Alain YVER

Alain YVER

MOGWAI (partie 1)

MOGWAI






LEUR SITE
http://www.mogwai.co.uk/

http://www.google.fr/search?q=mogwai+youtube&hl=fr&safe=off&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&sa=X&ct=broad-revision&cd=2&ie=UTF-8


Originaire de Glasgow, Mogwai pratique un rock essentiellement instrumental, alternant le chaud et le froid. A de longues plages mélodiques et mélancoliques, peuvent succéder des passages toutes distortions dehors. Ce côté 'white noise' est particulièrement présent lors des concerts de ces cinq écossais.





Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will (2011)

http://www.desoreillesdansbabylone.com/2011/02/mogwai-hardcore-will-never-die-but-you.html

Étrange titre sentencieux pour le septième album studio de Mogwai, deux ans après The Hawk is Howling. Les membres du groupe révèlent l'avoir pioché dans l'invective d'un ivrogne ce qui peut expliquer toute absence de signification au regard du contenu du disque. Une chose est sûre, il est la preuve de quelques changements chez nos cinq Écossais. D'abord, le retour du producteur de leur premier album studio, Paul Savage. Puis un changement de label pour la distribution américaine : Sub Pop -dont la liste de bons groupes produits est faramineuse (Low, Earth, The Album Leaf…)- succédant ainsi à la tâche de Matador.

Si l'on pouvait avoir des doutes sur la propension de Mogwai à se renouveler, Hardcore Will Never Die… y met fin. Au risque de perdre ses fans les plus mogwaiesques, le groupe prouve ici sa capacité à se réinventer en se détachant de l'étiquette "post-rock" -dont ils ne se revendiquent d'ailleurs pas- pour s'accorder de nouvelles influences : electro voire dance. Pourquoi un tel revirement ? Sans doute à cause des productions de leur propre label (Errors notamment). Sans compter le goût prononcé pour l'electro de Stuart Braithwaite (guitare, chant) et Barry Burns (guitare, claviers), devenus dj à leurs heures perdues. Pourtant cette évolution n'est peut-être que la suite logique de l'introduction des sons électroniques entreprise par Mogwai dès Rock Action en 2001 et concrétisée sur Happy songs for happy people (2003).

Les deux premiers titres donnent la couleur : les nappes de sons progressives de "White Noise" nous évoquent le Mogwai des premiers albums alors que le beat et la basse véloce de "Mexican Grand Prix" révèlent un véritable changement. Tout le disque est balloté de cette manière, alternant des morceaux "traditionnels" du quintette et des titres au souffle nouveau. Les sonorités qui avaient marqué un changement dans The Hawk is howling sont toujours bien présentes (orgue électronique, synthétiseurs) même si l'ambiance du disque s'avère totalement différente, moins mélancolique et plus spontanée. Le chant a même sa place sur certains titres, toujours sous l'effet du vocoder (rappelez-vous "Hunted By A Freak").

En tout cas, que l'on se rassure, les cinq écossais sont encore habiles pour nous embarquer et nous tenir en haleine sur des morceaux progressifs de six minutes ("Death Rays", "How To Be A Werewolf"). Habiles également pour façonner des ambiances planantes à l'explosion imminente ("Too Raging To Cheers"). On a juste affaire à quelques morceaux entraînants ("Mexican Grand Prix", "San Pedro") voire carrément surprenants ("George Square Thatcher Death Party"). Et puis, en guise de final, le sombre "You're Lionel Richie" n'est pas sans évoquer le drone avec un riff de guitare digne de ceux du groupe Earth.

En bref : on pourra reprocher à cet opus de manquer de cohérence, d'être trop hétérogène ou alors on lui sera reconnaissant d'avoir su faire la part belle entre le Mogwai d'antan et les prémices (?) d'un renouvellement.








La transe lente et extatique des lives de Mogwai, filmée en noir et blanc dans un Brooklyn qui fait silence au son de la musique du groupe écossais. Sublime.

Pas d'explications superflues, d'interviews parasites, de paroles inutiles. Simplement 48 minutes en compagnie de Mogwai et de son rock atmosphérique, en live. La nostalgie du groupe écossais, guitares endolories, basses entêtantes et batterie sans concession, se déploie sous la caméra de la Blogothèque. En gros plans dans un noir et blanc fortement contrasté, presque stroboscopique, les musiciens penchés sur leurs instruments dodelinent doucement. Dans la foule, des filles sourient aux anges, des visages sont extatiques, des couples s'enlacent. Le grain de la photographie, très présent, rend l'image épidermique surtout lorsque la caméra s'attarde sur des mains et des bouts de visages. Quelques plans volés d'un New York cotonneux émaillent le documentaire, rappelant quelque peu la photographie de Michael Ackerman; des petites filles font de la corde à sauter au ralenti dans une rue inondée de soleil, de faux pandas géants traversent cette irréalité brumeuse. Burning, le chant du cygne de Mogwai, s'achève, comme il se doit, sur le titre Batcat, et un concert de larsens assourdissants. Le cri des étoiles qui meurent.  
Special Moves/Burning, Mogwai (Rock Action).








Mogwai:"On est des geeks de 15 ans coincés dans des corps d'hommes de 40 ans"
Par Ornella Lamberti (LEXPRESS.fr), publié le 14/02/2011


A l'occasion de la sortie d'un nouvel album à fleur de peau, le guitariste Stuart Brainwaithe et le bassiste Dominic Aitchison torpillent le mythe Mogwai dans la joie et la bonne humeur.

D'où vient ce titre : "Hardcore will never die, but you will" ("Le hardcore ne mourra jamais, mais toi oui")?

Stuart Brainwaithe: Un de nos amis a entendu un jeune homme le dire à un commerçant qui refusait de lui vendre du vin. Il parlait certainement de la techno hardcore.  

You're Lionel Richie, The sun smells too loud, Thank you space expert... Vos titres de chansons sont toujours quelque peu hermétiques.

S.B.: Pour la plupart, ils sont stupides, ne signifient rien et n'ont souvent pas de rapport avec la chanson en question. C'est un processus de création aléatoire.  

Dominic Aitchison: Dès qu'on entend ou voit quelque chose, on prend des notes. Car on est souvent en panne de titres.  

S. B.: D'ailleurs, Dominic nous envoie souvent des mails de son iPhone pour nous suggérer une centaine de très mauvais titres !  

D. A.: Même quand on chante, c'est n'importe quoi. On improvise à chaque concert. Parfois, ce sont des grossièretés déguisées comme pour la chanson Hunted by a freak.  

Vous pouvez me créer un titre, là, maintenant, tout de suite?

S. B.: Non, il est trop tôt le matin. Tiens, ça ferait un bon titre:"Too early in the morning".  

D. A.: "Pas assez de café".  

Quel effet cela vous fait de voir des gens rentrer en transe durant vos concerts?

D. A.:Je ne fais pas du tout attention au public quand je joue. Je suis concentré. J'essaie de jouer du mieux que je peux car je ne suis pas très bon musicien!  

S. B.: Je pense que si tu fais de la musique c'est que tu veux toucher les gens, quelque part. Donc, c'est un merveilleux sentiment.  

Est-ce que la musique est en quelque sorte une religion pour vous?

S. B.:La musique est une communion collective. Et je pense que certaines personnes vont écouter de la musique parce que d'autres les y encouragent: en cela, c'est une religion.  

Pourquoi vos concerts s'achèvent-ils sur un déluge de larsens?

D. A.:On ne le fait pas à chaque fois. Ce n'est pas délibéré. On le fait quand les gens sont vraiment contents du concert ou quand, au contraire, notre performance était vraiment mauvaise!  

Vous avez déjà travaillé pour le cinéma, notamment sur le film de Douglas Gordon Zidane, un portrait du XXIe siècle. Y aurait-il un film dont vous aimeriez refaire la musique?

S. B.:Celle d'E.T. Elle est vraiment mauvaise.  

D. A.:La pire musique de film c'est celle de Legend avec Tom Cruise.  

E.T, Mogwai... Pourquoi aimez-vous tant les créatures bizarres?

S. B.:Parce qu'on est immatures! Nous sommes des geeks de 15 ans coincés dans des corps d'hommes de 40 ans.  

Si vous deviez refaire le son d'une créature, laquelle choisirez-vous?

S. B.:Le Minotaure, car il est sous-représenté.  

Quelle est votre chanson parfaite?

S. B.:The Passenger d'Iggy Pop. Je ne sais pas pourquoi je l'aime mais je l'aime.  
 

D. A.:Indivisible de Lung Fish. C'est juste une ligne de guitare, très simple, répétée ad lib. C'est très beau.  
 

Quelles images vous viennent à l'esprit quand vous écoutez votre musique?

S. B.: Rien de poétique pour être honnête. Nous considérons notre musique de manière très pragmatique. Parfois nous sommes "happés" par notre musique mais certainement pas autant que notre public peu l'être.  

D. A.: Les seules images qui me viennent en tête sont celles de l'enregistrement des morceaux. Je me souviens surtout de l'enregistrement du premier album : John (Cummings, ndlr) avait pris l'habitude de ramener du surimi et le studio empestait. C'est surtout pour ça que je m'en souviens.  

Mais vos chansons provoquent énormément d'émotion.

S. B.: Au bout d'un moment, on sait si la chanson fonctionne ou pas. Et puis, si on s'investit émotionnellement, on sera trop occupés à pleurer pour composer correctement ! On est obligés de devenir comme un policier qui aurait sauvé un bébé et qui, plutôt que de se préoccuper de la santé du pauvre enfant, vérifierait que les bras sont encore bien attachés au tronc !

En résumé, peu de choses ont du sens dans votre musique et vous créez dans la puanteur de poisson. Vous venez de détruire un mythe!

S. B.: Désolés. On est trop honnêtes. Les gens s'attendent à une certaine image de nous et, généralement, ils sont déçus! (Rires).   








L'histoire de Mogwai débute à Glasgow (Ecosse) en 1995, autour de Stuart Braithwaite (guitare), Dominic Aitchinson (basse), Martin Bulloch (batterie), John Cummings (guitare), et Barry Burns (claviers, programmation, guitare, flûte). Influencés par des groupes tels que Joy Division, The Cure, Slint, Pixies, The Jesus & Mary Chain, ou encore My Bloody Valentine, les cinq écossais vont se positionner en véritables pionniers d'un mouvement faisant la part belle aux ambiances instrumentales, progressives, et explosivement noise : le post rock.
  Dès ses premières années d'activité, Mogwai révèle son attrait pour les formats courts en sortant pas moins de sept EPs et autres Splits jusqu'en 1997. Ten Rapid vient alors rationaliser le tout en compilant ces morceaux dispersés de part et d'autres au sein d'un même album, mais c'est à la fin de cette année 1997 que s'effectue leur véritable début discographique avec le très remarqué Young Team. Le prestigieux label indie américain Matador s'empresse de signer le phénomène, percevant illico le potentiel de ce rock aux structures particulières, tout comme le célèbre animateur radio de la BBC John Peel qui ne cesse d'inviter le combo au sein de ses studios. Suite à la sortie de l'album de remixes Kicking A Dead Pig, Mogwai remet le couvert en 1999 avec Come On Die Young, son deuxième longue durée. Le succès est à nouveau au rendez-vous et permet donc au quintet de parcourir le monde, mais il va susciter également de nombreuses vocations pour le post rock dans tous les pays qu'il traverse.
  L'an 2000 marque la sortie de EP+6, dont le but affiché était de réunir sur un même disque les différents EPs que le groupe a sorti jusqu'alors, ainsi que la création de leur propre label : Rock Action Records (qui a notamment signé le leader japonais du screamo qu'est Envy). Sa dénomination sociale sera d'ailleurs choisie par Mogwai pour sa troisième livraison l'année suivante. Après l'avoir plus que décemment défendu sur scène, il est temps de retourner en studio et c'est ainsi que Happy Songs For Happy People voit le jour en 2003.
  En dépit du succès, Mogwai reste fidèle à ceux qui ont cru en lui à ses débuts, en particulier John Peel. Sorti quelques mois avant le décès tragique de l'animateur en 2005, Government Commissions a pour objet de regrouper les meilleurs moments captés dans l'enceinte des studios mythiques de la BBC.
  Puis les post rockers gagneront le Castle Of Doom de Glasgow quelques mois plus tard. Entre avril et octobre 2005, ils travaillent en effet d'arrache-pied à l'élaboration de leur cinquième album en compagnie du producteur Tony Doogan, qui avait déjà officié sur les deux précédents opus, et du compositeur/arrangeur Craig Armstrong. C'est au mois de mars 2006 que Mogwai accouche finalement de ce Mr Beast.

The Hawk Is Howling ( 2008 )

Ça fait des lustres que Mogwai ne se pose plus de questions métaphysiques, ni même physiques, sur la contenance de sa musique. Les écossais arrosent et taillent leur lichen sonore dans leur propre jardin, au grès des courants et des vents, parfois contraires, souvent inspirés. The Hawk Is Howling est la branche qui réaffirme avec insistance que les gaziers cultivent définitivement ce qu'ils veulent, sans se soucier des potentiels commentaires extérieurs à leur cercle.

Placée en orbite par le spectre de Jim Morrison ("I'm Jim Morrison, I'm Dead"), cette nouvelle frise irisée prend racine comme la plupart de ses aînées, par un morceau Mogwai pur sang, aérien, stratifié, feutré et massif à la fois, s'épaississant progressivement. Largement prévisible, mais tout aussi largement efficace. La suite fait immédiatement resurgir l'ombre noisy de Mr Beast. "Batcat", pilier du Batcat EP sorti parallèlement à The Hawk Is Howling, est l'antithèse du silence. Chaque atome de vide est parasité par un artifice de larsens et une rythmique implacable. Pour sûr, le feu sur scène avec ce delta final cathartique et ultra-bruitiste. Outre la qualité intrinsèque de cette paire introductive, difficile de ne pas songer à un coup fourré synonyme d'un best of de chutes de studio. Malgré quelques réminiscences évidentes (Mogwai joue toujours du Mogwai), la suite jette finalement son dévolu ailleurs et permet d'infirmer cette hypothèse de vieux briscard dominical.
C'est ainsi que les ailes déployées et les plumes bien lissées, le volatile décolle vers des contrées aux ondes radiophoniques saturées par la pop des 80's. Les claviers grignotent alors quelques couches sonores, puis inoculent leurs pigments jusqu'à s'approprier la couleur primaire d'une bonne poignée de compositions. Quoi qu'il en soit, Mogwai peint toujours, et majoritairement, le morose et le mélancolique ("Scotland's Shame", "Kings Meadow"). Puis, et c'est nouveau, dessine le soleil sur le surprenant "The Sun Smells Too Loud". Pas celui parcouru de magma et d'explosions célestes, mais celui que tu as toi-même forcement dessiné un jour, la langue au coin des lèvres, sous une bande de ciel bleu turquoise, au feutre jaune poussin tout neuf (presque acheté pour l'occasion). On s'y fait à ce morceau. On le dédaigne au début, pour finalement lui lâcher de gros sourires. Un peu comme ce nouveau disque en somme, exclusivement instrumental et nuancé aux synthétiseurs. On y revient sans cesse, comme les nuées de papillons de nuits se rapprochant inexorablement des halos nés de la lueur blanche des lampadaires.

En fin de compte, Mogwai est toujours ce faucon, véloce et puissant ("I Love You, I'm Going To Blow Up Your School"), qui rode et décide lui seul de son plan de vol, un peu au dessus de la mêlée.
Senti
A écouter : I'm Jim Morrison, I'm Dead - I Love You, I'm Going To Blow Up Your School - Scotland's Shame

Mr Beast ( 2006 )

  Près de dix ans après sa création, qu'en est-il aujourd'hui du post rock ? Une question qui se pose pour bon nombre de genres passée cette période, a fortiori quand le nombre de groupes explose et que ceux-ci peinent à s'affranchir des codes élaborés par leurs leaders. La réaction naturelle au moment de l'essoufflement d'une scène consiste alors à se tourner vers ces même leaders, dans l'attente d'une nouvelle dynamique, d'un nouvel élan à impulser. Mogwai se trouve irrémédiablement confronté à cette pression à l'heure de son cinquième album, d'autant que le groupe a essuyé bon nombre de critiques après le fondateur Young Team, fondées notamment sur une certaine linéarité de ses albums, un confort dans lequel les écossais se seraient lentement installés. Une stagnation discographique ô combien irritante pour eux vu l'excellente réputation "live" dont ils bénéficient. Ce Mr Beast s'avère donc décisif, puisqu'il n'est, ni plus ni moins, que l'album de la remise en question.

  Mais Mogwai ne manque pas le rendez-vous et opère un retour aux sources payant. Le groupe réussit en effet le pari difficile de revenir à ses influences de toujours pour nous offrir une sorte de "Mogwai prime", celui qui aurait virtuellement emprunté une autre voie au moment de sa création. Tout cela se traduit par une volonté de privilégier l'efficacité du "live", avec des morceaux plus courts qu'à l'accoutumée (ils ne dépassent pas les cinq minutes en moyenne) et centrés sur l'essentiel. Ne pas se caricaturer en somme, et ne plus se concentrer sur le sacro-saint schéma des jolis arpèges en crescendo conduisant au mur de saturation.

  Le quintet britannique bouscule littéralement ses acquis avec le noise impétueux de Glasgow Mega-Snake, très rythmé, et qui s'offre même un break heavy quasi-métal. Une violence exacerbée et inédite pour Mogwai, qui se fait en outre désespérée sur We're No Here, lent, poignant comme un titre de post hardcore.
  Par ailleurs Mr Beast ne délaisse pas l'aspect électro-rock que le combo affectionne tant. Mais ces titres sont beaucoup plus approfondis que par le passé, plus riches, et de fait plus imagés. Il en va ainsi sur Acid Food, paisible morceau agrémenté de pedal steel dans un esprit très Team Sleep, ou encore Auto Rock qui ouvre l'album avec son feeling asiatique. Les superbes mélodies de piano de Craig Armstrong prennent leur envol sur ce titre, alors que Martin Bulloch pilonne de plus en plus sa batterie avec l'intensité progressive de l'astre solaire émergeant. Mogwai développe également son côté plus contemplatif avec des pistes d'une précieuse délicatesse, tels Emergency Trap, Friend Of The Night et ses guitares singeant les mélodies d'une boîte à musique, ou encore I Chose Horses. Cette dernière bénéficie grandement des déclamations poétiques de Testuya Fukagawa (chanteur d'Envy, les protégés screamo de Mogwai signés sur Rock Action Records) dans sa langue natale, ajoutant par conséquent un bonus émotionnel vraiment bien senti.

  On retrouve tout de même le schéma post rock classique sur Folk Death 95, morceau qui rappelle les meilleurs moments de Rock Action et qui ne déstabilisera donc pas les habitués. De plus, Travel Is Dangerous le décline pertinemment selon la structure nouvelle pour le groupe du couplet/refrain, les guitares y accompagnant à merveille le chant éthéré de Barry Burns.

  Mogwai a donc sérieusement fait le point à l'aube de ses dix ans de carrière. Mr Beast l'atteste en proposant un album varié, vivant, et surtout homogène. Il dispose ainsi de toutes les qualités pour réconcilier le groupe avec les déçus des opus précédents, pour raviver la petite flamme des inconditionnels, et qui sait ? convertir de nouveaux adeptes.

Jokito

Ecouter : Deux titres (Acid Food et Friend Of The Night) sur la page MySpace du groupe.
A écouter : Auto Rock, Glasgow Mega-Snake, I Chose Horses, We're No Here.

Young Team ( 1997 )

  1997, l'année qui a vu se lever deux des plus grands groupes de l'histoire du post-rock. Deux blocs aux couleurs sombres formés de silences gênants et d'autant d'envolées psychédéliques que de chutes amères dans le bruit le plus tumultueux. Deux visions différentes et complémentaires des arcanes les plus mélancoliques d'un genre qui sembla dès lors voué à propager l'amertume. C'est que ces deux pierres angulaires du style sont à des lieux des ritournelles d'enfants gâtés de Explosions in the Sky. Je parle d'abord de f#a#∞ signé Godspeed You! Black Emperor. Et de ce Young Team.

  Si l'un est hanté par les orchestrations les plus symphoniques, le second est brutalement rock. Chez les écossais donc, c'est la basse qui tranche, les guitares qui sifflent et la frappe d'une batterie qui semble échapper au marasme ambiant et contagieux qu'un piano déprimé amène dans ses esgourdes. Et il y a ses samples, discussions placées en toile de fond, mystérieuses. L'ambiance est urbaine, et maladive, on erre dans des rues ternes sous un ciel grisâtre, et oui, nous sommes loin de la maison. A attendre seul l'orage qui viendra animer notre ennui. Lui il arrive Like Herod, en grandes pompes pour mieux nous martyriser hors de ce calme pesant de coups de tonnerres écrasants. Puis la fureur des guitares se lasse et le beau temps revient, mais c'est un Summer souffreteux qui s'offre à nous et contamine à son tour. La basse danse et l'hypnose reprend. Et on est happé par cette musique léthargique, qui semble aller nulle part, qui s'engourdit dans le martèlement de ses mélodies tandis qu'on s'enfonce progressivement dans ces tristes mélopées. Ainsi R U Still In 2 It pourrait faire office de ballade soupirée pour un amour perdu, plus fragile encore que le reste.
 
  Et on se laisse balloter, au vent, à la tristesse qui nous tient, aux variations langoureuses des thèmes de cette musique, qui redevient chaotique (With Portfolio), qui culminent au bout du chemin dans une longue tirade épique, qui nous laissera à bout de souffle à coup sûr. Vous reconnaissez ce malaise ? C'est que sur le fond f#a#∞ et Young Team, albums phares se recoupent totalement. Pourtant, ils se tiennent tout deux avachis de différentes manières, avec deux allures uniques qui cristallisent leur malheur. Et Mogwai refuse l'abattement contemplatif. L'animal sait sortir les crocs sans même qu'on le mouille, et sait s'accrocher à sa dynamique et à sa spontanéité rock étourdissante. Elle veille pour sauver ses partitions les plus désolées lorsque l'hypotension menace.

  Alors si les Québécois et leurs penchants névrosés pour les airs solennels et dramatiques vous ont fatigués, venez sous le ciel gris de Glasgow, vous y verrez qu'ils n'ont pas que le scotch whisky pour diluer leurs malheurs...








Mogwai est un groupe de musique écossais formé en 1995 à Glasgow et qui est devenu un des groupes les plus influents et les plus exposés de la scène post-rock, et ce dès leur très remarqué premier album Young Team en 1997.
En grande majorité instrumentales, leurs chansons sont basées le plus souvent sur une ligne de basse ou de guitare, à laquelle sont apportées au fur et à mesure des variations du thème et autres couches sonores en tout genre. Toujours sur le fil, ces compositions oscillent entre ambiances atmosphériques et violence sonique (leurs concerts se finissent en général dans un chaos complet, sous une pluie de larsen).

Leur nom provient des créatures du film Gremlins. Stuart Brainwaithe à ce sujet, dira qu'"il n'a pas de sens particulier, et nous avons toujours eu l'intention d'en trouver un meilleur, mais comme beaucoup d'autres choses, nous ne l'avons jamais fait".

Originellement signés sur le prestigieux label indépendant Chemikal Underground, ils sont également distribués par Matador aux États-Unis, et Play It Again Sam au Royaume-Uni. Ils possèdent également leur propre label, Rock Action, surnom du batteur des Stooges, Scott Ashton.

Le groupe fait ses débuts en février 1996 avec le single « Tuner/Lower ». À la fin de cette même année, ils se voient décerner le titre de « single de la semaine » par NME pour le titre « Summer », exploit réitéré en 1997 avec « New Paths to Helicon. »

Après avoir joué quelques concerts, le groupe s'agrandit avec l'arrivée d'un nouveau guitariste, John Cummings, et de Brendan O'Hare (de Teenage Fanclub) à la batterie, lors de l'enregistrement de Young Team, leur premier album. L'album, qui comporte également une collaboration avec Aidan Moffat, du groupe The Arab Strap, paraît en octobre 1997 et se hisse au 75e rang des ventes d'albums au Royaume-Uni.

En 1998, l'EP de remix « Fear Satan » et le single de reprises de Black Sabbath (partagé avec Magoo) atteignent respectivement la 57e et la 60e place des ventes d'albums au Royaume-Uni. La même année est publié Kicking a Dead Pig, album qui comprend des remix des titres du groupe par des artistes tels que Kevin Shields, Alec Empire ou encore -ziq.

En 2001, leur album Rock Action leur permet d'atteindre leur meilleur classement (pour un album) dans les ventes de disques, en se hissant à la 23e place.

En 2006, le groupe compose la bande originale du film Zidane, un portrait du XXIe siècle. La même année, le groupe collabore avec Clint Mansell sur la bande originale du film The Fountain.

En 2008, l'EP Batcat comporte une collaboration avec Roky Erickson, qui chante sur le titre Devil Rides. Suivra la parution de leur 6e album, The Hawk Is Hawling.

En 2010, le groupe annonce la sortie de leur premier DVD live (Burning, présenté en avant-première au Glasgow Film Festival en février 2010), et de leur premier album live (Special Moves). Tous deux sont issus des enregistrements de leurs concerts à Brooklyn, lors de la tournée américaine 2008-2009.

En septembre 2010, Mogwai signe avec Sub Pop pour leurs futures sorties en Amérique du Nord.

Le 27 octobre 2010, le groupe annonce son 7e album studio, Hardcore Will Never Die, But You Will, qui est paru le 14 février 2011.

 Particularités

L'une des particularités du groupe, vient des titres de nombre de leurs chansons, souvent mystérieux, et parfois même dénués de sens. Dans le documentaire The recording of 'Mr. Beast' de Peter Martin Smith, les membres affirment que ces titres n'ont aucune signification délibérée[2].

   1. Å™ Mogwai Homepage [archive] : Hardcore Will Never Die, But You Will
   2. Å™ http://www.mowno.com/interviews/interview-mogwai-le-discours-dun-roi/ [archive]








Mogwai : l'interview mauvais goût
13 Août 2011
Par Bethsabée Krivoshey

Route du Rock 2011 : on a réussi à choper Stuart Braithwaite, le guitariste du groupe de rock écossais Mogwai, afin de lui poser les pires questions du festival. Glamour.com vous présente en exclusivité "l'interview mauvais goût".



Tu préfères ton père ou ta mère ?
(Il éclate de rire.) Je ne peux vraiment pas répondre à cette question ! Y'a pas moyen que je choisisse entre mon père et ma mère, je les aime tous les deux !

D'accord. Quel est le groupe ou la star qui te rend jaloux ?
Je ne crois pas que quelqu'un me rende jaloux, sauf peut-être quelqu'un qui joue vraiment très bien… Bon, ça peut arriver que je sois jaloux d'un très bon chanteur, parce que je ne suis pas un très bon chanteur, je pourrais être jaloux de quelqu'un comme Léonard Cohen, parce que c'est un très bon chanteur, et qu'il a une super bonne présence sur scène, et pleins d'autres choses… Oui, je suis jaloux de lui !

Quel est le groupe que tu ne voudrais jamais être ?
Probablement U2. Ils sont trop cul-cul la praline et je déteste leur musique.
Ce n'est pas parce que vous êtes Écossais et qu'ils sont Irlandais ?
Non, j'aime les Irlandais, mais juste je n'aime pas U2.

Combien tu gagnes ?
(Il explose encore de rire…) Je ne sais pas !
Mais tu as bien une idée de combien tu gagnes... Je ne sais pas ! Je ne répondrais pas à cette question ! Ca suffit !
T'as une belle voiture ? J'ai une voiture pourrie !
Tu pourrais acheter un appartement à Londres, demain, par exemple ? Non !
Tu devrais faire un crédit pour t'en acheter un ? Oui, vraiment. Ou peut-être je pourrais acheter un appartement vraiment pourri.
Dans les banlieues qui brûlent ? Oui, un appartement cramé jusqu'à l'os !

Le pire conseil que t'ait donné ta maison de disque ?
C'est facile, il y en a tellement… Je me rappelle qu'une fois, ils nous ont conseillé de faire une interview en kilts pour le magazine NME. On a dit non. Heureusement.

La pire chanson sur laquelle tu as roulé une pelle ?
Je devais certainement être trop occupé, je ne devais pas vraiment y penser sur le coup…

L'album pour faire l'amour ?
C'est pour quel magazine déjà l'interview ?! Glamour ?! (Il explose encore de rire.) Probablement quelque chose de doux, je ne sais pas… Tu me fais rougir ! Peut-être Nico ou quelque chose dans le genre.

Tu t'es tapé combien de groupies ?
Aucune groupie. Depuis quand Mogwai a des fans de sexe féminin ?

Qui a été choisi pour son look dans Mogwai ?
Personne.

La chanson ridicule que tu adores ?
Certaines chansons pop. Par exemple, j'adore cette chanson de Britney Spears, Till the world ends, c'est une bonne chanson.

Quel est ton mauvais livre préféré ?
J'adore les comics, y'a pas mal de gens qui trouvent ça mauvais, moi j'adore.

Penses-tu que Bob Dylan mériterait le prix Nobel de littérature ?
Oui !

Si t'étais un sous-vêtement, tu serais quoi et à qui ?
Je serais la culotte d'une belle actrice, par exemple celle de Scarlett Johansson.

Est-ce que tu ferais une chanson avec Beyoncé ?
Oui. D'ailleurs quelqu'un a fait un remix de l'une de nos chansons à partir d'une cover de Black Sabbath qu'on a fait, Sweet Leaf, et une chanson de Beyoncé, je ne sais plus laquelle, celle où elle est en bikini doré dans le clip… Et ça sonnait bien.

Quel est le pire truc que t'ais fait pour réseauter ?
Je n'ai pas d'anecdote précise, mais j'ai déjà été sympa avec des gens avec qui, en vrai, je n'avais pas envie d'être sympa. Ce genre de choses.

Est-ce que t'as déjà menti sur ta spiritualité ?
Oui ! Carrément ! Je suis sûr que tous les mecs le font. (Rires.)

Quelle est l'amitié intéressée que tu aimerais développer ?
Je ne vois pas trop qui, sans doute quelqu'un de dégueu qui a une grosse mansion à Hollywood où je peux squatter… Mais là, tout de suite, je n'ai pas de noms. J'aurais besoin d'une semaine de réflexion, je n'ai jamais vraiment pensé à ça, mais au bout d'une semaine j'aurais sans doute la réponse parfaite ! Je trouverais bien quelqu'un qui a pleins de « trucs » pour copiner !

Et enfin : tu préfères ta guitare ou ta copine ?
Je suis en tournée depuis longtemps, alors je choisis ma copine !

http://www.glamourparis.com/culture/actu-musique/articles/mogwai-l-interview-mauvais-gout/8929/page/2





15/05/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres