Alain YVER

Alain YVER

MAURICE DE VLAMINCK

MAURICE DE VLAMINCK






http://www.lemondedesarts.com/DossierVlaminck.htm

http://francoisquinqua.skynetblogs.be/de-vlaminck/




Maurice de Vlaminck

Maurice de Vlaminck, né à Paris, le 4 avril 1876 et décédé à Rueil-la-Gadelière (Eure-et-Loir), le 11 octobre 1958 (XIXe ‑ XXe siècles) est un peintre du courant Fauvisme et Cubisme. Il était aussi écrivain : romans, essais et poèmes, avec pas moins de vingt-six livres. Peintre de figures, portraits, nus, paysages, paysages animés, paysages urbains, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, peintre à la gouache, aquarelliste, graveur, dessinateur, illustrateur.

Biographie

Fils d'un violoniste et d'une pianiste il passe son enfance au Vésinet. Il fait ses premières peintures vers 1893, mais gagne initialement sa vie en tant que violoniste, et parfois, en remportant des courses cyclistes. Il se marie en 1896 avec Suzanne Berly avec qui il aura trois filles. Vlaminck est un autodidacte, qui refuse également de se former en copiant dans les musées afin de ne pas perdre ou affadir son inspiration.
C'est en 1900 qu'il rencontre André Derain qui restera son ami pour la vie, ils louent d'ailleurs un studio ensemble à Chatou, dans la région parisienne, pour peindre. Ce dernier quitte l'atelier commun un an plus tard mais conservera une relation épistolaire suivie (les lettres de Derain ont été publiées mais celles de Vlaminck ont été perdues1). Derain retourne avec Vlaminck vers 1904. Cette époque (1900-1905) reste une période difficile financièrement pour le peintre, chargé de famille, et il est obligé de gratter d'anciennes peintures pour en récupérer les toiles. Par ailleurs c'est à cette époque qu'il publie deux romans à l'esthétique décadente pour ne pas dire pornographique. Cela dit sa vraie passion reste liée à l'art primitif et le fauvisme.
En 1905, il s'installe à Rueil-Malmaison, Derain gagnant le midi, comme beaucoup d'artistes de ce temps. Vlaminck fait le choix de rester en région parisienne possiblement par goût, mais également probablement par manque de moyens1. Il participe cette année à son premier Salon des Indépendants. Vlaminck est l'un des peintres qui font scandale lors du salon d'automne de 1905, dit « La cage aux fauves », avec Henri Matisse, André Derain, Raoul Dufy... Le marchand de tableaux Ambroise Vollard s'intéresse à son œuvre dès l'année suivante, lui achète de nombreuses toiles et organise une exposition qui lui est consacré en 1908. Vlaminck noue des liens également avec Daniel-Henry Kahnweiler, autre célèbre négociant en art. Il commence également une activité de céramiste. Il fait plusieurs expositions internationales durant ces années.
Vlaminck ayant alors trois filles, n'est pas envoyé au front durant la Première Guerre Mondiale. Il est affecté dans une usine de la région parisienne. À la fin du conflit, il divorce et se remarie avec Berthe Combes qui lui donnera deux filles : Edwige et Godelieve. Il s'installe à partir de 1925 à Rueil-la-Gadelière jusqu'à son décès.
Son style en peinture
Grand admirateur de Van Gogh, que son ami André Derain lui a fait découvrir, il s'en inspire fréquemment dans ses toiles, tant en utilisant une couleur très pure « sortie du tube » que par des effets de tourbillon. La partie de campagne à Bougival datée de 1905, en est un exemple frappant. Négligeant un peu les recherches de composition, il s'intéresse plus aux qualités spatiales et affectives de la couleur.
Vlaminck passe de l'impressionnisme au fauvisme, plus rebelle, plus débridé. Il reste surtout lui-même, unique, au cours des longues années de sa vie de peintre. La forte personnalité de Maurice de Vlaminck se traduit clairement, par sa fougue et sa robustesse, dans une peinture à la pâte grasse, généreuse, et aux touches larges et sûres.
À partir de 1907, Vlaminck perçoit les limites du fauvisme et découvre l'œuvre de Paul Cézanne. Son graphisme va en être profondément influencé et sa palette se modérer.
Vlaminck est l'un des premiers collectionneurs d'art africain. Il commence l'acquisition d'objets dès le début des années 1900. Son rôle pionnier est reconnu par Guillaume Apollinaire en 19122. Cela n'influence que peu, cependant, sa peinture contrairement à André Derain ou Pablo Picasso.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_de_Vlaminck






