Alain YVER

Alain YVER

MARCO PANTANI PARTIE 1 & 2

Marco Pantani


PANTANI
LE DIMANCHE 15 FÉVRIER JE PARS M' ENTRAÎNER, EN ROUTE, J' APPREND QUE PANTANI EST MORT, ON NE SAVAIT PAS DE QUOI ENCORE. CE FÛT L' ENTRAÎNEMENT LE PLUS DUR DE L' ANNÉE, CELA M' A FAIT UN CHOC TERRIBLE, J' AVAIS PLUS RIEN DANS LES JAMBES. JE VOUDRAIS LUI RENDRE HOMMAGE ICI. LA ST VALENTIN N' EST PLUS POUR MOI QUE LA FÊTE DES AMOUREUX, C' EST ÉGALEMENT CE TRISTE ANNIVERSAIRE.



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Marco Pantani (PARTIE I)




(Cesenatico le 13 janvier 1970-Rimini le 14 février 2004), cycliste Italien, fut un des meilleurs grimpeurs de l'histoire du cyclisme sur route.
Avec un 1m 72 pour 57 kg, Marco Pantani était doté d'un gabarit de pur grimpeur. Il est considéré comme l'un des plus grands grimpeurs de l'histoire, au même titre que Charly Gaul (avec qui il entretenait des liens privilégiés), Federico Bahamontes ou Lucien Van Impe. Comme Ces trois coureurs, Pantani possédait une classe exceptionnelle qui lui permettait de s'envoler dans les grands cols. Sa carrière atteint son apogée en 1998, lorsqu'il remporte successivement le Giro d'Italia et le Tour de France. Il est le septième coureur de l'histoire à réaliser ce doublé, qui lui valut le Vélo d'Or. Son style offensif, ainsi que ses excès, sont à l'origine de son surnom d'il Pirata (le "pirate" en italien). Il cultiva ce surnom à travers son look : oreille percée, tatouage, bandana, etc. Il était également surnommé Elefantino, en raison de ses oreilles décollées. Sa carrière connut un grave revers en 1999, quand il fut suspendu du Giro d'Italia qu'il était sur le point de remporter, à la suite d'un contrôle sanguin positif. Cet épisode précipita la fin de sa carrière. Il est décédé d'une overdose de cocaïne en 2004.

Les débuts (1970-1992)



Marco Pantani naît dans une famille modeste d'Émilie-Romagne, dans la station balnéaire de Cesenatico, sur la côte adriatique. Dès son plus jeune âge, il se découvre une passion pour la compétition et la course cycliste. Chez les amateurs, Pantani remporte en 1992 le Giro Baby, un Tour d'Italie en modèle réduit, réservé aux amateurs. Déjà, il surclasse ses rivaux en montagne, et impressionne les principaux observateurs, qui voient en lui le successeur potentiel de Claudio Chiappucci. C'est d'ailleurs l'équipe de ce grimpeur italien que Pantani rejoint d'abord chez les professionnels.

L'irrésistible ascension d'un champion (1992-1998)



