Alain YVER

Alain YVER

MICHAEL KENNA

MICHAEL KENNA
 





son site
//www.michaelkenna.net/

à voir à lire
//expositions.bnf.fr/kenna/arret/01.htm

à voir
//www.connaissancedesarts.com/photo/diaporama/michael-kenna-paysagiste-intemporel-80249.php

rfi
//www.rfi.fr/contenu/20091022-michael-kenna-nom-paysage




Michael Kenna à la BN


Michael Kenna, un des grands maîtres de la photographie noir et blanc, s'expose à la BNF jusqu'en janvier.  Deux cent dix photographies nous permettent enfin de faire connaissance avec son oeuvre. Jusqu'à présent, le travail de cet Anglais vivant depuis 20 ans aux Etats-Unis, a été très peu montré, à part à la galerie Camera Obscura. Avec Michael Kenna, on n'est pas dans la photographie de paysage à la Anselm Adams, plutôt dans quelque chose d'intime. D'ailleurs, Kenna se contente de tirages de dimension modeste _ 20 x 20cm _ afin que celui qui regarde conserve une relation intime avec l'image. "Je suis plus proche du haiku que de Joyce," aime-t-il dire.

"Le paysage est un conduit vers d'autres choses," explique Kenna alors que l'accrochage n'est pas encore terminé à la BN. "Chaque photo est une connexion avec les êtres humains. Il y a toujours, dans chacune de mes photos, un endroit où on peut se reposer, respirer et penser." Ces images, prises avec un Hasselblad _ jamais de numérique _ avec de longs temps de pose, sont comme des mandalas: elles servent à permettre à l'esprit d'avancer vers autre chose. Elles permettent, en tout cas, de voir le lien qui nous unit à la nature et nous fait comprendre que nous ne sommes qu'une partie d'un tout et non le centre de ce tout. "Je présente une scène et vous pouvez y entrer et vous êtes seul," explique Kenna. "Chaque photos déclenche une réponse différente dans chaque personne, une expérience intime différente."


Kenna a toujours travaillé en noir et blanc depuis qu'il a découvert, étudiant, les photos de Bill Brandt. "J'ai toujours eu un penchant naturel pour la palette monochromatique," explique-t-il. "Pour moi, la couleur produit une émotion trop forte. Mon travail est une interprétation de la réalité par opposition à la copie de la réalité." Avec Brandt, Kenna confie qu'il comprend soudain que la photographie est aussi un art et pas seulement un outil commercial.
Michael Kenna s'intéresse à tous les paysages: le jardin du chateau de Versailles, aussi bien que l'usine Ford, à Detroit, les statues de l'île de Pâques aussi bien que les paysages du Japon ou de la Russie. Il parcourt sans cesse le monde. "J'aime être dans la nature," affirme-t-il. "Le voyage est ma passion." Il revisite sans cesse les lieux où il a photographié. Il retourne cinq, six, sept fois, voire plus, un même lieux. "Mon travail est sur la trace, le sens, l'empreinte. Photographier un lieu, c'est comme partager un repas avec des amis. Vous voyez, au fil du temps, comment ils changent. Parfois un lieu ne change pas, mais moi j'ai changé. Est-ce qu'une amitié est jamais terminée? C'est la même chose avec les lieux que je photographie."  


En faisant le tour de l'exposition avant qu'elle n'ouvre au public, Michael Kenna se réjouit de voir tous ses tirages réunis par Anne Biroleau, le commissaire de l'exposition. "La plupart de ces tirages sont comme des vieux amis," confie Michael Kenna. "Mais il y a aussi de nouveaux amis. Je suis fasciné par leur juxtaposition. C'est comme une soirée avec des amis venus de différents endroits et c'est merveilleux de voir qu'ils ne se querellent pas." Et pour le visiteur qui découvre pour la première fois le travail de cet artiste, l'expérience sera un choc visuel et émotionnel très fort.
 








//www.procrastin.fr/blog/index.php?2005/07/16/13-kenna

Michael Kenna est un de mes photographes paysagistes préférés. Il travaille en noir & blanc et au format carré. Pour découvrir son travail, n'hésitez pas à visiter son très beau site web. Michael Kenna est un photographe anglais né à Widnes dans le Lancashire en 1953. Il est diplômé de la Banbury School of Art dans l'Oxfordshire, puis du London College of Printing, où il s'est particulièrement distingué. Il commença par photographier les paysages de Richmond dans la région de Londres où il vivait, avant de se concentrer pendant plusieurs années sur l'Angleterre industrielle du nord et de l'ouest. Parmi de nombreux autres sujets, il s'est ainsi intéressé à la station électrique de Ratcliffe dans le Nottinghamshire, ce qui a donné lieu à une série très célèbre. Depuis 1980, il vit à San Francisco mais il voyage beaucoup tout autour du monde pour ses prises de vues.

kennaLa photographie de paysage est son thème privilégié depuis plus de 30 ans. Il revient régulièrement sur les lieux qu’il aime photographier en pose très longue dans la lumière éthérée du petit jour : un Japon d’estampe, les jardins à la Française de Le Nôtre, le mont St Michel ou le Peterhof en Russie. Jamais aucun personnage dans ses photos de paysages. Cependant, il arrive à donner une présence quasi humaine à ces arbres taillés, ces fontaines immobiles et ces statues méditatives. Ses paysages écrasés de neige, ou les bords de mer sans vague ni clapot donnent un étrange sentiment de temps suspendu, bien loin du concept d’instant décisif cher à Cartier-Bresson.

Les photographies de Michael Kenna possèdent toutes un remarquable sens des volumes et de l’espace. Il choisit systématiquement un tirage très dur, au contraste marqué et aux noirs très profonds qui confèrent à ces images un aspect presque irréel.

Michael Kenna tire et vire lui-même ses photographies. Chaque image est toujours tirée en petite série : 45 exemplaires numérotés et signés auxquels s’ajoutent 4 épreuves d’artiste. Les tirages sont usuellement de petit formats 8x8 inches (20x20 cm) avec parfois des tirages plus grand en 20x16 inches (50x40 cm). Michael Kenna est un photographe dont la cote ne cesse de grimper. Ces tirages sont habituellement mis en vente à près de 1 000 $ mais les prix montent très vite au fur et à mesure que la série s’épuise.

Depuis ses premières expositions du début des années 1970, le fond Kenna s’est considérablement étoffé. Il regroupe une importante collection tant aux Etats-Unis qu’en Europe et ses photographies font partie de la collection permanente de très nombreux musées : musée d’art moderne de San Francisco, musée de Cleveland, de Détroit, de Denver, Art Institute de Chicago, Center for Creative Photography de Tucson, musée Carnavalet à Paris, musée d’art moderne de Strasbourg, Victoria and Albert Museum de Londres, Fox Talbot Museum de Lacock en Angleterre, Preus Photography Museum en Norvège, musée des arts décoratifs de Prague, etc.

kennaRolfe Horn - Dans la lignée du travail de Michael Kenna, je vous recommande aussi les photographies d’un autre paysagiste en noir & blanc, Rolfe Horn. Si vous trouvez une très grande similitude dans son travail avec celui de Kenna, rien d’étonnant. Il fut longtemps son assistant. Je trouve qu'il a autant de talent. Ce n’est pas peu dire !

Bill Schwab - Pour finir ce post, jetez aussi un oeil sur un troisième photographe d’inspiration très proche, Bill Schwab












Michael Kenna

Michael Kenna, grand maître de la photograpohie de paysage, hissé au rang d’icône de la photo. Michael Kenna, issu d’une famille catholique d’origine irlandaise, est né en 1953, à Widnes (Lancashire), petite ville industrielle du nord ouest de l’Angleterre. Ses études se déroulent au Upholland College de 1964 à 1972. Etudiant à la Banbury School of art (Oxfordshire) en 1972, puis au London College of printing à partir de 1973, il étudie la photographie de publicité, de mode, de reportage et obtient en 1976 son diplôme avec mention. En 1975, l’exposition « The Land » dont Bill Brandt, grand photographe anglais, est le commissaire, est présentée à Londres. Les choix surprenants de Brandt suscitent l’enthousiasme du jeune étudiant. Brassaï et Atget, Cartier-Bresson et Lartigue, voisinent avec Giacomelli, Uelsmann…Chefs d’oeuvre de la photographie de paysage, mais aussi photographies de relevés géologiques construisaient un discours nouveau sur la photographie de paysage. Michael Kenna garde un vif souvenir de cette révélation et entretient une vénération pour Bill Brandt. « Pour les sujets, la composition, la palette, l’atmosphère, Bill Brandt demeure ma seule grande influence. Je n’ai jamais cessé de regarder ses livres et d’y trouver l’inspiration. Je possède des épreuves que je chéris ». Le jeune photographe Michael Kenna, amateur de musique rock, choisit dès lors de se consacrer exclusivement au sujet plutôt austère du paysage. L’influence de Brandt fut déterminante, mais Kenna admire également de grands photographes européens, tels Peter Henry Emerson, Josef Sudek, Eugène Atget, ou américains, aux esthétiques aussi contrastées qu’ Alfred Stieglitz, Charles Sheeler, Ruth Bernhard ou Harry Callahan. Michael Kenna commence sa carrière par des travaux de commande, en particulier pour la publicité, mais poursuit pendant plusieurs années un travail parallèle et personnel consacré au paysage. Il choisira finalement la voie de l’oeuvre personnelle, que nourriront ses nombreux voyages de par le monde.












Photophiles Magazine      
N°92 - Novembre 2010
Michael Kenna


Michael Kenna a créé un style qui a fait nombre d’adeptes.

Souvent copié, il n’en reste pas moins le créateur d’une imagerie photographique d’une grande finesse.

Je vous invite à aller passer un merveilleux moment, en allant vous plonger dans l’univers de Michael Kenna, photographe atypique et par ailleurs si attachant, par la modestie dont il fait preuve devant le succès qu’il rencontre, succès qui ne se dément pas au fil du temps.

A noter également qu’une exposition de ces photographies sur la ville de New-York à la galerie Camera Obscura, dans le 14 ardt de Paris s’offre à vous.

Michael Kenna est né le 20 décembre 1953, à Widnes (Cheshire), au Royaume Uni.

Il est le plus jeune garçon d’une famille modeste, catholique, d'origine irlandaise, qui compte six enfants. Son père, Walter,  exerce la profession d’entrepreneur en bâtiment.

Dans cette petite ville du nord-ouest industriel de l'Angleterre, située entre Liverpool et Manchester, haut lieu des industries pétrochimiques et pharmaceutiques  du nord-ouest de l’Angleterre, presque tous les membres de sa famille sont employés de l’usine locale, et il n’y a pas d’artiste.

Garçon solitaire, ses terrains de jeux se composent du stade de Rugby, ou il encourage les « Widnes Vikings », l’équipe locale, chaque semaine, mais aussi de parcs, de rues, de stations de chemin de fer, d’usines et d’églises vides, qui deviendront autant de sujet photographiques.

1965, il a 10 ans et demi, lorsqu’il annonce à ses parents, qu’il veut devenir prêtre, et six mois plus tard, il entre comme pensionnaire au collège Saint Joseph d’Upholland.

Attiré par les rituels et les cérémonies religieuses, il est enfant de chœur, et suit des études dans cette école de séminaristes jusqu’à dix sept ans.

En 1966, il découvre la photographie, avec un petit appareil 35 mm, Diana, en plastique. Il raconte :

« Vers l’âge de onze ou douze ans, je bricolais un peu, et je me suis mis à faire des photos de mes amis, de ma famille, etc... Et j’ai même appris à développer mes films moi-même, et à faire des tirages basiques dans une chambre noire."

Quatre années plus tard, il abandonne l’idée de la prêtrise, mais poursuit néanmoins ses études dans l’austère ambiance qui règne dans cette « boarding school » d’un genre particulier jusqu’en 1972.

Doué pour la peinture, et les mathématiques il opte pour une carrière artistique à la Banbury School of Art au nord d'Oxford.

Il y étudie la peinture, puis la photographie, pendant une année, et se rend compte qu’il n’a aucune chance de survivre, comme artiste peintre, son premier choix, et se tourne alors vers la photographie.

"En1972, alors que  je suivais un cours de tronc commun à l’école d’Art de Banbury dans le comté d'Oxford en Angleterre, j’ai été initié à la notion que la photographie pouvait être un moyen  d’expression personnelle ou d'exploration visuelle. A partir de cet instant, j'avais découvert ma vocation. Je pense que dès le début la curiosité a été l’une de mes motivations principales ; l’appareil photographique me permettait simplement de visualiser les résultats de façon quasi instantanée. »

En 1973, il rentre au London College of Printing, en s’inscrivant dans les sections de graphisme et de photographie. Admis dans le cursus "photographie", il passe trois ans, à apprendre les divers aspects du métier, avec  la pratique de la mode, la nature morte, le reportage, persuadé qu’il peut mener de front l’aspect alimentaire, et sa vision personnelle faite de  photos de paysages de Richmond, la banlieue Londonienne où il réside.

De 1973 à 1977, il est l’assistant du photographe Anthony Blake. Il exerce également comme tireur noir et blanc pour ce photographe publicitaire, et travaille ensuite dans un laboratoire couleur.

Il gagne sa vie avec des commandes commerciales, ses photos de paysage ne sont alors qu’un hobby.

1976 : il rencontre l’univers du photographe Bill Brandt, figure célèbre de la photographie contemporaine anglaise dans l’exposition intitulé « Land » que ce dernier sélectionne pour le Victoria et Albert Museum de Londres. Le travail de Brandt le conforte dans son désir de photographier des  paysages, souvent de nuit, dans lesquels l’architecture prend une place importante, et dans lesquels l’humain est toujours absent, un peu comme celui à qui il voue une admiration sans borne (Londres de Nuit, Arts et Métiers Graphiques, 1938).

A ses débuts il a recourt à des ambiances pictorialistes, utilisant la brume à la manière de Turner ou le romantisme d’un William Blake.Ses choix se portent sur la région des Cotswalds, ou les gondoles vénitiennes et les jardins situés à la périphérie de Paris, en hommage à sa deuxième influence, Eugène Atget (Vaux le Vicomte, Versailles, le parc de Sceaux, le désert de Retz, Marly-le-Roi).

A l’instar de nombre de photographes, il pense qu’il n’y a pas de honte à travailler dans le secteur de la publicité, et à avoir une vision d’artiste.

Lorsqu’il étudie l’histoire de l’art, il découvre des peintres tel Casper David Friedrich, John Constable ou Joseph Turner, mais il s’imprègne aussi d’œuvre d’artistes ayant utilisé la photographie, la sculpture, ou la poésie.

Eugène Atget, Emerson, Alberto Giacomelli, Josef Sudek, Harry Callahan, Charles Sheeler, Alfred Stieglitz, Henri Cartier-Bresson, Brassaï, Ruth Bernhard, sont également parmi les photographes qu’il affectionne, et qui l’inspirent.

Après avoir découvert les nombreuses galeries photographiques New-Yorkaises, en 1976, lors d’un voyage d’étudiant, il réalise que la fine art photography, entendez la photographie dite “créative” peut se vendre.

A cette époque, Londres ne compte qu’un seul lieu où présenter des photographies, la Photographers' Gallery.

 Avec l’idée en tête qu’il y a une possibilité de vivre en vendant ses photographies, en1977, il décide de quitter l'Europe, pour s’aventurer à San Francisco.

Il squatte le séjour d’un ami pour dormir, et gagne sa vie avec divers petit boulots, comme coursier à bicyclette, peintre, ou employé d'un atelier d’encadrements d'art.

 Sa première exposition a lieu à l’Equivalents Gallery, de Seattle, (Whashington) et à la Banbury School of Art, en Angleterre.

 Par un heureux concours de circonstance, il rencontre Ruth Bernhard, (1905-2006) par le biais de Stephen Wirtz, un galeriste de renom de San Francisco. Cette célèbre photographe d’origine berlinoise dont il devient le tireur de 1979 à 1987 reste connu pour ses natures mortes et ses photos de nus. Pendant huit ans, ils partagent tous deux la passion respective du tirage photographique, et se lient d’amitié.

Stephen Wirtz, le représente depuis 1983.

1981, il reçoit le prix Imogen Cunningham à San Francisco.

Le développement des films est la seule étape qui ne le passionne pas, dans la totalité des processus de création qui font son travail. C’est la raison pour laquelle il confie ce travail à un laboratoire. En dehors de cela, il affectionne le tirage des épreuves, l’étape primordiale pour lui, pour  conjuguer les aléas de la technique et l’interprétation du négatif sous la lumière de l’agrandisseur. Il se passionne, au point de devenir un expert, n’hésitant pas à passer des nuits entières pour façonner l’épreuve qui lui donne satisfaction. Il travaille exclusivement en argentique noir et blanc, avec un appareil moyen format 6x6 légendaire de marque Hasselblad qui reste suffisamment maniable et léger lors de ses nombreux voyages, souvent dans des conditions climatiques dantesques, comme pour ses séries réalisés en hiver, à Hokkaido, au Japon, par moins 20 degrés.

La patience et l’endurance dont il fait preuve dans son travail photographique s’apparente à celle du coureur de fond qu’il est lorsque qu’il s’engage sur les marathons des grandes villes américaines, comme celui de New York , de Boston , ou de San Diego. Il en compte 48, à son actif.

Michael Kenna est passionné par le voyage, et la nature. Il laisse une part importante à l’imprévu, et aux accidents photographiques. Il affectionne l’interprétation de ce qu’il voit ou de ce qu’il perçoit.

« Je préfère le pouvoir de la suggestion à celui de la description.En photographie, pour moi, il ne s'agit pas de copier le monde. Je ne suis pas vraiment intéressé par la réalisation d'une copie fidèle de ce que je vois autour de moi. Je pense qu'un des principaux atouts de la photographie, c'est non seulement sa capacité d'enregistrer une part de l'univers, mais aussi d'intégrer le sens esthétique du photographe. Le résultat de cette combinaison est une interprétation, et c'est cette interprétation qui est intéressante, à mon avis, quand le sujet passe au travers du filtre de l'esprit d'un individu et en sort changé, et non la duplication ou l'enregistrement de quelque chose ».

Ce qui l’intéresse, n’est pas tant de prendre une photographie, mais plutot de faire partager la sensation physique et spirituelle de l’expérience qu’il a vécue au moment, où il a réalisé cette prise de vue. Chacune de ses images vendues au travers des nombreuses galeries qui le représentent, sont tirées par ses soins, puis subissent un léger virage Sépia. Elles  font l’objet d’une série limitée de 45 exemplaires numérotés et signés auxquels s’ajoute 4 épreuves d’artiste. Les tirages sont de petit format 8x8 inches (20x20 cm, environ) avec parfois des tirages plus grand en 20x16 inches (40x50 cm).

Il a  notamment collaboré avec Ansel Adams, le plus célèbre des photographes de paysage, durant un séminaire donné à Carmel, en Californie, en qualité d’assistant technique, confirmant son appartenance à la confrérie restreinte des meilleurs spécialistes du genre.

Durant les années 80 il choisit comme sujet divers sites industriels, avec notamment la centrale nucléaire électrique de Ratcliffe (2,000 mégawatt) dans le comté de Nottingham. En 1983, le Centre Georges Pompidou utilise une de ses photos pour l’affiche de l’exposition Arbres.

Il entame une recherche sur Le Désert de Retz, un parc du XVIIIème siècle situé à l’ouest de Paris, en bordure de Marly le Roi (78).Il s’intéresse également au parc du château de Versailles au travers de ces jardins dessinés par Le Nôtre.

1986, il retourne photographier la province du Lancashire et du Yorkshire, en hommage à Brandt. A partir de cette date, il se consacre exclusivement à son œuvre, multipliant les expositions et les publications avec Chris Pichler l’éditeur des éditions Nazraeli, qui lui accorde son indéfectible confiance. Cette même année, après avoir visité le camp de Natzweiler-Struthof, près de Strasbourg, il décide de faire des images de pas moins de 27  camps de concentration nazis, ce qu’il débute à partir de 1989. Son désir de s’intéresser à cette page sombre de notre histoire, débute par la vue d’une photographie qui représente une montagne de blaireaux, prise par l’un de ses camarades de classe, dans un camp de concentration en Pologne.

Auschwitz, Sachsenhausen, Lublin-Majdanek, Ravensbruck, Buchenwald et tous ces autres noms qui résonnent douloureusement dans nos mémoires constituent bientôt quelques 6000 négatifs, et tirages. Il en fait don à l’état Français, en l’an 2000, par le biais de l’association Patrimoine Photographique.

Sur une période de 12 années Michael Kenna visite souvent plusieurs fois ces lieux, ce qui donne jour à un émouvant ouvrage intitulé « L’impossible oubli »  aux Editions Marval, en janvier 2001.

 En 2000, il est décoré de l'ordre de Chevalier des Arts et des Lettres.

1992, il jette son dévolu, sur une aciérie, un maillon du complexe industriel Ford,  « The Rouge Study » à Dearborn dans l’état du Michigan.

Après cinq voyages au Japon en 2001 et 2002, un superbe livre intitulé « Hokkaido » voit le jour en 2003. Cet ouvrage scelle définitivement la notoriété du photographe.

Ce pays reste un des lieux préféré, et il continue de le photographié.

Représenté par plus d’une vingtaine de galerie dans le monde, il vit plusieurs années à San Francisco, à Seattle, puis à Portland, (Oregon) en 2004.

Il réside aujourd’hui de nouveau à Seattle.

La réponse de Michael Kenna à une interview donnée en 2006, à Lynne Eodice, reprend la réponse qu’il m’a faite, en partie lors de notre entretien à la BNF.

« J'aime travailler avec le moins de contraintes de temps possible, sans personne qui me regarde, ou qui me pose des questions, sans téléphone, etc...

Lorsque je me rends sur place, je ne sais jamais à l'avance si j'y serai pendant cinq minutes ou pendant cinq jours.L'inspiration dépend de la lumière, de l'atmosphère, du sujet et de la façon dont le photographe les appréhende.

Etre créatif veut souvent dire savoir reconnaître et suivre une piste, l'explorer même si l'on n'est pas tout à fait convaincu qu'elle mène quelque part, arriver parfois à des impasses, revenir sur ses pas et recommencer. Etre créatif  pour moi veut souvent dire photographier des choses d'une façon qui peut sembler totalement ordinaire au moment de la prise de vue, mais qui peut se révéler ensuite tout à fait extraordinaire. L'inverse arrive en fait plus fréquemment.

La créativité signifie étre ouvert, écouter ce qui vient de l'intérieur comme de l'extérieur, quelque chose qui peut s'avérer trés difficile lorsque vous regardez votre montre. Il est important d'étre attentif et concentré, ce qui pour moi veut en général dire être seul, loin de toute distraction. Dans le jargon des coureurs de marathon, on appelle cela entré dans la "zone ", un point de totales concentration et relaxation simultanées. Je suis convaincu qu'on peut atteindre cela en photographie aussi, et c'est une expérience mentale très satisfaisante et très productive.

Au delà de tout ce dont j'ai parlé précédemment, ce que j'aime sincèrement c'est voyager. J'ai toujours voyagé et j'espère pouvoir continuer à le faire le plus longtemps possible. Il y a tellement à voir et à vivre dans ce monde, et il nous est accordé si peu de temps. C'est une joie et un privilège de voyager, et le voyage à un rôle très signifiant dans ma vie. »

Il s'est également forgé une réputation dans le domaine de la photographie publicitaire, qui lui a permis de collaborer avec de nombreux clients. Il se consacre à son travail personnel, ce qui ne l’empèche pas d’honorer des commandes, notamment pour la célèbre banque HSBC, ainsi que pour la collection photographique du conservatoire du littoral.

Chronique par Roland Quilici













Rétrospective
Michael Kenna


Du 13/10/09 au 24/01/10
Site Richelieu – Galerie de photographie
Commissaire : Anne Biroleau, conservateur général aux départements des Estampes et de la photographie de la BNF



La BnF consacre à l’automne 2009 une exposition au photographe anglais Michael Kenna. Cette rétrospective retrace sa carrière en quelque 200 photographies permettant de mesurer l’évolution de son style reconnaissable entre tous, la liberté de ses partis pris et le raffinement de ses tirages.

Né en 1953 à Widnes, ville industrielle du Lancashire, Michael Kenna est un voyageur photographe. A l’écart des phénomènes de mode et du dogmatisme esthétique, Kenna a bâti un corpus centré sur la question du paysage, un paysage enclos dans le format de la miniature, un paysage désert. La présence de l’homme s’y inscrit parfois « en creux », d’une manière étrange, fantomatique, par les traces subtiles ou douloureuses qu’il imprime sur le monde.

La révélation de la nature naît dans son travail de longues poses et de prises de vues nocturnes ou réalisées à la lumière de l’aube et du crépuscule qui exalte les contrastes de texture, de matière. La rhétorique du clair et du sombre, savante et raffinée, gouverne son œuvre.

Le « pays noir » industriel issu du XIXe siècle et ses poussières de charbon, ses villes sombres parcourues de voies ferrées, surplombées des hauts fourneaux, les structures massives des centrales nucléaires, voisinent avec les brumes mystérieuses de la campagne anglaise. Sous son objectif, les lignes géométriques des jardins formels du 18e siècle français ou russe nous rappellent que la nature et le paysage sont avant tout des constructions culturelles.

Les rivages et les îles inspirent à ce contemplatif solitaire des « Marines » où le pittoresque s’efface devant le mystère des éléments naturels. Sous le regard de Kenna, l’Ile de Pâques ou le Mont-Saint-Michel retrouvent l’enchantement et la charge magique des espaces sacrés qu’ils furent à l’origine. Les œuvres récentes tendent à la stylisation et l’épure, dans les paysages du Japon et de Chine. Le signe graphique se substitue au figuratif.

La description, chez Kenna, laisse toujours une large place à la suggestion, à la rêverie du « regardeur ». « En photographie, je me considère plus proche du haïku que de Joyce. » Kenna n’impose aucun message, il offre la liberté d’un voyage en photographie.


15/11/2010
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