Alain YVER

Alain YVER

MONDRIAN

  MONDRIAN







site officiel de Mondrian
http://www.mondriantrust.com/


Mondrian et bien d' autres peintres, explication techniques de leurs travaux.
http://www.kandaki.com/CM-media.php?cat=1&aut=16



VICTORY BOOGIE BOOGIE, (1943/1944) la dernière toile de Mondrian, qui resta inachevé.


  





Nouveau monde

Par Alfred Pacquement,
Directeur du musée national d'art moderne

Parmi les avant-gardes européennes, le mouvement De Stijl constitue une clé de lecture pour la compréhension des sources du mouvement moderne au 20e siècle. Malgré le rayonnement artistique de ses acteurs, parmi lesquels ses fondateurs Piet Mondrian, Theo Van Doesburg et Gerrit Rietveld, cette « plate-forme » d'avant garde n'avait jamais fait l'objet d'une grande rétrospective en France. Le Centre Pompidou consacre, à partir du mois de décembre, une exposition inédite à cet instant crucial qui vit naître la modernité à travers les parcours croisés de sa figure magistrale, Mondrian, et du mouvement De Stijl.

C'est en 1918, une année après la fondation officielle du groupe et la publication du premier numéro de la revue qui diffuse et rend publique la doctrine du mouvement, que les créateurs du Stijl synthétisent leur vision esthétique et sociale commune : le premier manifeste appelle à un nouvel équilibre entre l'individuel et l'universel et milite pour la libération de l'art des contraintes du culte de l'individualisme. Le Stijl, vision utopique et engagement dans la production du réel du monde industriel, prend ses sources à la fois dans la philosophie de Spinoza et dans le mouvement théosophique alors largement répandu en Hollande. Autour des trois figures centrales, Mondrian, Van Doesburg et Rietveld, le noyau originel du mouvement est riche d'autres membres : les peintres Bart Van der Leck, Georges Vantongerloo et Vilmos Huszar, les architectes J.J.P. Oud, Robert van't Hoff et Jan Wils, le poète Anthony Kok, rejoints ensuite par le graphiste Piet Zwart et l'architecte urbaniste Cornelis
Van Eesteren.
Durant les quatorze années de son existence, le mouvement transdisciplinaire offre une transcription formelle, plastique, picturale et architecturale des principes d'une harmonie universelle, et la met en oeuvre. La peinture, la sculpture, la conception de mobilier et le graphisme, l'architecture et bientôt l'urbanisme sont les supports de cette expérimentation conduite simultanément. Pluridisciplinaires, les productions du Stijl le sont par nature, outrepassant les cloisonnements traditionnels et académiques entre arts majeurs et mineurs, entre arts décoratifs, architecture et urbanisme : « de l'esprit à la ville ».
La spatialité de l'oeuvre d'art passe progressivement du statut de support d'analyse du monde à celui d'agent de construction de l'environnement social et politique de la ville. À ce titre, elle constitue une expérience du monde, elle ordonne le monde et donne corps à la communauté ; elle configure et rend possible l'équilibre entre l'individuel et le collectif, entre le rationnel et le sensible, entre le savoir et le faire, entre le spirituel et le matériel. Il s'agit en priorité pour le Stijl d'inventer un langage formel qui répond aux enjeux de la société industrielle au lendemain de la Première Guerre mondiale et de tracer les stratégies de mise en oeuvre d'un nouvel ordre sociétal. La méthode de cette vision est le néoplasticisme. Il s'agit, dans un premier temps, de radicaliser l'approche des avant-gardes contemporaines : « Les cubistes, disait Mondrian, refusent les conséquences de leur propre révolution plastique. La sensibilité moderne ne peut se réduire à l'intégration de multiples points de vue, elle doit tendre vers une langue plastique directement universelle et rationnelle ». Van Doesburg milite quant à lui pour « l'élaboration au sujet des arts plastiques des principes fondamentaux élémentaires et intelligibles par tous ». C'est par l'usage strict des couleurs primaires (bleu, jaune, rouge), du blanc et du noir appliqués en aplat, de lignes droites et orthogonales, par la limitation des formes et la géométrisation des volumes que les créateurs du Stijl inventent une grammaire formelle. L'élémentarisation du lexique formel et les proportions dynamiques repoussent les limites du tragique et donnent lieu, in fine, à une esthétique projetée comme universelle.

À Paris, un artiste qui sera l'une des figures centrales du mouvement, Mondrian, découvre le cubisme de Picasso et abandonne la peinture divisionniste ou fauve de ses débuts, marquée par des sources théosophiques ou spirituelles, pour entreprendre la recherche d'un « langage pictural universel ». Entre 1912 et 1920, il mène progressivement le cubisme jusqu'au néoplasticisme (la Nouvelle Plastique abstraite), et passe de « la réalité naturelle à la réalité abstraite ». Avec cette analyse et en décomposant la forme, il aboutit à la plastique pure, fondée sur l'établissement de rapports entre des surfaces colorées, selon une logique d'harmonie et d'équilibre. Cette dialectique horizontal/vertical, où les couleurs pures (bleu, rouge, jaune) se juxtaposent aux non-couleurs (noir, blanc, gris) dans une géométrie combinatoire, qui abolit la perspective, permet d'infinies variations. Sur ce principe, Mondrian crée, entre 1912 et 1938, une centaine de peintures, avec lesquelles il met en place sa théologie du néoplasticisme.
« Tout se compose par relation et réciprocité. La couleur n'existe que par l'autre couleur, la dimension par l'autre dimension, il n'y a de position que par opposition à une autre position. » Le tableau est ouvert et apparaît comme un fragment d'un ensemble plus vaste, portant vers un monde de métaphores. L'horizontale évoque la terre, la mer, le principe féminin ; la verticale rappelle l'arbre, le principe masculin, etc. La division de la toile en quadrilatères entre en rapport avec le cadre de l'oeuvre, avec le mur où il se trouve, avec la pièce, avec la cité. Le néoplasticisme est un monde exact qui lie l'ordre pictural à une utopie sociale, spirituelle et poétique.

Dans son atelier du 26, rue du Départ, à Montparnasse, traité comme un tableau, comme un espace d'art total, Mondrian vit sobrement et mène une activité qui conjugue des entreprises théoriques, éditoriales et commerciales, pour défendre son idéal néo-plastique et activer ses réseaux artistiques. En 1915, cet atelier sera le lieu de sa rencontre décisive avec Theo Van Doesburg. Mondrian côtoie tous les artistes qui comptent (les Delaunay, les Arp, Jean Hélion, Mallet-Stevens, Pierre Chareau et Le Corbusier, les cubistes, les futuristes, les constructivistes, les artistes dada et les abstraits…) et accueille de jeunes artistes, comme Calder venu spécialement à Paris en 1930 pour le rencontrer. À Paris, il trouve ses premiers collectionneurs, ses premiers disciples et critiques. Le 26, rue du Départ devient le point de référence d'un monde nouveau, le « poème de l'angle droit » (Le Corbusier), qui subordonne l'individuel à l'universel. L'exposition, qui montre les peintures et les dessins créés par Mondrian à Paris, reflète le bouillonnement artistique engendré par sa présence et son entreprise radicale.





Mondrian et de Stijl au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou consacre une grande exposition à Mondrian (jusqu'au 21 mars 2011)

Le père de l'abstraction géométrique est exposé avec le mouvement d'avant-garde De Stijl, auquel il a participé et qui a aussi joué un rôle essentiel dans la naissance de l'abstraction.

A la recherche d'un art total et universel au service d'un monde nouveau, ils ont inventé un langage de lignes horizontales et verticales et de couleurs primaires.

Il n'y avait encore jamais eu d'exposition en France consacrée à De Stijl (Le Style), groupe actif de 1917 à 1931 qui était tendu vers la recherche de l'harmonie universelle. Peinture, sculpture, mobilier, graphisme, architecture, urbanisme: ses membres rêvaient de faire tomber les séparations entre les disciplines pour organiser un monde géométrique, où la couleur crée l'espace.

En ce qui concerne Mondrian, l'exposition du Musée d'Orsay en 2002 était centrée sur ses premières années de création et sur sa première période parisienne (1912-1914).

Theo van Doesburg, Composition X, 1918, coll. Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, dist RMN, photo Philippe MigeatL'exposition du Centre Pompidou est divisée en trois parties. La première est consacrée aux travaux des artistes de De Stijl avant la naissance officielle de De Stijl (1917) et à l'évolution de ces peintres néerlandais vers l'abstraction. La deuxième s'intéresse au seul Mondrian, de 1912 à 1938, c'est-à-dire pendant ses années parisiennes. Des années au coeur de ce qui est essentiel dans son oeuvre, selon Brigitte Leal, une des trois commissaires de l'exposition.

La troisième partie de l'exposition se penche sur les créations du mouvement De Stijl proprement dit et à ses développements.

Piet Mondrian (1872-1944) peint d'abord des paysages dans une veine symboliste. Comme d'autres artistes, il est très influencé par la théosophie, qui a de nombreux adeptes aux Pays-Bas. Celle-ci se réfère à un ordre cosmique fondé sur des principes géométriques et des systèmes de proportion qui se veulent universels.

Une nouvelle figuration qui veut partir de la vision intérieure est illustrée par un autoportrait de Mondrian de 1908-1909. Dans Métamorphose (1908), Mondrian évoque le cycle de la vie et de la mort en représentant un chrysanthème pourrissant. Un Paysage de dunes du peintre illustre une peinture spiritualiste.

Dans des toiles encore marquées par le fauvisme les artistes créent des plans colorés séparés par des lignes. En 1908-1911, en réponse à la géométrisation du monde de la théosophie, apparaît le divisionnisme des lignes qui organise la peinture.

Une exposition des cubistes à Amsterdam en 1911 est un choc pour Mondrian et les autres artistes hollandais et va profondément les marquer.

Avant d'arriver à une abstraction "radicale", un peintre comme Bart Van der Leck abolit la profondeur et la perspective en inventant des figures "à l'égyptienne", aplaties. Il crée des tableaux sociaux (femmes de marins dans La Tempête, dockers...) dans des couleurs primaires (bleu, rouge, jaune) qui vont influencer Mondrian.

La partie de l'exposition consacrée à Mondrian s'ouvre sur une Nature morte au pot de gingembre cézannienne. Le peintre hollandais arrive dans la capitale française en 1912. Il va y développer son abstraction géométrique après quelques années sous influence cubiste.

Theo van Doesburg, Cornelis van Eesteren, Reconstitution de la maquette de la Maison d'artiste, 1982, La Haye, GemeentemuseumA côté d'un arbre de 1911 encore marqué par un lyrisme tragique (L'arbre gris), un Pommier en fleur de 1912 est plus abstrait. Mondrian développe jusqu'en 1914 un cubisme épuré, avec des plans de couleurs transparentes cernés de noir, comme des vitraux.

Pendant la guerre de 1914, Mondrian est obligé de retourner en Hollande. Il vit ce séjour dans son pays comme un exil, au cours duquel l'abstraction de ses tableaux se radicalise. Confronté à la mer, à l'infini, il peint des croix dont le mouvement évoque la houle, à l'intérieur d'une forme ovale.

Revenu à Paris après la guerre, il produit ses célèbres compositions de plans de couleurs primaires opposés à des plans de "non couleurs" (gris, blanc, noir) qui confrontent lignes horizontales et verticales. Les couleurs vont finir par être "happées par l'espace", selon les mots de Brigitte Leal. Dans des compositions de 1926-1927, il ne reste qu'un tout petit bout de bleu ou de rouge. Les lignes elles-mêmes vont se réduire au jaune dans une composition de 1933, imaginée dans un losange.

Pendant ce temps, le mouvement De Stijl développe l'idée de "néoplasticisme". Son nouveau langage pictural s'appuie sur le plan et sur les trois couleurs primaires. En 1917 paraît la revue De Stijl, dirigée par Theo van Doesburg, que Mondrian a rencontré deux ans plus tôt.

Mis à part un projet de décoration intérieure jamais réalisé, Mondrian va se limiter à l'espace de la toile, mais ses amis investissent aussi l'architecture et le design, faisant exploser les frontières entre différentes disciplines artistiques.

Le Centre Pompidou présente de nombreuses maquettes et évocations de ces projets architecturaux, voire urbanistiques, où la couleur est un élément essentiel. Parmi ceux-ci, la Maison Schröder de Gerrit Ritveld (1925) et le Café de l'Aubette (1926-1928) de Theo Van Doesburg, Hans Arp et Sophie Taueber.

L'exposition du Centre Pompidou est énorme: elles s'étend sur 2100 m2 et présente pas moins de 700 oeuvres et objets, dont une centaine d'oeuvres majeures de Mondrian, et une reconstitution de son atelier parisien du 26 rue du Départ à Montparnasse. Le lieu a aussi été immortalisé par le photographe André Kertesz dont un certain nombre de photos sont présentées.






Mondrian - De Stijl
   
Centre Pompidou, Paris
Exposition du 1 décembre 2010 au 21 mars 2011


Exposition Mondrian - De Stijl au Centre Pompidou, Paris

De 1912 à 1938, Mondrian mène à Paris sa quête d’une harmonie plastique fondée sur la tension entre la géométrie de l’angle droit et la densité des trois couleurs primaires.

Son abstraction radicale à la recherche d’une langue universelle visait à dépasser la peinture. Elle s’incarne dans le mouvement De Stijl créé en 1917 par Theo van Doesburg. Pour Piet Mondrian, Huszár, Oud, Rietveld, Vantongerloo, Bart van der Leck et bien d’autres artistes, l’utopie sociale était au bout de l’art, précisément à la pointe de son avant-garde. L’oeuvre d’art totale était la clé d’un nouveau monde, symbole et prototype d’un équilibre parfait où chaque élément s’intègre et fusionne avec l’ensemble, au sein de la communauté humaine. Cet instant crucial qui vit naître l’Europe contemporaine est le thème d’une rétrospective majeure et inédite du Centre Pompidou consacrée aux parcours croisés de Mondrian et du mouvement De Stijl.

Cette présentation s’articule en deux grands chapitres. Le premier, consacré à Mondrian, est centré sur les oeuvres, peintures et dessins créés par l’artiste à Paris entre 1912 et 1938. L’exposition montre, à travers une centaine d’oeuvres majeures, l’évolution du peintre, du cubisme au néoplasticisme, de la "réalité naturelle à la réalité abstraite" et reflète le bouillonnement artistique engendré par l’activité de l’artiste dans la capitale parisienne.

C’est, depuis 1969, la première présentation d’ampleur à Paris de l’oeuvre d’un des artistes les plus importants du XXe siècle, là où Mondrian a pourtant produit l’essentiel de son oeuvre.

Le second chapitre de l’exposition investit le territoire du groupe "De Stijl" et trace, en parallèle, l’histoire du mouvement depuis ses origines, à travers un ensemble important de peintures, dessins et photographies. L’exposition est largement fondée sur les pratiques transdisciplinaires des acteurs du mouvement autour des trois figures centrales, qui l’ont animé, Piet Mondrian, Theo Van Doesburg et Gerrit T.Rietveld, et révèle la complexité des collaborations entre les nombreux artistes qui s’y sont ralliés, peintres, architectes et designers.

A noter : à l'automne 2011, une importante exposition sera consacrée à Edvard Munch au Centre Pompidou. Elle se déroulera du 21 septembre 2011 au 9 janvier 2012.









(wikipedia)

Pieter Cornelis Mondriaan, appelé à partir de 1912 Piet Mondrian (prononcé : Pît Mon-dri-anne), né le 7 mars 1872 à Amersfoort, aux Pays-Bas, et mort le 1er février 1944 à New York, aux États-Unis, était un peintre hollandais, reconnu comme un des pionniers de l'abstraction.

Il est avec les russes Kandinsky et Kasimir Malevitch parmi les premiers peintres à s'être exprimé en utilisant un langage graphique abstrait. L'abstraction fut un courant artistique majeur du XXe siècle. La réputation de Mondrian s'est construite sur environ 250 œuvres abstraites, réalisées de 1917 à 1944.

À ses débuts, il s'est d'abord distingué comme un grand traducteur de la nature et de la lumière, que l'on peut considérer comme un successeur de Jongkind. Ainsi, Moulin au soleil (1908) peut être rapproché de En Hollande, des barques près d'un moulin (1868) tout en soulignant l'originalité de l'angle de vue et la transcendance du traitement de la lumière par Mondrian. Peu à peu, ses travaux sur la lumière et la perspective l'ont conduit vers une abstraction croissante.

Mondrian fut un contributeur très important de la revue hollandaise De Stijl fondée par Theo van Doesburg, et participa au rayonnement européen du cubisme par ses liens avec des artistes établis à Paris, comme Picasso, et par ses contributions aux expositions d'Amsterdam avant la Première Guerre mondiale. Très influencé par le cubisme, il affirma toutefois sa personnalité par une grande rigueur dans le traitement des perspectives. Il travailla à la fin de sa vie essentiellement avec des couleurs primaires : le rouge, le jaune et le bleu, qu'il associe au blanc qui lui sert de fond et au noir qui délimite les couleurs entre elles. Il a structuré ses œuvres de manière géometrique en utilisant essentiellement des formes rectangulaires.

Citations

    * « Si nous ne pouvons nous libérer nous-mêmes, nous pouvons libérer notre vision. » Écrit en 1941
    * Pour expliquer son passage du cubisme vers l'abstraction, il écrit : « Peu à peu, je me suis rendu compte que le cubisme n'acceptait pas les conséquences logiques de ses propres découvertes. »








MONDRIAN

        
De son vrai nom Pieter Cornelis Mondriaan – il changera son patronyme en 1912 à Paris pour se distinguer de son oncle très réservé à l'égard de son art -, Mondrian naît à Amersfoort et étudie à l'Académie des Beaux-arts d'Amsterdam entre 1892 et 1895, sans grand succès. Il commence par créer des paysages réalistes avant d'évoluer vers une forme de fauvisme et de divisionnisme après sa découverte de Jan Toorop, Jan Sluyters, mais aussi de Munch, de Seurat et de Van Gogh ; il remplace alors la couleur naturelle par la couleur pure : " J'en étais venu à comprendre qu'on ne peut représenter les couleurs de la nature sur la toile. " Commence alors une période de transition pendant laquelle il conjugue les couleurs du fauvisme et les formes du modern style dans Bois près d'Oele (1908), il s'interroge sur le sens du motif comme prétexte et adhère à la théosophie, voulant faire de sa peinture un langage universel (Dévotion, 1908 ; Evolution, triptyque, 1910-1911).
En 1912, il s'installe à Paris et approfondit son approche du cubisme : il a découvert Cézanne, Braque et Picasso dès 1911 et Nature morte au pot de gingembre I et II (1912) souligne ses expérimentations cubistes : une grille couvre le tableau et il s'efforce d'y inscrire toutes les figures. En 1913, il travaille en séries et crée ses premières toiles abstraites (Composition n°II). En 1914, il repart en Hollande au chevet de son père mais est contraint d'y rester deux ans à cause de la guerre : il travaille alors sur l'opposition des éléments et la combinaison des notations géométriques (les signes plus et moins représentant la mer) et du motif (Jetée et océan, 1915 ; Composition, 1916). En 1917, Composition avec lignes noires est le point d'aboutissement de cette recherche de l'abstraction.
Mondrian travaille ensuite sur la couleur, fait des essais de superpositions et de lignes (Composition avec plan de couleur A et B et Compositions avec plan de couleur en 1917) et imagine une structure linéaire organisatrice (Composition : plan de couleur avec lignes grises, 1918), qui conduit à la grille modulaire all-over (dans neuf toiles, en 1918 et 1919).
De retour à Paris en 1919, il renonce à cette grille mettant en valeur le particulier alors qu'il se tourne au contraire à cette époque vers le néoplasticisme qu'il nomme " principe général de l'équivalence plastique ". Parallèlement, ses textes évoquent une société future parfaitement équilibrée où chaque élément trouve sa justification ; son utopie architecturale, basée sur une fusion généralisée (de la maison avec la rue, de la rue avec la ville…), va dans le même sens.
Mondrian participe à toutes les manifestations de l'avant-garde européenne et en particulier aux groupes " Cercle et Carré " (1929) puis " Abstraction-Création " (1931). Il poursuit ses recherches sur le néoplasticisme, intègre dans ses compositions la notion de rythme après sa découverte du jazz, limite puis accentue le rôle de la couleur, notamment à partir de 1940 quand il s'installe à New York (New York City I, 1942). A sa mort, il laisse inachevé le Victory Boogie Woogie









Mondrian, ou la genèse de l'abstraction


Né aux Pays-Bas, Piet Mondrian (1872-1944) n'a pas été d'emblée le maître de l'abstraction que l'on connaît. Il l'est devenu à l'issue d'une évolution que retrace le musée d'Orsay en exposant 110 dessins et peintures de 1892 à 1914, dont une grande part vient du Gemeentemuseum de La Haye.

De formation académique, Mondrian se spécialise, à partir de 1902, dans la peinture de paysages des Pays-Bas (canaux, rivières, fermes, phares, églises). Déjà, il répète parfois un motif sous des aspects différents et, vers 1908, il développe l'expérimentation, notamment en simplifiant progressivement les formes. En 1911, il participe au Salon des indépendants à Paris, où sont aussi exposés les peintres cubistes, comme au Moderne Kunst Kring (Cercle d'art moderne) d'Amsterdam qui les accueille également.

Ces expériences le poussent à s'installer, de 1912 à 1914, à Paris, où il passe du cubisme figuratif au cubisme abstrait. Il s'attache à explorer le rapport entre les lignes horizontales et verticales dans la composition, avec un nombre limité de couleurs et dans des espaces à deux dimensions. En 1913, il est à nouveau aux Indépendants, où Apollinaire remarque ses Arbres, et il participe, en septembre, au premier Salon d'automne de Berlin. La guerre le surprend aux Pays-Bas, où il va poursuivre ses recherches qui le mèneront au néoplasticisme. Il séjournera à nouveau à Paris, de 1919 à 1938, avant de s'installer aux Etats-Unis en 1940.

Par Monique Perrot-Lanaud



14/08/2007
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