Alain YVER

Alain YVER

NAT KING COLE

NAT KING COLE



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Nathaniel Adams Coles — surnommé Nat King Cole — est un chanteur et pianiste de jazz et de rhythm and blues né à Montgomery, Alabama, États-Unis d'Amérique, le 17 mars 1919, et mort à l'âge de 45 ans à Santa Monica, Californie, États-Unis d'Amérique, le 15 février 1965. Il est l'un des plus grands crooners des années 1950.


Ses jeunes années

Il nait le jour de la Saint-Patrick, le 17 mars 1919. On discute souvent son année de naissance (on la donne de temps en temps comme étant 1917) mais sa fille Natalie Cole explique dans son autobiographie que son père est né en 1919. Le père de Cole, Reverend Edward James Cole Sr, et la mère de Cole, Perlina Adams, ont 13 enfants mais il n'y en a que cinq qui survivent à l'âge adulte. Son père est le pasteur à l'Église First Baptist et sa mère dirige le chœur de la même église. C'est sa mère qui encourage Cole à apprendre le piano dès son plus jeune âge.

La famille Cole déménage dans le quartier Bronzeville de Chicago. Ce quartier est au centre de la scène jazz et rhythm and blues de la ville. Nat et son frère Eddie écoutent la musique de Louis Armstrong et Jimmie Noon depuis une ruelle près de leur maison.

Il étudie le piano et l'orgue avec sa mère jusqu'à l'âge de 12 ans, et commence ses études scolaires qui comprennent beaucoup de musique classique. Il acquiert de l'expérience en jouant de l'orgue chaque dimanche dans la nouvelle église de son père, l'église baptiste True Light. Il entre à l'École secondaire Wendell Phillips et il crée un ensemble jazz, Nat Coles and His Rogues of Rhythm . L'ensemble bat Earl « Fatha » Hines dans un Battle of the Bands à la salle de danse Savoy. Cole reçoit le titre de Prince of the Ivories.

Le début de sa carrière

Après avoir rencontré en 1936 sa première femme, Nadine Robinson, Cole se joint à son ensemble et à sa femme dans la revue musicale Shuffle Along, le premier spectacle à débuter dans Broadway avec une distribution uniquement noire en 1920. Quand le spectacle se termine à Los Angeles, Cole et Robinson décident de rester dans le sud de la Californie pour commencer leurs carrières.

Cole rencontre le guitariste Oscar Moore et le bassiste Wesley Prince en 1937 et ces trois hommes forment un nouvel ensemble à la demande de Bob Lewis, le directeur de l'Auberge Swanee. Lewis crée un coup publicitaire en demandant que Cole porte une couronne et s'appelle Nat « King » Cole. La couronne ne survit pas mais son nouveau nom subsiste avec la décision de Cole d'éliminer la lettre «  s  » à la fin de son nom.

Cole essaie avec réticence de chanter avec son trio, sans savoir que c'est sa voix qui lui vaudra son plus grand succès. Il décide de poursuivre le chant pour ajouter de la variété à son ensemble qui est alors uniquement instrumental. C'est la meilleure décision de sa carrière.

L'ensemble est maintenant connu comme le King Cole Trio et il reçoit un contrat d'enregistrement à court terme avec le label Decca, avec qui le trio enregistre Sweet Lorraine et Honeysuckle Rose. Ils signent par la suite avec le label Capitol Records et produisent Straighten Up and Fly Right. La chanson se vend à plus d'un million de copies dans la première année et donne la preuve de l'importance de la voix de Cole. Toujours hésitant de son rôle comme chanteur, il continue de pratiquer le piano.

En 1942, Johnny Miller remplace Wesley Prince comme bassiste dans le King Cole Trio.

Il rencontre le succès

Le 15 mars 1945, l'album du trio, The King Cole Trio (Vol. 1) devient le premier album numéro 1 sur le Premier Album Chart de Billboard. L'album suivant, The King Cole Trio (Vol. 2) sort en 1946 avec le succès de la chanson no1 (I Love You) For Sentimental Reason. Cet album comprend deux enregistrements très célèbres de Cole, The Christmas Song et (Get Your Kicks On) Route 66. Dans la première, Cole chante avec un orchestre à cordes pour la première fois. Des enregistrements orchestraux modifient ensuite le rôle du trio dans la carrière de Cole. Cole devient l'animateur pour l'été (en remplacement de Bing Crosby) du spectacle radio de la chaîne Kraft Music Hall. Il joue à Las Vegas pour la première fois en 1946. Il refuse d'y retourner après avoir découvert que le directeur du casino ne permet pas aux noirs d'y entrer. Ce n'est que le début d'une carrière au cours de laquelle il est confronté à de nombreux enjeux raciaux.

Nature Boy sort en 1948 sur l'album The King Cole Trio (Vol. 3). Ce single commence à l'établir comme l'un des premiers artistes noirs à trouver autant de succès auprès du public blanc de l'époque. Son succès de 1950, Mona Lisa, est une chanson qu'il n'aimait pas à l'origine. Cependant, la chanson se vend à plus de trois millions d'exemplaires et devient une de ses chansons les plus connues. 1950 est une année importante avec la première tournée pour le trio en Europe et avec leur première visite à l'émission d'Ed Sullivan.

En 1951, le mot « Trio » disparait du titre, albums et spectacles créditent «  Nat King Cole  ». La même année, Cole sort l'album Unforgettable et le single du même nom devient un autre exemple classique de sa musique et de son succès. L'album est consacré disque de platine en 1953. Cole fait sa première grande tournée en Europe comme soliste en 1954. En 1958, il chante et adapte en anglais Quizás, quizás, quizás d'Osvaldo Farrés, qui deviendra un classique.

Il est invité à chanter pour la Reine Élizabeth II au palais Victoria en 1960 avec Liberace et Sammy Davis Jr.

La télévision et le cinéma

Cole est connu comme le quatrième afro-américain (avec Bob Howard, Hazel Scott et Billy Daniels) à avoir sa propre émission de télévision, The Nat King Cole Show, qui débute sur NBC le 5 novembre 1956. Elle commence par avoir une durée de 15 minutes puis passe à 30 minutes par la suite, même si elle ne parvient pas à s'assurer une plage horaire constante sur NBC. The Nat King Cole Show survit à peu près un an, avant d'être arrêtée le 17 décembre 1957. Cet arrêt est dû au manque de sponsors, en liaison avec la réticence des grandes entreprises à soutenir un homme noir à la télévision. Il est heureux, cependant, de constater que Love Is The Thing est un album classé numéro 1 la même année.

Cole fait partie de la distribution d'un grand nombre de films, parmi lesquels Killer Diller (1948), The Blue Gardenia (1953), Small Town Girl (1953), The Scarlet Hour (1956), Istanbul (1957), China Gate (1957), St. Louis Blues (1958), et Cat Ballou (1965). Ce dernier film sort après la mort de Cole. Il joue du piano et chante souvent dans ses films.

L'activisme politique

Cole s'associe avec John F. Kennedy après avoir chanté à la convention nationale démocrate en 1960 lorsque Kennedy est désigné comme candidat à la présidence. Cole chante ensuite pour l'investiture de Kennedy en 1961, avec Frank Sinatra et d'autres artistes célèbres. Kennedy et Cole deviennent de bons amis et Kennedy demande l'avis de Cole pour ce qui concerne le Mouvement des droits civiques aux États-Unis. Cole est très affecté par le décès de J.F.K.

Ses dernières années

Cole est atteint du cancer de la gorge. Il est capable d'enregistrer son dernier album, L-O-V-E, en décembre 1964 mais il ne voit pas l'album sortir au printemps 1965. Il succombe le 15 février 1965 à l'âge de 45 ans. Il est enterré au cimetière Forest Lawn à Glendale en Californie.

Sa vie personnelle

La vie personnelle de Cole est très publique. Une grande part de sa carrière tourne autour de sa place d'artiste noir dans une société où la ségrégation raciale est importante. Il est confronté à la discrimination raciale tout au long de sa vie.

La famille

Il épouse d'abord Nadine Robinson en 1937 et en divorce en 1948. Il épouse ensuite Maria Hawkins Ellington en 1948 et restera marié avec elle jusqu'à sa mort en 1965. Maria donne naissance à Natalie, le 6 février 1950 à Los Angeles, Californie et les jumelles Casey et Timolin en 1961. Ils adoptent aussi Carol en 1951 (née en 1944) et Nathaniel Kelly en 1959. Le magazine Ebony publie l'article « Why We Adopted Kelly », écrit par Cole.

L'épreuve sociale

Cole et sa famille emménagent dans le quartier prestigieux de Hancock Park à Los Angeles. À cette époque, ce quartier est uniquement occupé par des blancs et les résidents ne veulent pas de la famille Cole. Aucune action légale n'étant possible, la famille Cole emménage dans sa nouvelle maison le 28 août 1948. Les résidents lui envoient alors une lettre dans laquelle ils indiquent qu'ils ne veulent pas avoir de personnes « indésirables » dans leur voisinage. La réaction de Cole est restée célèbre : il leur répond que s'il y en a dans la région, il le fera savoir à ses voisins.

Le 10 avril 1956, un groupe d'hommes blancs attaquent Cole pendant un concert à Birmingham en Alabama. Ils sont membres du White Citizens' Council de Birmingham. Cole affirme qu'il ne jouera plus jamais en Alabama à l'avenir. C'est également la dernière fois qu'il monte un concert dans le sud des États-Unis.

Postérité

Il reçoit le prix pour l'ensemble de son œuvre lors des Grammy Awards en 1990. L'année suivante, sa fille, Natalie Cole, sort un album qui comprend un duo virtuel de la chanson de son père Unforgettable et l'album gagne le prix de l'album de l'année aux Grammy Awards. Le service postal des États-Unis crée un timbre pour honorer Cole en 1994.

Il est présenté au Rock and Roll Hall of Fame en 2000 comme influence du genre rock durant le XXe siècle.








Nat King Cole, version latino
Par FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ

ianiste de jazz émérite, Nat King Cole (1919-1965) s’imposa comme crooner (Unforgetable) et, plus insolite, en chantant en espagnol et en portugais, langues qu’il ne parlait pas. Dans sa courte vie, ce pionnier de la world a consacré trois 33 tours à Cuba, au Brésil et au Mexique. Amoureux de ces enregistrements qui n’ont pas pris une ride, le saxophoniste américain (et Parisien d’adoption) David Murray rend un splendide hommage au King à travers quelques thèmes (Quizas Quizas Quizas, Cachito, Piel Canela…). Passage du CD à la scène, ce soir salle Playel à Paris, avec un orchestre de cordes et une invitée exceptionelle : Omara Portuondo qui accompagna jadis le roi Cole avec le quatuor vocal Las D’Aida à La Havane, dans le très chic cabaret Tropicana.







David Murray Cuban Ensemble

Le saxophoniste américain débarque avec un album anti sinistrose. David Murray s'attaque une fois de plus à un jazzman classique avec cet hommage à Nat King Cole.. Les reprises de Nat King Cole, initialement enregistré entre 1958 et 1962 à Cuba et aux Etats Unis se composent de morceaux d'inspirations cubaines et hispaniques comme le bolero, le tango, le danzon...

50 ans plus tard, le saxophoniste et le Cuban Ensemble reprennent le projet en s'entourant d'artiste de renom comme la Philharmonie Royale de Flandre ou la chanteuse cubaine Omara Portuando. David Murray réussit un double exploit avec ce projet. Rendre hommage à l'un de ses modèles d'enfant dans un album rempli d'émotion à l'esthétisme rare. Il arrive surtout à sortir des sentiers battus des interprétations de Nat King Cole. Subtil, organique, la patte de David Murray fait renaître le Cole español en le rendant neuf. Même le tube «Quizás, Quizás, Quizás » interprétés par l'exceptionnelle Omara Portuando, a ce petit quelque chose en plus dans l'orchestration et la structure du morceau qui le rend nouveau.

Cet album ressemble au sage David Murray : Posé, précis, subtil jouissant d'une interprétation sans faille....Le fruit de 6 mois de réécriture et d'arrangement de l'?uvre du pianiste. Un succès garantit auprès des non aficionados de jazz et un régal pour les plus amateurs. Une capsule d'anti morosité dans la lignée du Buena Vista Social Club.

Frédéric Neff







Nat King Cole

Fils d'un pasteur baptiste, Nathaniel Adams Coles naît le 17 mars 1919 à Montgomery (Alabama, Etats-Unis). Il suit sa famille à Chicago, où son père a obtenu une paroisse ; après avoir montré des dons musicaux en interprétant au clavier la musique de la chanson « Yes, We Have No Bananas », il apprend à jouer de l'orgue avec sa mère. A cinq ans, il se produit en public pour la première fois. Il prend ensuite des cours de musique, et s'initie, au cours d'une formation intensive, au Jazz, au Gospel, et à la musique classique. Durant sa scolarité, le jeune Nathaniel, qui a formé son propre groupe au lycée, développe sa passion de mélomane, hantant les clubs de Jazz, et assistant à des prestations de gloires musicales comme Louis Armstrong ou Earl Hines. Encore adolescent, Nat Cole commence à jouer du piano dans des clubs, au sein d'un sextet animé par son frère aîné Eddie, bassiste. Les Eddie Coles Solid Swingers enregistrent un premier disque en 1936, et, droit d'aînesse oblige et nom... Lire la suite

Fils d'un pasteur baptiste, Nathaniel Adams Coles naît le 17 mars 1919 à Montgomery (Alabama, Etats-Unis). Il suit sa famille à Chicago, où son père a obtenu une paroisse ; après avoir montré des dons musicaux en interprétant au clavier la musique de la chanson « Yes, We Have No Bananas », il apprend à jouer de l'orgue avec sa mère. A cinq ans, il se produit en public pour la première fois. Il prend ensuite des cours de musique, et s'initie, au cours d'une formation intensive, au Jazz, au Gospel, et à la musique classique. Durant sa scolarité, le jeune Nathaniel, qui a formé son propre groupe au lycée, développe sa passion de mélomane, hantant les clubs de Jazz, et assistant à des prestations de gloires musicales comme Louis Armstrong ou Earl Hines. Encore adolescent, Nat Cole commence à jouer du piano dans des clubs, au sein d'un sextet animé par son frère aîné Eddie, bassiste. Les Eddie Coles Solid Swingers enregistrent un premier disque en 1936, et, droit d'aînesse oblige et nom du groupe oblige, c'est Eddie qui en assume la paternité. Dans les clubs, Nat gagne son surnom de « King », qu'il adopte bientôt comme nom de scène.

Hot Swing

En 1936, les Solid Swingers obtiennent un engagement de six mois au club The Panama, où Nat fait la connaissance de la danseuse Nadine Robinson, de dix ans son aînée, qui devient sa compagne. L'année suivante, Nat et Nadine obtiennent d'intégrer la troupe du compositeur et pianiste Eubie Blake, qui vient de monter la revue Shuffle Along, conçue comme un revival du Ragtime, et suit la tournée à travers les Etats-Unis. Mais le spectacle s'arrête finalement en Californie, à Long Beach, où Nat King Cole décide de rester. Il épouse Nadine Robinson et forme avec deux autres musiciens un trio musical qui se produit dans les clubs californiens. Mais Long Beach représente un marché limité et les conditions de travail de Cole, qui exerce souvent dans des locaux enfumés, sur des pianos désaccordés, ne sont pas très bonnes. Son talent lui vaut cependant d'être reconnu et d'obtenir des cachets de plus en plus importants : c'est finalement à Los Angeles, ville au potentiel autrement plus grand que celui de Long Beach, que Nat King Cole s'illustre ensuite avec un nouveau groupe : chargé d'animer le club Swanee Inn, il embauche Oscar Moore (guitare) et Wesley Prince (basse) pour l'accompagner. Un quatrième larron, Lee Young, était prévu pour être le batteur, mais ne se présente pas le soir de leur premier spectacle : qu'à cela ne tienne, le quartet devient trio et adopte aussitôt le nom de King Cole Swingers. Le groupe joue dans les clubs de L.A. et commence à enregistrer pour la radio, gagnant un début de notoriété. Nat King Cole, pianiste virtuose, est régulièrement chargé de l'accompagnement de diverses chanteuses, exécutant environ deux cent enregistrements en trois ans. Le trio de Nat King Cole continue de tourner, changeant son nom en King Cole and His Swing Trio, puis Nat King Cole Trio. Au cours de ses prestations dans les clubs, Nat King Cole se met à réaliser des prestations chantées : la légende veut qu'il se soit mis presque malgré lui au chant, luttant contre sa timidité, et poussé par l'insistance d'un spectateur un peu éméché. Le passage de Nat King Cole au chant se fit en fait de manière progressive, à la demande des spectateurs et des patrons de club, qui réclamaient davantage de morceaux chantés. En 1940, ils participent à un enregistrement avec l'orchestre de Lionel Hampton : mais Cole refuse l'offre de Hampton de rejoindre pleinement sa troupe, préférant garder son indépendance. Il continue à réaliser des enregistrements, souvent avec des musiciens comme Lester Young, Harry Edison ou Dexter Gordon. En 1942, Wesley Prince, mobilisé, est remplacé par Johnny Miller au sein du Nat King Cole Trio.

Avant les rock stars était le Jazz

En 1943, une prestation de Nat King Cole, interprétant la chanson « Straighten Up and Fly Right », attire l'attention de Johnny Mercer, l'un des responsables de Capitol Records, qui fait passer l'artiste sous contrat et l'invite à enregistrer chez eux. Le disque de « Straighten Up... », adaptation jazzy d'une chanson folk classique, se vend jusqu'à 500 000 exemplaires, assurant la gloire de Nat King Cole. Au fil des années, le pianiste-crooner devient l'une des figures de proue de Capitol, au point que certains lui attribuent une grande partie du développement du label. Cole adapte également son répertoire, faisant évoluer certains de ses morceaux vers un registre plus proche de la Pop. Sa version du titre « The Christmas Song », auquel il a l'idée de rajouter une forte présence d'instruments à cordes, assure en 1946 un nouveau succès magistral au Nat King Cole Trio, et devient l'un des standards de Cole. Nat King Cole lui-même a atteint un tel niveau de notoriété que les deux autres membres du trio sont réduits à n'être plus que ses accompagnateurs, ce qui entraîne le départ d'Oscar Moore, remplacé par Irving Ashby. A la mi-1947, Nat King Cole réalise un véritable exploit discographique : craignant une grève du Syndicat des musiciens, les maisons de disques demandent à leurs artistes maisons de produire des morceaux à la chaîne, afin de disposer de stocks de musique en cas de long conflit. Cole fait plus que s'exécuter et enregistre quatre-vingt chansons en six mois, produisant une telle masse de musique que l'éditeur se trouve débordé et n'arrive pas à publier tous les titres. Sortie en mars 1948, la chanson « Nature Boy » est l'un des plus gros hits de Nat King Cole, atteignant le million de disques vendus. Dans le même temps, le Nat King Cole Trio devient quatuor, avec le départ de Johnny Miller, remplacé par Joe Comfort, et l'arrivée de Jack Costanzo (percussioniste de bongos) : pour s'adapter à son expansion numérique, le groupe devient Nat King Cole and His Trio.

Center Stage

Mais qu'il soit trio ou quatuor, le groupe de Nat King Cole est réduit à la portion congrue, tant Nat, désormais bien davantage chanteur que pianiste, occupe désormais à lui tout seul le devant de la scène. Devenu l'un des artistes préférés du public américain, Nat King Cole chante fréquemment accompagné d'orchestres, et multiplie les duos avec les artistes maison de Capitol : Stan Kenton Woody Herman, Johnny Mercer, Dean Martin... On le voit même interpréter un duo avec sa fille Natalie Cole, future vedette Soul et R&B. Désormais très riche, Nat King Cole et sa nouvelle épouse Maria font l'acquisition d'une nouvelle propriété, jouant aux quasi-châtelains à défaut d'être toujours bien acceptés par leur voisinage. Le chanteur continue dans les années 1950 d'aligner les succès, avec des titres comme « Mona Lisa », « Too Young », et surtout « Unforgettable », qui devient l'un de ses titres fétiches. Malgré son contrat d'exclusivité avec Capitol Records, Cole continue à se produire dans des clubs ou à accompagner au piano les prestations de ses collègues jazzmen dans des enregistrements : afin de cacher cette entorse à son contrat, Nat King Cole se cache sous divers pseudonymes, dont certains (« Nature Boy », « The King »...) sont si transparents que d'aucuns estiment que Capitol Records ne pouvait qu'être au courant des infidélités de leur vedette maison, qu'elle aurait décidé de tolérer.

Le King est également présent au cinéma et à la télévision, interprétant souvent son propre rôle le temps d'un numéro musical, dans divers films et sitcoms télévisés. Charmant, délicat et bien élevé, Nat King Cole est un véritable manifeste anti-raciste à lui tout seul dans des Etats-Unis encore traversés de très fortes tensions ethniques et ségrégationnistes. En 1956, il réalise l'exploit d'animer sa propre émission de télévision, sur NBC : à défaut d'être la première émission animée par un Noir, The Nat King Cole Show est la première confiée à une vedette de couleur de l'envergure de Cole. Cette nouveauté ne fait pas l'affaire de la chaîne, aucun grand sponsor national n'acceptant de financer l'émission, mais de grandes vedettes comme Ella Fitzgerald ou Harry Belafonte acceptent d'apparaître en ne touchant que le tarif syndical, afin d'aider Nat King Cole. Frankie Laine, l'un des premiers invités de l'émission, a quant à lui l'insigne honneur d'être le premier artiste blanc à se produire dans un show animé par un noir. Mais l'émission ne dure qu'un an, faute d'avoir réussi à convaincre un sponsor : Nat King Cole, qui contribuait de sa poche pour financer le projet, finit lui-même par déclarer forfait. Cet échec, dont il ne porte guère la responsabilité, ne cause aucun tort à la carrière de Nat King Cole, vedette désormais internationale : populaire en Amérique Latine, il enregistre des albums en espagnol et en portugais, et s'exporte également en Europe. Il se produit au Royaume-Uni, dans un show en couleurs tourné par la BBC, et au Royal Command Performance en 1960.

Fumer tue

A la fin des années 1950, Cole remarque l'évolution des goûts du jeune public, qui commence à déserter le jazz pour le rock 'n' roll : il enregistre « Send For Me », une chanson orientée rock qui obtient un bon résultat commercial mais ne signera pas une évolution décisive dans sa carrière. C'est plutôt auprès de son public traditionnel que le crooner continue de régner sans partage ; Nat King Cole ouvre la décennie 1960 avec de nouveaux albums, sortis pour fêter ses cinquante millions de disques vendus dans le monde : « Wild Is Love », « The Touch of Your Lips » et une sorte d'intégrale, « The Nat King Cole Story », consistant en nouvelles versions de ses anciens succès.

En 1962, il surprend quelque peu son monde en sortant deux albums de country, qui convainquent le public malgré la nouveauté. La voix de Nat King Cole, plus grave et plus rauque, a néanmoins changé : très gros fumeur, le chanteur commence à en ressentir les effets sur sa santé. A la fin 1964, les musiciens devant l'accompagner pour un enregistrement sont alarmés par sa perte de poids. En décembre de la même année, les médecins lui diagnostiquent un cancer du poumon : malgré une hospitalisation rapide, la maladie fait des progrès foudroyants et Nat King Cole meurt 15 février 1965, à Santa Monica (Californie), peu après la sortie de son dernier album, L-O-V-E. Après son décès, Nat King Cole continue d'avoir la faveur du public et garde son statut de légende éternelle du jazz ; il se montre même actif par-delà la mort : un album best-of devient Disque d'Or en 1968.

En 1983, Capitol « redécouvre » des enregistrements inédits de Nat King Cole, correspondant à sa période de surproduction en 1947, et sort l'album Unreleased. En 1991, enfin, Nat King Cole revient dans les classifications, avec à la fois une sortie de l'intégrale du Nat King Cole Trio (349 chansons réunies en un boîtier de 18 disques) et avec une version de « Unforgettable », où la voix de Natalie Cole est mixée avec celle de son père, réalisant un duo post-mortem assez original. Selon certains, de nombreux enregistrements continuent de dormir dans les caves de Capitol, attendant d'être redécouverts : la discographie de Nat King Cole, continent musical inconnu ?

Copyright 2010 Music Story Nikita Malliarakis









"L'un des quelques jazzmen qui n'ont pas tout à fait laissé le jazz dans l'état où ils l'avaient trouvé... "
Alain Gerber

Les coffrets « The Quintessence » jazz et blues, reconnus pour leur qualité dans le monde entier, font l’objet des meilleurs transferts analogiques à partir des disques sources, et d’une restauration numérique utilisant les technologies les plus sophistiquées sans jamais recourir à une modification du son d’origine qui nuirait à l’exhaustivité des informations sonores, à la dynamique et la cohérence de l’acoustique, et à l’authenticité de l’enregistrement original. Chaque ouvrage sonore de la marque « Frémeaux & Associés » est accompagné d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie.
Edition sous la direction d'Alain Gerber et Patrick Frémeaux, Notice discographique par Alain Tercinet, Discographie par Daniel Nevers, Editorialisation par Claude Colombini.

Frémeaux & Associés’ « Quintessence » products have undergone an analogical and digital restoration process which is recognized throughout the world. Each 2 CD set edition includes liner notes in English as well as a guarantee.

Les "incontournables" de l'Histoire du jazz, une présentation sobre, de bon goût, des livrets opulents (personnels, dates et lieux d'enregistrement, noms et références des labels d'origine, etc..), une " direction artistique" assurée par l'un des meilleurs écrivains du jazz, Alain Gerber (magnifique liner notes).

Frédéric Goaty - Jazz Magazine

Liste des articles de presse consacrés à ce CD :

- « Il n’y a rien à jeter ! » par JAZZMAN
Tout le monde connaît le fameux trio sans batterie qui émergea au début des années 40, à l’époque où les grands orchestres tenaient le haut du pavé. Encore très influencé par Earl Hines, Nat King Cole y étalait une technique aussi époustouflante que celle de ses acolytes. Rapidement, cette influence s’estompa pour laisser place à des audaces harmoniques qui ne manquèrent pas d’intéresser les futurs boppers et toute une génération de pianistes tels Erroll Garner, Oscar Peterson, Ahmad Jamal. Hormis ses qualités pianistiques indéniables, Nat King Cole fut aussi un chanteur original capable d’interpréter les ballades de façon très personnelle. Ce sont tous les aspects de la personnalité musicale de l’artiste qui sont passés en revue dans le coffret « The Quintessence » très précisément analysés, remis en situation, expliqués par une passion que n’arrive pas à masquer Alain Gerber, responsable de la sélection et du livret d’accompagnement. Dix-huit faces présentent Cole chanteur au sein de son trio, choix difficile…ou facile car il aurait pu sélectionner d’autres pièces sans prendre grand risque de décevoir l’auditeur. Par ailleurs, la partie instrumentale est illustrée par des sélections au swing vigoureux et vivifiant, jouées en petites formations. Nous entendons des extraits de concerts Norman Granz absolument formidables, une compilation Capitol dans laquelle nous retrouvons le trio et des gens comme Bill Coleman, Buster Bailey, Benny Carter, Coleman Hawkins, Oscar Moore, John Kirby, Max Roach dans Riffamarole, le quartette du ténor Herbie Haymer avec Charlie Shavers et Buddy Rich et trois faces avec le trio Lester Young/Buddy Rich. Il n’y a rien à jeter ! La musique sélectionnée sur la parution concurrente du mois (vingt deux titres en tout) est en tout point aussi savoureuse. Les sept titres du « Best Of Jazz » qui ne doublonne avec les deux doubles Frémeaux (volumes 1 et 2) ne concernent pas les périodes retenues par Gerber pour le moment. Elles seront peut être dans un volume 3 ? Étant donné l’importance d’une telle œuvre, nous accorderons notre préférence à l’important travail réalisé par Alain Gerber, mais le « Best of Jazz » constitue pour les néophytes une première et efficace approche à moindre prix.

Jean-Pierre DAUBRESSE – JAZZMAN

Liste des intervenants sur ce CD :
David , Cole Nat King, Whitney , Morgan , Cavanaugh , Mc Hugh J, Fields Dorothy, Donaldson , Lyman A, Malneck M M, Livingstone , Miller , James , Ricardel J, Evans R, Troup Bobby, Fisher , Cary , Shirl , Drake , Gregory , Conrad C, Alfred , Wise , Torme , Wells , Best W, Watson , Henderson , Brown , Woode , Hines , Youmans Vincent, Caesar Irwing, Green Johnny, Heyman Edward, Carter , Pinkard M, Casey , Laguna , Caldwell A, Greer J, Klages R, Lewis , Hamilton S, Durham E, Basie , Young , Bryan A, Kern Jerome, Harbach O


10/02/2011
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