Alain YVER

Alain YVER

MARCEL DUCHAMP

MARCEL DUCHAMP







//www.zumbazone.com/duchamp/

//mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ens-duchamp/ens-duchamp.htm

//www.ina.fr/art-et-culture/musees-et-expositions/video/CPD07011070/marcel-duchamp.fr.html

//www.evene.fr/citations/mot.php?mot=marcel-duchamp

//www.dadart.com/dadaisme/dada/035a-duchamp-cage.html

//www.lemonde.fr/sujet/73df/marcel-duchamp.html


//fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_%28Duchamp%29


//fr.wikipedia.org/wiki/L.H.O.O.Q.

//decourtenay.blogspot.fr/2009/07/marcel-duchamp.html

//www.larousse.fr/encyclopedie/musique/Laroussefr_-_Article/1101882





BIOGRAPHIE


Marcel Duchamp, né le 28 juillet 1887 à Blainville-Crevon, (Seine-Maritime) et mort à Neuilly-sur-Seine (actuellement Hauts-de-Seine) le 2 octobre 1968, est un peintre, un sculpteur et un plasticien franco-américain, inventeur des ready-made. Son œuvre la plus riche et la plus étrange, à l’élaboration complexe, est La mariée mise à nu par ses célibataires, même ou Grand Verre, réalisée sur panneau de verre (1915-1923, musée de Philadelphie). Le Grand Verre est l’aboutissement de plusieurs études préliminaires telles que Neuf moules mâlics (1914-1915) qui correspond à l’obsession d’une « vraie forme » invisible, obtenue par contact, afin de synthétiser toutes ses théories magiques et sa théorie de l’art comme « fait mental ».






Marcel Duchamp

Hervé Le Tellier
Marcel Duchamp  est entré à l’Oulipo le16 mars 1962 comme correspondant américain du groupe. Peintre, sculpteur, poète, inventeur du ready made et sans doute de l’art moderne, il découvre les Impressions d’Afrique de Roussel lors d’une représentation en 1912, et commence à travailler à son plus ambitieux projet, La mariée mise à nu par ses célibataires, même. Arrivé à New York en 1915, il se lance dans la fabrication des premiers ready-made. Joueur d’échecs professionnel de 1929 à 1933, il fait la connaissance de Le Lionnais. Il devient à la fin des années 30 conseiller de Peggy Guggenheim, poursuit son œuvre tout en organisant des expositions sur le Surréalisme et le dadaïsme. Il est admis en 1959 au Collège de Pataphysique avec le rang de « Transcendental satrape » et l’honneur supplémentaire de Maître de l’Ordre de la Grande Gidouille. Lors de sa dernière soirée avec les Man Ray et les Lebel, Marcel Duchamp rit : il lit la biographie d’Allais, rédigée par François Caradec. Quelques heures plus tard, il s’éteint. Sur sa tombe est inscrit : « D’abord, c’est toujours les autres qui meurent. »







Marcel DUCHAMP

(1887-1968)

Marcel Duchamp poursuit des études à Paris et fréquente l'Académie Julian. Il fait son véritable apprentissage de la peinture auprès de ses frères et de leurs amis, réunis sous le nom de Groupe de Puteaux, principalement des artistes d'inspiration cubiste comme Fernand Léger ou Robert Delaunay, ou encore Albert Gleizes et Jean Metzinger, auteurs de l'ouvrage Du Cubisme (1912). Très vite sa peinture s'éloigne de la problématique spatiale des cubistes et s'attache à la décomposition du mouvement, ce qui le rapproche des Futuristes italiens, sa toile Le Nu descendant l'escalier en est un exemple. À partir de 1915, installé à New York, il partage son temps entre les Etats-Unis et la France, diffusant les avant-gardes parisiennes, notamment les sculptures de son ami Constantin Brancusi, auprès du public américain. Il collabore avec les Surréalistes en organisant de nombreux événements avec André Breton. À cette époque, il élabore ses œuvres les plus connues, comme le Grand Verre ou la Fontaine.
Anemic Cinema (1925) synthétise les enjeux de son œuvre entière, de la recherche sur le mouvement et le relief (on pense à ses Rotoreliefs de 1935) à celle, conceptuelle, sur le langage. 
Il acquiert une renommée croissante et devient célèbre après la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 50, une nouvelle génération d'artistes américains qui se qualifient de néo-dadaïstes, tels Jasper Johns et Robert Rauschenberg, le reconnaît comme un précurseur.
La réédition en 1964 de ses premiers objets ready-made parachève cette célébrité en diffusant son œuvre dans le monde entier.







Marcel Duchamp

Marcel Duchamp, décembre 1960, sa définition de l'art
Peintre français (Blainville, Seine-Maritime, 1887  – Neuilly-sur-Seine 1968).
Cet artiste, dont le génie s'est exercé à détruire l'art de son milieu, est né dans une famille bourgeoise (son père était notaire), qui devait compter deux autres grands artistes : ses frères Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon. Il commence à peindre en 1902 (Chapelle de Blainville, Philadelphie, Museum of Art, coll. Arensberg), étudie à l'Académie Julian (1904-1905) et exécute des paysages et des portraits influencés par le Néo-Impressionnisme et par les Nabis (Portrait d'Yvonne Duchamp, 1907, New York ; Maison rouge dans les pommiers, 1908, id.). Il donne aussi des vignettes, dans le style de Lautrec et des humoristes " fin de siècle ", pour le Courrier français et le Rire (1905-1910), et, jusqu'en 1910, sous l'influence de Cézanne et des fauves, continue à peindre dans une manière assez moderne, sans agressivité ni audace profondes.
   Cependant, à Puteaux, chez ses frères, qui fréquentent Gleizes, La Fresnaye, Kupka, il se montre bientôt attentif à la leçon du Cubisme, à travers celle de la Section d'or. Sous cette influence, il exécute en 1911 des œuvres où, aux schématisations et aux perspectives multiples du Cubisme, s'ajoute une recherche personnelle du mouvement (Dulcinea, Sonate, Yvonne et Magdeleine déchiquetées, Philadelphie, Museum of Art, coll. Arensberg ; Joueurs d'échecs, Paris, M. N. A. M.). S'est-il inspiré des futuristes ? Les peintres de Puteaux connaissaient fort bien leur esthétique et, dès 1910, 1909 peut-être, Kupka exécutait des séries de figures en mouvement que Duchamp n'a pu ignorer (Paris, M. N. A. M.). En effet, son premier Nu descendant un escalier date de 1911 (Philadelphie, Museum of Art, coll. Arensberg) et sera suivi, en 1912, d'une série d'œuvres capitales, consacrées à l'expression du mouvement, où Duchamp assimile l'influence du Futurisme, de la " chronophotographie " de Marey et de Kupka. Dans ces camaïeux de couleurs brunes s'opposent et s'enchevêtrent des figures immobiles et " vites ", pareilles à des machines, d'où l'humour n'est pas absent (le Roi et la reine entourés de nus vites, Vierge, Mariée, Philadelphie, id.). Ces recherches sont inséparables de celles de Picabia, qui peignait, vers la même époque, des tableaux dynamiques à la limite de l'abstraction (Danses à la source, id. ; Udnie [jeune fille américaine ; danse], 1913, Paris, M. N. A. M.).
   En 1913, Duchamp tourne brusquement le dos à ses recherches artistiques pour élaborer à loisir, sous forme de " notes de travail ", un système tout personnel, que domine une méditation à la fois grave et farfelue sur les sciences exactes. De cette activité philosophique résultent les Stoppages-Étalon (New York, M. O. M. A.). Ces objets à demi scientifiques annoncent ses " ready-mades ", dont le premier, une Roue de bicyclette juchée sur un tabouret, est exécuté la même année. Suivront, entre autres, le Porte-bouteilles (id.), Apolinere enameled (1916-17, Philadelphie, id.), L. H. O. O. Q. (1919), version moustachue de la Joconde, autant de variantes du " ready-made " : simple, " aidé ", " rectifié ", " imité ", " imité-rectifié " ou " servi ", selon le degré d'intervention de l'artiste dans ces éléments " tout prêts ", au gré d'un hasard quelque peu sollicité par l'humour. Dans la plupart des cas, les " ready-mades " originaux sont perdus. Duchamp en a généralement fait quelques versions pour des amis, et Arturo Schwarz en a édité huit exemplaires numérotés et signés en 1964. D'autre part, dès 1913, Duchamp commence à concevoir la célèbre peinture sur verre, la Mariée mise à nu par ses célibataires, même (1915-1923, Philadelphie, Museum of Art, coll. Arensberg), qui est son grand œuvre. Il exprime dans cet étonnant monument une pure et absurde gratuité, et sa philosophie de l'amour et du désir. Selon Robert Lebel, " plan d'une machine à aimer ", la Mariée, par sa disposition même (le symbole féminin dans la partie supérieure, les symboles masculins au-dessous), exprime la difficulté originelle de l'accord charnel, dans lequel la femme, par sa puissance imaginative, est toujours au-delà, et l'homme, rivé par son instinct, en deçà. Les dérisoires neuf " moules mâlics ", célibataires, témoignent férocement de cette impuissance (le prêtre, le livreur de grand magasin, le gendarme, le cuirassier, l'agent de police, le croque-mort, le larbin, le garçon de café, le chef de gare), tandis que la " broyeuse de chocolat ", en bas, à droite, est l'image du plaisir solitaire du célibataire " qui broie son chocolat tout seul ". Une seconde version de la Mariée a été exécutée en 1961 par Duchamp et Ulf Linde (Stockholm, Moderna Museet).
   Le public de l'" Armory Show " de 1913 a fait un succès de scandale au Nu descendant un escalier. De 1915 à 1918, en compagnie de Picabia, Duchamp, installé à New York, y implante ce qui sera l'esprit du mouvement dada. En 1917, Fountain, ready-made particulièrement agressif (un urinoir), suscite un scandale retentissant. En 1918, Duchamp exécute sa toute dernière toile, dont le titre, Tu m' (New Haven, Yale University Art Gal.), est un adieu significatif à l'art. Invité au Salon dada à Paris en juin 1920, il répond par un télégramme : " Pode bal ". Entre Paris et New York, il va désormais se consacrer au " grand verre " de la Mariée, à une parcimonieuse " production " de machines s'insérant dans une série d'expériences sur la perception du relief (Rotative plaque verre [optique de précision], 1920, New Haven, Yale University Art Gal.) et surtout au jeu d'échecs, sa passion, qu'il enseignera pour vivre. Cependant sa gloire grandit ; les surréalistes le considèrent comme un des leurs ; ils célèbrent sa rupture avec l'art et son choix de l'expérience vécue, diffusant bruyamment ses propos, dont Duchamp n'est pourtant guère prodigue. Plus que son œuvre, sa vie est donnée comme un exemple de parfaite rigueur morale. On reconnaît dans ses objets absurdes l'authentique poésie de l'" humour noir " et derrière ses thèmes une métaphysique cohérente. Tant de ferveur et d'ingéniosité ne détourna d'ailleurs pas Duchamp de la vie qu'il s'était choisie. Malgré son constant appui au Surréalisme, il ne revint jamais sur ses postulats. En 1938 avait paru la première édition de la Boîte en valise contenant, sous forme miniaturisée, ses principales œuvres. À partir de 1946, Duchamp commence d'élaborer, dans le plus grand secret, un environnement (Étant donnés : 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage) qu'il n'achèvera qu'en 1966 et qui ne sera dévoilé au Museum of Art de Philadelphie qu'un an après sa mort. Cette œuvre reprend les thèmes essentiels du Grand Verre, mais en les traitant de la manière la plus illusionniste possible. Le spectateur se voit obligé de devenir voyeur en collant son œil au trou pratiqué dans une vieille porte et découvre alors un corps de femme étendu sur des branchages, les jambes largement écartées, et tenant dans sa main gauche un bec Auer, se détachant sur un fond de paysage avec cascade. En 1967-68, l'artiste a pourtant exécuté des dessins et des gravures d'un érotisme humoristique, composés de détails d'œuvres célèbres : le Baiser, le Bain turc, la Femme aux bas blancs de Courbet ; d'autres reprennent le thème de la Mariée ou celui de l'amour.
   Duchamp a adopté un mode d'existence voué à l'exercice de la première vertu philosophique : la liberté. Presque tout son œuvre est réuni au Museum of Art de Philadelphie grâce au legs Arensberg, fait en 1950. Le Museum Ludwig de Cologne organisa une importante exposition rétrospective de son œuvre en 1984 et le Palazzo Grassi, Venise, en 1993.

//www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Duchamp/151987







Une vingtaine de spécialistes internationaux convoqués autour du thème de l'érotisme chez Duchamp.

L'œil destiné à admirer n'est jamais assez grand. Curieusement, alors que Marcel Duchamp jugeait l'érotisme déterminant pour son œuvre, jamais celle-ci n'avait été vraiment abordée par cet œilleton. Le besoin s'est donc fait sentir vivement de réunir différents chercheurs.
Venus chacun avec ses lorgnons, lunettes et autres jumelles d'un peu partout de par le monde, ces « regardeurs » se sont appliqués à lever le voile (ou la voilette). Ils ont passé l'œuvre au peigne fin, quitte à n'en retenir parfois que quelques poils. Ils ont lavé leur cerveau avec du chocolat. DADA, le surréalisme et ses à-côtés, les plus récents développements de l'art et la vie leur ont donné du grain à moudre et du rose à broyer.
Recueil des interventions dans le cadre du colloque Marcel Duchamp et l'érotisme organisé par Marc Décimo à l'Université d'Orléans, du 7 au 9 décembre 2005.
Interventions de Marc Décimo, Jean Suquet, Michael R. Taylor, Patrick de Haas, James McManus, Julian Bourg, Sébastien Rongier, Lewis C. Kachur, David A. Gerstner, Tania Lorandi, Fae Brauer, Gavin Parkinson, Derek Sayer, Philippe Dagen, Elfreide Dreyer, Leah Sweet, Frédérique Joseph-Lowery, Ornella Volta, Cécile Bargues et Séverine Gossart.

Maître de conférences à l’Université d’Orléans, Régent du Collège de 'Pataphysique, chaire d’Amôriographie littéraire, ethnographique et architecturale, Marc Décimo est linguiste, sémioticien et historien d'art.
Il a publié un vingtaine de livres et de nombreux articles sur la sémiolologie du fantastique, l'art brut, les fous littéraires (Jean-Pierre Brisset – dont il a édité l'œuvre complète aux Presses du réel –, Paul Tisseyre Ananké), sur Marcel Duchamp (La bibliothèque de Marcel Duchamp, peut-être, Marcel Duchamp mis à nu, Le Duchamp facile, les mémoires de Lydie Fischer Sarazin-Levassor) et sur l'histoire et l'épistémologie de la linguistique.

//www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=956








La mariée mise à nu par ses célibataires, même
Ce titre décalé par un adverbe inattendu désigne le projet artistique le plus complexe et le plus novateur du XXe siècle.

Conçu à partir de 1911, cet univers se nourrit des expériences les plus créatives de Duchamp et se condense dans deux oeuvres aussi fondamentales que complémentaires : le Grand Verre (1915-1923) et la Boîte verte (1934).

Le thème général en serait l'érotisme, prétexte à des spéculations déconcertantes d'ordre mécanique, chimique, optique, mathématique... une interprétation rigoureusement pataphysique de l'attraction universelle des corps.
« Cela m'intéressait d'introduire le côté exact et précis de la science, cela n'avait pas été souvent fait. Ce n'est pas par amour de la science que je le faisais; au contraire, c'était plutôt pour la décrier, d'une manière douce, légère et sans importance. Mais l'ironie était présente. »

Marcel Duchamp Entretiens p.65

Une mariée aguicheuse domine l'ensemble. Sorte de guêpe-machine, elle balance ses rouages au-dessus de neuf célibataires en uniforme, figurés par des moules cuivreux gonflés d'un gaz qu'on appelle désir. Ce désir est soumis à un gymkana alambiqué au terme duquel, éblouissement, s'ouvre le domaine de la mariée. Il ne suffit alors plus que d'un peu d'adresse - et de chance - pour déclencher la mise à nu.
« Le thème de la mariée m'avait été inspiré, je crois, par ces baraques foraines qui pullulaient à l'époque, où des mannequins, figurant souvent les personnages d'une noce, s'offraient à être décapités grâce à l'adresse des lanceurs de boules. Ce qui concrétise le mieux l'idée de célibataire est sans doute l'uniforme. Cela fait très mâle. D'où le "cimetière des uniformes et livrées".»

Marcel Duchamp DDS p.247

Cette inspiration dérisoire s'enrichit au contact d'autres thèmes qui apparaissent dans le Nu descendant un escalier ou le Moulin à café, comme le mouvement, la notion de temps, de passage, le dessin mécanique... En mai 1912, c'est l'enthousiasme d'une représentation des "Impressions d'Afrique" :
« C'est Roussel qui, fondamentalement, fut responsable de mon Verre. Ce furent ses "Impressions d'Afrique" qui m'indiquèrent dans ses grandes lignes la démarche à adopter. [...] Je pensais qu'en tant que peintre, il valait mieux que je sois influencé par un écrivain plutôt que par un autre peintre. Et Roussel me montra le chemin. »

Marcel Duchamp DDS pp.173-174

//www.zumbazone.com/duchamp/marcel.html







PLAN DE L'ARTICLE
    •    Respiration et circulation
    •    « Remettre la peinture au service de l’esprit »
    •    Ut Pictura poesis ?
    •    Mêmes préoccupations plutôt qu’influences
    •    Virage verbal
    •    Ready mades
    •    A propos de lui-même

Vous consultezMarcel Duchamp ou la pérennité des sources
AuteurFrançoise Le Penven du même auteur
Docteur en art et sciences de l’art
1 « Rien. Peut-être. » Ce fragment jeté sur un papier par Marcel Duchamp mesure-t-il l’étendue de son œuvre ? Œuvre dont l’apparition aurait changé les donnes de la scène artistique. D’après quelques spécialistes, elle serait désormais tout. Pour d’autres, mésestimant la force d’une production, discrète mais prolixe en germes créatifs, elle n’existerait presque pas. L’estimer requiert sans doute un angle d’approche à mi-distance entre ces deux types de réception.
2 Présenter Marcel Duchamp comme initiateur de la possibilité d’utiliser des objets ou figures toutes faites ne s’impose plus. Le portrait de cet inventeur du ready made ne peut cependant pas se réduire à l’évocation d’un artiste thaumaturge et subversif. On ne réduit pas une production à quelques gestes, même quand ceux-ci sont les plus novateurs qui soient, d’autant qu’avec le temps une meilleure compréhension de l’œuvre fait de ceux-ci les symptômes d’un art des plus subtils. C’est l’œuvre dans son ensemble qu’il convient d’embrasser du regard, sous ses différentes facettes, les correspondances ne cessant de se donner la réplique.
3 « Rien. Peut-être. » Rien sans doute, si l’on oublie de remonter vers les sources d’un art dont il faut chercher la substance dans un réseau d’inspiration et dont le poids dépasse le simple rôle de n’offrir que des facteurs déclencheurs. Cet amont fait partie de l’œuvre même. L’univers créatif de Marcel Duchamp invite à décliner les principales sources d’inspiration, qu’elles soient picturales, littéraires, verbales… ou qu’elles consistent tout simplement à des reprises internes, des autocitations.
Respiration et circulation
4 La figure de la source s’inscrit dans l’œuvre même de façon littérale ; elle la meut par l’énergie du flux qui la précède et la continue. Guillaume Apollinaire a su remarquer combien un artiste comme Marcel Duchamp, « aussi peu dégagé de préoccupations esthétiques », est avant tout « préoccupé d’énergie ». Et, pour une esthétique des sources, il n’est besoin que d’énergie. L’air et l’eau circulent tout au long de l’œuvre, et ce avant 1912, année du commencement de la rédaction de notes en vue d’un tableau nouveau. La « chute d’eau » et le « gaz d’éclairage » sont donnés comme métaphores des divers éléments et qualités qui vont s’acheminer dans l’œuvre de ce virage verbal jusqu’à son point final.
5 Le ready made premier, Fountain, non en date mais par fortune subversive, entraîne l’ensemble de l’œuvre sous les augures d’un vocable nouveau enregistrant la transformation sémantique d’un objet jusqu’alors utilitaire et trivial. Fountain, comme nouveau baptême nominal, gomme efficacement les traces d’un ancien sens, d’un ancien rôle. Un nouveau nom accompagne et désigne l’objet choisi. Par un pied de nez commis à l’encontre d’un jury, le ton qui était donné allait couler comme une fontaine…
6 Mais les sources ne jaillissent jamais de nulle part, elles sont héritage ; héritage qu’un artiste a la responsabilité de transmettre par le biais de ses créations. « Maintenir allumée la flamme d’une vision intérieure dont l’œuvre d’art semble être la traduction la plus fidèle pour le profane » est la profession de foi de Marcel Duchamp. L’on sait qu’il souhaitait en finir avec l’expression « bête comme un peintre ». Il attendait des acteurs de l’art qu’ils « développent les qualités profondes de l’individu, l’auto-analyse et la connaissance de notre héritage spirituel », afin de créer un contrepoids en face d’un « monde fondé sur un matérialisme brutal » qui commençait à l’inquiéter.
7 Face à cette exigence, il n’est pas difficile de comprendre combien Marcel Duchamp eut le souci de transmettre, au travers de son art, l’esprit de tout l’héritage spirituel, artistique et littéraire. Considérer l’art de Marcel Duchamp à l’aune de ces résonances culturelles est sans doute un viatique pour saisir quelques fils d’une œuvre dont le système assez complexe peut échapper parfois. En rendant présent, plus ou moins explicitement, l’esprit des œuvres des autres, Marcel Duchamp ouvre la sienne de l’intérieur, y dessinant ainsi un espace large parce que universel.
« Remettre la peinture au service de l’esprit »
8 Dans la lignée de l’histoire de la peinture, une grande partie du terreau duchampien s’alimente de la culture biblique et chrétienne. Les signes d’un tel berceau sont repérables même s’ils sont cachés par le voile de l’implicite.
9 Que l’œuvre majeure de Marcel Duchamp, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, soit un vitrail du chant du monde biblique, cela peut paraître paradoxal ! C’est si vrai que ce fait est voilé par une mise à nu qui peut être entendue comme une sorte d’« Annonciation », genre qui se définit par une parole dont la représentation picturale se manifeste par la trace d’une écriture invisible. Dans la partie supérieure de ce « Grand Verre », espace de La Mariée, l’« inscription du haut », bien qu’invisible, susurre « lesdits commandements du pendu femelle », dont « la voie lactée est conductrice ». Ce tableau sur verre prend uniquement son sens par le va-et-vient entre ses formes peintes et le florilège de notes manuscrites contenant ses idées et intentions. Dès la genèse de son œuvre, c’est à celle de l’humanité que Marcel Duchamp emprunte ses sujets. Adam et Eve, comme Paradis, par la pomme avise de la formation de l’acide mâlique. Quelque deux ans plus tard, la partie inférieure du « Grand Verre » dévolue aux « célibataires » va devenir le domaine des formes mâliques, conséquence des idées…
10 Entre-temps, alors que l’œuvre cherche son leitmotiv, une série de tableaux et études s’épanouit autour de thèmes évoquant le berceau de notre culture occidentale : Le Buisson et Baptême (1911), Vierge n° 1, Vierge n° 2 et Le Passage de la Vierge à la Mariée (1912)… Mais, plus que par les sujets, c’est par la manifestation d’une déontologie que s’affirme comme référence la présence de ces thèmes empruntés à la tradition picturale. C’est, paradoxalement, par nostalgie du temps où « la peinture était littéraire ou religieuse » que le désir d’œuvrer dans le « nouveau » se fit sentir. Après la traversée des « ismes » (impressionnisme, fauvisme, cubisme…), Marcel Duchamp éprouva le besoin profond de trouver sa voie propre, de « chercher son chemin vers une clairière », épouser une façon de faire neuve pour « remettre la peinture au service de l’esprit ». Au moment de ce virage créatif, rien d’étonnant à ce que le thème d’élection se décline autour de celui de la virginité.
11 Lors d’une halte à Bâle, d’un séjour à Munich et dans d’autres villes d’Allemagne quand se précise l’histoire d’une Mariée, le regard de Marcel Duchamp rencontre des figures qui ne pourront plus être absentes de ses conjectures artistiques[1] [1] « Mais si vous voulez trouver une influence, je vais...
suite. Dans une exposition qui s’est tenue justement à Bâle, au printemps dernier, une série de documents était mise en scène pour suivre et illustrer la progression qui a conduit Marcel Duchamp sur la voie qu’allait prendre son œuvre. Jacques Caumont, responsable de la partie évocatoire et documentaire de cette exposition, y a mis en évidence la prégnance non seulement de l’esprit, mais aussi de formes inspirées de tableaux qui auraient marqué le jeune artiste (Marcel Duchamp a alors 25 ans). Le parallèle qu’il établit entre la représentation de la dixième station de la Passion, la mise à nu du Christ, sur l’un des panneaux du triptyque de la Passion de Holbein (déjà visible à Bâle en 1912), et le dessin de Marcel Duchamp annoté « première étude pour La Mariée », fait apparaître des similitudes formelles : une flagelle et les bottes des soldats romains… Mais, de cette première étude d’une mise à nu, rien ne subsistera sur l’œuvre entreprise, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, communément appelée le « Grand Verre », laissé inachevé en 1923 et aujourd’hui phare de la collection du Philadelphia Museum of Art. Sur le « Grand Verre » se trouvent quelques traces autres de l’iconographie chrétienne, faisant penser que Duchamp aurait pu se souvenir d’un autre tableau du Kunstmuseum de Bâle montrant l’enfoncement de la couronne d’épines. Deux branches en croix comme les « ciseaux » du « Grand Verre »…
12 Mais La Mariée, c’est aussi des notes manuscrites liées à cette épopée sur verre éclose en automobile sur la « route Jura-Paris » en compagnie de Guillaume Apollinaire, Francis et Gabrielle Picabia, laquelle avait invité le trio dans sa maison de famille jurassienne. De ce trajet-retour est né le premier texte de la Boîte verte. L’esprit d’Apollinaire commençait quant à lui à orchestrer ses « Méditations esthétiques ».
13 Si Bâle et Munich déclenchèrent visuellement le « Grand Verre », Étival allait initier, à son retour, « route Jura-Paris », l’écriture parallèle au visuel. Guillaume Apollinaire, qui emmena Marcel Duchamp voir les attractions « surréelles » de Raymond Roussel au Théâtre Antoine, joua-t-il une nouvelle fois les muses ? A Étival, il lut à la lettrée Madame Buffet, mère de Gabrielle, l’un de ses poèmes encore sans titre et qu’il allait appeler Zone, double entente du mot. La ferme fortifiée, berceau de la famille Buffet, se trouve dans la zone franche entre la Suisse et le Jura. Et lui aussi, Guillaume Apollinaire — c’est plus qu’une coïncidence — de piocher son inspiration dans le « Christianisme » :
14
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu…Vous priez dans la nuit…Tandis qu’éternelle et adorable profondeur améthysteTourne à jamais la flamboyante gloire du Christ.

15 Duchamp ancra les écrits liés à son tableau dans une sorte de texte-genèse décrivant les premiers traits de cette machine picturale et scripturale, verre et papier :
16
Cette machine à cinq cœurs devra enfanter le phare. Ce phare devra enfanter l’enfant-Dieu, rappelant le Jésus des Primitifs. Il sera l’épanouissement divin de cette machine-mère.
Comme forme graphique, je le vois machine pure par rapport à la machine-mère, plus humaine. Il devra rayonner de gloire…

17 Commentaire superfétatoire pour cette mystérieuse note… hormis le fait que les représentations de nativité par les Primitifs offrent souvent comme décor symbolique un mur de briques ouvert comme celui de Hans Baldung Grien, qui est au Kunstmuseum de Bâle… Etrangement, un mur de briques ouvert est érigé en volume dans l’ultime et posthume œuvre de Duchamp, Etant donnés : 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage…
18 Ces remarques sont le fruit d’un constat, celui de l’inscription de son œuvre dans une longue tradition picturale non concernée par la forme pour elle-même, bien souvent, hélas, productrice d’une pensée unique. Le constat de cette « teinte » ne vise aucunement à attribuer une religiosité à Marcel Duchamp. Aucune confusion n’est possible entre l’emprunt de thèmes religieux pour une réalisation artistique et l’obédience de celui qui la produit, même si le récepteur est libre de ses perceptions individuelles. Marcel Duchamp, s’il a prétendu une « absence d’investigations de ce genre », n’en a pas moins avoué, dans une interview, la filiation inspiratrice entre le thème du dépouillement des vêtements du Christ et le choix de celui de la mise à nu de La Mariée.
Ut Pictura poesis ?
19 Marcel Duchamp a désavoué la conclusion de Michel Carrouges sur le caractère athée de La Mariée, précisant qu’en termes de « métaphysique populaire » il n’acceptait pas de discuter de l’existence de Dieu. De cette ponctuelle discussion n’est surtout à retenir que ce qui est symptomatique. Michel Carrouges est l’auteur d’un livre sur le mythe des machines célibataires dans la littérature : Franz Kafka, Alfred Jarry, Raymond Roussel, Villiers de L’Isle-Adam, Jules Verne… Et dans l’art avec Marcel Duchamp. L’art de Duchamp est une nouvelle fois mêlé à l’art littéraire. Ce n’est pas forcer les faits que de le constater. Cette rencontre, Duchamp lui-même a cherché à la provoquer. Au travers de son œuvre, par l’entremise de citations picturales très explicites ou par allusions plus discrètes, Duchamp rend hommage à Cranach, Holbein, Böcklin, Hans Baldung Grien, Courbet, Ingres, Rodin… et à lui-même — nous y reviendrons ! A la littérature il avoue être redevable, l’héritage pictural se doublant d’un héritage littéraire attestant que son œuvre ne déniera jamais l’importance de l’anecdote et du sujet. Duchamp voulait s’écarter du sillage des peintres — « Je pensais qu’en tant que peintre il valait mieux que je sois influencé par un écrivain plutôt que par un autre peintre » — à tel point que les autres peintres n’hésiteront pas à le démettre de sa qualité de peintre. Comprenons qu’il a préféré l’influence de Raymond Roussel à celle de Cézanne ou de Matisse. La voie royale des jeux de mots, c’est Roussel. Les attractions « surréelles » sur la scène du Théâtre Antoine, inventées par « le club des incomparables », prennent source dans les jeux de mots. Chaque détail du « Grand Verre » va suivre le même chemin.
Mêmes préoccupations plutôt qu’influences
20 A chaque époque, des idées sont dans l’air ; elles circulent comme des ondes radiophoniques et touchent les artistes plus que tout un chacun. Communes, les obsessions des écrivains et artistes de l’époque : machines extraordinaires (Raymond Roussel), corps inanimés ou mécaniques (Villiers de L’Isle-Adam), formes pures et raffinées (Mallarmé et Huysmans). La folie de l’insolite, le règne du hasard et du fortuit (Lautréamont) alimentent indéniablement l’encyclopédie personnelle de Marcel Duchamp. Lire ces ouvrages comme un guide touristique informe le « regardeur » sur ce qu’il rencontre dans un univers paraissant laconique. C’est en quelque sorte essayer de nourrir les silences de l’œuvre. « Selon toutes apparences, l’artiste agit à la façon d’un être médiumnique », n’a pas craint d’affirmer Duchamp dans une allocution prononcée à Houston en 1957, intitulée « Le processus créatif ». C’est ainsi qu’il faut comprendre les similitudes entre Duchamp, Laforgue et Jarry — qui d’ailleurs acquérirent les mêmes connaissances lors de leurs « humanités ».
21 Ce qu’il ne faut surtout pas perdre de vue, c’est que ce dadaïsme latent que Marcel Duchamp butine n’est pas né spontanément : Rabelais le pratiquait déjà ; et dans son épopée sur verre, il est un Don Quichotte transformant, à l’aube du machinisme pictural, les moulins à vent en moulins à aubes. Comme pour Cervantes, Rabelais, Roussel, Jarry, Verne, à la fois une folie et une puissance inspiratrice comparable et incomparable.
22 Les figurations picturales du « Grand Verre » apparaissent comme les trophées de ses stoppages à Bâle, Munich, Berlin, Herne Bay, Fécamp, Rouen… Ils cousinent avec ceux de la place des trophées d’Impressions d’Afrique de Raymond Roussel. Et, surtout, ne pas oublier qu’entre le Yonville de Madame Bovary et le Blainville natal de Marcel Duchamp, serpente (deux ou trois lieues séparant ces deux localités) un petit cours d’eau, le Crevon. Il y a — qu’on le veuille ou non —, avec le Flaubert qui expatrie Bouvard et Pécuchet au pays du Cinglais et qui fait que le beau varie, le partage d’un même atavisme normand. La Mariée, assemblage d’organes, de viscères et d’artères, voies où circule la liqueur d’amour, serait-elle à la fois la Dulcinée inaccessible et l’Emma désespérée ?
23 Plus que la volonté d’attester en amont la réalité de la présence littéraire en tant qu’inspiration, faire le tour d’horizon des lectures duchampiennes permet d’injecter dans l’approche du « regardeur » une matière supplémentaire et nécessaire. Ce brossage de la lecture permet de détecter les points-sources qui essaiment tout le long des petits textes de Marcel Duchamp. Un « grain » renvoie à tel auteur, à telle notion, à telle plaisanterie. L’apport littéraire agit de concert avec l’image comme un accompagnement qui serait (je cite Duchamp) comme « la comparaison en littérature ».
24 L’espace « du lire », aussi divers qu’il se peut dans l’œuvre, devient un espace à part entière. Le monde duchampien s’apprivoise par les livres. Sans leur entremise, le risque est grand de rester à l’orée sans que s’enrichisse efficacement et indéfiniment la trame du « Grand Verre ». Impossible bibliothèque duchampienne aux rayonnages n’ayant droit[2] [2] La bibliothèque de Mary Reynolds aurait-elle joué le rôle...
suite ! On ne peut t’approcher que de très loin ! On ne peut ni compter ni connaître tes nombreux ouvrages abandonnés chez des proches après lecture ! Pour retrouver un ouvrage de Jean-Pierre Brisset dont avait besoin André Breton, l’Anthologie de l’humour noir, Marcel Duchamp dut faire appel à Raymond Queneau. Le désir de saisir au vol les questions qu’il ruminait pousse à enrichir nos propres investigations. La thématique duchampienne a-t-elle pris partiellement naissance dans ses lectures « chères » ? Les chefs-d’œuvre des pinacothèques rivalisent pour lui avec les rayonnages d’une bibliothèque.
25 Le viatique littéraire résonnant, il est parfois possible de retrouver telle source exacte du texte ou du visuel duchampien. Le lecteur-regardeur s’adonne à un jeu dont la dimension compulsive rend inclôturable la « partie », car il importe de demeurer conscient qu’il s’agit d’un jeu du hasard ! Cette navigation au travers ce système de renvoi, on la sait infinie.
26 L’art de lire les notes manuscrites de Marcel Duchamp permet de tisser un réseau de citations qui participe de la diversité de son savoir littéraire : « Je n’ai jamais voulu me limiter à un cercle étroit, et j’ai toujours essayé d’être aussi universel que possible. »
27 Le génie de Duchamp, c’est que, tout en respectant un principe d’économie qui lui est cher, il inclut dans son œuvre une partie de notre héritage culturel, pictural, spirituel, littéraire, philosophique, scientifique, mathématique, humoristique… Transmission assurée par un système de concentration de sources. Les mêmes connaissances du lecteur ne sont-elles pas indispensables[3] [3] La participation du lecteur est requise pour activer le...
suite ?
Virage verbal
28 Une dette existe réellement : Raymond Roussel. C’est lui qui lui montra la voie en juin 1912, lors d’une représentation, au Théâtre Antoine, de Impressions d’Afrique. Son Comment j’ai écrit certains de mes livres ne paraîtra que quelque vingt ans plus tard, mais le spectacle a suffi à Marcel Duchamp pour comprendre son système d’écriture. Voilà donc Duchamp convaincu d’utiliser à son tour le langage comme source. Deviennent genèse et canevas les mots.
29 Le titre d’abord. C’est en estimant la force de la dissonance entre texte et image qu’il en découvre, à l’instar de Gauguin, la potentialité créative : « En fait, dorénavant, j’allais toujours accorder un rôle important au titre que j’ajoutais et traitais comme une couleur invisible. » Le titre prolonge indéfiniment. Le mot « couleur » est employé faute de mieux. La couleur signifie plutôt l’ambiance — couleur locale de l’œuvre en quelque sorte… comme l’atmosphère dans la littérature.
30 La démonstration d’une doublure verbale se consomme plus radicalement avec le mode de fonctionnement de La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, indissociable de son coffret de mots, la Boîte verte. Ses idées pour le « Grand Verre », notées essentiellement entre 1912 et 1914, convergent toutes vers la réalisation de son tableau sur verre. Considérant à nouveau ces « bouts de papier » quelque vingt ans après, en 1934, Marcel Duchamp décide de les faire éditer en fac-similés dans un réceptacle en suédine verte par son alter ego Rrose Sélavy. Ces quelque 93 documents (photos, dessins, et essentiellement notes manuscrites) alimentent la compréhension du fonctionnement : consulter les notes et regarder le verre. Pour Duchamp, la conjonction des deux éléments se devait d’ôter le côté rétinien qu’il n’aimait pas. Un flux doit circuler de la lecture au regard. Par l’incertitude spécifique du langage, un sens toujours neuf a toutes les chances d’éclore.
Ready mades
31 Ce sont aussi les ready mades[4] [4] Le ready made est un objet-poème ou, plus exactement, un...
suite qui exploitent l’opportunité verbale de la façon la plus radicale, même s’ils ne sont que des manifestations sporadiques au regard du « roman néo-scientifique » de La Mariée. Les deux genres sont des « traductions picturales », à l’image des rébus. Les mots sont aussi leur terreau : « Inscrire un ready made », précise Marcel Duchamp. Il ira ensuite acheter le ready made né de mots. Il le trouve sans peine, parce qu’il est le résultat de la petite phrase. L’inverse, jamais ! Ainsi achète-t-il un peigne pour y écrire : « Trois ou quatre gouttes de hauteur n’ont rien à voir avec la sauvagerie » ; une pelle à neige pour y inscrire : In advance of the broken arm… L’innovation du ready made, c’est la formule écrite qui dicte l’objet-support qui fera le deuil de sa fonction utilitaire. Pour le « Grand Verre », il s’agissait encore d’un support traditionnel hérité de l’art du vitrail. Un grand pas est franchi.
32 Dans le pays des mots, la Normandie, qui est aussi la patrie d’Erik Satie, d’Alphonse Allais, de Gustave Flaubert, de Raymond Roussel…, les sources sont hors de portée des exégètes hors du cru. Il faut une prévention face au leurre des mots, face au « mirage verbal ».
A propos de lui-même
33 « Réduire, réduire, réduire », obsession de Duchamp ! De Flaubert, chercheur d’un « sujet invisible », aussi ! Ce traitement, Marcel Duchamp l’applique à tout dans les différents sens de cet « infinitif », et jusqu’à sa manifestation ultime, l’obtention de qualités inframinces. C’est ainsi que, lorsqu’il part à la recherche de son œuvre pour la mettre en abyme (fin des années 30/début des années 40) et transmettre son « héritage », il miniaturise le musée architectural pour le rendre portatif et le réinvente en Boîte en valise. La source pour les autres devient Marcel Duchamp lui-même. Pour mieux constituer un tout ? Sans doute… Rien, peut-être ?
Bibliographie
QUELQUES OUVRAGES SUR MARCEL DUCHAMP
– Cabanne Pierre, Entretiens avec Marcel Duchamp, Belfond, 1967 (nelle éd. Marcel Duchamp, Ingénieur du temps perdu. Entretiens. Belfond, 1977).
– Caumont Jacques et Gough-Cooper Jennifer, Ephemerides on and about Marcel Duchamp and Rrose Sélavy, 1887-1968, Bompiani, Milan, Thames & Hudson, Londres, MIT Press, Cambridge, Massachusetts, 1993.
– Charbonnier Georges, Entretiens avec Marcel Duchamp. Retranscription d’un entretien radiophonique, 1966, Marseille, André Dimanche, 1994.
– Collin Philippe, Marcel Duchamp parle des « ready mades ». Interview télévisée de 1967, Paris, L’Echoppe, 1998.
– Hulten Pontus et Matisse Paul, Notes, fac-similés, Paris, Centre national d’Art et de Culture Georges-Pompidou, 1980, édition de poche, présentée par Michel Sanouillet, Flammarion, 1999.
– Lebel Robert, Sur Marcel Duchamp, Paris, Trianon Press, 1959, réimprimé en fac-similé, Les dossiers Belfond, 1985.
– Ottinger Didier, Le Penven Françoise, Marcel Duchamp dans les collections du Centre Georges-Pompidou et du Musée National d’Art Moderne, Ed. du Centre Pompidou, 2001.
– Sanouillet Michel, Duchamp du signe. Ecrits de Marcel Duchamp réunis et présentés par Michel Sanouillet, avec la collaboration de Elmer Peterson, Flammarion, 1976, rééd. de Marchand du sel (augmentée de A l’infinitif), Paris, « Le Terrain vague », 1958.
– Schwarz Arturo, The Complete Works of Marcel Duchamp, Londres, Thames and Hudson, New York, Harry N. Abrams, 1970, éd. révisée et augmentée, New York, Delano Greenidge, 1997.
– Suquet Jean, Miroir de « La Mariée », Flammarion, 1974.
A LIRE ÉGALEMENT

– Roussel Raymond, Impressions d’Afrique, Paris, Lemerre, 1910, rééd. par Jean-Jacques Pauvert (1963), Le Livre de poche, 1991.
- Comment j’ai écrit certains de mes livres, Paris, Lemerre, 1935, rééd. dans la coll. L’imaginaire, Gallimard, 1995.
 
Notes
[ 1] « Mais si vous voulez trouver une influence, je vais vous dire comment ça s’est fait. C’est Cranach et Böcklin. J’ai passé trois mois à Munich quand ces tableaux ont été faits [La Mariée, Passage de la Vierge à La Mariée…]. L’idée m’était venue de peindre, et j’allais à la Pinacothèque chaque jour. J’adore les grands nus de Cranach le vieux. La nature et la matière de ces nus m’ont inspiré pour la couleur de la chair. A cette époque, j’ai été à Bâle, en Suisse, pour étudier les Böcklin. En Böcklin j’ai trouvé une réaction contre le réalisme, ce que j’appelle la peinture rétinienne, et contre laquelle j’avais déjà l’idée de réagir que l’impressionnisme, le pointillisme, le fauvisme ont emphasé. Je voulais réagir contre la peinture rétinienne et ce fut mon premier… Böcklin fut celui qui m’a donné la possibilité de le faire. Le regardant, mais ne le copiant pas. Non pas que je souscrivais entièrement à Böcklin. Mais, il y avait quelque chose, là. Il est l’une des sources du surréalisme. Absolument. » Extrait d’une conférence de presse à Chicago en 1949.
[ 2] La bibliothèque de Mary Reynolds aurait-elle joué le rôle de la vraie bibliothèque de Marcel Duchamp ? Ayant vécu par intermittences plus d’une vingtaine d’années ensemble, des années vingt au début de la seconde guerre mondiale, la très intéressante bibliothèque de Mary Reynolds était forcément aussi la sienne et, à la mort de Mary Reynolds, il l’a rassemblée à la bibliothèque du Art Institute de Chicago. Sur ce que Marcel Duchamp dit à ce propos, lire l’introduction de Surrealism and its Affinities. The Mary Reynolds Collection, bibliographie compilée par Hugh Edwards, The Art Institute of Chicago, 1956, catalogue de la bibliothèque de Mary Reynolds. Considérer un à un les volumes de la bibliothèque de Marcel Duchamp est une activité paradoxalement métaphorique. Son art est littéraire, mais sa bibliothèque ne s’est jamais fixée nulle part.
[ 3] La participation du lecteur est requise pour activer le versant écrit de l’œuvre ; il en est de même pour le versant visuel, dont le « regardeur » est un pôle essentiel : « Le processus créatif prend un tout autre aspect quand le spectateur se trouve en présence du phénomène de la transmutation ; avec le changement de la matière inerte en œuvre d’art, une véritable transsubstantiation a lieu, et le rôle important du spectateur est de déterminer le poids de l’œuvre sur la bascule esthétique. Somme toute, l’artiste n’est pas seul à accomplir l’acte de création, car le spectateur établit le contact de l’œuvre avec le monde extérieur en déchiffrant et en interprétant ses qualifications profondes, et par là ajoute sa propre contribution au processus créatif. » Le processus créatif, texte d’une intervention de Marcel Duchamp lors d’une réunion de la Fédération américaine des Arts à Houston, avril 1957.
[ 4] Le ready made est un objet-poème ou, plus exactement, un support-poème. Aux Etats-Unis, la barrière du langage et de la culture anglo-saxonne n’a permis que d’apprécier l’objet qui a ainsi perdu son inscription poétique ; l’écrit vain est ainsi devenu. De cette vision univoque est né le Pop’Art, et la mondialisation de la culture a amplifié cette atrophie. Pour les duchampiens francophones et bibliophiles, la poésie a survécu. Le ready made est, malgré lui, devenu un « tableau de charnière », et cela doublement : d’une part par la coupure « mot/objet », d’autre part par son côté déclencheur d’un nouvel art. Duchamp ayant dissocié texte et image pour le « Grand Verre », en y adjoignant la Boîte verte, a ainsi empêché que le même phénomène de dissociation ne se produise.
Résumé
Le portrait de Marcel Duchamp, inventeur du « ready-made », ne peut pas se réduire à l’évocation d’un artiste thaumaturge et subversif. C’est l’œuvre dans son ensemble qu’il convient d’embrasser du regard, sous ses différentes facettes, les correspondances ne cessant de se donner la réplique.

//www.cairn.info/revue-etudes-2002-12-page-651.htm







Paris, 1919


« En 1919, j'étais de nouveau à Paris où le mouvement Dada venait de faire son apparition : Tristan Tzara, qui arrivait de Suisse où le mouvement avait débuté en 1916, s'était joint au groupe autour d'André Breton à Paris. Picabia et moi-même avions déjà manifesté en Amérique notre sympathie pour les Dadas.

Cette Joconde à moustache et à bouc est une combinaison readymade/dadaïsme iconoclaste. L'original, je veux dire le readymade original, est un chromo 8 x 5 (pouces) bon marché au dos duquel j'écrivis cinq initiales qui, prononcées en français, composent une plaisanterie très osée sur la Joconde. »
Marcel Duchamp DDS p.227










Marcel Duchamp Le barbier De La Joconde

 
Marcel Duchamp à Paris n 1927

C  'est en 1919 que Marcel Duchamp ouvre le bal en affublant l' "éternel féminin" d'une paire de moustaches et d'un bouc. Face au "sfumato" de Léonard, une série de cinq lettres directe et sans mystère : "LHOOQ". Huit ans après son vol, la Joconde subit un premier viol. Cette profanation dadaïste connaît d'ailleurs un tel retentissement que son auteur peut présenter en 1965 une simple copie de l'original comme un "LHOOQ shaved". La Joconde de Léonard, c'est en quelque sorte celle de Duchamp après rasage.
Ce jeu de renversement s'accompagne volontiers d'une régionalisation : le cadre rigide du "chef-d'oeuvre" éclate et Mona Lisa devient ni plus ni moins qu'un élément parmi d'autres au sein d'une nouvelle oeuvre. "La Joconde, délare Fernand Léger, auteur d'une Joconde aux clefs, est pour moi un objet comme les autres". Au même titre que la boîte de sardines qui la côtoie. Idole déchue, la Joconde peut prendre définitivement sa place dans les poubelles de la modernité.
Un autre moyen de s'en prendre au mythe de l'oeuvre unique et absolue est de jouer avec sa reproductibilité, dans un processus jubilatoire de duplications et de variations. On peut songer à Rauschenberg, avec sa Pneumonia Lisa (1982), ou encore à la Mona Lisa de Paul Giovanopoulos (1988). Mais l'emblème de la mise en sérigraphie de la toile de Léonard reste le travail de Warhol, qui réduit l'oeuvre à un pochoir monochromatique dans sa Mona Lisa de 1963, ou en combine simplement trente mini-reproductions noires mises bout-à-bout sous le titre évocateur Thirty are better than one (1963).

 "L.H.O.O.Q", célèbre version iconoclaste de "La Joconde" réalisée en 1930 par Marcel Duchamp, a été prêtée jeudi par le Parti communiste français au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou.

Repère essentiel dans l'Histoire de l'art du XXe siècle et en particulier du dadaïsme, l'oeuvre, prêtée pour une longue durée, a été remise en présence de Marie-George Buffet, secrétaire général du PCF et de Bruno Racine, Président du Centre.

A partir du 15 juin, "L.H.O.O.Q", qui vient enrichir l'important fonds d'oeuvres de Duchamp réuni au Centre Pompidou grâce à sa veuve Alexina Duchamp, sera présentée dans "Big Bang", une présentation totalement "relookée" de la collection permanente du MNAM.

C'est par provocation que Marcel Duchamp (1887-1968), inventeur des "ready-mades", imagine en 1919 l'ébauche de cette oeuvre. Il dessine sur une reproduction - une simple petite carte postale - de La Joconde de Léonard de Vinci, une moustache et un petit bouc.

Il y ajoute en guise de légende les cinq lettres "L.H.O.O.Q". Par cette atteinte profanatrice à l'icône absolue de la Renaissance italienne et au chef d'oeuvre incontournable du Louvre, Duchamp, dont le génie s'est exercé à détruire l'art "bourgeois", s'attaque et à l'histoire de l'art et au musée.

"L.H.O.O.Q" (La Joconde), datée de 1930, a été réalisée sur une belle reproduction en héliogravure de production italienne de format 61,5 x 49,5 cm. Cette interprétation de Monna Lisa sera donnée par l'artiste au poète surréaliste Louis Aragon. Membre
du PCF, ce dernier en fera don au Parti avant sa mort en 1982  







Les inRocKs

Art, littérature, recherche: Marcel Duchamp est partou
16/09/2012
Olivier Dollinger, Circle Stories, 2012, courtesy de l’artiste – Marion Meyer Contemporain
Cent ans après son premier ready-made, Marcel Duchamp est partout, de l’art à la littérature en passant par la recherche.
On fêtera en 2013 le centenaire de la Roue de bicyclette, le premier readymade de Marcel Duchamp. En attendant cet anniversaire et le spectacle que le critique d’art Guillaume Desanges consacrera à Duchamp en février à Valenciennes, Bertrand Lavier met en scène, dès le 26 septembre à Beaubourg, ses objets superposés : pierre du Nevada sur réfrigérateur Beaunotte, réfrigérateur Brandt sur coffre-fort Haffner, et ainsi de suite. Une façon, pour cet ancien élève en horticulture qui érigea la greffe au rang des beaux-arts, de s’interroger sur le devenir-sculpture du ready-made.
D’autres encore ont pris de l’avance, faisant de Duchamp un personnage de fiction dilettante dans le roman à clés Orchidée fixe de Serge Bramly ou un sujet d’étude plus sérieux chez l’historienne de l’art Giovanna Zapperi, qui publie aux PUF L’artiste est une femme – La modernité de Marcel Duchamp.
Chez Olivier Dollinger, qui expose à partir du 14 septembre à la galerie Marion Meyer, c’est surtout un motif cher à Duchamp, celui du cercle, qui sert d’axe rotatif à son expo chorégraphiée. À partir d’un rotorelief original et de sa mécanique grinçante, il construit un scénario en boucle autour d’une platine vinyle, venue remplacer le phonographe sur lequel les disques en carton de Duchamp inventaient avant l’heure l’art cinétique, autour aussi de la performance filmée d’une championne de gymnastique rythmique et d’un conte écrit par l’historien de l’art Bernard Marcadé, auteur de la première biographie française consacrée à Marcel Duchamp.
La fascination duchampienne pour le cercle a également été remise en selle par le jeune artiste vénézuélien Jorge Pedro Nuñez à l’occasion de la récente foire Art-O-Rama à Marseille, où il présentait son Bicycle Tour.







Marcel Duchamp et sa « Roue de bicyclette »
Publié le 11/10/2012 
Par Thierry Saumier
La Roue de bicyclette de Marcel Duchamp inaugure cette série qui comportera 15 épisodes liés à la venue du Pompidou Mobile, le 24 octobre.

« Roue de bicyclette, 1913/1964 ». Assemblage d'une roue de bicyclette sur un tabouret. Métal, bois peint (126,5 x 31,5 x 63,5 cm). (© Succession Marcel Duchamp/Adagp, Paris)
La Roue de bicyclette de Marcel Duchamp est probablement l'un des objets artistiques les plus intrigants du XXe siècle. Bien que réalisé en 1913, il reste d'une incroyable modernité, probablement parce qu'il bouleverse radicalement l'art et qu'il ouvre la voie à une multitude de démarches artistiques encore explorées de nos jours.
Cette œuvre peut assurément déconcerter par son caractère surréaliste avant la lettre : il s'agit en effet d'une roue de vélo, sans pneu, fixée par sa fourche sur un banal tabouret d'atelier en bois. Aussi singulière qu'elle paraisse, cette association bizarre de deux objets somme toute banals, qui ne doit semble-t-il plus rien au savoir-faire traditionnel de l'artiste, ne résulte cependant pas d'un cerveau malade.
Duchamp est un artiste intellectuel, qui baigne dans le contexte culturel européen, et singulièrement français, très spécifique du début du XXe siècle. Beaucoup d'artistes en effet pensent que l'histoire de la peinture est en train de s'achever et la Première Guerre mondiale, avec ses horreurs, ses morts et ses destructions, scelle même tout bonnement la fin d'un monde.
Duchamp innove radicalement et propose, certes avec un soupçon de provocation, une nouvelle posture artistique. « Puisque je me déclare artiste, semble-t-il nous dire, et bien je peux décider de ce qui est art. »
En d'autres termes, il choisit d'exposer des produits manufacturés - en l'occurrence une roue de bicyclette et un tabouret - et nous les impose comme étant des œuvres d'art, hissées à ce statut par sa seule volonté d'artiste. Détournés de leur fonction, ces objets fabriqués en série, donc « déjà faits » - ready-made - s'apparentent à une sculpture.
À condition toutefois que notre regard y consente - le rôle du spectateur est désormais crucial -, cet accouplement hybride se voit élevé au rang d'œuvre d'art à part entière, avec une ironie qui n'a cessé depuis de perturber nos conventions culturelles. Par la remise en question drastique des modes d'expression traditionnels, le refus des contraintes idéologiques et esthétiques et l'irrespect subversif, cette démarche a donné naissance à une grande partie des pratiques artistiques actuelles, qu'elles le revendiquent ou non. Après Duchamp, le carcan des médiums traditionnellement employés éclate et il devient possible d'utiliser n'importe quel objet, avec ou sans transformation.
Et parce que le concept prime désormais sur l'objet et la réalisation de celui-ci, les recherches de Duchamp initient aussi au goût pour des questions complexes d'esthétique qui aboutiront dans les années 1970 à l'Art conceptuel.







Le grand ennemi de l'art, c'est le bon goût

Biographie Marcel Duchamp
D'abord caricaturiste pour des journaux, Marcel Duchamp va devenir une référence pour la majorité des artistes contemporains. En 1912, il propose le 'Nu descendant d'un escalier' au Salon des Indépendants de Paris. La réception est médiocre, contrairement à l'Armory show de New York l'année suivante. Mais c'est surtout 'La Fontaine' qui va marquer les esprits : un simple bidet renversé et baptisé ainsi. Le 'ready-made' est lancé, qui consiste à hisser un objet manufacturé au rang d'oeuvre d'art par le seul choix de l'artiste. Il enchaîne avec 'La Mariée mise à nu par ses célibataires, même', une somme d'expériences originales, placées aujourd'hui au musée de Philadelphie, et dans lesquelles il se moque gentiment de la science. Avec André Breton, il organise l'exposition First Papers of Surrealism à New York en 1942, et se révèle très proche de ce qui deviendra la sensibilité dadaïste. Bénéficiant de l'appui des Arensberg, ses mécènes, il obtient la nationalité américaine en 1955. Il a également collaboré avec Man Ray à de nombreuses reprises.

//www.evene.fr/celebre/biographie/marcel-duchamp-2837.php







Marcel duchamp : génie ou dégénéré ?
«Le grand ennemi de l'art, c'est le bon goût.»

Voilà une citation de Marcel Duchamp qui résume assez bien le personnage qu'il était ainsi que l'art qu'il a créé et qui est restée si longtemps dans l'histoire.

Marcel Duchamp (1887-1968) fut un peintre et un sculpteur français naturalisé Américain en 1955. On se rappelera toujours de lui comme l'inventeur d'un mouvement artistique particulier (plutôt devrai-je parler d'"Attitude": le ready-made (que l'on pourrait traduire, si on l'osait, par Le Déjà-Fait ou le Tout-Prêt). Il fut un artiste qui révolutionna l’art du XXe siècle. Son œuvre évoque et traverse les courants futuriste, cubiste, dada, surréaliste et son rapport au monde l’exclut de tout mouvement.

Duchamp se fait connaitre en frappant déjà très fort en 1913, lors de l’exposition Armory show à New York, où il présente "Nu descendant un escalier". Son oeuvre fait scandale !
+ Nu descendant l'Escalier +

Dans cette œuvre, on dénote des tendances cubistes au futurisme de la « photo-dynamique ».

Mais très vite, il s'écarte de la peinture. En effet, en 1913, il expose une sculpture appelée "Roue de bicyclette". Deux objets quotidiens sont assemblés et collés l’un sur l’autre par l’artiste : une roue de bicyclette et un tabouret. Ici rien ne sort de la main de l’artiste qui réalise un collage tridimensionnel.
+ Roue de bicyclette +

Mais le fameux Ready-Made n'apparait qu'en 1914, avec le porte-bouteilles qu'il a acheté au Bazar de l’Hôtel-de-ville.

Ready-Made : Objet usuel promu à la dignité d’œuvre d’art par le simple choix de l’artiste. (définition du Dictionnaire abrégé du Surréalisme, André Breton, 1938)
La main de l’artiste n’intervient plus dans l’œuvre, tout savoir-faire ainsi que tout plaisir esthétique lié à la perception de l’œuvre s‘annulent. La trace du créateur a disparu et se réduit au seul choix et à la nomination de l’objet. Le titre qui, d’abord, nomme le plus platement l’objet, Porte-bouteilles, prendra de plus en plus d’importance. L’objet sera rebaptisé plus tard "Séchoir à bouteilles" ou "Hérisson".
+ Le Porte-Bouteilles +

En 1915 Duchamp s’installe aux Etats-Unis. Poursuivant ses ready-mades il y ajoute des inscriptions comme, sur une pelle à neige, En prévision du bras cassé. La logique verbale seule transforme, par l’humour et les jeux de mots, l’objet usuel en autre chose que lui : une précipitation du futur probable. Duchamp insistera de plus en plus sur cette dimension verbale impliquant par des sous-entendus l’esprit du spectateur dans la perception de l’œuvre. A la délectation de l’œil succède celle de l’esprit.
En 1915, c'est "Fontaine", qu'il signe «Richard Mutt».
+ Fontaine +

Par la suite il commenta ce qui résume en partie sa démarche : « Que Richard Mutt ait fabriqué cette fontaine avec ses propres mains, cela n’a aucune importance, il l’a choisie. Il a pris un article ordinaire de la vie, il l’a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue, il a créé une nouvelle pensée pour cet objet »

Pour lui, le seul critère esthétique ne suffit pas à définir ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas, et l’artiste est celui qui met en question, les poussant toujours de plus en plus loin, les limites de l’art. La disparition de la fonction d’usage de l’objet par son installation dans un milieu muséal, la nouvelle signification que lui confère son titre suffisent désormais à qualifier d’œuvre d’art ce qui a priori ne le serait pas.
Ce geste radical de Duchamp est à l’origine de la remise en cause du statut de l’art au 20e siècle.

C’est à Paris, en 1919, que Duchamp réalise l’une de ses œuvres les plus provocantes en ajoutant au crayon, sur une reproduction en couleurs de La Joconde de Léonard de Vinci, une paire de moustaches et une barbe. S’attaquant à une image canonique de la peinture occidentale, Duchamp la tourne en dérision en la transformant en ce qu’il appelle un « ready-made assisté », car, outre la barbe et les moustaches, il y appose l’inscription en apparence anodine, L.H.O.O.Q. En effet, une lecture rapide des lettres donne la phrase à connotation sexuelle : « Elle a chaud au cul ». Profanation subtile et grossière à la fois de la femme célébrée par le chef-d’œuvre de la Renaissance et allusion aussi à l’ambiguïté sexuelle de l’artiste, l’homosexualité de Léonard sur laquelle on a tellement écrit et qui se lit ici dans la transformation de la célèbre Mona Lisa en hermaphrodite.
+ L.H.O.O.Q. +

Ce qui est impressionnant selon moi, dans l'entreprise de Duchamp, c'est cette capacité qu'il avait à intégrer à son art, non seulement l'objet qu'il mettait en scène, mais également et SURTOUT l'environnement de cet objet et notamment la réaction du spectateur face à un élément dont l'esthétique est plus que banal. Tout fait partie intégrante de son entreprise artistique. En fait, Tout est Art.

Il y aurait tant de choses encore à dire sur la vie de Marcel Duchamp. Je vous ait résumé un court extrait de celle-ci, mais je vous invite à découvrir cet artiste peu commun un peu plus.








Étant donné Marcel Duchamp n°10   2011
300 pages, 372 illustrations

Dès le jour de leur première rencontre à Milan, le 11 septembre 1962, l’artiste italien, Gianfranco Baruchello (né en 1924) tomba sous le charme de Marcel Duchamp. Ils restèrent amis jusqu’à la mort de Duchamp. Ce rapport privilégié eut de profondes répercussions sur la vie et l’œuvre de Baruchello. Le présent numéro d’Étant donné Marcel Duchamp explore les diverses facettes des liens qui unissaient Duchamp et Baruchello. En ouvrant ses archives pour la première fois, Baruchello y a apporté une généreuse contribution. Outre une interview avec l’artiste, ce volume présente la correspondance échangée par Duchamp, Baruchello et leurs épouses ainsi que la republication et/ou la traduction de plusieurs textes de Baruchello dans lesquels Duchamp occupe une place importante. On y trouvera également des articles qui examinent les traces de Duchamp dans l’œuvre de Baruchello, l’important héritage de Duchamp en Italie, et un objet créé en collaboration par les deux artistes en juin 1965. Plus de 370 photographies et documents, dont bon nombre sont publiés pour la première fois, illustrent ces textes ainsi que les nombreux autres articles publiés dans Étant donné Marcel Duchamp n° 10.
//www.marcel-duchamp.com/







Marcel Duchamp

Marcel Duchamp (28 juillet 1887 - 2 octobre 1968) est un peintre, plasticien, homme de lettres français, naturalisé américain en 19551.
Considéré par beaucoup comme l'artiste le plus important du XXe siècle2,3, il est qualifié également par André Breton d'« homme le plus intelligent du siècle ». Inventeur des ready-made au début du XXe siècle, sa démarche artistique exerce une influence majeure sur les différents courants de l'art contemporain. C'est ainsi qu'il est vu comme le précurseur et l'annonciateur de certains aspects les plus radicaux de l’évolution de l'art depuis 1945. Il est considéré comme un des premiers ou même le premier à pouvoir qualifier « œuvre d'art » n'importe quel objet4 en accolant son nom à celui-ci. Les protagonistes de l'art minimal, de l'art conceptuel et de l'art corporel (body art), dans leur inspiration, leur démarche artistique et idéologique, témoignent de l'influence déterminante de l’œuvre de Duchamp. Il aurait également, d'après les nombreux essais qui lui sont consacrés, été l'inspirateur de plusieurs courants artistiques dont le Pop art, le néodadaïsme, l'Op art et le cinétisme5.
Du fait de son influence sur le monde actuel de l'art, son œuvre ne laissant personne indifférent, les interprétations en sont variées (multiples, ouvertes, jamais closes). Que l'on soit pour ou contre : cette œuvre semble en perpétuel devenir.
Origines familiales

Maison d'enfance de Duchamp à Blainville-Crevon.
« J'ai eu une vie absolument merveilleuse. »
— Marcel Duchamp6
Né le 28 juillet 1887 à Blainville-Crevon en Seine-Maritime, Henri Robert Marcel Duchamp est le fils du notaire de Blainville-Crevon, Justin Isidore Duchamp (dit Eugène), et de Marie Caroline Lucie née Nicolle, musicienne accomplie. Marcel est le petit-fils d'Émile Frédéric Nicolle (1830-1894), courtier maritime et artiste, qui enseigna l'art à ses petits-enfants. Il est le troisième enfant d'une famille qui en compte sept, dont le sculpteur Raymond Duchamp-Villon (1876-1918) et les peintres Jacques Villon (Gaston Duchamp, 1875-1963) et Suzanne Duchamp (1889-1963), mariée au peintre Jean-Joseph Crotti.
C’est auprès d'abord de son grand-père artiste, puis de ses frères, de sa sœur et de leurs amis qu’il entreprend son apprentissage de la peinture. Sa marraine, Julia Pillore, belle-fille de son grand-père Émile, avait épousé en 1900 le peintre Paulin Bertrand. Cette année-là, au collège, en 4e, Marcel remporte un prix de mathématiques et exécute son premier dessin connu : Magdeleine au piano7. Durant l'été 1902, il entame ses premières toiles en s'inspirant des paysages de Blainville et ne jure que par Monet. Le soir, il apprend à jouer aux échecs en observant ses deux frères, particulièrement doués.
Il poursuit brillamment ses études à l'école Bossuet de Rouen, décrochant à quinze ans la première partie de son baccalauréat avec un 1er prix de dessin. Durant l'été, il part en voyage à Jersey. L'année suivante, il décroche la deuxième partie du bac (Lettres-Philosophie) et la médaille d’excellence des « Amis des Arts ».
En octobre 1904, avec l'accord de son père, Marcel part s'installer à Montmartre, 71 rue Caulaincourt, vivant chez son frère devenu le peintre Jacques Villon. Il s’inscrit à l'Académie Julian, il tiendra une année, abandonnant à cause des cours théoriques. Il ne cesse de dessiner, de jouer au billard et assiste aux numéros de cabaret humoristiques.
N'ayant jamais fait d'école d'art au sens classique du terme, Marcel Duchamp est donc en quelque sorte un autodidacte.
Débuts : tableaux et dessins

Affiche d'Henri Privat-Livemont (1896) : Duchamp fut toute sa vie impressionné par le bec Auer qu'il commence à dessiner dès 1903.
Après avoir échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel est appelé à faire son Service militaire mais en tant qu'artiste professionnel, il voit son temps réduit à une année (au lieu de trois). Quelques semaines auparavant, Marcel avait en effet décroché un premier emploi chez un imprimeur à Rouen où il avait obtenu un certificat de graveur professionnel auprès d'un jury à qui il avait offert des épreuves tirées à partir d'un travail antérieur... celui de son grand-père ! Par ailleurs, son père part en retraite, quitte Blanville pour Rouen et emmène toute la famille au 71 rue Jeanne d'Arc. Nommé caporal le 11 avril 1906, Marcel est libéré le 3 octobre et emménage au 65 rue Caulaincourt (Paris). Son meilleur partenaire de billard s'appelle Juan Gris.
Pour arrondir les fins de mois, Marcel, à l'imitation de Villon, tente de proposer des caricatures satiriques à des journaux comme Le Rire et Le Courrier français. Après quelques refus8, dix-huit dessins furent publiés entre novembre 1908 et octobre 19109. Il signe Duchamp et pratique un humour parfois jugé gaudriolesque10. Pour la première fois, Marcel hésite entre deux carrières : humoriste ou peintre. Il propose ses dessins au Salon des Artistes Humoristes (Palais des Glaces, Paris) en mai-juin 1907 mais sans grand succès : c'est son premier contact avec le public. Entre noël 1907 et la rentrée 1908, Marcel mène la belle vie : fêtes mémorables rue Caulaincourt, exposition de quatre nouveaux dessins au 2e Salon des Artistes Humoristes (mai-juin) puis longues vacances à Veules-les-Roses. Il déménage à Neuilly-sur-Seine et y demeurera jusqu'en 191311.
Il commence à exposer des tableaux au Salon d'Automne (Grand Palais, oct.-nov. 1908), à savoir Portrait, Cerisier en fleurs, et Vieux Cimetière très marqué par les impressionnistes. Au printemps 1909, il expose au Salon des Indépendants (Orangerie des Tuileries) deux paysages dont l'un sera acheté 100 francs : pour Marcel, c'est une première12. De nouveau à Veules-les-Roses, il se met à peindre les environs et expose ses paysages au Salon d'Automne pour la seconde fois. Une toile est achetée par Isadora Duncan. À la fin de l'année, il expose à la Société normande de peinture moderne organisée à Rouen par son camarade d'enfance Pierre Dumont qui lui présente Francis Picabia qui exposait également. Ses deux frères, Jacques et Raymond, l'invitent souvent à les rejoindre à Puteaux au 7 rue Lemaître où ils vivent dans une sorte de communauté d'artistes où se croisent des cubistes comme Albert Gleizes, Fernand Léger, Jean Metzinger, Roger de La Fresnaye, mais aussi des poètes comme Guillaume Apollinaire (qui n'aime pas ses nus), Henri-Martin Barzun, Maurice Princet et le jeune Georges Ribemont-Dessaignes.
Article détaillé : groupe de Puteaux.
Entre 1910 et 1912, le style de Duchamp va considérablement évoluer, passant par différentes phases. Il est d'abord très marqué par Cézanne comme en témoigne sa toile La Partie d'échecs mais aussi par le fauvisme avec par exemple Le portrait du docteur Dumouchel, tout en refusant de coller au modèle. Une certaine Jeanne Marguerite Chastagnier pose pour lui et Duchamp exécute des études de nus puis noue une relation amoureuse avec elle. Au cours de cette période, il devient également sociétaire du Salon d'Automne et ne passe plus par le jury de sélection (mais ironiquement il n'y exposera plus). En 1911, il réalise la fusion entre le symbolisme et le cubisme, entreprenant des recherches picturales sur le mouvement, très marqué par les travaux de Kupka, son voisin de Puteaux, et dans la foulée, il exécute pour ses frères Moulin à café, sa première représentation de machine et de rouages.
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Il est présent au côté du groupe de la Section d'or en 1912 à Paris pour une exposition à la galerie La Boétie. Cette année, capitale, lui fait découvrir Raymond Roussel et Jean-Pierre Brisset, dont l'impact perdurera sa vie durant.
Nu descendant un escalier

Article détaillé : Nu descendant un escalier.
En 1913, aux États-Unis, les nouvelles recherches européennes sont présentées lors de l’Armory Show à New York. Durant cette exposition, le Nu descendant un escalier provoque hilarité et scandale. Cette œuvre dénote des tendances cubistes au futurisme de la « photo-dynamique ».
L'invention du ready-made
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Il s’écarte de la peinture, vers 1913-1915, avec les premiers ready-made13, objets « tout faits » qu’il choisit pour leur neutralité esthétique : Roue de bicyclette (1913), Porte bouteilles (1914), Fontaine (1917), un urinoir renversé sur lequel il appose la signature « R. Mutt ». Cet objet est refusé par les organisateurs de l'Armory Show. Il a pris un article ordinaire de la vie la plus prosaïque qui soit et l'a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue.
Réformé en 1914, il part à New York et entretient des liens avec Man Ray, Alfred Stieglitz et Francis Picabia avec qui il fonde la revue 291.
Duchamp-Dada
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Il eut un impact non négligeable sur le mouvement dadaïste, courant auquel on peut rattacher La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (1912-1923).

Beatrice Wood, Marcel Duchamp et Francis Picabia en 1917
Expérimentations cinétiques
Duchamp était préoccupé par le temps, la vitesse et la décomposition des mouvements. Ce qui l'a justement amené, en 1925, à faire du cinéma expérimental, appelé l'« Optical cinema », avec son unique film Anemic cinema (35 mm, noir et blanc de 7 min). Son film présente des plaques rotatives qui deviendront plus tard, en 1935, les Rotoreliefs. Ces plaques tournantes comportent des jeux optiques, des jeux de mots, et de la géométrie.
Duchamp et le cinéma
Au moment où il travaille sur les esquisses du Nu descendant l'escalier (1911-12), il découvre les expériences protocinématographiques de Étienne-Jules Marey, entre autres. Sa Roue de bicyclette (1913) peut également s'inscrire dans les prémices de ses travaux sur le mouvement poético-sculptural, ce ready made est en effet considérée comme à l'origine de l'art cinétique. La phase suivante entretient une rapport entre moteurs électriques, disques transparents ou recouverts de motifs géométriques (1920-1923), et culminera avec les Rotoreliefs, une invention dont il déposera le brevet (1935).
En 1926, il réalise un court-métrage expérimental intitulé Anemic Cinema [1]14, d'une durée de 7 minutes et signé Rrose Sélavy, avec la complicité de Man Ray et du réalisateur Marc Allégret. Des disques en mouvement sont filmés sur lesquels sont parfois inscrits des phrases — comme par exemple « L'enfant qui tète est un souffleur de chair chaude et n'aime pas le chou-fleur de serre-chaude », où l'absurde, l'humour noir et l'allitération sont de mise. Le film fut projeté en août 1926 en séance privée.
En revanche, il n'est pas totalement certain que l'on retrouve un jour le court-métrage15 qu'il réalisa avec Man Ray, Baroness Elsa von Freytag-Loringhoven shaving her pubic hair (La Baronne rase ses poils pubiens), avec comme interprète la sculptrice Elsa von Freytag-Loringhoven. Ce film aurait été tourné à New York en 1921 et projeté dans le cercle des amis du mécène Walter Arensberg. Les négatifs auraient été détruits16.
Par ailleurs, Duchamp entretient un rapport complice avec le cinématographe. En 1918, il apparaît comme figurant (L'homme blessé) dans Lafayette, We Come! de Léonce Perret17. En 1924, il participe au tournage d'Entr'acte de René Clair : dans ce court-métrage expérimental et comique, Duchamp apparaît en joueur d'échecs face à Man Ray. En 1944, il est "l'artiste" dans le film expérimental de Maya Deren, Witch's Cradle. En 1947, il participe à la direction artistique du film Rêves à vendre (Dreams That Money Can Buy) d'Hans Richter, pour un épisode sur une musique de John Cage.
Par la suite, il apparaît dans quelques films d'artistes, mais aussi des documentaires, et ce, jusqu'à la veille de sa mort :
    •    1957 : 8 X 8: A Chess Sonata in 8 Movements d'Hans Richter et Jean Cocteau
    •    1963 : Jeux d'échecs de Jean-Marie Drot (RTF)
    •    1965 : La verifica incerta de Gianfranco Baruchello
    •    1967 : Dada de Greta Deses et Marcel Janco
    •    1967 : Grimaces d'Erró
    •    1969 : Marcel Duchamp: In His Own Words, de Lewis Jacobs (MoMA)
Le Grand Verre
Article détaillé : Grand Verre.
Son œuvre la plus riche et la plus étrange, à l’élaboration complexe, est la Mariée mise à nu par ses célibataires, même ou Grand Verre, réalisée sur panneau de verre (1915-1923, musée de Philadelphie). Le Grand Verre est l’aboutissement de plusieurs études préliminaires telles que Neuf moules mâlics (1914-1915) qui correspond à l’obsession d’une « vraie forme » invisible, obtenue par contact, afin de synthétiser toutes ses théories magiques et sa théorie de l’art comme « fait mental ». Réalisée à l’huile, feuille et fil de plomb, montée entre deux plaques de verre, cette étude fut fêlée lors de son transport en 1916, mais Marcel Duchamp refusa de la faire restaurer. Ainsi les critiques d'art, qui auront connu cette œuvre uniquement brisée, déclareront qu'elle a toujours été ainsi.
Étant donnés
Article détaillé : Étant donnés.
Dans les dernières années de sa vie, Duchamp exécuta une œuvre pour le Philadelphia Museum of Art, Étant donnés : 1) La chute d’eau 2) le gaz d’éclairage... (1946-1966), environnement sculptural érotique, interdit, par sa volonté, à la vue du public avant l'année 1969 (soit un an après sa mort).
Pataphysicien et oulipien
Marcel Duchamp fut aussi Satrape du Collège de Pataphysique en 1953 et devint membre de l'Oulipo en 1962.
Le joueur d'échecs
Il fut un excellent joueur d'échecs. Champion de Haute-Normandie en 1924, il participa plusieurs fois au championnat de France18,19,20,21 et fit partie de l'équipe de France à l'Olympiade d'échecs de la Haye (1928)22, Hambourg (1930)23, Prague (1931)24 et Folkestone (1933)25.
En 1932, il publie, en collaboration avec Vitaly Halberstadt, L'Opposition et les cases conjuguées sont réconciliées, un manuel qui traite des finales de rois et pions. Marcel Duchamp en conçoit la présentation et la couverture26.
Vie privée

Dernière demeure de Duchamp, Rouen, France.
Marcel Duchamp est le père d'une enfant naturelle, Yvonne, née le 6 février 1911 de Marguerite Chastagnier, son modèle. L'artiste ne découvrira l'existence de cette enfant qu'en 1922 et la rencontrera plusieurs fois entre 1966 et 196827.
En 1924, Duchamp entame une liaison avec Mary Reynolds née Hubachek (1891-1950), qui exerça le métier de relieur d'art. Cette liaison dura plus de vingt ans28.
Le 8 juin 1927, Duchamp épouse Lydie Sarazin-Levassor (1903-1988). Ils divorcent six mois plus tard, le 25 janvier 1928. La rumeur colportait que c’était, pour Duchamp, un mariage de convenance : Lydie Sarazin-Levassor était la petite-fille d’un riche constructeur automobile, Émile Levassor. Au début de janvier 1928, Duchamp dit à sa femme qu’il ne pouvait plus supporter les devoirs du mariage et son enfermement. Moins de trois semaines plus tard, ils divorçaient29,30. Peu après son divorce, Duchamp s'affiche publiquement avec Mary Reynolds.
Entre 1940 et 1944, il est à New York, dans son atelier situé à Greenwich Village, vivant avec Mary, entouré d'intellectuels français en exil, dont André Breton et Robert Lebel avec lesquels il restera très proche.
En 1946, il donne son atelier parisien situé 11 rue Larrey31 et qu'il occupait depuis 1927, à Isabelle Waldberg.
Entre 1947 et 1951, il entretient une liaison avec la sculptrice brésilienne Maria Martins.
En 1954, il épouse en deuxièmes noces Teeny, la première épouse de Pierre Matisse, célèbre marchand d'art du Fuller Building de New York et fils du peintre Henri Matisse.
Il meurt le 2 octobre 1968 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. Une épitaphe est gravée sur sa tombe au cimetière de Rouen : « D’ailleurs, c'est toujours les autres qui meurent. »
En septembre 1969, le Philadelphia Museum of Art révèle au public son ultime œuvre : Étant donnés.
Esthétique
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Ses influences
    •    Raymond Duchamp-Villon : Le Grand Cheval (1914, bronze, MoMA)
    •    Francis Picabia : Parade amoureuse (1917, huile)
    •    Man Ray : The Rope Dancer Accompagnies Herself with Her Shadows (1916, huile, MoMA) et Man (Photographie d'un batteur à œufs, 1918)
    •    Morton Schamberg : God (v. 1918, ready made, Philadelphia Museum of Art)

Marcel Duchamp a révolutionné la conception académique de l’art qui, jusqu'alors, ne jugeait la valeur d'une œuvre qu'à l'aune des efforts et du travail dispensés pour une finalité édifiante. L'hétérogénéité de ses moyens d'expression et la complexité de ses œuvres, de la peinture (Nu descendant un escalier en 1913), à l'installation plastique la plus hermétique (Étant donnés…, « inachevée » en 1966) en passant par les objets « tout fait » (Fontaine (un urinoir), Porte-bouteilles) décrétés œuvres d'art par sa seule volonté associées à sa constante revendication du « droit à la paresse », ne permettent de le classer dans aucun des mouvements artistiques du XXe siècle. Duchamp a traversé le cubisme, le futurisme, Dada et le surréalisme en s'excluant lui-même de tout courant.

Man Ray, Rrose Sélavy, 1921
À travers ses œuvres, Duchamp mène une réflexion sur la notion d’Art, sur l'esthétique, préparant ainsi ce qu'est l'art conceptuel. Le pop-art, fluxus et le happening ont aussi fait de fréquents emprunts aux pratiques et démarches artistiques de Duchamp. Les écrits de Marcel Duchamp ont été publiés sous les titres Duchamp du signe (1958) et Marchand du sel (1958). Il fut également le créateur d'un personnage fictif, Rrose Sélavy, sculpteur et auteur d’aphorismes maniant la fausse contrepèterie et l’allitération.
Pseudonymes
    •    Rrose Sélavy : « J'ai voulu changer d'identité et la première idée qui m'est venue c'est de prendre un nom juif. J'étais catholique et c'était déjà un changement que de passer d'une religion à une autre ! Je n'ai pas trouvé de nom juif qui me plaise ou qui me tente et tout d'un coup j'ai eu une idée : pourquoi ne pas changer de sexe ! Alors de là est venu le nom de Rrose Sélavy32. »
    •    R. Mutt : voir Fontaine
    •    Marchand du Sel : voir dans la bibliographie les entretiens avec M. Sanouillet
Œuvres
Art plastique
Un grand nombre des œuvres de Marcel Duchamp sont conservées dans une salle d'exposition permanente au Philadelphia Museum of Art.
Le catalogue raisonné de l'ensemble des créations de Marcel Duchamp a été élaboré par Arturo Schwarz33.

Alfred Stieglitz, photographie34 de la Fountain de Marcel Duchamp, 1917.
    •    Femme-cocher, 1907, 31,7 x 24,5 cm (dessin satirique non publié)
    •    La Broyeuse de chocolat, 1912
    •    Le Roi et la Reine entourés de nus vites, 1912
    •    Le Passage de la Vierge à la Mariée, 1912
    •    Nu descendant un escalier, 1912
    •    Roue de bicyclette, 1913
    •    Trois stoppages étalon, 191335
    •    In advance of the broken arm, pelle à neige, 1914
    •    Apolinère Enameled, émail à la façon d'une réclame, 1914
    •    Porte-bouteilles, 1914
    •    La Broyeuse de chocolat no 2, 1914
    •    Le Grand Verre, 1915-1923
    •    Fontaine, urinoir renversé et signé « R. Mutt », 1917
    •    L.H.O.O.Q., reproduction de La Joconde affublée d'une paire de moustache, 1919
    •    Air de Paris, objet, 1919
    •    Fresh widow, fenêtre aux carreaux teintés de noir, 1920
    •    Rotative plaques verre (optique de précision), œuvre cinétique, 1920
    •    Why not sneeze Rrose Selavy ?, boîte surréaliste : morceaux de marbre blanc taillés comme des cubes de sucre contenus dans une cage à oiseaux d'où sortent un os de seiche et un thermomètre, 1921
    •    Le Grand Verre, grand verre commencé en 1915 et volontairement inachevé en 1923
    •    Anemic cinema, court métrage réalisé avec la collaboration de Man Ray et Marc Allégret, 1926
    •    La Boîte-en-valise, 1936-1941 (en série jusqu'en 1968), coffret de cuir rouge contenant 80 œuvres en reproductions diverses : fac-similés et objets miniatures, 41,5 x 38,5 x 9,936
    •    Dada, 1916-1923, 1953, affiche pour la Galerie Sydney Janis, New York37
    •    Coin de chasteté, objet, 1963
    •    Étant donnés : 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage, 1946-196638, installation montée en grand secret.
Publications de ses notes et miscellanées
Écrits39 de M.D. publiés sous forme de livre, livre-objet, boîte, etc. :
    •    La Boîte de 1914, première du genre, rassemble 16 fac-similés des premières notes concernant Le Grand Verre (5 exemplaires).
    •    (avec Vitaly Halberstadt), L'opposition et les cases conjuguées sont réconciliées, Bruxelles/Saint-Germain-en-Laye, L’Échiquier, 1932 - texte relatif au jeu d'échecs en français, anglais et allemand
    •    ["La Boîte verte"]40 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, Paris, Éditions Rrose Sélavy, 1934 - 300 ex.
    •    Rrose Sélavy, oculisme de précision, poils et coups de pieds en tous genres, Coll. Bien Nouveaux, Éditions GLM, Paris, 1939
    •    Boîte-en-valise41 (Box in a Valise), New York, 1941 - 300 ex.
    •    Collection de la Société Anonyme, 33 notes critiques, New Haven, Yale University, 1950
    •    Préface à Charles Demuth, New York, MoMA, 1950
    •    Préface et couverture à Surrealism and Its Affinities: The Mary Reynolds Collection, Art Institute of Chicago, 1956
    •    (en) From The Green Box, New Haven, Readymade Press, 1957 - trad. avec George Heard Hamilton
    •    Marchand du Sel, coll. 391, Paris, Le Terrain Vague, 1959 - édité par M. Sanouillet (reprend un grand nombres des notes)
    •    Ready-Mades, etc. : 1913-1964, Milan/Paris, Galleria Schwarz/Le Terrain Vague, 1964 - avec des textes de Walter Hopps, Ulf Linde, Arturo Schwarz. Trad. française et italienne par Carlina Bolongaro
    •    "À propos de moi-même". Conférence donnée dans plusieurs musées et universités des États-Unis, 1964
    •    ["The White Box"] À l'infinitif, New York, Cordier & Ekstrom, 1966 - notes inédites 1912-1920
    •    The Large Glass and Related Works, with Nine Originals Etchings by Marcel Duchamp, Milan, Arturo Schwarz Ed., 1966
    •    To and from Rrose Sélavy avec Shūzō Takiguchi, Tokyo, 1968 - contient des notes de M.D. en japonais
    •    Marcel Duchamp and John Cage, Tokyo, Takeyoshi Miyazawa, 1968-1970 - photos de Shigeko Kubota42, acrostiches inédits de M.D.
    •    Duchamp du signe. Écrits réunis et présentés par Michel Sanouillet, Flammarion, 1975 (nouvelle édition) (ISBN 2-08-081614-4)
    •    (fr) Manual of Instructions for Étant donnés..., Philadelphia Museum of Art, 1987 : fac-similé du carnet préparatoire de M.D. de marque Doret relié noir
Contributions à des périodiques
    •    (en) "A Complete Reversal of Art Opinions by Marcel Duchamp, Iconoclast", in Arts and Decoration vol. 5 n°11, New York, sept. 1915
    •    (en) Réponse à l'enquête "The European Art-Invasion", Literary Digest, vol. 51, New York, nov. 1915
    •    (en) Réponse à Alfred Stieglitz : "Can a Photograph Have The Significance of Art?", Manuscripts n°4, New York, déc. 1922
    •    (en) "The Bride Stripped bare by Her Bachelors, Even", This Quarter vol. 5 n°1, Paris, sept. 1932
    •    "Rendez-vous du dimanche 6 février 1916", in Minotaure n°10, Paris, 1937
    •    "SURcenSURE", in L'usage de la parole n°1, Paris, 1939, p. 16
    •    Aphorisme "Quand la fumée de tabac...", 4ème de couv., in VieW n°5-1, New York, 1945
    •    "Une lettre de Marcel Duchamp", Medium n°4, janv. 1955
    •    (en) "The Creative Act"43, Art News vol. 56 n°4, New York, été 1957
    •    "À propos des ready-mades", Art and Artists n°4, Londres, juil. 1966
Édition de livre à tirage limité
    •    Georges Hugnet, La Septième face du dé, Paris, Éditions Jeanne Bucher, 1936 - 250 ex. : couverture et typographie.
    •    André Breton, Young Cherry Trees Secured Against Hares, Charles Henry Ford, New York, View Editions, 1946 - couverture et typographie
    •    Catalogue de l'Exposition internationale du surréalisme, Galerie Maeght, Paris, 1947 : la couverture originale, titrée sur le verso Prière de toucher, est une sculpture de sein en mousse expansive et peinte sur fond noir44.
    •    By or of Marcel Duchamp or Rrose Sélavy at the Pasadena Art Museum, Pasadena, PAM, 1963, 56 p. - 2000 ex : catalogue entièrement conçu par l'artiste.
    •    Robert Lebel : La Double-vue suivi de L'Inventeur du temps gratuit, Paris, Le Soleil Noir, 1964 - sculpture de La pendule de profil en papier plié (111 ex.).
    •    Avec Man Ray & Arturo Schwarz : Il reale assoluto, Milan, Galleria Schwarz, 1964 - 125 ex. comprenant 10 lithographies signées.
    •    Octavio Paz, Marcel Duchamp ou le château de la pureté, Genève, Claude Givaudan, 1967 - 101 pages comprenant 16 sérigraphies d'ombres portées de ready-mades signées.
Revues
Rédacteur-en-chef / direction artistique :
    •    The Blind Man, n°1-2, New York, avril-mai 1917 avec Henri-Pierre Roché et Beatrice Wood
    •    Rongwrong, n°1, New York, 1917 avec les mêmes
    •    New York Dada, New York, avril 1921 avec Man Ray
    •    VVV, New York, 1942-1944 avec David Hare, André Breton, Max Ernst
Couverture et graphisme :
    •    The Little Review, n°1, été 1925
    •    Minotaure n°6, 1934
    •    Orbes, série 2 n°4, Paris, été 1935
    •    Cahiers d'Art, n° 1/2, 1936
    •    VVV, n°2-3, mars 1943
    •    VieW, série 5 n°1, New York, mars 1945
    •    Le Surréalisme, même, n°1, Paris, 1957
Traduction
    •    Eugène Znosko-Borovsky, Comment il faut commencer une partie d'échecs, Paris, Les Cahiers de l'échiquier français, 1933
Expositions
Commissaire d'expositions
    •    Paris, Exposition internationale du surréalisme, Galerie des Beaux-Arts, 1938 : "La Grande Salle"
    •    New York, First Papers of Surrealism, 1942 (commissaires : Marcel Duchamp et André Breton)
    •    Paris, Le Surréalisme en 1947 (commissaires : Marcel Duchamp et André Breton), Galerie Maeght, 1947
    •    New York, DADA, Sydney Janis Gallery, 1953
    •    Paris, É.R.O.S. : Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (commissaires : Marcel Duchamp et André Breton), Galerie Daniel Cordier, 1959-60
    •    New York, Surrealist Intrusion in The Enchanter's Domain / Le Domaine des Enchanteurs45 (commissaires : Marcel Duchamp, Edouard Jaguer, José Pierre, Claude Tarnaud), D'Arcy Galleries, 1960-61
Expositions & rétrospectives personnelles
    •    Paris, Sur Marcel Duchamp, Librairie Galerie La Hune, 1959
    •    Pasadena, Pasadena Museum of Art, 1963 (commissaire : Walter Hopps).
    •    New York, Galerie Cordier & Ekstrom Inc., 1965.
    •    Londres, The Tate Gallery, 1966 (commissaire : Richard Hamilton).
    •    Paris, Éditions de et sur Marcel Duchamp, Galerie Claude Givaudan, juin-sept 1967.
    •    Philadelphie, Philadelphia Museum of Art, puis New York, Museum of Modern Art et Chicago, Art Institute of Chicago, 1973-1974 (commissaire : Anne d'Harnoncourt).
    •    Paris, Centre Pompidou, 1977 (commissaires : Pontus Hultén et Jean Clair).
    •    Cologne, Museum Ludwig, 1984.
    •    Venise, Palazzo Grassi, 1993 (commissaires : Pontus Hultén et Jacques Caumont).
Jugements et citations
    •    « Notre ami Marcel Duchamp est assurément l'homme le plus intelligent et (pour beaucoup) le plus gênant de cette première partie du vingtième siècle. » (André Breton, Anthologie de l'humour noir, 1939)
    •    « Tout ce que j'ai fait d'important pourrait tenir dans une petite valise. » (Marcel Duchamp, interview au magazine Life, avril 1952)
Marché de l'art
    •    Lors de la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé par Christie's les 23, 24 et 25 février 2009 à Paris, l'objet, un flacon, La belle haleine - eau de voilette a été adjugé 8 913 000 € ($ 11,236,407) sur une estimation de 1 000 000 € - 1 500 000 € ($ 1,277,680 - $ 1,916,520)
Notes et références
    1.    ↑ « En 1943, Marcel Duchamp opte pour la nationalité américaine », Élisabeth Lebovici « L'Américaine », dans Beaux Arts magazine n° 75, janvier 1990, p. 57. Duchamp a dû attendre 1955 pour que sa naturalisation soit effective, cf. Judith Housez, Marcel Duchamp : Biographie, Grasset, 2006, p. 472
    2.    ↑ "Regarded by many in the art world as the most influential artist of the century" Marcel Duchamp : Autobiography [archive]
    3.    ↑ "Unpacking Duchamp: Art in Transit. - Review - book review" [archive]
    4.    ↑ //www.visuelimage.com/verso/verso_56/bonnes_feuilles/livre_05.htm [archive]
    5.    ↑ //www.visuelimage.com/verso/verso_56/bonnes_feuilles/livre_06.htm [archive]
    6.    ↑ Pierre Cabanne, Belfond, 1967 - cf. biblio.
    7.    ↑ Réf. Schwartz, 001 ; Magdeleine Duchamp était sa sœur (1898-1979).
    8.    ↑ Le premier dessin s'intitule "Inquiétude du cocu" et fut présenté du 25 mai au 30 juin 1907 au Salon des Artistes Humoristes : il est à ce jour introuvable (Schwartz, n°97).
    9.    ↑ Dont un dans Le Témoin, daté 9 avril 1910 : au total 31 dessins furent réalisés.
    10.    ↑ Duchamp est un lecteur passionné de Jarry et de Rabelais (in Lewis Jacobs, Marcel Duchamp : In His Own Words, MoMA, 1978).
    11.    ↑ 9 rue Amiral-de-Joinville (in Partouche, 30)
    12.    ↑ Il s'agit de Saint-Cloud.
    13.    ↑ Interview de Marcel Duchamp à propos des Readymade [archive] sur ina.fr
    14.    ↑ Ce film est visible sur Ubu.com [archive], en ligne.
    15.    ↑ D'après Laurent Le Bon, Dada, éd. Centre Georges Pompidou, 2005, p. 438.
    16.    ↑ (en) Lire l'enquête très documentée [archive] de B-post, en ligne.
    17.    ↑ Ce film a pour l'heure disparu mais est répertorié sur imdb.com.
    18.    ↑ Championnat de France 1925. [archive]
    19.    ↑ Championnat de France 1927. [archive]
    20.    ↑ Championnat de France 1928. [archive]
    21.    ↑ Championnat de France 1932. [archive]
    22.    ↑ Résultats de l'équipe de France [archive] à l'Olympiade d'échecs de 1928.
    23.    ↑ Résultats de l'équipe de France [archive] à l'Olympiade d'échecs de 1930.
    24.    ↑ Résultats de l'équipe de France [archive] à l'Olympiade d'échecs de 1931.
    25.    ↑ Résultats de l'équipe de France [archive] à l'Olympiade d'échecs de 1933.
    26.    ↑ (en) Notice historique de Marcel Duchamp [archive] sur le site du Philadelphia Museum of Art.
    27.    ↑ Yvonne "Yo" Savy dont la photo est publiée page 11 du Partouche (2005).
    28.    ↑ Pierre Cabanne (1967), Belfond, p. 68.
    29.    ↑ Pontus Hulten, Marcel Duchamp, Work and Life: Ephemerides on and about Marcel Duchamp and Rrose Selavy, 1887-1968, p. 8-9 juin (1927) au 25 janvier (1928) (ISBN 026208225X)
    30.    ↑ Lydie Fisher Sarazin-Levassor, Un échec matrimonial : le cœur de la mariée mis à nu par son célibataire, même, préface Marc Décimo, éd. Les Presses du réel, 2004 (ISBN 2840661098)
    31.    ↑ L'Atelier de Marcel Duchamp [archive]
    32.    ↑ Pierre Cabanne, Entretiens avec Marcel Duchamp, Paris, 1967, p. 118
    33.    ↑ The Complete Works of Marcel Duchamp, New York, Delano Greenidge, 2000.
    34.    ↑ Image publiée dans The Blind Man, 2, New York, mai 1917, p. 4. Voir une reproduction d'un tirage au gélatino-bromure d’argent original ici [archive].
    35.    ↑ Reproduction dans Le Bon, op. cité, page 466
    36.    ↑ Reproduction dans « Varian Fry et les candidats à l'exil », Actes Sud, 1999, p. 86
    37.    ↑ Reproduction dans "Beaux-Arts magazine" n°69, juin 1989, p. 86
    38.    ↑ D'après d'Harnoncourt et Schwarz : les premiers dessins de nus dateraient de l'année 1944.
    39.    ↑ On peut considérer que jamais Duchamp n'aura voulu publier de son vivant un livre de littérature ou de poésie (in Lebel, 1959 & Cabanne, 1971).
    40.    ↑ C'est le "complément sous forme de notes du Grand Verre'' (in d'Harnoncourt, 1989, p 303).
    41.    ↑ Premier "musée portatif" conçu par un artiste, contient entre autres des écrits reproduites en fac-similé.
    42.    ↑ Lire le compte rendu de cette performance intitulé Reunion filmée le 5 mars 1968 à Toronto [archive]
    43.    ↑ "Le Processus créatif. Texte d'une intervention à Houston, Texas, 1957. (Repris dans : Duchamp du signe, 1994, p. 187-189).
    44.    ↑ Élaborée avec Enrico Donati. Musée des Sables-d'Olonne. Reproduction dans Beaux-Arts magazine n° 90, mai 1991, p. 60
    45.    ↑ Le catalogue, conçu par M.D. comporte en couverture la carotte des tabacs français en relief et en couleurs (in d'Harnoncourt, 1989, p. 324)
Bibliographie critique
Les deux premiers écrits fondateurs sont :
    •    Michel Sanouillet, Marchand du Sel : écrits de Marcel Duchamp, vol. Collection « 391 », Paris, Le Terrain Vague, 1958 - Bibliographie d'Yves Poupart-Lieussou, 2e édition en octobre 1959.
    •    Robert Lebel, Sur Marcel Duchamp, Paris, Presse du Trianon, 1959 (ISBN 978-2858508938) - édité en parallèle à Londres et New York, réédité par les Éditions du Centre Pompidou, 1996
Par ordre alphabétique :
    •    Yves Arman, Marcel Duchamp joue et gagne. (Marcel Duchamp Plays and Wins), Marval Press, 1984 (ISBN 1299242022)
    •    (en) Ecke Bonk (1989), Marcel Duchamp. The Portable Museum. An Inventory, Thames & Hudson, 2005 (ISBN 978-0500091944)
    •    Pierre Cabanne, Entretiens avec Marcel Duchamp, Paris, Éditions Belfond, 1967 ; rééd. Éditions Somogy, 1995 (ISBN 978-2850562341)
    •    Jacques Caumont & Jennifer Gough-Cooper, Marcel Duchamp. A Life in Pictures, Atlas Press, 1999 (ISBN 9781900565158)
    •    Jacques Caumont & Jennifer Gough-Cooper, Ephemerides on and about Marcel Duchamp and Rrose Sélavy, Bompiani, Thames and Hudson, M.I.T. Press, 1993 (ISBN 9780262082259)
    •    Marc Décimo, Marcel Duchamp mis à nu. À propos du processus créatif, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Chantier », Dijon, 2004 (ISBN 9782840661191)
    •    Marc Décimo, La Bibliothèque de Marcel Duchamp, peut-être, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Relectures », Dijon, 2001
    •    Marc Décimo, Marcel Duchamp et l'érotisme, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Chantier », Dijon, 2008
    •    (en) Anne d'Harnoncourt & Kynaston McShine, Marcel Duchamp, The Museum of Modern Art & Philadelphia Museum of Art, Prestel Verlag, 1973/1989 (ISBN 978087633043)
    •    L'École de Rouen de l'impressionnisme à Marcel Duchamp 1878-1914, Musée des beaux-arts de Rouen, 1996 (ISBN 2-901431-12-7)
    •    (en) Vlastimil Fiala, The Chess Biography of Marcel Duchamp, Olomouc, Moravian Chess, 2002-2004 (ISBN 9788071894209 et 9788071895169)
    •    Judith Housez, Marcel Duchamp, Grasset, 2006 (ISBN 9782246630814)
    •    Françoise Le Penven, L'art d'écrire de Marcel Duchamp, à propos de ses notes manuscrites, Paris, coll. "Rayon Art", Éditions Jacqueline Chambon, 2003 (ISBN 978-2-87711-251-2)
    •    Jean-François Lyotard, Les TRANSformateurs Duchamp, Galilée, 1977 (ISBN 9789058677907)
    •    Bernard Marcadé, Marcel Duchamp, éd. Flammarion, 2007 (ISBN 2-08-068226-1)
    •    Florence de Mèredieu, Duchamp en forme de ready-made, Paris, Blusson, 2000 (ISBN 9782907784139)
    •    Didier Ottinger (dir.) et Françoise Le Penven, Marcel Duchamp dans les collections du Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, 2001 (ISBN 9782844260901)
    •    Marc Partouche, Marcel Duchamp, éd. Images en manœuvres, 1992 (ISBN 9782847610949)
    •    Jean-Tristan Richard, "M. Duchamp, mis à nu par la psychanalyse, même", Paris, L'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-12395-3)
    •    Michel Sanouillet & Paul Matisse, Marcel Duchamp : Duchamp du signe suivi de Notes, Flammarion, 2008 (ISBN 9782080116642)
    •    Sophie Stévance, Duchamp, compositeur, éd. L'Harmattan, coll. "Sémiotique et philosophie de la musique", 2009. (ISBN 9782296092433)

//fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp



































28/12/2012
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