Alain YVER

Alain YVER

MARCEL KANCHE" et vint un mec d'outre saison "

MARCEL KANCHE
"et vint un mec d'outre saison"










http://www.marcelkanche.com/

https://www.facebook.com/pages/Marcel-Kanche-et-IOverdrive-Trio/53651068442

http://www.deezer.com/fr/album/5657441

https://www.youtube.com/watch?v=j8bWr22ngKw&list=PL213E807E8BB3261B




Présentation

i.overdrive trio & Marcel Kanche interprètent Léo Ferré "Et vint un mec d'outre saison"
Les mots de Ferré par Marcel Kanche avec leur poésie brute délicatement soulignée, magnifiée par la musique d'un trio jazz jouant psychédélique.

Quand Marcel Kanche écrit pour (et avec) M ou Vanessa Paradis, ses chansons deviennent des tubes («Qui de nous deux », « Divine Idylle »). En solo, cet artisan discret de la chanson française, tisse depuis une trentaine d'années une œuvre singulière constituant le chainon manquant entre Tom Waits et Alain Bashung.
Le désir flou de Marcel Kanche d'un hommage à Léo Ferré, sa rencontre avec Marie Ferré qui, avec Mathieu, offraient un titre inédit, puis celle avec i.overdrive trio, trio de jazz (guitare, batterie, trompette) jouant psychédélique sont à l'origine de ce projet dont l'enjeu principal était d'éviter l'écueil de reprises trop empruntes de références, de déférence au maître.
Un savant mélange entre le respect de l'œuvre originale, l'appropriation totale des titres interprétés, et l'originalité d'une interprétation à la clarté éclatante font la réussite de cet album. « Et vint un mec d'outre saison » permet en effet, de (re)découvrir les mots de Ferré avec leur poésie brute délicatement soulignée, magnifiée par une musique moderne.

Marcel Kanche : voix, harmonium, Fender Rhodes
i.overdrive trio :
Philippe Gordiani : guitares
Remi Gaudillat : trompette, bugle, orgue
Bruno Tocanne : batterie

Paroles & musiques : Léo Ferré

http://www.cristalrecords.com/fr/infos_album.php?id=577







Description

Les mots de Léo Ferré par Marcel Kanche avec leur poésie brute délicatement soulignée, magnifiée par la musique d'un trio jazz jouant psychédélique. Quand Marcel Kanche écrit pour (et avec) M ou Vanessa Paradis, ses chansons deviennent des tubes («Qui de nous deux », « Divine Idylle »). En solo, cet artisan discret de la chanson française, tisse depuis une trentaine d'années une oeuvre singulière constituant le chainon manquant entre Tom Waits et Alain Bashung. Le désir flou de Marcel Kanche d'un hommage à Léo Ferré, sa rencontre avec Marie Ferré qui, avec Mathieu, offraient un titre inédit, puis celle avec i.overdrive trio, trio de jazz (guitare, batterie, trompette) jouant psychédélique sont à l'origine de ce projet dont l'enjeu principal était d'éviter l'écueil de reprises trop empruntes de références, de déférence au maître. Un savant mélange entre le respect de l'oeuvre originale, l'appropriation totale des titres interprétés, et l'originalité d'une interprétation à la clarté éclatante font la réussite de cet album. « Et vint un mec d'outre saison » permet en effet, de (re)découvrir les mots de Ferré avec leur poésie brute délicatement soulignée, magnifiée par une musique moderne.

titres

1 - Epilogue
2 - La solitude
3 - Tu penses à quoi ?
4 - C'est extra
5 - Cette blessure
6 - Préface
7 - La chemin d'enfer
8 - A mon enterrement
9 - La the nana
10 - Ni dieu ni maitre
11 - Le chien
12 - Requiem

http://www.amazon.fr/Et-Vint-Mec-DOutre-Saison/dp/B008BOWGC2







Et vinrent quatre mecs d'outre musique
26 novembre 2012 Par Denis Desassis

C'est l'histoire d'une belle rencontre entre l'auteur compositeur Marcel Kanche et une formation magnétique aux confins du jazz et du rock, l'i.overdrive Trio.  Au cœur de leur travail de fusion, un certain Léo Ferré...
Je vous dois pour commencer deux confidences : jusqu'à une époque très récente, je n'avais jamais entendu parler de Marcel Kanche. Inutile de me jeter vos reliquats de tomates à la figure, c'est ainsi, l'omniscience n'est pas ce qui me caractérise et je sais revendiquer mon inculture. Néanmoins, en bon petit soldat de la toile, je me suis penché sur sa question lorsqu'un beau matin, j'ai appris qu'il engageait une collaboration avec un groupe qui, lui, m'était tout sauf inconnu. Et là, j'ai su qu'après des études aux Beaux-Arts, notre homme avait navigué dans les eaux plus ou moins troubles et néanmoins expérimentales du rock, du punk et du jazz, et qu'on l'avait retrouvé quelque temps plus tard en collaboration avec Matthieu Chédid ou Vanessa Paradis. Il me faut également avoir l'honnêteté de préciser que si je connais, comme tout un chacun, Léo Ferré, il serait exagéré de ma part de prétendre que je pourrais vous en parler durant des heures. Bien sûr, « Jolie Môme », « C'est extra », ses hommages à Beaudelaire, Verlaine ou Rimbaud ; bien sûr, le vieux lion rugissant et anarchiste, toute crinière au vent. Mais allez savoir pourquoi, quand j'entends le nom de Léo Ferré, une image me revient : celle d'un numéro de la revue Best (en 1973, me semble-t-il) qui avait mis au tableau d'honneur de ses chroniques de disques un album appelé Il n'y a rien plus rien. Un texte enthousiaste, une pochette magnifique et... près de quarante ans plus tard, je n'ai pas encore écouté l'album. Promis, je vais me pencher sur cette affaire, il n'est jamais trop tard.
L'i.overdrive trio, en revanche, m'a attrapé par la manche voici quatre ans lorsque Philippe Gordiani (guitare), Rémi Gaudillat (trompette) et Bruno Tocanne (batterie) ont rendu un vibrant Hommage à Syd Barrett, membre fondateur et principal compositeur du premier album de Pink Floyd, vite englouti dans le tourbillon de sa folie schizophrène. Un hommage à ce point réussi que le trio parvenait à accomplir une belle performance en s'affranchissant complètement de l'esthétique du groupe tout en préservant son univers mélodique et aussi son mystère. Le nom du trio, rappelons-le, est inspiré de « Interstellar Overdrive », une longue et urgente composition extraite de The Piper At The Gates Of Dawn, premier album du Floyd.
Depuis 2008, j'ai eu, par ailleurs, l'occasion de me plonger plus avant dans le travail mené par Bruno Tocanne. Ses disques s'empilent tranquillement chez moi, je ne suis pas loin de les posséder tous ; j'ai même installé chez moi un rayonnage que j'appelle ma Tocannothèque ; j'ai pu, aussi, rencontrer le musicien un beau soir du côté du Château de Montmelas Saint Sorlain et me rendre compte qu'il faisait partie de ceux dont on sait que jamais ils ne trahiront la confiance que vous pouvez placer en eux. Une amitié est née entre nous, et c'est très bien ainsi. Très prochainement, j'évoquerai In A Suggestive Way, son tout nouveau disque (à la réalisation duquel j'ai apporté un très modeste soutien matériel) qui est une petite merveille de sensibilité libertaire et intime.
Revenons plutôt à Et vint un mec d'outre saison, un disque dont le titre est emprunté à l'épilogue de L'Opéra du Pauvre composé par Léo Ferré. Ce qui frappe d'emblée à son écoute, c'est l'idée d'une brûlure : Marcel Kanche dit plus qu'il ne chante, effleurant la plupart du temps les mélodies originelles (comme par exemple sur la reprise de « C'est extra »). On le sent comme pris à la gorge, livrant de manière abrasive et hantée la poésie du grand Léo. Il y parvient d'autant mieux que l'environnement musical instillé par l'i.overdrive, une fois de plus, maintient l'équilibre entre l'identité de la source (ici la poésie douloureuse de Ferré) et la sienne propre. Jamais envahissante, jouant comme sur son premier disque la carte de l'épure dans une formule plutôt rare : trompette, guitare et batterie, la tension maintenue par le trio apporte ce je ne sais quoi d'hypnose et de puissance qui forment un très bel écrin aux mots déclamés par Marcel Kanche. Ni jazz, ni rock, un peu les deux, un peu autre chose. Une certaine idée de l'outre musique, en quelque sorte, avec cette combinaison d'électricité des cordes (impeccable Philippe Gordiani, qui n'hésite pas à tisser une toile sonore ou marteler des imprécations rythmiques dans lesquelles plane l'ombre d'un certain Robert Fripp, qui n'est jamais loin, souvenons-nous de son magnifique « From KC To Gawa » sur le bouleversant disque du Libre(s)Ensemble, KC signifiant, vous l'avez compris, King Crimson) et d'appels lancés par la trompette de Rémi Gaudillat, jamais à court d'envolées qui ressemblent à des hymnes. Tocanne, lui, sait ce qu'il a à faire : en musicien toujours à l'écoute et en éveil, il délivre son jeu dont les nuances évoquent une autre idée, celle de l'impressionnisme. On n'est pas disciple de Paul Motian pour rien, même lorsque le propos exige, ici ou là, de frapper (en témoigne un violent et court « Le chien », moins de deux minutes et un beau coup de poing). J'aimerais aussi souligner la beauté formelle du son de sa batterie, toute en humble élégance... Un modèle du genre.
L'histoire nous dit que Léo Ferré aimait Pink Floyd ; elle nous raconte aussi que Marcel Kanche fut séduit par l'i.overdrive Trio lors de la publication de son premier disque ; elle est encore plus belle quand on sait que Marie et Mathieu Ferré ont offert à Marcel Kanche, après une rencontre quelque part en Toscane, « Le chemin d'enfer », un somptueux titre inédit de Léo, qu'on peut découvrir sur Et vint un mec d'outre saison. Le disque nous raconte tout cela, comme dans un seul souffle, sans possibilité de repos pour celui qui veut s'y plonger. C'est un cadeau précieux, qui maintient vive la flamme d'un poète singulier, mais sans jamais sombrer dans une quelconque nostalgie ni dans le piège de la fossilisation hagiographique. Ces « chansons » sans âge sont comme torréfiées par un quatuor inspiré qui nous administre un bel exemple d'appropriation exempte de tout risque de trahison.
Alors « Ni Dieu ni maître » ? Peut-être... mais on dirait bien que la passion aura été un guide fort stimulant pour mener à bien l'aventure d'un disque qui ne ressemble qu'à lui-même et dont les stances captivent du début à la fin.
Une question me vient, tout à coup : après Syd Barrett et Léo Ferré, à qui le tour ? Ce ne sont pas les idées qui manquent... A bon entendeur !
On peut acheter le disque chez Cristal Records.

http://www.cristalrecords.com/fr/infos_album.php?&id=577

http://blogs.mediapart.fr/blog/denis-desassis/261112/et-vinrent-quatre-mecs-d-outre-musique







I.overdrive trio et Marcel Kanche -
Et vint un mec d'outre saison

29/05/2012, par ChloroPhil

Avec plus de quarante albums, Léo Ferré reste encore aujourd'hui le plus prolifique des auteurs de chansons français, et sans aucun doute aussi un de ceux qui a le plus compté. Témoignage de l'influence qu'il a sur cette chanson française, le nombre des interprètes ayant repris une ou deux de ses chansons est encore plus grand que celui des albums écrits et composés par cet immigré monégasque venu tenter sa chance à Paris (sans doute le seul de toute l'histoire de France à avoir fait le voyage dans ce sens). Parmi les plus récents à avoir tenté des reprises avec de belles réussites, on peut retenir Dominique A, Katerine, Jean-Louis Murat, Bashung ou encore Noir Désir. Reprendre une ou deux chansons de Ferré, ok. Faire un album entier de ses reprises, c'est une autre histoire. C'est attaquer l'Everest par la face nord… une ascension à laquelle se sont attelé quelques interprètes, avec plus d'échecs que de succès. Je me souviens de "Philippe Léotard chante Léo Ferré", dans les années 90. Un Philippe Léotard qui savait être irritant à souhait, mais sans doute un des seuls qui ait su faire un album cohérent et (presque) aussi touchant qu'un disque du grand Léo. Un Philippe Léotard qui avait su reprendre à son compte une douzaine de chansons de Ferré, y apportant la dose de lyrisme nécessaire. J'ai moins de souvenirs du plus récent "Charles et Léo" de Murat qui comme tous les autres albums de reprises de Ferré ne m'avait donné qu'une envie : re-écouter Ferré lui même.
Bref, il faut être un peu barré, un peu suicidaire, pour faire un album entier de reprises de Léo Ferré. C'est pourtant ce qu'ont fait ensemble Marcel Kanche et i.overdrive. D'un côté, un ex punk reconverti en song-writer à l'univers sombre, capable d'écrire, pour les autres, des chansons à succès; de l'autre un trio de jazz (guitare, batterie, trompette) créé pour un album hommage à Syd Barrett. Dés les premiers vers du titre qui ouvre l'album ("Epilogue"), on est saisi par la ressemblance entre la voix de Marcel Kanche et celle de Léo Ferré lorsque ce dernier parle plus qu'il ne chante. Musicalement, on est par contre à mille lieues de l'ambiance des albums de Ferré : une guitare avec une once de saturation (ou plutôt d'overdrive), une batterie très jazz, savante et subtile (qui tient également le rôle de la basse), et une trompette qui porte les mélodies. Si "Epilogue" ouvre cet album, ce n'est certainement pas un hasard. La force des mots et la puissance de l'arrangement musical de ce titre en font une introduction parfaite au monde de Léo Ferré vu par le quatuor Kanche, Gordiani, Gaudillat, Tocanne. Suit "La Solitude", un des trois titres de l'album de Ferré du même nom qui ne soit pas accompagné par le groupe jazz-rock Zoo. Un "La Solitude" ornementé ici d'une guitare et d'une trompette qui évoquent celles de Katonoma, une trompette à laquelle la voix de Marcel Kanche abandonne la dose de lyrisme que Ferré mettait dans sa voix. Tout au long de "Et vint un mec d'outre tombe", Kanche parle d'ailleurs plus qu'il ne chante, et les mélodies sont tenues le plus souvent par la trompette ou la guitare, mais aussi par la batterie. "C'est extra" devient la balade rock qu'on a toujours entendue au fond de nous. "Cette blessure" ressemble à un morceau qui aurait pu être composé par Marcel Kanche et qui aurait pu être présent sur n'importe lequel de ses albums récents. "Le chemin d'enfer" (un inédit de Léo Ferré) est juste accompagné d'une nappe musicale planante, et "Le chien" (un des plus beaux titres de l'album) est transformé en un morceau post-rock jouissif mêlé de free jazz.
Je ne sais pas ce qui a pu décider Marcel Kanche et i.overdrive à faire cet album de reprises de Ferré. Sans doute simplement l'envie de partager une passion commune pour cet artiste considéré (à juste titre) comme un des plus grands auteurs-compositeurs et poètes du vingtième siècle. Je pense par contre savoir ce qui en fait une réussite : un savant mélange entre le respect de l'œuvre originale, l'appropriation totale des titres interprétés, et l'originalité d'une interprétation à la clarté éclatante qu'ils nous offrent.

http://www.popnews.com/popnews/marcel-kanche-et-vint-un-mec-d-outre-saison







Et vint un mec d'outre saison


"Au bord du gouffre, c'est juste extra" JAZZ NEWS - TOP 6

 Album sorti en septembre 2012

"Ayant besoin d'images avant toute  entreprise musicale, Claude Braun. homme sensible habitant Berne en Suisse m'envoyait, il y a longtemps, cette image qu'il prenait. Puis connaissant mon désir (flou) de reprises de Léo. Reprises que j'avais faites seul avec mon piano. Il me fit rencontrer Marie Ferré. Je ne savais pas qu'ils étaient amis.  Je découvrais en Marie Ferré une femme généreuse.
Par crainte de m'enfoncer dans mes ornières.  Je réfléchissais à une collaboration pertinente pour ces reprises. Je voulais éviter l'écueil de reprises respectueuses et lourdes références au maitre. Je découvrais le trio "i.overdrive trio" installé dans le même label que moi Cristal Records. Qui firent un opus hommage à Syd Barret. Frédéric Migeon directeur artistique de Cristal Recors mettait en œuvre la rencontre. La magie de l'instinct fonctionnait. Dans cette Image il y a comme une attente, celle d'une chose à venir. Un bal underground, un concert de i.overdrive trio & Marcel Kanche... Où par quelques chemins non balisés, viendraient de loin quelques abstraits. Il y a cette DS qu'affectionnait Léo Ferre. Puis j'apprends qu'Hendrix devait enregistrer avec Ferré. Mais trop tard. Hendrix partait avant. Tout semble réunir Marcel Kanche & I.Overdrive trio pour ce sentier oblique."  (Marcel Kanche)

Marcel Kanche

Un de ces grands paroliers et compositeurs français, tels Dominique A, Murat, Thiéfaine ou Manset.  Renaud Czarnes - Les Echos
Alain Bashung parti, il demeure, autre vertigineuse vigie d'une chanson française au bord du précipice. Jacques Denis - Vibrations
  Les amoureux du Bashung du 21ème siècle - pour qui il a écrit - trouveront leur chemin dans cette forêt Arnold Faivre - Francofans
"Guitares épaisses, voix rugueuse, Kanche s'épanche et c'est souvent magnifique... Olivier Nuc - Le Figaro

Bio Marcel Kanche
Chronique Libération
Interview Mag-Sacem
Marcel KANCHE  voix - claviers
I.OVERDRIVE TRIO  Philippe GORDIANI : guitares - Rémi GAUDILLAT : trompette, bugle, clavier - Bruno TOCANNE : batterie

"...Moins de deux ans après un septième album vénéneux Marcel Kanche se penche sur le répertoire patrimonial de Léo Ferré. Entreprise casse-gueule dont le plus bel inconnu de la chanson rock francophone – plume de M ou de Vanessa Paradis – se tire à merveille aux côtés d'un I Overdrive Trio croisé auparavant sur un haletant hommage à Syd Barrett. Saturations de guitares rock, batterie jazz ou trompette soulignant les mélodies et parlé-chanté frotté sur papier émeri participent à cette inspirée et brûlante réappropriation de Ferré, où brillent entre autres «Le chien» dans une version tendue entre free jazz et post-rock, le magnétisme trouble de l'inédit «Le chemin d'enfer» et un «Epilogue» tout en crescendo rêche" LE TEMPS- CH 09/2012

I.Overdrive Trio

L'hymne le plus exact rendu à un compositeur coincé dans la légende des naufragés du rock  Jazz Magazine
Pertinent et audacieux ! Volûme - Les Inrocks
Véritable hommage et coup de coeur à ne pas manquer ! Julien Delli Fiori - France Inter
Remarquable... A découvrir d'urgence !  Citizen Jazz - ELU

Bio I.Overdrive trio

CONTACT
L'AFFICHE C/o IMUZZIC rue du repos 69640 Montmelas Saint Sorlin - France
laffiche@imuzzic.net

BOOKING Manuela GIMENO  00 33 6 81 01 38 62

http://www.imuzzic.net/MKancheIOT.html







"Et vint un mec d'outre saison"

hommage à Léo Ferré 15/02/2013

15/02/2013
20H30
Le Bal des Utopistes
Salle des Fêtes
91120 PALAISEAU

Léo Ferré, son verbe fauve et ses vertiges harmoniques, Marcel Kanche a d'abord songé à les éprouver en solitaire, face à son piano. Mais la formule, trop convenue, ne pouvait satisfaire un animal rare et
sauvage de son espèce. La rencontre avec les flibustiers de l'I.overdrive Trio, compagnons de label naviguant au grand large du rock instrumental et de l'impro sans filet, lui a permis d'aborder autrement
l'univers de l'auteur de Ni Dieu ni maître. Dans ce "bal underground" où se mêlent la fièvre et la cendre, la tension et l'abandon, les chansons de Ferré, habitées par la voix rugueuse de Kanche, se découvrent
de nouveaux partenaires de danse et d'ivresse : elle semblent se frotter à la colère froide de Diabologum et aux embardées voluptueuses du Miles Davis électrique, aux formes non conformes d'un
Robert Wyatt et aux sons anguleux d'un Marc Ribot. De ce travail de recomposition, il ressort que ce répertoire est bien sûr tout sauf un monument monolithique. Généreux à l'excès, Léo Ferré y aura
laissé d'innombrables belles failles, fissures et fragilités, dans lesquelles Marcel Kanche et l'I.overdrive Trio glissent aujourd'hui leurs doigts et leurs souffles.
Pour s'ouvrir des passages dérobés vers le coeur d'une oeuvre qui n'en finit pas de brûler.
Marcel Kanche: voix – orgue, harmonium
I. overdrive trio:
Philippe Gordiani : guitares
Remi Gaudillat : trompette ‐ bugle
Bruno Tocanne : batterie
Léo Ferré: Parole et musique.

http://poesiemuziketc.wordpress.com/2013/02/11/et-vint-un-mec-doutre-saison-hommage-a-leo-ferre-15022013/






Et vint un mec d'outre saison
Marcel Kanche et I.Overdrive trio

A cinquante-cinq ans, Marcel Kanche décide d'oser chanter Léo Ferré : « il avait à peu près cet âge quand je l'ai découvert, il a bercé mes vingt ans ». Soutenu par l'épouse du poète-chanteur, Marie, et son fils, Mathieu, il fait appel à I.Overdrive trio pour l'accompagner. Kanche a choisi Rémi Gaudillat, Philippe Gordiani et Bruno Tocanne parce que Ferré aurait aimé leur hommage à Syd Barrett, et que leur disque a été publié chez Cristal records, son label…
Avec une dizaine de disques à son actif, quelques tubes, écrits pour M (« Qui de nous deux ? ») ou Vanessa Paradis (« Divine Idylle »), la chanson d'Arsène Lupin, le Printemps de Bourges… et ses chansons à texte, Kanche suit son bonhomme de chemin, à l'écart des modes et des paillettes, mais avec la reconnaissance de ses pairs et de nombreux musiciens de jazz : Jules Bikoko, Akosh S, Laurent Coq, Don Cherry, Fred Frith, John Greaves, Vincent Ségal… D'abord élève de l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts du Mans, Kanche s'oriente ensuite vers des études de musicologie et, à l'adolescence, décide de se consacrer à la chanson. Dans les années quatre-vingt, son groupe, Un Département, navigue entre rock expérimental, free jazz, punk... A partir des années quatre-vingts dix, Kanche se consacre davantage à ses chansons à texte.
La plupart des textes d'Et vint un mec d'outre saison ont été écrits à la fin des années soixante et font partie de la période Barclay de Ferré : « C'est extra » de L'Eté 68 (1969), « Cette blessure », « La The Nana » et «  Le chien » sont tirés d'Amour Anarchie (1970), « A mon enterrement » et « La solitude » viennent de l'album éponyme (1971), et « Préface » fait partie d'Il n'y a plus rien (1973, mais écrit en 1969). Le quartet interprète aussi « Ni dieu ni maître », également publiés par Barclay dans Ferré 64. S'ajoutent « Requiem » (Je te donne – 1977) et « Tu penses à quoi ? » (La frime – 1977), enregistrés pour CBS. Quant à « Epilogue », il a été écrit en 1956 pour La Nuit, un ballet commandé par Roland Petit, et que Ferré a repris dans L'Opéra du pauvre (1983). Enfin, « Le chemin d'enfer », poème de 1966, est un inédit.
La belle voix grave et profonde et la diction limpide de Kanche conviennent à merveille aux textes littéraires de Ferré. Dans la plupart des cas, Kanche dit les textes sobrement, et, lorsqu'il esquisse la mélodie, son phrasé à peine modulé évoque Serge Gainsbourg (« Tu penses à quoi ? », « Ni dieu ni maître »), voire Bernard Lavilliers, quand I.Overdrive Trio met une ambiance rock (« C'est extra », « Préface »). Les versions originales sont davantage chantées et, en dehors peut-être de « Requiem », Ferré est plus théâtral. Même si Ferré a toujours été porté sur la déclamation, ses interprétations gardent souvent un côté mélodieux, renforcé par des arrangements qui restent globalement proches des thèmes. Le I.Overdrive trio adopte une posture différente. Le trio plante des décors tour à tour rock progressif (« Epilogue », « C'est extra », « Requiem »), quasi metal (« Le chien »), entrainants (« La The Nana »), éthérés (« Cette blessure »), solennels (« A mon enterrement »), tendus (« Préface »)… Le trio se met entièrement au service du texte et la structure des morceaux ne laisse pas de place pour des chorus. Fidèle à lui-même, Tocanne déborde d'énergie, de musicalité et son groove rythme les paroles. Avec ses contrepoints lointains, ses effets expressifs ou ses lignes majestueuses, Gaudillat complète la voix et forme comme un chœur mélodique. Quant à Gordiani, ses rifs et traits vigoureux et la sonorité électrique touffue de sa guitare assurent une touche rock puissante et apportent de la densité à l'accompagnement.
Des chansons à texte poético-agitatrices sur un jazz d'avant-garde explosif : Et vint un mec d'outre saison n'est pas qu'une énième interprétation des chansons de Ferré, mais bien une relecture moderne, marquée par le cœur et les tripes de Kanche et de l'I.Overdrive trio !

http://bobhatteau.blog.lemonde.fr/2013/01/24/et-vint-un-mec-doutre-saison/






Léo Ferré
ALORS VINT LE PRINTEMPS
Extrait de L'opéra du pauvre

Je voudrais que tout s'arrêtât la du temps compte des hommes
Je voudrais que cette vie s'en aille comme la mer s'en va la-bas
Sur les épaules dénudées de ces rochers en robe de soirée
Rien qu'un moment rien qu'un temps
Juste le temps de leur laver le sel
Et de leur prendre ces néons sur la place très haut
Ces néons de notre vie mécanique
A dix mille pour cent
Et a tout ce que tu peux inventer pour leur faire la main
Et leur couper les plombs
Et les mettre dans l'ombre de notre amour en cas de besoin

Je voudrais être l'évangile de la nuit et de l'ennui
En ces temps des pershings dans la province de Moscou
En ces temps des signaux je n'ai qu'a vous faire signe
Et vous n'en saurez rien car vous mourez des signes
En ces temps de mathématiques supérieures
Vous n'avez plus la mer
Vous n'avez plus les grands oiseaux
Vous n'avez plus les bonnes tempêtes
Qui mettaient de la musique dans les cheminées
Vous n'avez plus vos beaux amants qui inscrivaient l'amour
Dans les cris de la nuit

En ces temps de catalepsie vous ne avez plus cette parole
Qui vous est dictée du fond des esclavages
Des rotatives
Des antennes
Des hauts-fourneaux
Des records
Quels qu'ils soient
Et vint un mec d'outre-saison
D'outre la-bas
Et de la nuit des temps
En des versets de vinaigre et d'épines de raisons glacées
Il vous dit que les temps étaient venus
D'une mise en question de vos morales essoufflées
Il vous dit que ce temps dont on a tant parle
Que cet enfer que vous portiez en vous
Comme un noeud de vipère
N'était qu'un paradis honteux et qu'un enfer policier

Il vous dit que les morales
Ne s'habilleraient plus en confection
Mais selon des schémas de fantaisie et de libre-service
Il vous dit que l'amour n'était plus a reinventer mais a faire
Que l'argent n'était plus a gagner mais a prendre
Que la maladie n'était plus a dorloter mais a surprendre
Dans ses moindres détails
Il vous dit que les chemins de glace valent parfois
Les routes fleuries des printemps diriges
Chaque fin de semaine
Chaque jour féerie
Chaque minute déclarée sur la feuille des loisirs
Chaque seconde retirée a votre entendement
En ces temps des pershings dans la province de Moscou

En ces temps de la realite objective et misérable
En ces temps du dépit inscrit dans les magazines
Dans les yeux
Dans les partis-pris
Dans les oracles de radio
Et vint un mec
En cotte bleue qui portait avec lui
Les miracles du boulon, de la bielle, des freins a disque
Lisant la bible du chagrin il en avait note
L'inexprimé
Le non dit
L'informule
Les cheveux de l'horreur
Quand souffle le vent des complaisances
Les sourires du mouton sous la couverture fidèle
Les parlers gutturaux des premiers hommes titubant
Les larmes du bois dans les plaines de beauce
L'orgueil du sang qui se verglace
Dans les rigoles de la villette qui se souviennent
Et qui s'inventent des artères
En ces temps des pershings dans la province de Moscou
Les chevaux ne mangeaient plus d'avoine
Pas de sac a leur gueule d'acier
Aucun piaffement
Simplement le roulis d'une amicale suspension
Et qui ronronnait a l'arrêt du relaie
"Et foutez m'en vingt litres, monsieur l'aubergiste"
Les chevaux parlaient mal
Ils ne hennissaient plus
Et vint un mec en simili
Pour leur mettre des couvertures anti-gel
Car il gelait très dur
En ces temps des pershings dans la province de Moscou
C'était l'hiver des grands hivers
Et du nord des neurones
"A long time ago"
Comme aurait dit Homère avec l'accent ricain...

Et vint un mec d'outre la-bas
D'outre saison
Et de la nuit des temps
Qui te tendit les bras

Regarde-toi dans moi
Quand tu te regardes dans une glace
Elle te voit la glace
Tire tes cheveux un peu sur la droite
Non pas sur ma droite
Sur ta droite...
La ou je vis
La ou je meurs
Il n'y a ni droite ni gauche
Moi j'ai appris la droite et la gauche
Ici
Dans ta rue
Dans tes aéroports
Sur la mer quand on regarde loin
La fenêtre de ta chambre ou de la mienne
Le temps c'est mon ami on joue ensemble
Je t'apprendrai si tu veux
Tu as bien le temps
Les nuits sont longues
Et puis le temps c'est notre ami a tous les deux
A tous les cent
A tous les mille
A tout ce qui essaie de respirer pour ne pas être en reste
Devant la moisissure du bonheur et de la chance
Je suis peut-être l'illusion
Comme l'envers de nous
Comme un sourire du déjà vu ou du déjà fait
De la caresse et du silence a reverdir sans cesse
Dans l'absolu de l'inédit
Raconte-moi raconte-moi
Chez nous on ne raconte jamais rien parce qu'on sait tout
Parce qu'on ne peut pas se raconter
Ou raconter demain ou dans dix jours
Chez moi on dit "ici" ou "la"
C'est glace mais c'est beau
C'est le temps qui te trompe
Ta montre fous-la en l'air
Imagine... Imagine...
Rien qu'une éternité au cent millième
Et quelqu'un m'a dit aujourd'hui
"L'univers c'est un autobus arrête et qui voyage
"C'est un avion perche au-dessus de ton lit
"C'est une envie de te laver dans le bleu de ma voix
"Moi je suis d'un autre verbe et d'une autre grammaire"
Je t'aime tu m'aimes ils s'aiment
Je ne sais pas ce que cela veut dire
Je suis d'une étoile perdue, fichue, éteinte
Qui ne se souvient de rien
Parce que les souvenirs chez nous
C'est le présent qui s'ennuie
Je détrousse des mecs au fond des mers luisantes
Et ils deviennent des metamecs
Au delà du mec

Quand les chevaux vapeurs des steamers imaginent
Leurs sabots font alors un vacarme-benzine...
Il n'y a plus de chef
L'autorité pour nous
C'est un pantalon qui sèche sur une tringle
Tu n'as qu'a lui dire ça a ton chef
Et si c'est toi le chef
Tu peux toujours enfiler ton pantalon
Et je t'apprendrai a le faire sans gêner les populations
Aime-moi comme l'ombre dans ce pays trop lumineux
Ou la lumière n'est plus un cadeau
Mais une obsession vers l'ocre, vers le dédain des astres
Comme l'eau quand tu crèves
Comme l'or quand tu rêves
Et le temps qui n'est pas...
Ta montre c'est une horreur
C'est ça qui fait les rides
Ce qu'il y a de vrai dans toi c'est ce que tu imagines
Comment tu te construis dans ta maison même
Construite, dit-on, par un imbécile ou un marchand de sable
Avec, en plus, un peu de ciment
Et cette foret toute autour de toi
Cette foret des maisons tristes? Hautes, étroites
Ou traîne un peu le soir de ce chagrin des villes
Que vous appelez des gratte-ciel
Vous vivez avec des béquilles de ciment arme
Fais attention, petit, quand tu traverses...

J'étais a New York ce matin
Ça sentait mauvais dans les rues
Et cinq minutes - cinq de tes minutes-âpres
A San Francisco j'ai vu une enfant de quinze ans
Qui se prenait pour la marée
Et qui recouvrait tout autour d'elle
Avec des coquillages impossibles a définir
Tellement ils se confondaient avec les gens
Avec les choses
Avec les flics
Les idées subversives
Les maladies s'inventant des remèdes au coin des rues
Qui n'en finissaient plus d'être des coins de rues
Et puis, tu sais, au labrador je me suis baigne
Las
Heureux
Et je pensais a toi
A la lumière... La lumière...
Tu aimes?
Quel âge dit-on de toi?
Tu as l'âge de ta pitié
Nous sommes tous des enfants
Tout est double dans l'autre, tu sais?
Je t'imagine, comme toi
Je te sais sans savoir
Je te veux sans vouloir
Et je te vois tout en couleurs et puis en nappes de jardins
Comme toi se gonflant d'un désir germinal

La-bas... La-bas...si tu savais...

Des machines a écrire les paroles a l'envers
Le négatif
Le moins
Dans le moins on est bien parce qu'on ne te voit pas
Tout ce qui est en-dessous du zéro c'est fantastique
Apprends a être moins
Tu seras fort on te craindra
Et puis ces plages toutes noires
Comme des disques qui te racontent des musiques en allées
Loin loin loin
Avec la mer copine et qui te fait des révérences de vagues
Et de chevaux hurleurs
Casse les disques comme les montres
Ce sont les agents du trouble
Les fleurs sauvages? Regarde...
Les renards argentés, la-bas qui se lamentent
Comme tes enfances qui ont toujours des cheveux d'enfant
Longs... Longs... Longs comme une vague
Qui n'en finit pas de se rouler dans toi
Des oiseaux?
Des ciels mouilles de après la vie? D'après le sentiment?
Des couleurs?
Toutes celles que tu veux
Je t'apporte ce soir toutes les couleurs de la vie
Les couleurs de ta peine et celles de ta joie
Celles de tes amis quand ils passent au rouge
Comme celui du crépuscule seul dans les soirs de l'enfance
Tu te souviens?
Je t'aime dans tes bras
Avec ces crépuscules et ton enfance en allée
Les couleurs?
Toutes celles que tu veux aussi
Les ombres un peu verdies qui te font les yeux tendres
Les caprices du temps dans le jaune des rides
Les rides c'est les sculptures de la tendresse
Ne sois pas tendre
Tu ne veilleras plus
La tendresse c'est le présent avec une grande barbe blanche
L'amour est noir
Vertèbre
Adolescent, toujours...

Les araignées chez nous filent le charme
Et le lendemain ou l'année d'après ou dans un siècle
Ça dépend comment tu comptes
Et comment et pourquoi ma galaxie a moi
Ne compte pas comme la tienne
Alors le lendemain
Ou l'année d'après
Ou dans un siècle
Ou dans mille ans
On prend ce charme et on s'y cache dedans
Comme dans une voile pour partir en week end
Ou en century end
Century ça veut dire "siècle"
Le plaisir c'est l'instant qui s'arrête
Et qui te fait la courte échelle
Un ascenseur qui te fait jouir
Et le silence?
Écoute... Écoute...
Ce bruit de la mer
Ces chiffres de la marée qui calcule tes songes
Ces chevaux qui hennissent la-bas
Écoute... Écoute...
Les moutons aussi et cette laine blanche
Qui se mêle a ce bleu qui remonte toujours
Et le sable bientôt qui sera tout mouille
Comme moi
Je suis mouille parce que je viens de la mer
Parce que je suis la mer aussi si tu veux
Je suis la mer
Sens-moi
Sens... Sens...
Imagine-moi imagine-moi
Imagine-toi...
Je t'aime oui et je te vois comme un orgue sur la mer
Et je t'entends comme a l'église
Avec des chevaux blancs du sperme de l'orage
Les mêmes que tout a le heure
Et le blanc des moutons c'est toi qui me reponds
Et t'endormant sous moi tu mettras ton drapeau
Comme un taxi fourbu retournant vers son chiffre
Je te sais dans les bras d'un autre mannequin
Qu'on regarde dans les vitrines
Dis! Ils attendent la vie
Tu crois que je me moque?
Tu as faim? Tu as soif?
Je suis la
Je suis ton mannequin
Tu peux y mesurer ton équilibre et ta santé... Oui, viens! Oui!
Je suis la... Touche-moi... Allez, viens!
Tu as peur?
Si tu me touches j'arrive dans ta maison
Je suis glace comme un sorbet aux violettes
Mange-moi et je te glacerai aussi...

Je suis toi

Comment tu t'appelles? Dis?
J'ai envie et besoin de t'appeler
Quand je pars tout deviens négatif
Et l'oubli aussi devient négatif
Alors je n'ai plus le moyen de t'appeler
Parce que la négation c'est un peu la chimie
Chez nous ça rend tout vierge...
On renaît chaque fois qu'on oublie
Tu comprendras tout ça quand nous serons près de l'oubli
Et dans les "moins" terribles... Tu verras...
Quand il était dix-heures pour toi
J'étais la-bas dans dix mille ans
Et je t'appelais sans te nommer
Je criais dans l'univers tout proche et je pensais
"Je vais aller le voir... Je vais aller la voir..."
Alors, comment tu t'appelles?
Tu as dit?... Comment?... Je n'entends pas
Parle plus fort... C'est ça, oui... Plus fort...
J'ai mes oreilles de l'oubli qui ne sont pas encore remontées
De leur détresse silencieuse
Les algues dans le fond de ma mer a moi te font des tresses
Mon avenir est dans ta voix quand tu m'appelles
Mes amis de la-bas sont jaloux
De ton rire
De ta voix
De ton sexe
Je t'apporte des insectes au creux de ton attente
Et ils chantent ils chantent beaucoup mieux
Que ces cigales qui allument leur chant
Dans le fond de ton geste
Sous le soleil qui chauffe un peu trop pour ta flemme
Pour ta joie
Pour l'ivresse que tu lances partout
Depuis que tu me vois

Je suis l'instant

Cet instant qui n'en finit jamais d'être l'instant béni
Parfume
Comme une cigarette cachée
Tu en veux une? Donne-m'en une...
Je suis partout
Dans ta volonté
Dans tes poumons
Sur ton visage... La... Oui
Accroche-toi a moi et tu ne pourras plus partir
Ou bien tu partiras avec moi
Je t'apporte l'enfant que tu portes avec toi
Et tu le reconnais parce qu'il nous ressemble
Je t'apporte l'amour que je porte dans moi
Parce que c'est l'amour, simplement
Et ça gueule
Parce que l'amour ça gueule
Ça fraîchit dans les nuits de l'attente
Comme toi qui m'attends
Ça gémit dans les bras de l'amour
Et l'amour te rend vierge
Parce que la virginité c'est dans la tête
Et puis dans l'or de mes cernes bien ombres
Sous mes yeux qui te glacent et t'emportent la-bas
Sous mes yeux malheureux qui se souviennent
Des hommes farouches
Des tueurs au langage de fer
Et qui plient sous les balles a leur tour
Ils en prennent aussi près de leur négatif a eux
Et on les oubliera
Regarde
Ils sont tout noirs
Approche-toi... Viens... N'aie pas peur
Habille-toi de moi
Mes dentelles a mes yeux te regarderont mieux
Tu plisseras comme les plis
Sous l'angle droit que forme le mystère avec l'ennui
Qui gagne? Devine!
Mais c'est l'ennui, voyons!
L'ennui toujours parce que l'ennui
C'est le repos de la sagesse
Et que des fois la sagesse c'est fatigant
Amuse-toi
Tu ne sais pas?
Viens... Je t'apprendrai a rire
Même devant la mort
Qui est une vie racontée par des sages
Tu vois bien que c'est fatigant, la sagesse...
Imagine le bruit des vagues
Comme le temps qui ourle un habit
C'est la mer sous la table
C'est la mer dans mes yeux
Regarde...
Je déferle sur toi
Tu es mon roc et mon voilier
Et puis le mouvement superbe qui t'emporte
Allez, viens!
Loin de ton syndicat, de tes problèmes de la ville
Loin de l'autorité d'où qu'elle vienne
L'autorité a horreur de la mer parce qu'elle s'y noie
Ton père, ta mère, ton chef, ton capitaine
Dis-leur que tu es la mer... Et tu verras

Ils te battront

Ils diront que tu es fou
Ils diront que tu es folle
L'imagination est une mer sans fond
Imagine... Imagine...
Nous étions moi et moi... Et qui?
Nous marchions, le foulard a la gorge
Le goudron de la rue effaçait tout, pardi!

L'intelligence insurrectionnelle...

L'insurrection, vas, c'est le devoir des mecs debout!
Et tu dois leur repondre:
"Debout!"
Nous étions des millions et des meilleurs a nous chiffrer
Et moi je suis parti parce que j'étais de trop
Et maintenant... Plus rien!
Peut-être une musique
Quelque part
Et jouée avec des percussions puisqu'il en faut... Pas vrai?
Quelle horreur le tempo!
Il fallait le mot juste derrière la musique
Et ça urgeait
Il y a toujours urgence a faire et a défaire
N'oublie pas
Le monde est un soulier toujours lace
Alors... Défais, défais, défais!

Ça urgeait dans les coulisses de ce navire
Accroche aux paves
Tu te souviens?
Nous sommes en mer
Nous dérivons
Tu dérives
Je dérive
Tu chavires
Tu m'enivres
O mon amour ancien déjà qui sent la rampe
Comme quand on était petit
Tu te souviens?
Celle par ou je dévalais mon oeil vers mon oeil de secours
Par ou je t'avalais
Par ou je t'initiais aux salaires du ventre
Et du ventre mouille
Du ventre a essorer comme une éponge
Et cette éponge c'est mon fils
Et mon fils c'est peut-être toi
A travers ce géant qui nous arrive
Et qui bientôt nous cueillera comme des roses

Vint alors le printemps
Comme une draperie
Sur nos corps éblouis







Marcel Kanche chante Léo Ferré
mercredi 23 mai 2012 | Luc Taramini

En octobre 2011, Marcel Kanche et  I.Overdrive Trio enregistraient des chansons de Léo Ferré dans un vieux cinéma de Rochefort. Nous y étions aussi avec nos caméras. Un petit privilège qui nous a été accordé en toute amitié.
C'était fin septembre 2011. Il faisait chaud. Un exceptionnel été indien. Marcel Kanche et I.Overdrive Trio s'apprêtaient à enregistrer un album de reprises de Léo Ferré. Marcel m'a invité, l'air de rien.
Je n'ai pas hésité.
De ce voyage express de trois jours me restent des flashs : la plage de la Rochelle, le trajet en voiture vitre baissée, Rochefort et ses rues rectilignes, le vieux cinéma transformé en studio de musique, les temps morts où chacun vaque à ses occupations pas toujours musicales, puis les subites sessions d'enregistrement, l'écoute religieuse en cabine, la brocante du dimanche matin avec Marcel chinant d'un oeil expert… Et bien sûr, il me reste les mots de Ferré résonnant dans la voix grave de Kanche avec une tranquille évidence.
Une rencontre au sommet au cours de laquelle un poète aura pris les mots d'un autre, où Kanche aura ressorti sa panoplie d'ancien punk cabot et de libertaire des champs, où trois musiciens de jazz auront joué de la poésie rock comme s'ils s'aventueraient dans un dancing décati. Ferré les traverse de ses mots fleuves et de ses mélodies amples. Mieux, il les habitent. A l'instar de ce titre "Epilogue", long poème tiré de "l'Opéra du pauvre" qui ouvre l'album et qui ne cesse de me hanter. Kanche et I.Overdrive Trio, portés par la confiance de Marie Ferré, ont su trouver le ton juste : garder la sève du grand Léo en y ajoutant leur propre fantaisie. Pari gagné.
 Huit mois après cette escapade, est né un disque "Et vint un mec d'outre saison" et ce petit film qui témoigne de sa gestation.

http://www.citazine.fr/article/marcel-kanche-et-i-overdrive-trio-reprennent-leo-ferre-et-vint-un-mec-d-outre-saison-opera-du-pauvre























25/06/2013
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