Alain YVER

Alain YVER

MAÏAKOVSKI

VLADIMIR MAÏAKOVSKI




http://franciscombes.unblog.fr/2009/04/11/maiakovski-ecoutez-si-on-allume-les-etoiles/

http://schabrieres.wordpress.com/2009/02/20/vladimir-maiakovski-poeme-1930/

http://www.russie.tv/article.php3?id_article=1649

http://sites.google.com/site/parismoscouprod/

http://www.lefigaro.fr/livres/2010/10/28/03005-20101028ARTFIG00497-maiakovski-dandy-et-communiste.php

http://www.parismatch.com/Culture-Match/Livres/Actu/Maiakovski-l-homme-poeme-226406/





Vladimir Maïakovski


Vladimir Vladimirovitch Maïakovski est né le 7 juillet 1893. Il est mort à 37 ans le 14 avril 1930, en se tirant une balle dans la poitrine
Son père était garde forestier en Géorgie et à sa mort, la mère et ses trois enfants partent pour Moscou où ils vivent dans la plus grande misère. Maïakovski entre aux Beaux-Arts en 1910. Il se rapproche des futuristes et devient une des figures de la bohème moscovite. Il adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchevik). Il commence à écrire de la poésie. Extraordinairement doué, il est "capable de composer mentalement un poème de 1500 vers" mais il est aussi "agitateur et propagandiste, directeur de revues, dessinateur d'affiches, auteur de théâtre, scénariste, acteur, conférencier, organisateur d'expositions. Il sera aussi l'ami de Khlebnikov, Pasternak, Roman Jakobson, Malevitch, Eisenstein, etc.
En 1913 il rencontre Elsa Kagan (future Elsa Triolet) qui devient sa maîtresse alors qu'elle n'a que 17 ans. Mais surtout en 1915, il rencontre la sœur aînée d'Elsa, Lili Brik dont il tombe éperdument amoureux. Lili Brik va épouser Ossip Maximovitch ce qui n'empêchera pas la liaison de Lili et de Maïakovski de continuer. Amour tumultueux qui finira pas se rompre en 1924. En 1925 Maïakovski part pour le Mexique et les États Unis où il rencontre une émigrée russe dont il aura une fille. Nouvelles amours, toutes douloureuses et dont le dernier avec Veronika Vitoldovana s'achève par le suicide du poète. Suicide dont les causes restent cependant controversées. Il s'avère en fait que les "causes sont multiples et inscrites dans l'histoire de l'URSS". Il était "déprimé par les manœuvres de ses adversaires dans les allées du pouvoir et par les inconstances de ses affections féminines".

Je me suis appuyée largement pour rédiger cette note biographique sur celle qui est parue dans le tout nouveau recueil Vladimir Maïakovksy, A pleine voix, Anthologie poétique 1915-1930, tout récemment parue dans la collection Poésie/Gallimard.










Vladimir Vladimirovitch Maiakovski

Vladimir Vladimirovitch Maïakovski naît le 7 juillet 1893 à Bagdadi en Géorgie.
Après la mort de son père, sa famille, réduite à la misère, est contrainte de s'installer à Moscou.
En 1910, Maïakovski entre aux Beaux-Arts. Il se lie à un groupe futuriste et devient un bohème des cercles littéraires de Moscou.
À dix-huit ans, il adhère à la fraction bolchévik du Parti ouvrier social-démocrate de Russie. Il est emprisonné.
Poète dès lors, il est aussi directeur de revues, dessinateur d'affiches pour une agence télégraphique, dramaturge, scénariste et acteur… il fréquente les grands noms de la littérature russe, tels Khlebnikov et Pasternak.
En 1913, il devient l'amant d'Elsa Kagan (future Elsa Triolet), avant de rencontrer la sœur aînée de celle-ci fin juillet 1915, Lili Yurevna Brik. Elsa renonce à leur relation mais reste en contact avec lui. Le mari de Lili Brik, Ossip Maximovitch, devient un ami proche de Maïakovski et tolèrera leur liaison. Fréquentant le salon des Brik, Maïakovski écrit en automne 1915 La flûte de vertèbres dédiée à Lilienka. Il retrouve dans ce salon l'avant-garde littéraire et artistique russe et accède à un milieu social qui lui était jusque là inconnu.
Il doit pourtant se séparer de Lili lors de l'hiver 1917-1918, par contestation du programme culturel de Lounatcharski. Suivent retrouvailles et ruptures, Maïakovski supportant plus mal la séparation que Lili. Ils voyagent, rencontrant notamment le linguiste Roman Jakobson en Allemagne en 1923. Ils finissent par rompre définitivement en 1924. Maïakovski se rend en France, au Mexique, aux Etats-Unis. À New York, il rencontre une émigrée russe, Elly Jones, dont il a une fille en 1926.
Le 25 octobre 1925, il fait la connaissance de Tatiana Alekseevna Yakovleva, émigrée en France, dont il tombe amoureux. Il veut l'épouser mais se heurte à des problèmes administratifs. On lui refuse son visa.
En été 1929, il a une relation intense avec une actrice, Veronika Polonskaïa, qui assiste à ses derniers jours. Croyant profondément à la révolution socialiste, il a été de désillusions politiques en désillusions amoureuses, et souffre des critiques sévères montées contre lui par le régime.
Maïakovski, terriblement déprimé, met fin à ses jours le 14 avril 1930 en se tirant une balle dans la poitrine.