Commençant sa carrière en août 1992 dans l'équipe Carrera, il passe à la Mercatone Uno en 1997, équipe dans laquelle il sera dirigé par Guiseppe Martinelli jusqu'en 2001. En 1998, l'équipe reçoit le soutien financier de la légendaire marque de cycles Bianchi. L'un de ses dirigeants, Felice Gimondi devient alors l'un des conseillers du Pirate. En 1993, il participe à son premier Tour d'Italie, course dans laquelle il montre que ses exploits amateurs ne resteront pas sans suite. Il fait partie des vingt premiers et accompagne souvent les meilleurs dans la montagne, lorsqu'une chute interrompt sa progression et le contraint à l'abandon. A partir de ce moment, sa carrière sera en permanence marquée par les chutes. En 1994, il revient sur le Tour d'Italie, où il s'affirme comme le grand animateur de la course. Il remporte deux étapes coup sur coup, la première au sommet de Merano et la deuxième à Aprica, au terme d'une chevauchée solitaire par-delà le légendaire Passo Mortirolo. Dans cette étape, il parvient à asphixier le maillot rose Evgueni Berzin ainsi que Miguel Indurain, qui tente vainement de défendre son titre obtenu sur la "course rose" en 1992 et 1993. Pantani termine finalement deuxième derrière l'intouchable Berzin mais devant Indurain. Dès l'arrivée à Milan, il est devenu le chouchou des tifosi italiens qui admirent son style et son franc-parler. Il confirme son potentiel quelques semaines plus tard, finissant 3e du Tour de France après avoir attaqué dans presque toutes les étapes de montagne. Sa fougue, son inexpérience et une équipe diminuée le privent sans doute cette année-là d'une ou deux victoires d'étapes. Mais ce n'est que partie remise. L'année suivante, il remporte la légendaire étape de l'Alpe d'Huez et celle de Guzet-Neige, les deux fois en solitaire après avoir lâché le Maillot jaune Miguel Indurain. Il finit 13e du Tour en raison d'une défaillance dans l'étape de Cauterets remporté par Richard Virenque. La même année, il finit 3e du Championnat du monde à Duitama, en Colombie. Durant cette course, il tente en vain de lâcher Miguel Indurain, mais il est victime de la supériorité de l'équipe espagnole et de la relative faiblesse de ses équipiers, diminués en cette fin de saison (c'est d'ailleurs la première année que le Mondial est disputé si tard dans la saison, au mois d'octobre). Lorsque Abraham Olano attaque à la fin de l'avant-dernier tour, les Italiens répondent absents. Finalement, Pantani fait les frais de l'excellente tactique espagnole, Indurain restant dans la roue du Pirate pendant la dernière montée dans laquelle ses accélerations demeurent inutiles. Olano finit seul en tête et devient champion du monde. Derrière, un groupe de trois composé de Miguel Indurain, Pantani et Mauro Gianetti s'octroie, dans cet ordre, les accessits.
Quelques jours plus tard, une collision avec un chauffard lors de la course Milan-Turin le laisse avec une jambe cassée en deux endroits (double fracture ouverte tibia-péroné), faisant craindre le pire pour la suite de sa carrière.
Il revient en 1997, ne finit pas le Giro d'Italia en raison d'une chute provoquée par un chat ayant traversé sa route. Malgré cette nouvelle péripétie, il termine encore une fois 3e du Tour de France, gagnant deux étapes, l'une à l'Alpe-d'Huez et l'autre à Morzine, alors que tout le monde, y compris lui, le croit épuisé. Il remporte le Tour de France dès l'année suivante. Dans ce Tour de France marqué par les affaires de dopage, il parvient à assurer le spectacle en dépit d'une équipe affaiblie par une première campagne victorieuse au Giro. Pantani gagne tout seul cette grande boucle, grignotant d'abord son retard sur Jan Ullrich dans l'étape du Plateau de Beille où il a la courtoisie d'attendre le "Kaiser" allemand retardé par une crevaison. Puis, il prend le maillot jaune suite à une étape de légende (la 15ème), sous la pluie et le froid, entre Grenoble et les Deux-Alpes, reléguant à près de 9 minutes le grand favori Jan Ullrich.Il sera Vélo d'or et Mendrisio d'Or en fin d'année pour son doublé Grande Boucle - Giro. On le croit alors capable de gagner d'autres grandes tours; Pantani semble représenter cette année l'avenir d'un cyclisme en pertes de repères.

La descente aux enfers (1999-2004)



En 1999 il est exclu du tour d'Italie à la veille de l'arrivée, alors qu'il dominait l'épreuve de manière spectaculaire dans la montagne, suite à un contrôle sanguin montrant un taux d'hématocrite supérieur à la limite autorisée de 50%, et contraint à deux semaines d'arrêt. Il est alors très atteint moralement, notamment par le regard des médias sur lui. Il parvient tout de même à revenir en 2000, gagnant deux étapes au tour de France et menaçant le maillot jaune Lance Armstrong en lançant une attaque solitaire au tout début d'une grande étape de montagne, mais ne retrouvera jamais le niveau exceptionnel qu'il atteignit entre 1998 et 1999.
En 2001, le dopage le rattrape encore. Il est suspendu 6 mois pour avoir détenu dans sa chambre une seringue d'insuline pendant le Tour d'Italie, lors d'une spectaculaire intervention policière ("blitz de San Remo") qui touchera de nombreux coureurs.
L'année 2003 sera celle de ses derniers barouds d'honneur. Entamant le tour d'Italie à court de compétition, il progresse au fil des jours et se montre aux avants postes lors de la difficile étape du Monte Zoncolan tout d'abord, puis attaque à de nombreuses reprises sur la route de la Cascata del Toce, sans parvenir à prendre en défaut la vigilence du leader Gilberto Simoni. Ces attaques seront les dernières images d'un coureur dont le style offensif, aérien, sans compromis, aura marqué des milliers de fans de cyclisme à travers le monde. Très déçu de voir son équipe non-sélectionnée pour le Tour de France 2003 (Tour du Centenaire), il se détache peu à peu de la compétition sportive.

Décès (2004)