Maurice de Vlaminck, le peintre qui disputa Paris-Roubaix
Paris-Roubaix 2012

En 1897, un inconnu participe à Paris-Roubaix, sans le terminer. Il s'appelle Maurice de Vlaminck et deviendra par la suite un peintre reconnu.
L'Histoire du cyclisme d'avant-guerre se régale d'anecdotes savoureuses et Paris-Roubaix, évidemment, ne déroge pas à la règle. En 1907, un dénommé Passerieu avait été arrêté à l'entrée du Vélodrome de Roubaix par un gendarme qui souhaitait vérifier sa plaque. En 1934, Roger Lapébie fut déclassé pour avoir emprunté le vélo d'un spectateur, le sien ayant crevé à quelques kilomètres de l'arrivée. Mais l'histoire la plus étonnante date de la seconde édition de l'épreuve.

Violoniste et mécanicien
Imaginez le tableau : 1897, des décors en noir et blanc, des chemins cabossés, 52 coureurs considérés comme professionnels et des amateurs. Parmi les pros, Maurice de Vlaminck, un jeune homme de 21 ans à l'allure singulière, grand pour l'époque (1m80), costaud (80kg), un pédaleur qui joue du violon et peint à ses heures perdues. Il est né à Paris et gagne sa vie comme mécanicien. Maurice de Vlaminck a déjà disputé quelques courses dans la région parisienne, chassant les primes pour améliorer ses fins de mois, mais rien d'aussi effroyables que les pavés de l'enfer du Nord. Il s'est inscrit à Paris-Roubaix en envoyant son engagement de Nanterre, où il réside alors. A l'époque, n'importe qui peut participer à ce genre d'épreuve, du moment qu'il soit assez fou pour le faire. Face à la dureté de la course, l'intrépide abandonnera en cours de route. Trop long. Trop lent. Ce fut sa dernière classique. Rattrapé par la peinture, il exposera ses toiles dès 1904 et deviendra une référence du fauvisme.





Maurice de Vlaminck

Maurice Vlaminck est âgé de trois ans lorsque sa famille quitte Paris pour s'installer au Vésinet. Il s'engage tout d'abord, comme ses parents, tous deux musiciens, dans la voie musicale. En 1892, Maurice Vlaminck quitte le domicile familial avec une formation de contrebassiste et s'installe à Chatou près de Versailles. Après son service militaire, l'artiste est musicien à Vitré jusqu'à ce qu'il rencontre par hasard André Derain en 1900. C'est aussi ce dernier qui incite Vlaminck à concrétiser ses ambitions artistiques. Avec Derain, Vlaminck loue une vieille baraque qu'il aménage en atelier avec la ferme décision de devenir peintre. La visite d'une exposition van Gogh à Paris est d'une importance capitale pour son émancipation artistique. 
En 1902, le jeune peintre fait la connaissance d'Henri Matisse qui l'encourage à exposer au "Salon des Indépendants". Une exposition a lieu au "Salon d'automne" en 1905 avec entre autres Matisse, Derain, Friesz et Manguin. En raison de la conception totalement nouvelle dans le domaine des couleurs, de la présence de surfaces importantes traitées avec des couleurs pures en tube, le critique Vauxelles qualifie les artistes de "Fauves".
L'achat de l'œuvre intégrale de Vlaminck par le marchand d'objets d'art Vollard prouve que cette nouvelle façon de peindre suscite le plus grand intérêt. Vollard arrange également la première exposition individuelle du peintre en 1906. L'intérêt de Vlaminck pour le cubisme se manifeste uniquement par un bref intermède marqué de quelques compositions cubistes. A partir de 1914, l'incorporation au service militaire a pour conséquence l'interruption de son activité artistique pendant quatre ans. Après avoir été dégagé de ses obligations, Maurice Vlaminck s'aménage un petit atelier à Paris dans lequel il se prépare à sa prochaine exposition. Elle a lieu chez Druet en 1919 et signifie sa percée définitive. La même année, l'artiste peintre fait l'acquisition d'une demeure à Valmondois. Dans un environnement rural, Vlaminck peut désormais développer complètement son propre style en tant que paysagiste.
En 1925, alors que le peintre s'installe dans le département de l'Eure-et-Loire, il reste étroitement fidèle aux paysages. Dans les années 30, il est rendu hommage à ses œuvres dans des expositions internationales. Ses rapports d'amitié avec le docteur suisse Dr Sigmund Pollag marquent les dernières années de son existence. Son ami collectionne l'œuvre graphique de Vlaminck et en fait don au musée d'art de Berne en 1970. Maurice Vlaminck écrira dans l'ensemble plus de 20 livres dont des textes autobiographiques.

Artistes similaires:  Bonnard, Pierre  |  Braque, Georges  |  Chagall, Marc  |  Dongen, Kees van  |  Friesz, Emile-Othon  |  Gauguin, Paul  |  Herbin, Auguste  |  Matisse, Henri  |  Modigliani, Amedeo  |  Picabia, Francis  |  Picasso, Pablo  |  Rouault, Georges  |  Vuillard, Edouard 






Maurice de Vlaminck

Maurice de Vlaminck, peintre né à Paris le 4 avril 1876 et décédé le 11 octobre 1958. Aîné des cinq enfants d'une famille flamande, le jeune garçon s'intéresse d'abord à la musique mais commence, dès l'âge de douze ans, à peindre des paysages de bords de Seine. Il quitte sa famille à l'âge de 16 ans et s'installe à Chatou à proximité de Versailles. Exerçant son métier de mécanicien et de coureur cycliste, il fait de la peinture à ses moments perdus. À 18 ans, il rencontre Suzanne Berly, qui deviendra son épouse.

En 1900, se liant d'amitié avec André Derain, il reprend la peinture et fait la découverte de Vincent Van Gogh* chez qui il reconnaît d'emblée l'instinct de la couleur pure et une violence chromatique aux antipodes de toute démarche intellectuelle qui correspond parfaitement à sa propre formation d'autodidacte et à son tempérament de rebelle. Il rencontre aussi Henri Matisse et décide alors de se consacrer d'une manière définitive à la peinture.

En 1904, il rencontre Apollinaire* et expose pour la première fois. La primauté qu'il accorde à la couleur et la vigueur de son pinceau le font naturellement ranger parmi les «Fauves». En1905. Il expose huit tableaux aux côtés de Matisse, Dufy, Rousseau, et Rouault. Vollard l'aide financièrement en achetant quelques-unes de ses toiles. il s'entretient avec Van Dongen, Braque, Picasso, Jacob, Modigliani, Marinetti et admire Cézanne.

Profondément marqué par la première guerre* mondiale à laquelle il participe activement de 1914 à 1918, il se retire en Eure et Loir après sa démobilisation. Il s'engage alors dans une peinture de paysages tourmentés, aux tons sombres.
Il s'installe en 1919 à Valmondois et épouse sa seconde femme, Berthe Combes, tandis que son exposition à la Galerie Druet est un véritable succès. Vlaminck a horreur de l'art pour l'art, il pense que toute avant-garde ne peut s'exprimer que dans le cynisme à l'égard de son époque et il ressent alors l'immense solitude de l'artiste qui s'engage dans la défense de ses valeurs profondes : «je suis heureux tout seul, dans le vent, dans la pluie, dans les éléments, avec ma pipe.» et «Si tu es peintre, ne regarde que dans toi-même.»

En 1925, il s'établit au manoir de «La Tourillière» à Rueil-la-Gadelière en Eure - et- Loir où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Il publie en 1929 Tournant Dangereux , ouvrage dans lequel il révèle toutes ses révoltes ainsi que sa passion pour l'art nègre et son admiration de la nature. Il expose en 1933 à Paris au Palais des Beaux Arts et à New York en 1937.

À Paris, au 16 de la Rue des Quatre Vents, Vlaminck réunit, en 1939, des amis au restaurant des «Compagnons du Tour de France» où ils brûlent, dans une revendication commune contre les menaces allemandes, un portrait d'Adolf Hitler*. En 1944, cependant, il participe au voyage organisé en Allemagne, par les autorités de la France occupée, ce qui lui vaudra des accusations et une arrestation après la guerre. Aigri et plein d'amertume, il s'isole davantage, mais continue à peindre et publie en 1953 Paysages et personnages, où il manifeste sa révolte.

En 1956, la Galerie Charpentier organise une grande exposition des oeuvres de Vlaminck qui provoque un débat sévère entre des critiques qui le considèrent comme le traître de la peinture moderne, tandis que d'autres le traîtent comme le maître du «vrai» modernisme dans la composition de ses paysages.

Il décède dans son manoir de «La Tourillière» le 11 octobre 1958.

Texte intégral
auquel les données ci-dessus ont été empruntées:
«Le Monde des Arts»
http://www.lemondedesarts.com/DossierVlaminck.htm







Maurice de Vlaminck, «Ceci est mon testament »

J'ai aujourd'hui quatre-vingts ans. Je suis surpris d'avoir pu résister, jusqu'à présent à la barbarie scientifique de l'espèce humaine civilisée et de ne pas être depuis longtemps à six pieds sous la terre. La vie se présente palpable aux doigts. Elle apparaît aux yeux, elle s'offre aux sens. Je donne gratuitement à tous et à toutes, les émotions profondes, dont le souvenir est encore frais et vivace en mon vieux coeur, que m'ont procuré les Ruysdael, les Brueghel, les Courbet, les Cézanne, et Van Gogh… et je fais don, sans regret, sans envie, de ce que je n'aime pas et de ce que je refuse : le lait pasteurisé, les produits pharmaceutiques, les ersatz, les rébus décoratifs de l'Art abstrait. Car, malgré mon grand âge, je continue à goûter la cuisine française et à déguster le poulet aux champignons, le bifteck aux pommes et le perdreau aux choux, sans confondre cuisine et pharmacie, campagne et sanatorium, travail et productivité, vice et amour [...] Je lègue aux jeunes peintres toutes les fleurs des champs, le bord des ruisseaux, les nuages blancs et noirs qui passent au-dessus des plaines, les rivières, les bois et les grands arbres, les coteaux, la route, les petits villages que l'hiver couvre de neige, toutes les prairies avec leur magnifique floraison et aussi les oiseaux et les papillons.

Je n'ai jamais rien demandé, la vie m'a tout donné. J'ai fait ce que j'ai pu, j'ai peint ce que j'ai vu.






Maurice de Vlaminck

Maurice de Vlaminck était un peintre français, considéré comme l'une des principales têtes du mouvement Fauve.
 Maurice de Vlaminck est né le 4 avril 1876 et est décédé le 11 octobre 1958. Avec André Derain et Henri Matisse, Vlaminck est considéré comme l'une des principales têtes du mouvement Fauve, un regroupement d'artistes modernes qui de 1904 à 1908 étaient unis dans leur utilisation de la couleur intense.

Maurice de Vlaminck est né à Paris dans une famille de musiciens. Son père lui a appris tôt à jouer du violon. Vlaminck commence à peindre à la fin de son adolescence. En 1893, Vlaminck étudie avec un peintre nommé Henri Rigalon sur l'Ile de Chatou. En 1894, Vlaminck épouse Suzanne Berly. Le point tournant dans sa vie a été une rencontre fortuite dans le train pour Paris vers la fin de son séjour dans l'armée. Vlaminck, alors âgé de 23 ans, rencontra un artiste en herbe, André Derain, avec qui il se lie d'amitié pour la vie. Lorsque Vlaminck à terminé son service militaire en 1900, les deux ont loué un studio ensemble pendant un an avant que Derain parte faire son service militaire. En 1902 et 1903, Vlaminck a écrit de nombreux romans pornographiques légèrement illustré par Derain. Il peint pendant la journée et gagne sa vie en donnant des leçons de violon et produit des groupes de musiciens la nuit.
En 1911, Vlaminck se rend à Londres et peint. En 1913, il peint à nouveau avec Derain à Marseille et en Martigues. Dans la Première guerre mondiale, Vlaminck était en poste à Paris, et a commencé à écrire de la poésie. Finalement, Vlaminck s'installe dans la banlieue nord-ouest de Paris et il épouse sa seconde femme, Berthe Combes, avec qui il eut deux filles. À partir de 1925 Vlaminck a voyagé dans toute la France, mais continue à peindre essentiellement le long de la Seine, près de Paris. Vlaminck est mort à Rueil-la-Gadelière le 11 octobre 1958.
Deux des peintures révolutionnaire de Vlaminck, 
Sur le zinc et L'homme à la pipe ont été peintes en 1900.
Pour les prochaines années Vlaminck vivait dans ou près de Chatou (l'inspiration pour ses maisons de peinture à Chatou) et il peignait aux côtés de Derain, Matisse, et d'autres peintres fauves. À ce moment son application de la peinture et son emploi dynamique des couleurs affiche une influence de Vincent van Gogh. Sur le zinc rappel l'esprit des travaux de Toulouse-Lautrec et ses portraits de prostituées ainsi que les buveurs solitaires. Dans ses paysages, son approche était similaire. Vlaminck a ignoré les détails, avec le paysage devient un prétexte pour exprimer son humeur par la couleur agressive et les coups de pinceaux. Un exemple est Sous bois, peint en 1904. L'année suivante, Vlaminck commence à expérimenter avec la « déconstruction ». Il s'agit de transformer le monde physique en donnant une impression de mouvement. Ses peintures Le pont de Chatou, La seine, Les ramasseurs de pommes de terre et Le verger illustrent cette tendance.






Vlaminck. Un instinct fauve
Paris, Musée du Luxembourg. Du 20 février au 20 juillet 2008.



Si la scénographie d'une exposition joue un rôle essentiel dans le plaisir qu'éprouve le visiteur, le choix de son titre importe tout autant : entre platitude et mensonge, comment guider le spectateur avec honnêteté ? De ce point de vue, le musée du Luxembourg sait avec brièveté et précision circonscrire l'objet de la présentation qu'il propose de Maurice de Vlaminck (1876-1958) : un article indéfini, un substantif parfaitement choisi, un adjectif qui en dit plus qu'un long discours. De fait, Vlaminck n'est pas le seul « fauve » et gommer Matisse ou Derain (qu'une récente exposition à Collioure avait associés dans leur entreprise fauve) par un impérialiste article défini eût été malhonnête. Mais quel adjectif pour mieux dire que cette peinture ne procède d'aucune forme apprise, d'un quelconque académisme institutionnel ? Instinctive, la touche de Vlaminck l'est tout autant par ses coups de brosse ou de pinceau sauvages que par ses choix chromatiques. Et, dès lors, qu'ajouter à ce fauve adjectif qui dit très justement qu'ici sont accrochés des toiles dont certaines suscitèrent le déchaînement de la critique lors du Salon d'Automne de 1905 qui vit le critique Louis Vauxcelles nommer la salle qui les rassemblait de « cage aux fauves ». Fauves ils étaient, fauves ils se vécurent (un certain temps du moins pour quelques-uns d'entre eux), mais ils eurent toujours une méfiance à l'égard du terme…

Aujourd'hui, le Luxembourg accueille dans un enthousiasme absolu les visiteurs éblouis par les couleurs étincelantes de cette « fantaisiste polychromie » dénoncée par la Revue L'Art à Paris en 1905, vilipendée par Le Journal de Rouen pour « ses bariolages informes ». Face à la tristesse des romans naturalistes qui passaient de mode, les Fauves présentaient, à la suite des Impressionnistes, une vision joyeuse de Paris et de ses abords. Et Vlaminck plus que tout autre puisqu'à la différence de Matisse ou Derain qui découvrirent ensemble Collioure en 1905, lui n'abandonna pas, faute de moyens, la capitale et ses abords. 
L'espace du Luxembourg impose, on le sait, ses contraintes. Aussi sera-t-on reconnaissant à Hubert Le Gall qui a mis en scène les quelque soixante-dix toiles, la vingtaine de céramiques et la dizaine de statuettes africaines que Vlaminck fut l'un des premiers à collectionner, de ses choix scénographiques : des cimaises jaunes alternant avec des grises, un accrochage élégant et assez peu chargé pour permettre aux tableaux d'irradier toutes leurs lumières, des cartels lisibles et, çà et là, quelques phrases du peintre pour traduire ses désirs et ses plaisirs…, le visiteur n'a plus qu'a laisser errer, au fil d'une chronologie qui va des années 1900 aux toiles de 1915, son regard sur ces portraits de femmes qui ouvrent (Sur le zinc, 1900) et ferment la première salle ( La Fille du Rat Mort, 1905), sur ces paysages de la région parisienne qui retiennent l'œil par la violence de leur palette, ici Le Verger (1906) brossé par larges touches où éclatent le jaune, le rouge, l'orange, là Les Voiles à Chatou (1906-7) dont les bleus évoquent la Méditerranée, tandis que Les Pêcheurs (1907) au ciel trempé de blanc rappelle que Chatou n'est pas Collioure, sur ces natures mortes qui empruntent à Cézanne (Nature morte au compotier ; ill. 1) ou semblent parfois détachées d'un paysage – tel ce Vase bleu avec fleurs (1906). Après viennent des toiles où la touche picturale proprement dite laisse place à une recherche plus formelle sur les lignes et les volumes.

Car, ce que l'exposition met parfaitement en évidence c'est l'évolution de Vlaminck – sans doute serait-il plus exact, à propos de cet autodidacte en peinture, de parler de son adaptation tâtonnante aux influences du temps. Musicien de formation, il avait commencé à peindre vers 1893, « compos[ant] d'instinct, malhabilement, pos[ant] les couleurs avec la seule idée qui pour moi excusait tout : dire ce que je ressentais. Je peignais en balbutiant. [...] Il me semblait que l'eau, le ciel, les nuages, les arbres, savaient le bonheur qu'ils me procuraient » écrira-t-il dans Tournant dangereux en 1929. Cet aveu d'inexpérience devant la toile, Vlaminck en ressentira l'effet lors d'une visite à la Galerie Bernheim-Jeune qui consacrait en 1901 une exposition à Van Gogh : « J'avais […] une envie de pleurer de joie et de désespoir. Ce jour-là j'aimais Van Gogh mieux que mon père » confiera-t-il en 1922. Et, de fait, comment ne pas sentir dans des toiles comme Les Ramasseurs de pommes de terre (ill. 2) ou La Seine à Chatou (1905), ces toiles aux touches nerveuses et cursives, aux couleurs nettement délimitées et contrastées, l'admiration pour le maître hollandais ? Mais bientôt Cézanne succède à Van Gogh – Chatou. Paysage aux arbres rouges, Maisons et Arbres, Bourg, Vins, Liqueurs (ill. 3) et les autres toiles des années 1907-1910 – : les couleurs se dissolvent dans des formes qui imposent désormais leur présence, et si L'Île Saint-Germain est encore très colorée, la structuration des maisons du premier plan laisse deviner que désormais les lignes l'emporteront sur les vibrations chromatiques – ce que montre à l'évidence un Paysage urbain de 1909. Cézanne n'avait-il pas énoncé qu'il fallait « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône » ?
1909 c'est le début de la « cordée » Braque-Picasso d'où allaient sortir le cubisme et ses novations (à laquelle, de manière très différente, fait écho ce que Jacqueline Munck appelle dans le catalogue « la Cordée fauve Vlaminck/Derain) : à voir l'exposition il semblerait que le « fauve » Vlaminck ait délibérément ignoré l'aspect analytique pour ne se laisser tenter que par le travail sur les formes et la perspective. Ainsi ces Fleurs ou cette Nature morte au couteau (ill. 4) qui réintroduisent les contrastes chromatiques dans un contexte désormais fortement marqué par les lignes, les angles, l'écrasement des volumes. Car Vlaminck n'abandonne pas encore la couleur : sa période sombre sera l'écho des événements extérieurs en lui. Mais le Luxembourg n'a pas choisi d'aller plus avant, dans un souci de pure concomitance avec la publication par le Wildenstein Institute du premier volume raisonné du catalogue de l'œuvre du peintre (Vlaminck. Période fauve, mars 2008) coordonné par Maïthé Vallès-Bled, commissaire de l'exposition. Ce qui laisse présager d'une future programmation d'un Vlaminck moins soucieux de « hausser tous les tons [pour] transposer dans une orchestration de couleurs tous les sentiments qui m'étaient perceptibles ». On ne saurait mieux dire que cette exposition est une symphonie pour l'œil… Vlaminck ou le Peintre des synesthésies fauves !

Collectif, Vlaminck, un esprit fauve, Skira, 223 p., 34 €. ISBN : 9788861306288.
Informations pratiques : Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris. Ouvert tous les jours : lundi et vendredi : 10 h 30 - 22 h (les lundis 12 mai et 14 juillet : 9h-19h) ; mardi, mercredi, jeudi et samedi : 10 h 30 - 19 h ; dimanche : 9 h - 1 9h. Tarif : 11 € (réduit : 9 €).






Vlaminck, Un instinct fauve

Par Mag le lundi 25 février 2008, 08:00 - Peinture et arts graphiques - Lien permanent

Les Fauves firent leur entrée en scène en 1905 au salon d'Automne, lorsqu'un visiteur passant devant un buste d'enfant qui évoquait une oeuvre du Quattrocento italien s'exclama : "Tiens, Donatello dans la cage aux fauves !".

Aux côtés de Matisse et de Derain, y est exposé le plus puissant de ces fauves : Maurice de Vlaminck (1876-1958).

Autodidacte, anti-académique, anarchiste, c'est avec son ami Derain que ce fils de musiciens - lui-même violoniste... et coureur cycliste - a commencé à peindre quelques années auparavant, à Chatou.
Matisse était alors allé leur rendre visite, et après avoir longuement contemplé leur travail, s'était représenté le lendemain : "Je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit, j'ai voulu revoir tout cela".
Et Dieu sait si la peinture de Vlaminck donne à voir. "Tout cela" est à admirer au Musée du Luxembourg jusqu'au 20 juillet 2008.

De Vlaminck, les toiles les plus connues sont ses paysages des bords de Seine, qu'il a peints et repeints comme Cézanne s'obstinait devant la Sainte-Victoire.
La comparaison n'est pas fortuite car Cézanne fut, après Van Gogh (dont l'inspiration dans certains paysages est bien visible) le deuxième choc de l'artiste, lui qui pourtant revendiquait ne connaître "ni dieu ni maître''.
En 1907, lors de la première exposition consacrée à Cézanne, ses recherches sur le modelé et les formes ont influencé Vlaminck comme tant d'autres. Avec le superbe et étonnant ensemble de trois natures mortes (1909-1910), le grand fauve délaisse son obsession de la couleur pure et se met à composer avec les objets de façon arbitraire et spectaculaire, bousculant la perspective, assourdissant les tons, précisant ses formes. Le compotier en particulier, avec ses coupes et sa carafe dont l'étain étincelle au milieu de tons rouge brun profond, ses fruits démesurés aux teintes lumineuses, a quelque chose de fascinant.

Autres surprises de l'exposition et autant de coups de foudre : les portraits, sujet traité à ses débuts dans les années 1900, que l'artiste a par la suite cessé d'exploiter. Quel dommage ! Avec sa manière d'étaler la couleur à même la toile, de cerner les contours et les yeux de larges traits noir, il conférait à ses personnages une intensité et une vivacité exceptionnelles.
A la façon de Toulouse-Lautrec, il se plaisait à peindre les milieux populaires, comme Sur le zinc (1900), femme maquillée à l'outrance, clope au bec, impressionnant verre de rouge posé devant elle, qui renvoie au rouge de la fleur accrochée à son énorme poitrine serrée dans son corsage blanc. Ou encore cette Fille du rat mort (1905) : à demi-dévêtue comme une prostituée, immense chapeau de cocotte et regard noir de biais dont on ne sait trop que penser, sur un séduisant fond presque art déco... Quelle présence, quelle puissance, quel culot, a-t-on envie de dire !

Et puis il y a aussi bien sûr les fameux paysages ; et encore, on l'a peut-être oublié, la collection de statuettes africaines de Vlaminck (qui vaut vraiment le coup d'oeil), lui qui, n'en déplaise à Picasso, fut l'inventeur, le premier collectionneur de ces arts primitifs qui inspirèrent tant, entre autre, le grand maître du XXème siècle...







Vlaminck, un instinct fauve à Paris
roger pierre turine
Mis en ligne le 06/03/2008
Le Musée du Luxembourg évalue l'art de Maurice de Vlaminck avant 1914. 69 tableaux, 19 céramiques et 9 sculptures de sa collection africaine.
à paris
Maurice de Vlaminck (1876-1958) fut un très grand peintre... Le temps de quelques saisons ! L'excellente exposition du Luxembourg est révélatrice. Si elle ne nous dévoile pas les débuts de l'artiste à ses 17 ans, ces oeuvres-là étant perdues, elle nous balise un parcours de 1900 à 1914 et les préoccupations plastiques du créateur. L'époque, Vlaminck l'a traversée en cumulard : passions de la peinture, du vélo (il gagnera des courses alimentaires), de la musique - ses père et mère étaient profs de violon et pianiste -, du roman et de la collection. Il fut ainsi le premier moderniste à s'intéresser de près à la statuaire africaine, qu'il acheta auprès du marchand novateur Paul Guillaume.
Deux portraits, tous deux de 1900, frappent dès l'abord : "L'homme à la pipe" et "Sur le zinc". S'il n'est pas alors encore rompu aux voies de l'expressionnisme par la couleur, sa palette ne trompe pas : il a du tempérament et apprécie les couleurs qui cognent. Des paysages témoignent d'une période d'affirmation de plus en plus convaincante avec les années. "Le pont de Chatou" et "La fille du Rat mort" de 1905 frappent par des rouges, des verts accusés. Et, dans "La châtaigneraie" de la même année, on mesure l'impact qu'une exposition de Van Gogh a eu sur un Vlaminck bouleversé.
L'énergie chromatique du peintre des bords de Seine est exceptionnelle. Ses ciels bousculent et ses portraits sont saisissants : "Je voulais faire des por traits, une série de portraits du peuple, des portraits de caractère, des portraits vrais comme des paysages vivants, des paysages humains, tristes ou beaux, avec toutes leurs tares, leur grâce indigente ou crasseuse", écrira-t-il, en écrivain talentueux, dans son livre "Portraits avant décès". Le grand Vlaminck est dans ces oeuvres-là.
De Van Gogh à Cézanne
A partir de 1905, Vlaminck exposa au Salon des Indépendants et, remarqué par Ambroise Vollard, il put commencer à vivre de sa peinture. Ses années fauves furent aussi celles d'une grande complicité avec André Derain, avec lequel il a partagé un atelier. Si la peinture de ces années-là était enlevée sur le grand braquet, comme on dit pour les champions cyclistes, vers 1908 toutefois, Vlaminck vira de cap. Comme si la rage de peindre en liberté s'était subitement muée en souci de peindre de façon plus ordonnée. Plus cézanienne. Il l'a lui-même reconnu dans son livre "Tournant dangereux" : "Le jeu de la couleur pure, orchestration outrancière dans laquelle je m'étais jeté à corps perdu, ne me contentait plus. Je souffrais de ne pouvoir frapper plus fort, d'être arrivé au maximum d'intensité, limité que je demeurais par le bleu ou le rouge du marchand de couleurs." Dommage.
On le sent sur les traces de Cézanne, en quête de construction, d'exploration des volumes, d'une certaine sagesse. Loin pourtant d'égaler celle de Cézanne en amplitude novatrice, la peinture de Vlaminck devint plus banale, plus proche du chromo que du tableau indispensable. La veine était tarie. L'exposition nous montre des plats et des pots commis en complicité avec le céramiste André Metthey. Puis aussi, neuf pièces tribales qu'il collecta. Une bonne façon de rappeler combien la statuaire d'Afrique et d'Océanie fertilisa la création moderniste. Ancêtre féminin kanak, statue nimba des Baga de Guinée, statue nkisi des Songye, figure de reliquaire fang du Gabon : Vlaminck avait le bon oeil.








07/06/2012
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