Biographie rédigée par Plume et publiée sous Licence de documentation libre (GFDL 1.2)













La vie et la poésie à la roulette russe

   * Traces d'une comète nommée Maïakovski
    * Maïakovski et ses utopies
    * Maïakovski maintenant
    * Choix de textes
    * Bibliographie

La barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante. Comme on dit, l'incident est clos .
Un halo ambigu entoure la mémoire de Vladimir Maïakovski. Il est fait autant de détestation que de vénération.
Artiste stalinien avant l'heure ? Génial héraut d'un monde en révolution ? Son suicide dramatique a plus fait pour sa reconnaissance que sa poésie dont une partie importante est aujourd'hui illisible, car polluée par les convulsions de l'histoire qui a rendu des jugements sans nuance, soit le sanctifiant, soit le maudissant.
Lui, l'immense provocateur, le démiurge du verbe, aura tellement fait pour cela qu'en retour, la gifle du temps l'aura atteint.
Sa grande gueule dévastatrice a séduit puis repoussé. Ogre des sentiments et des idées, il aura dévoré les autres avant que de s'autodétruire.
Ce taureau furieux aura traîné son propre corps dans l'arène. Physique de bûcheron, âme de cosaque, il aura élagué la poésie russe à grands coups de hache. Pour lui tout devait être porté à l'incandescence, à la brûlure la plus vive. Il concevait le poème comme un fleuve, comme une fonderie d'acier.

« Comment osez-vous vous prétendre poète et gazouiller gentiment comme un pinson ? Alors qu'aujourd'hui il faut s'armer d'un casse-tête pour fendre le crâne du monde ! »

Le rythme, le rythme avant tout ! Et au diable les images et les pâmoisons poétiques.

« Un poète doit développer son propre rythme… Le rythme magnétise et électrise la poésie ; chaque poète doit trouver le sien ou les siens. »

Il aura foutu un sacré bordel dans les lettres russes, barbare violeur de langue. Il aura établi un immense vide-grenier des sentiments.

Après le passage d'un tel ouragan que reste-t-il ?

Il reste pour nous l'amant tragique de l'amour et de la Révolution, aussi malheureux avec l'un comme avec l'autre. Personnage central du Bal des Ardents de la poésie, ses cendres fument encore maintenant. Chantre des opprimés, crieur lyrique des rues, militant exalté, il demeure le Tribun, l'aboyeur de la Révolution. Il en suit pas à pas, anecdote après anecdote le déroulement. Politique jusqu'aux os, il tient un journal de bord outrancier et frénétique du quotidien du bolchevisme.

 
« La parole
est à vous
camarade mauser,
Maïakovski, Marche gauche, 1918 »

Il va sillonner toute l'URSS pour tenir meeting poétique et politique. De sa voix de stentor, il enflamme les foules. Son impact physique est intense, sa taille, son magnétisme, tout cela électrise les auditoires. Bien sûr la poésie dite ainsi doit être incantatoire et oratoire. Il le fut. Il se voudra le simple écho grondant de la rue au risque du simplisme. Lui qui aime se mettre en scène sait aussi devenir un simple et furieux militant de base.

Réaliser cette éruption incandescente par le seul truchement du verbe et de la poésie n'était possible qu'en Russie. Cette nation a toujours entretenu une mystique adorante envers ses poètes et ses fous.

Dans ce temps en gésine, prêt aux enfantements d'un autre monde et habitué à la douleur, bien des messies se seront levés, un seul se sera autoproclamé : Vladimir Maïakovski.

Et le géant Maïakovski sera le plus bavard, le plus tonitruant. Le plus sincère sans doute, malgré ses retournements spectaculaires. Il était un torrent de lave en fusion, il cherchait une cause à habiter, un univers à dynamiter. Cela aurait pu être une religion, une guerre. Non il lui fallait couler la force de sa parole dans une harangue au monde.

Cela sera Lénine, plutôt que le Christ ou autre chose. Il ne pouvait que vaticiner debout, comme un prophète totalement enivré de ses mots, et son évangile était lui-même. La Révolution russe ne servira que de cadre à ses propos incendiaires.