Devenu une sorte de « mouton noir » du cyclisme, il sombre peu à peu dans le doute, la solitude, la dépression, puis la drogue. Le 14 février 2004 il est retrouvé mort des suites d'un œdème cérébral et pulmonaire dans une chambre d'hôtel de Rimini (Italie), dans laquelle il était reclus depuis plusieurs semaines. L'autopsie révélera que sa mort fut causée par une surdose de cocaïne. Une polémique agite actuellement l'Italie au sujet des causes de sa mort, le journaliste de L'Equipe Philippe Brunel ayant déclaré récemment que Pantani avait peut-être été empoisonné à la cocaïne dans son hôtel. Pantani aurait également lancé plusieurs appels au secours à l'accueil de l'hôtel qui seraient restés sans suite. Les restes d'un repas chinois, découvert dans sa chambre alors que Pantani n'avait fait aucune commande de ce type, suscite en effet certaines interrogations. Autre point d'ombre : le désordre de sa chambre, les meubles ayant été retrouvés saccagés. Certaines voix, notamment celle de la mère du champion, se sont élevées récemment pour demander une réouverture de l'enquête, qui a conclu à l'overdose. Parallèlement, le juge a souligné que "Pantani ne voulait pas mourir". Aurait-il "été suicidé" par un dealer malveillant ? Le problème aujourd'hui, est que l'hôtel "Le rose", dans lequel s'est noué le drame, a été détruit quelques temps après la mort de Pantani. La recherche de preuves n'en est que plus difficile désormais. La mort de Marco Pantani, sans être un tournant dans un univers du cyclisme rompu aux drames médicaux, fut un choc pour de nombreux observateurs. La majorité des collègues de Pantani, les journalistes qui le côtoyaient étaient certainement au courant de son addiction à la poudre blanche. Le journaliste Mario Pugliese, qui avait réalisé la dernière interview du champion pour la Voce di Romagna expliqua peu après sa mort avoir perçu le malaise du Pirate. Ce dernier, que tous savaient au fond du gouffre, n'a pourtant jamais cessé de s'isoler, jusqu'à finir seul, dans une minable chambre d'hôtel de la côte adriatique : sombre métaphore d'un milieu cycliste impitoyable, auquel Pantani, tout en se pliant sans doute assidûment à l'un des rites, le dopage, n'aura jamais su vraiment s'acclimater.
Sans remettre en cause sa classe exceptionnelle de grimpeur, les soupçons de dopage touchant Marco Pantani amènent à relativiser ses plus grandes victoires. Dans l'émission "Pièces à conviction" diffusé le 22 septembre sur France 2, l'ancien coureur Jesus Manzano, un "repenti" qui a révélé au grand public les moeurs délétères du peloton en matière de transfusions sanguines, a indiqué que Marco Pantani avait été un des clients du docteur espagnol Eufemiano Fuentes, dont le rôle central dans un réseau européen de dopage impliquant notamment Ivan Basso ou Jan Ullrich commence à peine à être éclairci.







Marco Pantani

L'échappée finale du « Pirate »



vaincu par la coke, a lieu le 14 février.
Surnommé le « Pirate », Marco Pantani meurt en épave le 14 février, victime d'« une intoxication aiguë de cocaïne ». Un mois après la découverte de son cadavre dans une résidence-hôtel de Rimini, sur la côte adriatique, le médecin légiste confirme - à la face médusée d'une Italie en ébullition - que c'est bien à une surdose de coke que sont dus les œdèmes aux poumons et au cerveau qui ont provoqué la fin du champion cycliste, grimpeur émérite qui traînait dans les cols tous les cœurs après lui. Pour les Italiens, le « Pirate », ainsi baptisé parce qu'il semblait prendre à l'abordage toute difficulté dans les étapes de montagne, c'est aussi « Elefantino », à cause d'oreilles décollées (boucle d'argent au lobe gauche) autour d'un crâne rasé. Au temps de sa splendeur, il a un jus du diable. Les dents serrées, ce petit organisme surentraîné d'homme-machine aux bielles bien huilées accumule les exploits. Coureur professionnel depuis 1992, il totalise trente-sept victoires de 1994 à 2000. En 1998, année faste, c'est le doublé tour d'Italie-Tour de France. Le voici au sommet. La dégringolade s'amorce le 5 juin 1999. Ce jour-là, un contrôle inopiné révèle, avant le départ de l'avant-dernière étape du Giro, que l'idole est puissamment chargée en substances interdites : l'hématocrite (soit le taux de globules rouges dans le sang) accuse 52 %. La course est arrêtée. Le scandale fait rage. Pantani clame son innocence. Une contre-expertise et un test ADN confirment le dopage. La justice ne le lâchera plus, surtout que déjà, lors du Milan-San Remo en 1995, Pantani, renversé par une voiture, opéré d'urgence à la jambe gauche, accusait juste avant l'intervention chirurgicale un taux de globules rouges de 60,1 %. On parle d'EPO. Le 11 novembre 1999, il est mis en examen pour « fraude sportive ». Début 2000, il remonte en selle, mais ne pédale plus que par réflexe conditionné. Le gagneur est meurtri, au physique, au mental. Atteint dans son orgueil, il souffre de dépression nerveuse. En 2001, sur le Giro, la police découvre des seringues compromettantes dans sa chambre d'hôtel. Il s'accroche. Il prend sur lui, comme on dit. En 2003 encore, au prix d'efforts surhumains, il finit quatorzième dans le Giro. Il entre illico dans une clinique de désintoxication et de traitement des maladies psychiques. La justice l'acquitte, mais il est ailleurs, dans la nostalgie embuée de la gloire perdue. La flibuste du système a eu raison du « Pirate », via le dopage qui donne un temps des ailes, avant d'anéantir l'être jusqu'à l'illusoire consolation de la toxicomanie. Pantani n'est plus que l'ombre de lui-même, s'abîme dans une solitude sans remède, ne voit plus que ses « dealers », jusqu'à ce jour morne de fait divers où l'on découvre, dans une chambre anonyme, ce corps jadis d'athlète, replié sur lui-même amèrement roidi. Ci-gît Marco Pantani, qui s'éleva vers l'Olympe avant de choir aux enfers. Amen.
Jean-Pierre Léonardini





MARCO PANTANI (PARTIE II)




SUPERBE BLOG CONSACRÉ À MARCO
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UNE CHASON SUR PANTANI ET DES VIDÉOS
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Débat autour de la mort du cycliste Marco Pantani
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Mort de Pantani: cinq responsables


Jeudi 23 décembre 2004

La Lettre du Sport n°348
Cinq personnes ont été jugées pénalement responsables dans la mort par overdose de cocaïne de Marco Pantani, le 14 février dernier. Trois hommes, Fabio Carlino, Fabio Miradossa et Ciro Veneruso sont accusés d'avoir fourni directement de la cocaïne au coureur. Deux personnes dont Elena Korovina, la petite amie russe de Pantani, sont poursuivis pour complicité. Ces cinq personnes sont pour l'heure inculpées, mais pas condamnées.




AP
Édition du mardi 17 février 2004

Rimini -- L'autopsie effectuée hier sur le cadavre du cycliste Marco Pantani a révélé qu'il était mort des suites d'un oedème cérébral dont les causes restent encore à déterminer, a-t-on appris hier.

Qu est-ce que je pourrais bien m acheter?
Le docteur Giuseppe Fortuni, qui a participé à l'autopsie, a déclaré à l'agence de presse italienne ANSA que d'autres examens seraient nécessaires pour établir les raisons exactes de son décès. Les résultats de ces examens pourraient être disponibles d'ici deux semaines.

Pantani, vainqueur du Tour de France et du Tour d'Italie en 1998, a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de Rimini, samedi soir.

Le coeur et la respiration de Pantani se sont arrêtés après un «oedème cérébral et pulmonaire», a déclaré Fortuni après l'autopsie, qui a duré trois heures. «L'oedème cérébral a entraîné sa mort.»

Au moins 10 flacons de tranquillisants ont été découverts dans la chambre de Pantani. Certains étaient vides, d'autres à peine ouverts, et quatre de marques différentes.

Le cycliste avait souffert de dépression dans le passé, mais les enquêteurs ont écarté la possibilité d'un suicide, une hypothèse qui a beaucoup circulé dans la presse.

Selon les journaux italiens d'hier, le champion a laissé des notes dans lesquelles il se plaignait de la solitude et de l'incompréhension du monde. Ces notes ont été retrouvées dans sa chambre, près de son cadavre. Mais le procureur chargé de l'enquête estime que les mots de Pantani ne ressemblent pas à l'explication d'un éventuel suicide.

«Il n'y a pas une seule ligne qui peut faire penser à un message d'adieu», a déclaré au Corriere della Sera Paolo Gengarelli.

Frappé par les accusations de dopage ces dernières années, Pantani était arrivé à Rimini quelques jours avant sa mort.





"La mort de Pantani constitue un cas d'école" Docteur Serge Simon


Après le décès de Marco Pantani, entretien avec le docteur Serge Simon, en charge du Centre d'accompagnement et de prévention du sport.

Ancien international de rugby, champion de France avec Bègles en 1991, Serge Simon est aujourd'hui médecin généraliste. Il dirige à Bordeaux le centre d'accompagnement et de prévention pour les sportifs (CAPS), une structure où l'on soigne la " tête " des sportifs au sein du CHU de Bordeaux. Entretien après la disparition brutale, samedi, de l'ancien vainqueur du Tour de France, l'Italien Marco Pantani.

Au lendemain de la mort de Marco Pantani, chacun donne son explication sur ses causes. Quel est votre sentiment de médecin et ancien sportif de haut niveau sur cette affaire ?

Serge Simon. Tout simplement qu'on est prêt à dépenser beaucoup d'argent pour réparer le tendon ou la cuisse d'un athlète mais qu'on prend en revanche beaucoup moins de précaution avec la " tête " des sportifs. Nous, à Bordeaux, on a mis des outils en place mais institutionnellement, le relais ne se fait pas.

La mort de Pantani a-t-elle des allures d'avertissement pour le mouvement sportif ?

Serge Simon. Oui, le mouvement sportif doit réaliser que les athlètes peuvent avoir des difficultés psychologiques. Il faut lever des tabous et mettre en place des systèmes de prévention de manière à éviter des drames comme celui de Pantani.

Le cas Pantani dégonfle aussi le mythe du champion invulnérable ?

Serge Simon. Oui, un sportif, c'est a priori quelqu'un qui va très bien dans sa tête. Il y a un antagonisme entre champion et difficulté psychologique, c'est cela qu'il faut combattre. Mais c'est difficile parce qu'en toile de fond revient sans cesse cette antienne sportive qui pose le sport comme une sorte de darwinisme : " Les plus forts s'en sortent, tant pis pour les plus faibles... " Évidemment, ce n'est pas du tout mon point de vue.

Il y a en tout cas de plus en plus de sportifs qui avouent leurs failles, qui consultent des préparateurs mentaux ?

Serge Simon. Oui, mais un préparateur mental n'est pas dans le soin. Il veut rendre l'athlète plus performant, c'est tout.

Comment déceler qu'un athlète est fragile psychologiquement ?

Serge Simon. Les difficultés psychologiques liées au sport sont les mêmes que celles de la société civile. On retrouve des troubles du comportement alimentaire, de l'anorexie ou de la boulimie comme dans la société. De la même façon, les sportifs connaissent aussi des troubles anxieux avec des cauchemars, des pleurs, des insomnies, des crises d'angoisse. Il y a aussi chez les athlètes des symptômes de dépendance à des produits licites ou illicites, qui n'ont rien à voir avec le dopage. La seule différence avec la société, c'est que le champion ne peut pas reconnaître ses difficultés parce que son entourage lui renvoie l'image de quelqu'un d'épanoui. Alors, le plus souvent, les athlètes vont trouver une explication biologique à leur mal-être psychologique. La plus classique, c'est " le manque de magnésium ".

Pour revenir à Marco Pantani, lui avait déjà fait part de ses difficultés...

Serge Simon. Oui, l'histoire de Marco Pantani n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. J'imagine que son parcours est émaillé d'une kyrielle de signaux d'alarmes dont il n'a pas pu s'entretenir, ou peut-être qu'il n'a pas voulu avouer ses difficultés parce qu'il lui fallait briser tout un tas de barrières autour de lui.

Ce qui explique le recours à une panoplie d'anxiolytiques ?

Serge Simon. Là, il est impossible de parler exactement. On entend tout et n'importe quoi pour l'instant. Mais le destin tragique de Marco Pantani doit rassembler tout un tas de cas d'école de difficultés psychologiques qui s'entrechoquent entre elles. En premier lieu, il y a sûrement la consommation de stimulants, avec derrière des syndromes de sevrage qui se traduisent par des dépressions. Et, même si je ne sais pas si Pantani prenait des stimulants comme des amphétamines ou de la cocaïne, on est sûr en revanche que ces produits donnent une sensation de surpuissance. L'effet revers survient au moment du sevrage, avec des " descentes " que les consommateurs atténuent avec de l'alcool ou des anxiolytiques. En résumé, le cas Pantani peut ressembler à cela. Il est aussi très proche des cas de dépression sévère que les sportifs peuvent connaître après l'arrêt mal préparé de leur carrière.

Y a-t-il une sorte d'urgence sanitaire à agir pour éviter que se multiplient à l'avenir les cas Pantani ?

Serge Simon. Non. On est surtout dans une société médiatique qui fonctionne toujours après la bataille. C'est après la canicule qu'on découvre les vieux, après les inondations, les digues... Ce genre d'affaire dramatique va en tout cas amorcer des réflexions salutaires. Maintenant, je ne pense pas qu'il y ait d'urgence sanitaire. Il ne faut pas faire de catastrophisme. Il n'y a pas de gens en grave danger, même si c'est paradoxal de dire cela après la mort de Pantani. En revanche, il y a une nécessité médicale, le sport se doit d'ouvrir un peu les yeux.

Ouvrir les yeux, c'est dire que le sport n'est pas bon pour la santé ?

Serge Simon. Le sport, c'est comme le soleil, c'est bon pour la santé, mais modérément. À un certain domaine d'intensité, le sport peut comporter des risques.

Vous êtes en train de nous dire qu'il faut interdire le sport de haut niveau ?

Serge Simon. Non ! Personne ne peut interdire à quelqu'un de faire du saut à l'élastique. Il ne s'agit pas d'interdire le sport intensif, mais de le reconnaître comme une pratique avec des risques de santé, des risques sociaux. Ce n'est pas le haut niveau qui est en cause, c'est l'intensité avec laquelle on pratique une discipline. D'ailleurs, le premier critère pour identifier une population à risques dans les pratiquants sportifs, c'est l'intensité. Le sport intensif n'est absolument pas bon pour le corps. Un " vieux " rugbyman comme moi n'a jamais fait du sport pour être bien dans son corps. J'ai fait du sport de haut niveau pour être champion !

Mais ce discours d'un sport nocif pour la santé à haute dose est-il entendu par les dirigeants sportifs ?

Serge Simon. Oui, les mentalités commencent à changer. L'actualité a drainé suffisamment de cas pour prouver le contraire. Il faut que les parents arrêtent de coller vingt heures de sport par semaine à leurs enfants à partir de dix ans en plus du cursus scolaire. C'est le meilleur moyen de leur faire péter les plombs à 15, 20 ou 30 ans. Encore une fois, il faut sortir du mythe du sport comme une panacée. Le discours d'un sport paré de toutes les vertus est de très bonne foi, seulement par son " totalitarisme ", il a enfermé des Pantani dans un silence criminel.

Entretien réalisé par Frédéric Sugnot

Article paru dans l'édition du 17 février 2004.




Pantani

L'ultime ascension




Le champion cycliste italien, Marco Pantani est décédé le 14 février dans une chambre d'hôtel à Rimini sur la côte Adriatique. A 34 ans, le Pirate a rendu le maillot. Ce grimpeur de talent est mort dans des conditions plus que suspectes. Une fois de plus, le cyclisme est en deuil!

Pantani était professionnel depuis 1992. Au cours de sa carrière, de 1994 à 2000, il a remporté 37 victoires. Il est un des rares à avoir réussi le doublé Tour d'Italie-Tour de France. Un exploit plutôt rare, ce qui en fait toute la valeur.

Les problèmes et les ennuis du petit Marco commencent en 1999. Alors qu'il était leader du Giro, il est empêché de prendre le départ lors de la dernière étape à cause d'un taux d'hématocrite trop élevé.

Un fort taux d'hématocrite indique que le sportif a pris de l'EPO. L'EPO est une hormone produite naturellement par le foie. Mais si on l'injecte quotidiennement en grandes quantités, on stimule la production de globules rouges dans le sang. Or, plus nous avons de globules rouges, plus nous recevons d'oxygène dans les muscles. Le gros problème, c'est que l'EPO diminue la fluidité du sang. Il augmente donc les risques d'infarctus...

En 2000, les ennuis de Pantani continuent. Il est suspendu pour six mois suite à la détection de produits dopants. Cette même année, il va malgré tout remporter la prestigieuse étape du Mont Ventoux dans le Tour de France. Selon les observateurs avertis, cette victoire sur le fil était un cadeau de Lance Amstrong qui avait déjà "son" Tour en poche. Le grimpeur Pantani est sur la mauvaise pente. Il est de nouveau suspendu de course en 2001 après avoir été pris avec des seringues d'insuline dans sa chambre d'hôtel lors du Giro. On ne le verra plus sur les routes du Tour. Mais ses démêlés avec la justice vont continuer.

Mort sur ordonnance ?

Les analyses sur les circonstances et les causes du décès de Marco Pantani sont toujours en cours au moment où nous écrivons. L'autopsie a démontré un arrêt cardio-vasculaire. Les causes de cet arrêt ne sont pas connues officiellement. La thèse du suicide a été écartée par les enquêteurs. Ils ont trouvé un nombre important de médicaments dans la chambre du champion cycliste, ainsi qu'une poudre blanche qui pourrait être de la cocaïne. Un mélange accidentel a pu être fatal. C'est ce que détermineront sans doute les analyses.

La mort subite du sportif

Le cas de Pantani est loin d'être isolé. Ces derniers mois, plusieurs sportifs de haut niveau ont trouvé la mort de manière soudaine et brutale. Le cycliste belge Johan Sermon est mort à 21 ans dans son lit d'un arrêt cardiaque le même jour que Pantani. En 2003, un autre cycliste est décédé dans les mêmes circonstances à l'âge de... 23 ans. Toujours en 2003, un coureur italien de 32 ans succombait de la même manière dans le fauteuil de son dentiste. Les footballeurs ne sont pas épargnés. Il faut se souvenir du Camerounais Foé qui s'est écroulé sur la pelouse à l'âge de 28 ans. Crise cardiaque ! Miklos Feher, 24 ans, même chose ... et d'autres encore. La liste est longue. Pour tous ceux qui viennent d'être cités, les autopsies n'ont pas révélé de traces de dopage. On a détecté le plus souvent des malformations cardiaques.

Il faut sans doute limiter le taux d'hématocrite dans le sang des sportifs, mais il faudrait peut-être aussi réduire le taux d'hypocrites qui sévissent dans le milieu. Mais sport et vérité ne font pas de rimes riches!

Nicolas Simon





Pantani meurt et le dopage passe...


(18/02/2004)



Dopage : Et ça continue encore et encore...



On l'appelait "le pirate". A cause du bandana qu'il portait souvent. Crâne rasé, barbichette, performances hors normes. Hors normes...c'est probablement cela qui à fait que Marco Pantani est mort ce 14 février dans une chambre d'hôtel entouré d'une belle pharmacopée. Il venait de fêter ses 34 ans.

Soupçonné de dopage aggravé le coureur Italien avait vu sa carrière se briser et depuis traînait sa dépression de médecins en cliniques. Directement ou indirectement, pas besoin de lire dans le marc de bourgogne ou dans la fiente de castor pour se dire que la petite sister Seringue pourrait bien être à l'origine de cette fin médiocre et dramatique. Suicide, dépression, arrêt cardiaque... ??? Et Virenque de déclarer que c'est l'acharnement qui l'a tué !!!

Mais de quel acharnement parle t'il ? Est-ce celui de la justice, celle qui a épinglé Festina et qui rentre aujourd'hui dans le dur du système Cofidis ? Ou bien celui des journalistes, trop friands d'événements médiatiques et qui ne feraient rien qu'à regarder dans la direction vers laquelle on leur demande de ne pas voir ? Bien implantés dans les pelotons et les voitures suiveuses les gratte-papier sont tout à coup devenus loquaces et cela c'est un crime de haute trahison pour le microcosme des pros du vélo. Car on ne fera croire à personne que ces Messieurs les envoyés spéciaux, intimes jusqu'à la salle de massage, ne savaient pas. Si, bien sur qu'ils savaient, mais c'était total black-out. Mais maintenant il est de bon ton de cafter du bout du stylo. Alors les tricheurs tendent un doigt accusateur vers la presse en hurlant "Pisse- copie m'a tuer !".

Mais l'acharnement ne serait-il pas ailleurs ? Du coté des Docteurs Folamour et autres Mabuse, les rois de la chimie sportive, mi-sorciers mi-dealers, faisant fructifier un bizness sur le dos de la santé des coureurs, décidément trop naïfs, irresponsables ou aveugles, pour signer un pacte avec le diable genre "ma place dans l'équipe ou sur le podium contre ma santé". La damnation de Faust version cyclopédique ! Après le passage des juges exit l'EPO. Alors on ressort les centrifugeuses, on transfuse à qui mieux-mieux et bien sur c'est toujours à l'insu du plein gré de celui qui reçoit l'aiguille. Quelle comédie !

Pantani dans son malheur, n'a fait que suivre un jeune coureur mort il y a peu d'une crise cardiaque dans sa chambre d'hôtel. Comme 5 autres coureurs pro' en 2003. Ils devaient être asthmatiques probablement...

Le VTT n'est encore que le parent pauvre du cyclisme. Mais là aussi il y est question d'argent. Donc de dopage. Il n'y a qu'à écouter Jérôme Chiotti. Au-delà de la gigantesque escroquerie que donne à voir le cyclisme, sport populaire s'il en est, c'est un peu de notre société qui part en testicule. Car tant que l'on mettra dans le sport des valeurs, comme le respect de soi, des autres, de l'effort, du dépassement, valeurs applicables dans la vie et données en exemple, les pervertir par le dopage se sera induire le mensonge, la tricherie et le non-respect des autres comme valeurs de vie. C'est là que le dopage fait mal au plus grand nombre.

Marco Pantani vient de partir pour sa dernière ascension. Quelles qu'en soient les raisons et les causes, il n'en reste pas moins que cette disparition porte en elle tout le poids d'un symbole, celui du dopage et de ses ravages. Et tant qu'il existera dans le cyclisme ce cancer et des irresponsables pour l'entretenir, des hommes tomberont pour un peu d'argent et une gloire éphémère.












Le coureur Marco Pantani




vient d'être acquitté dans une affaire de fruade sportive pour dopage qui remonte à 1999. Pantani avait été exclu du Tour d'Italie 1999, au départ de l'avant-dernière étape, alors qu'il portait le maillot rose, en raison d'un contrôle sanguin révélant un taux hématocrite supérieur aux normes.

Le coureur cycliste italien Marco Pantani a été acquitté jeudi 2 octobre de l'accusation de fraude sportive pour une affaire de dopage dans le Tour d'Italie 1999 par le tribunal de Tione (près de Trente), un verdict qui ne lève cependant pas les doutes pesant sur le champion. Le président du tribunal, Giuseppe Serao, a motivé sa décision en estimant que les faits reprochés à Pantani "ne sont pas considérés comme un délit aux yeux de la loi".

"C'est bien. Je prends acte du verdict avec sérénité", a simplement commenté Pantani, âgé de 33 ans, vainqueur du Giro et du Tour de France en 1998. Le coureur n'a pas assisté à la dernière audience de son procès, pas plus qu'il n'était présent aux précédentes. Son manager, Manuela Ronchi, s'est simplement interrogée: "Pourquoi avoir fait un procès qui a duré un an et demi pour découvrir que la loi n'est pas applicable".

Pantani était poursuivi en vertu de la loi réprimant la fraude sportive, votée en 1989, et prévoyant une peine d'un mois à un an de prison avec sursis et de 250 et 1000 euros d'amende. Les faits reprochés au "pirate" remontent à l'avant-dernière étape du Giro 1999. Alors qu'il était en possession du maillot rose de leader, le coureur de Cesenatico avait été "interdit de départ" pour l'avant-dernière étape, à Madonna Di Campiglio, sur la base d'un contrôle sanguin révélant un taux hématocrite supérieur aux normes.

Le procureur Carmine Russo avait requis six mois de prison, assortis d'une amende de 500 euros contre le coureur cycliste. La formule retenue par le juge Serao acquitte Pantani en droit mais le magistrat ne s'est pas prononcé sur le fond de l'affaire ni sur son aspect médico-légal. En énonçant son verdict au terme d'une heure et demie de délibérations, le juge Serao n'a pas précisé pourquoi il jugeait que Pantani ne tombait pas sous le coup de la loi.

Les attendus du tribunal, qui seront publiés dans un délai de 90 jours, permettront de mieux comprendre quel crédit le magistrat a accordé aux analyses de sang effectuées par les médecins de l'Union cycliste internationale (UCI), au matin du 5 juin 1999 à l'hôtel di Campiglio où résidait l'équipe de Pantani. Au cours des débats, l'argumentation de l'accusation était pourtant apparue solidement étayée.

L'avocat de Pantani, Me Roberto Manzo, avait plaidé l'acquittement. Il s'est attaché à démontrer, d'une part, que la loi n'était pas applicable au cas Pantani. D'autre part, assisté de deux professeurs en médecine, il a contesté les modalités des prélèvements sanguins effectués sur le coureur. Lors du Tour d'Italie 2001, Pantani avait déjà été mêlé à une affaire de dopage, après qu'une seringue contenant de l'insuline avait été trouvée dans une chambre de l'hôtel occupé par son équipe de l'époque Mercatone Uno.

Suspendu dans un premier temps pour huit mois par la Fédération italienne de cyclisme (FIC), le Tribunal arbitral du sport (TAS), a en fin de compte, après plusieurs rebondissements (dont un acquittement), ramené de huit à six mois la durée de la suspension de Pantani, qui a pu recourir fin mars.











Marco Pantani


congestion pulmonaire

Le champion cycliste italien décédé samedi à Rimini d'un arrêt cardio-vasculaire avait une congestion pulmonaire et un oedème cérébral, indique le médecin légiste chargé de l'autopsie. "Aucune hypothèse sur les causes de sa mort n'est exclue", ajoute-t-il.

Le champion cycliste italien Marco Pantani, décédé samedi à Rimini d'un arrêt cardio-vasculaire, avait une congestion pulmonaire et un oedème cérébral, a annoncé lundi le médecin légiste chargé de l'autopsie.
"Aucune hypothèse n'est exclue" sur les causes de la mort, a déclaré le professeur Giuseppe Fortuni lors d'un bref point de presse après son intervention.
"L'autopsie pratiquée lundi est seulement le premier acte d'un longue série d'examens", a-t-il souligné. "Il faudra plusieurs semaines" pour pouvoir déterminer les causes exactes du décès, a-t-il ajouté.

Suicide exclu

Le médecin légiste avait indiqué dès dimanche que Pantani avait succombé à un arrêt cardiaque. Paolo Gengarelli, a exclu dimanche le suicide en ce qui concerne la mort du coureur. "Personne n'a encore parlé de suicide et moi, j'exclus de le faire tant que je n'ai pas les résultats de l'autopsie", a-t-il déclaré aux journalistes.
Le procureur a entendu plusieurs personnes dans le courant de la matinée dimanche, notamment Manuela Ronchi, l'agent du coureur, des employés de l'hôtel "Les roses", deux amis de Pantani et le portier qui a découvert le corps en forçant la porte.

Une amie de Pantani, dont le nom n'a pas été révélé, la seule apparemment qui était au courant de la présence du coureur à Rimini, devrait être prochainement entendue, ainsi que les parents du "Pirate" actuellement en voyage en Grèce.

Cure de désintoxication


Marco Pantani se droguait et envisageait de faire un cure de désintoxication en Bolivie, affirme lundi la presse italienne. "En Bolivie nous avons une communauté qui dispose de 4000 hectares avec des centaines de jeunes et d'adolescents que nous sauvons de la faim et de la drogue", a déclaré au quotidien Corriere della Sera le religieux don Pierino Gelmini, fondateur de ces communautés appelées "Rencontres" où les toxicomanes viennent se faire soigner.
"Pantani refusait d'entrer dans une communauté. En Italie cela aurait fait beaucoup de bruit et lui ne le voulait pas. Il avait peur des rumeurs, des journaux qui ne le laisseraient pas en paix. Alors, l'idée est venue de lui proposer une possibilité où personne ne le verrait, personne ne le jugerait, loin des projecteurs", a poursuivi le religieux.
Selon la presse, la date de son départ avait déjà été arrêtée et le coureur devait partir le 27 février en Bolivie avec don Gelmini.

Cocaïne

"La cocaïne, le grand ennemi ces dernières années du champion cycliste", écrit le quotidien Il Messagero.
Selon La Repubblica, "des traces de poudre blanche" ont été retrouvées dans la chambre qu'il occupait à Rimini, station balnéaire de la côte Adriatique où il a été retrouvé mort.
Toute la presse soulignait "le désespoir" du champion qui se sentait abandonné de tous et semblait manquer de courage pour affronter la vie après ses problèmes de dopage et son exclusion du Giro en 1999.
"Physiquement, Marco était fort, psychologiquement, non. Un tel déclin depuis 1999 fait penser à une grande fragilité émotionnelle, à un terrible besoin d'aide", a estimé le docteur Massimo Besnati, président de l'Association italienne des médecins du cyclisme, dans une interview à La Stampa.

Insuline

Les ennuis de Pantani ont débuté en 1999. Des résultats anormaux lors d'un contrôle sanguin inopiné avaient alors conduit à son exclusion du Giro à la veille de l'avant-dernière étape d'une course qu'il dominait.
En 2001, une seringue contenant des traces d'insuline avait été découverte dans sa chambre d'hôtel après un raid de la police italienne sur le Giro. Pantani avait alors soutenu que la seringue avait été placée dans sa chambre et qu'il n'y avait pas dormi cette nuit-là. Pantani, acquitté au mois d'octobre dernier dans son procès pour fraude sportive, avait été suspendu six mois.
Le cycliste italien a remporté 36 victoires dans sa carrière professionnelle, dont 16 étapes du Giro et du Tour de France.

D'"elefantino" à "pirate"

Pendant ses années de gloire, Pantani s'était attiré des milliers de supporters grâce à ses exploits en montagne, où il était capable de lâcher tous ses adversaires dans les passages les plus raides.
Après avoir été surnommé "elefantino" à cause de ses grandes oreilles, il était devenu "le pirate" en raison du bandana qui recouvrait son crâne rasé et de la boucle d'oreille qu'il portait.
Pantani s'était d'abord fait un nom en remportant le Giro amateurs en 1992, avant de participer aux Jeux olympiques la même année.
En 1995, il avait été renversé par une voiture pendant Milan-Turin, ce qui lui avait valu une double fracture de la jambe gauche.
Il avait ensuite passé cinq mois sur des béquilles avant de remporter deux étapes de montagne sur le Tour 1997.
L'année suivante, il était devenu le premier Italien à s'imposer sur le Tour depuis Felice Gimondi en 1965. (avec AP)


 







04/01/2007
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