Alain YVER

Alain YVER

MARTIN KIPPENBERGER

MARTIN KIPPENBERGER







  1. Metro-Net
  2. (en)Exposition à la Tate Modern, 2006
  3. Presseschau zur Dokumentation KIPPENBERG - DER FILM sur film-zeit.de
  4. Fiche du MAMCO, Genève




Martin Kippenberger (né le 25 février 1953 à Dortmund et mort le 7 mars 1997 à Vienne) était un peintre, un artiste d'installation, un artiste de performance, un sculpteur et un photographe allemand.

Biographie

De 1972 à 1976 il étudie à l'École des Beaux-Arts de Hambourg (de). Il déménage ensuite à Florence. En 1977, il fait la connaissance de Werner Büttner, Albert et Markus Oehlen. En 1978, il déménage à nouveau pour s'installer à Berlin. Avec Gisela Capitain, il fonde, en 1978 à Berlin, le "Kippenbergers Büro", où il montre des expositions de jeunes artistes. En même temps, il devient le directeur du légendaire club SO36 (de). En 1980, il s'installe à Paris. En 1984 il entre dans le groupe d'artistes Lord Jim Loge (les fondateurs de celui-ci étaient avec Kippenberger, Jörg Schlick, Albert Oehlen, Wolfgang Bauer ; leur slogan : « Personne n'aide personne »). En 1988, il participe à la biennale de Venise. En 1989, naissance de sa fille Helena Augusta Eleonore. En 1992, il enseigne à la Hochschule (École des Beaux-Arts) de Cassel. En 1996, il reçoit le Käthe-Kollwitz-Preis. En 1997, il participe à la Documenta X de Cassel et à l'exposition Skulptur.Projekte de Münster. En 2003, il représente, à titre posthume, l'Allemagne avec Candida Höfer à la 50ème biennale de Venise.

Kippenberger veut ouvrir de nouveaux points de vue par ses installations et images ironiques, provocantes et en partie absurdes. Son travail peut être rattaché aux Nouveaux Fauves.

La Tate Modern a organisé du 8 février au 14 mai 2006, la première grande rétrospective du travail de Martin Kippenberger, en Grande-Bretagne. Un choix de l'abondante création de Kippenberger pouvait être vue au musée de Londres, entre autres Selbstportraits (Autoportraits) (1988) et de nombreux dessins de la série des papiers à lettres d'hôtel. L'exposition a eu lieu ensuite au K21 (de), à Düsseldorf.

Une de ses oeuvres, représentant une grenouille crucifiée, a fait scandale à Bolzano, dans le Nord de l'Italie, région très catholique, durant l'été 2008. Un élu local en est allé jusqu'à une grève de la faim pour exiger le départ de l'oeuvre considérée par ses détracteurs comme blasphématoire ; alors que des manifestations pour exiger le respect de la liberté d'expression ont eu lieu, les banderoles arborant «Salviamo la rana !» («Sauvons la grenouille !»).
Travaux/projets (sélection)

    * En 1984, il peint : "Ich kann beim besten Willen kein Hakenkreuz entdecken" (Je ne peux pas découvrir de croix gammée avec la meilleure volonté) (160 x 133 cm)

    * Metro-Net[1] : avec ce projet, un système de métro global devrait être établi, se composant seulement des maquettes des entrées et des puits d'aération avec des bruits de métro et des ventilateurs produisant des flux d'air. La première station du Metro-Net de Kippenberger a été ouverte, en 1993, sur l'île grecque de Syros. D'autres sorties ont vu le jour à Dawson City (Canada), pendant la documenta X en 1997 à Cassel et pendant l'exposition Skulptur.Projekte à Münster.










Martin Kippenberger
  
in présentation des collections, 1994

voir présentation des collections : Moma's Project
   

Que faire de Martin Kippenberger ? Il prétend être le meilleur peintre de la deuxième ligne. Il pose les questions qu'il ne faut pas poser. Il admet se permettre le luxe de produire des « au-dessus-de-canapé-tableaux » pour clientèle avec canapé. Il est peintre, dessinateur, sculpteur, écrivain, poète, photographe, musicien, professeur à l'Académie, organisateur d'expositions et collectionneur d'art contemporain. N'ayant pas assez de temps pour tout faire, il lui arrive de déléguer son travail. Il engage des personnes pour aller faire des expériences à sa place, en Afrique, par exemple. Et dernièrement, il a encore publié la fin du roman « Amérique » de Franz Kafka, resté jusque-là fragment : « The Happy End of Franz Kafka's Amerika ». Que faire de Martin Kippenberger ?


Né à Dortmund en 1953, Martin Kippenberger montre dès son enfance des dons artistiques particuliers. Jugeant que son professeur l'a injustement noté, il boycotte le cours de dessin. En 1968, un magasin de chaussures refuse de l'employer pour cause de « trop grand talent ». De 1972 à 1980, il est étudiant à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts de Hambourg, où il a notamment Franz Erhard Walther pour enseignant. En 1978, il fonde à Berlin le « Bureau Kippenberger » qui présentera l'année suivante l'exposition « Misère » avec Werner Büttner, Walter Dahn et Georg Herold. En même temps il devient directeur du SO.36, une salle de concerts qui se fera remarquer par des événements fort animés, tels les concerts d'Iggy Pop ou de Lydia Lynch. En 1994, il a déjà montré son travail dans plus de cent expositions personnelles, publié une centaine de livres et de catalogues et fait enregistrer neuf disques en collaboration avec les artistes allemands : W. Büttner, Albert Oehlen, A.R. Penck, Jörg Immendorf et Günther Förg.

La « quantité » est un trait marquant du travail de M. Kippenberger. Tout fait partie de son œuvre, des publications jusqu'à sa collection. Toute hiérarchie a disparu, il n'y a pas d'œuvre qui soit plus signifiante qu'une autre. Tout est important. Tout est possible. L'art de M. Kippenberger réalise ce postulat d'une manière qui déconcerte même les adeptes du postmodernisme. Sans parler de celui qui le regarde ou qui essaie de le décrire. L'acheteur n'est pas non plus content car l'abondance influence négativement le prix. Quant aux musées, ils préfèrent des œuvres importantes. Cet art gêne. Par sa prolifération, il nous place dans une impasse d'évaluation et d'orientation. Mais M. Kippenberger ne s'arrête pas là. Il nous met constamment dans l'embarras, nous qui nous croyions d'esprit si ouvert. La rencontre avec ses œuvres est à chaque fois riche d'émotions ambiguës ; elles nous obligent à réagir. Par exemple, M. Kippenberger nous dérange lorsqu'il choisit un sujet mais fait peindre la toile par un peintre d'affiches. Ou lorsqu'il nous rappelle notre salle de séjour ou celle de nos parents en nous montrant un « au-dessus-de-canapé-tableau ». Il nous dérange encore par des questions comme « Quelle est votre minorité préférée ? » ou « Vous souvenez-vous encore des ongles du ministre français de la Culture, Jack Lang ? », par ses poèmes qui nous apostrophent : « Si l'on se détourne / on ne voit pas certaines personnes » et ses proverbes, qui par centaines vont du banal au vrai et du vrai au banal : « Traite bien le hasard car il ne connaîtra pas de retour », « Nous n'avons pas de problèmes avec les portiers de discothèques, s'ils ne nous laissent pas entrer, nous ne les laissons pas sortir », « Nous n'avons pas de problèmes avec Guggenheim, car nous ne pouvons pas dire non, si on ne nous invite pas », « L'abîme n'est pas profond, mais creux »...

Mais alors l'art de M. Kippenberger, est-ce n'importe quoi ? Non. La prolifération peut être une réponse très juste. Aujourd'hui tout semble possible et il n'existe plus guère de points de repères : Dieu est mort, le communisme aussi, la paix et l'amour se sont éloignés, de même que la grâce de l'argent. Et l'idée de Nation nous fait peur. M. Kippenberger ne fait pas semblant de maîtriser la situation. Il est aussi perdu que nous, mais il l'exprime : « Ne rien comprendre est toujours mieux que rien du tout ». Et il oppose au « Tout-est-possible » général, son « Tout-est-possible » à lui. Il s'agit de travailler sans relâche, il faut tout faire connaître, tout a de la valeur pour quelqu'un. Ou, comme il le dit avec W. Büttner et A. Oehlen : « La vérité c'est le travail ». Tout fait partie du travail, les bonnes idées comme les mauvaises pensées, les questions bêtes comme les belles peintures. Dans cette attitude provocante, M. Kippenberger atteint un niveau de rare sincérité. Il ne prétend rien. Il nous confronte à tout, il nous fait rire, nous ennuie et nous fait réfléchir. Et souvent, il nous met dans l'embarras et nous expose ainsi à notre propre étroitesse. Un art moral alors ?

Daniel Baumann







12 février 2006

A la Tate Modern, jusqu'au 14 Mai.

La première et la dernière salles de cette exposition m'ont interrogé, voire dérangé, comme je ne l'avais pas été depuis longtemps.

Mk2 Tout d'abord, la série "Lieber Maler, male mir" (Cher peintre, peins pour moi), autour de laquelle Beaubourg avait organisé l'exposition éponyme, part d'une idée simple, mais curieuse : Kippenberger a conçu des sujets de tableaux, en a fait des croquis et les a donnés à un peintre d'affiches berlinois, Herr Werner, qui a réalisé les tableaux sur les instructions de l'artiste. Certes ce schéma est ancien: l'école de Rembrandt, les praticiens de Rodin ne procédaient pas autrement. Mais ce qui dérange ici, c'est le systématisme de Kippenberger, ce refus de la signature comme reconnaissance du talent (je ne sais pas quelle fut la rémunération de Herr Werner, mais la dimension économique n'est pas non plus indifférente ici). Pour introduire un peu de complexité, deux des tableaux représentent Martin K., l'un de dos dans la rue en costume gris électrique faisant la tournée des bars de Düsseldorf, l'autre (ci-dessus) toujours aussi élégant, négligemment vautré sur un canapé jeté à la rue attendant au milieu des sacs poubelle le camion-benne à ordures qui va l'enlever. Artiste et sujet, mais pas réalisateur ? Quelle est la vraie posture, la bonne distance ?

Mk7 La dernière salle, "Heavy Burschi" (Gros mec) est pleine de photos grand format, certaines empilées les unes sur les autres; au centre de la pièce, une petite benne à ordures (encore !) remplie de toiles déchirées, violemment lacérées et de châssis cassés. Qu'est-ce à dire ? Kippenberger, qui a publié beaucoup de livres et portait beaucoup d'attention à la qualité de ses catalogues, avait demandé à un de ses assistants de peindre sur des toiles la couverture de tous ses catalogues, 51 au total. Mk4Qu'il ait été mécontent de ce travail, ou, plus probablement à mon avis, qu'il ait tout planifié dès le début, il décida de détruire toutes ces toiles, mais, auparavant, il les prit en photos, qu'il développa (tirage unique) et agrandit à la taille originale du tableau, et qui sont donc exposées ici. Que l'artiste, insatisfait, détruise son travail, c'est très fréquent (on dit que Rouault détruisit 90% de ses tableaux), et ce cycle de création et destruction est en principe vertueux, allant vers plus de pureté, plus de talent. Mais ici, ironiquement, ce n'est pas la vertu rédemptrice de l'artiste que Martin K. met en avant; c'est d'abord un acte de violence, et de pouvoir sur son employé, son assistant qu'il met en scène pour nous. Comme avec Herr Werner, c'est aussi une affirmation économique, de pouvoir qui transparaît ici. Et il ne s'agit pas d'une destruction du travail d'aujourd'hui pour faire mieux demain, c'est au contraire un retour vers le passé, vers le travail d'hier et sa rémanence dans les catalogues. "Une sorte de kitsch au carré" dit-il. Au delà de l'impact visuel, vous en sortez avec des questions plein la tête.

Entre les deux, une belle rétrospective de ce chef de file de l'art allemand post-Beuys, mort en 1997 à 44 ans. De l'humour : trois statues (ci-dessus) où il se représente dos à la salle, au coin ("Martin, au coin, tu devrais avoir honte !"); beaucoup de grande toiles (l'une, comme un miroir de peinture brunasse entourée d'une frise où s'inscrit la phrase en français "Nous n'avons pas de problèmes avec les dépressions tant qu'elles ne se mettent pas à être en vogue"); Mk6une salle de sculptures Money forever (Hunger), formes de bois et polystyrène évidées, humanoïdes sans visage montés sur des fins échafaudages (ci-contre). Et deux installations étonnantes.

La première est une pièce blanche. Il y a dix toiles qui sont enchâssées dans les murs, donc aucun relief, tout est lisse, sans discontinuité. Les toiles sont blanches et des mots y sont peints avec de la peinture laquée blanche, à peine lisibles, il faut trouver l'angle de vue approprié. La plupart n'ont que quelques bribes de phrase, en allemand ou en anglais, fragments difficilement compréhensibles. La plus grande toile, dont les autres sont des extraits, reprend le texte d'un enfant de neuf ans qui décrit (non sans fautes d'orthographe) des tableaux de l'artiste et qualifie chacun de "sehr gut", très bien. Cette Installation des tableaux blancs fait bien entendu référence à l'art conceptuel et à son utilisation des mots, et évoque aussi le cube blanc des galeries d'aujourd'hui, mais surtout elle reflète avec humour l'incapacité à avoir un discours critique vis à vis de l'artiste reconnu. "Sehr gut" correspond sans doute en français à "J'aime beaucoup ce que vous faites". Bien évidemment, je peux difficilement vous en montrer une photo.

Mk1 Dans la salle suivante, La fin heureuse de Amerika de Franz Kafka. Ce livre inachevé de Kafka se termine par l'interview d'embauche du héros, arrivé à New York et désireux d'entrer dans le plus grand théâtre au monde, qui affiche "Soyez les bienvenus; Quiconque veut devenir un artiste, inscrivez-vous !". La fin heureuse, c'est celle de l'emploi pour tous, de l'accomplissement artistique pour tous (à Beuys qui disait "Tout homme est un artiste", Martin K., son disciple rebelle, réplique "Tout artiste est un humain"). Donc cette immense installation est faite d'une cinquantaine de tables d'interviews, où les artistes postulants seront questionnés et qualifiés; à chaque fois, une table (ou en tout cas un espace d'échange) et deux chaises. Certaines sont des objets de design de Jacobsen ou de Eames, d'autres viennent de la décharge publique; il y a des miradors, des chaises d'arbitre de tennis ou de surveillant de plage, une table avec un livre-écran où des photos sont projetées, un manège circulaire avec deux sièges éjectables de pilotes se faisant face. Quelques sièges occupés, par des sculptures Hunger, par des statues africaines, par un mannequin désarticulé. A chaque bout de la pièce, des gradins pour les spectateurs. Ce n'est pas seulement parce que l'interview de candidats est mon pain quotidien, mais j'ai trouvé cette installation très forte, très réjouissante; elle affirme des valeurs de dialogue, d'échange, de diversité, elle pose aussi la question du regardeur, du juge, du critique face à l'artiste.

Kippenberger, artiste nomade, drôle, irrévérencieux, a aussi été un grand questionneur. Il voyait l'art dans un contexte social (plus que politique et sans le militantisme de Beuys) et il a été à l'origine de bien des recherches entreprises par la génération suivante, et pas seulement en Allemagne. Je ne crois pas qu'il ait eu d'exposition en France depuis sa mort. Allez voir !

Photos provenant du site de la Tate, ou (2 & 4) prises par l'auteur.










Martin Kippenberger à la Hamburger Bahnhof

Martin Kippenberger L'an dernier, on est allé à Bolzano. Un nouveau musée d'art moderne venait d'y ouvrir et la région accueillait Manifesta 7, un panorama très vaste de l'art contemporain. Manifesta fut une véritable découverte, j'appréciais des installations qui avant, m'auraient laissé indifférent. Le nouveau musée, Museion, fit scandale, dès son inauguration, en dressant sur son esplanade une croix sur laquelle était crucifiée une grenouille tenant dans sa main gauche, une chope de bière et un oeuf dans la main droite.

Cet objet, Prima i piedi, signé Martin Kippenberger, fut finalement déplacé dans une des pièces du musée, sous la pression du curé du coin, qui fit une grève de la faim, puis du Pape qui condamna l'oeuvre. Il faut dire que la région compte 99% de catholiques donc un grand nombre de grenouilles de bénitier. Le déplacement de la grenouille à l'intérieur du musée calma les esprits, est-ce à dire que les catholiques ne vont pas dans les musées?

Cette histoire qui rappelle la condamnation des caricaturistes danois par les Imams, attira mon attention, mais j'arrivais trop tard, une nouvelle exposition était en court d'installation (sur Sonic Youth).

Martin Kippenberger
Il y a quelques jours, en la voyant à la Hamburger Bahnhof, je me suis dit que le Pape ferait mieux de s'occuper de Robert Wiliamson, le prêtre négationniste. Quant au travail de Kippenberger, je préfère malgré tout, d'autres pièces dont certaines étaient aussi exposées à la Hamburger Bahnof.

Prima i piedi
que Martin Kippenberger présentait comme son autoportrait dans un état de "profonde crise" avait été exposé ailleurs sans faire de scandale.








LA GRENOUILLE CRUCIFIÉE AFFOLE SA CONGÉNÈRE DE BÉNITIER


Cela pourrait être le titre d'une fable de la Fontaine, ce n'est que la morale d'une valse picrocholine au royaume des bigots. Dans la petite ville de Bolzano, à l'extrême nord de cette Italie quadrillée par des élus paranoïaques qui voient un musulman derrière chaque platane, la grenouille crucifiée de l'artiste allemand Martin Kippenberger observe la polémique depuis le troisième étage du musée d'art moderne de la ville. C'est que l'heure est grave : on ne badine pas avec le Messie ! Ces élus, si prompts à dénoncer l'obscurantisme quand il s'agissait de l'affaire des caricatures du Prophète, se montrent soudain beaucoup moins véloces pour défendre la liberté d'expression. Et de surjouer les vierges effarouchées, drapés dans la toge immaculée du chevalier blanc garant du respect des traditions…


L'évêque de la ville, Monseigneur Wilhem Egger, ne s'embarrasse pas de détail : « aujourd'hui les symboles de la foi chrétienne sont très souvent dépréciés. Il est pourtant fondamental qu'ils soient respectés, ainsi que les sentiments religieux. Une exposition de telles œuvres n'aide pas à la paix entre les cultures et les religions ». Bigre ! Exactement ce qui disaient les autorités religieuses musulmanes quand les premiers dessins apparurent dans le Jyllands Posten… On peut croquer Mahomet, mais représenter une grenouille crucifiée, quel blasphème pour Notre Seigneur Jésus-Christ ! Le mot qui fâche est même prononcé par Luis Durnwalder, président du Trentin-Haut-Adige : il s'agit d'une « provocation », dans une « région à 99% catholique ». Certains poussent même le ridicule jusqu'à mettre en danger leur propre vie : un élu local, Franz Pahl, s'est lancé dans une grève de la faim, jusqu'à ce que la sculpture impie soit remisée. Il y a vraiment des coups de pieds au cul qui se perdent… Et voilà la liberté d'expression menacée une fois de plus par les culs-bénits, qui invoquent, comme de bien entendu, le « respect » de leurs inepties.


Il n'y a pourtant pas de quoi flageller un Christ (ou fouetter un chat) : intitulée « autoportrait de l'artiste en état de crise profond », cette sculpture, métaphore des états d'âme de son auteur, n'avait soulevé aucune vague lorsqu'elle avait été exposée en 2004 au musée de Laguna Beach en Californie, dans le cadre d'une exposition intitulée « 100 artistes voient Dieu ». Mais dans un pays où le sentiment religieux est de plus en plus instrumentalisé par des politiciens de la 
nouvelle droite, cette affaire est symptomatique du repli identitaire et de la régression obscurantiste qui accompagnent l'offensive mondiale anti-Lumières.




15/10/2010
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