Lui qui venait de l'esthétisme le plus complexe, il enfourchera le cheval furieux du futurisme, puis la machine folle du communisme. Il emportait tout sur son passage comme un torrent en crue. Il était porteur des nuées dans son ventre et dans sa gorge. Ce trop plein de vie, d'ouragan, il lui fallait l'incarner dans une religion de l'homme. Il le fit puis cessa d'y croire.

Il connaissait son charisme digne de Raspoutine, et tous s'inclinaient devant lui. Blok l'avait remarqué, Pasternak lui était soumis.

« Il était tout entier dans chacune de ses apparitions » constatera-t-il fasciné.

Maïakovski ne se sentait bien qu'au milieu des foules qu'il subjuguait et dominait. Il se refermait sur des valeurs préfabriquées dans un nationalisme béat. Contre « ce cirque capitaliste » qui lui suffisait à expliquer les malheurs du monde, il luttera, il gueulera, il maudira, pour faire advenir le règne de l'amour possible et de la fraternité.

Il y a un parfum de guerre civile dans sa poésie. Guerre à l'extérieur certainement, mais guerre que Maïakovski porte contre aussi contre le verbe conformiste autour de lui. Il était partisan de « la Gifle au goût public ». Et il vaticine :

 « Votre pensée/Rêvant dans votre cerveau ramolli/Comme un laquais repu se vautre au gras du lit/Je la taquinerai sur un morceau de cœur sanglant/J'en rirai de tout mon saoul, insolent et cinglant ».

 

 
Traces d'une comète nommée Maïakovski

Sa vie sera celle d'une comète laissant une traînée de feu derrière lui. Et le valeureux Prométhée se cassera en morceaux devant une petite poupée perverse.

Le fait de naître lui aussi géorgien, comme Staline, le 7 juillet 1893 à Bagdadi, ne lui aura pas porté bonheur. Son père était garde forestier. Poussée par la misère sa famille va s'installer à Moscou, cette ville de Moscou qui le possède dans un rapport amour-haine (« Moscou m'étouffait en m'étreignant »). Il militera dès 1908 dans les noyaux bolcheviques, fera de la prison dès 16 ans pour propagande sociale-démocrate !

 Vladimir se lancera aussi à corps perdu dans le futurisme et, iconoclaste, rejettera toute forme ancienne se grisant d'avant-gardisme outrancier. Il se voudra moderne et moderniste, possédé par le verbe et provocateur.

À vingt ans, il publie son premier recueil de poèmes : « Moi ! » et faisait représenter sa première pièce « Vladimir Maïakovski » à Petersbourg. Cet ego impudique se mêle à la volonté de parler pour ceux qui n'ont pas la parole. Sa vie se fera à corps perdu.

En 1914, sa rencontre avec Lili Brik, grâce à la sœur Elsa Triolet, bouleverse totalement sa vie et sera sa perte et sa raison de vivre.

Il l'aimera d'une passion aveugle et deviendra sa chose. Cet amour « ardent, tortueux, passionné et abrasif » sera sa révélation et son abîme. Lili ne le lâchera plus et sera de toutes les aventures, du futurisme au poète officiel.

Son génie sera alors bien canalisé dans l'idéologie des soviets. Il en sera le chantre et deviendra le héros christique de la jeunesse. Il ne faisait pas dans la nuance ni dans la compréhension des autres. Son attitude envers Tsvétaéva sera odieuse. Possessif en tout il ne pouvait s'apitoyer sur rien.

Sa lucidité tardive l'opposera vers la fin à la critique officielle (« Je joue des coudes à travers la bureaucratie, les haines, les paperasses et la stupidité »). Ses pièces seront cinglantes (« la Punaise » 1920, et « les Bains » 1929). Mais c'était bien trop tard. Déjà il servait d'alibi et l'on avait trop besoin de lui pour l'exclure ou le déporter comme tant d'autres. Et lui ne pouvait renier toute une vie. Momifié tel qui l'était par le régime, ses ruades n'avaient plus aucune importance.
D'autant plus qu'en 1924 paraît son ode à Lénine. Et Lili tenait la laisse malgré la rupture en 1925 et rassurait le pouvoir sur le comportement de « son génie ». Sa vision très simplifiée du monde lui laissait croire que l'amour ne pouvait n'être que malheureux dans un univers ploutocrate dominé par l'argent. Pris dans les redoutables filets des sœurs Brik, Lili et Elsa, expertes en manipulation des sentiments. il n'appliquera pas hélas ce principe à lui-même. Toutes deux furent ses maîtresses et les âmes damnées et diablesses du KGB. Lili épousera d'ailleurs, (comme récompense ?), un général du KGB en 1943.

Ainsi à Paris ou New York, quand il aura tenté de s'échapper du carcan et sera tombé amoureux d'autres femmes (Elly Jones ou une autre belle dame, l'actrice Veronika Polonskaya), les pressions le ramènent à son chemin de croix. Il tombe peu à peu en disgrâce et la suite est connue. L'ère de Jdanov était bien en place. À un ami rencontré à Nice il a ce mot atroce « Moi je rentre en Russie car je ne suis plus un poète, je suis devenu un clerc de notaire de la Révolution ».

Désabusé il va errer, se battant encore pour sa revue, « Lef ».

De plus en plus je me demande
s'il ne serait pas mieux
que je me mette d'une balle
un point final. (La flûte des vertèbres)

Cela fut fait par ses soins en se suicidant d'un coup de revolver en plein cœur, le 14 avril 1930 à dix heures et quart, à l'âge de 37 ans : « La barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante. Comme on dit, l'incident est clos... ».
Ses derniers mots sont : « Soyez heureux ». Et aussi « Lili aime moi »

Funérailles nationales, cercueil tapissé d'étoffe rouge, souliers solides et résistants aux semelles ferrées au pied, costume foncé enfin bien mis, fleurs à foison, foule en délire, sanctification par Staline en1935 comme le « poète de la Révolution », ne changeront rien à l'incompréhension profonde entre le poète et le monde.

Ce monde qui n'aura vu dans ses textes que des marches et des chansons pour entraîner les bataillons de la République dans les attaques des guerres civiles.

Il avait imprudemment écrit :

Où que je meure
je mourrai en chantant,
dans quelque bouge que je tombe,
je sais je suis digne de reposer
avec ceux qui reposent sous le drapeau rouge.
Le drapeau rouge lui est rentré dans la gorge.
Ce suicide, qui aura retenti comme un coup de pistolet dans une salle de concert, a quelques explications.

Maïakovski faisait simplement un constat de faillite :

- embourgeoisement total de la révolution d'octobre et faillite de l'art révolutionnaire

- persécution tatillonne par le pouvoir triomphant des fonctionnaires imbéciles

- perte de son pouvoir d'orateur car devenu aphone il ne pouvait plus brandir le verbe de la déclamation

- trahison constante de Lili

- solitude et perte d'inspiration

- le peuple pour lequel il voulait écrire s'est détourné de lui

- doutes sur tout : l'avenir, la modernité, l'art, l'amour, la révolution,…

- attirance pour la mort violente

 

 
Maïakovski et ses utopies

Art, révolution et donc l'amour seront au centre de sa vie. Et bateau ivre il ira à la mer, éclaté, désespéré.

À la question insoluble : « L'amour va-t-il ou pas naître ? », il n'aura pour réponse que la disparition.

Lui le double mètre, (il faisait plus de deux mètres), qui toisait le monde de façon goguenarde, se fera tout petit devant une poupée perverse, espionne et traîtresse de surcroît.

Lui le superbe qui s'écriait :

« À mon puissant verbe le monde

Est tremblant.

je suis superbe… » (Le nuage en pantalon), la vie et la perversion de la Révolution lui rabattront le caquet.

Pourtant il aura bagarré contre les Philistins, les cerveaux ramollis. Il aura chassé les marchands du Temple mais pas du Kremlin.

Prodigieux orateur, lecteur enflammé en public, il est tout entier oralité. Sa poésie ne peut être jugée que lue à voix haute.

Certes une grande partie de ses vers peut paraitre ridicule, ou du moins pénibles, à lire aujourd'hui que la tourmente de l'urgence est retombée, images du réalisme socialiste triomphant, (« Lénine », « Ça Va », « 150 000 000 » et tant d'autres). Mais sa poésie amoureuse tient toujours le coup.

Il se voulait rebelle, il sera exploité comme fonctionnaire du bolchevisme. Il se voulait barbare, les fonctionnaires des lettres ne le supportaient pas. Au point que son suicide allait soulever bien des questions. Il faut tout pardonner à quelqu'un qui a écrit cela :

Minuit accourant un couteau à la main
a rattrapé
a égorgé
la douzième heure
dehors. (Le nuage en Pantalon).

Sa langue cinglante, directe est plus facile à traduire que Tsvétaéva, Blok ou autres. Aussi ses soi-disant camarades ont vite inondé l'Occident de ses textes choisis. Jusqu'à l'écœurement hélas.

Maïakovski demeure :
« Je suis là où se trouve la douleur
à chaque larme qui s'enfuit
sur ma croix je me crucifie » (Le nuage en Pantalon).

Il aura douté, voulant fuir « le pain rassis des caresses d'hier » et « le cadavre des rues lynché par le pavé ». Lui « l'archange au pas de fonte » aura trébuché devant la désillusion amoureuse et la perte de foi révolutionnaire

« Au-dessus de tout je place le néant » (Le nuage en pantalon). C'est le néant qui deviendra son tout.

