Alain YVER

Alain YVER

MAURICE UTRILLO

MAURICE UTRILLO





//www.utrillo.com/

//www.pinacotheque.com/?id=280

//bibliobs.nouvelobs.com/documents/20101215.OBS4764/utrillo-gauguin-et-dylan-sous-le-marteau.html

//francoisquinqua.blog.lemonde.fr/2008/11/08/abecedaire-u-comme-utrillo/

//toutelaculture.com/2009/03/valadon-utrillo-au-tournant-du-siecle-a-montmartre-a-la-pinacotheque-de-paris/

//www.montmartre-paris-france.com/peintres-utrillo.php

//www.google.fr/imgres?imgurl=//fr.academic.ru/pictures/frwiki/85/Utrillo_-_Tombe_-_Cimeti%C3%A8re_Saint-Vincent_(Paris).jpg&imgrefurl=//fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1139276&usg=__IDEBrlSHB-qlq-9qw1Am1dlSaqo=&h=768&w=1024&sz=711&hl=fr&start=9&sig2=q17whvI9cSZcUqZGJpVrOg&zoom=1&tbnid=ykWcnkCZM7wk_M:&tbnh=113&tbnw=150&ei=OftaTeKiGpXs4gbK0PC0DQ&prev=/images%3Fq%3DUTRILLO%26um%3D1%26hl%3Dfr%26safe%3Doff%26client%3Dfirefox-a%26sa%3DN%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26tbs%3Disch:1%26prmd%3Divns&um=1&itbs=1

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Maurice Utrillo, né Maurice Valadon le 26 décembre 1883 à Paris XVIIIe et mort le 5 novembre 1955 à Dax, est un peintre français de paysages animés, paysages urbains, peintre à la gouache, aquarelliste, illustrateur, peintre de décors de théâtre.

Utrillo et Valadon

Né un lendemain de Noël, 8 rue du Poteau à Montmartre, un quartier de Paris, Utrillo est un des rares peintres célèbres de Montmartre qui y soit né. Il est le fils du peintre Suzanne Valadon (de son vrai nom Marie-Clémentine Valade) et d'un père inconnu. Ce n'est probablement pas le peintre catalan Miguel Utrillo, un des amants de Suzanne Valadon, qui l'a néanmoins reconnu en 1891 et lui a donné son nom[1].

Valadon devint le modèle de Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir (qui l'appelait Maria), voire de Vincent Van Gogh et de bien d'autres peintres montmartrois dont elle aurait été parfois la maîtresse. C'est en les observant qu'elle apprit à peindre et se lança dans ses premiers dessins (son fils était un de ses modèles préférés quand il acceptait de tenir la pose). On lui présenta le maître Edgar Degas qui lui apprit quelques techniques, l'encouragea à peindre et fut son premier acheteur.

L'enfance d'Utrillo

L'enfance de Maurice se déroule auprès de sa grand-mère, à qui sa mère l'a confié, Villa Auchat à Pierrefitte-sur-Seine[2] (actuelle Seine-Saint-Denis). À partir de l'âge de 18 ans, il fait plusieurs séjours à l'asile. Il sombre progressivement dans l'alcool, qui provoque chez lui de nombreux troubles (violence, démence). Ses études en sont affectées. Cependant, ses occupations thérapeutiques contribuent peut-être à révéler son génie. En tout cas, il reçoit les encouragements de sa mère lorsqu'elle pense découvrir en lui du talent.

Revenu à la ville de son enfance, il y croque ainsi le Café "le Chat sans Queue" ou La Guinguette.

Début de carrière

Maurice Utrillo rencontre le peintre Alphonse Quizet et commence à peindre régulièrement à partir de 1910, année où il commence à vivre de sa peinture. Il produit des centaines de toiles en plusieurs décennies et il est beaucoup plagié (il existe une multitude de faux et d'œuvres douteuses).

Dès les années 1920, il devient un peintre célèbre et le gouvernement français le décore de la croix de la Légion d'honneur en 1929.

