Alain YVER

Alain YVER

MARC MOULIN

MARC MOULIN




http://www.marcmoulin.com/

http://www.trip-hop.net/groupe-572-marc-moulin.html

http://www.youtube.com/results?search_query=marc+moulin

http://www.dailymotion.com/video/x6en4s_marc-moulin-tenor_music






Marc Moulin (1942-2008)
était un pianiste, compositeur, animateur et producteur radio, humoriste, auteur, chroniqueur et touche-à-tout belge. Il est le fils de Léo Moulin et de Jeanine Moulin, poétesse et critique littéraire. Il est le père du remixeur "Deep house" Denis Moulin AKA La Malice

Pianiste de formation, fondateur du groupe de jazz fusion Placebo (groupe jazz fusion), il a connu ses plus grands succès au sein du groupe électronique Telex. Il fut ailleurs producteur de nombreux artistes tels Lio, Alain Chamfort ou le groupe américain Sparks. Il était un des artistes majeurs de la scène Lounge.

Parallèlement à sa formation musicale, il était licencié en sciences politiques et en sciences économiques de l'Université libre de Bruxelles. Animateur radio sur La Première, créateur des concepts Cap de nuit, King Kong, Radio Crocodile et Radio Cité, il était également chroniqueur au Télémoustique où il signait chaque semaine une chronique acide de l'actualité illustrée par Pierre Kroll sous le titre "les humœurs de Marc Moulin".

Marc Moulin est décédé le 26 septembre 2008 d'un cancer foudroyant de la gorge.

Jeunesse

Marc Moulin nait en 1942 à Ixelles[1], il est le fils du sociologue et écrivain Léo Moulin et de Jeanine Moulin, poétesse et essayiste. Il suit des cours de musique à l'académie de musique d'Ixelles[1].

MORT

Marc Moulin décède d'un cancer de la gorge le 26 septembre 2008. Son inhumation a lieu le 29 septembre 2008 au cimetière d'Ixelles, dans la plus stricte intimité selon ses dernières volontés[2],[3], sa mort est annoncée le jour même sur le site du quotidien le Soir et ensuite confirmée par un de ses collègues du Télémoustique[4]. À l'annonce de la nouvelle par téléphone Ron et Russel Mael, des Sparks, auraient fondu en sanglots[5]. Pour Pierre Kroll, qui illustrait ses "humœurs" dans Télémoustique, « Il est irremplaçable. Et je déteste entendre parler d'une vie bien remplie. Marc n'était pas coureur cycliste, mais musicien de jazz et auteur. Il pensait et écrivait. À 66 ans, il ne nous a peut-être donné que la moitié de ce qu'il avait en lui. »



  1. a et b Vinciane Baudoux, « Marc Moulin range définitivement son micro et ses claviers [archive] » sur Les Cahiers de l'ACME, 2 octobre 2008. Consulté le 15 octobre 2008
  2. Thierry Coljon, « Générations Moulin », dans Le Soir, 1er octobre 2008texte intégral [archive] (page consultée le 13 octobre 2008) ] 
  3. Marc Moulin n'enverra plus de Telex [archive] sur actu24.be, Vers l'Avenir, 30 septembre 2008. Consulté le 13 octobre 2008
  4. N.Cap, « Marc Moulin s'en est allé », dans La Dernière Heure, (30/09/2008) [ texte intégral [archive] (page consultée le 13 octobre 2008) ] 
  5. Yves Bigot, « Fin de transmission pour Marc Moulin », dans Libération, 2 octobre 2008texte intégral [archive] (page consultée le 13 octobre 2008) ] 
  6. Jean-Luc Cambier, « Top secrets », dans Télémoustique, no 4315, 8 octobre 2008  (p. 23)









Fin de transmission pour Marc Moulin


Techno-pop. Le producteur, jazzman, leader du groupe belge Telex et figure de la RTBF est mort à 66 ans d'un cancer de la gorge.

YVES BIGOT

Ici, le musicien bruxellois Marc Moulin était connu pour avoir lancé avec son ami parolier Jacques Duvall la carrière chipie pop spectorienne de Lio, puis composé et réalisé quatre albums d'Alain Chamfort, de Tendres fièvres en 1986 à Personne n'est parfait en 1997. En Europe, ce touche-à-tout était leader du groupe Telex.

Kraftwerk belge lancé en 1978 avec une version situ minimaliste de Twist à Saint-Tropez, ce trio électro-BD triomphait ensuite avec Moskow Diskow, cultivant l'absurde en participant à l'Eurovision 1980 avec Eurovision, qui répète inlassablement ce logo au vocoder. Telex, qui s'était reformé il y a quelques années et avait lancé la vogue des remixes, participait de la vague synthétique dont relèvent aussi bien Depeche Mode que les tenants de la cold wave (il figure sur une double compilation de sortie, A Man and a Machine), mais son influence en dépassait les frontières, à tous les sens : ZZ Top s'en réclamait pour les rythmiques séquencées gagnantes de son méga Eliminator, et lorsque les frères Mael, des Sparks, ont appris mardi au téléphone à Los Angeles le décès de Marc Moulin, à 66 ans, d'un cancer de la gorge, ils ont fondu en sanglots : Moulin avait coréalisé à Bruxelles leur album In Outer Space, et Ron et Russell Mael avaient écrit des paroles pour Telex (l'album Sex). Ils chantaient encore récemment sur l'un des disques electro soul que Marc Moulin enregistrait désormais pour le prestigieux label Blue Note.

C'est que, bien avant de marquer la pop française et la techno transeuropéenne, ce fils d'un grand intellectuel belge et d'une poétesse, étudiant en sciences-po et économie, avait hanté depuis 1961 les clubs de jazz autour de la Grand-Place avec son fidèle, le guitariste Philippe Catherine, accompagnant au piano Slide Hampton, Dexter Gordon et autres Johnny Griffin de passage à Bruxelles.

Au début des années 70, il fondait Placebo, formation de fusion réputée, inspirée par Soft Machine et notoire pour son jeu de Moog (le jeune Brian Molko, grandi à Bruxelles, reprendra le nom en hommage rock), avant de se lancer en solo sous le nom de Sam Suffy. Parallèlement, ce géant brun au regard doux entrait à la RTBF, où ses émissions musicales du week-end sont légendaires - comme sa participation d'humoriste au fameux Jeu des dictionnaires avec Jacques Mercier et Philippe Geluck.

Auteur de pièces de théâtre, essais, chansons, chroniqueur à Télé Moustique, icône belge, Marc Moulin enregistrait sous son nom depuis 2001 et se produisait avec un succès grandissant dans toute l'Europe du Nord. Il a été enterré mardi à Ixelles, où il adorait promener Sadie, sa chienne zinnekke (bâtarde en bruxellois), à qui il vouait une passion, comme à sa musique.








Le monde de la musique et de la radio est en deuil
,
le musicien Marc Moulin est décédé vendredi, à la suite d'une longue maladie. Il avait 66 ans. Conformément à ses dernières volontés, ses funerailles ont eu lieu, ce mardi au cimetière d'Ixelles dans la plus stricte intimité.

Une personnalité qui aura marqué le monde de la radio, en créant des émissions telles King Kong dans un premier temps, puis Radio Cité le week-end en fm. Compositeur pour Lio et Alain Chamfort, fondateur des groupes Telex et Placebo, sa musique était un mélange d'électronique, de jazz influencée par Miles Davis. En tant que musicien et compositeur, il était encore très actif jusque tout récemment. Son dernier album, intitulé "I Am You", était sorti en janvier 2007 et il était monté sur scène l'an dernier encore.

Marc Moulin avait aussi participé au Jeu des Dictionnaire et à la Semaine Infernale. Son esprit pince-sans-rire sévissait aussi dans ses Humoeurs pamphlétaires hebdomadaires de Télémoustique.








L'album Top Secret


À l'image d'un Shuggie Otis qui a eu une influence majeure sur différent courants de musiques actuelles, plusieurs albums de Marc Moulin datant des années 70 ont été réédités. Au même moment, paraissent 2 compiles avec des remixes hommages de Carl Craig et d'autres importants remixeurs de la scène "dance" actuelle. C'est, notamment, cette coïncidence qui amènera, très naturellement, à M.Moulin, l'idée d'une fusion de ces univers jazz et électro, sorte de bop-house dont l'aboutissement est le présent album Top Secret. Habitué aux rapprochements de styles musicaux depuis 1969 où il engendra ce qu'on appellera jazz-rock et bien plus tard acid-jazz, M.Moulin revient donc, après un aparté dans la variété où il produisit Lio, Chamfort ou encore Katerine, à ses premières amours. Celles où il se produisait avec les plus grands solistes jazz américains, celles où il faisait découvrir les sonorités de nouveaux claviers (pianos électriques, clavinets ou encore synthétiseurs). Parmi son public de l'époque, des personnalités très diverses allaient bientôt émerger : Atkins, Derrick May (les fondateurs de la house et de la techno), Jill Scott, mais aussi de nombreux groupes de jazz-rock et de fusion. Si l'impact de cet album, légitimement et logiquement sorti sur le prestigieux Blue Note, ne sera pas aussi marquant que le Boulevard de St Germain sorti 6 ans plus tôt, la qualité de l'instrumentation ainsi qu'une production largement expérimentée feront de Top Secret un album d'une profondeur et d'un aboutissement évident. Respect à un doyen à qui l'on n'a pas fini de rendre hommage.
Luc Demont







Marc Moulin - Sam' Suffy ( 1975 )


Il est temps de parler ici d'un royaume tout proche et cher à mon cœur , la Belgique , grâce à l'un de ses fiers et talentueux représentants , Marc Moulin .

Né à Bruxelles en 1942 , Marc Moulin est , comme nombre d'artistes belges , un artiste pluridisciplinaire . Parcours atypique pour ce fils d'un sociologue et d'une écrivain , licencié en sciences politiques et économiques de l'ULB ( comme quoi ça mène à tout ) qui entame sa carrière musicale comme pianiste dans des cercles de jazz et des festivals. Consacré à de nombreuses reprises pour son travail avec son premier trio ou sa collaboration au quintet d' Alex Scorier il a maintes et maintes fois l'occasion de travailler avec la crème des musiciens américains et européens , notamment avec le guitariste Philippe Catherine . Ces deux là rêvent de suivre l'exemple de Miles Davis et de « fusionner » l'influence du rock , du R&B et du funk dans leur jazz . 

Moulin crée son propre groupe, Placebo, au début des années 70. Il y tient les claviers aux cotes de Nic Fisette (trompettte), Alex Scorier (saxophone), Richard Rousselet (trompettte), Nicolas Kletchkwowsky (basse), Freddy Rottier (batterie) and Johnny Dover (saxophone). Philippe Cathérine (guitare), Yvan de Souter (basse) and Francis Weyer (guitare) feront aussi partie du groupe . Essentiellement influencé par toute la scène progressive de l'époque ( Soft Machine et consort ) , Placebo ( à ne pas confondre avec qui vous savait )  acquiert très vite une renommée internationale avec les albums « Ball of eyes » en 1971 , « 1973 » en … 1973 plus expérimental , où Moulin inaugure son nouveau jouet : un Mini-Moog, omniprésent sur « Placebo » en 1974 , troisième album du groupe , célébré par le producteur américain Kirk DeGiorgio comme un des meilleurs albums jazz-funk des années 70 . Le dernier concert de Placebo se déroule en 1976 . Ces disques originaux sont franchement très difficiles à trouver , mais vous pouvez vous procurer les Placebo Sessions 1971-1974 .

Moulin est en fait très vite lassé et déçu par Placebo . La production des albums de Placebo ne lui convient pas et les autres membres ne semblent pas vouloir emprunter les mêmes chemins que lui , vers un jazz plus proche des théories de la musique concrète . Trop créatif , l'inertie créatrice inhérente à un groupe de 10 musiciens aux désirs différents lui déplait . En réaction , il crée , parallèlement à Placebo , le trio « Sam' Suffy » ( humour ! ) avec le batteur Bruno Castelluci et le trompettiste Richard Rousselet . A eux trois , ils développent un très gros son en expérimentant des nouvelles techniques d'enregistrements . Ainsi , en studio , ils sont parmi les premiers à utiliser des séquenceurs . Ils s'enregistrent sur bandes qu'ils font tourner sur scène , rejouant par-dessus , rajoutant de nouvelles parties instrumentales afin de multiplier les sonorités et de se laisser aller à l'improvisation . L'album Sam' Suffy , enregistré à Bruxelles en décembre 1974 , sorti en 1975 et réédité sur Blue Note en 2005 , est un petit bijou de groove . Marc Moulin compose tous les morceaux ( sauf la reprise de « Misterioso » de Thelonius Monk ) et tient évidemment les claviers . Le trio est accompagné de Jasper van't Hoff aux claviers , de Philippe Catherine à la guitare et de Garcia Morales aux percussions . L'influence de Miles Davis et d'Herbie Hancock suinte de partout , mais avec cette petite touche de fantaisie typiquement européenne . Ainsi , les titres des morceaux , pleins d'humour , font référence aux styles musicaux affectionnés par les musiciens : « Le Saule » , « La Blouse » , « La Bougie » , et , mon préféré , « Le beau Galop » . Mais c'est la suite en 5 parties intitulée « Tohu-Bohu » ( qui occupait toute la face B du 33 t et qui a été samplée par Jill Scott , Dj Vadim ou Handsome Boy Modeling School ) qui représente le contenu le plus novateur du disque : water drums , duo trompette-hippopotame (vous avez bien lu) , longues plages de moog , passages free et toujours cette basse jouée au Moog par Marc Moulin , précurseur ici des lignes de basse de la House .  

Toujours dans cette veine expérimentale , Marc Moulin crée l'éphémère label Kamikaze , sur lequel sortent les premiers disques des Tueurs de la Lune de Miel  et d'Aksak Maboul ( que l'on retrouvera plus tard sur l'excellent label Crammed Discs ) . En 1978 ,  s'engage dans la musique électronique en créant , avec Dan Lacksman et Michel Moers , le groupe Telex ( si vous ne connaissez pas ce groupe génial , je vous conseille de commencer par lire cette page ) . Il se concentre dans les années 80 sur son travail de producteur. Il a notamment travaillé avec Lio ("Banana Split", "Mona Lisa" et "Les brunes ne comptent pas pour des prunes"), Jacques Duvall ("Comme la romaine", "Je déçois"), les Sparks , Alain Chamfort , Arnold Turboust .

Il est régulièrement appelé pour composer des musiques de films pour la télévision et le cinéma. Dès 1967, il était entré à la RTBF pour s'occuper de diverses émissions: "Cap de nuit", "King Kong", "Radio Cité", et d'autres émissions de jazz. Il a aussi participé à des magazines de France Musique (Radio France). Il compose les génériques de "Cap de nuit" (1967), "Dimanche musique" (1969), "Cargo de nuit européen" (1989) et celui du JT (1990). Il fait partie de l'équipe du mythique « Jeu des dictionnaires » ( mes amis frontaliers comprendront ) et de « La semaine infernale ». Depuis 1997, il anime la rubrique "Humoeurs" du magazine Télémoustique. Il est aussi l'auteur de pièces de théâtre : « Les aventures du docteur Martin » (créée en 1997), « l'Ascenseur » (créée en 2000). Il a en outre écrit 2 ouvrages: « La surenchère (l'homme médiatique) » et « A la recherche du bémol ». En 2001 , il retrouve le succès avec les albums Top Secret , puis Entertainment en 2003 , où il revient au jazz électronique sur le label Blue Note , ce qui le place au côté de St Germain et d'Eric Truffaz ( qui eux n'ont fait que s'inspirer de ces travaux précédents ) .

Ecoutez :

Marc Moulin - Le Beau Galop ( prononcez "Le Boo-Galoo" ... on retrouve ici l'influence d'Herbie Hancock . Moulin s'amuse avec ses claviers , simplement accompagné de Garcia Morales aux percussions . Un bon titre rare groove , comme je les aime . )

Marc Moulin - Tohu Bohu part 1 ( titre inaugural de la face "expérimentale" du disque , un beau travail sur le son et une leçon à Truffaz , 30 ans avant . )

Achetez ce disque ici .






Jazz, jazz, jazz

Marc Moulin, diplômé en sciences politiques et économiques de l'ULB, s'intéresse très jeune au jazz, dès le début des années 60. Il entre à la RTB en 1968 pour quelques années avant de partir à Radio-France au milieu des années 70 afin de se familiariser avec la production radio. Parallèlement, il se consacre à son groupe de jazz fusion, Placebo.
Radio Cité et Telex

Quand Marc Moulin revient en Belgique, il fonde pour la RTB le concept de Radio-Cité (1978-1986). Désireux de développer la production d'artistes invités en studio, ce passionné de musique voit ses idées tomber à l'eau à cause du manque récurrent de budgets à la radio-télévision du service public. Ne se décourageant pas pour autant, Marc Moulin se tourne vers la société Vogue et mène divers projets sous le label Kamikaze (premier album des Tueurs de la Lune de Miel, premier album d'Aksak Maboul, …). Ses activités vont mettre sur sa route Michel Moers, issu du milieu folk. Ils formeront avec Dan Lacksman, LE spécialiste des synthétiseurs, le mythique trio Telex.

Mélangeant l'électronique et l'humour, le cocktail du trio connaitra un succès considérable un peu partout en Europe, multipliant les reprises allumées de grands standards de la chanson ou s'amusant à piocher dans des références typiquement belges, voire bruxelloises. Telex ira même jusqu'à se produire à l'Eurovision en 1980 offrant à tous un grand moment d'humour absurde.
Moulin, Duvall, Lio, Chamfort… et les autres

Parallèlement à la carrière qu'il mène avec le trio, Marc Moulin produit le « Banana Split » de la toute jeune Lio dont le texte a été écrit par Jacques Duvall. Cette première collaboration en amènera de nombreuses autres. En effet, Jacques Duvall deviendra le parolier et le complice pour toutes les futures productions ou réalisations de Marc Moulin.

En 1982, Marc Moulin rencontre Alain Chamfort qui vient de mettre fin à sa collaboration avec Gainsbourg et qui travaille depuis peu avec Duvall dont il apprécie les textes. Le trio se forme et enchaine les tubes : « La Fièvre dans le sang », « L'Ennemi dans la glace », « Clara veut la Lune ». Leur collaboration accouchera de quatre albums fonctionnant sur la même recette : Duvall s'occupe des textes, Moulin réalise et compose avec Chamfort les musiques.

Au fil des années, Marc Moulin multipliera les casquettes de producteur, de musicien, d'auteur de pièces de théâtre ou encore de chroniqueur dans la presse écrite (Télé Moustique) ou à la télévision (Jeu des dictionnaires, Semaine infernale, …).
Retour aux sources

En 1999, l'artiste est contacté par le label Blue Note. Marc s'en donne à cœur joie et ressort un album sous son propre nom. Il y revient à ses premiers amours en mixant du jazz avec de l'électro et de la soul. L'album sort en 2001 et s'appelle « Top Secret ». Le succès est au rendez-vous. Deux autres opus sortiront par la suite, « Entertainment » (2004) et « I am You » (2007) sur lequel on retrouve la griffe du copain de toujours, Jacques Duvall.

Fidèle à sa discrétion légendaire, Marc Moulin nous a quittés sur la pointe des pieds le vendredi 26 septembre 2008 à 66 ans.






"Faites péter la pub"

extraits de différentes chroniques de Marc Moulin dans Télémoustique
mercredi 26 septembre 2007

Extraits des chroniques de Marc Moulin, dans Télémoustique :

"Le nouvel iPod est sorti, et c'est génial. Tu peux y mettre tes 40.000 chansons préférées. C'est dingue, j'ai calculé qu'avec 8 heures de sommeil par jour, tu pourrais te les réécouter toutes en seulement six mois. Tu mets ça en boucle, et tu es parti pour entendre chacune de tes 40.000 chansons préférées entièrement deux fois par an.

Pour les 160.000 autres chansons que tu gardes, celles que tu aimes un peu moins que tes 40.000 chansons préférées, tu n'as qu'à les stocker sur quatre autres iPod que tu ne dois réécouter que de temps en temps (parenthèse : j'adore quand on me tutoie dans la pub, c'est comme si on feignait de croire aux efforts désespérés que je fais pour avoir l'air deux mois plus jeune ; c'est comme quand on m'appelle "Madame" et qu'on me parle de mes protections périodiques, je me dis que je dois être un fameux travesti pour qu'un type aussi intelligent qu'un publicitaire ait pu confondre). "

Faites péter la pub

"Pendant que vous vous les dorez au soleil d'été, des députés incons(is)tants vous font en douce des lois abominables. Le 17 juillet, les parlementaires de la Communauté française ont voté les nouvelles règles publicitaires pour la RTBF. Un : davantage de pub. Deux : nouvelles techniques publicitaires (virtuelle, interactive, écran partagé). Trois : élévation du plafond des recettes publicitaires à 50 %.

La radio-télévision dite de service public et sa ministre Francine Lalanne ont donc choisi définitivement le modèle commercial contre tout sens commun, et notamment contre le développement durable.

En optant pour le pouvoir absolu des annonceurs sur les programmes, et pour la destruction de la santé et de l'environnement, par incitation à la surconsommation. Ce vote, ajouté au volet "écologique" calamiteux de l'Orange bleue, complète magnifiquement la démonstration que les nouveaux discours électoraux très "Gore" sur l'écologie façon PS, cdH ou MR n'étaient qu'opportunistes et mensongers. Et que non, décidément, "tout le monde" n'est PAS devenu écolo. Loin de là."

L'éducation aux médias, ha, ha, ha

"En 1995, on avait créé le Conseil de l'Education aux médias. J'avoue que je ne me souviens plus à la suite de quoi, mais ça devait être, une fois encore, une de ces lois mal ficelées votées sous le coup d'une émotion médiatique collective, et ne tenant pas compte de ce qui existait - comme la moitié de la législation de notre pays.
De la com électorale, quoi. Evidemment, ce machin n'a pas servi, et aujourd'hui on annonce "l'avant-projet de décret portant création d'un Conseil supérieur de l'Education aux médias". Sans doute qu'on espère que l'inclusion du mot "supérieur" va tout changer, et que ça va servir enfin à quelque chose. L'idée générale et officielle, on la connaît, est de former les enfants à décoder la pub et les programmes, disons pour leur protection.

L'idée subliminale est moins alléchante : permettre aux médias et à la pub d'aller encore plus loin dans la surenchère, au prétexte que les victimes des programmes seraient, en principe, formées et immunisées. Lâchez la grippe aviaire, ils sont vaccinés. Plus hypocrite, tu meurs. J'ai toujours dit que ceux qu'il fallait éduquer aux médias, ce n'étaient pas les consommateurs, mais plutôt les professionnels des médias.

Sinon, ce sera toujours la même escroquerie intellectuelle : se contenter d'éduquer les poulets à la compréhension du point de vue du renard.

Et si on s'en prenait aux responsables, pour une fois ?

Eduquer les télés aux médias, voilà un vrai projet. Un job que le Conseil supérieur de l'Audiovisuel ne fait pas, notamment parce qu'il n'intervient qu'après coup, quand le malheur est déjà arrivé et oublié. On peut rêver ? Eduquer les patrons de médias à être indépendants et compétents, et à ne pas être les bons toutous d'un parti politique ou d'un actionnariat publicitaire - ou des deux.

Eduquer les producteurs et présentateurs à travailler pour le public et dans le respect de l'intérêt général, et non pour leur gloriole, leur intérêt pécuniaire et sous la censure des fournisseurs de pub. Eduquer les journalistes à embarrasser vraiment ceux qu'ils interviewent, et à ne pas permettre qu'un patron de parti les insulte parce qu'ils n'ont pas assez servi la soupe.

Apprendre aux créateurs de fictions à montrer autre chose que des histoires où le seul mode de règlement des conflits est la violence, la tricherie et la malhonnêteté. Voilà quelques idées d'éducation aux médias qui ne courent pas les rues, mais qu'on aimerait voir mises en oeuvre. Ce sera en tout cas plus efficace que d'envoyer des gosses suivre des cours du soir de télévision.

La Cité Interdite

La RTBF veut plus de pub dans l'avenir. Chaque fois qu'une association et des hommes politiques demandent à en débattre, la "radio-télé publique commerciale de gouvernement" hurle au viol, comme elle le fait quand on parle de sa dépendance politique, ou de la mainmise des publicitaires (et des commerciaux qu'ils remorquent) sur les programmes.

C'est bien de cultiver un sain réflexe d'indépendance, mais pourquoi justement dans les domaines où l'on est le plus suspect ? Les réponses aux hypothèses sur la publicité, qui pollue le service public, sont toujours de mauvaise foi de la part de la Cité Interdite : suppression de x chaînes, suppression de y emplois. Des menaces, mais pas de fait, pas de débat, pas de réflexion."

Le gratuit, c'est nul

"Vous avez remarqué ? On vit dans une époque où le fric est dieu, et pourtant il n'y a jamais eu autant de trucs gratuits. La raison en est simple : le gratuit, c'est le même fléau que le fric, mais en version promo. Le gratuit, c'est une belle arnaque. Le gratuit nous intoxique, le gratuit nous nique. Et le presque gratuit - comme RyanAir -, c'est la même chose. Bon, là je sens que vous allez me haïr pire que d'habitude. Vous imaginez que je m'en fiche des défavorisés qui rêvent de gagner un pauvre ticket de ciné ou un shampoing, parce qu'ils n'ont pas le pognon pour acheter tout ce dont ils ont envie - enfin, tout ce dont la pub leur donne envie.

Eh bien, justement, c'est ça qui pue avec le gratuit. C'est de la pub invasive, en vraie grandeur. Le gratuit, c'est du surendettement différé. Dès que je vois un truc gratuit ou à prix mini, je sens qu'on me manipule, qu'on me mobilise, qu'on m'embrigade. La presse gratuite nous injecte les idées des patrons de presse gratuite. La DH paie mes vacances. ING racole les jeunes en leur jetant 10 € d'aumône. Avec quoi ces jeunes ouvrent un compte ING pour se faire avoir toute leur vie - là ou en face, quelle différence ? - avec les commissions et les prélèvements.

Quand je paie 5 € pour me faire transporter à Barcelone par RyanAir, c'est pour aider Monsieur RyanAir à mieux mettre à genoux ses concurrents, à empêcher qu'ils lancent des compagnies normales qui paient mieux leurs employés. Je suis pauvre, je vole forcément low cost pour trois jours au soleil, mais ça revient à aider mon ennemi : un patron qui se bourre de pognon en sous-payant mes frères pauvres. Et si mon frère pauvre râle, pas grave, on déménagera la compagnie dans des pays qui favorisent la précarité et bousillent le droit de grève, et en plus, en volant les subsides provenant des impôts des pauvres. Et mon frère pauvre, chômeur du low cost, achètera ses fringues chinoises, en faisant de ses potes du textile high cost de nouveaux chômeurs. Et pendant leur temps libre, tous ces pauvres gagneront des tas de billets de concerts et des disques que les radios nous vomissent à la tête. Un monde gavé de restes."
 




















16/01/2011
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