Papillon fou il se sera cogné à toutes les fausses lampes des idéologies et des amours.

« L 'univers dort
l'oreille énorme posée
sur sa patte nuitée d'étoiles » (Le nuage en Pantalon).

Vladimir Maïakovski est lui aussi un naufragé des mots et des choses.

Proclamé, même avant d'avoir véritablement écrit, génie et nouvel astre des lettres russes, il prend au sérieux son élection parmi les hommes. Il aura le mépris facile et il attendra que « la terre entière se convulse de désir » devant lui.

Ce mélange d'orgueil fou, de mégalomanie, mais aussi le trop plein de failles intérieures profondes conduira à la trajectoire heurtée et à la chute de cet astre noir.

 

 
Maïakovski maintenant

Maïakovski reste écartelé dans notre mémoire pour d'une part avoir été embaumé dans son rôle de poète officiel de Lénine. Mais aussi d'autre part pour avoir été un jour ce souffle immense et cette générosité. Il aura apostrophé le monde. Poète ou orateur, sans doute les deux, il pouvait imaginer 1500 vers dans sa tête d'un seul coup et les jeter en pâture à la foule. Cette folle tentative de vouloir inventer un langage d'avant-garde pour exalter l'aube d'une révolution, et de continuer malgré le carcan de la propagande politique, aura été une aventure étonnante dans le siècle précédent.

Habité par sa lutte contre l'injustice Maïakovski sera un poète de l'utopie, du progrès à tout prix. Il aura brisé la langue russe pour la remodeler à son souffle. Du futurisme au culte prolétarien il a secoué le verbe, aura déconstruit la poésie. Il a introduit le langage de la rue, le langage quotidien dans la vie même. Mais échec amoureux et échec politique seront au bout du chemin. Les statues et les rues en son nom aussi :

« Je me fiche/des tonnes de bronze, je me fiche/du marbre glaireux. Avec la gloire nous ferons nos comptes, nous sommes gens de connaissance. »

Sa poésie essentiellement sonore supporte mal la lecture papier, et des pans entiers sont illisibles. Sa poésie de l'avenir semble appartenir au passé. Certains en disant le nom de Vladimir Vladimirovitch Maïakovski, (Volodia pour ceux qui l'aimaient), voient une marée de drapeaux rouges s'agiter sous leurs yeux. D'autres se mesurent à ses textes et sans l'auréole de la légende, la magie sonore du verbe ne joue plus et sa poésie semble parfois emphatique et creuse.

Il semble rester une légende qui s'estompe. L'incident Maïakovski n'est pas clos, et nous ne sommes toujours pas quitte envers lui, et nous ne sommes pas plus heureux.

 
Cheval ne pleure pas,
écoute-moi
pourquoi penses-tu être pire que nous
cheval chéri,
nous sommes tous un morceau de cheval
tous un cheval en devenir. Lecture de 1929.

 

 

Quelques poèmes


Au moment d'illustrer par quelques textes sa force tellurique, peu d'exemples viennent, car comment capter un fleuve charriant autant de boue que de diamants ?
En voici un tout petit exemple glané dans les quelques traductions existantes

Mais peut être
Ne reste-t-il
Au temps caméléon
Plus de couleurs ?
Encore un sursaut
Et il retombera,
Sans souffle et rigide.
Peut - être,
Enivrée de fumées et de combats,
La terre ne relèvera-t-elle jamais la tête ?
Peut être,
Un jour ou l'autre,
Le marais des pensées se fera cristal
Un jour ou l'autre,
La terre verra le pourpre qui jaillit des corps,
Au-dessus des cheveux cabrés d'épouvante
Elle tordra ses bras, gémissante
Peut être...
Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à
quelqu'un nécessaires ?
C'est que quelqu'un désire
qu'elles soient ?
C'est que quelqu'un dit perles
ces crachats ?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu'à Dieu,
craint d'arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore
il lui faut une étoile !
jure qu'il ne peut supporter
son martyre sans étoiles.
Ensuite,
il promène son angoisse,
il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un :
" Maintenant, tu vas mieux,
n'est-ce pas ? T'as plus peur ? Dis ? "
Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
c'est qu'il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile?

traduction Simone Pirez et Francis Combes

 



À vous toutes
que l'on aima et que l'on aime
icône à l'abri dans la grotte de l'âme
comme une coupe de vin
à la table d'un festin
je lève mon crâne rempli de poèmes
Souvent je me dis et si je mettais
le point d'une balle à ma propre fin
Aujourd'hui à tout hasard je donne
mon concert d'adieu
Mémoire !
Rassemble dans la salle du cerveau
les rangs innombrables des biens-aimées
verse le rire d'yeux en yeux
que de noces passées la nuit se pare
de corps et corps versez la joie
que nul ne puisse oublier cette nuit
Aujourd'hui je jouerai de la flûte sur
ma propre colonne vertébrale

Vladimir Maïakovski 1915
extrait de « La flûte des vertèbres »

 

 

 

 
Est-ce vous
Qui comprendrez pourquoi,
Serein,
Sous une tempête de sarcasmes,
Au dîner des années futures
J'apporte mon âme sur un plateau ?
Larme inutile coulant
De la joue mal rasée des places,
Je suis peut-être
Le dernier poète.
Vous avez vu
Comme se balance
Entre les allées de briques
Le visage strié de l'ennui pendu,
Tandis que sur le cou écumeux
Des rivières bondissantes,
Les ponts tordent leurs bras de pierre.
Le ciel pleure
Avec bruit,
Sans retenue,
Et le petit nuage
À au coin de la bouche,
Une grimace fripée,
Comme une femme dans l'attente d'un enfant
À qui dieu aurait jeté un idiot bancroche.
De ses doigts enflés couverts de poils roux, le soleil vous a épuisé de caresses, importun comme un bourdon.
Vos âmes sont asservies de baisers.
Moi, intrépide,
je porte aux siècles ma haine des rayons du jour ;
l'âme tendue comme un nerf de cuivre,
je suis l'empereur des lampes.
Venez à moi, vous tous qui avez déchiré le silence,
Qui hurlez,
Le cou serré dans les nœuds coulants de midi.
Mes paroles,
Simples comme un mugissement,
Vous révèleront
Nos âmes nouvelles,
Bourdonnantes
Comme l'arc électrique.
De mes doigts je n'ai qu'à toucher vos têtes,
Et il vous poussera
Des lèvres
Faites pour d'énormes baisers
Et une langue
Que tous les peuples comprendront.
Mais moi, avec mon âme boitillante,
Je m'en irai vers mon trône
Sous les voûtes usées, trouées d'étoiles.
Je m'allongerai,
Lumineux,
Revêtu de paresse,
Sur une couche moelleuse de vrai fumier,
Et doucement,
Baisant les genoux des traverses,
La roue d'une locomotive étreindra ton cou.

 

 

 

 

 

Si je croyais à l'outre-tombe...
Une promenade est facile.
Il suffit d'allonger le bras, –
la balle aussitôt
dans l'autre vie
tracera un chemin retentissant.
Que puis-je faire
si moi
de toutes mes forces
de tout mon cœur
en cette vie
en cet
univers
ai cru
crois.

Maïakovski, Cela, 1923




Au sommet de ma voix (1928-1930)
Derniers vers inachevés

 1

Elle m'aime, elle ne m'aime pas
Je trie mes mains
Et j'ai cassé mes doigts.
Alors les premières têtes des marguerites
Secouées d'une chiquenaude
sont cueillies et sans doute
éparpillées en mai
que mes cheveux gris se révèlent
sous la coupe et la douche
que l'argent des années nous enserre éternellement !
honteuse sensation banale - sentiment que j'espère
que je jure
jamais elle ne reviendra vers moi.

 2

C'est bientôt deux heures
Pas de doute tu dois déjà dormir
Dans la nuit
La voix lactée avec ses filigranes d'argent
Je ne suis pas pressé
Et rien en moi
Ne veille ni ne t'accable de télégrammes

 3

La mer va pleurer
La mer va dormir
Comme ils disent.
L'incident s'est cassé la gueule.
Le bateau de l'amour de la vie
S'est brisé sur les rochers du quotidien trivial
Toi et moi sommes quittes ;
pas la peine de ressasser
Les injures de chacun
Les ennuis
Et les chagrins

 4

Tu vois,
En ce monde tous ces sommeils paisibles,
La nuit doit au ciel
Avec ses constellations d'argent
En une si belle heure que celle-ci
Quelqu'un alors s élève et parle
Aux ères de l'histoire
Et à la création du monde.

 5

Je connais le pouvoir des mots ; je connais le tocsin des mots
Ce n'est pas le genre que les boîtes applaudissent
De tels mots des cercueils peuvent jaillir de terre
Et iront s'étalant avec leurs quatre pieds en chêne ;
Parfois ils vous rejettent, pas de publication, pas d'édition.
Mais les mots sacro-saints qui vous étouffent continuent à galoper au dehors.
Vois comme le siècle nous cerne et tente de ramper
Pour lécher les mains calleuses de la poésie.
Je connais le pouvoir des mots. Comme broutilles qui tombent
Tels des pétales à côté de la piste de danse rehaussée.
Mais l'homme avec son âme, ses lèvres, ses os…

Adaptation personnelle

 

 

Bibliographie

À pleine voix : anthologie poétique 1915-1930, traduction Christian David, Gallimard, « Poésie », 2005.

Écoutez : si on allume les étoiles..., poésies choisies et traduites par Simone Pirez, Francis Combes, Pantin, Temps des cerises, 2005.

 
Anthologie, trad. Claude Frioux, Paris, Textuel, " L'œil du poète ", 2004, nouv. éd.

Le petit cheval de feu [1927], trad. Odile Belkeddar, ill. Flavio Costantini, Éd. Des Lires, 2003

Nuage en pantalon, suivi de Écoutez !, Une viole un peu nerveuse, et de Flûte en colonne vertébrale, L'Isle-Adam, Saint-Mont, 2001.

Le nuage en pantalon : tétraptique, trad. Vladimir Berelowitch, Paris, Mille et une nuits, « La petite collection « , 1998.

Vers : 1912-1930, éd. et trad. Claude Frioux, Paris, L'Harmattan, «  Poètes des cinq continents » , 2001

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/maiakovski.html









Maïakovski enfin raconté !
par Gérard Guégan



Il aura fallu un Suédois - tenace, rusé - pour qu'enfin nous disposions d'une biographie de Maïakovski, le poète qui donna à la révolution d'Octobre le lyrisme dont elle se trouva vite dépourvue quand Tchéka et Guépéou considérèrent, à l'égal d'un Lénine, que les littérateurs étaient de « la merde ». Eh oui, c'est en cela que Bengt Jangfeldt est un esprit tenace (ce n'est pas rien que de rassembler de quoi écrire près de 600 pages sur Maïakovski) et aussi un esprit rusé (mine de rien, tout en suivant à la trace « son sujet », il ne néglige jamais d'éclairer les arrière-plans, quitte à froisser les dévots).

Mais commençons par le commencement, commençons par le sentiment que l'on ressent en feuilletant ce superbe volume où, à la richesse de l'information, répond une éblouissante illustration. Oui, quel livre, quel beau livre ! On ne s'en lasse pas et, subjugué, fasciné, on y revient de jour en jour. De tels ouvrages sont l'honneur de l'édition. Et le sont d'autant plus qu'on peut les lire deux fois à la file. D'abord en se laissant emporter par le récit d'une vie si courte (Maïakovski se suicida en 1930, à quelques mois de ses 37 ans), tout entière consacrée à l'amour des femmes, à l'amour des mots. Ça se lit - promis, juré - comme un roman d'aventures, un roman furieusement caracolant tant abondent les péripéties. Puis, un crayon à la main, on le reprend pour l'annoter dans la marge, et c'est à ce moment-là que se mesure la subtilité de l'auteur. L'érudit Bengt Jangfeldt, qui sait de quoi il parle, est sans pitié. À l'instar des hommes doués de mémoire. Des hommes que ravissent les contes mais qui ne s'en laissent pas conter. Un exemple, le chapitre sur le début de la Terreur : en même temps que le futuriste Maïakovski s'imaginait porteur de vérités éternelles, Lénine donnait l'ordre à ses policiers d'organiser le procès dit des monarchistes au terme duquel on fusilla 61 innocents dont le poète Goumilev. Musique !

« La Vie en jeu, une biographie de Vladimir Maïakovski », de Bengt Jangfeldt, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, éd. Albin Michel, 592 p., 25 €.










La vie en jeu/une biographie de Vladimir Maïakovski


Pourquoi les Russes, qui adorent tant la poésie, ont-ils été si durs envers leurs poètes ? Pourquoi tant de suicides, d'exécutions, d'agonies physiques ou spirituelles? Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la prestigieuse revue littéraire « Europe », que je rencontre à l'occasion de la remarquable biographie de Vladimir Maïakovski que vient de faire paraître un auteur suédois, Beng Jangfeldt, paraît de prime abord bien embarrassé face à cette contradiction… Il n'a pas envie de faire cracher à l'âme russe tous les clichés dont elle est abreuvée depuis des siècles… Il lui suffit en même temps de rappeler deux éléments historiques, deux différences fondamentales entre la Russie et l'Occident, et qui éclairent sans doute la tragédie des rapports, là-bas, entre l'artiste et le pouvoir.

