyme de l'album dont le clip sera interdit très rapidement, il s'agit d'une lettre de suicide.
 
En 1995 sort le film La Haine, qui propulse le malaise des banlieues sur les marches du festival de Cannes, le troisième album des NTM sort, avec un morceaux très en avance sur son temps : "Qu'est-ce qu'on attend ?" (pour foutre le feu)..... La réponse 10 ans après !!! D'autres morceaux, plus cool sortiront en maxi afin de promouvoir l'album, notamment " La Fièvre " qui s'est très bien vendu.
 
Jusqu'à cette époque, le rap n'était pas considéré comme une musique, tout au plus un beuglement de sauvageons urbains, pour la plupart des français d'origine africaine, dont le département ne se situe pas en périphérie de Paris.
 
Ce qui n'empêche pas de nombreux et nouveaux groupes ou artistes de produire des albums également : Fabe, Ministère Amer, la Cliqua etc....
 
1996 marque un tournant dans le rap français, c'est l'année du renouveau, le début de l'âge d'or de cette musique. De nombreux groupes plus jeunes que les groupe phares émergent, la majeure partie est talentueuse et communique un message plus jeune, peut-être encore plus violent. C'est également l'année de la reconnaissance nationale de ce style musical (type victoire de la musique, disques d'ors, etc......)
 








LE RAP

La FF, Arsenik, un collectif composé de plusieurs groupes s'appelant Time Bomb violente la bande fm, Oxmo, Pitt Bacardi, 113, Mafia k'1fry et bien d'autres sortent un album pendant cette année là. On voit aussi un groupe qui se distingue par la clarté dans ses revendications et la violence de ses propos : Ideal J.
 
Durant les 3 années qui suivirent, le nombres d'album qui sortent est impressionnant, d'autant qu'il sont tous de qualités. Il faut dire que la Loi Toubon, obligeant les radios françaises à diffuser un quota de musique francophone, en 1995, a fait un heureux : Skyrock. En réponse à cette loi, la radio a décidé de cracher au visage du gouvernement, en ne diffusant plus que du rap français. On aurait pu croire que cette démarche de Skyrock, allait dans le même sens que les rappeurs, mais c'était sans compter sur l'avidité de ses dirigeants, qui ont surtout perçu le potentiel commercial de cette musique.
 
Certains pensent que la qualités des albums de l'époque provient de l'envie de vendre des disques, grâce à la radiodiffusion, de la rage de réussite. A l'image d'un boxeur qui dispute son premier championnat du monde.....
 
Si l'on regarde de plus près les textes qui composent cette musique, ils sont d'une rare violence, on peut entendre un morceaux d'Ideal J à la radio qui fait froid dans le dos : "Pour une poignée de Dollars". dans ce morceau, l'auteur raconte qu'il est au commissariat après avoir agressé une personne au distributeur de billet, et qu'il n'en a rien à foutre. Il explique que le manque d'argent fait faire n'importe quoi au jeune, et ce dans un langage on ne peut plus clair : "ma foi, il vaut mieux un petit chez soi qu'un grand chez les autres... Nous on a plus le choix : on veut un grand chez nous, chez les autres", ou encore " me demander ce que je ferais pour une poignée de dollars, c'est demander à Chirac ce qu'il ferait pour conserver le pouvoir". D'autres textes d'autres groupes sont particulièrement crus, misogynes, apatrides, et incitent à la rébellion. Des messages auxquels nous n'adhérons pas forcément mais qui traduisent un malaise, et d'autre part qui sont destinés à ceux qui les écoutent. Malgré la violence très présente dans cette musique, elle passe toujours à la radio et personne n'en est interpellé.
 
Et puis arriva le fric....... Cette musique commença à vraiment très bien se vendre, à partir de 2000. L'album de Lunatic, sorti cette même année et peut-être le dernier album vraiment sincère de cette époque. Les rappeurs délaissent leurs revendications pour vendre des disques car le public du rap a changé, il s'est démocratisé. La province, les gosses du 16ème se mettent à acheter des albums de rap. La violence qu'ils contiennent donne un côté exotique qui doit, de toute évidence, exciter le petit bourgeois.
 
Certainement le premier rappeur à avoir compris cela, Booba décide de surfer sur cette vague et de ne faire que des albums dont les textes sont très violents, mais sans aucun sens, ni revendications. Il faut faire peur à son public, mais pas l'insulter. Voila en gros l'état d'esprit qui se dégage de son message. De nos jours une rappeuse comme Diam's vend plus d'album aux gosses de 14 ans de province qu'aux enfants de cités. Cette musique perd son âme et ce qui en sort aujourd'hui ne représente plus rien. Quand on a connu le Rap à sa source, on ne peut que regretter l'époque bénie des années 1996.
 
C'est surprenant mais j'ai l'impression qu'on a donné la parole à cette musique, on l'a diffusée pour qu'elle perde son message, l'appât du gain ayant transformé le rappeur-boxeur avec l'oeil du tigre, en boxeur embourgeoisé qui ne fait plus rien de bon....
 
Ce qui me surprend encore plus c'est qu'aujourd'hui un gosse comme Orelsan, qui sort un texte effectivement misogyne, est victime de toutes les invectives, mais c'est loin d'être le pire des raps.... J'ai l'impression qu'aujourd'hui on peut dire des conneries, tant qu'elles n'ont pas de sens, mais dès lors qu'elles en ont un...... Alors qu'il y a dix ans à peine on pouvait dire tout et n'importe quoi sur la bande FM.
 
Peut-être qu'on a toujours du mal à accepter qu'un petit blanc dise les mêmes conneries que n'importe quel renoi ou reubeu de cité......
 
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-rap-francais-une-musique-en-60119








La Chronique de Brice Couturier


A quel degré faut-il entendre le rap
14.12.2012

Finalement, depuis quarante ans, c'est toujours la même histoire qui se renouvelle. Les courants musicaux majeurs de la culture-jeune française proviennent d'une appropriation locale, plus ou moins réussie, de phénomènes nés outre-Atlantique. De notre Johnny Hallyday national se prenant pour Elvis Presley à Lionel D, déguisé en pseudo-membre de Public Enemy, par un chef de produit de CBS (alors que NTM fera bien mieux l'affaire), tout ce qui est nouveau est transposé de là-bas. Avec un fameux risque de falsification, de détournement par les petits malins du marketing des industries musicales. Mais ce qui est intéressant, c'est la manière dont on s'approprie les styles de vie qui vont avec ses sons venus d'ailleurs, ce qu'on y projette, bref comment prend la sauce.
 
Au départ de cette histoire, que vous reconstituez avec toute la distance critique du sociologue, mais la compétence de l'amateur du genre,Karim Hammou,  vous pointez la conjonction de trois innovations majeures du début des années 80. D'une part, les besoins musicaux du dance floor, celui des grands paquebots de nuit, Studio 54 et Palace parisien : on y plébiscite les musiques funky, autrement plus dansantes que la new wave, le rock de l'époque, particulièrement glacial. Deuxio, le phénomène des radios libres : Sidney sur Radio 7, Dee Nasty sur Radio Nova ; des espaces se dégagent pour des courants musicaux alternatifs, minoritaires. Certes, les grands réseaux commerciaux vont préférer le format MOR « middle-of-the-road », mais enfin des espaces se dégagent pour les marges. Enfin, il y a le vidéoclip, ces illustrations visuelles qui deviennent inévitables pour accompagner le lancement d'un disque, prolonger un concept musical par des images associées.
Et puis surtout, il y a le développement des DJs. Autrefois simples passeurs de disques, certains d'entre eux se muent alors en « bricoleurs de sons », comme vous dites. Comme à New York, d'où cette culture est partie, on apprend à manipuler, à la main, deux platines à la fois, pour obtenir le breakbeat. Le sommet du genre étant atteint très tôt par Grandmaster DST sur le morceau « Rock it » de Herbie Hancock. Mais le rap naît aussi de ces invitations à la fête que lançaient, micros en main, les « maîtres de cérémonie » de Jamaïque.
 
Mais le plus intéressant, dans cette histoire, c'est le jeu ambigu que joue ce milieu, entre la banlieue – où il est assigné – et le show business, qu'il est censé contester. L'assimilation entre le rap et la tarte à la crème médiatique du « malaise des banlieues », qui devient lancinante à partir des émeutes de Vaulx-en-Velin en 1990, semble donner lieu, à bien vous suivre, à une espèce malentendu : puisque les journalistes veulent absolument voir dans le rap l'expression privilégiée du dit malaise, hé bien, on va leur en donner… C'est la logique du hard core, de Joey Starr à Kool Shen, dont les textes et l'attitude sont autant de bras d'honneurs aux institutions, à la police, à la société environnante.
Mais ces provocations ne doivent pas faire oublier les textes de rappeurs plus authentiquement politiques, parce qu'ils refusent, justement les clichés véhiculés sur la « banlieue » et cherchent à leur opposer une chronique beaucoup plus précise de la réalité sociale dans laquelle ils évoluent. On pense à IAM.
Reste l'ambiguïté : comment peut-on en même temps prétendre redresser l'image négative du « jeune de banlieue », « révolté parce qu'inadapté », selon un commentateur d'extrême droite, et tout en endossant les stéréotypes du « djeune », largement fabriqué par des marchands de disques et des marchands de baskets ?
 
Les rappeurs bling bling, mêlant l'insulte sexiste et homophobe à l'exhibition de chaînes en or, affalés entre des bimbos blasées et siliconées, donnent une image du rap assez pathétique. Heureusement, en France, nous sommes devenus trop pauvres pour nous les offrir…

http://www.franceculture.fr/emission-la-chronique-de-brice-couturier-a-quel-degre-faut-il-entendre-le-rap-2012-12-14







Quand le rap se la joue fiction


Propos recueillis par Jean Birnbaum
Sociologue, membre associé au centre Norbert-Elias (Marseille), Karim Hammou publie Une histoire du rap en France (La Découverte, 304 p., 22 €), livre issu des enquêtes qu'il a menées pour sa thèse de doctorat.

Après plusieurs décennies d'expérimentation, le rap français peut être considéré comme un vaste mouvement d'éducation populaire, avec ses maîtres incontestés et ses classiques à étudier. Une école, où l'on apprend le goût des mots et le corps-à-corps avec la langue : pensons seulement à ces jeunes qui appellent la radio pour scander en direct les textes qu'ils ont eux-mêmes pris soin de composer... Oui, on associe souvent le rap à l'oralité, mais ce style musical renoue les liens entre parole et écriture : savoir écrire et savoir rapper sont ici deux gestes étroitement liés. Ainsi, à travers le rap, toute une génération a pris goût aux rimes, au travail sur les métaphores. Et cela ne vaut pas seulement pour des adolescents de milieux populaires ou en conflit avec l'école, mais aussi pour des jeunes issus des classes supérieures ou au cursus scolaire paisible. On retrouve chez eux un même amour de l'écriture, un même respect pour des morceaux considérés comme des "classiques" tels que Demain c'est loin, du groupe IAM (1997) ou Blessé dans mon ego, d'Ekoué, du groupe La Rumeur (1997). Au fil de mes enquêtes, j'ai été frappé par une anecdote qui revient souvent dans le discours de rappeurs amateurs. Ils racontent comment leur professeur, les ayant surpris en train d'écrire un rap pendant le cours et, l'ayant lu, impressionné, a jeté sur eux un oeil neuf, comme s'il les imaginait incapables de rédiger un texte de cette qualité : "D'où tu sors ça ? Ce n'est pas possible que ce soit toi qui aies écrit ce texte !" Jusque dans sa dimension mythologique, cette anecdote a une grande puissance d'évocation : elle dit combien le rap est inséparable d'une réappropriation de soi par les mots.
Pour approfondir cette dimension "mythologique", évoquons le personnage du rappeur "hardcore", celui qui vient de la rue et qui demeure fidèle au langage des "quartiers", par opposition aux "bouffons" qui ne connaissent rien à la rue et qui sacrifient leurs textes sur l'autel du succès commercial. Ici, la divergence stylistique vaut-elle vraiment clivage moral ? C'est un aspect important, et en même temps il faut rappeler que "la rue" n'a pas toujours eu cette centralité dans les textes du rap français. Dans mon livre, je décris les décalages entre les différentes générations de rappeurs en France. La première génération abordait les relations hommes-femmes (Toutes les mêmes, de New Generation MC), mettait aussi en avant des thèmes afrocentriques (Lucy, de B. Love), dénonçait le racisme (Nous vivons tous, d'EJM), mais parlait surtout de hip-hop et du plaisir de rapper. Même un groupe comme NTM s'est fait connaître, en 1990, avec un morceau intitulé Je rap, qui évoque d'abord la virtuosité de l'interprétation. La notion de "hardcore" a d'ailleurs longtemps désigné une façon de rapper, plutôt qu'un type de registre linguistique ou des thématiques précises. C'est seulement avec la deuxième génération, au milieu des années 1990, que les thèmes festifs (ceux de Menelik ou d'Alliance Ethnik) sont marginalisés par un rap aux paroles "ancrées dans la rue", celui d'Ideal J ou d'Expression Direkt. Ce type de rap fera ensuite l'objet d'un véritable marketing de la marge de la part des grandes maisons de disques. Mais la "rue", dans les milieux où j'ai fait mon enquête, c'est aussi autre chose que les cités et les gangsters. Synonyme de détermination, de désintéressement, elle désigne souvent des logiques de fonctionnement d'un milieu musical indépendant, structuré par de petits labels, des émissions de radios locales, des associations musicales, et tous ces lieux informels où les rappeurs encore peu connus partagent la passion de l'écriture et tentent de se faire un nom.
Vous ouvrez votre livre par le témoignage d'un rappeur qui dit : "On a le droit à la fiction." Commentant cette formule, vous soulignez "les tensions qui existent entre licence esthétique et éthique du dire-vrai"... Qu'est-ce que cela signifie ? Cette tension est en partie liée à la marchandisation de la marginalité et de son aura. Pour l'expliquer, il faut revenir au début des années 1990, moment où les premiers rappeurs français sont convoqués sur les plateaux de télévision pour expliquer le "problème" des cités et pour donner à voir le stéréotype du jeune-de-banlieue. Il y a alors une tension qui se crée entre ce rôle spécifique et le costume de l'artiste universel que souhaitaient endosser les rappeurs. C'est un moment important dans l'histoire du rap en France. Ce que journalistes et animateurs demandent alors aux rappeurs, c'est d'être plus vrais que nature, d'être "vraiment" ce qu'on veut qu'ils soient. Ce faisant, on leur refuse le droit à la "fiction", autrement dit le droit à une certaine complexité. Or, en ce qui concerne la relation de l'artiste avec le personnage qu'il interprète, il y a tout un éventail possible, tout un jeu à la fois esthétique et commercial. Quand NTM chantait J'appuie sur la gâchette, c'était par définition de la fiction, puisque ce morceau décrit un suicide. De même, quand Booba joue les durs et décrit la banlieue comme l'espace des gangsters ou que MC Solaar évoque un chagrin d'amour, ont-ils vécu tout ce qu'ils rappent ? Est-ce le plus important ? Médine, lui, propose des morceaux personnels, et d'autres où il se met explicitement dans la peau de personnages. Dans Créature ratée, de Casey, ou Mille et une vies, de Lino, la question de la réalité ou de la fiction du "vécu" s'efface derrière la puissance d'évocation de souffrances à la fois intimes et collectives. Ce qui m'intéresse, justement, c'est de montrer ces différentes options. Quand on va voir un film comme Pulp Fiction, on ne se demande pas s'il est "moral" ou non. Il n'y a pas de raison de refuser au rap ce qu'on accorde au cinéma : le "je" qui rappe peut mêler écriture autobiographique et intrigue fictive, voire incarner un personnage avec lequel il ne se confond absolument pas.
"Le rap, ça doit être revendicatif", martelait naguère Kool Shen, du groupe NTM, un peu comme Sartre affirmait que toute littérature est engagée, qu'elle le veuille ou non, y compris quand elle fait silence sur l'injustice. Cette idée est-elle toujours aussi prégnante ? Pour toute une tradition de rappeurs, dont NTM est emblématique, il y a effectivement cette idée que le vrai rap doit dénoncer la souffrance, et que ne pas en parler c'est la redoubler. "Il est indécent de crier que "tout baigne" alors qu'autour de nous, il y a tant de gens qui saignent", rappaient les NTM dans une allusion rageuse contre Ménélik (Hardcore sur le beat). Mais, là encore, il y a une diversité des positions : voyez IAM et son morceau Je danse le mia ! Il y a aussi les déplacements qui s'opèrent au fil du temps et rendent d'autant plus utile une compréhension du rap attentive à l'histoire du genre. Au milieu des années 1990, on assistait bien à une confrontation entre le rap underground et le rap festif mainstream, cet affrontement était à la fois éthique, professionnel et commercial. Aujourd'hui, le rap "léger" n'est plus le seul à avoir accès aux ondes des grandes radios. On retrouve ici le marketing de la marge : à un moment donné, certains labels indépendants ont prouvé que les raps revendicatifs ou sombres pouvaient séduire un large public, et les majors leur ont emboîté le pas. Voilà pourquoi, même si le clivage "revendicatif" ou "festif" reste important, il ne structure plus la scène rap française dans son ensemble. Et ce d'autant plus que, même chez les artistes qui misent sur le "vécu" et "l'authenticité", l'écriture continue à déjouer les attentes, à distiller tel ou tel effet de réel tout en suggérant l'ambivalence. Hier comme aujourd'hui, les rappeurs jouent avec le réel et la fiction. Et la façon dont on vend et commente leurs oeuvres souffle volontiers le chaud et le froid sur cette question.
Propos recueillis par Jean Birnbaum
Joy Sorman, écrivain: Je n'écrirais pas si je n'avais pas écouté de hip-hop

Plus que tout autre genre musical, le rap est un activateur littéraire, une machine à fiction - et je peux l'affirmer aujourd'hui : je n'écrirais pas si je n'avais pas écouté de hip-hop.
Le rap est d'abord ce combat du verbe où priment la célérité et l'adresse, où s'éprouvent un flow, une technique d'énonciation. Le rap fait accéder la phrase au rang des beaux-arts, la sculptant, la rabotant, la dépouillant pour en extraire la pépite encrassée, le diamant brut. Ce que le rap enseigne à la langue, c'est que les mots sont en 3D, qu'on peut tourner autour comme le boxeur face à son sac, que le verbe s'écorche pour en faire apparaître les tendons, qu'écrire est bien sûr affaire de rythme et de souffle, blizzard et sirocco, de ruptures et de relances, de façonnage aussi.
Versifié et scandé, le rap s'écrit autant qu'il se parle, faisant gueuler les phrases, posant la voix en équilibre sur les mots, escamotant les voyelles et griffant les consonnes, amputant le verbe, désarticulant les syllabes. Le rap est une invention de la langue d'abord au sens où il réforme les manières de parler : il interroge le comment, comment parler.
AUTOFICTION
On dit des rappeurs qu'ils ont une langue, un style, qui est autant une manière d'écrire qu'une manière de dire - Booba et son flow crépusculaire, mots enflés à l'avant de la bouche, hémorragie au coeur du bitume, c'est dans la rue, c'est discographique.
Mais le rap est aussi un formidable moteur romanesque, à deux titres au moins : d'abord parce qu'il est un art de la chronique, ensuite parce qu'il est le lieu privilégié de la fiction de soi, de l'autofiction - inventée peut-être par le rap avant que la littérature ne s'en empare.
Le rap est chronique du quotidien, récit circonstancié à ras du bitume d'une vie en bande, d'une jeunesse potache et méprisée, petites histoires qui documentent un état du monde et des sentiments. Le rap excelle dans cet art du récit minimaliste et précis, cet art du pur présent qui dit les amis, les filles, la fête, la violence, l'argent, la ville, la patience, et tout ce qui se ramasse et se glane dans la proximité des jours qui passent.
Le rap est aussi chronique de soi, musique de l'ego et de l'éclat, de la revendication narcissique, invention d'une vie, vie de prince. Le rappeur est celui qui dit "je", qui dit "moi", parfois "nous", celui qui rayonne, qui fait advenir sur lui une pluie de lumière et de gloire. Il s'invente cador de la cité, empereur à la conquête de l'amour et de la richesse, terreur urbaine, il est celui qui s'arrache à la misère de sa condition, celui qui relève la tête, fier.
Le rap est fiction de soi, aventure identitaire, roman personnel par lequel l'auteur est son propre personnage, le narrateur son propre héros. Cette mise en scène de soi, passée au filtre romanesque, ce récit, trouble, de faits parfaitement réels et parfaitement fantasmés, constituent le programme esthétique du rap. Et c'est bien la revendication de ce programme, me semble-t-il, qui en fait un art majeur.
Joy Sorman
Voyou et "voyelle"

Multiples sont les champs lexicaux et les innovations formelles qui nourrissent la prose rythmée des rappeurs. En témoignent deux ouvrages récents et fort stimulants. Le premier, L'Argot des prisons, se présente comme un "dictionnaire du jargon taulard & maton du bagne à nos jours" (Ed. Horay, 240 p., 18 €). On y apprend par exemple, non sans une certaine exaltation, que dans l'univers pénitentiaire comme ailleurs, le livre demeure sacré : quand un détenu s'exclame : "Faut pas me tourner les pages !", cela signifie : "Faut pas me contrarier !" On découvre aussi qu'en prison, "voyelle" est le féminin de voyou, et "barlou" le verlan de "loubar".Qui voudrait faire résonner pour de bon cette dernière trouvaille n'aurait qu'à se tourner vers l'étonnant Diko des rimes en verlan dans le rap français (La Maison du dictionnaire, 316 p., 22 €), proposé par le spécialiste russe de romanistique et de linguistique Valéry Debov. Ce précieux dictionnaire déploie la puissance poétique de quelque 600 néologismes et "unités lexicales verlaniques", depuis "aç" (ça) jusqu'à "zonpri" et "zonzon" (prison), justement.
http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/12/06/quand-le-rap-se-la-joue-fiction_1800602_3260.html








LE RAP

En France, le rap anti bling-bling s'apprête à prendre la relève ! 28-12-2012
C'est la crise jusque dans le hip-hop ! Fini les clips où les rappeurs entourés de bimbos s'affichent dans des villas immenses, noyés sous les "signes extérieurs de richesse" et où la devise "Get rich or die tryin'" ("Devenir riche ou mourir en essayant de le devenir") initiée par l'américain 50 Cent est un véritable mantra de vie. Aujourd'hui, débarquée depuis peu dans le paysage du hip-hop hexagonal, une nouvelle génération de rappeurs se revendiquent d'avantage revendicateur et politique : ne plus montrer sa réussite financière à tout prix mais diffuser au plus grand nombre un message et amener à la reflexion.
Ils feraient presque passer les rappeurs qui vendent le plus de disques (Rohff et Booba en tête) au second plan. Ils, c'est Orelsan, 1995, Keny Arkana, La Gale, Casey et bien d'autres qui ont grandi avec internet et ont modifié les règles du jeu en distribuant gratuitement leurs EP en ligne et en faisant leur promotion sur Facebook ou Twitter.
1995 par exemple, a définit un contrat unique avec Polydor (Universal) en exigeant que celui-ci ne prenne en charge que la distribution de "La Suite", en les laissant se charger du reste, évitant ainsi un possible "formatage" du label. Ce collectif formé par des potes qui ont fait le pari (risqué) de dépoussiérer le hip-hop hexagonal, en affirmant clairement ce qu'ils veulent et s'inspirent des méthodes des groupes de rap débrouillards révélés en France dans les années 90, jusqu'à atteindre les meilleurs ventes en 2011-2012.
A force d'imposer leurs personnalités et leurs idées, ces nouveaux-venus ont également conquis un nouveau public de trentenaires ou de personnes d'avatanges attirées par l'électro ou le rock. Si dans les années 90, le rap était un courant presque marginal, montré du doigt, il s'est aujourd'hui démocratisé et s'écoutera même en soirée. Et si la relation fonctionne aussi bien, c'est peut-être parce que ces artistes de ce renouveau sont à l'image de leur public, loin du cliché du jeune de banlieue couvert de chaînes en or, et se reconnaissent dans les valeurs défendues dans leurs chansons. Une formule également utilisée par IAM ou NTM lors de leurs débuts dans les années 90, avant d'être doublés 10 ans plus tard par cette fameuse vague bling-bling directement venue des Etats-Unis.
Et pour ceux qui scandent encore que "Le rap, c'était mieux avant", on répondra que le rap, c'est surtout mieux maintenant. Et probablement demain.

http://www.infoconcert.com/news/en-france-le-rap-anti-bling-bling-sapprete-a-prendre-la-releve--7356.html








LE RAP

TABLE DES MATIÉRES: Années 1970 et 1980  |  Années 1990 et 2000  |  Depuis 1991 : un concurrent sérieux pour la musique pop  |  Adoption du rap en dehors de la communauté noire  |  Rap francophone  |  Éléments rap dans les chansons pop  |  Prix et honneurs remis aux artistes du rap  |  Discographie  |  Bibliographie  |  Liens supplémentaires

Rap. Genre de musique pop apparu au milieu des années 1970 à New York, mais issu en fait de diverses formes d'expression vocale propres à la culture musicale noire - en particulier le concours d'insultes « dozens »et le « toasting »(dans le sud des États-Unis, un récit oral populaire; en Jamaïque, des paroles rimées chantées par un disc-jockey sur une trame sonore produite avec des systèmes audio). La fusion dans les années 1970 de poésies politiques, du jazz, du rhythm and blues et du funk contribue au développement de ce style musical. Sous sa forme typique, le rap consiste en une récitation rythmée de couplets rimés sur fond de rythmes souvent obtenus à partir d'enregistrements manipulés sur scène (p. ex., le « scratching ») ou en studio (p. ex., l'« échantillonnage »). On utilise indifféremment les termes « rap »et « hip-hop », quoique ce dernier fasse également référence aux styles de danse urbaine (p. ex., le break-dancing), d'arts visuels (p. ex., le graffiti) et à la mode. De plus en plus populaire au cours des années 1980 et 1990, le rap subit lui-même l'influence d'autres types de musique tels que le reggae, le ska et le calypso.

Années 1970 et 1980
Aux États-Unis et, dans une moindre mesure, au Canada et ailleurs, ce genre est d'abord culturellement marginal. Certes, dès 1979, quelques succès attirent de nouveaux auditeurs, mais le rap doit attendre le milieu des années 1980 pour connaître un réel succès comme courant de musique pop. C'est seulement alors que les communautés noires de Toronto, de Montréal et d'Halifax commencent à générer des rappeurs canadiens, la plupart de culture antillaise, dont beaucoup se produisent pendant plusieurs années en amateurs sur la scène sociale. Les pionniers, de 1980 à 1984 - MCs Supreme, Brother A, Sunshine et Ebony Crew - n'enregistrent pas.
Quant à leurs successeurs, ils sont moins bien accueillis que leurs homologues américains, car les grandes compagnies de disques canadiennes s'intéressent peu à la musique noire en général. Aussi sont-ils pris en charge par des producteurs et des imprésarios indépendants, dont le plus entreprenant est Ivan Berry, des Beat Factory Productions de Toronto créées en 1987. En 1988, ses premiers poulains, Michie Mee (Michelle McCulloch) et LA Luv (Phillip Gayle), interprètent des chansons rap aux influences reggae (« On this Mike », « Elements of Style »et « Victory Is Calling ») enregistrées par des compagnies américaines et européennes.

Années 1990 et 2000
Ce n'est qu'avec le succès national en 1990 de « Let Your Backbone Slide »de Maestro Fresh-Wes (Wesley Williams; Toronto, de parents guyanais, 1968) que les compagnies canadiennes commencent vraiment à enregistrer du rap. Le premier album de Fresh-Wes, Symphony in Effect, se vend à plus de 150 000 exemplaires et contient un autre succès, « Drop the Needle ». Il reçoit en 1991 le premier prix Junodu meilleur album rap.
D'autres rappeurs canadiens importants apparaissent en 1990, comme MCJ and Cool G, HDV et les Dream Warriors. Dans « So Listen »et « Smooth as Silk », le duo montréalais MCJ and Cool G (James McQuaid et Richard Gray, tous deux de Halifax) utilise un style teinté de rhythm and blues. HDV (le Torontois Sean Merrick), qui donne plutôt dans le rap provocant et pornographique (« Pimp of the Microphone »), traite des conditions difficiles dans lesquelles vivent les Noirs des villes canadiennes. Enfin, la musique et les textes variés des Dream Warriors (Louis Robinson et Frank Allert, alias King Lou et Capital Q, de Toronto) leur permettent de triompher en Europe (1990-1991) avec « Wash Your Face in My Sink », « My Definition of a Boombastic Jazz Style »et « Ludi », mais le duo est encore peu connu au Canada. Citons aussi Simply Majestic, mené par B. Kool (« Dance to the Music [Work Your Body] »), Krush and Skad, Main Source, RazorBlayd, Top Secret, Slinky Dee, Self-Defence, et K-4ce (K-Force).

Depuis 1991 : un concurrent sérieux pour la musique pop
En 1991, les succès européens des Dream Warriors et la floraison des premiers albums enregistrés par de nombreux autres artistes ont déjà convaincu la presse internationale : Toronto constitue l'une des capitales du rap. Bien sûr, l'industrie nationale de la musique pop n'est pas encore acquise au rap canadien et celui-ci doit davantage se faire connaître à l'étranger. Mais ses disciples ont déjà mis en place, en lien avec leurs communautés, une infrastructure solide regroupant médias, producteurs et hommes d'affaires que vient renforcer l'arrivée de nouveaux artistes (Fresh B., KGB, Nu Black Nation, R & R, Sonyalive, Base Poet, Sweet Ebony, Brothers Doing Work, Nubian Islamic Force, etc.). Bref, tout est réuni au début des années 1990 pour que la musique pop canadienne affronte un concurrent sérieux qui se révélerait même souvent agressif.
À la fin des années 1990 et au début des années 2000, plusieurs rappeurs d'importance émergent sur la scène canadienne, dont Vancouver's Rascalz (« Cash Crop », 1990), Buck 65 de la Nouvelle-Écosse (Richard Terfry, « The Centaur », 1997), Choclair de Toronto (Kareem Blake, « Ice Cold »et « Let's Ride », 1999 ); Saukrates (Amani Wailoo, « Love or Money », 2000 ); k-os (Kevin Brereton, « Crabbuckit », « B-Boy Stance »et « Joyful Rebellion », 2004) et Kardinal Offishall (Jason Harrow, « Dangerous », 2008). À noter également, la collaboration de Rascalz, Checkmate, Kardinal Offishall, Thrust et Choclair pour l'album de 1998 Northern Touch(gagnant du prix Juno du meilleur album rap en 1999). Rascalz reçoit également ce prix en 1998 pour son album Cash Crop, mais le refuse en guise de protestation contre le racisme qui, selon lui, entache cet honneur depuis huit ans puisque les médias ne diffusent pas la remise de ce prix.

Adoption du rap en dehors de la communauté noire
Le succès du rap dans les années 1980 incite des musiciens blancs à l'adopter. Ainsi, les Shuffle Demons (au Canada) se font connaître dès 1987 avec « Spadina Bus »et « Get Outta My House, Roach », deux pièces teintées de rap. En 1990, le public apprécie également la version rap d'une chanson de Lou Reed (« Walk on the Wild Side ») concoctée par le trio bilingue et multiracial Laymen Twaist, de Montréal. Le Canadien japonais Kish (Andrew Kishino, Toronto) qui, comme Maestro Fres-Wes, est produit par First Offence, l'équipe formée par Peter et Anthony Davis, réalise son premier enregistrement en 1991, avec « I Rhyme the World in 80 Days ». Au milieu des années 1990, le rap est ancré chez les jeunes autochtones, surtout dans les communautés cries, dont les membres voient en ce style musical un outil puissant pour véhiculer leurs convictions politiques. Parmi les rappeurs autochtones qui connaissent une certaine notoriété dans les années 1990 et 2000 nommons Bannock (Darren Tootoosis) de l'Alberta, War Party (membres fondateurs Karmen Omeosoo, Tom Crier, Rex et Cynthia Smallboy), le groupe de la Colombie-Britannique 7th Generation (Rob Sawan, Zane Gold, et Nacoma George), le groupe ontarien Tru Rez Crew, etc.

Rap francophone
Le rap francophone doit son existence à un autre groupe montréalais, les French B. (Jean-Robert Bisaillon et Richard Gauthier) : « Je m'en souviens »(1989) prend pour cible la loi 101 sur le bilinguisme. Vient ensuite le Mouvement rap francophone (Kool Rock, alias Ghislain Proulx, et Jay Tree, alias Jean Tarzi), avec « M.R.F. est arrivé »(1990), puis le Boyfriend (Stephen Chétrit), avec « Rapper chic »(début 1991). Quant au musulman blanc Malik Shaheed (John Morrow), de Montréal, il écrit des chansons politiquement engagées - en espagnol, en français et en anglais. En 1997, à Montréal, Dubmatique se taille une place de choix avec son premier album, La force de comprendre, qui contient des chansons bilingues aux influences soul et gospel. Dubmatique réussit à percer les marchés francophones et anglophones avec cet album qui se vend à 100 000 exemplaires et reçoit un trophée Félix au gala de l'ADISQ en 1997. Le groupe de rap séparatiste Loco Locass connaît beaucoup de succès chez les francophones du Québec. En 2004, le single « Libérez-nous des Libéraux »attire l'attention des médias pour sa critique du gouvernement québécois et devient un hymne non officiel pour certains groupes politiques et les syndicats indépendantistes.

Éléments rap dans les chansons pop
On trouve des choristes rap sur des albums reggae de Messenjahet dans des chansons pop de Céline Dion, Nathalie Simard, Nelly Furtado et d'autres artistes. L'artiste reggae-pop Snow (Darrin O'Brien) agrémente aussi ses pièces reggae de rap, comme « Informer »en 1993. Les groupes torontois Rush et Barenaked Ladies ajoutent également des éléments rap dans certaines de leurs chansons, dont « Roll the Bones »(Rush, 1991) et « One Week » (Barenaked Ladies, 1998).

Prix et honneurs remis aux artistes du rap
C'est Swollen Members, de Vancouver, qui reçoit le plus grand nombre de prix Juno, vient ensuite Choclair. Depuis 1993, des prix Juno du rap sont également remis à Devon, TBTBT, Ghetto Concept, Rascalz, k-os, K'Naan, artiste d'origine somalienne, Belly, d'origine palestinienne, et Kardinal Offishall. Les gagnants de prix dans la catégorie rap et hip hop du gala The Canadian Aboriginal Music Awards (lancé en 2001) sont, entre autres, War Party, Tru Rez Crew, Team Rezofficial, Eekwol, Reddnation, Da Skelpa Squad, 7th Generation et Chief.

http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/rap








A Chicago, le rap dans la ligne de mire

Dans la principale ville de l'Illinois, on rappe et on meurt dans les rues plus qu'ailleurs aux Etats-Unis. Mené par les jeunes Chief Keef ou King L, le mouvement «drill» rappelle que le gangster rap naît dans les zones dont on ne parle pas dans les débats présidentiels, même quand le président sortant est un ancien élu de la ville...

ne petite ritournelle synthétique pour ouvrir, puis le couple grosse caisse/infrabasses entre, épicé par des roulements de charlestons, avant le refrain contagieux… Difficile de résister à I Don't Like, composé par Young Chop et interprété par Chief Keef.
A 17 ans, Keith Cozart (son vrai nom) est l'une des figures les plus en vue d'un mouvement rap né à Chicago, dans le quartier du South Side, et regroupé autour du terme drill music, qui fascine comme il inquiète et attire donc les dollars des major du disque. Publiée en mars 2012, sa vidéo comptabilise aujourd'hui près de 18 millions de vues —loin des scores de Rihanna et Justin Bieber, certes, mais pour un clip de rap «hardcore» tourné avec les moyens du bord, on n'est plus dans l'anecdote.
Au-delà même de la musique, le clip tourné par Duane Gaines, dit DGainz, est une plongée directe dans l'univers de la bourgeonnante scène de Chicago. Sur son canal YouTube, les vidéos d'artistes comme L.E.P. Bogus Boys (des vétérans) ou Spenzo, par exemple, dévoilent la rudesse des quartiers de la plus grande ville de l'Illinois, dans lesquels vivent et évoluent des artistes âgés de 13 à 25 ans pour la plupart. Et les King L (ex-King Louie), Lil Reese, Lil Durk, Fredo Santana, Buck 20 Brick Boyz, YP, ou les filles Sasha Go Hard et Chella H font monter le compteur de la chaîne de DGainz au-delà des 42 (!!!) millions de vues.

La drill music a dépassé le phénomène local, suffisamment pour alerter l'une des fiertés du rap de Chicago, qui a pourtant déserté la «ville venteuse» depuis un moment pour des zones plus douces et sécurisées à New York ou Los Angeles: Kanye West s'est offert un remix de I Don't Like, sur lequel il a placé une partie des artistes de son label G.O.O.D. Music, avant de le coller sur sa compilation Cruel Summer à la dernière minute, histoire de donner un tour actuel à son dernier projet.
Une reconnaissance qui a ouvert une brèche pour les jeunes artistes rap de Chicago. Depuis le printemps dernier, Chief Keef a signé chez Interscope (la maison de disques d'Eminem, 50 Cent, Dr. Dre mais aussi Lady Gaga) pour 3 millions de dollars, dit-on. Un deal qui comprend notamment les droits pour un biopic, des casques audio et un label deal (Glory Boyz Entertainement) qui fait de Cozart le plus jeune PDG du showbiz.
Ses comparses Lil Reese et Lil Durk ont eux chacun trouvé un contrat chez Def Jam, label mythique du rap (Beastie Boys, Jay-Z, Public Enemy...), tandis que King L a été accueilli par Epic/Sony Music… En moins de six mois, une véritable fièvre venue de Chicago s'est emparée du business rap américain.
On peut même ajouter la signature de Rockie Fresh (autre rappeur local, mais pas forcément associé à la scène drill) chez MMG, le label de Rick Ross, le nouveau géant du rap. De son côté, Lil Wayne a adoubé l'ado Lil Mouse (13 ans) et il y a fort à parier que l'industrie garde un œil sur la jeune Katie Got Bandz, sur Fredo Santana, SD, Chance The Rapper ou les Buck 20 Brick Boys…
Les stars quittent le navire
Réputée pour son jazz, sa soul ainsi que sa house music, la troisième ville (et marché) des Etats-Unis n'a pourtant jusqu'ici jamais réussi à imposer une véritable scène rap, à l'opposé de New York, Los Angeles mais aussi Houston, Atlanta ou la Nouvelle-Orléans. Des artistes rap locaux ont néanmoins réussi à s'imposer individuellement dans les années 90 et 2000, des plus confidentiels chez nous comme Do Or Die, Bump J ou Crucial Conflict (incarnant plutôt le ghetto) aux plus grandes stars que peuvent être Common ou Kanye West en passant par les figures reconnues comme Da Brat au milieu des années 90, Twista, No I.D. ou Lupe Fiasco.

En 2012, le constat s'avère un peu amer pour cette ancienne garde: Do Or Die, Crucial Conflict et Twista peinent à raviver leurs carrières, Lupe Fiasco s'enlise dans des errements artistiques, Common court les castings à Hollywood et Kanye West fait du shopping avec Kim Kardashian dans les échoppes des grands couturiers entre Milan, Londres et Paris.
Les grandes figures ont déserté la ville et, malgré les efforts et la reconnaissance critique de certains artistes comme Mikkey Halsted, Naledge de Kidz In The Hall, Rhymefest, GLC, des plus «hype» Cool Kids ou du plus accessible Yung Berg, le rap de Chicago paraissait jusqu'ici bien pâle face aux scènes venues du sud, de Houston, la Nouvelle Orléans ou d'Atlanta avec sa trap music: un rap bondissant, dopé aux infra-basses taillé pour les clubs, mais hardcore et en prise directe avec la rue.
C'est d'ailleurs dans ce mouvement que se reconnaissent les aspirants rappeurs de South Side Chicago, le pire coin de la ville à en croire ses habitants comme ceux qui n'osent pas y mettre un pied. Repliés sur eux-mêmes dans la ville américaine où la ségrégation est la plus profonde, les jeunes artistes développent leur son et leurs ambitions … Le mouvement est resté anonyme jusqu'à ce que le défunt Pacman et son cousin Fatzmack ne le baptisent drill, un terme venu l'argot local. S'il signifiait «répondre à ses agresseurs ou ennemis» à l'origine, il est devenu une commodité pour décrire tout ce qui semble excitant pour ses adeptes.
C'est en toute logique que drill a défini la musique des L.E.P Bogus Boys ou de King Louie, qui ont ouvert la voie aux Keef, Reese, Durk ou Katie...  Une musique du hood (le quartier), par lui et pour lui. Agressive, puissante et sans filtre: on y parle de violence, de fusillades de drogue, du hustle… On y entend des bruits de flingues, on y décèle l'envie d'empiler des billets… Bref, la triste vie de rue à l'américaine, la vraie.

Pas l'ombre d'une Maybach ou d'une Lamborghini dans les vidéos, et si les clips sont filmés sur le pavé ou dans des apparts peu reluisants, c'est que la drill music rappelle le rap au bitume. Et vice-versa.  On n'est pas si loin du gangster rap californien des années 90, la distance, la perspective et le sens de la mise en scène en moins…
Et comme le gangster rap, la drill music déclenche la polémique. Les anciennes gloires de la ville s'opposent même sur le sujet. Kanye West a sauté sur l'occasion de se reconnecter avec la jeunesse de sa ville d'origine tandis que Lupe Fiasco déclarait à une radio de Chicago:
«Chief Keef me fait peur. Pas lui particulièrement mais la culture qu'il représente. Les truands, les gangsters...»
La jeune star a répondu sèchement —bêtement même— à son aîné sur les réseaux sociaux, canaux de prédilection du nouveau rap de Chicago, qui lui ont permis de se faire connaître au-delà du South Side sans l'aide des glorieux aînés:
«Lupe Fiasco est une pute et quand je le verrai, je botterai le cul à la petite salope qu'il est.»

La rupture est consommée.
Reality rap
Lupe Fiasco n'a peut-être pas tort de s'inquiéter, mais comme le cliché le dit, Keith Cozart, dit Chief Keef, est surtout le produit d'un environnement. Et le paysage offert aux jeunes Noirs de Chicago est effrayant.
La population afro-américaine de la ville est principalement confinée dans deux grands quartiers, à l'ouest et au sud, depuis des décennies et aucun signe de changement n'est à prévoir. Pire même, le taux d'homicides a grimpé de 38% en 2012 (240 décès constatés en juin 2012) alors qu'il stagne ou baisse à New York ou Los Angeles. Et les quartiers les plus touchés sont… West Side et South Side Chicago, où les gangs, qui n'ont jamais cessé d'exister, sont passés de 500 à plus de 600 en deux ans tout juste.
Chief Keef, originaire du quartier d'Englewood dans le South Side, ne fait pas mystère de son appartenance au 300 Black Disciple Gang. Il n'hésite pas à ponctuer ses rimes de tonitruants «Bang! Bang!» ou à mimer des fusillades à l'occasion. En décembre dernier, il s'est fait serrer pour usage illégal d'armes à feu et s'est retrouvé assigné à résidence chez sa grand-mère.
Le magazine en ligne Pitchfork a tourné une interview du jeune rappeur dans un stand de tir et déclenché un véritable polémique qui a poussée la parution à retirer la vidéo. Chief Keef sent la poudre.
Lorsqu'on demande aux jeunes artistes rap de Chicago s'ils réalisent la portée du message qu'ils transmettent, leur réponse est unanime: «On ne fait que parler de ce qu'on connaît.»

Les faits leur donnent tragiquement raison. Le 4 septembre 2012, Joseph Coleman (dit Lil JoJo), aspirant rappeur et membre d'un gang rival de celui de Chief Keef et Lil Reese, était tué par balles dans les rues d'Englewood, à 18 ans.
Comme beaucoup de membres des bandes de Chicago, tout ce petit monde se défiait régulièrement sur les réseaux sociaux. Signe des temps. Après le meurtre, Chief Keef s'est réjoui de la mort de son ennemi sur Twitter, avant de se rétracter maladroitement en évoquant le piratage de son compte. Trop tard.

Lupe Fiasco est inquiet. Barack Obama, ancien sénateur de l'Illinois, l'est moins. Il aura attendu la mi-août pour réagir. Mollement. Le président de la génération hip-hop, celui qui reçoit Jay-Z au salon, cite Common ou éreinte Kanye West quand il en fait trop, a envoyé un message vidéo appelant à la paix dans les rues de Chicago à l'occasion d'une parade annuelle retransmise localement. Parvenu hors délais à la chaîne, la bande ne sera finalement jamais diffusée. Fin du chapitre.
On n'attendait pas de Mitt Romney, candidat républicain à la présidence, qu'il cite Chief Keef ou s'émeuve de la montée de l'activité des gangs dans la troisième ville du pays, mais de la part d'un homme qui considère Chicago comme sa ville d'adoption et s'est largement appuyé sur l'électorat afro-américain et la génération hip-hop en 2008, cette distance est nettement plus surprenante. Au maire de la ville, l'ancien secrétaire général de la Maison Blanche Rahm Emanuel, et aux autorités locales de gérer…
A Englewood, ailleurs dans le South Side ou dans le West Side, on ne s'interroge pas: on profite. La scène rap locale n'aura jamais autant fait parler d'elle, en bien comme en mal.  Elle fascine, dérange et redonne au rap l'une de ses fonctions premières: proposer un éclairage sur la réalité des ghettos américains.
La drill music n'est pas une affaire de poésie de boudoir, c'est avec du son taillé pour les caisses et les boîtes de nuit dans lesquelles ils n'ont même pas tous l'âge d'entrer que Chief Keef et ses potes sont devenus millionnaires. Ce que personne ne connait, pas même eux, c'est la fin de l'acte: en seront-ils les héros triomphants ou les victimes tragiques? Le décor est lugubre mais l'orchestre excitant.
Arnaud Fraisse
http://www.slate.fr/story/63331/chicago-rap-drill-obama










Le rap français,
mal représenté dans les médias Pourquoi le rap ne squatte pas le haut de l'affiche

14/03/2012

Cette année encore, les ventes d'Orelsan, Sexion d'Assaut ou Booba vont faire remonter à la surface le Titanic de l'industrie du disque. Largement diffusé en radio, gros vendeur d'albums, le Rap reste pourtant le genre mal-aimé des médias hexagonaux.
L'auteur
Théophile Pillault
    
Nos rappeurs ont mauvaise presse et bientôt, il n'en auront même plus. Disparition quasi-totale des magazines spécialisés, souvent remplacés par des portails en-ligne qui colportent beaucoup plus de clashs que de critiques ou d'analyses... Le mouvement ne connaît plus de médiation culturelle sérieuse. Réticence des journalistes ? Schéma économique en panne ? La faute à Zemmour, à Skyrock ? Flu a arpenté le ter-ter du game hexagonal, pour comprendre pourquoi on ne tend pas - ou mal - le mic aux lyricistes français.

L'Affiche, R.E.R, Rap Mag, Gasface ou Groove... La disparition des titres papier, une crise de la demande et de l'offre
En 1999, l'album Panique Celtique de Manau reçoit aux Victoires de la Musique la récompense du meilleur album rap et groove de l'année. Radikal, Groove, l'Affiche et R.E.R se liguent alors contre le trio, et révoquent l'idée qu'il puisse constituer un groupe de rap. Une polémique certes facile, mais qui dessine une cartographie - plutôt dense - de la presse rapologique de France*. Avec Get Busy ou The Source, ces titres constituent le principal moyen d'information d'un public croissant. Aujourd'hui, ils ont tous disparu. Rap Mag était le dernier de ces mohicans, et il a enterré la hache de guerre l'année dernière. Seuls résistent RAP RNB ou Planète Rap Mag, feuilles de choux méchamment portées sur les pré-ados. Planète Rap Mag n'est d'ailleurs que l'alter ego papier de l'émission de promo éponyme de Skyrock, animée par Fred Musa, autoproclamé "leader d'opinion" dans le milieu, récemment mis à l'honneur / l'amende ici par Booba.
Couv' avec têtes de gondoles, stickers, posters pour ta salle de bain, entretiens exclusifs... Les magazines ont tout fait pour s'attirer les bonnes grâces d'un lectorat que l'on s(av)ait jeune, masculin et provincial. Ultimes initiatives pour un secteur en fin de vie, qui n'auront pas réussi à le sauver. Culture du zapping et volatilité des lecteurs - qui ne revendiquent pas une publication de référence -, érodent les ventes. Cette précarité économique affaiblit la qualité du contenu des formules éditoriales. Les publications vendent donc de moins en moins. Les tirages s'amenuisent, et avec eux le prix de vente des espaces publicitaires, vitaux pour un périodique. Changements de formule désespérés ou trésorerie en panne... Un cercle vicieux de la décroissance dans lequel est empêtré une grande partie de la presse de France, ce n'est pas nouveau. Pourtant, bien qu'ils rencontrent les mêmes obstacles Magic, Voxpop, Tsugi continuent de documenter l'électro-rock, la pop, les musiques électroniques ou la chanson.
Comprendre le monde à travers le prisme du hip hop

Dans cette affaire, les errements éditoriaux peuvent être tenus pour les principaux coupables. Voyez plutôt : aujourd'hui encore, les Inrockuptibles continuent d'être considérés comme un magazine musical. Pourtant, si l'hebdomadaire est toujours à flot, ce n'est pas parce qu'il a pris le parti des rockeurs de France. Politique, 7ème Art, livres ou vie des médias... Les Inrocks doivent - entre autres - leurs tirages à leur capacité à pouvoir explorer de très nombreuses thématiques. Les rubriques font le grand écart mais elle sont traitées à travers un seul prisme, qui leur donne toute leur teinte éditoriale : l'esthétique rock. Jusqu'à maintenant, très peu de magazines de rap ont tenté d'égrener leur vision d'un ensemble de mondes culturels à travers l'écran du hip hop. De 2006 à 2008, le binôme Nicolas Venancio et Mathieu Rochet est pourtant parvenu à produire cette revue idéale, durant 6 numéros désormais cultes. Audiard, Booba, Chavez, Montebourg, Mobb Deep ou Dieudonné ont squatté les pages de Gasface, un magazine qui a frôlé il y a quatre ans la censure et le boycott des kiosques pour sa première de couverture, qui titrait avec un second degré jamais égalé : "Ils dansent mal ! Ils sont méchants !! Ils sont partout !!! Même Barack Obama en est à moitié un… FAUT-IL AVOIR PEUR DE CES ENCULÉS DE BLANCS ?" Une première de couverture qui sera également la dernière. Aujourd'hui le duo de journalistes donne dans la réalisation de webdocumentaire : l'opus New-York Minute, - une mini-série virale en 6 épisodes commandée par Arte -, a déjà dépassé le demi-million de spectateurs.
L'incapacité des médias à représenter les rappeurs comme des artistes à part entière

Abus de ghetto, régulières et sournoises mises en lumière d'affaires judiciaires ou d'une supposée violence, au détriment d'une critique artistique travaillée...  Le rap a mauvaise presse. Pire, certains journalistes ou animateurs - bien qu'ils ne se laissent pas aller à la reproduction de tels clichés -, se fourvoient dans leurs articles de façon inconsciente mais tout aussi symptomatique de leur méconnaissance de la culture. En atteste cette manie presque mécanique de réclamer des réponses de société - notamment sur la vie dans les quartiers - aux rappeurs, souvent considérés de prime abord comme des éduc-spés', plus que comme des artistes. Cette drôle de manie se reproduit également dans le milieu du spectacle vivant, où les Mc's gagnent souvent le droit d'être programmés en échange d'un atelier d'écriture ou d'un débat avec le planning-familial. Damn, a-t-on déjà imposé des tables d'informations de Centres d'Addictologie à un live de Renaud ? Une autre dérive journalistique consiste a encenser les lyricistes pour leur diplômes, validant ainsi une étrange corrélation qui voudrait que leur niveau d'études équilibre leur niveau musical. Une perversion récemment démasquée par Thomas Blondeau dans les Inrocks. D'une manière générale, on remarquera que les artistes rap accèdent à la reconnaissance médiatique une fois qu'ils ont mis suffisamment d'eau dans leur Jack Da', conférez les mises en lumière d'Hocus Pocus, qu'on aime parce qu'ils sont "groovy & positifs", Oxmo Puccino ou Abd Al Malik (j'en oublie, t'inquiètes).
Au sein des maisons de disques, le sentiment général repose sur le fait que les rappeurs doivent toujours en faire le double pour obtenir un Grand Journal ou la quatrième de couv' de Libé. Rarement invités pour leur dimension strictement artistique, ces "artistes à part" sont conviés soit parce qu'ils explosent les ventes ou qu'ils sont au cœur d'un scandale. Les médias français ont souvent besoin d'une dimension phénoménale pour leur tendre le micro. Ce qui n'est pas le cas pour les chanteurs de variétés ou les rockeurs. Une différence de traitement qui tient également dans les messages rapologiques. Musique de contestation, le mouvement - précisément en France ces dernières années -, véhicule toutes sortes d'idées. Violentes, positives, parfois homophobes et misogynes, ou pro-éducation, ces thématiques cohabitent toutes un peu ensemble et brouillent le débat, surtout en direction d'une profession qui a tendance à se vautrer dans le consensus. La liste de cette mal-représentation est encore longue, et on peut également y ajouter l'improbable casting "cultures urbaines" des Victoires de la Musiques, les procès, plaintes ou poursuites La Rumeur vs Ministère de l'Intérieur (contemplez à quel point Fogiel à choisi son camp), Youssoupha vs Zemmour, NTM vs la Mairie de Toulon, Ministère A.M.E.R vs Charles Pasqua, Sniper vs Nicolas Sarkozy (liste non-exhaustive). Une mise au ban massive et qui dure... Malheureusement, peu de journalistes y réagissent ou s'y s'opposent.

L'exode online

Le hip hop n'a donc presque plus de publications ou mauvaise presse. Le terrain rapologique est-il asséché pour autant ? Impossible. Même si certaines sorties pourraient le laisser supposer, le rap est loin d'être mort et la France en représente le deuxième marché mondial. Les programmes de Skyrock - 2ème radio musicale française -, maintiennent cette station en premier chez les moins de 25 ans, suivie quotidiennement par près de quatre millions d'auditeurs. Sorties, coups de gueule ou de pression, live, news, feat's, entretiens et mixtapes... Comment s'informent les B-girls et B-boys hexagonaux ? Online évidement, car la presse spé a été remplacée par les sites spé. Des webzines portés sur la vidéo comme N-da-hood, Buzz de Fou, Booska-p par exemple, Rap2france - près de 30 000 connexions journalières pour février 2012 -, Rap Engagé et Conscient pour les chroniques ou il n'y a pas si longtemps Hip Hop Core qui a fermé ses pages web pour cause d'"appauvrissement musical" dans le game... La liste est encore longue, ces portails sont très nombreux et ils rayonnent large côté éditorial. 
Le(s) hic ? Ils n'assurent pas tous et pas toujours leur mission de critiques artistiques. Déjà parce que certains de ces webzines font payer la mise en ligne d'une partie de leurs contenus, notamment vidéoclips. Une collusion aveugle entre création et publicité qui vaut - entre autres - tant de discrédit aux programmateurs de Skyrock... Le schéma économique de ces sites est encore à construire, et il ne permet pas de structurer des rédactions opérationnelles pour de l'enquête ou une analyse critique indépendante. Internet n'est donc pas encore le nouvel eldorado économique du rap, mais il en constitue le nouveau front. Une ligne nouvelle où la multiplication de ces néo-médias spécialisés ira - inéluctablement - de paire avec l'arrivée d'une nouvelle génération de journalistes, initiés au hip-hop depuis leur enfance.
Outre-atlantique, des titres comme The Source ou XXL ont senti le vent du changement venir il y a bien longtemps et ont adapté leur rédactions tout en gardant le même cap : aujourd'hui leur expertise se lit en print ou online. Et sur le net, ces portails rivalisent largement avec les innombrables sites concurrents grâce à un savoir-faire qui ne s'improvise pas. Car ces journalistes savent mettre en ligne le dernier clip de Tyga mais aussi dénoncer les bavures policières dans le Bronx. En France, l'ouverture au-delà du champ strictement musical existe. Chez un spécialiste des contre-feux politiques, rapologiques et sociaux comme A Contresens ou sur le webzine abcdrduson par exemple, qui, au-delà de chroniques, publie des articles plus transversaux sur le fait d'être fan de hip-hop et sympathisant UMP, sur les liens entre le rap et la série télé The Wire ainsi que des entretiens avec des clippeurs et autres photographes du mouvement comme Nabil Elderkin, Armen, Ahmed Klink ou Koria...
Grosses ventes, diffusions radio conséquentes, disparition des titres papiers, sous-représentation dans les médias généralistes, exode online... L'histoire du rap et l'évolution de sa presse reposent sur une médiation culturelle réussie ou non. Il s'agit d'un point de rencontre entre les artistes et le public mais aussi et surtout avec l'ensemble du patrimoine rapologique de France, entre salles de concerts, shops, activistes, promoteurs de live ou labels... Enfin, le mouvement - désormais solidement ancré dans le paysage artistique français - doit pouvoir bénéficier d'un travail de reconnaissance politique et institutionnelle. Il est temps désormais !
* Karim Hammou s'est servi de cette mise au ban pour livrer une longue analyse sur l'hypothétique existence d'un micro-monde social du rap au sein du monde social de la musique. Un article brillant et très bien documenté à lire online ou dans « Comment le monde social du rap amenage-t-il son territoire ? », Sociétés contemporaines 3/2005 (no 59-60), p. 179-197.
Par Théophile Pillault
http://fluctuat.premiere.fr/Musique/News/Le-rap-francais-mal-represente-dans-les-medias-3282954







LE Rap français
Le rap français est un courant musical français qui a vu le jour en France au milieu des années 80 et s'est popularisé dans la décennie suivante avec l'éclosion de groupes de rap comme IAM, Suprême NTM, ou et de rappeurs comme MC Solaar. Tout en restant continuellement inspiré par les rappeurs d'outre-Atlantique, le rap français élabore progressivement sa propre personnalité, oscillant entre revendications sociopolitiques, messages positifs ou festifs et tentation commerciale. Il est généralement admis que le rap fait partie du mouvement culturel plus général dit hip-hop.
L'origine du mot rap provient du verbe anglais « to rap » qui signifie « bavarder sur un fond rythmique » dans l'argot noir américain1.
Il est généralement admis que le rap fait partie du mouvement culturel plus général dit hip-hop qui recouvre la danse (appelée break dance), la peinture (le graffiti) et enfin la chanson (le rap)2. Pour cette raison le rap est parfois dénommé « musique hip-hop3. »
Historique
Années 1980 : l'émergence du rap français dans les médias
L'apparition du rap en France remonte à la diffusion de Rapper's Delight, premier titre rap de renommée mondiale sorti en septembre 1979 par le groupe américain Sugarhill Gang. Cependant, si aux Etat-Unis le rap était avant tout une pratique urbaine qui s'est ensuite diffusée dans les médias, le cheminement a été inverse en France : selon l'universitaire Sébastien Barrio, le rap « s'est d'abord infiltré dans les médias pour ensuite se répandre dans les banlieues et les quartiers défavorisés, bref dans la rue4. »
La diffusion médiatique du rap en France s'appuie d'abord sur Radio Nova, radio pirate créée en 1980 et spécialisé sur les musiques nouvelles et expériementales. Radio Nova consacre ainsi une émission entière sur le rap (« Deenastyle ») animée par celui qui sera reconnu plus tard comme le parrain du rap français, Dee Nasty5.
En 1982 les émissions consacrées au rap se multiplient, et en 1984 la chaîne TF1 diffuse à son tour une émission nommée H.I.P. H.O.P. sur cette nouvelle culture musicale. L'émission, animée par l'animateur Sydney, est cependant arrêtée l'année suivante et le rap est alors considéré comme un phénomène de mode sur le déclin6. Le courant rap est toutefois relancé dès 1987 avec la percée d'artistes comme Assassin, N.T.M. ou encore MC Solaar qui réalisent leurs premières improvisations musicales et verbales en direct (dites « freestyles ») dans l'émission de Dee Nasty7.
Années 1990 : médiatisation et succès du rap français
Le début des années 1990 est riche pour le rap français avec la sortie d'une dizaine d'albums francophones dont les artistes se réclament explicitement du rap. L'artiste le plus connu est alors Mc Solaar, « qui par son style frais et nouveau, basé sur la poésie, contribua à crédibiliser et à populariser le rap en France, aussi bien au niveau du public que des médias8. » Son album Qui sème le vent récolte le tempo commercialisé en 1990 est un succès vendu à plus de 400 000 exemplaires. D'autres artistes connaîtront également un véritable succès (NTM, IAM, Fonky Family) ou accèderont à une notoriété plus relative (Sens Unik, Ministère AMER, Benny B, Little MC, Timide et Sans Complexe, Saliha, Destroy Man, Lionel D, Bouducon Production)9.
La médiatisation du rap se poursuit également avec l'émission « Rap 6 » créée en 1990 et présentée par Olivier Cachin, qui aborde l'actualité rap américaine et française ; l'émission participera à l'émergence de nombreux artistes et restera à l'antenne durant trois ans et demi10.
La profusion d'artistes et d'albums (l'universitaire Karim Hammou recense ainsi pas moins de 450 albums de rap interprétés en français et distribués sur le territoire français de 1990 à 200411) témoigne non seulement de la diversité du rap français, mais aussi d'une appréciation diverse des artistes sur leurs créations respectives. L'universitaire Laurent Béru relate ainsi qu'une scission se crée entre les différents artistes dès leurs premiers succès discographiques des années 1990 entre ceux qui diffusent un discours positif d'espérance, et ceux qui rejettent le « consensus conformiste » et propagent des appels à la révolte (ne serait-ce qu'intellectuelle)12, ces derniers pouvant généralement être rattachés au courant dit « hardcore13 ». Cette distinction persiste encore de nos jours14.
Années 2000 : Nouvelle vague du rap français
Sefyu - Despo Rutti - Seth Gueko - Niro - Shampayne - La Fouine - Nessbeal - Alkpote - Youssoupha - Orelsan - Sexion d'Assaut - Mysa - Narco
Années 2010
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !
[réf. nécessaire]Vers la fin des années 2000 et au début des années 2010, le rap continue à évoluer, se dirigeant vers le rap Hardcore/rap de banlieue et le rap conscient . Dans le premier, on trouve des artistes comme Rohff, Booba, Sefyu, Mac Tyer, Alibi Montana ou encore La Fouine. Dans l'autre, on peut citer des artistes comme Kery James, Medine, Bakar, Keny Arkana ou Youssoupha, qui préfèrent aborder des thèmes politiques, d'amour, ou plus universels comme la misère, les difficultés rencontrées dans la vie.
On peut aussi noter l'émergence de nouveaux rappeurs comme Orelsan, 1995, Guizmo, Joke, Sultan, Kaaris ou Niro.
Les différents styles du rap français
Même s'il est fréquent que les artistes évoluent d'un « genre » à l'autre (en général dans le sens d'un apaisement du propos), voire mélangent les « styles » au sein d'un même album, y dévoilant une certaine richesse et hétérogénéité, dès le début des années 1990 on peut distinguer quelques "constantes" dans le rap français. Toutefois on ne saurait réduire un artiste à ces constantes qui ne sont que des lignes directrices. De nombreux rappeurs ont fait fi de ces schémas et ont tenté d'explorer leur propre chemin.
Rap politique (aussi appelé rap conscient)
Article détaillé : Rap politique.
Chronique de la vie sociale et porteur d'un message tel qu'il soit, cet aspect du mouvement tend à dénoncer ce que ses interprètes perçoivent comme des injustices tout en responsabilisant son public. Se considérant comme des porte-voix des groupes socio-culturels dont ils sont issus, ils s'adressent à tous. Ces artistes abordent des thèmes pouvant être très vastes (oppression, écologie, injustice, racisme, immigration, extrême droite, problèmes d'identité) se rapprochant par là de la devise aux sources du Hip-Hop : Peace, Love, Unity and Having Fun. Les rappeurs de ce style sont Assassin et un de ses rappeurs : TyranTyran (Area 51) rappeur clermont-ferrand, Rockin' Squat, Kabal, Alien K., Medine, Empathik, NTM, V-laskes,Youssoupha Kery James, Fabe, Matt Moerdock, Sniper … Il ne faut pas sous-estimer l'importance de certains rappeurs dans l'évolution de la société française au sujet de certains sujets sensibles. Pendant les émeutes de banlieue en 2005, Axiom écrit (après Boris Vian et Renaud) "Ma lettre au Président" dont l'accompagnement est samplé sur La Marseillaise. Il s'en prend alors à Sarkozy et la classe dirigeante en général et reprend un thème : l'appel à une 6e République. Les réactions ne tardent pas : en trois semaines, il reçoit des lettres venues du monde entier et finalement, une réponse du président de l'époque Jacques Chirac. Il est alors considéré comme un porte-parole des quartiers populaires, considération qu'il refuse.
Les rappeurs comme Despo Rutti ou Mac Tyer abordent aussi des tabous, comme le passé esclavagiste et/ou colonisateur de la France.
Les rappeurs "conscients" se voient avant tout comme des journalistes des banlieues, estimant que les médias donnent un aperçu très partiel de leurs quartiers. Déjà, IAM dénonçait dans "Petit Frère" :
Les journalistes font des modes, la violence à l'école existait déjà / De mon temps, les rackets, les bastons, les dégâts/ Les coups de batte dans les pare-brises des tires des instituteurs/ Embrouilles à coups de cutter/ Mais à en parler au journal tous les soirs ça devient banal/ Ça s'imprime dans la rétine comme situation normale…
Le rap conscient essaie de rétablir une vérité loin des clichés sur les banlieues, essayant ainsi de redonner des repères universels aux jeunes en général et aux jeunes des quartiers sensibles en particulier. Alors qu'il tournait en rond au cours des années 1990, Lunatic révolutionna le genre en apportant une touche consciente au rap de rue principalement avec l'album Mauvais Œil chose déjà amorcée au milieu des années 1990 avec l'explosion d'Ideal J dont faisait partie Kery James.
Plus récemment, l'émergence d'artistes comme Keny Arkana ou Medine a redoré le blason d'un style dont la finalité s'est quelque peu perdue à l'avantage d'un style plus egotrip et un peu moins porteur d'espoir.
Rap hardcore
Plus cru au niveau des textes qui évoquent le vécu des artistes ou le rejet des valeurs établies, le rap hardcore est assez peu présent dans les grandes maisons de disques et se développe plutôt dans des studios indépendants permettant d'éviter le formatage du circuit des maisons de disques. Très critique et revendicatif, il rejette le système social et économique avec parfois des propos violents et explicites.
Particulièrement agressif vis-à-vis de la police et de certaines institutions, le rap hardcore a connu une évolution. Alors qu'il ne se ressentait que dans le fond et dans le flow au départ avec des artistes comme Ministère A.M.E.R. ou NTM , il a connu une évolution avec l'arrivée de groupes comme La Cliqua, Lunatic, Ärsenik, 113, Ideal J, Mafia k'1 fry etc.
En France le rap hardcore prend de l'ampleur avec le groupe Suprême NTM dans les années 1980. Certains[Qui ?] affirment que JoeyStarr et Kool Shen furent les premiers à chanter du rap hardcore.[réf. nécessaire]
Les origines du rap hardcore viennent du rap East Coast à la fin des années 1980 à Philadelphie. Les premiers artistes furent Schoolly D ainsi que des rappeurs originaires de New York tels que Public Enemy ou Boogie Down Production. Ce sont les premiers[réf. nécessaire] à parler de la pauvreté de l'abus d'alcool, de la drogue, des violences de rue, des guerres de gangs et des crimes dans leurs textes en leur attribuant un message politique et revendicatif.
Au début des années 1990 ce genre de rap gagna en célébrité avec l'arrivée de rappeurs tels que Ice Cube, Ice T, Cypress Hill. Le rap hardcore devient ainsi synonyme du rap West Coast. Néanmoins des groupes originaires de New York tels que Wu-Tang Clan, Mobb Deep, Onyx, Nas ou encore M.O.P. réinventent une nouvelle fois le rap hardcore. Ce rap se caractérise par des battements minimalistes[réf. nécessaire], des samples de jazz ou de soul.
Durant les années 1990 et au début des années 2000, le rap hardcore connu une variante plus commerciale avec des artistes tels DMX, Tupac, Notorious B.I.G ainsi que Big Punisher.
Notons toutefois que le rap hardcore connait un véritable succès en 1995 avec " Le Crime Paie " de Lunatic (groupe), une très grosse réussite non attendu par ce premier groupe de rap hardcore en France.
La plupart critiquent le système, la police ou la justice, et revendiquent le fait que la société est nuisible, voir hostile, ce qui peut expliquer la promotion difficile de leurs albums. En effet, les labels acceptant de les "signer"[Pourquoi ?] (par ex : Neochrome, Karismatik ou encore Because) sont pour la plupart indépendants et ont des moyens moins importants que les majors.
Rap poétique ou rap jazz
Le sample est à l'honneur au début des années 1990 et les groupes de rap n'hésitent pas à emprunter des échantillons musicaux pour agrémenter leur propre musique. On redécouvre par ce biais de vieux classiques de Soul Music, de Funk, de Jazz.
MC Solaar semble le précurseur de ce genre de rap et connait un énorme succès dans les années 1990. le texte prend une très grande importance et les rappeurs hexagonaux veulent rivaliser avec la créativité de groupes américains tels GangStarr, De La Soul, A Tribe Called Quest. Jimmy Jay, le DJ de MC Solaar lancera bon nombre d'artistes dans une compilation nommée Les Cool Sessions. Des groupes comme IAM ou NTM ont également écrit de nombreux morceaux qui pourraient rentrer dans cette catégorie.
Cette compilation révèlera de nombreux talents avec entre autres Ménélik (Bye bye, Je me souviens, Ma cité va Ké-kra), MC Janik (L'homme qui tient le Mic), SLEO (Je lance les dés), Démocrates D (Le crime), Les Sages Poètes de la Rue dont Zoxea est membre, Lucien qui a notamment rappé avec Q-Tip du groupe A Tribe Called Quest
À l'instar de Common ou de Mos Def aux États-Unis, en France le flambeau du rap poétique est repris par Rocé, et Oxmo Puccino.
La décennie du rap poétique (1990 - 2000) est considérée par beaucoup comme l'âge d'or du Rap français car elle a représenté l'alliance de la sonorité et du rythme ambient.
Rap « egotrip »
Le terme egotrip provient du magazine hip-hop Ego trip, créé en 1994. Surnommé "the arrogant voice of musical truth", soit "l'arrogante voix de la vérité musicale", le titre du magazine a donné par la suite naissance au type de rap du même nom.
Dans ce type de textes, le rappeur cherche à s'autoproclamer de la manière la plus flamboyante possible comme l'unique prodige du rap, son leader incontestable. Il crée le côté clash du rap français (le fait de s'affronter à coup de paroles percutantes derrière un micro). Les adeptes de ce style sont nombreux car il permet d'écrire des rimes libres sans se soucier d'avoir un thème à structurer en discours. L'egotrip est construit sur l'accumulation de punchlines (phrases-choc), dont le but est de marquer l'esprit et d'emporter l'adhésion de l'auditeur.
Les rappeurs connus dans ce style sont Rohff, Booba, 113, Arsenik, Seth Gueko, L'Skadrille, Dany Dan, Ol' Kainry, Orelsan, 1995, La Fouine.[réf. souhaitée]
On notera que la majorité des rappeurs a plus ou moins eu recours à l'egotrip au cours de sa carrière[réf. souhaitée], pour s'affirmer au sein d'une discipline où la compétition "virile" reste une donnée de base.
Rap gangsta (surnommé rap bling bling)
« Bling-bling », un idéophone du bruit qui est produit par les longues chaînes en or qu'ont ces rappeurs, quant à elle, désigne un type de rap faisant, de manière plus ou moins volontaire et explicite, l'apologie de valeurs telles que l'individualisme, la consommation ostentatoire, l'argent et du machisme. Sa sonorité renvoie au gangsta rap (en Français rap de gangster) de la côte ouest des États-Unis et au rap Dirty South.
Généralement, ses protagonistes se défendent en disant que les valeurs qu'ils prônent sont celles que les jeunes des quartiers populaires n'ont pas d'autre choix d'adopter, étant donné les conditions de vie qui leur sont faites. En 2006 en France le rappeur Booba peut être considéré comme l'archétype d'un tel rap.
À ne pas confondre : les variantes du rap, tel que le Dirty ou le Crunk ne contenant pas forcément des paroles bling-bling.
Rap indépendant
Cette section doit être recyclée. Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. Discutez des points à améliorer en page de discussion.
Le rap indépendant est un style de rap méconnu du très grand public : celui-ci a toujours existé, mais l'arbre du rap commercial cache la forêt d'artistes indépendants. Les artistes indépendants se revendiquent comme des rappeurs-autoproducteurs : tout est financé de A à Z par l'artiste lui-même et la commercialisation se fait généralement sur les marchés et/ou à la sauvette, notamment au nord de Paris, à la Porte de Clignancourt. Le rap indépendant est symbolisé par des dizaines, et même des centaines de rappeurs divers et variés, qui revendiquent leur auto-production, leur indépendance vis-à-vis des structures du disque et des radios. Ce rap peut être très souvent revendicateur mais pas seulement ; il peut être également aux antipodes du rap commercial.
Rap commercial
Comme la quasi totalité des courants musicaux en vogue, la musique pop et la variété se sont appropriées certaines de ses caractéristiques rythmiques et thématiques.
De nombreux artistes originaires d'univers musicaux et de styles variés, interprètent donc une musique qui conserve certains aspects du rap, pour enrichir leur musique et créer quelque chose de nouveau.
À l'inverse, certains artistes de rap ont eux aussi puisé chez leurs collègues de la variété pour renouveler le style et aussi pour s'adapter à un public plus large avec des sonorités « moins agressives » car ancrées dans une histoire musicale commune. Ceci permet de rencontrer plus aisément un succès de grande ampleur, à ce titre, Doc Gynéco est l'exemple type, il a rencontré un énorme succès avec son album Première consultation et revendiquait ce statut de chanteur de variété notamment dans sa chanson « Classez moi dans la variet' ».
Cependant, presque aucun artiste ne se revendique de cette tendance, le vocable « rap commercial » correspondant principalement à une volonté de la part des artistes indépendants et de leur public de dénoncer ce qu'ils considèrent être un dévoiement de l'esprit initial du rap pour répondre à des objectifs mercantiles. Ils stigmatisent en particulier une démarche marketing fondée sur l'usage d'un vocabulaire caricatural, de thèmes « cliché » sur la banlieue, d'une musique plus abordable présentant souvent un aspect mélodique plus marqué et d'une durée optimisée pour les passages radio (se rapprochant autant que possible de 3m30s). Le milieu rap souffre donc de schizophrénie, vendre plus d'albums au risque de devenir commercial ou restreindre son public en performant dans les MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture).
Sans se revendiquer comme tels, des artistes comme La Fouine,Diam's, Ménélik, Alliance Ethnik, Mellowman, Réciprok, Sexion d'assaut, Booba sont considérés par beaucoup d'auditeurs rap comme des "rappeurs variété". En effet, leurs morceaux sont parfois formatés pour passer sur les ondes, mais aussi pour plaire à un maximum de public.
Rap alternatif
À la fin des années 1990, parallèlement à l'apparition du format « rap et R'n'B » de la radio Skyrock, plusieurs rappeurs font preuve d'originalité, avec de nouvelles sonorités, mélangeant les styles de musique, inventant de nouveaux concepts et de nouvelles façons de rapper.
Les précurseurs sont Les X Men (Time Bomb), Oxmo Puccino, Triptik, Lone et Busta Flex ainsi que Zoxea (Sages Poètes de la Rue). Matt Moerdock, Hocus Pocus ou encore Sly the Mic Buddah, Explicit Samouraï et Sir Samuel forment au même moment le collectif Saïan Supa Crew, dont certains refuseront de coller l'étiquette de rap, malgré les performances des MC qu'ils resteront jusqu'à aujourd'hui, à cause de leur ouverture sur tous les styles de musique : soul, funk, bossa, zouk, reggae, ragga, jazz, rock. Les rappeurs de La Caution mélangent quant à eux leur flow particulier à de la musique à tendance plutôt électronique, tout en gardant un véritable esprit rap [réf. nécessaire].
Ainsi on peut présenter le rap alternatif comme un rap ouvert sur le reste de la musique, touchant ainsi un large public d'une manière différente des groupes radiophoniques, préférant l'esprit underground de la scène musicale française.
Aujourd'hui, le rap alternatif est représenté aussi bien par des MC aux textes obscurs : L'Atelier, travaillé comme MC Patarovic, une nouvelle tendance étant le retour à l'utilisation d'instruments pendant les concerts.
Les groupes représentant ce mouvement sont Eko Lsa, TTC, La Caution, L'Armée des 12, Klub des Loosers, L'Atelier, Svinkels, MAP, James Delleck, Grems Aka Supermicro, Le Jouage, DSL, Charly Greane, ATK, Gravité Zéro, Rocé, Octobre rouge, Cyanure, Donkishot, FRER 200, Scred Connexion, 1995, Les Gourmets.
Rap féminin
Les premières femmes à avoir eu du succès en France sont sans doute B-Side (Odéon) au milieu des années 1980 et Melaaz, cinq ans plus tard (Non, non, non, Je marche en solitaire). Mais elles sont aux limites du rap et de la chanson et ne jouissent pas d'une reconnaissance totale dans le mouvement hip-hop à la différence de Saliha qui apparait sur la première compilation de rap français Rap'attitude.
Dans le milieu des années 1990 des rappeuses comme B-love (sur Rap'attitude 2), Sté Strausz et Princess Aniès apparurent.
Une étape importante est certainement la réussite commerciale de Diam's, artiste qui semble avoir su s'adapter aux contraintes commerciales pour toucher un large public avec un album vendu à plus de 800 000 exemplaires.
Liste non exhaustive de femmes ayant connu la notoriété dans le rap : Casey, Lady Laistee, Diam's, Sté Strausz, Princess Aniès, Keny Arkana, Black Barby, Messia Louva

Sur le plan thématique, elles ne se différencient généralement pas des groupes masculins (ou mixtes) cependant leur émergence permet l'apparition de nouveaux sujets tels que le viol, l'homosexualité, la place des femmes dans les banlieues ou la violence conjugale.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap_fran%C3%A7ais







LE RAP WEST COAST

Le rap West Coast ou hip-hop californien est un style de musique hip-hop originaire de Californie dans les années 1980. West Coast signifie côte ouest : celle des États-Unis. Directement importée dans le monde hip hop français, la dénomination est restée américaine : on parle de la "West Coast" plutôt que de la "Côte Ouest des États-Unis".
Le hip hop West Coast s'est développé en différents genres de hip hop et a été à l'origine de la création de beaucoup de centres artistiques, la plupart au sein de la communauté noire de Californie. Ice-T et spécialement N.W.A., avec leur album sulfureux (qui leur valut des problèmes avec le FBI), sont considérés comme les pionniers de ce nouveau genre musical. Ce groupe domina la scène musicale rap jusqu'au milieu des années 1990, notamment grâce à la popularité de G-Funk. La sortie de l'album de Dr. Dre The Chronic a poussé ce nouveau style à son apogée.
Le hip hop West Coast est surtout présent au centre de Los Angeles, mais aussi dans d'autres villes comme San Francisco, San Diego, Sacramento, Portland et Seattle.
Origines et début du succès (1980 - 1992)
Après son invention à New York, la musique hip hop se retrouve assez rapidement de l'autre côté des États-Unis, en Californie, où l'importante communauté noire l'adopte et l'utilise lors de fêtes ou dans des clubs. Cependant, la scène hip hop de Californie n'apparut que durant les années 1980, lorsque le hip hop lui-même fut révélé à un plus large public à travers le pays.
L'essor du hip hop West Coast fut rapide et les ventes d'album explosèrent, comme celles du rappeur "hardcore" Too $hort, qui commença à rapper au début de l'année 1983 et sortit 3 albums underground avant de signer chez un important label en 1987, où il sortit l'album Born to Mack qui devint disque d'or. Too $hort réalisa deux autres albums avant 1991, qui furent respectivement disque de platine et double disque de platine.
À Los Angeles durant cette période, des artistes comme Ice-T, Capitan Rapp, King Tee, Toddy Tee, et Mix Master Spade, C.I.A. prirent de l'importance. D'autre part, World Class Wreckin' Cru, DJ Unknown, Egyptian Lover et Arabian Prince créaient un nouveau dérivé du hip hop West Coast : l'Electro hop, plus simplement appelé electro, essentiellement un hybride de dance music et de rap - suivant l'influence d'Afrika Bambaataa qui avait initialement créé le hip hop en mixant du reggae, de la funk et de la techno allemande. L'electro hop était moins imprégné de funk mais avait plus de son assez sourd comme les basses.
Cependant, les aficionados du hip hop n'acceptèrent jamais réellement l'electro hop et ce style disparu au cours des années 1990.

Le mouvement "Gangsta rap", aussi originaire de Californie, s'annonça dans les années 80 par opposition à l'Electro hop et à d'autres formes plus "politiquement correctes" du hip hop.
L'album d'Ice-T 6 In The Morning (paru en 1986) sortit de la Californie pour trouver un écho national, et en 1987 il enregistra Rhyme Pays qui fut considéré comme la base du style et l'un des premiers albums entièrement Gangsta Rap. Il fut, par la suite, disque d'or aux États-Unis. L'album N.W.A. and the Posse de N.W.A. sortit peu de temps après. Ce CD est le résultat de différents artistes vaguement liés qui se regrouperont sous le nom de "N.W.A." ("Niggaz With Attitude", traduisible par "Nègres qui ont de l'attitude").
Bien qu'il n'est pas prouvé qu'il rendit le groupe plus populaire ou qu'il ait eu une influence majeure sur le hip hop, il permit du moins au N.W.A de sortir l'album suivant qui, quant à lui, popularisa le Gangsta rap auprès d'un nouveau public. Environ un an après la sortie de ce nouvel album, le groupe s'agrandit en intégrant Eazy-E, Ice Cube, Dr. Dre, DJ Yella, et MC Ren, tout en recevant les contributions régulières des membres non-officiels The D.O.C. et Arabian Prince.
En 1988, N.W.A. sortit une de ses meilleures réussites Straight Outta Compton, qui propulsa la Côte Ouest dans le monde du hip hop. Les sons enregistrés étaient influencés par le hardcore, style de musique heavy metal, par la soul des années 70 et pas le p-funk. Straight Outta Compton unifia ces sons avec des beats minimalistes et du blunt, paroles dures et sombres faisant référence à la violence (et même en en faisant souvent la promotion), à l'hédonisme et à la vie criminelle. C'est par cette voie que chacun des membres entrèrent dans l'histoire du hip hop. En 1988, peu après la sortie de Straight Outta Compton, Eazy-E produisit son premier album intitulé Eazy-Duz-It, dont la plupart des productions furent faites par Dr. Dre.
En 1989 The D.O.C., membre non-officiel du groupe et natif du Texas, sortit son premier album solo intitulé No One Can Do It Better, acclamée par les critiques (dont 5 micros au classement du magazine musical The Source) et qui se vendit à plus d'un million d'exemplaires. Quand Ice Cube quitta le groupe en 1989, il réalisa deux albums AmeriKKKa's Most Wanted et Death Certificate, respectivement en 1990 et 1991, qui furent chaudement accueillis par la critique. Ses paroles et son flow lui permirent de glaner deux disques de platine et d'obtenir les places les plus élevés dans le classement du magazine The Source.
Les membres restants de N.W.A. sortirent un nouvel album Efil4zaggin, encore un peu plus teinté de violence et de rap criminel, qui devint de plus en plus associé au hip hop. Mais cet album devint quand même le premier album de gangsta rap à atteindre la première place du classement Billboard 200. Après cela, le groupe se dispersa et Dr. Dre quitta le label pour signer chez Death Row Records.

Deux autres groupes de la Côte Ouest émergèrent durant cette période : Digital Underground et Compton's Most Wanted. Bien qu'aucun des deux ne devint aussi populaire et controversé que N.W.A., ils permirent d'affirmer le rap West Coast sur la scène musicale. Cependant, comme avec N.W.A, certains des membres de ces groupes se tournèrent vers une forme de rap plus modérée (comme MC Eiht de Compton's Most Wanted) et réussirent parfois leur carrière solo (comme 2Pac de Digital Underground), tout en continuant ainsi à promouvoir le rap West Coast. Durant la courte carrière de 2Pac, ce dernier traitait souvent des questions sociales et politiques, comme dans l'album 2Pacalypse Now et Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z. et ce, bien avant que son style s'oriente vers le rap gangsta du milieu des années 90.
Le rap latino débuta aussi durant cette même période. Bien qu'il fût initialement présent à New York, certains artistes de la Côte Ouest comme Kid Frost et Mellow Man Ace furent les pionniers de ce sous-genre musical. Peu populaires à leurs débuts, ces artistes ouvrirent la voie aux plus importants groupes et artistes de rap latino comme South Gate ou Cypress Hill.
Autres contributions
Le hip hop West Coast reçut dès ses débuts différents apports de groupes de San Francisco, et d'Oakland en particulier. Too $hort fut l'un de ceux-là, et MC Hammer fut l'un des premières grandes stars nationales du "pop-rap". Ces deux artistes commencèrent dans les rues d'Oakland, et les chemins que prirent leur carrières respectives sont représentatives de la division qui règne dans le hip hop, entre de multiples sous-genres développés depuis les vingt dernières années. Cependant, les différents niveaux de réussite dans le milieu n'ont jamais entamé l'attrait de cette musique populaire.
Seattle, bien qu'initialement connu comme la patrie du grunge, possède aussi une scène musicale hip hop très active, incluant notamment le rappeur Sir Mix-a-Lot.
L'âge d'or du hip hop West Coast (1992 - 1996)
Avec le succès national de N.W.A., la Côte Ouest des États-Unis définis enfin le style de hip hop qui lui était propre. Dans le milieu du rap Gangsta, la scène de la Côte Ouest pouvait enfin rivaliser avec des groupes de la Côte Est comme Public Enemy, KRS-One et bien d'autres. Bien que N.W.A. se soit divisé, il resta toujours des membres pour construire, populariser et révolutionner les bases même du groupe et de leur musique.
Trois des principaux membres du groupe Ice Cube, Eazy-E et Dr. Dre, lancèrent successivement des carrières solo après la dissolution du groupe. Chacun développa son propre style : Ice Cube était plus militant, haineux, racialement revendicatif et abordant la politique que, par exemple, Eazy-E qui lui développa un style moins violent, mélangeant le rap Gangsta ainsi que le G-Funk.
G-funk
Article détaillé : Gangsta Funk.
Le style d'Above The Law, créé avec Dr Dre fut nommé G-funk ou "Gangsta Funk" (ou encore, parfois, "ghetto funk", est un style plus lent et mélodique, alliant les basses, des flûtes et des samples de P-funk. Le genre fut rapidement caractérisé par des sujets généralement proches de l'hédonisme, incluant la violence, le sexe, l'usage de drogues. Le premier album de Dr. Dre, The Chronic réalisé en 1992, est largement considéré comme le premier travail sérieux sur ce nouveau genre et la référence musicale pour un certain nombre d'artistes comme Snoop Doggy Dogg, Dat Nigga Daz, Kurupt, Nate Dogg et Warren G. Dr. Dre continua à affiner son travail sur ce nouveau genre musical dans le premier album de Snoop Dog Doggystyle, qui lança la carrière de ce dernier. En outre, la réussite de cet album fit du label Death Row une figure incontournable du rap Gangsta et du G-funk, qui devenu par la suite l'un des genre de rap West Coast les plus importants des années qui suivirent.
Après la sortie de The Chronic, un certain nombre de producteur de la Côte Ouest, et même certains de la Côte Est, commencèrent à produire des albums de G-Funk ou du moins dans un style similaire. Les producteurs Warren G et DJ Quik produisirent leurs meilleurs œuvres avec le G-Funk.
East Coast contre West Coast
Article détaillé : Rivalité East Coast/West Coast.
Alors que les premiers accros entre les deux extrémités des États-Unis remontent à N.W.A., cette guerre prit un aspect plus personnel en la confrontation de deux des plus prodigieux rappeurs américain Tupac Shakur et The Notorious B.I.G.. Alors qu'il travaillait sur son troisième album Me Against the World en 1994, Tupac Shakur se fit tirer dessus dans un studio de New York où Notorious B.I.G. et Puff Daddy avaient l'habitude de travailler. Alors qu'il était en prison pour harcelement sexuel, Tupac accusa Notorious BIG, Puff Daddy, et un certain nombre d'autres personnes, d'avoir eu connaissance de la fusillade bien avant le drame. Les accusations mutuelles dégénérèrent alors en une guerre d'une rare violence entre la Côte Ouest et la Côte Est des États-Unis, représentée respectivement par les labels de musique Death Row Records (appartenant à Suge Knight) et Bad Boy Records (appartenant à Puff Daddy).
La tension entre Death Row et Bad Boy se développa au fur et à mesure des insultes et des accusations. La rivalité prit fin lorsque Tupac fût mortellement blessé lors d'une fusillade à Las Vegas en 1996. De fortes accusations de la part des gangs de la Côte Ouest pesant sur la responsabilité directe ou indirecte de Notorious B.I.G. amenèrent ce dernier à mourir lui aussi dans une fusillade à Los Angeles six mois plus tard.
Développement underground
À la fin des années 1990, la scène hip hop West Coast Underground commença à se développer sérieusement, faisant émerger des artistes désirant s'affranchir de plus en plus de certains aspects négatifs du rap gangsta. Des artistes comme Terry Choe a.k.a Teezy, Blackalicious, Zion I, The Pharcyde, Aceyalone, Hieroglyphics, Jurassic 5, The Coup, Ozomatli, Spearhead, Del tha Funkee Homosapien, Souls of Mischief, Planet Asia, et d'autres s'identifiant comme des artistes, obtinrent une certaine reconnaissance sans pour autant avoir signé chez de grands labels de musique. D'autres comme Dilated Peoples et The Black Eyed Peas bien qu'ils avaient signé chez des majors, ne réussirent pas à percer significativement par manque de promotion et parce qu'ils étaient restés "trop" underground dans leur style musical. Toutefois, The Black Eyed Peas trouvèrent le succès plus tard dans les années 2000, après la sortie de leur album Elephunk qui était d'un style plus commercial.
Le déclin du rap Gangsta
Malgré l'émergence du mouvement underground comme facteur majeur de la fin de ce siècle, le rap gangsta resta le genre dominant du hip hop West Coast, bien que le son et le style de cette musique ait commencé à changer depuis l'ére du G-funk. Snoop Dogg, Ice Cube et Dr. Dre continuèrent d'être des acteurs majeurs sur la scène nationale, mais d'autres artistes depuis les années 90 et des artistes gangsta "locaux" continuèrent à lutter pour la reconnaissance, ayant profité de succès moins commerciaux que leurs homologues de la East Coast et du Sud. Alors que la West Coast possède encore une certaine présence sur la scène, comme avec le second album de Dr. Dre 2001, l'arrivée de Xzibit sur la scène rap ou encore le travail de Snoop Dogg avec Tha Eastsidaz, beaucoup d'artistes comme Warren G, Kurupt, WC, Mack 10, DJ Quik, ou encore Daz continuent à perdre rapidement de la reconnaissance parmi les fans de musique. Quelques puristes continuent toutefois à exploiter les samples funk inhérents au mouvement G-Funk/West Coast Rap, tels OG Daddy V, Big Prodeje du South Central Cartel ou Bad Azz. Contrairement aux USA, en Europe, le mouvement G-Funk continue à se développer après les années 2000. On trouve ainsi des pionners européens tels que Aelpeacha, J'L'Tismé, Tout simplement noir, Flendo ou Pass Pass.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap_West_Coast







LE RAP

Le rap est une forme d'expression vocale sur fond musical appartenant au mouvement culturel hip-hop, apparue au milieu des années 1980 dans les ghettos aux États-Unis. Le rap consiste le plus souvent à égrener des couplets rimés séparés par des refrains, accompagnés de rythmes (beat, scratching, échantillonnage). Ayant été influencé par d'autres genres musicaux (reggae, blues, jazz, etc.), le rap a acquis une popularité de plus en plus grande au fil des années 1980.
Aux premières heures, les MC's, (master of ceremony ou microphone controller) servaient juste à soutenir les DJ, et les parties rappées étaient simplement appelées MC-ing (emceeing).
Le mot rap est composé de trois lettres R A P qui réfèrent à rythm and poetry (rythme et poésie en anglais). Mais le mot rap vient aussi du verbe anglais to rap, qui signifie parler, baratiner, tchatcher. Le mot rap serait aussi le sigle de rage against the police.
Les thèmes
Le rap a débuté aux États-Unis à la fin des années 1930. Le rap comme le reste de la culture hip-hop cumule un aspect triste, hédoniste et un aspect contestataire. Les thèmes abordés varient selon les genres et ont évolué selon les époques. Comme la soul et le funk dont ils s'inspirent, les textes traitent des sujets communs à toute la musique populaire occidentale, c'est-à-dire la vie quotidienne, l'amour ou le sexe.
La première chanson de ce genre à être exposé à un large public est Rapper's Delight écrite et interprétée par Sugarhill Gang en 1979.

En 1982, c'est le morceau The Message de Grandmaster Flash qui confirme l'importance croissante du rap et de ses thèmes dans le paysage musical. Ses textes, parfois très virulents contre les symboles du pouvoir, la police ou la justice, ont stigmatisé le rap pour une partie de la population. Pour David O'Neill, le succès de The Message a favorisé en France une conception très politisée du rap contrairement à des racines américaines plus hédonistes1. Les critiques violentes sont en fait assez minoritaires et l'aspect contestataire se limite le plus souvent à une dénonciation qui passe par les descriptions des problèmes sociaux tels que l'homophobie, le racisme, la pauvreté, le chômage, l'exclusion.
Les thématiques récurrentes, notamment dans le gangsta rap, se retrouvent autour des produits de consommation et des symboles du pouvoir, ainsi que des femmes, des voitures de luxe ou des armes à feu. Les rappeurs jouent sur ces fantasmes et se construisent des personnages en général sans lien avec leur vraie personnalité et leur quotidien réel. Des critiques ont été faites contre ces textes qualifiés de sexistes2, matérialistes ou prônant la violence, par des hommes politiques et par une partie du milieu rap.
Les religions sont également présentes comme les autres positions philosophiques possibles (le plus souvent les trois monothéismes abrahamiques dans le rap américain ou français (ainsi que le déisme, parfois l'animisme et les kamites ou l'influence de l'islam dans la zulu nation, voire dans de rares cas l'agnosticisme, l'athéisme3).
Structure rythmique

Cet article ou cette section peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées.
Vous pouvez aider en ajoutant des références. Voir la page de discussion pour plus de détails.
Les rythmes de la musique du rap comme les paroles sont souvent des rythmes 4/4 ou 2/2 avec des temps fortement scandés par une alternance de grosse caisse et de caisse claire. Généralement, le tempo avoisine les 90-105 pulsations par minute. Le caractère syncopé marqué rappelant celui de certaines formes de funk, dont le rap des premiers temps était d'ailleurs fortement inspiré.
Ce style a été amené de manière prédominante par les musiques soul et funk, lesquelles répétaient tout au long des morceaux leurs rythmes et leurs thèmes musicaux. Dans les années 1960 et 70, James Brown jette certaines bases sur lesquelles sera fondée une partie du rap : une musique rythmée (ses enregistrements sont encore aujourd'hui une source de samples inépuisable pour les DJ), un style de chant saccadé, parfois parlé ou crié et des textes véhiculant une forte identité et des revendications sociales ou politiques. C'était le parfait tremplin pour pousser les MC à écrire leurs rimes. C'est d'ailleurs toujours ce qui attire le plus dans le rap : l'emphase mise sur les paroles et la prouesse de leurs élocutions.
Dans le rap (instrumental), les DJ (ou disc jockeys) et les producteurs sont libres d'expérimenter avec la création de morceaux instrumentaux. Les producteurs peuvent prendre des sources sonores assez « diverses » (comportant des voix, etc.)
Instrumentation et production
L'instrumentation rap découle de la musique funk, disco et R&B, à la fois sur le plan de l'équipement sonore et des albums échantillonnés. Alors que le mixage réalisé par les DJ disco et de clubs avait pour but de produire une musique continuelle avec des transitions discrètes entre les morceaux, celui réalisé par Kool DJ Herc a lui donné naissance à une pratique visant à isoler et à étendre les seuls breaks en les mélangeant entre eux avec deux copies du même morceau. À l'origine, les breaks (ou breakbeats) étaient les transitions à l'intérieur d'un morceau, composées surtout de percussions. C'est ce qu'Afrika Bambaataa décrivit comme « la partie du disque qu'attend tout le monde… où ils se laissent aller et font les fous » (Top, 1991). James Brown, Bob James et Parliament - parmi d'autres - ont longtemps été des sources populaires pour les breaks. Sur cette base rythmique, on pouvait ajouter des parties instrumentales provenant d'autres albums (et beaucoup l'ont fait). L'instrumentation des premiers samples utilisés est la même que celle de la musique funk, disco ou rock : voix, guitare, basse, clavier, batterie et percussions.
Alors que l'originalité de la musique rap provenait principalement des breaks des albums du DJ, l'arrivée de la boite à rythmes (appelée en anglais beat box ou drum machine) a permis aux musiciens du rap d'intégrer des fragments originaux à leur musique. Les sons de la boîte à rythme étaient joués soit par-dessus la musique produite par le DJ, soit seule. La qualité des séquences rythmiques est progressivement devenue centrale pour les musiciens de rap, car ces rythmes étaient la part la plus dansante de leur musique. En conséquence, les boites à rythme ont rapidement été équipées pour produire des kicks (sons de grosse caisse) avec une basse puissante et sinusoïdale en arrière-plan. Cela a permis d'émuler les solos de batterie de vieux albums de funk, de soul et de rock datant des années 1960 et 1970. Les boites à rythme avaient de plus un stock limité de sons prédéterminés incluant des cymbales, des grosses caisses, des caisses claires et des toms.
L'introduction des échantillonneurs (ou sampleurs) a changé la manière dont le rap était produit. Un échantillonneur permet d'enregistrer et de stocker numériquement des petits passages sonores provenant de n'importe quel appareil disposant d'une sortie électrique, comme une platine-disque. Les producteurs ont donc pu échantillonner les sons de batterie des albums de leur jeunesse. Plus important encore, ils ont pu sampler des sons de cuivre, de basse, de guitare et de piano à ajouter à leurs rythmes. Et le rap avait finalement son orchestration au grand complet.
Le caractère dur et énergique des sonorités de la musique rap, souvent assez éloigné du son plus organique des autres genres musicaux, constitue un obstacle à la reconnaissance du genre en tant que forme artistique à part entière. Même les groupes de rap ayant un orchestre utilisent souvent les samples et le son des machines pour créer leurs rythmes en studio (lors de concerts, ils les recréent habituellement avec un orchestre). Le rap est l'objet d'une méprise répandue selon laquelle les samples et les boites à rythme sont des techniques pour musiciens paresseux ou encore qu'ils ne sont qu'une pâle compensation pour un « véritable » orchestre (cette considération étant d'ailleurs courante pour toute musique faisant usage de ces techniques). Dans les faits, les producteurs de rap sont souvent à la recherche d'un timbre, d'une texture et d'une fréquence précis pour leur sample et leur séquence rythmique. Un batteur jouant en direct le break de Funky Drummer de James Brown ne peut se substituer à son sample. Toutefois, on peut noter ces dernières années une tendance de retour vers les instruments originaux avec des musiciens et producteurs tels que Timbaland, Outkast, The Roots et The Neptunes. Aujourd'hui, certains rappeurs utilisent de nouveaux procédés pour enjoliver leur art. La batterie est ancrée depuis bien longtemps dans le rap, le tempo est étrangement similaire à une platine ou encore à un logiciel de percussions. Timbaland a récemment démontré, que la batterie pouvait convenir au rap, grâce à la grosse caisse et autres. Kanye West quant à lui, utilise les percussions pour son rap. Et ainsi, d'autres rappeurs vont suivre ce mouvement, celle de l'association d'instruments à percussions, qui mettent en valeur leurs origines lointaines, venant d'Afrique et autres pays colonisés.
Le flow
Le "flow" est un terme inventé par le rappeur Rakim, et qui signifie la manière dont le rappeur chante. En effet, une même phrase peut être rappée d'un nombre infini de manières. Le flow peut se concentrer sur le rythme, se rapprocher de la parole ou plus rarement d'une mélodie. La mode actuelle en ce qui concerne les flows est de "surprendre" l'oreille de l'auditeur en utilisant des rythmes ternaires, dansants et changeants. Les rappeurs américains utilisent ce genre de procédés pour garder l'attention de l'auditeur même si celui-ci ne comprend pas les paroles, et ce dans le but de se vendre internationalement. Cependant, des artistes, comme Sinik en France (qui y remédiera dans la chanson Adrénaline), possèdent un flow strictement linéaire (lorsque le rappeur place systématiquement le même nombre de syllabes, souvent 4, par pulsation, ce qui est perçu comme étant répétitif et monotone). Le flow dépend aussi de la voix et des intonations du rappeur. Les procédés poétiques classiques tels les allitérations, homéotéleutes, métaphores et assonances sont utilisées massivement. La paronomase est la figure de rhétorique reine du rap. L'argot est souvent utilisé.
Historique
Les origines et les influences
Le rap semble formellement se rapprocher de la culture africaine dont se réclame le mouvement hip-hop. Le chant scandé du MC évoque en effet le griot, poète et musicien qui chronique la vie quotidienne ou est invité à chanter lors des célébrations (par exemple un mariage). De même, le retour à une musique essentiellement basée sur le rythme plus que sur la mélodie ramène aux polyrythmies de percussions africaines.
Une grande partie des premiers DJ et MC est d'origine jamaïquaine. Les sound systems jamaïcains, et la pratique du talk-over, ont donc eu un rôle dans l'apparition du rap dans les ghettos Noirs américains.
La genèse
L'ancêtre le plus proche du rap est le spoken word (mot parlé), apparu au début des années 1970 avec quelques groupes confidentiels dont The Last Poets à New York, The Watts Prophets en Californie, ainsi que Gil Scott Heron4. Il s'agit à cette époque de la déclamation de discours sur des rythmes battus par des tambours africains avec la négritude comme thème de prédilection.
Parallèlement au spoken word et bien que par essence le hip-hop a surtout le funk comme racines, une autre influence possible dans la genèse du rap est l'apparition dès le début des années 1970, du toasting en Jamaïque. Des DJ/animateurs se mettaient à parler-chanter par dessus des mix instrumentaux de hits reggae (souvent placés en face B de ces derniers) à la radio ou dans les sound systems. Ces mix conçus pour les sound systems allaient permettre le développement du dub, tandis que cette façon de chanter-parler par dessus définissait le toasting, ou autre ragga, et du coup les prémices de rap à venir. U Roy est l'un des meilleurs exemples. Le rapprochement avec le rap est évident.
Le hip-hop, lui, est né en 1974 avec DJ Kool Herc, et les premiers raps étaient réalisés par des MC (Maîtres de Cérémonie) qui faisaient des rimes toutes simples pour mettre l'ambiance en soirée.
Le premier morceau de rap proprement dit, King Tim III du groupe Fatback Band, voit le jour en 1979.
En 1979, quelques mois après, le premier tube rap sort en 45 tours, c'est Rapper's Delight du Sugarhill Gang. Les rappeurs y sont accompagnés par un orchestre funk et il ne s'agit que d'une vulgaire caricature de la révolution qui se prépare dans les rues new-yorkaises. On peut noter aussi la parution de Magnificient Seven en 1980 du groupe punk anglais The Clash.
En 1982, The Message de Grandmaster Flash est la révolution annoncée. Il s'agit du premier tube hip-hop, une culture de rue qui était alors composée principalement de danse et de DJ-ing. Il est d'ailleurs curieux que, malgré le fait que ce soit le rappeur Melle Mel qu'on entend sur l'enregistrement, le titre est crédité du nom de Grand Master Flash (le DJ - concepteur sonore). Le rappeur n'avait pas le rôle de premier plan qu'il a aujourd'hui. Les rappeurs américains tel que Run DMC critiquent le racisme des blancs dans leurs chansons, la majorité des auditeurs sont alors des noirs. Les Beastie Boys commencèrent eux aussi à se faire connaître, prouvant et montrant ainsi que la culture hip-hop était bien un mélange de culture et d'influence noir et blanche. Plus tard, Puff Daddy a calqué la musique rap sur les chants doux très en vogue chez les blancs aux États-Unis.
Les années 1980 sont celles de l'explosion du rap avec des groupes politiques comme Public Enemy ou entertainment comme Run-DMC. Dans la lignée du Do It Yourself des punks new-yorkais (le hip-hop fut d'abord surnommé le « punk noir »), les rappeurs rappaient sur des rythmes synthétiques et brutaux, issus de boîte à rythmes bon marché.
Il s'agit d'une véritable musique populaire de rue qui développait ses propres thèmes : d'une part sous l'influence de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa qui voyait dans le hip-hop le moyen d'éloigner les jeunes de la drogue et des gangs et d'émuler leur créativité, d'autre part en tant que témoignage d'une vie difficile (rap "hardcore").
Initialement issu des quartiers défavorisés, le rap à ses débuts est souvent un exutoire au mal-être et aux revendications des jeunes qui les habitent. Les propos violents ou crus sont fréquents, volontiers provocateurs (Fuck tha Police de NWA ou C'est clair de NTM). Le rap est donc accueilli par le grand public plus comme un phénomène social que comme une forme artistique à part entière.
L'âge d'or
Le milieu des années 1980 est désigné[Par qui ?] comme l'âge d'or du rap[réf. nécessaire]. À New York, la guerre des crews (équipes) se termine. Les crews réunissaient des rappeurs (souvent des dizaines) du même quartier, réunis autour d'un producteur charismatique. Le plus célèbre était le Juice Crew de Queensbridge, emmené par le célèbre Marley Marl à qui est attribuée l'invention du sampling (échantillons extraits d'autres morceaux puis inclus dans les boucles). Le Juice Crew a fait de nombreux beefs (luttes) avec les lyricists (paroliers) des autres quartiers. Par exemple, KRS-One, du South Bronx, a défié le Juice Crew par chansons interposées dont le célèbre The Bridge is Over qu'il est venu chanter devant eux dans une salle de Queensbridge.
L'âge d'or, c'est donc l'émergence à New York des duos DJ-MC comme Gang Starr (DJ Premier et Guru), Eric B & Rakim ou Pete Rock & CL Smooth qui continuent l'œuvre de Marley Marl ; et en Californie d'une nouvelle scène Gangsta avec surtout les NWA.
À Los Angeles le groupe de rap NWA est fondé par Dr Dre, Ice Cube, Eazy-E, Mc Ren et Dj Yella en 1986, il sévit jusqu'en 1991 après avoir révolutionné le rap. En effet, alors que le rap new-yorkais produit un rap teinté de soul et de jazz à tendance consciente, les NWA créent le gangsta rap, musicalement très inspiré du p-funk. Il s'agit de raconter leur vécu : les violences policières, les guerres de gangs, et de représenter leur ville Compton.
Leur album straight outta compton est classé comme un monument du hip-hop. Ce groupe permet à la scène rap de la côte ouest d'avoir une visibilité médiatique. Cela est plutôt réussi puisque jusqu'au milieu des années 1990, le rap de Los Angeles domine[réf. nécessaire] l'actualité hip-hop (avec les premiers albums solos de Dr Dre en 1992, de 2pac en 1991, de Snoop Dogg en 1993, Tha Dogg Pound composé de Daz Dillinger et Kurupt en 1995, etc.) pendant toute cette période avec le Gangsta rap et le G-funk (sample de funk de la côte ouest).
Mais le rap de l'est ne baisse pas les bras en sortant des albums de rap pendant cette même période. Se font connaître des artistes issus du Juice Crew comme NAS avec Illmatic en 1994, Mobb deep (The Infamous en 1995), le Wu Tang Clan en 1993 avec Enter the Wu tang 36th Chambers, The Notorious B.I.G. en 1994 avec Ready to die. New York produit un rap bien plus sombre faisant le récit de la dure réalité des rues du Queens, du Bronx et de Brooklyn. C'est Puff Daddy qui révolutionne une nouvelle fois le rap new-yorkais en mettant un peu de fête et en samplant de la funk qui permet à Notorious B.I.G. d'avoir une énorme couverture médiatique et de rivaliser avec les rappeurs de Los Angeles.
Il s'ensuit d'ailleurs une guerre entre l'est et l'ouest des États-Unis due à la rivalité entre 2Pac et Notorious B.I.G.. Celle-ci se termine par la mort prématurée des deux protagonistes, assassinés en 1996 pour le premier et en 1997 pour le second. Cette date marque la fin d'une époque pour le hip-hop old school.
L'évolution du rap de nos jours
S'il est bien issu des populations noires américaines, le rap s'est démocratisé dès le début des années 1990 pour toucher également les populations blanches dont provient une part croissante des créateurs de rap, l'exemple le plus connu étant Eminem. Plus récemment, les pays européens, africains puis asiatiques ont développé leurs propres scènes rap.
Ainsi devenu un courant musical mondial très à la mode, le rap génère d'importants flux d'argent. Des radios spécialisées sont apparues mais privilégient les artistes « grand public » dont la promotion est assurée par les majors et aboutissent à une certaine homogénéité au détriment des artistes indépendants. Certains font remarquer que le rap est depuis le début une musique grand public qui, comme tous les genres, contient en son sein des artistes commerciaux et d'autres plus indépendants et peut-être plus créatifs.
Les évolutions du rap sont nombreuses. On peut parler par exemple de hip-hop instrumental ou abstract hip-hop (Dj shadow, RJD2, Big Dada, DJ Krush), une musique très élaborée qui se base sur la rythmique hip-hop. Le rap s'inspire et se mélange aussi aux autres genres jusqu'à brouiller les frontières : rock et métal avec la fusion et le rapcore, trip-hop avec l'abstract hip-hop, musiques traditionnelles ou encore électroniques.
Jean-Baptiste Vieille, du magazine musical Tsugi, remarque que Kanye West avec 808s and Heartbreak a permis l'émergence du « rappeur vulnérable », qui s'est ainsi substitué à la fin des années 2000 « au modèle viril incarné par 50 Cent »5. Il explique que « là où le rap raconte habituellement des histoires d'ascension, du bas vers le haut, la nouvelle génération fait le chemin inverse » à l'image de Drake qui, à peine décollé, « contemple déjà sa réussite avec lassitude »5.
La différence entre le rap et le hip-hop
Le rap est un mode d'expression alors que le hip-hop est un mouvement culturel et artistique qui regroupe quatre principaux modes d'expression6:
    •    Le rap
    •    Le deejaying dont le beatbox est une sous-branche
    •    La danse
    •    Le graffiti
Ces modes d'expression artistique existaient séparément avant la création du mouvement hip-hop. Réunis dans les années 1970, ils donnèrent naissance à un réel état d'esprit avec ses propres codes : des valeurs, des attitudes, un style vestimentaire et des cultures urbaines.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap













15/01/2013
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres