Alain YVER

Alain YVER

MICHAEL ACKERMAN

MICHAEL ACKERMAN








//www.facebook.com/pages/Michael-Ackerman/266740463358042

//www.arte.tv/fr/michael-ackerman/2689762,CmC=2683620.html

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//www.youtube.com/watch?v=gmni1CQqM1g

//www.youtube.com/watch?v=mL-eUjMi3PY

//www.laboutiquevu.com/fr/1_michael-ackerman

//mabooklist.wordpress.com/2010/11/11/voyages-au-bout-de-la-nuit-les-errances-de-michael-ackerman/

ENTRETIEN VID2O
//www.artnet.fr/magazine/livres/CAUJOLLE/ACKERMAN.asp




         






Michael Ackerman
17 mai 2012   Photographie

Photographies cathartiques, les clichés de Michael Ackerman reflètent avant tout un irrépressible besoin de ne rien manquer. Pas un lieu, pas un visage, pas une atmosphère.
Fruit d’une élaboration technique unique, émergeant en marge de toute école – Michael Ackerman est autodidacte -, ses images, par leur lumière, leurs reflets, leur grain voire leur dégradation, figent en noir et blanc les marques du temps. En Pologne où il a vécu pendant 10 ans, comme en Italie ou à New York, il capture les espaces, les scènes, les masques dans lesquels il se retrouve. Une forme de récit personnel qui par sa radicalité, et donc sa sincérité, peut ébranler tout spectateur disposé à considérer ses tourments sans les filtrer.
Cette perspective aboutit à son dernier livre “Half Life” (Editions Delpire – 2010). Rassemblant 7 années de travaux, Michael Ackerman y force le hasard et associe ses tirages afin d’induire des sensations, tisser des bribes qui incitent au vagabondage introspectif. Loin du simple recueil de photographies autarciques, l’ouvrage par sa scénographie  exprime les angoisses de l’auteur autant qu’il stimule les constructions du lecteur. Le mouvement perpétuel de l’objectif, la fugacité des instants pris constituent alors autant de portes ouvertes et de passerelles sémantiques.

//www.ozartsetc.com/2012/05/17/michael-ackerman/






Américain. Né en 1967 à Tel Aviv. Il vit à Berlin.

Depuis sa première exposition en 1999, il créé son univers en adoptant une approche radicale et unique. Son travail sur Varanasi, intitulé End Time City, rompt avec toute sorte d’exotisme, avec toutes tentatives descriptives, anecdotes, pour questionner le temps et la mort avec une liberté qui lui permet de passer du panoramique – dont l’usage est ici réinventé – aux carrés et aux rectangles.
En noir et blanc, avec une prise de risque permanente, il explore d’impossibles lumières, autorise le regard à travers le grain pour créer des visions énigmatiques et fécondes. Michael Ackerman cherche – et trouve -dans le monde qu’il traverse, l’image de son propre malaise, des ses doutes personnels, et de son anxiété.
Il a reçu le Prix Nadar 1999 pour son livre « End Time City » ainsi que le Prix Inifinity pour jeune photographe en 1998.
Si vous souhaitez être informé de l’actualité de Michael Ackerman, vous pouvez vous inscrire aux fils d’actualité Facebook d’Eyes in Progress, de son agence Vu’ ou sa propre page.

//www.eyesinprogress.com/fr/2580/workshop-ackerman.html







Michael Ackerman (né en 1967 à Tel-Aviv, Israël) est un photographe américain autodidacte de l'agence VU.


Ackerman a rejoint New York en 1974 et a produit une série sur cette ville ainsi que sur d'autres lieux qui ont retenu son attention: Cabbage town, Cracovie en Pologne et Bénarès en Inde.
Le travail d'Ackerman dans les grandes villes est empreint d'humanité dans le traitement photographique des gens qu'il croise au cours de ses déambulations. Il cherche à provoquer des émotions chez le spectateur avec ses photographies noir et blanc, parfois décadrées ou bougées, le plus souvent prises de façon spontanée, dans l'urgence.
Il expose en permanence dans de nombreuses galeries1 et figure notamment dans la collection de la Maison européenne de la photographie à Paris.

//fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Ackerman







Michael Ackerman, 32 ans, photographe. De Bénarès à Times Square, il met en images un monde intense et exacerbé. Intérieur.
Par DESCHAMPS Frédérique

Michael Ackerman a fait un très mauvais voyage. Jusqu'à la dernière
minute il n'avait rien préparé, et au moment de partir, la maison s'était transformée en «avalanche»; impossible de remettre la main sur quoi que ce soit. Il rate un premier avion. Dans le second, il ne réussit pas à fermer l'oeil. Et à Paris, une de ses valises a disparu; celle qui contient des tirages originaux, trois cassettes vidéo de films réalisés par son meilleur ami et son pantalon préféré, le vert.

Du coup, quand on lui demande son âge, Ackerman dit être né en 1923 tellement il se sent vieux et épuisé. Il n'a que 32 ans, et l'air d'en avoir 25, une chemisette élimée au col sur un maillot de corps d'un autre âge. Le garçon ne paie pas de mine. Pourtant, son arrivée récente dans le petit monde des grands de la photographie a été saluée comme marquant une véritable rupture: une photographie exacerbée, résolument débarrassée d'ambition narrative pour capturer des instants portés à leur comble de violence et d'intensité.
Cette aversion pour les voyages, si peu de mise dans la profession, Ackerman l'admet volontiers, même s'il sait parfois la surmonter. Entre 1993 et 1997, il se rend plusieurs fois à Bénarès et en rapporte les photographies qui font aujourd'hui l'objet d'un livre, End Time City (1). «C'est une Inde comme on ne l'a jamais vue, hantée, hallucinée, transcendée par une aisance d'écriture, tous formats confondus. Un sens du cadre et de la lumière qui, déjà, ne sont qu'à lui. Ce n'est pas une ville qu'il montre. C'est sa propre dérive dans un lieu où se perd le temps, où se mêlent la vie et la mort dans une sorte de glissement frénétique.» Celui qui parle ainsi, c'est Robert Delpire, l'homme qui, un jour de 1951, reçoit un individu avec qui il n'a pas rendez-vous. Deux heures plus tard, il sait qu'ensemble ils feront un livre. L'individu s'appelle Robert Frank. Le livre s'intitulera les Américains. Près d'un demi-siècle plus tard, c'est Ackerman qui aura le rare privilège d'enchanter l'éditeur. Dans le panthéon d'Ackerman, Robert Frank figure forcément en bonne place: «Beaucoup de photographes ne font que se répéter, et leurs photos finissent par ressembler à des photocopies. C'est le cas d'artistes pourtant formidables comme William Klein. Frank, lui, est toujours en mouvement et à la fois toujours lui-même.» Alors Ackerman combat les certitudes ­ les siennes comme celles des autres. Il passe d'un format photographique à l'autre ­ 6 x 6, 24 x 36, panoramique ­, ne reproduit jamais deux fois le même cadrage, traîne dans des endroits mal famés et prend des risques avec la lumière. Ses images de Bénarès ou de Times Square, où il a travaillé pendant plusieurs années, ne racontent ni Bénarès ni Times Square. Elles préfèrent saisir à la volée les moments où noir et blanc se font la guerre, des êtres qui vacillent, des morceaux de nuit en plein jour. «Pour moi, la photographie a quelque chose à voir avec la disparition.»
Après un grand crème, il commande un calvados. S'il déteste voyager, il aime quand même la France. A cause des grands crèmes, justement. Et aussi parce qu'à New York le téléphone ne cesse de sonner et qu'il lui faut passer des heures en chambre noire à réaliser les tirages. Mais il n'a pas le choix. Ses lumières saturées et ses flous impossibles affolent les tireurs professionnels. Les pionniers ne sont pas toujours accueillis à bras ouverts, surtout lorsque le succès vient les couronner si jeunes. Certains n'hésitent pas à parler d'imposture. A l'inverse, d'autres s'avouent bouleversés par cette photographie intrépide. C'est le cas de Sarah Moon: «Il y a chez Michael Ackerman un sentiment d'état d'urgence, comme si ses photos étaient prises à l'arraché, envers et contre tout.»
