Alain YVER

Alain YVER

MAZZY STAR Seasons of Your Day

MAZZY STAR   " Seasons of Your Day "

 

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A voir sur ce blog
http://jazz.blog4ever.com/mazzy-star

http://www.hopesandoval.com/music/mazzystar.shtml

https://www.facebook.com/pages/Mazzy-Star/107979232558382?rf=109295722429804

l'album  Seasons of Your Day
http://www.youtube.com/watch?v=MF1E2EAbvcs







Mazzy Star - Seasons of Your Day
Rhymes of an Hour Records - La Baleine

Dix-sept ans après son dernier album, Mazzy Star revient et rien n’a changé. Bonne nouvelle, donc. Critique et écoute.

L’interview se déroule à distance. “Comment allez-vous ?” Dix-huit très longues secondes d’un lourd silence s’écoulent, puis la voix caverneuse de Dave Roback surgit du néant : “Ça va.” Le reste des réponses du duo, jamais plus de dix mots, sera à l’avenant.
Rassurons-nous : les années n’ont donc pas changé Mazzy Star, fameux duo de têtes de lard, sans doute l’un des groupes les moins loquaces du monde. Le temps est, de toute façon, une donnée inconnue de Hope Sandoval et David Roback : ces dix-huit secondes pourraient tout aussi bien être les dix-sept années séparant Among My Swan, précédent album de Mazzy Star, de Seasons of Your Day. “Le temps n’a aucune importance pour nous. Nous ne portons pas de montre – j’en ai une mais elle est brisée depuis des années”, explique Roback. Sans rire, évidemment. “Nous aurions pu publier plusieurs albums depuis 1996”, poursuit Sandoval de sa voix de sirène venimeuse, aussi fascinante parlée que chantée. “On ne s’est jamais vraiment arrêté de jouer ou d’enregistrer, nous avons écrit beaucoup de chansons qui n’ont jamais vu le jour, et qui ne verront sans doute jamais le jour, que seuls quelques amis ont entendues.”
Malgré les diverses occupations, de Sandoval notamment (ses deux beaux albums enregistrés avec The Warm Inventions, ses collaborations avec les Chemical Brothers, Massive Attack, The Jesus & Mary Chain…), Mazzy Star a donc poursuivi son chemin, dans un secret absolu. Et sans aucun souci de modernité, de changement, d’explication, comme si rien, absolument rien n’avait affecté le duo depuis 1996, comme si le monde s’était pour lui et lui seul arrêté de tourner.
Seasons of Your Day reprend les choses assez précisément là où Among My Swan les avait laissées – certaines de ses chansons ont d’ailleurs été enregistrées dès 1997. Si Seasons of Your Day aurait pu paraître au siècle dernier, il n’est pourtant pas question de faire un pas en arrière, mais plutôt un pas de côté. C’est toute la magie de Mazzy Star, qui a toujours flotté en marge des tendances, qui ne s’est concentré que sur le coeur et l’âme de son art, ses langueurs faussement monotones, son psychédélisme obsédant, son mélange unique de douceur et de violence, de soies et d’épines.
Seasons of Your Day et ses plus beaux morceaux (l’introduction In the Kingdom, le single California, l’acide Flying Low, la splendide Lay Myself down…) sont ainsi, sans doute, oeuvres d’immobilisme. Mais savoir rester immobile dans une telle beauté mérite louanges et respect.
par Thomas Burgel
le 01 octobre 2013

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/dix-sept-ans-apres-mazzy-star-na-rien-change/








Seasons of Your Day
Mazzy Star
CRITIQUE


Dix-sept ans déjà, et c'est comme si c'était hier. Il y a bien eu deux albums solo de Hope Sandoval, l'envoûtante voix divinement paresseuse de Mazzy Star, pour combler l'attente depuis Among my swan, troisième album, publié en 1996. Et encore, parler d'attente n'est pas tout à fait juste. Dans le cas du duo magique de San Francisco, on n'espérait rien de particulier, ses disques inusables (les deux premiers, surtout) tournant en boucle sans jamais lasser, imperméables aux modes et au temps qui passent. Sur Seasons of your day, on retrouve, en terrain familier, les mêmes mélodies aussi éthérées qu'obsédantes de Sandoval, toujours portées par les trames d'un folk-rock velvetien tissé par David Roback et ses mille et une guitares. Les meilleures sont postées en début et en fin de disque, le somptueux In the kingdom en ouverture, le plus électrique (sur un album essentiellement acoustique) Flying low, en clôture, qui soulagera les nostalgiques de Wasted. Entre les deux, huit autres titres, gravés parcimonieusement au cours des ans, préservent, intacts, la patte et le charme qui ont fait de Mazzy Star un objet rare. La rareté étant aussi la clé de la persistance de notre intérêt. Car cet album serait leur vingtième, qui sait si on ne crierait pas grâce.

— Hugo Cassavetti
Le 05/10/2013
Hugo Cassavetti - Telerama n° 3325


http://www.telerama.fr/musiques/seasons-of-your-day,103077.php








Mazzy Star - Seasons of Your Day
Julien Broquet Journaliste musique  01/10/2013  Source: Focus Vif

POP | Après 17 ans de mutisme discographique, Mazzy Star revient avec un quatrième album ouaté guidé par la voix magnétique d'Hope Sandoval.
Depuis une éternité dans les tuyaux, le quatrième album de Mazzy Star avait fini par devenir une chimère. Ou à tout le moins un Chinese Democracy. Un disque qui peinait sévèrement à voir le jour et qui, s'il ne coûterait jamais les 13 millions de dollars du dernier Guns N'Roses (l'un des plus chers jamais réalisés), laissait planer les spectres de l'amère déception et de la panne d'inspiration. Seasons of Your Day n'est pas vraiment un retour aux affaires 17 ans après Among My Swan. Son enregistrement, sporadique, a commencé dès 1997 et s'est étendu sur une petite quinzaine d'années. Le groupe né à Santa Monica avait beau sembler profondément endormi, Hope Sandoval collaborer avec les Chemical Brothers (le formidable Asleep from Day), The Jesus and Mary Chain (elle a batifolé avec William Reid), Death in Vegas, Air et Massive Attack ou encore sortir deux plaques avec Colm O Ciosoig, batteur de My Bloody Valentine avec qui elle avait formé Hope Sandoval and The Warm Inventions, Mazzy Star n'a jamais cessé de composer et de mettre des titres en boîte. Que ce soit en Californie, à Londres ou en Norvège... Tout au plus s'était-il contenté de garder sa musique pour lui. Jusqu'à ce qu'enfin décidé à la partager, il crée son propre label, Rhymes of an Hour Records, et sorte fin 2011 le 45 Tours Common Burn/Lay Myself Down. Titres qui figurent tous deux sur l'album aujourd'hui.

Music for lovers, music for broken hearts...
D'emblée, In the Kingdom, assurément le plus joli morceau du disque, le rappelle aux oreilles amnésiques. Mazzy Star a marqué de son empreinte des projets comme Widowspeak et Beach House. Sans lui et son esthétique vaporeuse, Victoria Legrand n'aurait probablement jamais enfanté Teen Dream. Et Lana Del Rey aurait assurément encore eu moins d'allure.
Il est plutôt agréable d'entendre à nouveau la voix magnétique de Sandoval se marier aux guitares de David Roback (compositeur et acteur pour le film Clean d'Olivier Assayas). Tous les membres originels de Mazzy Star figurent au casting de ce Seasons of Your Day. Et le folkeux Écossais Bert Jansch, décédé en octobre 2011 à 67 ans d'un cancer au poumon, apporte sa touche et ses cordes à Spoon... Il ne se passe toutefois rien de particulièrement neuf sur ce disque de retrouvailles par moments ennuyeuses. On récupère les Américains là où on les avait laissés. Music for lovers, music for broken hearts... Les amoureux et les coeurs brisés ont toujours entretenu une relation privilégiée avec l'univers éthéré, nocturne, mélancolique et sensuel de cette étoile mystérieuse. Dommage qu'à quelques exceptions près, elle ne scintille plus autant qu'à l'époque de She Hangs Brightly et So Tonight That I Might See.


http://focus.levif.be/culture/musique/mazzy-star-seasons-of-your-day/article-review-10587.html







Mazzy Star: "Seasons Of Your Day"
Publié: 24 novembre 2013 dans Chroniques du Coeur

Hope Sandoval promenait un air narcoleptique, chantait d’une voix somnolente et arborait un comportement d’inaccessible jeune femme. Sous la direction du guitariste David Roback et d’un line-up informel, Mazzy Star sortit trois albums entre 90 et 96. Le groupe précédent de Roback, Rain Parade, avait inspiré un grand nombre de groupes de la région de Los Angeles avec leur propre version, plus tamisée, des textures psychédéliques du mouvement Paisley Underground.
À l’époque, Sandoval était une ado fan du groupe et elle rejoignit l’ensemble qui lui succéda, Opal. Ainsi naquit l’énigmatique Mazzy Star, partenariat musical et romantique qui dura jusqu’à ce que la connexion ne s’effiloche tout comme leur lassitude à n’être perçus que comme les compositeurs du «  hit  » ‘Fade Into You  ».
Il faut évoquer cela pour comprendre ce retour intervenant 17 ans après leur séparation. Enregistrées depuis les mid1990s à Londres, en Californie et en Norvège, les dix plages qui composent Seasons Of Your Days s’insinuent en vous de la même manière qu’ils le faisaient avec Opal et Rain Parade même si une première écoute semble les rendre vaporeux et évanescents.
Une fois qu’on s’en est bien emparé, l’atmosphère autour de la voix de Sandoval émerge, tout comme le style méticuleux de Roback à la co-production. On sent les longues années passées à assembler l’album et à lui donner des échos de «  adult oriented classic rock  ». On entend ici, en effet, moins de ces remous psychédéliques et beaucoup plus de ce genre mené par l’acoustique rappelant «  Wild Horses  », «  Going To California  » ou «  Wish You Were Here  », réminiscence sans doute de ces années où il vivait au début des 70’s près de Pacific Palisades et de son climat engageant.
C’était une époque où aucun teenager californien ne pouvait évhapper aux Beach Boys et c’est ce qui paraît invoqué dans le titre d’ouverture, «  In The Kingdom  » avec son intro à l’orgue, la guiatre bluesy de Roback et la voix de Sandoval se consumant lentement comme s’il était question d’un interminable été. Les percussions jazzy sont doucement balayées, un peu comme les vagues de l’océan conduisant à des riffs de guitares de plus en plus acérés. Cette structure démontre comment Mazzy Star exerce le contrôle de sa musique, doucement, et il est aussi une indication prometteuse du travail sous-jacent qui a permis d’unifier Seasons Of Your Days.
« California » va, lui, nous ramener vers les premières productions acoustiques de Led Zeppelin avec cette tension particulière que Roback parvient à créer dans les riffs montant et la phrasé assuré et presque déterminé de Sandoval parvenant à s’élver au-dessus du climat rêveur de la chanson. « I’ve Gotta Stop » évoquera par son rythme éreinté un titre comme les Rolling Stones avaient l’abitude d’en composer pour terminer leurs albums ; ici il opère une bienheureuse transition, presque un silence étouffé, au sein de Seasons Of The Year.
C’est ainsi qu’il faut considérer, ce disque ; une œuvre en progression. « Flyiing Low » aura une connotation western qui fera explorer au groupe un univers country rock inconnu de lui jusqu’à présent avec un somptueux chorus à la slide guitar et « Sparrow » fera preuve de la même veine élégante avec l’adjonction d’un clavier baroque.
Mazzy Star ça n’est pas qu’un duo. Les collaborateurs de Roback ont trop été mésestimés pour qu’on ne souligne pas leurs contributions subtiles et mesurées. Citons parmi eux William Cooper( décédé depuis) gère le violon sur « Seasons Of Your Days », Suki Ewers au claviers, Keith Mitchell à la batterie, Paul Mitchell (clavier également) sont discrètement présents tout comme Stephen MsCarthy (ex Long Ryders) qui joue de la pedal steel sur un « Lay Myself Down » jalonné par un harmonica et une tonalité blues aiguë et presque sexuelle.i .
Le meilleur sera pour la fin puisque le légendaire Bert Jansch, lui aussi décédé, apparaitra sur « Spoon » faisant vibrer sa guitare d’une façon qui nous est si familière.
Ce nouvel album réjouira les fans de Mazzy Star mais aussi ceux qui ont suivi Roback depuis 30 ans. Il faudra du temps pour le profane pour se laisser accrocher par son minimalisme et ses sous-entendus lyriques mais le phrasé langoureux de Sandoval exerce toujours son incitation charmeuse à pénétrer dans son univers perché entre élévation céleste et descente sous un linceul de gaze.


http://rock-decibels.org/2013/11/24/mazzy-star-seasons-of-your-day/







ITW ROCK
MAZZY STAR : SEASONS OF YOUR DAY

2 août 2013. 15h. 35°C. « … » Gros silence. Gros, gros silence entre la Norvège, l’Irlande et Saint Ouen d’où je tente d’interviewer depuis ma chambre, par Skype, Hope Sandoval et David Roback, duo mutique des mythiques Mazzy Star pour leur retour discographique le 24 septembre avec Seasons of Your Day après 17 ans de silence. J’ai l’impression d’être Philippe Petit à New York en 1974 : de marcher sans sécurité sur un câble tendu à plus de 400 mètres d’altitude entre deux tours. Je n’en mène pas large. Gros moment de solitude.
De tels moments seront légion durant cette petite heure d’interview Skype. Des passages bien fil-de-fériste qui me feront craindre le pire (« Allô, vous avez entendu ma question ? vous m’entendez ? ») comme quand le chanteur de Sigur Ros avait fini par faire le mort et à me forcer à raccrocher comme un con au bout de 5 minutes car il trouvait mes questions trop rudes à son goût. Mais là, affrontant des silences et des coups de chaud culminant à parfois plus de 20 secondes, j’arriverai à garder Mazzy Star – que je pardonne – avec moi.
Je les pardonne car ils n’ont pas vocation à être de bons clients de l’interview, ce n’est pas leur rôle, ils sont avant tout là pour être de bons musiciens, ce qu’ils sont. Ce Seasons of Your Day n’a pas à pâlir face à She Hangs Brightly (90), So Tonight That I Might See (93) et Among My Swan (96). Non, je n’ai pas à me plaindre pour mon éventuelle frustration, c’est le jeu. « Si vous savez ouvrir une huitre vous trouverez la perle, sinon vous tomberez sur une moule. » disait Gainsbourg à propos de France Gall (dans Rock & Folk, 1968).
Et Sandoval et Roback ne sont pas seulement des musiciens initiés aux vertus du mystère, qui « n’est pas une des possibilités du réel » mais « ce qui est nécessaire pour qu’il y ait du réel » (René Magritte), ce sont surtout deux ex dont Mazzy Star, tel un herbier extime, musicalise l’histoire sans fin. S’ils s’ouvrent peu c’est moins contre le journaliste que pour respecter ce qui se doit de rester privé pour continuer à être. Ils n’activeront pas la vidéo de leurs Skype. Ils me verront, moi pas. Silence, écran noir : chaud, chaud time.
Par moments, accusant plus de 35 °C de température ressentie, ce n’est même plus perché sur un fil à 300 mètres du sol que je me sentirai mais à 600 kilomètres de la Terre, lost in space, comme le personnage de Sandra Bullock dans Gravity. Abandonnés tous trois aux mains d’une technologie faillible, on errera alors des secondes dans ce non-lieu satellisé entre Saint Ouen, Oslo et Dublin et rien, rien que le silence éternel de ces espaces infinis. Et l’idée, chère à Paul Virilio, de la face cachée du progrès. « Houston, do you copy ? »
Mais comme le chante Daho, au bout de trois quarts d’heure, à force de tenir, louvoyer, si on n’aura pas « coincé la bulle dans la bulle », on aura fini par « échanger d’égal à égal », elle riant de ma liberté de ton, lui me demandant quelle musique récemment entendue sur Paris je leur conseillerai d’écouter (Basile Di Manski, Alice Guerlot-Kourouklis bien sûr). Mais peut-être que ces tardives marques de sympathie n’étaient que des moyens détournés pour hâter le fin mot d’une interview qu’il commençait à trouver… un peu longue !
 « Hope et moi, c’est toujours une histoire de cœur »
 Bonjour Hope, bonjour David !
D : Bonjour !
H : Bonjour.
Hope, vous êtes donc en Irlande, et David en Norvège, c’est ça ?
D : Oui, et toi tu es à Paris ?
C’est ça. David, que faites-vous en Norvège, est-ce là que vous vivez dorénavant et non plus en Californie ?
D : Oui (il s’est installé à Oslo, sa capitale, en 2001, période vers laquelle Hope s’est de son côté installée en Irlande avec Colm Ó Cíosóig, batteur du célèbre groupe de rock dublinois My Bloody Valentine – nda – nda). Je vis aussi à Londres, mais je vais de temps en temps en Norvège pour travailler loin du tumulte de Londres.
C’est plus facile pour composer ?
D : Parfois.
Et pourquoi donc la Norvège ? Vous y avez des connexions particulières ?
D : Non, c’est juste un chouette endroit.
En novembre dernier, j’ai rencontré à Paris Sivert Hoyem, l’ex-leader du groupe de rock norvégien Madrugada. Il m’a dit que vous vous connaissiez…
D : Oui, oui, je le connais. C’est un chouette gars, oui. Je l’ai vu jouer à Londres l’année dernière, c’était super.
Vous êtes amis ?
D : Totalement, oui.
Vous sortez donc Seasons of Your Day, quatrième album de Mazzy Star après 17 ans de silence discographique. Quand avez-vous eu envie de refaire de la musique ensemble ?
D : On n’a jamais cessé de jouer ensemble, toutes ces années on a continué à faire de la musique ensemble, on a juste cessé de sortir des disques.
Pourquoi ne sortiez-vous donc plus de disques si vous continuiez à faire de la musique ensemble ?
D : On faisait des disques pour nous-mêmes.
Et pour vous il y a un monde entre faire de la musique ensemble et sortir un disque ?
D : Non, pas tellement, parce qu’on enregistre notre musique live.
Pourquoi avoir donc choisi d’enregistrer et de sortir ces chansons maintenant et pas avant ?
H : Il n’y a pas de raison.
D : Il n’y a pas de raison à quoi que ce soit.
Mais après tout ce temps qu’est-ce que ça vous fait d’être de nouveau « écoutable » et de rompre par là potentiellement l’aura de groupe culte, comme gravé dans le marbre, que vous ont valu vos trois précédents disques ? Comme Sivert Hoyem me le disait, ceux-ci l’ont beaucoup influencé aux débuts de Madrugada. Et beaucoup de groupes pourraient en dire autant. Sentiez-vous donc une certaine forme de défi à proposer un nouveau disque ?
D : Non, on ne voit pas les choses ainsi. On pense juste à notre musique, c’est tout. Et on est content que d’autres gens l’aiment pour ce qu’elle est. C’est ce qu’on a toujours fait et on continuera comme ça.
Pour vous, il n’y avait donc pas de challenge à réapparaître ainsi ?
D : On n’est jamais parti, on était juste dans l’ombre. C’est là qu’on vit et qu’on se sent bien.
Ok. Hope, on sait que ces dernières années vous avez sorti deux EP’s (At The Doorway Again, 2000, Suzanne, 2002) et deux albums (Bavarian Fruit Bread, 2001 et Through The Devil Softly, 2009) en tant que Hope Sandoval & The Warm Inventions (duo musical post-Mazzy Star qu’elle a formé avec Colm Ó Cíosóig, et qui comprend des membres du groupe irlandais Dirt Blue Gene), mais vous, David, qu’avez-vous fait ?
D : Oh, j’ai fait beaucoup de musique, j’ai écrit des chansons avec différentes personnes. J’en ai même écrites avec Etienne Daho.
Ah oui ? Comment l’avez-vous rencontré ?
D : Je l’ai rencontré par le biais d’un ami, le cinéaste Olivier Assayas (en 2004, David a écrit et produit les chansons que chante l’actrice Maggie Cheung dans le film Clean, où il joue aussi son propre rôle – nda).
Avez-vous coécrit des choses qui figureront sur son nouvel album, Les Chansons de l’innocence retrouvée ?
D : Non, on a encore rien sorti de ce qu’on a enregistré.
Qu’avez-vous pensé des deux albums que Hope a sorti avec The Warm Inventions ? Est-ce quelque chose qui a pu vous redonner envie de sortir un album de Mazzy Star ?
D : J’ai trouvé que The Warm Inventions était un groupe fantastique. Mais je suis toujours inspiré quand je travaille avec Hope.
Au fil des années, qu’est-ce qui a changé dans votre collaboration musicale ?
D : Je crois que c’est toujours une « histoire de cœur » (il le dit en français – nda). Et que ça le sera toujours (Hope fait entendre des petits rires sucrés – nda).
Entre vous c’est donc toujours la même alchimie ?
D : Il y a des alchimies qui ne meurent jamais.

Quand avez-vous commencé à travailler sur ce disque ? Pouvez-vous le dater ?
H : Je ne sais pas, il n’y a pas eu de vrai début. Non…
Que vouliez-vous faire par rapport à vos précédents disques ? Aviez-vous une idée précise ?
D : Je pense qu’on voulait juste être ensemble et faire la musique qu’on a toujours fait, une musique qui nous est très personnelle.
Vous avez donc écrit l’album en présence l’un de l’autre ? Ce n’est pas le fruit d’un travail à distance…
D : Non, on aime écrire ensemble et écrire en s’imprégnant de chambres et de maisons qui ont une certaine atmosphère.
Hope, vous avez donc parfois rejoint David en Norvège pour faire ce disque ?
H : Oui, parfois on se retrouvait en Norvège, parfois en Californie, et parfois à Londres.
L’album comporte 10 chansons dont « Common Burn » et « Lay Myself Down » que vous aviez sorti en double single en 2011. Est-ce que ça vous a pris du temps d’aboutir à ces dix chansons ? Est-ce que c’était dur ou ça vous est toujours aussi naturel ?
D : Chaque album est différent et chaque chanson a son propre fil, sur lequel il faut travailler, tirer, ça peut prendre un peu de temps oui, mais Hope et moi avons toujours écrit des chansons ensemble, c’est ce qu’on aime faire. On écrit beaucoup à chaque fois qu’on se voit, ça n’a pas changé.
Vous aviez donc plus de 10 chansons en stock ? Vous avez dû trancher ?
D : Oui, on a écrit et enregistré plein de chansons qu’on n’a pas sorties là.
Vous dites que chaque album est différent mais quand on écoute Seasons of Your Day, ce qui frappe c’est de constater combien votre musique n’a pas changé depuis vos débuts. Plus de 20 ans ont passé, et globalement, album après album, c’est toujours la même toile…
H : Pourquoi changer si la magie opère encore ?
C’est une façon de voir les choses, oui…
H : Je veux dire, je ne suis pas intéressée par l’idée de changement. Il y a des gens qui continuent d’être inspirés par des groupes qui écrivent toujours le même genre de morceaux. Je comprends ça.
Vous ne visez donc aucune révolution musicale ?
H : Non.
D : Pas d’évolution ou de révolution ?
Révolution.
D : Il y a toujours une révolution.
Laquelle ?
D : Ta liberté. Celle que tu mènes chaque jour pour défendre ta liberté.
Oui, je vois, mais ça c’est un aspect extra-musical. Or musicalement on retrouve ce son cher à Mazzy Star, ce mélange d’atmosphères vénéneuses, presque psychédéliques, et de motifs médiévaux, presque baroques, avec un certaine conception « sixties » de la pop et du folk. D’où viennent ces éléments de musique baroque comme on peut en entendre dans « Sparrow » et « California »  ? Écoutez-vous ce genre de musique ?
D : Est-ce qu’on écoute de la musique baroque  ? Non, mais c’est vrai qu’on aime aussi composer au piano et avec d’autres genres d’instruments. La musique baroque traditionnelle se distingue par sa complexité et quand je compose je pense toujours aux refrains, à la mélodie, à une certaine forme de simplicité.
Et votre musique semble en effet toujours couler de source. Et qu’en est-il de son psychédélisme. Diriez-vous que Mazzy Star est un groupe de musique psychédélique ?
D : Pour ça, il faudrait d’abord définir le terme psychédélique.
Que signifie-t-il pour vous ?
D : Personne n’en a jamais donné un sens précis. C’est un mot ancien qui englobe plein de choses. Mais musicalement, je pense que ça suggère une idée de voyage, l’idée d’entrer dans une sphère où on veut être, où on se sent bien.
Ce qui sous-entend souvent la prise de drogue. En prenez-vous ?
D : Nous croyons en la liberté.
Ok. Vous dites vouloir vivre dans l’ombre et chérir votre liberté. Mais comment être libre quand, comme vous, on sort peu de disques et qu’on ne s’adresse pas au plus grand nombre ? Vivez-vous de votre musique ou avez-vous un autre job ?
D : Je suis un musicien, c’est tout ce que je fais. Nous ne sommes que des musiciens.
Mais il faut bien gagner sa croûte, payer le loyer… Ce n’est pas facile quand on se contente de faire la musique qu’on aime…
Je pense que quelqu’un qui ferait de la musique pour l’argent ferait une musique toute autre que celle de Mazzy Star.
On est d’accord… Vous n’avez donc jamais été obligés de faire de la musique pour l’argent ?
H : Non.
Diriez-vous qu’un de vos disques, plus qu’un autre, concrétise quelque chose de précis que vous n’aviez pas réussi à atteindre avant et que vous n’avez pas réussi à retrouver après ?
H : Je suis fier de tous nos disques.
Plus largement, pensez-vous avoir réussi à créer quelque chose de spécial avec Mazzy Star, quelque chose qui durera ?
D : Tout le monde a une histoire à raconter, certaines peuvent paraître plus importantes que d’autres, mais en vérité il n’y a pas de grandes ou de petites histoires. Quand tu marches dans la rue, tous ces gens ont une histoire à raconter. Tout le monde est intéressant. Même la personne qui te semble totalement vaine, insignifiante. Certaines histoires sont dramatiques, certaines sont belles, il y a une large palette de gens en ce bas monde.

La pochette de Seasons of Your Day montre un chat qui se dresse comme en ombres chinoises dans un crépuscule violacé particulièrement luminescent. J’y ai vu là comme l’hybridation des pochettes de So Tonight That I Might See, pour la couleur, et d’Among My Swan, pour l’animal seul en for intérieur. Etait-ce l’idée ? Votre idée ?
D : Sais-tu combien de chats noirs comme ça il y a à Paris ?
Non.
D : Il doit y en avoir beaucoup (Hope rit – nda).
Euh, oui, sans doute, comme dans toutes grandes villes je pense !
D : En tous cas, quand je suis à Paris je vois souvent de tels chats sur les toits. Là, où je suis, je regarde actuellement par la fenêtre et je vois un chat qui marche sur un mur.
H : J’aimerais en voir un moi aussi.
Pourquoi avoir fait de « California » le premier single de cet album ?
H : Parce qu’on l’aimait vraiment.
Est-ce une déclaration d’amour à votre région d’origine, la Californie ? Vous dites que, quelque soit le pays, vous composer en vous imprégnant de l’atmosphère des maisons et des chambres que vous investissez. Mais n’êtes-vous pas, avant toute chose, imprégnés par la Californie ?
H : Hé bien comme on a grandi tous les deux là-bas, oui, peut-être.
Vous avez sorti vos trois premiers album aux débuts des années 90. Vous sentez-vous comme un groupe des « nineties » ?
D : On est un groupe de Los Angeles. On ne sait pas ce que signifie les « nineties ». Mais je dois dire qu’à cette époque il y avait beaucoup de musique expérimentale intéressante dans notre entourage, des groupes de Los Angeles comme X, The Gun Club, Green on Red, des groupes fantastiques qui m’ont beaucoup inspiré.
David, à cette époque (dans les années 80), vous aviez déjà joué dans plusieurs groupes connus à L.A., dont Rain Parade et Opal, qui faisaient partie de la scène Paisley Underground (un sous-genre du rock alternatif). Ici, peu de gens ont connu ces groupes. Que retenez-vous de cette période ?
D : Kendra Smith (avec qui il forma Rainy Day en quittant Rain Parade en 1983, puis Opal où Hope finira par prendre la place de Kendra – nda). C’était une fantastique musicienne et une grande source d’inspiration. Travailler avec elle a été très important pour moi. A l’époque, on était tout le temps ensemble, on faisait de la musique, on partageait nos idées.
Continue-t-elle à faire de la musique ?
D : Elle chante en ce moment même, ne l’entends-tu pas (Hope rit – nda) ?
Et vous Hope, connaissiez-vous ces groupes (Rain Parade, Rainy Day et Opal) où David jouait ou avait joué ?
H : Oui, c’est par eux que j’ai rencontré David. J’étais une fan de Rain Parade et une fan de Dream Syndicate (le groupe formé par Kendra en 1981 – nda), donc quand Kendra et David ont commencé à travailler ensemble, pour moi et tous les fans de Rain Parade et de The Dream Syndicate, c’était un rêve qui se réalisait.
Comment votre rencontre s’est-elle faite?
H (petits rires) : Je ne sais plus, je crois que ça s’est fait à l’occasion d’un de leurs concerts. On a juste commencé à parler de musique, d’art et de mon propre projet de l’époque (le duo folk Going Home qu’elle formait depuis 1986 avec Sylvia Gomez – nda), et ça les intéressait d’écouter ce que je faisais. C’est comme ça qu’on est devenu… amis.
David, qu’est-ce qui vous a plu chez Hope ?
D : Hé bien Hope écrit de si belles chansons que lorsque je les ai entendues ça nous a involontairement rapproché et on est vite allé enregistrer ça ensemble en studio à L.A. (il a produit un album de Going Home qui n’est jamais sorti – nda).
En 1989, des cendres d’Opal et du départ de Kendra, naît donc Mazzy Star. Encore une fois, une femme chante tandis que vous êtes dans l’ombre, David. Chanter, ça n’a jamais été votre truc ?
D : Je chantais à l’époque de Rain Parade…
Puis plus rien. Ce n’était pas un vrai plaisir ?
D : Disons que j’étais plus intrigué par le chant de Hope.
C’est-à-dire ?
D : Hope est suprenante, elle me séduit toujours avec ses idées, ses histoires.
Quand vous composez, vous pensez donc d’ores et déjà à sa voix ?
D : Oui, j’écris de la musique pour Hope. Je pense toujours à elle quand je compose.
Hope, je repense à votre dernier album, Through The Devil Softly. Ce titre, j’ai toujours trouvé que c’était une belle métaphore de votre façon de chanter…
H : Insinues-tu que j’ai le diable en moi quand je chante ?
Oui ! Que vous glissez au travers, doucement.
H : De toute façon le diable est un ange, donc je prends ça comme un compliment.
C’en est un.
H : Merci (petits rires) !
Dans le communiqué de presse de Seasons of Your Day, vous dites qu’il s’agit là de « musique pour les amoureux et les cœurs brisés ». Pourquoi ? Vous trouvez que la pop d’aujourd’hui ne parle plus assez d’amour et de cœurs brisés ?
D : Tu te demandes si des gens ont encore le cœur brisé en 2013 ?
Non, des cœurs brisés, il y en aura toujours. « La tristesse durera toujours » comme disait Van Gogh. Je me demande juste si vous trouvez que l’amour, au sens presque naïf où l’on peut l’entendre, premier degré, n’a pas quelque peu déserté la pop ?
D : Tu sais, parfois la musique prend tant de place dans la vie des gens, notamment quand ils n’ont pas le moral… Je veux dire, on ne fait pas de la musique pour donner envie de faire la fête et danser, on fait de la musique dans un tout autre état d’esprit.
H : Moi, ça ne me dérangerait pas de faire de la musique pour faire danser en soirée.
Ah oui ? Et vous avez déjà essayé d’en faire ?
H : Non, je crois bien que j’en serai incapable.
En fait votre musique semble plus faite pour rêver, se recueillir ou… faire l’amour.
H : Es-tu en train de dire que tu fais l’amour en écoutant notre musique ?
Oui, ça m’est déjà arrivé (elle rit) ! Vous déployez de parfaites ambiances pour se mettre à l’horizontal. Mais j’imagine que ça ne vous surprend pas trop si je vous dis ça, si  ?
H : Non, je vois ce que tu veux dire.

Connaissez-vous le musicien Jeff Martin ?
D : Qui ?
Jeff Martin, un californien qui fait de la musique sous le nom d’Idaho.
H : Je crois que j’ai déjà entendu parler de ce groupe, oui. Son nom m’est familier. Est-ce pareil pour toi, David ?
D : Oui. Et tu aimes ce groupe ?
Oui, beaucoup. Comme vous, Idaho a commencé à sortir des disques au début des années 90 et a toujours été en marge des canons grunge de l’époque. Plutôt que d’œuvrer dans un rock bruyant, Idaho produisait, et produit toujours, une musique mélancolique, atmosphérique et sensuelle. Comme vous êtes géographiquement et artistiquement proches, je me demandais si vous vous connaissiez…
H : Je crois que j’ai un disque de lui. Oui, ça y est, ça me revient.
Des groupes vous inspirent ou vous influencent-ils quand vous composez ?
D : Tout nous inspire et rien ne nous influence, tu vois ? Et oui, la musique des autres joue bien sûr un grand rôle là-dedans.
Dernièrement avez-vous découvert des groupes et artistes qui vous ont particulièrement touché ? Que ce soit d’ailleurs des choses actuelles ou passées…
D : Dernièrement je faisais Londres-Norvège en voiture et j’écoutais Françoise Hardy. Ça m’a beaucoup touché. C’était superbe. Et c’est une personne charmante, adorable. Je l’ai déjà rencontrée. Elle est très inspirante.
Vous semblez avoir un faible pour la pop française. Tout à l’heure vous me parliez de Daho…
H : Oui.
D : On a une amie à Londres, Charlotte, elle a un groupe qui s’appelle Le Volume Courbe, ils sont absolument brillants, on les a vu en concert récemment à la St Pancras Old Church (le 10 juillet dernier, en première partie de My Bloody Valentine – nda)
Je ne connais pas, j’irai écouter.
D : C’est un groupe franco-britannique.
H : Elle s’appelle Charlotte Marionneau.
Depuis la parution fin 2011 de votre double single « Common Burn » / « Lay Myself Down », vous avez un label, Rhymes Of An Hour Records. C’est sur celui-ci que vous sortez votre nouvel album. L’avez-vous aussi créé pour produire d’autres groupes ?
H : Hé bien on aimerait beaucoup sortir la musique d’autres groupes via notre label. Tout le monde est la bienvenue.
Mais vous n’êtes jamais allés voir un groupe qui vous avait tapé dans l’œil en lui disant  : « Vous êtes super, on vous produit ! » ?
H : Qui ? David ou moi ?
Vous deux.
H : C’est une très bonne idée mais aucun groupe ne nous a jamais demandé de les produire.
En même temps si vous ne proposez pas vos services… Parlons concerts. Après la sortie de « Common Burn » / « Lay Myself Down », vous en avez redonné quelques-uns début 2012. Cela a-t-il été une bonne expérience ?
D : Oui. Par exemple, l’année dernière on a joué à Saint Malo (au festival la Route du Rock – nda), et c’était bien. Très bien.
Pour vous est-ce important de jouer votre musique sur scène ?
H : Jouer sur scène nous est difficile, mais c’est important.
Pourquoi est-ce difficile ?
H : C’est difficile parce que pour nous, ce n’est pas normal de monter sur scène pour jouer devant 300 ou 3000 personnes. Humainement, ça ne va pas de soi. C’est un peu effrayant. Mais ça peut bien se passer et être plaisant
Diriez-vous de même, David ?
D : Notre musique est majoritairement acoustique, elle est donc fragile à  porter sur scène.
Quels musiciens vous rejoignent pour former Mazzy Star sur scène ?
D : Ce sont des gens qui sont très importants pour nous : Suki (Ewers, claviers – nda) et Keith (Mitchell, batterie – nda). Très importants.
Savez-vous déjà à quoi va ressembler la tournée qui va accompagner la sortie de ce nouvel album ?
H : On a prévu de commencer à tourner en novembre.
D : Oui, elle va démarrer aux États-Unis pendant Halloween. On aime bien commencer chacune de nos tournées pendant Halloween, comme ça on peut mettre des citrouilles sur scène (Hope rit – nda).
Vous tournerez seuls ou vous serez accompagnés par des groupes de première partie ?
D : C’est vraiment génial quand tu es accompagné par de bons groupes. Durant toutes ces années on a eu la chance d’avoir de super groupes avec nous. Comme Acid Phone.
H : The Entrance Band.
D : The Entrance Band, oui.
H : Unison.
D : Oui, un groupe français qui s’appelle Unison.
H : Ils ont joué avec nous à Londres l’année dernière. C’était fantastique. Ils sont très talentueux.
Oui, je vois, c’est un duo mixte d’obédience noise rock et dream pop, c’est ça ?
H : Oui, comme si Cocteau Twins rencontrait My Bloody Valentine. C’est bien.
D : Et donc toi tu es à Paris. Est-ce qu’en août la plupart des parisiens sont partis en vacances ?
Oui, pas mal, on respire mieux !
D : Où vis-tu à Paris ?
En banlieue nord, au-dessus de Montmartre, à Saint Ouen, vous voyez ?
D : Oui. Et pourquoi es-tu là à parler avec nous alors que tu pourrais être à la terrasse d’un café de Montmartre, avec ton amoureuse et un verre de vin ?
En voilà une bonne question ! Hé bien figurez-vous que j’ai aimé votre nouvel album et que les précédents ont beaucoup compté pour moi quand j’étais plus jeune. Je les écoute toujours. Je tenais donc vraiment à parler un peu de tout ça avec vous. En plus, il y a 4 ans, en août 2009, j’avais interviewé Hope pour la sortie de Through The Devil Softly, et comme ce premier contact m’avait laissé sur ma faim et que je voulais aussi m’entretenir un peu avec vous, David, je n’ai pas voulu manquer cette occasion. C’était tout simplement vous mes amoureuses du jour !
H (rires) : On s’est déjà parlé toi et moi ?
Oui, par téléphone.
H : Je ne m’en rappelais plus, mais maintenant je comprends mieux pourquoi ta voix me semblait si familière (rires) !
D : D : Vous êtes donc de vieux amis ! On jouera à Paris en décembre, si ça te dit viens, et passe nous dire bonjour. On t’invitera.
Merci, je n’y manquerai pas. Au revoir.
H : Ok, merci.
D : Bye.


http://www.parlhot.com/itw-rock/mazzy-star-seasons-day/






Seasons of Your Day
MAZZY STAR
Fontana
vendredi 15 novembre 2013, par François Crevier


Mazzy star occupe une place unique dans le cœur des amateurs de folk rock éthéré. Ce son si caractéristique, le groupe l’a forgé au fil de trois magnifiques albums parus dans le courant des années 1990. Puis, à partir de 1996, plus rien ! Comme si tout avait été dit, tout avait été expérimenté. À l’image de leurs chansons vaporeuses, le groupe s’est tout doucement dissipé. Le deuil n’a pas été facile mais on a fini par se résigner à ne plus entendre de nouveau matériel. Mais alors qu’on ne l’attendait plus, l’enfant prodigue rentre au bercail ! Évidemment, on lui en veut un peu de ne pas avoir donné de nouvelles depuis les années grunge, mais on l’accueille tout de même à bras ouverts. Parce que les vrais fans n’ont pas d’orgueil, c’est bien connu.
Dix sept ans plus tard, donc, voici « Seasons of Your Day », un album qui, pourrait-on dire, reprend exactement là où la formation californienne nous avait laissé. On ne perd d’ailleurs pas de temps : dès la première pièce « In The Kingdom » on est tout de suite replongé dans l’univers de Mazzy Star, pour notre plus grand bonheur. Et les pièces s’enchaînent avec un naturel déconcertant. Les guitares acoustiques piochent avec régularité et crée un effet hypnotique (sur « California » notamment) tandis qu’à d’autres moments les slides guitars font planer un blues de perdition (« Flying now »).
En somme, le son country-folk fantomatique est toujours au rendez-vous et les chansons sont solides comme au premier jour. La voix de la chanteuse Hope Sandoval est toujours aussi magnifique et ensorcelante et teintée d’une jolie réverbération. Bref, tout ça réchauffe le cœur. Un véritable bouillon de poulet pour l’âme des vieux trentenaires nostalgiques des années 1990 (dont je suis).


http://www.emorageimagazine.com/old/musique/19/mazzy-star






Mazzy Star – Seasons Of Your Day
24 septembre 2013 Par Stéphane Deslauriers

Mazzy Star? So Tonight That I Might See, chef-d’œuvre de rock psychédélique velvetien paru en 1993 (qui a fait le bonheur de quelques fins de soirées langoureuses vécues par votre dévoué critique) ça vous dit quelque chose? Composé de la magnifique Hope Sandoval et du guitariste Dave Roback, Mazzy Star, après dix-sept ans d’absence, revient à la vie en lançant dans les bacs Seasons Of Your Day. Le duo californien nous offre une mixture anesthésiante de folk, de rock psychédélique, de blues et de country, exécutée et interprétée avec une quiétude narcotique/apaisante.
Le credo demeure exactement le même sur ce Seasons Of Your Day, car Mazzy Star n’a absolument pas ressenti le besoin de se transformer, puisque la facture sonore préconisée possède une identité forte qui ne ressemble à aucune autre. Mazzy Star fait du Mazzy Star. Sans que ce soit aussi prenant que le classique mentionné au premier paragraphe, Seasons Of Your Day confirme hors de tout doute l’ascendant que possède le groupe sur de nombreuses pointures contemporaines.
Seasons Of Your Day est un disque d’une beauté angélique sis sur un songwriting majoritairement folk/psychédélique tellement naïf (tellement élémentaire!!!) que nous en sommes venus à nous poser une question cruciale: pourquoi la musique de Mazzy Star fonctionne-t-elle? Parce que Sandoval et Roback y mettent une authentique sensibilité qui ne verse jamais dans le larmoiement pathétique, parce que Mazzy Star a du cœur, parce que ces deux créateurs ont un souffle unique parfaitement inexplicable.
Donc, le groupe rejoue la complainte du bonheur mélancolique avec un dépouillement quasi monastique. Sandoval susurre ses douces mélodies avec panache, Roback prodigue son folk/blues psychédélique avec une opérante austérité et les deux sont appuyés rythmiquement, et de façon discrète, par Colm O Ciossig (My Bloody Valentine) et Keith Mitchell. Ce Seasons Of Your Day est une conception sonore désincarnée et intemporelle… et peu d’artistes peuvent tirer profit avec autant d’éloquence de ce don… car il s’agit bel et bien d’un don!
Ça débute avec la magnifique In The Kingdom (animée par un orgue Hammond ecclésiastique), l’austère California, la langoureuse I’ve Gotta Stop et le folk bleusy Does Someone Have Your Baby Now. Ça se poursuit dans la même veine avec Common Burn, la pièce-titre Seasons Of Your Day et le superbe blues hypnotique salopé titré Flying Low. Le ravissant périple se termine avec la minimaliste Sparrow, la quasi improvisée Spoon de même que le folk country Lay Myself Down. De toute beauté!
Mazzy Star rapplique et reprend là où il avait laissé sans avoir perdu aucune once de pertinence, de charme, de conviction et d’élégance. Encore une fois, nous sommes impitoyablement tombés dans un état contemplatif réparateur. Les inconditionnels de la première heure retrouveront le tandem intact pour le plus grand des bonheurs auditifs et ceux qui ignoraient l’existence de Mazzy Star, nous vous conseillons de tendre l’oreille religieusement. Voilà une formation qui a ensorcelé quelques musiciens et mélomanes!


http://lecanalauditif.ca/mazzy-star-seasons-of-your-day/







Mazzy Star fait du Mazzy Star avec ce nouvel album, difficile de leur reprocher quoi que ce soit tant le résultat est à la hauteur.
 
Mazzy Star est un groupe de rock alternatif américain composé du guitariste David Roback ainsi que de la chanteuse Hope Sandoval. Ce groupe a connu son heure de gloire dans les années 90 avec leur tube, Fade into You. Après un hiatus de 17 ans, le groupe nous propose enfin son 4ème album, Seasons of Your Day qui est disponible depuis le 24 septembre 2013. C’est donc avec une certaine appréhension que j’appréhende cet album car étant fan de la première heure, il y a plus motif à inquiétude qu’autre chose.
Cet album ne déçoit pas, bien au contraire, on est dans le calme, le voluptueux et le tempéré. Comme une douce brise qui vient nous chatouiller les oreilles, les titres de cet album sont tous inspirés et ils n’aspirent qu’à nous faire revenir en arrière et nous refaire aimer le son dépouillé et limpide que le groupe est toujours parvenu à distiller. Loin de changer de style, le groupe nous offre ce qu’il sait faire avec talent et surtout avec une maitrise absolue.
Forcément après tant d’années, il n’est pas dit que beaucoup de fans se souviennent que le groupe existe et qu’il est encore en mesure de nous étonner et de nous faire sourire béatement rien qu’avec quelques accords et grâce à ce petit côté folk indie qui manque cruellement à la nouvelle génération. Les ballades se succèdent avec toujours cette finesse, marque de fabrique du groupe, le blues qui s’en dégage fait mouche à tous les coups, difficile de ne pas apprécier le spectacle pour peu que l’on aime le groupe ou tout simplement le genre.
Difficile de sortir des titres du lot, l’album est fluide, pas trop long ni volontairement indie-chiantesque, la voix de Sandoval fait le reste, les guitares se mêlent parfaitement à l’ensemble avec parfois un peu de fantaisie, des orgues, des cordes et autres joyeusetés qui apportent toujours un plus plutôt qu’une contrainte. Le groupe sait aussi faire dans le feutré et le dénudé extrême avec des titres où l’on appréciera juste la voix et la guitare comme seuls instruments, touchant!
Mention néanmoins spéciale pour le génialissime In The Kingdom et le magnifique Seasons Of Your Day, Mazzy Star fait du Mazzy Star avec ce nouvel album, Seasons Of Your Day et au final c’est bien ca qui compte, le groupe n’a pas vraiment changé au fil des années, c’est soit à reprocher soit à bénir mais ce groupe a quelque chose de magique, une grâce que l’on ne peut que louer et surtout espérer que leur prochain album sortira bien avant 17 ans. Si vous aimez le rock alternatif et les groupes qui ne cherchent pas à sonner différemment de ce qu’ils savent faire, vous avez trouver votre prochain achat!


http://veuillezparlapresente.com/wp/musique/mazzy-star-seasons-day/






«Seasons Of Your Day» de Mazzy Star: le goût de partir en road trip
Publié le 29 octobre 2013


Seasons Of Your Day capture un songe. Un songe de road trip à travers le Sud américain, de terres arides et de chaleur accablante, sur fond de trame folk. Puis, comme une illusion dans le désert, la voix de Hope Sandoval apaise notre âme solitaire et indique la route à suivre.
Among My Swan, le dernier album de Mazzy Star, remontait à 1996. Le duo formé par Hope Sandoval et David Roback avait fait ses débuts avec She Hangs Brightly, six ans plus tôt. Entre-temps, il y avait eu l’hypnotique Tonight That I Might See (1993), sur lequel figurait «Fade Into You», sans conteste l’un des titres les plus sincères et désarmants des années 1990. Même si vingt ans nous séparent aujourd’hui de ce chef-d’œuvre du rock lo-fi, la musique de Mazzy Star sur Seasons Of Your Day n’a rien perdu de sa délicatesse et de sa poésie, même s’il faut peut-être plusieurs écoutes pour en apprécier toute sa substance.
Comme auparavant, la chanteuse occupe la place qu’elle mérite. Hope Sandoval a toujours porté Mazzy Star avec sa voix empreinte de féminité et chargée d’émotion. David Roback et les autres musiciens (qui restent souvent confinés dans l’ombre pour une raison obscure) ne font pas erreur en lui subordonnant les instruments. Les arrangements musicaux demeurent aussi vaporeux et introspectifs qu’ils l’étaient, mais ils perdent de leurs accents psychédéliques inspirés de tous les Velvet Underground et The Doors des années 1960. Il en est de même pour les variations shoegaze qui faisaient écho à celles de My Bloody Valentine et autres pairs des années 1980-1990; elles se sont estompées pour ne pas dire éteintes.
Mazzy Star semble cette fois avoir surtout puisé ses influences dans la musique country des années 1970 (Gram Parsons, Emmylou Harris). À cet égard, la récente offrande de dix chansons résonne de maturité et de vécu, un sentiment qu’on peut sans doute largement attribuer aux jeux de slide guitar et aux effets de la steel pedal guitar. Cependant, le chant plus léger de Sandoval compte pour beaucoup dans la balance.
Véritable oasis de paix musicale, «In the Kingdom» ouvre l’entité de belle façon. Sandoval paraît posée, sereine et en accord avec elle-même. Elle possède ce petit je-ne-sais-quoi dans la voix qui, immédiatement, jette un baume sur toutes nos morsures affligeantes. L’orgue rappelle même quelque souvenir, un arrimage de notes accrocheuses déjà entendu, comme «No Woman, No Cry». Puis «California» renoue avec Tonight That I Might See. Le tempérament mélancolique et tourmenté du morceau ramène bientôt à la mémoire «Unreflected» et «Blue Light». La nostalgie atteint jusque le texte: «I think I’m going back / I think I’ll go back / I think I hear a whisper, my old best friend». Par moments, on croirait même entendre un titre de Here’s Where The Story Ends (1990) du groupe écossais The Sundays. C’est dire ici que Mazzy Star ne rompt pas les ponts complètement avec les années 1990.
«I’ve Gotta Stop» se veut le premier concentré de folk sur l’album. Les instruments sont intenses et Sandoval se montre sensible. Même si sa voix est délicate, Hope dégage une force de caractère et d’esprit qui séduit plus que tout. Vient après «Commun Burn», dont l’essence triste et émouvante est issue de la guitare et de l’harmonica, s’insinuant par-ci et par-là sur le chemin serpentant de la mélodie. Notons que si ce n’était de l’interprétation convaincante de Sandoval, cette pièce aurait très bien pu appartenir à Neil Young.
«Seasons Of Your Day» n’a rien d’une chanson titre de prime abord, trop discrète pense-t-on. À la deuxième ou troisième écoute, on remarque enfin les paroles poignantes et l’humilité que révèlent le morceau: «Won’t you let me come inside? / I’ve released all of my pride / I know you’re alone because I’ve been there / I was storming all of the day outside your door / It’s a misery that the rivers will never stream me back before». À l’affût des subtilités, on se laisse transporter par le violon qui rejoint finalement la guitare acoustique.
Le secret de Mazzy Star en 2013 aura donc été la finesse. En effet, la plupart des compositions ont une apparence qu’on jugerait minimaliste. Les pistes se suivent et se ressemblent, mais à bien écouter elles diffèrent intrinsèquement. Tout est réalisé avec grâce et adresse, d’une manière qui ne se remarque pas tellement si l’oreille n’est pas pleinement investie. Pourtant, les instruments varient d’une pièce à l’autre.
Par ailleurs, le tournant folk du groupe se fait sentir plus fortement à compter de la deuxième moitié du LP, sur les pièces «Does Somebody Has Your Baby?», «Lay Myself Down» et «Spoon». On se surprend alors à rêver de paysages texans, à ses routes et à ses champs infinis. On ressent un désir d’indépendance et d’affranchissement. L’album se termine en force avec «Flying Low», dont les accords de blues sonnent quelque peu comme le riff de «Bad to the Bone» de George Thorogood. Faut-il ajouter que la chanson a vraiment de la carrure?
Finalement, s’il n’y a pas de titre aussi touchant que «Fade Into You» ou même «Five String Serenade», le résultat est loin d’être décevant. Au contraire, Mazzy Star a réussi à débroussailler de nouveaux sentiers sans trop s’éloigner de ceux qui lui avaient porté fruit autrefois. La pochette d’ailleurs évoque un mix des deux opus précédents: le chat noir au centre rappelle fortement le cygne de la couverture de Among My Swan et l’encadré de couleur violet, le fond de Tonight That I Might See…! Enfin, si on est moindrement sensible à ce genre musical, le songe du road trip se transformera peut-être en une petite ride sur la route, pas nécessairement pour filer jusque dans le sud des États-Unis, mais au moins pour parcourir un tronçon de la 20 avec pour fidèle compagnon le nouveau disque de Mazzy Star. Pourquoi pas?


Écrit par: Emmy Côté


http://www.labibleurbaine.com/%C2%ABseasons-of-your-day%C2%BB-de-mazzy-star-le-gout-de-partir-en-road-trip/



















09/12/2013
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