Alain YVER

Alain YVER

LEK ET SOWAT

LEK ET SOWAT


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Le Mausolée, paradis perdus des graffeurs
Mardi, 31 Juillet 2012


Quelque part dans le nord de Paris il y a un Casino Géant désaffecté de 40 000 mètres carrés. D’abord squatté par des familles immigrées, puis vidé de ses occupants par la police, ce bâtiment avait fini par être muré par la mairie. L’endroit était resté vierge de tout tag jusqu’à ce que deux artistes, Lek et Sowat, découvrent comment s’y introduire subrepticement en août 2010. Ils décident alors d’aller tous les jours sur place pour peindre.
 
Porte de la Villette, Casino Géant, août 2010. Lek et Sowat ne le savent pas encore, mais ils vont y rester plus d’un an, dans ce supermarché. Au fil de leur virée, ils traversent l’hiver, la nuit, rencontrent un gardien, deux flics, mais reviennent toujours, du lundi au vendredi, fidèles à leur nouveau poste dans cet ancien supermarché qui devient un super atelier de travail. Des murs aux plafonds, en passant par les sous-sols non éclairés, ils peignent des fresques hors-normes et jouent avec les espaces pour composer des décors fracassants, au milieu des fantômes des anciennes familles de squatteurs. La diversité du lieu en termes d’espaces et de surfaces leur permet de mélanger les genres : formes géométriques, linéaires, flèches, lettrages modifiés. On sent dans leurs travaux une totale liberté, une impulsion véloce, un appétit rageur de peindre dans un lieu qui offre toutes les conditions dont un graffeur puisse rêver. Et où les peintures sont respectées. L’endroit est si vaste que Lek et Sowat ne sont pas trop de deux, et décident de faire participer d’autres artistes. Dans ce temple du graffiti, ils invitent une quarantaine de Français à participer, sous condition de ne pas vendre la mèche : le spot doit rester secret. La liste des invités est longue : Apotre, Bims, Seth, Monsieur Qui, Swiz, Jayone… Les têtes d’affiche du tag de France.
 
Dès le début, ils savent que l’entreprise sera périlleuse, et qu’elle ne durera pas éternellement. Tout a une fin, et leur dernière étape sera de peindre le toit, car cela veut dire s’exposer au voisinage, et donc s’attirer des ennuis, genre les flics, ou pire : le murage définitif du Mausolée.
 
De fait, une semaine après qu’ils ont peint le haut du supermarché, les autorités condamnent les derniers accès, fermant ainsi définitivement le monument de fresques abstraites réalisées entre les amas de fringues et les objets abandonnés par les squatteurs. Cette œuvre est un double témoignage : celui de la condition des pauvres gens qui ont vécu, organisés, dans un hypermarché hors d’état, et celui du graffiti français. La série de peinture que ces artistes ont réalisée, à deux, quatre ou six mains, dans une orchestration et une réalisation titanesques, est désormais mise sous scellés pour une durée indéterminée. Heureusement, de ce mémorial, Lek et Sowat ont sauvegardé des reliques. La vidéo ci-dessus, un plan séquence de 7 minutes sur la musique de Philip Glass, retrace un an d’art sauvage, violent et sans issue. Leur livre, Mausolée, Résidence artistique sauvage, raconte leur histoire et rend hommage à tous ceux qui, en silence, ont contribué à ce pan de la culture graffiti française.
 
Fin 2011, après leur bouquin, le film, Lek et Sowat galèrent à trouver une salle d’exposition pour présenter des fragments de leur Mausolée. « Les mecs ne voulaient pas d’une expo où il n’y a rien à vendre, et on les comprend » explique Sowat. Finalement un messie, Mehdi Ben Cheikh, leur dégote un appartement du 13e arrondissement, parfaitement ad hoc : du béton au sol, rien sur les murs, des surfaces brutes. Autrement dit, une aubaine pour recréer un petit Mausolée au cœur de Paris. C’est à l’occasion de cette exposition éphémère que j’ai rencontré Lek et Sowat, pour parler de leur marathon pictural de la porte de La Villette, et plus généralement du graffiti. Cette culture, dans sa forme originelle, secrète et vandale, est morte. Son tombeau se trouve porte de la Villette, à Paris. Il s’appelle Le Mausolée.

On se retrouve ici dans cette exposition éphémère du 13e arrondissement qui n’est pas le Mausolée. Donc le but de cette exposition est de retracer votre année passée au Mausolée ?
Sowat : Oui, c’est un mini Mausolée pour donner un aperçu. La pyramide de Gizeh existe dans ton imaginaire parce que tu en as vu des expositions, des fragments, des artefacts. On a voulu faire de la même manière pour le Mausolée, on ne voulait pas faire d’événement là-bas, c’est bien que le lieu soit caché et difficile d’accès (ils expliquent dans leur livre comment s’y rendre, ndr). C’est Mehdi Ben Cheikh de la Galerie Itinerrance qui nous a proposé ce lieu, c’était parfait pour recréer un abrégé du Mausolée.  
 
Au Mausolée, vous aviez 40 000 carrés d’espace. Ici, c’est la taille d’un appartement, comment avez-vous procédé ?
S : L’idée était de faire des compositions abstraites à 6 ou 8 mains, avec les graffeurs du Mausolée et aussi de pouvoir inviter les graffeurs Français qui n’avaient pas forcément pu participer et qui sont venus poser quelque chose ici : les Turbo Design, Swiz, des 1984, Dem, Seb 174…
 
On voit peu de lettrages. Vous vouliez faire de l’abstrait ?
Lek : C’est un peu la continuité du graffiti. C’est très beau les lettres mais ça ne suffit pas.
S : Il reste de la lettre. Mais c’est discret. Dans le graffiti tu as deux genres de peintres : ceux qui font du figuratif, ce sont ceux qui ont la cote, et ceux qui font du lettrage. On a passé 20 ans à faire des fresques avec des mecs qui savaient dessiner des arbres et on a toujours entendu : « J’aime pas trop ce que vous faites, je préfère le petit chien dessiné à côté. »
 
Vous peigniez depuis 20 ans : vous aviez quel âge au départ ? Comment vous avez commencé ?
S : 15 ans. L’envie de faire des conneries : je suis allé poser mon nom dans le square à côté de l’école pour que tous mes petits potes le voient. Et la 2e fois on s’est fait choper par les flics.
L : J’avais 16 ans. Je suis né dans un temple du graffiti, j’habitais dans le 19e vers le terrain qu’on appelait « Stalingrad » ou « La Chapelle ». Déjà quand j’avais 10 ans je regardais les grands faire.
 
Vous avez « fermé » le Mausolée dans le sens où vous n’y êtes plus allés depuis presque un an. C’est derrière vous maintenant ?
L : On ne veut pas y retourner, on y a passé trop de temps. C’était comme si ce lieu nous appartenait, quelque part. Plus maintenant.
S : En ce moment, grâce à notre site ou au livre, des gens, des photographes, des peintres, nous contactent pour nous demander comment on y accède ou pour nous montrer ce qu’ils ont fait à l’intérieur.
 
C’est un très beau livre. Pas seulement des photos de graff, mais aussi une philosophie et une histoire qu’on voit se dérouler au fil des pages. Comment avez-vous eu cette opportunité ?
S : Grâce au film. On est allé voir les Éditions Alternatives, dirigées par Charlotte Gallimard. On savait que c’était une bonne maison pas interventionniste. Notre histoire leur a plu, et on a presque eu carte blanche. Ils nous ont juste mis un directeur artistique, Nejib Belhadj Kacem.
L : Il nous aiguillait dans la conception, mais on l’a fait seul, en s’enfermant pendant cinq mois. On est autodidactes, sur la peinture, la réalisation ou l’édition. On savait ce qu’on voulait, à savoir un graphisme simple, comme un livre d’art, parce qu’on estime que c’est de l’art. On sort de nos propres codes et on ne voulait pas que ça ressemble à un livre de graff, il n’y a pas 20 peintures par page.
 
Oui, il faut ajouter que le Mausolée ce n’est pas que vous deux, mais beaucoup de murs par beaucoup d’artistes différents.
S : Beaucoup de gens nous ont fait confiance. 40 personnes sont venues dans le lieu avec nous, des graffeurs qui ont gardé le secret et n’ont pas montré de photos du lieu. Si le lieu avait été découvert par d’autres graffeurs, c’était mort. Le livre et le film leur rendent hommage, un hommage respectueux et sobre. Tu sais, les graffeurs ont du mal à se dire qu’ils sont artistes pour de vrai. Nous on a passé l’âge de se dire qu’on est des rebelles.
L : Ils se polarisent du côté « vandaleux ». Ce n’est pas parce que tu es un vandale que tu ne peux pas faire des choses artistiques.
 
Comment découvrez-vous le Mausolée l’été 2010 ?
L : Par mon boulot. J’étais sur la route du matin au soir et je passais à côté. J’ai l’habitude de chercher des lieux vierges, et Porte de La Villette c’est un coin que je connais puisque quand j’ai commencé à peindre, je savais déjà qu’il y avait des graffeurs qui allaient graffer sur des trains là-bas. Je voyais à peu près comment accéder au bâtiment : par derrière une butte vers la voix ferrée. Mais putain c’était horrible, des buissons pleins de merde, des coins de passes, l’air irrespirable. Et c’est derrière cette horreur qu’il y avait un passage, en grimpant sur une porte.
 
Vous découvrez un lieu de squat ?
L : Oui, organisé sur plusieurs étages. Un étage toxicomanie, d’autres étages plus organisés où on voyait bien que des familles avaient habité.
S : Quand on est arrivés, il y avait encore du café servi dans les tasses. On était persuadés que les forces de l’ordre avait vidé le lieu la semaine d’avant. En fait les interventions de la spolice avaient viré tout le monde deux ans auparavant. C’était une sorte de capsule temporelle : rien n’avait bougé.
 
L’ancienne organisation du lieu par les squatteurs vous a influencés ?
S : Non. On a peint au milieu de tout ça.
L : Enfin ça dépend. On a aussi trouvé des supports comme les voitures, parfaitement placées.
S : Mais comme on fait pas de figuratif, on n’allait pas peindre des squatteurs sur les murs, ça aurait été de mauvais goût. Par contre entre ce qu’on a trouvé, les vêtements, les lits, les lettres, et nos peintures, il y a un lien : c’est l’abstraction. Quand tu vois en gros plan nos peintures et ces océans d’habits, les motifs se ressemblent.
 
C’était comment d’aller quotidiennement, comme un taf, dans ce lieu ?
L : Pendant un an, on a disposé de ces 40 000 mètres carrés d’espace. C’était incroyablement grand, et en ouvrant des portes, on découvrait constamment de nouveaux espaces à peindre. On peignait de jour mais la nuit tombait à 16h00. L’hiver a été long.
S : Au départ on était que deux, et peu à peu des gens nous ont accompagnés, deux heures ou cinq jours, et on a commencé à diriger le projet. Première ligne de conduite : on s’est dit qu’on ne ferait venir que des graffeurs français. Les lettres sont en français, le lieu a été vidé par la police française, c’est un squat sous Sarkozy, avec des problèmes franco-français. D’un point de vue sociologique, on ne voulait que des artistes Français. Et puis, c’est bien pour le graffiti de France. À l’échelle internationale, à part J.R., Space Invaders, il n’y a pas vraiment de noms connus. On voulait montrer que les Français étaient capables de faire un truc intéressant pour des gens dans le monde entier. Depuis la seconde guerre mondiale, on a l’impression que pour réussir en France, il faut être adoubé aux États-Unis.
L : Il y a eu une exposition il n’y a pas longtemps à la Fondation Cartier. Même s’il y avait quelques Français, ça restait une exposition sur la naissance du graffiti à New York, c’est dommage.
 
Le Mausolée est-il une œuvre dédiée à la culture graffiti française ?
S : Voilà le constat : notre culture graffiti est en train de mourir. On est issu d’une tradition orale du graffiti, les histoires se racontent entre graffeurs. Quand on était petit on prenait des photos argentiques avec des appareils jetables qu’on avait volés.
L : Aujourd’hui on peut avoir des tonnes de photos de graffitis chez soi, les photos on ne les cache plus. Plus besoin de se déplacer pour voir un mur, tu peux voir en ligne une peinture même pas encore sèche. Donc ne pas la voir à sa juste valeur.
S : On ne dit pas que c’était mieux avant, mais juste que la culture dont on est issu est morte. Si elle est morte, on va lui faire un mausolée, c’est à dire « un monument funéraire richement décoré de sculptures et d’ornements ».

Vous n’avez jamais eu d’embrouilles ?
S : Une fois un gardien nous a parlé à travers une grille. Il nous a laissés tranquilles. Une autre fois, deux flics quand on sortait.
L : Peindre là-bas, ça t’obligeait à enfiler une armure de vêtements, et les flics étaient persuadés qu’on était des ferrailleurs. On leur a dit qu’on n’avait peint qu’un mur, ils nous ont laissés partir.
S : Le truc intéressant c’est qu’un des deux flics avait participé au vidage du lieu. Ils nous ont dit que c’était la Cour des miracles à l’intérieur, qu’il y avait de la drogue, de la prostitution… On s’en doutait. Mais, d’un point de vue glauque, ça nous a excités de savoir qu’on avait raison. Après on est devenus encore plus paranoïaques, on avait peur de se faire choper, que quelqu’un découvre le lieu.
 
Aujourd’hui, qu’est-ce que vous pensez de l’idée de mettre un guichet à l’entrée ?
S : On n’est pas contre les expositions, mais le Mausolée c’était un projet gratuit
L : Mais sur le Mausolée, on ne pouvait pas faire visiter. Il fallait que ça dure qu’un temps.
 
Vous vouliez que ça soit éphémère ?
S : Non absolument pas. Ce ne sont pas les graffeurs qui ont décidé que le graffiti était éphémère, c’est le monde extérieur. Par contre on a voulu montrer cette triste situation de devoir faire du graff dans ce lieu, en France.
 
Pourquoi avez-vous arrêté ?
S : C’est moi, c’est la parano. Lek voulait continuer.
L : Tout le monde cherchait un spot comme ça, un endroit où tu peux revenir et où les peintures sont respectées. Comme un musée, comme Beaubourg en dégueulasse. À chaque fois qu’un graffeur venait, on lui faisait visiter et ça prenait une heure et demie.
S : On s’entendait de mieux en mieux avec les graffeurs qui venaient, on faisait des trucs de plus en plus gros. Et on avait peint que la moitié du lieu. Les sensations étaient encore plus fortes quand on s’est mis à peindre dans le noir, dans les sous-sols. Au bout d’un moment, je supportais plus la parano. Mais on a réussi notre coup, on a sauté dans le vide pendant un an et demi. Ma fille avait 6 mois quand j’ai commencé. Et à l’époque, j’avais dit à ma femme : « Mon avenir, c’est un supermarché désaffecté dans le nord de Paris. »
 Lek et Sowat, Mausolée, Résidence artistique sauvage, aux Éditions Alternatives
  Pour tenter de trouver une entrée et envoyer vos travaux réalisés Mausolée : Mausolee.net
 Bastien Landru


//www.brain-magazine.fr/article/portfolio/10696-Le-Mausol%C3%A9e,-paradis-perdus-des-graffeurs






LEK et SOWAT

LEK (French Kiss, LCA, GNS, RAW, 1984) ET SOWAT (Da Mental Vaporz)

Lek fait partie de la première génération de graffeurs parisiens qui a fait ses armes sur le terrain mythique entre La Chapelle et Stalingrad, où la street culture française a émergé. Sowat est un graffeur franco-américain qui a évolué dans les milieux de Marseille et de Los Angeles, inspiré par l’une des figures majeures du graffiti californien, Chaz Bojorquez, qui a développé le « Cholo writing », une calligraphie née dans les années 1940 et destinée à marquer les territoires des gangs latinos.

Lek et Sowat mènent en commun une pratique de l’Urbex, l’investissement de lieux en friche, chargés d’histoire - non sans rappeler le Palais de Tokyo. Dans leurs fresques à grande échelle, les motifs typographiques traditionnellement utilisés dans les graffitis, sont menés vers une forme d’abstraction architecturée.

//palaisdetokyo.com/fr/lek-et-sowat






Dans les entrailles du Palais de Tokyo
6 décembre 2012


Lek, Sowat et Dem189 ont invité des artistes issus du graffiti à intervenir dans un vaste escalier en plongée du Palais de Tokyo à Paris, habituellement fermé au public. Visite guidée.
Vue des entrailles du «Palais Secret». «Il ne s’agit pas d’une exposition de graffiti, mais d’une expo qui reflète une certaine école du graffiti français, en pleine expérimentation», déclare Hugo Vitrani conseiller artistique du projet. Il tente de reproduire le processus déployé lors du projet «Mausolée» (une résidence artistique clandestine d’un an dans 40.000 m2 de ruines d’un supermarché).

//next.liberation.fr/arts/2012/12/06/dans-les-entrailles-du-palais-de-tokyo_865557?photo_id=476032






Street art : dans les entrailles du palais de Tokyo
Lucile Sourdès | Journaliste

 

Lek, Sowat et Dem189, graffeurs parisiens, ont invité quelques noms du street art à s’emparer d’un escalier de secours, habituellement fermé au public, du palais de Tokyo : des artistes « qui développent leur pratique dans les terrains vierges, jusqu’aux plus radicaux qui n’interviennent que sur les trains et les métros », explique le site de l’expo.
En six semaines, les graffeurs ont envahi un peu plus que l’espace qui leur avait été attribué. « Ils [la direction du palais de Tokyo, ndlr] nous ont donné un petit bout d’escalier, et petit à petit, on a grignoté. On est des parasites », sourit le graffeur Lek.

Vue de l’escalier de secours du palais de Tokyo (Nibor Reiluos)
Hugo Vitrani, organisateur du projet, explique que les artistes ont travaillé avec les couleurs de la signalétique du palais : le rouge, le noir et le blanc. Marches, murs, plafonds, sols : tout y passe. Le résultat est bluffant.
Comme le street art, s’il n’est pas expliqué, peut sembler assez abstrait, des médiateurs sont à disposition pour expliquer la démarche et les techniques des différents graffeurs.


//rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/12/07/street-art-dans-les-entrailles-du-palais-de-tokyo-237633





Lek, Sowat,

Dem189 Dans les entrailles du Palais Secret
Date:
07/12/2012 - fin indéterminée
Lieu:
Palais Secret
Tag:
Projet spécial


Lek et Sowat se sont emparés des entrailles du Palais de Tokyo : les espaces secondaires qui n’ont pas vocation à accueillir des expositions et sont habituellement fermés au public. Ces lieux n’existent que pour assurer le bon fonctionnement du centre d’art et répondre aux normes de sécurité. Leur architecture minimaliste marquée par le temps rappelle les lieux précaires et périphériques empruntés par les graffeurs: les friches industrielles, les dépôts de trains.
Reproduisant le processus déployé lors du projet «Mausolée» (une résidence artistique clandestine d’un an dans 40.000 m2 de ruines d’un supermarché), Lek, Sowat et Dem189 ont invité des artistes issus du graffiti à intervenir dans un vaste escalier en plongée. Une sortie de secours, comme une ligne de fuite: la ligne de fuite architecturale, la fuite d’un graffeur.
Ce projet réunit des artistes de générations et de démarches différentes: ceux qui développent leur pratique dans les terrains vierges, jusqu’aux plus radicaux qui n’interviennent que sur les trains et les métros. Chaque artiste apporte ainsi son tracé, sa gestuelle, son histoire, sa posture, dans un travail collectif où les ego et les styles se recouvrent, s’entrechoquent et cohabitent dans une sombre composition vaporeuse et furtive, à la bombe, au pinceau, au crayon, à la craie, et autres matériaux récupérés dans les stocks de l’institution.
Lek fait partie de la première génération de graffeurs parisiens qui a fait ses armes sur le terrain mythique entre La Chapelle et Stalingrad, où la street culture française a émergé. Sowat est un graffeur franco-américain qui a évolué dans les milieux de Marseille et de Los Angeles, inspiré par l’une des figures majeures du graffiti californien, Chaz Bojorquez, qui a développé le « Cholo writing », une calligraphie née dans les années 1940 et destinée à marquer les territoires des gangs latinos.
Lek et Sowat mènent en commun une pratique de l’Urbex, l’investissement de lieux en friche, chargés d’histoire - non sans rappeler le Palais de Tokyo. Dans leurs fresques à grande échelle, les motifs typographiques traditionnellement utilisés dans les graffitis, sont menés vers une forme d’abstraction architecturée.
Avec : ALËXONE, AZYLE, BABS, BOM.K, COKNEY, DEM189, DRAN, HONDA, HORFÉ, KATRE, LEK, OUTSIDER, RIZOTE, SAMBRE, SETH, SOWAT, SWIZ, VELVET, WXYZ, ZOER
Et aussi : ALZO, BADHYPNOZ, BRUSK, BORE, BORIS, CYRIAK, DEMON, DRAS, EMOY, GOMER, GRIS1, HOBZ, INÉ, JAW, KAN, KÉBOY, KENO, KENCE, LEGZ, MEKO, MR. QUI, NEXT, NIBOR, OGRE, ONDE, PEAMS, RUSTY, SAEYO, SINDÉ, SIRIUS, SMOE, SODA, TCHEKO, TEURK,WO, XABY
Conseil artistique: Hugo Vitrani


//palaisdetokyo.com/fr/exposition/projet-special/lek-sowat-dem189







Le 12 août 2010, Lek et Sowat ont trouvé un supermarché abandonné dans le nord de Paris. Pendant un an, dans le plus grand des secrets, les deux artistes se sont rendus quotidiennement dans ce lieu de 40 000 m2 pour y peindre des fresques et organiser une résidence artistique sauvage en invitant une quarantaine de graffeurs français, de la première à la dernière génération du mouvement. Ensemble, ils ont bâtî un mausolée, un temple dédié à leur culture underground en passe de disparaître à l’ère du street art et de son esthétique pop mondialisée.

//mausolee.net/





Lek (artiste)

Lek est un artiste contemporain de street art s'exprimant dans le graffiti. Il est né à Paris dans le 19e arrondissement de Paris en 19711.

Biographie
En janvier 2007, il collabore avec Horfe à l'exposition Les dynamiques à la galerie Chappe2.
En mai 2009, ses œuvres sont intégrées à l'exposition « TAG au Grand Palais », qui rassemble 140 artistes internationaux3.
En août 2009, Lek, avec son ami Sowat, découvre un supermarché abandonné représentant 40 000 m2 de surface disponible. Ensemble, ils commencent à y peindre des fresques pendant plus d'un an, puis organisent une « résidence artistique sauvage » et y invitent une quarantaine de grapheurs français de tous âges. Le lieu est baptisée « Le Mausolée »4. Pendant ce temps, ils prennent en photos toutes les œuvres au fur et à mesure de leur réalisation, puis en sélectionnent 8 990 qui sont montées en film, sur une musique offerte par Philip Glass. Ils en tirent un livre, publié aux éditions Alternatives, qui lors de son lancement à la Galerie Itinerrance, est accompagné d'une exposition constituant une reflet des méthodes de travail adoptées au sein du Mausolée5,6.
En juin et juillet 2010, il participe en compagnie de Katre, Nascio et Sowat à une exposition de graffiti sur toile organisée à la Galerie Celal par Graffiti Art magazine7.
En mai 2012, il participe avec 11 autres membre du collectif 1984 au « Musée imaginaire », performance éphémère réalisé en une nuit dans un ancien poste d'alimentation EDF abandonné, aux Buttes-Chaumont8,9.
En août 2012, il participe à la réalisation d'une fresque Mur XIII, à l'initiative de la mairie de Paris10.
Bibliographie
    •    Mausolée, Résidence artistique sauvage Sowat et Lek, Éditions Alternatives, 2012, 256 pages, ISBN 978-286227- 717-2
Références
    1.    ↑ LEK (né en 1971) [archive] Catalogue Drouot
    2.    ↑ //www.90bpm.net/photo/210-lek-horphee-les-dynamiques.htm [archive]
    3.    ↑ Liste des artistes [archive] Site officiel de l'exposition TAG au grand Palais
    4.    ↑ Mausolée à partir du 12 avril dans un appartement témoin dans le 13e arrondissement parisien [archive] Canal Street TV, 5 avril
    5.    ↑ Le Mausolée de Lek et Sowat [archive] Canal Street, 10 avril 2012
    6.    ↑ «Mausolée», des graffiti au rayon frais [archive] Libération, 12 avril 2012
    7.    ↑ Graffiti Art : Annual Summer Show : J - 5 [archive] Graffiti Art magazine, 21 juin 2010
    8.    ↑ Site du Musée imaginaire [archive]
    9.    ↑ Le Musée Imaginaire Collectif 1984 [archive] Art for breakfast, mai 2012
    10.    ↑ MUR XIII [archive] Graffiti Art Magazine, 8 août 2012

//fr.wikipedia.org/wiki/Lek_%28artiste%29






Interviews
Du graff au Palais de Tokyo
       
Par Chrixcel |  Publié le Lundi 4 Février 2013.
Suivons Lek et Sowat au Palais de Tokyo : une première collaboration avec John Giorno les conduit à organiser une performance collective dans les profondeurs du bâtiment.
Nous vous avions présenté en juin 2012 le projet de Lek & Sowat et le livre qui en a découlé, "Mausolée". Un projet d’envergure impliquant une quarantaine d’artistes dans un parking abandonné à la lisière de la capitale.

Quelques mois plus tard, forts de cette expérience artistique sauvage et téméraire et, ironie du sort, grâce au soutien du journaliste Hugo Vitrani ils se retrouvent en octobre dernier dans l'une des friches les plus chics de Paris : le Palais de Tokyo, bâtiment monumental construit en 1937. Au sous-sol, plus de 9 000 mètres carrés y ont été aménagés en centre d'art contemporain. John Giorno, impressionné par le travail réalisé dans le Mausolée, invite Lek & Sowat à réaliser avec lui deux collaborations, actuellement visibles au-sous sol du Palais.

John Giorno est un poète et artiste performer américain né à New York en 1936, comptait parmi ses proches Warhol et Burroughs et est un représentant de la Beat Generation. Sowat a accepté de nous en dire plus sur leur aventure unique.
FC : Comment s'est passée la collaboration avec John Giorno ?
De manière très spontanée. Alors qu'on avait une image un peu froide et austère du monde de l'art contemporain et du palais de Tokyo en particulier, Giorno nous a accueilli à bras ouverts. Il était partant pour tout ce qu'on lui proposait, hyper enthousiaste et encourageant. Il a mis au point il y a quelques années un système où il fait imprimer des grandes lettres adhésives qu'il fait coller sur des murs. Des étudiants des Beaux-Arts sont alors chargés de saturer ces murs à l'aérosol. Les lettres adhésives sont ensuite retirées, révélant le titre de ses poèmes en négatif.

Suivant les conseils d'Hugo Vitrani (qui nous a aidé sur les deux plans), Jean de Loisy a proposé à Giorno que ce soient des "graffeurs" qui s'occupent de peindre ces murs cette fois-ci et il a accepté qu'on s'en charge.

Plutôt que d'obséder sur le fait qu'on allait se faire toyer - il s'agissait quand même de peindre deux fresques qui seraient recouvertes de typos blanches - on s'est alors demandé comment faire pour que les murs ressemblent à des compositions à 6 mains, que ce soit une collaboration et pas une simple commande de "fonds". Pour le reste, on a eu la chance que le Palais nous fasse confiance puisqu'on ne nous a pas demandé de pré-projet, ni d'esquisse, rien. On était libre de faire ce qu'on voulait.

Pour prendre le contre-pied de l'image que les gens peuvent avoir du graffiti, ou du moins de son esthétique, on a choisi de peindre le premier mur (Just say no to family values) à l'acrylique et au rouleau, sans utiliser d'aérosol, de lettre ni de couleur vive. Pour le second (A hurricane in a drop of cum), comme le palais se plaignait des tags qui apparaissent un peu partout sur le bâtiment, on trouvait ça intéressant de partir d'une composition de tags justement, tracés à l'astro fatcap, en se disant qu'en plus ce n'était pas le genre d'outil que leurs artistes "traditionnels" utilisent. Une fois les lettres décollées, on a mis de côté celles du "Just say no to family values", et quelques jours avant le vernissage, on est allés les coller avec l'aide de Dem189 sur un mur de l'autre côté de la Seine, pile en face du palais, sans demander l'autorisation à personne. On n’était pas sûrs de comment Giorno réagirait à l'idée qu'on détourne son travail mais heureusement, il a adoré, ou en tout cas, c'est ce qu'il a eu la politesse de nous dire.

Dans le prolongement de leur intervention, les deux graffeurs, avec Dem189, ont investi les entrailles du Palais et invité une trentaine d’artistes de la scène graffiti à s’exprimer sur les murs avec des matériaux récupérés dans les stocks de l’institution.

En plus de ceux qui ont investi le Mausolée, ont participé : AlëxOne, Azyle, Babs, Cokney, Dran, Horfé, Rizote, Velvet, Zoer, The Spaghettist, Alzo, BadHypnoz, Bore, Boris, Cyriak, Demon, Dras, Emoy, Gomer, Iné, Kéboy, Keno, Kence, Meko, Next, Nibor, Ogre, Peams, Rusty, Saeyo, Sindé, Sirius, Smoe, Soda, Teurk, Wo, Xaby… 

FC : Peux-tu nous raconter comment l'aventure graphique s'est prolongée jusque dans les entrailles du Palais ?
Il y avait une espèce d'accord tacite entre le palais et nous, qui voulait que si le 1er plan se passait bien, on pourrait investir une de leurs issues de secours. Quand ils nous ont donné le feu vert, on s'est assis avec Lek et Hugo Vitrani pour réfléchir à ce qui pourrait être pertinent de faire dans une institution. Du début, on savait qu'on ne voulait pas garder le plan pour nous, qu'on voulait en faire quelque chose de collectif, sans répéter exactement ce qu'on venait de faire sur "Mausolée".

Une chose nous a frappés les premières fois qu'on est allés là-bas. Au dessus de l'entrée administrative, la vidéo des pussy riots tournait en boucle toute la journée, par soutien j'imagine, mais aussi sans doute pour rappeler au personnel du palais que l'Art peut être synonyme de danger. Ce qui nous a fait sourire. Pas besoin d'aller jusqu'à Moscou pour trouver des "martyrs" tombés au nom de leur art. On a commencé à se dire que ça pourrait être intéressant de faire venir ceux qui dans notre mouvement, ont de réels problèmes avec la loi, ceux qui risquent des centaines de milliers d'euros d'amendes, voire plus, pour leur pratique. En un mot, des trainistes. Pas n'importe lesquels bien sûr, mais ceux dont nous nous sentions proches artistiquement, avec lesquels ça pourrait fonctionner de créer quelque chose.

Ensuite, parce qu'il ne s'agissait pas non plus d'organiser une exposition de "trainistes" (vu le cadre et qu’on ne l'est pas nous-mêmes) mais d'essayer de montrer notre vision de la variété créative du mouvement, on a cherché à faire venir des représentants de ce qu'on pense être les autres principales chapelles du graffiti français, à savoir ceux qui peignent dans la rue comme ceux qui s'expriment dans les friches et les terrains vierges. Enfin, on a aussi voulu inviter des personnes avec un travail plus poétique, plus illustratif et fragile, des gens plus proches des graffitis de cages d'escaliers que des dépôts de train.

L'idée n'était pas juste de rassembler des "Graffeurs" mais de travailler avec une certaine école du Graffiti, d'essayer de réunir des bras cassés, des expérimentateurs, des personnes qui ont tourné le dos aux canons du graffiti traditionnel pour faire autre chose, développer leur propre style, bon ou mauvais.

C'est en ce sens qu'il s'agit autant d’une exposition de dessin, d’illustration, de peinture voire d’art contemporain, que de graffiti (autant que ça puisse s'exposer, "le graffiti"). Après, on ne prétend pas avoir été exhaustifs ni représentatifs. On a fait ce qu'on a pu avec le temps, l'espace et les moyens qui nous étaient impartis, mettant en commun nos carnets d'adresses et nos envies avec Lek, Dem189 et Hugo Vitrani.

Pour ce qui est du côté visuel, à mesure que le projet avançait, on voulait créer quelque chose d'immersif, qu'il y en ait partout, que les gens aient l'impression de "rentrer" dans quelque chose de graphique et violent mais qu'en même temps, ils puissent s’arrêter sur les "détails", des finesses, qu'il y ait un équilibre entre le macro et le micro.

Pour cela, Lek a utilisé les lignes de force du bâtiment pour diviser l'espace en 3 zones et créer un cheminement, de la lumière vers l'obscurité. Vers la première cage d'escalier, on a concentré tout ce qui était illustratif en demandant aux gens de travailler avec des outils archaïques : craie, crayons, mine de plomb, plâtre, pastels, ce genre de choses.

Vers la seconde cage d'escalier, hormis le billet de 500 euros de Rizot, on a opté pour des outils plus "durs" (aérosols, extincteurs, rouleaux...) et des couleurs communes (noir, blanc, rouge et valeurs de gris), inspirées du code couleur de la sécurité.

On a divisé l'espace en aplats pour que les invités disposent chacun de leur zone, puis Lek et Dem189 ont cherché à unifier le travail de tout le monde, à faire le lien entre chaque peinture, quitte à recouvrir et faire disparaître des pans entiers de mur.    

Enfin, même si on était pas sûr qu'il accepte de venir, on voulait que tout cela conduise vers la zone d'Azyle qui, bien qu'il ait une démarche fondamentalement différente de la notre, symbolise à lui seul cette esthétique de la saturation et du recouvrement.
FC : Y avait-il un budget prévu pour cette performance ?
Non. Du début, le deal était clair : Il n'y avait pas de budget mais en échange, on nous donnait les "clés" d'un espace et la liberté de le gérer comme on voulait, ce qui à ma connaissance n'arrive jamais dans une institution. Normalement, ce genre de plan prend une éternité à monter, il y a des dossiers à préparer, un commissaire d'exposition, des enjeux de pouvoir entre les curateurs, des comités de direction qui valident ou non la liste d'invités, un chef de sécurité qui contrôle le matériel etc. Bref, c'est beaucoup plus cadré. Là tout s'est fait très vite puisqu'on a eu un peu moins de six semaines entre les premiers coups de balais et le vernissage.


Tous les gens qui sont venus peindre dans la zone l'ont fait à leur frais, en ramenant leur propre matériel. On n’avait même pas de quoi leur offrir un sandwich ou un café. Ceux qui sont venus de province ont payé leurs billets pour rejoindre Paris et dormir sur des canapés (Merci Dem). Sans cet état d'esprit, rien de tout cela n'aurait pu avoir lieu. Après, dans les faits, les choses ont fini par se passer différemment. À force de nous voir trimer comme des bêtes, les techniciens du palais et notre chargée de prod (Merci Caro) ont commencé à nous filer des coups de mains, à nous prêter des échelles et des échafaudages, des pots de peinture, à réparer les lumières défectueuses, installer des néons etc. Enfin, au bout de quelques semaines, alors qu'ils n'avaient plus à le faire, la direction a fini par revenir en arrière et nous annoncer qu'ils compenseraient un poil plus que les frais qu'on avait pris en charge jusque-là.

FC :   Quelles étaient les contraintes imposées par le Palais de Tokyo ?
Comme il s'agit d'une issue de secours, les contraintes que le Palais nous a imposées étaient en partie liées aux normes de sécurité. Pas plus de 19 personnes dans la zone en même temps, interdiction de monter un échafaudage, de faire des installations qui encombrent le passage en cas d'incendie, obligation d'utiliser des matériaux ignifugés, ce genre de chose. C'est en partie par rapport à ces contraintes et à l'impossibilité de faire des installations, qu'on a décidé de tout peindre, du sol au plafond, d'autant qu'au départ, ils pensaient que le projet ne resterait en place que deux ou trois mois. En remplissant chaque centimètre carré de l'espace, on espérait les décourager de tout repeindre en blanc trop vite.

Après, ils souhaitaient nous imposer d'autres petites choses avec lesquelles ont s'est amusé. On n’était pas censé peindre la première cage d'escalier, celle où il y a tous les tags et la composition de Velvet, Zoer et Seth. On ne devait pas toucher les trois murs fraîchement repeints en blanc à l'entrée, là ou Cockney a légèrement débordé avec son encre rouge et Honda des Trbdsgn est venu coller le nom des participants. On ne devait pas peindre les portes de la zone non plus, mais on a trouvé une astuce pour qu'Azyle et Bom.k puissent le faire quand même et ainsi de suite... Mais bon, dans l'ensemble, tout ça était assez bon enfant. Encore une fois, alors qu'on était dans une institution, on a été libre de faire ce qu'on voulait, d'aller et venir à n'importe qu'elle heure de la journée, de faire rentrer qui on voulait, avec le matériel qu'on voulait, ce qui finalement était le plus important.


FC : Que penses-tu des critiques visant à dire que ce genre d'intervention, en milieu plus codifié qu'urbain, contribue à « enterrer le graffiti » ?
Ça dépend desquelles. C'est sûr qu'à priori, il y a un monde entre des initiatives comme "Art in the Street" au MOCA ou "Le Tag au grand Palais". Tout dépend de qui organise et de ce qui est montré. Après, si c'est pour dire que "le Graffiti" ne s'expose pas, que c'est un art spontané qui ne s'épanouit que dans l'interdit, le vandalisme, on peut en discuter pendant des heures. Par contre, si c'est pour dire que des artistes issus du Graffiti n'ont pas le droit d'aller travailler dans une institution (ou en galerie), c’en est presque comique. Qui peut dire à un graffeur où il a le droit d'aller peindre ou non ?

En ce qui nous concerne, même si c'est de bonne guerre et qu'on aurait pu dire le même genre de chose à 15 ans, ça me parait absurde. D'abord, ce serait nous prêter trop de pouvoir. L'exposition est gratuite, il n'y a que des murs à voir, pas de toile à vendre ni d'intermédiaire... Mais on est peut être trop proche du projet pour le voir objectivement et les gens ont le droit de penser ce qu’ils veulent. Et tout ce qu'on pourra dire sera retenu contre nous. La bonne nouvelle c'est que si ce genre d'intervention contribue effectivement à "enterrer le Graffiti", alors on a fait ça dans les règles : on lui a déjà construit un Mausolée.

FC : Un dernier mot ?
Nous n'avons pas eu le temps ni l'occasion de leur répéter assez, mais un grand merci à Nibor Reiluos pour nous avoir suivis avec son appareil photo pendant ces 5 semaines, merci à Jean de Loisy, Jean Baptiste de Beauvais, Caroline Laurent, Émeline Delaunay, Pascale Cayla, Sylvain Bourmeau et Fabrice Bousteau sans qui rien de tout cela n'aurait été possible.

Toutes ces peintures restent visibles jusqu'en septembre 2013 au Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson - 75016 Paris.
Il va falloir désormais compter Lek & Sowat dans la sphère de l'art contemporain ! Prochaine étape : une conférence avec Jacques Villéglé au Centre Pompidou le 7 février prochain...
Edit : le lien de la captation du 7 février ici.


//www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-59f837dd9925dbdb2b3a2d5a24466fa&param.idSource=FR_E-3746f77b32f8e5d58a6d498efb71


//www.fatcap.org/article/lek-et-sowat-palais-de-tokyo-1.html



26/01/2014
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