Sans doute poussé par sa mère, il épouse en 1935, à l'âge de 51 ans, Lucie Valore avec laquelle il s'installe au Vésinet[3]. Celle-ci joue un rôle dans la gestion des finances du couple et surveille Maurice afin d'éviter sa rechute dans l'alcoolisme et le faire travailler. Sa mère meurt 3 ans plus tard.

Il meurt, âgé de 71 ans, le 5 novembre 1955 à l'hôtel Splendid de Dax où il est en cure avec sa femme. Il est enterré au cimetière Saint-Vincent à Montmartre, Paris, face au Lapin Agile.

Son œuvre

Maurice Utrillo a peint essentiellement des paysages dans lesquels apparaissent souvent des maisons ou des coins de villages. Durant sa carrière, il peint de nombreux paysages urbains, essentiellement des vues du quartier Montmartre. Son style est si particulier qu'il est difficile de le classer dans tel ou tel mouvement.

On distingue trois périodes dans son œuvre :

    * la période Montmagny de 1904 à 1910 ;
    * la période blanche de 1910 à 1914 : les formes et les teintes blanches sont prédominantes ;
    * la période colorée de 1922 à 1955 : les tonalités vives et gaies prédominent.








Peintre autodidacte, Suzanne Valadon a fini par surpasser son fils, Maurice Utrillo, comme le raconte une belle exposition présentée à la Pinacothèque de Paris.
Valadon


Son nom évoque un tableau accroché dans un intérieur années 50. Meubles en fer forgé, bouquet de glaïeuls et tapis au sol de Lurçat. Et surtout Montmartre dont il a fait un cliché pour touristes. Utrillo est mort célèbre et célébré. Avant que sa peinture ne soit vite considérée comme banale. Insignifiante.

Pour Suzanne Valadon, sa maman, c’est autre chose. Peintre au talent original, certes moins connue que son fiston, elle se révèle être une mère redoutable. Au moment où son fils faiblit, elle l’achève en se lançant elle-même dans la peinture. Un meurtre. D’autant qu’elle prend pour amant André Utter, un beau blond séduisant ami de son fils. Situation que ce dernier ne supporte pas.

En réunissant Utrillo et Valadon, la Pinacothèque de Paris ne joue pas la confrontation entre les deux artistes. Elle montre à travers 140 tableaux que jusqu’à la première guerre mondiale, le peintre de Montmartre, en créant son propre style, est un artiste qui compte dans le mouvement de l’Ecole de Paris. L’exposition dévoile surtout le rôle dévastateur de sa mère, autodidacte, qui commence par dessiner pour ensuite devenir peintre et surpasser son fils.

Tous deux étaient nés de père inconnu. Elle en 1865. Lui en 1883. C’est un enfant introverti, qui bégaie. Mal dans son corps comme dans sa tête. Hargneux, coléreux, il traîne dans les rues et très vite, encore adolescent il s’adonne à la boisson jusqu’à plus tard devenir alcoolique et être interné. La mère pose comme modèle auprès de Puvis de Chavanne, Renoir ou encore Toulouse Lautrec. Elle dessine, fait l’admiration de Degas qui l’encourage. Mais il y a l’amour-haine entre les deux.

Utrillo peint à Montmartre, en dégageant du lieu une ambiance de village. Mais un village sans habitant. Comme un regret de campagne. Ce qui intéresse Utrillo ce sont les rues, les façades, cette lumière blanche qui tombe sur la butte. Il s’aventure même dans des compositions presque géométriques comme "Le restaurant de la mère Catherine, 1911", aux grands aplats marrons et blancs.

Valadon, elle, se range plutôt du côté des Nabis, de Gauguin parfois. Avec un sens de la couleur étonnant, d’une humeur joyeuse, d’une vivacité étincelante. Ses nus sont mordants avec une chair attirante. Ce qui permet à l’artiste de s’affirmer à travers sa peinture comme une femme libre, audacieuse. Mais ses œuvres étouffent très vite celles de son fils, fragiles, à la limite de la banalité. Son travail est incapable de résister à la trahison de sa génitrice.

Dans les années 20, alors qu’Utrillo ressasse une peinture auquel il ne semble plus croire, Suzanne Valadon, au contraire, rayonne à travers un ensemble de portraits qui délivrent une joie de vivre qu’elle exalte. Cruelle, elle va rendre l’œuvre à venir d’Utrillo vieillotte, sans attrait. C’est pourtant celle-ci qui sera la plus prisée et la plus vendue dans les années 50.








Le musée Utrillo privé de ses toiles
A Sannois, le musée Utrillo a été dépossédé hier de 31 tableaux de l'artiste. L'aboutissement d'un litige entre le détenteur des droits et la ville.

 

C'est une nouvelle ère qui commence pour le musée Utrillo de Sannois. Avec une collection revue à la baisse. Hier, les 31 tableaux signés du maître ont été emballés avec d'extrêmes précautions, justifiées par la valeur de l'ensemble, estimée à plus de 5 M€. « Là, il y a un point blanc », fait remarquer Jean Fabris, détenteur des droits sur l'oeuvre d'Utrillo, en scrutant « l'Impasse Traînée à Montmartre », la plus grande des toiles qui avaient été prêtées gratuitement à la ville de Sannois par le collectionneur Gilbert Pétridès pendant quinze ans. Une observation immédiatement enregistrée au magnétophone en présence d'un huissier, avant la mise sous emballage du tableau. L'opération reproduite pour chaque tableau a duré cinq heures. Le ministre de la Culture attendu samedi prochain « Je passe une journée que j'aurais aimé ne jamais vivre », confie, tendue, Nicole Fleurier, maire adjointe à la culture, en voyant partir le fleuron de la collection permanente. Le musée ne présentera plus désormais que trois tableaux de Maurice Utrillo, propriétés de la ville, plus un dessin et deux toiles de sa mère, Suzanne Valadon, achetés dernièrement pour un montant de 75 000 €. Voici quelques semaines, Jean Fabris avait déjà repris toute sa collection personnelle d'objets ayant appartenu à Maurice Utrillo (18 000 photos de tableaux et photos de famille, ainsi que des documents dont le journal intime de l'artiste). Le résultat d'une mésentente avec le maire UMP, Yanick Paternotte. Jean Fabris, devenu légataire du droit moral d'Utrillo après avoir assisté son épouse jusqu'à sa mort, a travaillé pour le musée de Sannois de 1995 à février 2009. Mais aujourd'hui, il est devant la justice avec la ville, à propos d'une commande de livres qui lui sont restés sur les bras. « Le musée Utrillo change », positive Yanick Paternotte. Après avoir vainement demandé au conseil général de participer financièrement à l'achat des trois oeuvres de Suzanne Valadon et d'acquérir deux toiles d'Utrillo représentant Villiers-le-Bel et Montmagny, il ne désarme pas. « Nous allons accueillir des signatures prestigieuses, à commencer par le peintre contemporain Jean Hulin pendant cinq semaines, explique le maire. Je souhaite également pouvoir monter des ventes aux enchères de tableaux à cet endroit, mais c'est plus long que prévu à mettre en place. » Le musée est fermé pour subir quelques travaux nécessaires à sa mutation jusqu'à samedi prochain. Ce jour-là, pour sa (nouvelle) inauguration, Yanick Paternotte annonce la venue du ministre de la Culture en personne, Frédéric Mitterrand.
Le Parisien








Peintre français (Paris 1883-Dax 1955).
Jeunesse et premières toiles


Parce qu'Utrillo, peintre de Montmartre, des vieilles églises et bâtisses de Paris et de sa banlieue, sut envelopper ses images d'innocence, ne pas les alourdir de trop de savoir-faire, on est tenté de le ranger parmi les « naïfs ». Mais cette classification ne résiste pas longtemps à l'analyse, qui fait découvrir chez lui une connaissance approfondie du rythme linéaire et des plus sensibles gradations de tons. Utrillo ne se montre-t-il pas dans maints tableaux un maître du trait incisif, implacable, donnant à ses masses une présence peu commune ? Et c'est peut-être dans ces peintures-là, sobres, un peu sèches, qu'il se met le mieux à l'unisson de ses thèmes, de leur ambiance mélancolique.

   Fils naturel de Suzanne Valadon – son père n'est pas identifié avec certitude –, Utrillo est reconnu en 1891 par le peintre et écrivain espagnol Miguel Utrillo, qui ne gardera de contacts ni avec la mère, ni avec l'enfant. Élève turbulent, il est incapable de poursuivre ses médiocres études au collège et il ne s'adapte pas mieux, ensuite, aux divers métiers que son beau-père, Paul Moussis, essaie de lui faire apprendre. Mais, surtout, confié à la garde indulgente de sa grand-mère, il se laisse très tôt entraîner à boire. Ses crises de colère sont inquiétantes, et sa santé est menacée au point qu'il doit, à dix-huit ans, subir une première crise de désintoxication à l'hôpital Sainte-Anne. À sa sortie, sa mère l'oblige à faire l'apprentissage de la peinture, espérant l'éloigner de son penchant pour l'alcool. Brossées à partir de 1903 à Montmagny ou à Montmartre, les premières toiles d'Utrillo, aux couleurs contrastées, s'inspirent par certains côtés de l'impressionnisme, sans annoncer encore le remarquable peintre qu'il sera. Clovis Sagot ne tarde cependant pas à exposer Utrillo dans sa galerie, où, en 1909, le découvrira Libaude, un autre marchand, qui accaparera sa production en échange d'une modeste mensualité.
L'œuvre

Ce qu'on appelle la « période blanche », sans doute la meilleure, s'étend de 1909 à 1915 et est constituée de tableaux d'une facture très particulière, où le peintre transcrit les murs blanchâtres de Montmartre en liant ses couleurs à l'aide d'un mélange de colle et de poudre de craie. Bien qu'Utrillo commence à peindre d'après des cartes postales, nul mieux que lui ne restitue le charme désuet des ruelles de la Butte, de ses masures banales, de ses cabarets et de ses « assommoirs » (nombreuses versions du Lapin agile). Paradoxalement, l'œuvre de cet artiste « maudit », par neuf fois interné pour éthylisme, bafoué par tous, injurié, parfois roué de coups dans des bagarres, n'est pas désespérée ; elle est seulement parfois inquiète, avec, au bout, une lueur d'espérance et toujours cette pureté d'un regard d'enfant.

   Dès 1910, des critiques et des écrivains s'intéressent à Utrillo : Élie Faure, Octave Mirbeau… ; Francis Jourdain l'invite au Salon d'automne. La première exposition particulière du peintre a lieu en 1913 à la galerie Eugène Blot. Utrillo cerne alors ses volumes d'un graphisme soutenu, rectiligne, puis anime ses ruelles, naguère désertes, de petits personnages cocasses, surtout des femmes, dont il accentuera par la suite les proportions : buste court, fessier volumineux. Après son exposition à la galerie Lepoutre en 1919, il connaît la célébrité et est dégagé de tout souci pécuniaire.

   Surveillé par sa mère et par André Utter, qui l'empêchent de boire, presque cloîtré rue Cortot ou, à partir de 1923, au château de Saint-Bernard, dans l'Ain – les trois artistes y ont chacun leur atelier –, il se livre à une production intensive, qui est son unique distraction. Ses expositions se succèdent. Serge de Diaghilev, en 1925, et l'Opéra-Comique, en 1948, lui commandent des décors. En 1935, Utrillo épouse Lucie Valore, la veuve d'un banquier belge collectionneur de ses œuvres, Robert Pauwels. Avec sa femme, qui devient peintre elle aussi, il s'installe dans une villa du Vésinet et vit dans l'aisance grâce au contrat qu'il a passé avec le marchand Paul Pétridès.

   Pourtant, son génie semble avoir décliné, comme si le bien-être lui avait ôté la meilleure part de son inspiration. Utrillo cesse de boire ; il devient pieux : d'où d'assez nombreuses représentations d'églises dans son œuvre. Mais, en proie à la prostration, il se confinera jusqu'à sa mort dans un mutisme de plus en plus profond.










Plus de cent cinquante oeuvres de Maurice Utrillo (1883 - 1955), et de Suzanne Valadon (1865 - 1938) ont pu être ainsi réunies dans cette superbe exposition.

Celle-ci ayant pour objet de mettre en évidence la transition qui s'est opérée alors entre l’Impressionnisme et l’Ecole de Paris avec l'évolution concrète entre deux styles, de manière très progressive chez Suzanne Valadon vers une nouvelle expression picturale en mutation lente à partir de l'impressionnisme, et d'une manière plus brutale chez Maurice Utrillo avec une indéniable rupture avec le passé.

Suzanne Valadon de son côté s'était peu à peu affranchie des codes et des règles de l'impressionnisme pour une peinture libre de contraintes avec des toiles plus colorées et plus énergiques mais dont l'influence sur son fils sont indéniables.
Fille d’une blanchisseuse et d'un père inconnu, Suzanne Valadon est née en 1865. Elle devient acrobate de cirque à l'âge de quinze ans, jusqu’à ce qu’un accident la contraigne à mette fin à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle vit avec sa mère, elle se fait remarquer par sa beauté jusqu'à attirer le ragard des artistes qui lui demandent de devenir leur modèle. C'est ainsi qu'elle pose pour Degas, Toulouse Lautrec, Renoir ou encore Puvis de Chavannes.

Cela lui donne l'envie elle-même de dessiner et de peindre, mais les artistes qu'elle côtoie et pour lesquels elle pose la découragent. Seul Edgar Degas, qui remarque les lignes vives de ses dessins l'encourage et la conseille. Suzanne Valadon aime  aussi à peindre des natures mortes et des paysages marquées par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Ses premières expositions des années 1890 comportaient principalement des portraits, parmi lesquels un saissisant Erik Satie avec qui elle eut une relation en 1893.

En 1894, Suzanne Valadon fut la première femme a être admise à la Société Nationale des Beaux-Arts.
A la recherche permanente de la perfection, elle travaillait parfois plusieurs années sur un tableau avant de le présenter à une exposition . La ressemblance entre certains tableaux et ceux du maître est certaine surtout dans la manière de dessiner et de colorer les nus , par exemple comme dans "Nu se coiffant "de 1916
Elle connait alors un certain succès et réussit à gagner suffisamment d'argent avec la vente de ses tableaux pour se mettre à l’abri des difficultés financières.   Elle peut pourvoir ainsi aux besoins de son fils, Maurice né en 1885, qui prendra plus tard le nom de famille de son père : Utrillo.

Suzanne Valadon de son côté s'émancipe des sujets préférés des peintres hommes, et brise les conventions auxquelles les femmes étaient assignées, par exemple avec la réalisation de nus ou de portraits. Par ses oeuvres colorées et énergiques, elle aura eu une influence profonde et définitive sur son fils et le conduisit à son affranchissement pour des sujets totalement différents, mais révélateurs de son esprit d'indépendance.

 


Artiste maudit et alcoolique, Maurice Utrillo (1883 - 1955) s’évertuait surtout à représenter les quartiers de Paris et surtout Montmartre dans un style dépouillé et coloré, mais très souvent déserts, et sans vie. C'est ce style quelque peu minimaliste qui avait fait sa renommée dans les années 1910, et qui lui permit d'être la figure essentielle de l’Ecole de Paris.

Maurice Utrillo dès son plus jeune âge un garçon très dissipé. Il fait même quelques séjours à Saint Anne et goûte tôt à l'alcoolisme. Au contact d’André Utter, un étudiant aux Beaux-Arts, Utrillo décide de se mette à peindre et à exposer ses tableaux, principalement dans les cabarets qu'il fréquente. Rapidement, il produit beaucoup en raison de la nécessité pour lui de payer ses excès de boissons. Il est prêt souvent à vendre ses toiles au rabais pour un peu d'alcool. Maurice Utrillo se révéle rapidement avoir du talent, lequel avec les conseils de sa mère, Suzanne Valadon, se transformé en une technique parfaitement maîtrisée de la composition et de la peinture jusqu'à un certain génie.

Avec André Utter, il commence à peindre des paysages dans la lignée des impressionnistes, mais passe rapidement à la représentation de Paris et de son quartier de Montmartre.
Son style et ses sujets s’affirment au fil des semaines, peignant les rues, les cafés, les restaurants et les guinguettes qu'il fréquente régulièrement. Ses tableaux représentent fréquemment des lieux vides de présence humaine, souvent avec des couleurs ternes avec une végétation quasiment absente ou dans des scènes où l’hiver semble permanent jusqu'à l'angoisse.

Maurice Utrillo se complaît dans une vie de bohème dans les quartiers mal famés de Paris, passant de bar en bar et de son errance dans les rues à son atelier.
Dans les années 1912-1914, il fait quelques séjours dans la clinique du Docteur Revertégat à Sannois  non loin de la capitale, pour se soigner, mais aussi parcequ'il aime le charme de cette campagne, qui lui permet de se consacrer entièrement à son art.
Cette période est celle que l'on qualifie de "période blanche " dans l'oeuvre d'Utrillo, car retrouvant une certaine sérénité, il se prête à l'ajout de plâtre dans sa peinture, et découvre par cette tecnique toutes les subtilités et la richesse des variations du blanc, par lesquelles s' expriment pour lui, à la fois la lumière, la beauté et la vérité des choses.

Maurice Utrillo voit les sujets qu'il peint au travers leur forme et leur substance. Il ne s'intéresse pas aux tendances du moment, ni au pointillisme de Seurat, ni au symbolisme des Nabis. Il ignore le cubisme, le surréalisme et l'abstraction.
Seule l'intéresse la figuration, dans sa forme première, spontanée, naïve, et en cela davantage que les rares paysages qu'il peint, la représentation des  des villages, des rues, des carrefours de la ville. Il est un peintre urbain, dans le prolongement d'une peinture de la ville chère au XVIIème siècle avec Bellini et Carpaccio à Venise, et celle par exemple de Vermer à Delft, ou encore avec Pannini, Canaletto, Belloto ou Guardi à Rome quelques années plus tard.
Par certains de ces aspects, il peut être rapproché de Pissarro peignant l'Avenue de l'Opéra, ou plus tard, Vlaminck et Marquet sous leurs palettes fauvistes.

Maurice Utrillo apparaît comme le témoignage de l’émergence d’un nouveau type de peintres, issus des milieux  populaires. Aux couleurs vives d'un Renoir tachetées de toutes les nuances de la lumière, s’opposent les couleurs de la réalité, sombres, terreuses ou blanchâtres des faubourgs d’Utrillo.

(LMDA)










En ce temps-là, Toulouse-Lautrec était un vagabond et les moutons paissaient sur les collines de Montmartre. Au pied de la Butte, génies, saltimbanques, pique-assiettes vivaient dans des tavernes, dormaient dans des galetas, peignaient sur les trottoirs, convaincus qu’ils vivraient un jour de leur art.

Au Lapin Agile, les verres se vidaient à mesure que Bruant déclamait ses chansons; au petit matin, la place du Tertre tanguait autant que les navires au long cours.

C’est dans ce pays de Montmartre que Suzanne Valadon, enfant sans le sou, allait devenir la diva des peintres de Paris. Degas, Renoir, Lautrec, la liste de ses amis composerait aujourd’hui le plus fascinant des musées. Modèle avant de devenir peintre,elle mit au monde avant ses vingt ans un enfant de la Butte qui en deviendrait l’une des plus célèbres figures. Gamin de la rue Cortot dévalant les escaliers de Montmartre, Maurice Utrillo mourrait soixante-dix ans plus tard, aussi décoré qu’un arbre de Noël, riche, célèbre et plus seul qu’au temps de la construction du Sacré-Coeur.

Au cours d’une vie picaresque, il était parvenu à saisir sur la toile le blanc de Paris, gris clair comme les pigeons, devant lequel tant de ses pairs avaient échoué. L’atmosphère des rues désertes, les ailes des moulins qui s’arrêtent, les arbres de la rue des Saules qui s’inclinent. Sur les chemins de Corot et de Pissarro, il avait peint les tilleuls qui tremblent, les ciels clairs qui se voilent et les villages qui sommeillent.

« Créé et mis au monde pour peindre, dira Sacha Guitry à sa mort, il aura peint toute sa vie comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, ayant pour guide son instinct, et ne sachant peut-être pas qu’il était, en peinture, l’une des plus fortes personnalités de son temps. »

Depuis 1967 et la dernière rétrospective qui lui ait été dédiée, l’ami de Modigliani avait pourtant été oublié. A l’occasion de l’exposition Valadon-Utrillo : Montmartre au tournant du siècle qu’organise la Pinacothèque de Paris, nous avons choisi de consacrer le quarante-deuxième numéro de notre collection de Hors-série à l’histoire passionnante et aux oeuvres des deux peintres. La présentation des tableaux de l’exposition, le destin croisé de la mère et du fils, mais aussi la bohème à Montmartre où Picasso côtoyait Gyp et Poulbot, la figure truculente de Francis Carco, la querelle des vrais et des faux Utrillo composent un numéro servi par une illustration exceptionnelle.

Beau comme une revue d’art, captivant comme un roman de Dickens, émouvant comme un poème de Villon, je puis vous assurer que ce numéro hors-série a toute sa place dans votre bibliothèque.

Michel De Jaeghere









MAURICE UTRILLO PEINT L'EGLISE DE CHATOU

//chatounotreville.hautetfort.com/archive/2009/05/03/maurice-utrillo-peint-l-eglise-de-chatou.html

Chatou occupe une place dans la peinture tant pour les grands que les petits maîtres : Derain, Vlaminck, Pharamond Blanchard, Jacomin, Karbowsky, Champenois qui ont habité Chatou, Renoir qui a fréquenté Chatou et peint pour l’éternité ses hôtes de la maison Fournaise. L’historien et ancien maire de Chatou Jacques Catinat mentionne également dans son ouvrage « Les grandes heures de Chatou » le peintre Utrillo (1883 né à la Butte Montmartre -1955), dont on sait qu’il fréquenta Chatou depuis sa résidence du Vésinet où il demeura à partir de 1935. Celui honora notre commune d’une toile, « l’église Notre-Dame ».

A l’heure de l’importante exposition qui lui est consacrée par la Ville de Paris place de la Madeleine, les heures de tranquillité du fils de Suzanne Valadon dans sa propriété de « La bonne Lucie » au Vésinet, qui longtemps connut une vie de souffrance et d’errements,  méritent d’être rappelées : laissons donc parler le journaliste « H.K » dans la chronique qu’il réussit à lui consacrer dans le Monde Illustré du 21 juillet 1945, dix ans avant la mort du peintre :

 

« nous sommes arrivés. C’est ici La Bonne Lucie. Un portail laqué blanc s’ouvre sur un décor d’une étonnante luminosité : pelouses verdoyant sous la pluie des jets d’eau, allées sablées, fulgurants géraniums, arcade de crépi rose noyée dans la ramée d’un saule (qu’on n’ose appeler pleureur tant est joyeux l’éclat de son feuillage !), maison rose à boiseries blanches et, dans une volière, vingt perruches bleues qui chantent  et s’activent, car elles ont « goûté le plaisir des amours printanières », et une quantité de petites perruches vont naître bientôt. A l’extérieur de la rose maison, la fête des couleurs continue ; tout est sourire et harmonie. Et c’est dans cette ambiance qui tient du conte de fées que le « frère douloureux de Baudelaire et d’Edgar Poe », l’ancien mauvais garçon qui a fini par bien tourner, coule des jours paisibles. « Il a trouvé une femme qui lui donnera le bonheur », disait Suzanne Valadon lorsque son fils épousa Lucie Valore, veuve du sympathique amateur d’art belge Robert Pauwels. Finis les temps difficiles, pour le peintre de la Butte. Il y a loin de Montmartre au Vésinet, du Lapin Agile à la maison de crépi rose ! tout dans cette installation a déjà un cachet d’immortalité  et nous imaginons nos arrière-neveux, venant ici en pieuse visite, comme nous pélerinons dans la demeure tolédane du Greco…

  Utrillo n’est pas un travailleur acharné. Il peint vite, mais seulement quand cela lui plaît. Les exhortations des amateurs d’art et des marchands de tableaux n’y peuvent rien changer. Il se lève tard, et reste toute la matinée à errer dans sa chambre, va respirer sur le balcon, récite ses prières, fume cigarette sur cigarette. Il est midi lorsqu’il prend son café au lait et 14 heures lorsqu’il descend à la salle à manger. La bonne Lucie a déjà fini de déjeuner et, abritée de son immense chapeau blanc, s’en est allée peindre dans la campagne, car, depuis trois ans, la femme du grand artiste s’est révélée, elle aussi, peintre de talent. Sitôt son déjeuner fini, Utrillo reprend son rêve, ses allées et venues. Il parcourt le jardin à pas rapides et d’un air préoccupé, revient en arrière comme s’il avait oublié quelque chose, monte à son atelier pour peindre une demi-heure, feuillette son livre d’heures dont il baise pieusement les pages. Il n’est en équilibre que lorsque sa bonne Lucie est à son côté. Alors ses yeux s’éclairent d’une lueur douce, il s’exprime avec des mots choisis, joue avec les chiens, va contempler les perruches.


La traditionnelle bouteille de vin rouge existe toujours, mais non pas constamment à portée de sa main, reléguée à l’office et souvent passée subrepticement sous le robinet par la vigilante épouse ! tous les soirs, un peu avant l’Angelus, saint Utrillo, comme l’appellent en plaisantant quelques amis, se rend à sa chapelle pour faire oraison jusqu’au dîner qui réunit les deux artistes. Enfin, c’est l’heure du travail, l’intimité de l’atelier, jusqu’à deux heures du matin. Tout se tait dans les propriétés voisines, les trains ne passent plus, dans la volière, les perruches bleues sont endormies. Alors Utrillo, lui, se réveille et prend ses pinceaux.  La lueur de l’électricité qu’il préfère au jour, il reproduit en couleurs délicates et fondues l’infinie variété de la nature. A ses côtés Lucie Valore brosse une de ces toiles ingénues et éclatantes qui ont d’emblée conquis la faveur du public. Ce couple d’artistes s’est montré parfait pendant l’occupation, refusant de vendre aux Allemands, cachant des réfractaires et donnant généreusement des tableaux représentant plusieurs millions pour la Résistance et les œuvres de prisonniers. La générosité d’Utrillo est d’ailleurs bien connue. Une maxime naïve s’inscrit sur le mur de leur salle à manger : « tout ce qu’on donne fleurit – tout ce qu’on garde pourrit. » Et ils aiment la mettre en pratique.

Le miracle est que, dans cette vie ouatée de confort et de tendresse, Utrillo est resté l’artiste prodigieux qui n’existe qu’en fonction de son état de peintre. Il n’est pas sorti de son royaume de solitude et de silence et ses toiles peuvent atteindre les plus hautes cotes, il ne sera jamais entraîné dans la ronde des arrivistes. Canalisé, mais inchangé. Le génie est immuable. Il est d’ailleurs revenu à sa première manière et ses sujets de prédilection restent Montmartre et les villes de banlieue, les rues désertes entre des maisons pauvres mais rayonnantes de poésie, des murs lépreux mais caressés par le soleil, l’humble carrefour où l’on croit entendre la rengaine nostalgique d’un joueur d’orgue de Barbarie, à moins que ce ne soit, derrière ce volet mi-clos, la vieille boîte à musique (ö Déodat de Séverac) qui égrène sa candide ritournelle. Utrillo psalmodie le calme désoeuvrement des choses, le bonheur sans histoire. Un bonheur que ne connaissent pas les assoiffés de vitesse, un bonheur ignoré de ceux « qui s’ennuient au logis. » Deux perruches bleues s’aimaient d’amour tendre…"












16/02/2011
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