Alain YVER

Alain YVER

MIOSSEC

MIOSSEC



IL Y A DES ARTISTES, COMME ÇA , OU IL N'Y A RIEN À JETER, TOUT EST BON CHEZ LUI.


SITE OFFICIEL
http://www.christophemiossec.com/

TOUT SUR CHRISTOPHE MIOSSEC
http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Miossec

À VOIR
http://www.destination-rock.com/biofr/biofr.php?CODE=miossec

ENTREVUE
http://www.christophemiossec.com/multimedia/presse_article.php?IdPresse=31

TOUTE ÇA DISCOGRAPHIE
http://www.ramdam.com/art/m/miossec_discographie.htm


BIOGRAPHIE
Tendre et sulfureux

Né à Brest en 1964, Christophe Miossec a connu un parcours des plus chaotiques avant de devenir l'artiste que l'on connaît. D'abord musicien précoce, il renonce à la possibilité d'un succès entrevue avec son groupe Printemps Noir pour se concentrer sur les études.

Ne trouvant pas l'épanouissement qu'il recherchait dans cette vie réglée, il s'exile à Paris où il exerce des petits boulots lui permettant de vivre. Son retour en Bretagne coincide avec la rencontre du guitariste Guillaume Jouan. Ensemble ils vont lancer "l'aventure Miossec" telle qu'on la connaît en sortant en 1995, l'album "Boire".

Boire, Baiser, A prendre, Brûle... quatre albums aux titres évocateurs dont les maux rentrent et sortent de partout. Dans son écriture, Christophe Miossec fait preuve d'une certaine lucidité sur les choses. Une lucidité acide sur le quotidien, sur les faux-semblants, sur la politique parfois... L'économie du mot, les arrangements incisifs sur fond de folk-rock, le chant qui se cherche encore et l'habitude de faire figurer sa tête sur les pochettes ont fait de lui un personnage atypique, mais aussi l'un des chefs de file de la nouvelle scène de la chanson française, aux côtés d'autres comme Dominique A, Yann Tiersen, Luke, etc. Quant à ses prestations scéniques, on dit de Miossec qu'il est spontané.

En 2004, le chanteur sort "1964" dans lequel il a privilégié les mélodies aux textes, ce qui est une première dans sa carrière. Après de multiples collaborations avec des artistes aussi différents que Mass Hysteria, Yann Tiersen ou Joseph d'Anvers, il signe en 2006 "L'étreinte" qui s'annonce comme son plus grand succès.







Le Brestois, qui a posé son sac à Bruxelles, a testé et peaufiné in vivo, d'Ouessant à Paris, son sixième album.

Par Gilles RENAULT
QUOTIDIEN : Vendredi 18 août 2006 - 06:00

Fin septembre 2005
île d'Ouessant.
«Un truc assez folklo» 
Tenant son rang de président du fan-club officiel, c'est Philippe Deniel, dit Fifi, qui assure le comité d'accueil à la descente du bateau. Antichambre de la civilisation, ou ultime refuge, selon le sens de la navigation, l'île d'Ouessant, au large de Brest, demeure un des bouts de terre qui correspond le mieux à la personnalité de Christophe Miossec, chanteur perspicace apparu clope au bec (il en a fumé depuis plus de 150 000 selon nos estimations), au milieu des années 90. Logiquement, le Breton a donc choisi l'île du Finistère pour tester sur scène plusieurs chansons de son sixième album, dont la sortie est prévue, à l'époque, pour début 2006 (1). Cinq dates, à la fois récréatives et instructives, ont été planifiées dans des clubs de la région. Mais, à Ouessant, Miossec joue encore plus à domicile qu'ailleurs, sous la chaleur insolite des prémices automnales.
De mémoire locale, seul Soldat Louis, groupe de baloche brièvement monté par accident à l'échelon national, y avait déjà posé ses amplis. L'île compte 700 habitants et la petite salle polyvalente a vendu les 300 places disponibles pour l'événement, «toutes debout, avec quelques chaises sur les côtés pour les anciens», précise Fifi. En face du cimetière, le café-boulangerie où s'échauffe la fan-base, se montre à la hauteur de sa devise ­ «quand le bar rit, la boulangerie, la pâtisserie aussi». 
A raison d'un disque tous les deux ans ­ plus une ribambelle de CDD, en tant qu'auteur, pour Hallyday, Gréco, Birkin, Bashung, Mass Hysteria, et quelques duos plus ou moins à l'emporte-pièce ­, Miossec s'est constitué un patrimoine qui en fait l'une des personnalités les plus consistantes (et constantes) du paysage musical français, sur lequel il a posé son empreinte. Amalgame de fragilité et de hâblerie, de lucidité et de dolence, de cruauté et de délicatesse, sa griffe ne manque pas de caractère.
Exégète de la débâcle (qu'elle soit affective, idéologique, sociale, sanitaire, sportive), l'animal a en outre acquis la réputation d'évoluer à la limite du hors-jeu sur scène, où il s'est taillé une réputation ambivalente, tantôt arrimé au pied de micro comme à une bouée de sauvetage, tantôt funambule, plus volontiers chambreur que charmeur. Avec le temps, l'ex-Printemps Noir des années new wave a mis un peu d'eau dans sa pression ; mais l'esprit frondeur perdure. A Ouessant, quand la salle lui donne du «il est vraiment/Il est vraiment phénoménal», l'écho renvoie : «Désolé, on est un peu âgé. On essaye de gagner notre vie, c'est pas facile tous les jours.» Fragile matamore au sourire si désarmant, Miossec largue aussi sans préavis ses nouvelles compositions, Maman ou la Mélancolie, uniquement soutenues par le claviériste Jean-Louis Piérot et le guitariste Robert Johnson.
Les voix de l'album n'ont pas encore été enregistrées, les textes auront besoin de retouches. Le chanteur est là pour «vérifier comment les choses se passent, affiner le travail de studio», qui se déroule en Belgique. «Ça devrait être obligatoire d'essayer d'abord les chansons sur l'os, en public. Je me suis déjà tellement planté par le passé en ne le faisant pas.» 
Plus tard dans la nuit, Miossec et une poignée d'irréductibles vont s'échouer au pied du phare de Créa'ch, dont l'éclairage donne à l'écume blafarde une tonalité irréelle. Les vagues se fracassent sur les rochers, à mesure que se vident les canettes. Une fois encore, Miossec n'est plus étanche. Le lendemain matin, à l'heure de regagner la terre ferme, il est question d'une carte de crédit et d'un portable égarés, ou perdus, nul ne sait très bien.
Mi-novembre 2005
Bruxelles.
«A la bonne franquette»
Bien que la journée soit déjà très avancée, Miossec émerge à peine. La veille, anonyme dans l'assistance du Botanique, il était au concert de son pote Cali. «Ta gueule !» lui a-t-il beuglé, en toute amitié. Le videur n'a pas saisi la connivence qui existe entre les deux athlètes et le trublion a dû jouer la troisième mi-temps ailleurs. Bruxelles est le nouveau port d'attache du chanteur. Des motifs sentimentaux ne sont pas étrangers à cette implantation à peine étrangère. Madame, flamande et, par conséquent, ordonnée, occupe les étages supérieurs ; tandis que monsieur reçoit au rez-de-chaussée, très exactement conforme à l'idée «bordélique» qu'on se fait du personnage.
Hormis l'aspect privé, la Belgique lui sied aussi parfaitement du point de vue professionnel. Pias, sa maison de disques depuis toujours, est née à Bruxelles, et, excepté Jean-Louis Piérot, tous les musiciens du prochain album gravitent dans les parages. «On trouve ici une putain de gentillesse que Paris a oubliée , observe l'expatrié. A part le ménage, je mène une vie d'homme au foyer que j'apprécie avec l'âge : faire un peu de vélo, sortir acheter le journal, rentrer faire le café, descendre les disques à la cave, etc. Vue de l'extérieur, ça peut paraître ennuyeux, mais il existe une vraie forme de contentement à apprivoiser l'ennui. Et puis il y a des concerts de temps en temps, des gens que j'aime bien rencontrer, comme Jeff Bodart.» 
L'élaboration du disque a pris du retard. Après Ouessant, deux chansons sont passées à la trappe ­ «Si tu commences à t'emmerder après le premier refrain, c'est pas bon signe» . Miossec défend «l'obligation d'être insatisfait, sinon ça serait trop facile comme métier». Il faut refaire une partie du mixage, question de «dynamique», mais cela attendra début 2006. Le décalage aura au moins une incidence positive : l'Etreinte ne verra pas le jour en même temps que le nouveau Dominique A, ce qui permettra aux deux hommes, qui se connaissent, se respectent et s'apprécient, d'esquiver ces demandes d'interviews croisées, «où l'on se retrouve à raconter les mêmes conneries à la chaîne» .
Fin juillet 2006
Paris.
«J'assume»
Les dés sont jetés et la vie promotionnelle reprend son cours dans un bistrot en bordure du quartier du Marais. La veille, Miossec a chanté sur les berges avec le groupe belge Zita Swoon, dont le leader, Stef Kamil Carlens, occupe une position stratégique dans l'habillage de l'Etreinte . Guitare, piano, cordes, scie musicale, vibraphone, le Miossec nouveau est très orchestré, comme pour mieux suturer les affres du quotidien dont il est constellé : humiliation du chômage ( la Facture d'électricité, single efficace, cependant que rabat-joie), fierté anéantie du cocu, histoire pathétique de coucherie tarifée ( Quand je fais la chose, modèle d'écriture cinglante), illusions perdues ( la Mélancolie, «c'est communiste, tout le monde y a droit de temps en temps», imparable).
Une fois encore, la première personne du singulier n'est pas épargnée, jusqu'aux limites de l'introspection atteintes par Maman  («quand on commence à écrire un texte qui s'appelle ainsi, ça devient dangereux»). Toutefois, le quadra, qui persiste à se définir comme un «chansonnier faisant de la chansonnette», à califourchon entre «éthique et business», certifie en garder sous la semelle : «On parle souvent du côté impudique de mes textes, mais je suis au frein à main. Et si, un jour, je lâchais les chiens, ça deviendrait complètement punk.» 
Aujourd'hui, Miossec assure que l'Etreinte est son «meilleur disque». «Je suis même capable de l'écouter le soir, au casque. Ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant. Comme un prolongement de Boire [l'album qui l'a révélé, en 1995, ndlr], qui gardait certains côtés ados, je le trouve abdominal, avec une tonicité perceptible jusque dans les passages calmes.» Il attribue ce sentiment de plénitude à la collaboration étroite avec Jean-Louis Piérot, pour l'écriture, à Plouescat, puis à la rencontre avec des musiciens comme Stef Kamil Carlens ou Faye Lowsky, qu'il a laissés «énormément improviser, en totale confiance» . Début novembre, il reprendra la route, en principe avec les Zita Swoon, dont il se verrait bien assurer la première partie : «Au moins, avec eux, je suis sûr que les gens en auront pour leur argent ! Mais bon, on va quand même se bouger le cul. Et si on se plante, tant pis, ça ne reste jamais que de la musique.»

(1) CD, l'Etreinte , Pias (sortie le 21 août). En tournée française cet automne.



                                        © Cityvox


28/01/2008
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