Ackerman roule des cigarettes qui, immanquablement, se désintègrent avant la fin. Un autre de ces plaisirs qu'il ne se permet qu'en France. «N'allez pas raconter que je fume. Ma mère me tuerait.» Une menace difficile à prendre au sérieux quand on sait que cette mère l'a toujours soutenu. «A jewish stage mother»: une de ces mères juives qui n'ont de cesse qu'elles ne vous aient poussé sur le devant de la scène.
Ackerman est né à Tel-Aviv en 1967. Son père, un émigré roumain, déteste les règles contraignantes du jeune Etat sioniste. «Mon père était né pour être américain, car l'Amérique vous permet de créer votre propre monde.» En 1974, la famille part à New York. A 18 ans, sur sa demande, son père lui offre un appareil photo et il commence à sécher les cours. Six mois avant l'obtention de son diplôme, il abandonne ses études de communication, retourne à New York et se consacre à la photographie. Il partage son temps entre les synagogues et les night-clubs à la recherche de mondes nouveaux. Et finit par réaliser que tous ces mondes ne font qu'un et que c'est toujours le même sentiment qui le pousse à déclencher. Un sentiment où se mêlent plaisir et douleur. «Je ne peux pas photographier pendant des heures, car le niveau d'intensité devient vite intenable», explique Ackerman. On ne sort pas indemne de cette traque incessante du paroxysme.
La rumeur le disait quasi autiste, sans doute à cause de ces longs cils roux qui lui donnent un air timide. Le garçon s'avère plutôt loquace. Il élève le ton ­ ce sera la seule fois ­ et s'emporte contre les faiseurs d'icônes ­ Annie Leibovitz ­ et ceux qui «conspirent avec la misère du monde» ­ Mary Ellen Mark ­ en pensant que leurs photos y apportent des «réponses».
«Les Indiens ont raison de penser qu'avec la photographie on vole quelque chose de votre âme. C'est précisément pour cela que je fais des photos.» Mais tout le monde n'a pas toujours envie de voir son âme sur papier argentique. Un jour, à Times Square, Ackerman photographie un homme, la soixantaine, bien mis ­ pardessus et chapeau mou ­, mais dont le regard halluciné rappelle celui d'un naufragé. Quelque temps plus tard, il le rencontre à nouveau. Alors qu'il s'apprête à déclencher, Ackerman entend l'homme s'écrier: «Ah non, pas deux fois!» Ackerman s'arrête et l'homme lui explique que ses voisins lui ont apporté un magazine dans lequel il y a une photo de lui. Il a bien failli ne pas se reconnaître: il avait l'air d'un fou. Il a décidé de faire un procès, au magazine et au photographe, un certain Michael Ackerman. «Il m'a ensuite fallu des heures pour convaincre cet homme que j'avais saisi là quelque chose qui était en lui, même si lui-même n'en était pas conscient.» L'homme renoncera au procès.
Quelque part à Francfort, la valise a semble-t-il été localisée. Au téléphone, l'employée de la Lufthansa confronte les descriptions. Une valise bleue, des années cinquante, sans fermeture Eclair, avec deux petites initiales incrustées sur le devant. Ackerman explique qu'il s'agit d'un cadeau. Il est incapable de dire quelles sont ces initiales. Pour le reste, la description correspond. La valise sera livrée demain. Pour la première fois de cette journée, Ackerman sourit. Il se confond en excuses et promet à l'employée que, la prochaine fois, il mettra son nom sur la valise.

//www.liberation.fr/portrait/0101287233-michael-ackerman-32-ans-photographe-de-benares-a-times-square-il-met-en-images-un-monde-intense-et-exacerbe-interieur





Entrevue avec Michael Ackerman
Par Anna Moderska

C'est la première chose que je voulais poser. J'ai lu que vous préférez diaporamas plutôt que des expositions régulières. Pourquoi?

Je préfère un slideshow parce qu'ils se trouvent dans une petite pièce dans l'obscurité, comme un film.

La musique pendant le diaporama est très spécial et émouvant, pour ceux qui sont désireux de sons sans doute autant que les photos elles-mêmes. Comment décidez-vous de la musique choisie pour le spectacle? Est-elle faite spécialement pour elle?

La musique n'a pas été faite spécialement pour les moi. Je ne sais pas comment je l'ai choisi. il ya beaucoup de choses que j'ai essayé et c'est ce qui est resté.

Toutes vos photos présentées dans les galeries que j'ai vus sont en noir et blanc. Est-ce que cela veut dire que vous n'aimez pas la photographie en couleur?

Peut-être n ° je vais essayer un jour.

Quelles sont les histoires au sujet, que vous montrez? D'autres mots, ce qui vous pousse à déplacer les gens?

Je ne peux pas vraiment dire ce que les histoires sont sur le point ou pourquoi la nécessité de montrer des photos de personnes. Je pense que certaines choses ne nécessite pas d'explication.

Et l'artiste quand on fait l'art, il montre, a une idée de ce que souhaite atteindre en tant qu'interprète. Comment voulez-vous les gens à réagir sur votre art? Qu'est-ce que vous essayez d'atteindre à travers votre art?

Je pense que je veux que les gens se voient dans les images parce que je pense que je photographie les gens que je reconnais quelque chose de moi-même po qui peut sembler trop abstarct ou même faux, mais je sais pas comment din't d'autre à dire.

Alors que de rencontrer des gens à vos diaporamas, qu'est-ce que vous chérissez le plus?

Quelques verres.

Lorsque vous travaillez avec des jeunes aux ateliers de photographie de nature différente, qu'est-ce que vous leur dites est la plus importante dans la photographie?

De faire des erreurs.

Vous avez collaboré avec de nombreux artistes, interprètes. Qui trouvez-vous la plus intéressante pour vous et pourquoi?

Pas sûr.

Dans toutes les biographies accesible sur le net, il est mentionné que vous venez d'Israël, même si vous l'avez laissée quand vous étiez vraiment un enfant. Il semble comme un patrimoine important pour vous. Pourriez-vous nous dire quelque chose de plus à ce sujet?

Je pense en tout lieu biographies de naissance est mentionné. je ne sais pas combien il est important pour moi. Parfois, je pense qu'il est plus important que j'ai été déplacé de ma place à un jeune âge et il aurait pu être n'importe où. lorsque les racines ou les connexions sont rompues, il doit avoir un effet sur la personne de n'importe quel endroit. on nous dit toujours que rootlesness est une partie de l'être juif, mais je pense que le sentiment de non-appartenance est vrai d'être en vie. les gens le cacher ou de le nier ... il s'agit d'une question importante et je suis probablement pas répondre à bien. pour sûr que je ne me sens pas à l'aise partout.

Vous avez beaucoup voyagé, pour les deux dernières années, vous avez vécu à Cracovie. Que trouvez-vous de cet endroit différent des autres que vous décidez de vivre ici?

C'est un trou beau se cacher po

Quel est votre rêve, en tant qu'artiste et en tant Michael Ackerman?

Aussi grande question. Pas de réponse.

Michael Ackerman
Propos recueillis par Anna Moderska






Michael Ackerman

«Dès sa première exposition, en 1999, il s’est imposé comme porteur d’une écriture nouvelle, radicale et singulière. Son approche de Bénarès, réunie sous le titre End Time City, rompait avec tout exotisme, toute tentative de description, toute anecdote, pour questionner le temps et la mort avec une liberté qui lui permettait de passer du panoramique – dont il renouvelait l’usage – au carré ou au rectangle. En noir et blanc, avec une prise de risque permanente qui l’amenait à explorer des lumières impossibles, il laissait éclater le grain pour imposer des visions énigmatiques et prégnantes.
Qu’il s’attache à garder trace des derniers moments de Time Square habité par des paumés ou des prostituées ou qu’il conserve, en Pologne ou en Italie, le souvenir de visions de lumière et de personnages étranges, il installe toujours un monde en déliquescence, flottant, au bord du gouffre. La tonalité est sombre, les images énigmatiques et tendues, le temps à la fois suspendu et en déséquilibre, le monde est taraudé par une douleur sourde, un mal-être permanent.
De fait Michael Ackerman recherche – et trouve – dans le monde qu’il traverse les correspondances à son malaise personnel, à ses doutes permanents, à ses propres angoisses.
Il l’avoue, discrètement, en réalisant régulièrement des autoportraits, qui n’ont rien de narcissique, mais qui disent qu’il sait appartenir à cet univers qui va mal.»

Christian Caujolle, Agence VU’ Galerie, Photo Poche n°107, Actes Sud, 2006
 
//www.galerievu.com/artiste.php?id_photographe=2






Half Life est le troisième livre de Michael Ackerman que nous publions.

Ce n'est pas un hasard. C'est qu'il est une valeur sûre de la nouvelle génération. Plus encore que les spécialistes, ce sont ses pairs en imagerie qui lui reconnaissent un talent, un style, un rapport très particulier aux sujets qu'il traite, une qualité d'analyse exceptionnelle, ce que confirment d'ailleurs les expositions et les versions internationales de ses livres.
End Time City pouvait laisser croire que, comme beaucoup de ses confrères, Michael avait parfois besoin d'exotisme, et celui que lui offrait Bénarès ou le Gange avait l'étrangeté qu'il cherchait. Mais non, il n'est pas de ces turbulents de l'œil qui sillonnent le monde sans que leurs déplacements soient motivés par un événement politique ou par une catastrophe naturelle. Michael est un exilé. Comme tant d'autres. Mais ce n'est pas l'envie de retrouver sa trace qui le pousse à partir souvent de New York où il vit, vers l'Europe d'où il vient. C'est l'envie d'aller ailleurs, de voir d'autres hommes, une autre lumière, sans chercher des souvenirs d'enfance ou les rémanences d'un temps révolu. Il faut que le pays, la ville, l'attirent et le retiennent. Comme l'ont fait la Pologne, Berlin ou Cracovie. Qu'il puisse y vivre assez longtemps pour en connaître les jours et les nuits. Qu'il épuise son univers dans le souci constant de restituer ce qu'il a vu, non pas dans la description d'un personnage, d'un paysage urbain ou campagnard. Ce qu'il fixe, c'est l'évocation d'une vision qui a été la sienne et non le témoignage d'un fait. La plupart de ses photos semblent nées sous un voile, dans une brume de petit matin ou de la tombée du jour, mais c'est à travers cet écran qu'il perçoit la réalité. Son regard glisse souvent sur le sujet, comme si Michael ne s'arrêtait jamais pour voir, ou plutôt comme s'il avait besoin de ce non-ajustement à une vérité. Les visages de femmes ou d'hommes qui surgissent par instant de l'ombre n'échappent pas à ce mouvement subtil, comme s'ils étaient découverts sans s'être annoncés, comme si les sujets que Michael a choisis tentaient d'échapper à leur prédateur, comme si une force les poussait hors du cadre, la perception fugitive qu'en avait eue Michael ne nuisant pas à l'expression ni à l'esthétique d'une image mais en en renforçant la valeur, celle d'un instant fixé dans une fuite qui survaloriserait les significations. Michael Ackerman est, à l'évidence, un artiste de notre temps, un temps tragique, un temps dont la mouvance interdit de tracer les frontières entre le présent et l'avenir, entre l'instantané et le souvenir.

//www.delpire.fr/Michael-Ackerman-Half-life.htm






"Les scientifiques calculent l'ancienneté de quelque chose grâce à son stade de décomposition, et ils appellent cela la demi-vie de cette chose. C'est une manière de mesurer l'âge et le temps qui passe"
 
(Michael Ackerman).
Interview de Michael Ackerman sur artnet.fr
L'exposition Half Life à la galerie Vu'
 
Les maisons hantées, ce sont des histoires : les livres hantés, non. Vous venez d’ouvrir l’un d’entre eux. Vous direz peut-être qu’à la couverture il n’y paraît pas : miroir d’un amour insulaire, intensité nue, menace écartée, tendresse et tourment. Mais ces deux-là, que vous reverrez plus loin, regardent quelque chose : elle sans doute interroge l’image en train de se prendre, leur image à tous deux dans le miroir, mais lui, si impérieusement penché, quoi ? Peut-être un enfant dans un lit d’enfant. Plus sûrement, les mêmes choses qui figurent dans ce livre, avec son invraisemblable quantité de nuit. Vous le savez déjà, ici la chair et l’ombre ne font qu’un.
Denis Kambouchner
 
Récentes, toutes en noir et blanc, les images sont prises en Pologne, à Cuba, New York, Berlin. Rares sont les indices qui permettent de les situer géographiquement. On n'est plus dans le réel, mais dans des visions de cauchemar : paysages désertiques aveuglés par des nuages de cendre qu'un soleil maléfique parvient tout juste à percer. Fenêtre de wagon griffée par des mains absentes. Groupe d'hommes nus enfermés dans une douche collective. Visage d'une fillette en Ophélia, comme noyée à la surface de l'image. Boiseries des fenêtres d'une bâtisse évoquant les croix blanches d'un cimetière. La mort rôde. Elle ne laisse aucun répit aux vivants.
Après une telle description, comment dire que ces images sont belles. Elles le sont. Pour réaliser ces clichés qui semblent s'impressionner d'un monde invisible et parallèle, le photographe surexpose ses pellicules. Il déclenche à des vitesses très lentes qui rendent ses sujets flous, parfois animés d'un mouvement qui hoquette entre le passé et le futur, sans jamais pouvoir s'arrêter dans le présent. Les blancs brûlants des tirages, que le photographe effectue lui-même, semblent implorer les noirs de les engloutir, et les noirs s'y refusent. Dans le monde d'Ackerman, le repos, la paix de l'esprit sont hors d'atteinte. La barbarie latente, comme tapie, est toujours prête à ressurgir sous la civilité des apparences.
Luc Desbenoit, Télérama n° 3176 - 27 novembre 2010
Robert Delpire





Michael Ackerman
Half life
10 nov.-08 janv. 2011
Paris 9e. Galerie Vu´

L'univers de Michaël Ackerman, photographe newyorkais originaire d'Israël est sombre, noir, un peu inquiétant, mélancolique. Des portraits en noir et blanc aux regards intenses se succèdent, énigmatiques. Ses scènes, souvent floues et très granuleuses, semblent traversées par une tempête de neige.


Par Cécile Costes

Dans la série «Half Life», un homme fou en souffrance est assis sur le sol à côté de sa chaise, les mains sur le visage dans une position de plainte primale. On peut y voir une référence au célèbre Cri d'Edvard Munch. Ailleurs un jeune homme gracile se détache, ombre diaphane, d'un fond noir pétrole. Un autre homme, torse nu dans une impasse sale, s'injecte de l'héroïne. Le visage d'une petite fille, aux traits parfaits de poupée de porcelaine est celui d'une inquiétante petite marchande d'allumette figée dans la glace. 

Un polyptique de douze photographies, placé dans un angle, éveille l'attention. Diverses scènes s'y déploient: un nu dans un intérieur sombre fait face à une maison à moitié détruite par la tempête. Une icône christique amputée d'un bras règne sur des décombres à côté d'un intérieur d'appartement délabré. Un défilé militaire côtoie un héron perché dans son étang. Sur l'autre flan du mur, se font face un vieil homme élégant et une nature morte, de grandes bottes vides dans une mare de sang et des hommes nus dans un vestiaire, et enfin une composition abstraite et un homme à deux têtes.

Le photographe travaille avec soin les sensations de mouvement ou au contraire de crispation dans le temps. Les paysages polonais sont toujours ravagés par la neige et le froid. C'est comme si la guerre venait de passer par là, apportant la désolation.

Dans le fond de la galerie, trône une série antérieure de l'artiste, intitulée «Smoke». L'image est déformée, délavée, grattée, hyper exposée… Ces clichés ont longtemps accompagné l'homme lors de ses nombreuses pérégrinations autour du monde. Elle montre des enfants qui s'amusent, font les pitres, livrés à eux-mêmes dans la rue. Ils mènent en bateau le photographe, lui tirent la langue… Dans un décor de terrain vague, des gamins sales aux pantalons rapiécés s'affalent sur les genoux de leurs parents rêveurs et désabusés. Dans une mise en scène particulièrement étrange et symbolique, une petite fille blanche menotte les chevilles d'un enfant noir.







Michael Ackerman

Je n'avais jamais vu Michael Ackerman, et je dois dire que je l'imaginais avec une toute autre tête, confondant sans doute une de ces photo avec un autoportrait ou je ne sais quoi. En revanche je comprend à présent tout à fait pourquoi il s'exprime à travers les images et particulièrement la photographie: on dirait que les mots ne lui viennent pas très spontanément, comme il le dit lui-même dans une interview sur le site de Vu (et une autre ici): "c'est pour cela qu'on prend des photos, parce qu'on ne peut pas parler"... un peu comme moi parfois, quand j'ai l'impression de chercher un mot qui était dans une partie de mon cerveau actuellement occupée par une zone vide... Bref.
En tous les cas, on peut dire que ce fameux photographe de l'agence vu a toujours su étonner et/ou éblouir avec ses photos et son style contrasté sur des photos dont le trouble et le mouvement est devenu tout un art, de même que la composition, notamment avec l'utilisation de panoramiques à Varanasi (anciennement Bénares en Inde) pour son livre End time city.
Coté matos, on ne s'étonnera pas de retrouver ici ou là les mots Holga, Diana, Leica M, de même que Tmax 3200 ou Delta 3200...

//www.stephanebouillet.com/michael-ackerman






Michael Ackerman

Récemment reconnu pour son travail sur Bénarès, avec la publication du livre End time City (Nathan/Delpire) et le prix World Press Photo Masterclass en 97, Michael Ackerman explore sa ville, New York, depuis 1990. Autodidacte, il se lance au coeur de la cité pour en restituer une vision hallucinante, sombre et violente. Dans la lignée de Walter Evans, Robert Frank, William Klein et Garry Winogrand, Ackerman affirme une autre façon de voir, de représenter et d’interpréter. Il transgresse les règles photographiques (mise au point, cadrage…), n’hésite pas à utiliser des formats de prise de vue différents, en travaillant vite, à l’instinct, dans l’urgence. Dès qu’il commence à parler, on devine tout ce que le personnage a de mystérieux. En même temps, le calme et la douceur de sa voix sont pénétrants. Evasif, détendu et sauvage à la fois, Ackerman semble pouvoir créer une atmosphère où les contraires s’effleurent.
Vous aviez sept ans en arrivant à New York. Quelle a été votre première impression ? 
J’étais émerveillé. Mon père est venu me chercher à l’aéroport dans une immense voiture, dans laquelle on aurait pu vivre. J’étais sûr que c’était la sienne, mais j’ai découvert plus tard qu’un de ses amis la lui avait prêtée !
Et quand vous êtes arrivé dans le centre ? 
J’étais partagé entre deux sentiments. Les gratte-ciel m’impressionnaient, cela m’obsédait. En même temps, le chaos de la ville m’effrayait… En fait, j’étais d’une nature peureuse… Depuis, je me suis réconcilié avec ces angoisses.
Avez-vous étudié la photographie ? 
Je suis allé au lycée, puis dans une université à 3 heures de New York. Mais j’ai laissé tomber, j’étais dans l’urgence de prendre des photos. Je suis retourné à New York pour photographier à plein temps. Je trouve que l’enseignement de l’art photographique est inutile. Enfin, ce que je dis est extrême, j’ai des amis à Paris qui sont dans des écoles d’art et j’aime beaucoup ce qu’ils font, je les apprécie vraiment, et leur environnement est propice à la création. Mais les écoles peuvent aussi être très néfastes, elles chaperonnent trop… Je crois que la seule façon d’apprendre, c’est de pratiquer par soi-même. Personne ne peut rien t’apprendre. Pour moi, les écoles sont trop contraignantes, comme si t’avais un patron.
Comment travaillez-vous ? 
La plupart du temps, je marche dans la rue, je travaille rapidement, c’est très spontané. Jusqu’à présent, j’ai toujours fonctionné comme ça, mais maintenant, j’essaie de ralentir les choses, je retourne parfois dans un endroit que je connais où il n’y a généralement personne.
Dans ce cas, avez-vous une idée de ce que vous allez prendre ? 
De l’émotion qu’il va y avoir oui, de la photo non. Parce que la photo doit surprendre.
Pourtant, il semble y avoir le thème récurrent de la mort dans vos photos, tout spécialement dans celles de Bénarès ? 
Oui et non. C’est juste un des éléments. Vous pourriez tout aussi bien y voir l’amour, la pluie, ou n’importe quelle autre notion essentielle.
Quelles sont les relations que vous avez avec les gens que vous photographiez ? 
Je crois que dans l’ensemble, je n’en ai pas ! Il n’y a pas vraiment de relation physique. Je crois que c’est plutôt en moi.
Et ça crée parfois des problèmes ? 
Toujours !
Où avez-vous eu plus de problèmes ? En Inde ou à New York ? 
New York a une atmosphère plus hostile, les gens y sont paranoïaques. En Inde, c’est le contraire. Tout le monde veut se faire photographier… C’est difficile de ne pas se faire remarquer… Dans un sens, à New York aussi… Prendre une photo est un véritable défi. Dans les grandes villes, on sent quand quelqu’un nous regarde. Et moi, je fixe beaucoup, les gens s’en aperçoivent, mais je le fais tellement naturellement que je ne m’en rend pas compte.
Vous n’avez pas l’impression de les voler ?
Non, ça ne les concerne pas en tant qu’individus. Je ne photographie pas une prostituée simplement pour montrerson statut de prostituée. Je ne veux pas juger. Mais bien sûr, ça les concerne forcément puisque sans eux, il n’y a pas de photo. C’est assez contradictoire. C’est comme mon travail sur Bénarès qui ne se limite pas à Bénarès : ce n’est pas un guide... ce n’est pas de l’information, c’est quelque chose de plus essentiel, de plus profond. Car les sentiments que l’on trouve chez une personne se retrouvent quasiment chez tout le monde. Sous cet angle, je ne vole rien à personne, il n’y a aucune injustice à montrer les sentiments de tout le monde.
Avez-vous déjà essayé de le leur expliquer ? 
Une ou deux fois… Mais quand quelqu’un à Time Square me dit : "Casse-toi ou j’te tue" je crois qu’il n’a pas vraiment envie d’écouter mes explications !
C’est étrange d’apprendre que les gens vous remarquent, alors qu’on vous croirait invisible d’après certaines de vos photos… 
On ne peut pas parler d’invisibilité, ça n’existe pas ! Je pense plutôt que ça vient du fait d’être dans la rue, présent physiquement dans la masse… Le tout, c’est de ressentir les choses : l’émotion et le physique vont de pair.
Alors vous ressentez une émotion particulière lorsque vous prenez des photos ? 
Bien sûr ! Je ne suis pas un robot ! Mais je ne peux pas dire exactement ce que je ressens. Je ne sais pas si je recherche une émotion ou si je prends des photos parce que je l’ai déjà en moi.

Pourquoi avoir choisi la France pour exposer ? 
Tout d’abord, parce que mon agence (VU) est française. C’est aussi dû aux relations que je me suis faites ici, qui sont très fortes. C’est vraiment une expérience nouvelle de présenter autant d’expositions, d’être en contact avec des gens qui s’intéressent à ce que je fais… La France en elle-même, je ne pense pas encore la connaître, je n’ai jamais vraiment vécu ici. Et je n’ai pas encore pris beaucoup de photos car je ne me retrouve pas souvent seul…
Etes-vous connu aux Etats-Unis ? 
A New York seulement… Mais je ne sais pas si on peut dire que je suis vraiment connu, pas comme ici en tout cas. Il y a une grande tradition d’artistes américains qui viennent ici pour se faire publier : Henry Miller, Robert Frank, William Klein… C’est un cliché bien sûr de dire que les Français apprécient l’art, mais il y a un certain soutien de la part des institutions et du gouvernement. Et les gens, d’après moi, semblent avoir un regard différent. Ils ne regardent pas votre travail en disant : "Oh, qu’est-ce que vous nous montrez, New York ?", ou alors "Tiens ! ça c’est Bénarès !". D’une certaine manière, ils comprennent que c’est plus qu’une simple représentation, que c’est plus que ça…

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05/06/2013
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