Les Russes, d'après mon invité du coup de projecteur de ce mardi 9 novembre sur TsfJazz,  n'ont pas connu, comme nous, la Renaissance. Ils n'ont pas vécu cette époque où l'homme est soudainement magnifié comme sujet, comme individu, et plus tard comme citoyen…  Les Russes n'ont pas bénéficié non plus de cette notion de purgatoire que l'Occident crée en pleine époque médiévale… Ce n'est pas seulement une affaire de religion. Le Purgatoire, c'est une zone de nuances entre l'Enfer et le Paradis. C'est la naissance, pour la première fois, de quelque chose qui a trait au compromis, à la possibilité d'échapper, enfin, aux extrêmes… Or, il n'y a pas de purgatoire dans la religion orthodoxe russe, et peut-être que Maïakoviski est mort de cela…

Ou peut-être est-il mort de l'insurrection perdue contre le byt… Le mot est intraduisible en français. Le byt, c'est la torpeur de la vie quotidienne, le confort petit-bourgeois, le fait de vivre à bas régime dans une sorte de cocon ou de cocooning qui interdit  toute exaltation, tout dépassement de soi… Le byt, c'est peut-être aussi une sorte de purgatoire… Quand Vladimir Maïakovski se suicide à 36 ans, un jour d'avril 1930, à l'aube de la terreur stalinienne, il s'incline, pour ainsi dire, face au byt… Existentiellement parlant, déjà, le poète le plus lyrique de la révolution bolchévique se sent incapable de vieillir… Amoureusement, il n'est pas non plus au mieux de sa forme… Sa muse d'autrefois, la fascinante Lili Brik (soeur d'Elsa Triolet, future compagne d'Aragon), avec laquelle il partageait le même toit alors qu'elle vivait maritalement avec un autre homme tout en collectionnant de multiples amants, s'est éloignée progressivement…

Politiquement, enfin, Maïakovski est au bout du rouleau… Lui qui a tant donné à la Révolution, sans pour autant lui subordonner la force de l'âme (« Les révolutions ébranlent le veau d'or des empires, on change de bouviers dans le troupeau des hommes, mais toi, souverain non couronné des âmes, aucune émeute ne t'émeut ! » ), s'épuise des tracas divers et variés que les patrons du Kremlin lui infligent… Lénine, de toute façon, n'apprécie pas trop les utopistes… Ce n'est qu'à la faveur d'un texte de Maïakovski contre les bureaucrates qu'il consent à lui envoyer un compliment, tout en laissant l'Encyclopédie soviétique taxer le poète d'anarchiste individualiste dont les écrits seraient par essence petit-bourgeois… Mais plus fondamentalement, c'est encore une fois le triste byt, la routine déjà un peu massacreuse, la torpeur post-léninienne, le premier triomphe des médiocres, qui rattrapent la Révolution russe, et c'est cela que Maïakovski ne supporte plus…

Après sa mort, Maïakovski disparait des écrans… Il faudra une lettre de Lili Brik à Staline pour que ce dernier décide soudainement d'ériger le poète en icône officielle, pour le meilleur et surtout pour le pire… Le voilà figé, glacé, statufié… Lorsque c'est l'URSS qui a son tour disparaît, on expurge à nouveau Maïakovski des manuels scolaires… Il reste encore, aujourd'hui, sa statue à Moscou ainsi que d'absurdes rumeurs comme quoi il ne se serait, non pas suicidé, mais aurait été assassiné… Le poète n'a pas besoin de tel délires, ni même d'être embaumé… Le relire, simplement, où alors se plonger avec passion et larmes dans la biographie qui lui est consacrée, suffit à le rendre à la mère Russie dont il fut le meilleur des fils…

« La Vie en Jeu, une biographie de Vladimir Maïakovski« , de Bengt Jangfeldt (Albin Michel) Coup de projecteur sur TsfJazz, ce mardi 9 novembre, avec Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue « Europe » (8h30, 11h30, 16H30)










La Vie en jeu
Auteur : Bengt Jangfeldt

"Disons-le d'emblée : cette biographie est un chef-d'œuvre. Un travail de recherches colossal et pénétrant comme on a rarement la chance d'en lire dans une vie."
Dagens Nyheter, Stockholm

Poète et révolutionnaire, immense provocateur qui joua sa vie à la roulette russe, Vladimir Maïakovski demeure, quatre-vingts ans après sa mort, une figure mythique du mouvement futuriste. Personnage paradoxal, il incarna l'avant-garde politique et esthétique mais également l'artiste au service du régime soviétique. Néanmoins, c'est avant tout sa relation tumultueuse avec Lili Brik, la sœur d'Elsa Triolet, qui marquera son destin. Leur passion va durer quinze ans, jusqu'à ce jour d'avril 1930 où Maïakovski se suicide – au moment même où le communisme bascule dans le cauchemar des purges staliniennes.

Couronnée en Suède par le prestigieux prix August de l'essai, fondée sur les témoignages des derniers proches du poète ainsi que sur des archives privées et des documents récemment rendus accessibles par les services secrets soviétiques et britanniques, cette biographie s'impose comme un ouvrage de référence. Bengt Jangfeldt y retrace le parcours fulgurant d'une comète du XXe siècle, et nous plonge dans les orages politiques, littéraires et privés d'un cercle d'écrivains et d'artistes qui ont marqué une époque.






 

 

 

 












10/12/2010
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres