Alain YVER

Alain YVER

NOËL GODIN

NOËL GODIN




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Éric Zemmour
mercredi 9 février 2011


Éric Zemmour a été entarté lundi matin alors qu'il se rendait à RTL pour sa chronique matinale. Découvrez la vidéo de cet attentat pâtissier !

« Quand il a dit que la rue et le peuple le soutenaient, on s'est dit qu'on voulait le soutenir à notre manière, et lui montrer Ô combien la rue et le peuple le soutenaient. » Baptisé Maurice Gloup (en hommage à Georges Le Gloupier, alias Noël Godin de son vrai nom, qui compte Bernard-Henri Lévy , Doc Gyneco , Nicolas Sarkozy ou encore Patrick Poivre d'Arvor parmi ses victimes), l'entarteur d'Éric Zemmour s'expliquait aujourd'hui au micro de France Info.

« Il a bien entendu essayé de nous frapper avec sa petite mallette. Ensuite, on lui a dit que c'était pour l'ensemble de son oeuvre et là, il nous a répétés que nous étions une bande d'enculés et il n'était pas tout à fait content. Il n'a pas bien pris ça. »

Et c'est le moins que l'on puisse dire. Dans la vidéo diffusée quelques heures plus tard par le mystérieux Gloup, chacun peut ainsi découvrir un Zemmour visiblement remonté, qui se met à courir en insultant abondamment son « agresseur ». La tarte n'était peut-être pas au goût du chroniqueur d'On n'est pas couché.

Zemmour entarté

Pour l'entarteur, en tout cas, ce n'était pas un coup d'essai : « On a filmé la scène cette fois-ci. On avait déjà entarté monsieur Zemmour et, malheureusement, on n'avait pas pu sortir les images cette fois-là. » Les sorties controversées du journaliste lui auront donc coûté deux
tartes.






Noël Godin, surnommé Georges Le Gloupier ou l'entarteur, né à Liège le 13 septembre 1945, est un agitateur anarcho-humoristique belge.
Il s'est rendu célèbre pour ses jets de tarte à la crème, ou « entartages », sur de nombreuses personnalités de différentes nationalités.

Parcours
L'entarteur

Ses activités d'« entarteur » ont commencé en novembre 1968. Avec un complice, ils s'en prirent à un professeur de l'université de Liège, Marcel De Corte, connu pour ses idées réactionnaires, sur lequel Godin déversa un pot de colle[réf. nécessaire].

Chroniqueur de cinéma pour un magazine belge, Noël Godin écrivit un jour que le réalisateur imaginaire Georges Le Gloupier avait jeté une tarte à la crème au visage de Robert Bresson. Dans le numéro suivant, il annonça que Marguerite Duras, amie de Bresson, l'avait vengé en attaquant Le Gloupier de la même manière. Peu après, à l'occasion de la venue en Belgique de Marguerite Duras (elle présentait son film Détruire, dit-elle à l'université de Louvain), Noël Godin se livra sur celle-ci à son premier entartage, « Duras est restée comme les personnages de ses films : immobile, désincarnée, diaphane », se souvient Godin[Où ?].
De gauche à droite : Sylvie, sa femme ; Noël Godin ; Francis De Smet ; Jan Bucquoy. Au Bucquoy's Palace à Harelbeke en avril 2003.

Depuis, seul ou à la tête de véritables commandos, il a entarté d'innombrables personnalités qu'il considérait comme particulièrement détestables et infatuées. Parmi ses victimes : Bernard-Henri Lévy, Bill Gates, Doc Gynéco, le ministre belge[réf. nécessaire] Édouard Poullet, Jean-Luc Godard, Marco Ferreri, Maurice Béjart, Nicolas Sarkozy, Pascal Sevran, Patrick Bruel, Patrick Poivre d'Arvor

Bernard-Henri Lévy prendra très mal sa tarte à la crème en 1985, flanquant par terre Le Gloupier, pour lui intimer ensuite : « Lève-toi vite, ou je t'écrase la gueule à coups de talon ! ». La scène est filmée et diffusée, notamment par Coluche et Pierre Desproges.

Depuis lors, BHL est une des rares personnalités à avoir subi plusieurs entartages. Le 18 mars 2006, il a été entarté pour la 7e fois par les « tueurs à gags » des « brigades pâtissières » de Noël Godin au 26e Salon du livre de Paris[1]. Godin a déjà déclaré plusieurs fois[réf. nécessaire] que ce qui pourrait ressembler à de l'acharnement prendra fin lorsque Lévy montrera que le « message » est passé en entonnant en public la chanson de Maurice Chevalier Le Chapeau de Zozo.

L'exemple de Noël Godin fait des émules dans de nombreux pays avec la création d'une anti-organisation appelée l'Internationale pâtissière dont Le Gloupier se déclare le porte-parole.

Le chro-niqueur

Noël Godin a contribué, dès le début de sa parution (à part le no 2) à l'hebdomadaire satirique Siné Hebdo, créé par le dessinateur Siné, et dans lequel il tenait une rubrique « livres ». Après l'arrêt du journal, il reprend du service dans Psikopat, mensuel de bande dessinées publié par Paul Carali, puis dans La Mèche, hebdomadaire satirique qui paraît le vendredi.
Entartages (en ordre chronologique)

Marguerite Duras

Le lundi 11 décembre 1969, Noël Godin et trois complices réussissent leur premier entartage. Godin, munis d'une fausse barbe et de lunettes (le nœud papillon et le smoking viendront plus tard), fait les cents pas dans la salle d'attente de l'université de Louvain où l'on va projeter le film de Marguerite Duras Détruire, dit-elle. Cette dernière est entourée des organisateurs de l`événement et de quelques admirateurs. Au signal de son caméraman, Noël Godin déballe sa tarte à la crème et l'écrase sur le visage de Marguerite Duras. Cette dernière et les nombreux spectateurs de la scène restent stupéfaits; cela permettra aux entarteurs de s'enfuir sans être rattrapés. Dans la tarte se trouvait un carton avec l'inscription : « Avec les compliments de Georges Le Gloupier. » Ne retrouvant pas ses esprits, l'écrivain-cinéaste annulera la conférence-débat prévue à l'issue du film. Le lendemain, plusieurs médias rapporteront l'événement en première page, à la surprise de Noël Godin et sa bande. Aucune vidéo n'existe de cet entartage puisque le caméraman du groupe a raté les prises de vue[2].

Maurice Béjart

En décembre 1969, c'est le complice de Noël Godin Jean-Pierre Bouyxou qui joue cette fois le rôle de Georges Le Gloupier. Ce dernier attend le maître de ballet Maurice Béjart à la sortie du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Lorsque Béjart sort de l'immeuble, Bouyxou lui envoie sa tarte à la figure avec une telle véhémence que Béjart en perd l'équilibre ; il fait alors un entrechat acrobatique et retombe sur ses pieds. Dans la crème est enfoui un message : « Cette tarte, Maurice, ne peut pas en tout cas te rendre plus disgracieux que lorsque tu danses. » Malgré le fait que Béjart se plaint du traitement reçu, cet entartage n'ayant pas été filmé, il aura peu d'échos dans les médias[3].

Henri Guillemin

En mars 1970, l'historien Henri Guillemin donne une conférence au complexe Barbou de Liège. Au moment où Guillemin descend de son estrade, Noël Godin fonce sur lui et lui envoie une tarte à la figure. Guillemin reste sans voix, ce qui donne le temps a l'entarteur de s'enfuir. Un message est enfoui dans la crème : « Puisse cette tarte te rappeler, Henri, que l'Histoire, c'est aussi l'immédiat. »[4].

Marco Ferreri

Le 20 mai 1976, Noël Godin et six complices se trouvent au festival de Cannes; ils décident de parcourir la promenade de la Croisette avec une tarte et entarter le premier metteur en scène qu'ils jugent le mériter. En passant devant le Grand Hôtel, ils voient le cinéaste Marco Ferreri attablé à un restaurant avec des producteurs; ils décident de l'entarter. Georges Le Gloupier, dont le rôle est tenu cette fois par Stéphane Holmès (fils du chanteur Joël Holmès), se met à danser autour de la table en s'exclamant « Gloup ! Gloup ! » puis envoie sa tarte à la figure de Ferreri. Dans la crème était enfoui le message : « Avec mes respectueux hommages. Georges Le Gloupier ». Le lendemain, Ferreri, donnant une entrevue à la RTBF, accusera la CIA d'avoir commandité l'attentat[5].

Jean-Luc Godard

Noël Godin affirme apprécier le cinéaste Jean-Luc Godard mais il décide de l'entarter après avoir vu son film Je vous salue, Marie, qu'il juge comme faisant l'apologie de l'Église. Noël Godin et sa bande apprennent en mai 1985 que le film Détective du cinéaste sera présenté au Festival de Cannes. Ils se rendent sur place et apprennent à la dernière minute que le film sera présenté en ouverture, ce qui ne leur laisse que quelques heures pour se préparer. Avec beaucoup de difficultés, ils réussissent à entrer avec une tarte dans l'auditorium. Noël attend le cinéaste en haut d'un escalier roulant ; au moment où ce dernier est à sa hauteur, il lui envoie la tarte à la figure, puis s'enfuit. Il sera rattrapé par les policiers gardant l'entrée de l'auditorium ; il est emmené au poste de police mais est relâché quelques heures plus tard, Jean-Luc Godard refusant de porter plainte. Quand ce dernier apprend le lendemain qu'on veut expulser Noël Godin à vie du Festival de Cannes, il téléphone à la direction pour leur demander de passer l'éponge, ce qui fut fait[6].

Bernard-Henri Lévy – Entartage n° 1

Le philosophe Bernard-Henri Lévy fut entarté une première fois par Noël Godin le 11 novembre 1985. Lévy se trouve à la station RTBF de Liège où il doit faire une apparition à l'émission Écran Témoin. Noël Godin et quatre complices pensent entarter Lévy à sa sortie de la station mais il fait nuit et ils réalisent qu'il n'y aura pas assez de lumière pour filmer l'événement; ils décident donc d'attendre Lévy à l'intérieur. Cela rend l'opération plus difficile car Noël Godin est habillé en Georges Le Gloupier; il attire beaucoup l'attention. Ce dernier attend depuis vingt minutes lorsque Lévy apparaît; lorsqu'il est à portée de tir, Godin lui envoie sa tarte à la figure. Lévy réplique en lui envoyant un uppercut qui jette Godin par terre, puis lui dit : « Lève-toi ou je t'écrase la gueule à coup de talons ». Le vidéoclip de l'entartage sera diffusé massivement, entre autres par Coluche et Pierre Desproges; il contribua à ternir la réputation du philosophe[7].

Édouard Poullet

Le 17 janvier 1987, Noël Godin et sa bande décident d'entarter le chanteur Michel Sardou. Ce dernier, souffrant, décide d'annuler le récital prévu; Godin décidera donc d'entarter à la place le ministre belge des Affaires sociales, de la Formation et du Tourisme Édouard Poullet. Ce dernier doit inaugurer le Théâtre du Résidence Palace de Bruxelles; L'entartage est réussi. L'incident a une grande ampleur médiatique; la plupart des journaux belges mettent l'incident en première page[8].

Jean Delannoy

Le cinéaste Jean Delannoy fut entarté par Noël Godin le 25 septembre 1988 à l'auditorium Shell de Bruxelles, où il était venu présenter son film Bernadette. Dans le communiqué de presse envoyé par Godin aux médias après l'entartage, on peut lire : « Georges Le Gloupier aurait trouvé cornichon que son courroux pâtissier ne s'abatte pas aussi sur l'arrière-garde artistique des punaises de sacristie ». Il y eut peu d'échos médiatiques de cet entartage[9].

Bernard-Henri Lévy - Entartage n° 2

En octobre 1988, Noël Godin apprend que Bernard-Henri Lévy effectuera le lancement d'un de ses livres à la librairie Chapitre XII de Bruxelles dans quelques jours, mais que les caméras seront interdites. Un des complices de Godin, le cinéaste Benoît Lamy, téléphone à la librairie et demande la permission de filmer l'événement, soi-disant pour un documentaire que prépare la RTBF. Vers les deux tiers de la conférence, Godin se fraie un chemin jusqu'à Lévy et lui envoie sa tarte à la figure en s'exclamant : « Entartons, entartons les pompeux cornichons ! ». Quelques jours plus tard, Godin lit dans la presse qu'en envoyant sa tarte à Lévy, il n'aurait pas crié « Gloup ! Gloup ! Gloup ! » mais bien « Sale youpin ». La rumeur prend de l'ampleur mais l'entartage a été filmé et le vidéoclip prouve qu'aucun commentaire raciste n'a été émis; Godin décide de réaliser trente copies de l'enregistrement et de les envoyer à des journaux dans tout le pays; plusieurs publieront des rétractations[10].

Bernard-Henri Lévy – Entartage n° 3

En avril 1991, Bernard-Henri Lévy est invité à l'université libre de Bruxelles pour y présenter son livre Les Aventures de la liberté. Les organisateurs de l'événement l'assurent que des mesures de sécurité seront prises pour sa protection. Le jour de l'événement, Lévy arrive en auto accompagné de trois gardes du corps. En se rendant à la porte d'entrée de l'université, sept complices de Noël Godin déguisés en Georges Le Gloupier s'élancent vers lui avec leurs tartes. En voyant cela, les gardes du corps de Lévy agrippent ce dernier et le jettent par terre en formant un bouclier autour de lui; aucune tarte n'atteindra Lévy même si les gardes du corps sont couverts de crème. Après que les entarteurs se sont enfuis, Lévy entre dans l'édifice. Une complice de Godin lui demande un autographe; alors qu'il est en train de le signer, un neuvième complice de Godin sort des toilettes et envoie sa tarte à la figure de Lévy[11].

Jerry O'Dell

Noël Godin et ses complices ont entartés en mai 1991 le télévangéliste américain Jerry O'Dell, qui venait de terminer un de ses prêches à l'auditorium Shell de Bruxelles. Godin accusa ensuite O'Dell d'être « l'un des piliers du charity-show made in USA »[12].

Vladimir Volkoff

En juin 1993, Noël Godin est l'un des invités de l'émission Durand la Nuit sur TF1. Il désire profiter de la tribune qui lui est offerte pour entarter le romancier Vladimir Volkoff, qu'il qualifie « d'infâme tsariste », aussi invité à cette émission diffusée en vrai direct. Tout le monde est fouillé à l'entrée mais une complice réussit à cacher une tarte dans sa jupe. À un moment donné, Noël disparaît dans les coulisses et revient avec la tarte, qu'il envoie à la figure de Volkoff. Sur le coup, la chaise de ce dernier bascule; il déserte ensuite le plateau en titubant. Ce coup d'éclat forcera TF1 à annuler l'émission quelques mois plus tard par peur de d'autres accrochages en direct[13].
Alain Bévérini

En mai 1993, le journaliste du journal de 20 heures de TF1 Alain Bévérini interviewe l'actrice américaine Holly Hunter; l'interview est réalisée en direct à l'extérieur au bout d'un quai. À un moment donné, Noël Godin apparaît avec deux complices, chacun portant une boite contenant une tarte. Les agents de sécurité le reconnaissent et se précipitent vers lui. À ce moment, à l'autre bout du quai, du côté de la mer, une embarcation transportant trois autres complices de Godin s'amarre au quai. Un complice se dirige vers Alain Bévérini en criant « Gloup ! Gloup ! » et lui envoie sa tarte à la figure, puis réussit à s'enfuir en bateau avec les autres complices. Noël Godin est arrêté mais relâché quelques heures plus tard, malgré le fait que Bévérini ait porté plainte pour voie de fait. En avril 2004, l'événement fut nommé par TF1 numéro 2 des « 100 plus grands scandales de la TV »[14].

Patrick Bruel

Bien qu'attribué à Noël Godin par la presse, l'entartage de Patrick Bruel fut en réalité réalisé par un de ses complices. Le 11 décembre 1993, Patrick Bruel est dans sa suite de l'hôtel Amigo à Bruxelles. Il y a beaucoup de mesures de sécurité puisque l'hôtel héberge aussi Helmut Kohl et Jacques Delors. 8 complices de Noël Godin, tous habillés en Georges le Gloupier, réussissent à entrer dans l'hôtel. À un moment donné, Patrick Bruel sort de sa suite et descend dans le hall où l'attendent des fans et plusieurs journalistes. Alors qu'il est en train de signer un autographe, un des entarteurs lui envoie sa tarte à la figure en s'écriant : « Et pan, pan, pan, pan ! Sur l'affreux pou chantant ! ». En recevant la tarte, Bruel explose de colère puis retourne dans sa suite se doucher[15].

Bernard-Henri Lévy – Entartage n° 4

En mai 1994, Bernard-Henri Lévy se trouve au festival de Cannes où il doit présenter en avant-première son film Bosna!. Noël Godin et deux complices décident de se rendre à Cannes pour l'entarter. Aussitôt arrivés, les journalistes et la population reconnaissent Godin et la rumeur commence à se répandre que Noël Godin est à Cannes. Godin croit que Lévy veut entrer dans le palais des Festivals par l'entrée principale et qu'il n'aura qu'à l'attendre à cet endroit; mais quelques heures avant la présentation, ils apprennent par un sympathisant que Lévy, ayant eu vent de la présence de Godin, est déjà entré dans le palais et s'y est enfermé. Godin et treize complices décident de se rendre quand même au palais des Festivals avec leurs tartes dans l'espoir de trouver un moyen d'entrer rendu là-bas. Rendu sur place, un groupe de six gardes reconnaissent Godin mais étonnamment ils lui donnent leur six cartons d'invitation pour entrer dans le palais. Godin et ses complices réussissent à entrer dans l'immeuble et à s'asseoir dans la salle mais ils sont reconnus par d'autres gardes qui confisquent leurs tartes et les jettent dehors. Lévy est en train de faire son entrée sur scène lorsqu'un autre complice de Godin qui n'a pas été pris et qui se trouve à trois mètres de Lévy, lui envoie sa tarte à la figure comme un discobole. Selon des témoins, les gardes rouent ensuite de coups de poing et de pieds celui qui a envoyé la tarte. Ils ne cesseront que lorsqu'un ami de Godin, le cinéaste Jan Bucquoy, leur ordonne d'arrêter en se faisant passer pour l'ambassadeur de Belgique[16].

Jean-Pierre Elkabbach

En juin 1994, Noël Godin se rend avec quelques complices au tournoi Roland-Garros pour entarter Patrick Poivre d'Arvor; une amie lui a dit qu'il s'y trouverait. Finalement, ils apprennent que Poivre d'Arvor n'y sera pas, ils décident alors d'entarter à la place le patron de la chaîne de télé France 2 Jean-Pierre Elkabbach. Godin et trois complices l'attendent pendant cinq heures à la sortie VIP du stade. Au moment où ils aperçoivent Elkabbach sortir, ils envoient leurs tartes sur lui en même temps, en criant : « Osons ! Osons ! Osons ! Osons ! ». Plus tard, Elkabbach accusera Thierry Ardisson d'avoir été complice de l'événement et annulera son émission Autant en emporte le temps[17].

Hélène Rollès

L'entartage d'Hélène Rollès en février 1995 ne sera pas réalisé par Noël Godin mais par des complices féminines. Lors d'un concert, deux entarteuses réussissent à se cacher sous la scène. Au moment où Hélène commence sa première chanson, une entarteuse se glisse vers elle et lui envoie sa tarte à la figure en s'écriant : « Entartons, entartons Hélène et les garçons ! ». Les entarteuses affirmeront avoir ensuite été battues par l'équipe technique[18].

Philippe Douste-Blazy

En mai 1995, Noël Godin et son ami le cinéaste Jan Bucquoy se trouvent au festival de Cannes, et décident d'entarter le nouveau ministre de la Culture de France Philippe Douste-Blazy. Godin et vingt complices décident de s'introduire dans l'Hôtel Carlton Cannes où Douste-Blazy doit conduire un bal et d'attendre à tour de rôle qu'il aille aux toilettes; à ce moment, ils pourront l'entarter. Rendus en face de l'hôtel, le groupe est stupéfait de voir Douste-Blazy, sa femme, trois gardes du corps et une armée de policiers sortir de l'hôtel et se diriger vers une limousine stationnée tout près. Godin et ses complices courent en direction du ministre, qui se trouve maintenant dans sa voiture. Deux complices (dont Jan Bucquoy) réussissent à entarter le ministre, en s'exclamant : « Entartons, entartons les ministres bouffons ! ». La voiture part ensuite en trombe toutes sirènes hurlantes oubliant la femme du ministre sur le trottoir. Jan Bucquoy sera arrêté et poursuivi pour l'entartage du ministre mais ultimement acquitté. Puisque aucune vidéo n'existe de cet entartage, certains médias français mettront plus tard en doute le fait même qu'il soit arrivé[19].

Bernard-Henri Lévy – Entartage n° 5

En mai 1995, Bernard-Henri Lévy fut entarté par Noël Godin une cinquième fois à l'aéroport de Nice. Quelques jours avant, alors que Godin est attablé avec des amis à un bar de Cannes qu'il fréquente souvent, un serveur lui apporte un message qu'il a promis de lui remettre en mains propres. Il est écrit qu'une voiture viendra le chercher à 21 heures. La voiture l'amène chez une dame qui lui affirme avoir appris de la bouche de Lévy que ce dernier et sa femme Arielle Dombasle avaient acheté deux billets d'avion; elle donne à Godin le numéro de son vol et lui affirme qu'une voiture viendra le chercher et l'emmènera à l'aéroport pour commettre l'entartage. Rendu sur place, Lévy et sa femme sont en train d'enregistrer leurs billets lorsque Godin envoie une tarte à la figure de Lévy pendant que sa complice entarte Arielle Dombasle en s'écriant : « Entartons, entartons le couple cornichon ! ». Godin et ses complices, qui ont été roués de coups par Lévy après l'entartage, seront arrêtés et emmenés au poste de police mais relâchés quelques heures plus tard[20].

Pascal Sevran

En mai 1995, Noël Godin et sa bande décident d'entarter le chanteur et animateur de télé Pascal Sevran lorsqu'ils apprennent que ce dernier sera l'invité unique de l'émission Une pêche d'enfer, diffusée sur France 3 en vrai direct de la Grand-Place de Bruxelles. Quelques secondes après le début de l'émission, des entarteurs mêlés aux spectateurs se lèvent et envoient deux tartes à la figure de Sevran en s'exclamant : « Entartons, entartons le chancre aux chansons ! ». Sevran finira quand même l'entrevue après avoir essuyé la crème qu'il avait sur lui[21].

Patrick Poivre d'Arvor

Noël Godin essaie à deux reprises d'entarter Patrick Poivre d'Arvor avant de réussir le 3 avril 1996. Godin reçoit l'information que Poivre d'Arvor se trouve à Neuilly et qu'il fait toujours son jogging matinal entre 7 heures et 10 heures du matin. Quelques jours plus tard, alors que Godin et deux complices attendent depuis plusieurs heures au froid dans une fourgonnette, ils voient arriver Poivre d'Arvor qui fait son jogging. Les deux complices réussissent à l'entarter en s'exclamant : « Entartons, entartons le pire des faux jetons ! ». Godin ne réussira pas à envoyer sa tarte car Poivre d'Arvor courait trop vite[22].

Daniel Toscan du Plantier

En mai 1996, deux employées de Daniel Toscan du Plantier contactent Noël Godin, qui se trouve à Cannes, en lui suggérant d'entarter Plantier parce que, selon elles, ce dernier devenait de plus en plus imbuvable; il était cependant déjà sur la liste d'entartés potentiels de Noël Godin. Elles fournissent à Godin le nom d'un restaurant où Plantier doit déjeuner le lendemain. Le jour venu, Godin et une vingtaine de complices se rendent sur place mais Plantier ne s'y trouve pas; ils décident de le chercher dans Cannes. Finalement un complice trouve Plantier au palais des Festivals. Sur place, des agents de sécurité reconnaissent Noël Godin (qui transporte une tarte) mais étonnamment ils le guident vers la salle où se trouve Plantier. En s'y rendant, Noël Godin voit Plantier qui se dirige vers un escalier roulant. Il parvient à le rejoindre et lui envoie sa tarte à la figure en s'écriant : « Entartons, Entartons les pontifiants croûtons ! ». Quelques secondes plus tard, un complice de Noël Godin, le cinéaste Jan Bucquoy, envoie une seconde tarte à la figure de Plantier. Le lendemain, Daniel Toscan du Plantier accuse Cannes TV, qui a filmé l'entartage, d'avoir été complice de l'événement et exige des excuses[23].

Les prêtres de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes

En 1996, Noël Godin accepte de se rendre à Nantes en France avec deux complices à la demande d'un groupe de jeunes anarchistes qui préparent l'entartage des prêtres de la cathédrale Saint-Pierre. Comme se doutait Godin, une fois rendu à Nantes, le groupe souhaite qu'il participe à l'entartage. Le dimanche 8 septembre 1996, tout le groupe d'environ soixante-cinq personnes réussit à entrer dans la cathédrale avec des tartes pendant une messe. Au moment où l'un des officiants achève sa lecture de l'Évangile, une dizaine d'entarteurs se dirigent vers les religieux et réussissent à entarter deux d'entre eux. Dans le même temps, un second commando lance des préservatifs remplis d'eau dans les allées de la cathédrale et déploient des banderoles. Noël Godin réussit à s'enfuir en courant dans les rues avoisinantes, mais ses deux complices belges sont pris par la police; ils seront relâchés quelques heures plus tard[24].

Nicolas Sarkozy

En 1997, Noël Godin est très connu en Belgique, ayant donc peur d'être reconnu, il ne participera pas à l'entartage de Nicolas Sarkozy qui sera commis par des complices. Un jour de février 1997, Sarkozy arrive au palais des congrès de Bruxelles pour y faire un exposé. Après qu'il est entré dans le hall d'accueil, une complice de Godin lui demande un autographe; au moment où Sarkozy le signe, elle lui envoie une tarte à la figure. Sarkozy a alors le réflexe de se réfugier dans un ascenseur. Il se rend au deuxième étage et lorsque la porte s'ouvre, il voit une autre complice de Godin avec une tarte; il referme la porte et se rend au rez-de-chaussée où l'attend une autre entarteuse qui ne réussira pas non plus à l'entarter. Après plusieurs voyages, Sarkozy s'arrête de nouveau au rez-de-chaussée où il est accueilli par ses agents accompagnateurs; ils l'accompagnent aux toilettes pour qu'il puisse se nettoyer. Au moment où il en sort tout propre, une vingtaine d'entarteurs situés plus haut le bombardent de crème chantilly puis s'enfuient, poursuivis par tous les agents de sécurité du centre. Sarkozy retourne dans les toilettes pour se nettoyer de nouveau. Il est en train de retraverser le hall d'accueil quand un complice de Godin supposé filmer les entartages le voit arriver. Il met sa caméra en bandoulière, sort une tarte et l'envoie à la figure de Sarkozy en s'exclamant : « Entartons, entartons les arrogants étrons ! ». En s'enfuyant après son coup, le caméraman donne sa dernière tarte à une religieuse qu'il croise dans le hall d'accueil, les gardes de sécurité croiront qu'elle était complice[25].

Bill Gates

Le 28 janvier 1998, Noël Godin reçoit chez lui une enveloppe dans laquelle se trouve un message l'informant que Bill Gates sera à Bruxelles le 4 février et que « si le coup vous intéresse on peut vous aider ». Godin rencontre son informateur, qui s'avère être un employé de Microsoft Belgique et qui lui remet un horaire détaillé et le trajet qu'empruntera Bill Gates. Afin d'être au courant des derniers ajustements dans l'horaire de Gates, un des complices de Godin se fait passer pour un journaliste désirant effectuer un documentaire Vingt-quatre Heures avec Bill Gates; il pourra ainsi suivre ce dernier toute la journée de sa visite qui sera finalement le 5 février. Godin et sa bande prévoient d'entarter Gates quand il donnera une conférence de presse à l'hôtel Méridien; l'informateur de chez Microsoft leur a donné des laissez-passer. Le rendez-vous sera manqué car Gates se présente sur place seize minutes à l'avance. Godin et sa bande décident de mettre en branle leur plan numéro 2. Ils se rendent à un petit bar près du Concert Noble de Bruxelles où Gates doit se présenter plus tard dans la journée; Godin se trouve dans une rue avoisinante pour ne pas attirer l'attention. Vers l'heure prévue, ils se rassemblent en face du Concert Noble en plusieurs petits groupes de trois entarteurs. Finalement, ils entendent les sirènes du convoi s'approcher; puis Gates sort de sa limousine. Au moment où il s'apprête à entrer dans l'édifice, les entarteurs se ruent vers Gates qui est entarté trois fois. Ce dernier cherche ensuite à s'abriter dans l'édifice mais à ce moment un quatrième entarteur, le cinéaste Rémy Belvaux, envoie une quatrième tarte à la figure de Gates. Les autres entarteurs s'exclament : « Entartons, entartons le polluant pognon ! »[26].

Le public du concours musical Reine Élizabeth

Après plusieurs années d'entartages individuels, Noël Godin désire essayer de nouvelles façons d'entarter. En mai 1999, le gratin bruxellois était réuni au Palais des beaux-arts de Bruxelles pour assister à la remise des prix du Concours musical international Reine-Elisabeth-de-Belgique. La reine Fabiola fait partie des invités. Au moment où le troisième lauréat s'avance vers la scène, une pluie de crème Chantilly provenant des balcons s'abat sur l'assistance. Au dos des assiettes était écrit : « De la crème pour la crème ». Les médias rapporteront qu'environ une vingtaine de tartes avaient été lancées dans l'assistance. Joint plus tard au téléphone par un journaliste, Noël Godin affirmera : « Pour une fois, c'est le public que nous visions, le gratin des trognons royalistes et m'as-tu-vu »[27].

Bernard-Henri Lévy – Entartage n° 6

Noël Godin apprend que le 27 février 2000, Bernard-Henri Lévy se trouvera à la Foire du Livre de Bruxelles pour présenter son livre Siècle de Sartre. Ce jour-là, Godin et des complices réussissent à entrer dans le palais des congrès avec des tartes. Ces derniers réussissent ensuite à entrer dans la salle Benelux bondée où doit avoir lieu la présentation. À un moment donné, Godin se lève et marche très calmement vers la scène avec une tarte. Voyant cela, Lévy attrape une chaise pour se protéger. À ce même moment, une vingtaine de complices de Godin assis de l'autre coté se glissent sur la scène et réussissent à envoyer leurs tartes et bombes chantilly sur Lévy en s'exclamant : « Entartons, entartons les pompeux cornichons ! ». Lévy tentera ensuite de minimiser l'incident et terminera quand même sa présentation[28].


Bernard Landry

Après l'entartage de Bill Gates, plusieurs groupes d'entarteurs se créent un peu partout à travers le monde. En avril 2000, Noël Godin et huit complices s'envolent pour le Canada où les ont invités un groupe d'entarteurs du Québec. Là ils rencontrent des membres des Biotic Baking Brigade, des TAART et d'autres groupes sympathisants du monde entier. Un midi, tout le monde se rend au palace Château Champlain de Montréal où a lieu un souper-causerie présidé par le ministre des Finances du Québec Bernard Landry. Cent cinquante décideurs provenant de tout le Canada assistent à l'événement. Le groupe entre dans la salle et se tient vers l'arrière; ils comptent se glisser sur la scène au moment où Landry y commencera son discours. Des gardes de sécurité du château reconnaissent un des entarteurs québécois et forment un barrage les empêchant d'avancer. Godin donne le signal d'entarter en s'exclamant « Gloup ! Gloup ! »; un entarteur québécois réussit à entarter l'influent délégué du Québec à Boston. Godin essaie quant à lui de se frayer un chemin jusqu'à Landry mais plusieurs agents de sécurité s'accrochent à ses vêtements; il réussit à se rendre jusqu'à Landry mais Maurice Prudhomme, le vice-président du syndicat Fédération des travailleurs du Québec, se lève pour protéger Landry et est entarté à sa place. Pendant ce temps, un groupe d'entarteuses françaises vident leurs bombes aérosol de crème fouettée sur les costumes des participants. Landry recevra assez d'éclaboussures de crème pour que des photos paraissent le lendemain dans les journaux. Le Journal de Montréal du 9 avril 2000 titre : « L'Internationale pâtissière est vraiment née quand un commando d'entartistes de tous pays a semé la pagaille dans une salle de conférence »[29].

Benjamin Castaldi

En juin 2001, Noël Godin et ses complices essaient une première fois d'entarter Benjamin Castaldi, animateur de l'émission Loft Story sur M6. Le coup est raté puisqu'une employée de la station télé où se trouve Castaldi reconnaît Noël Godin, qui se trouve assis près de la station avec une tarte, et donne l'alerte. Godin se reprendra quelques jours plus tard, cette fois en se cachant avec ses complices dans une fourgonnette. Ils surveillent la sortie de la station; lorsqu'ils remarquent de l'effervescence, un complice court se cacher sous un taxi qu'il devine être destiné à Castaldi. Lorsque ce dernier s'engouffre dans le taxi, l'entarteur lui envoie sa tarte à la figure. C'est le complice caméraman filmant la scène qui s'écrie : « Entartons, entartons la télé attrape-couillons ! »[30].

Jean-Pierre Chevènement

Le dimanche 24 mars 2002, au vingt-deuxième Salon du Livre de la porte de Versailles en France, Noël Godin est à son stand où il dédicace son dernier livre Grabuge !. Un de ses amis l'informe alors que l'ancien ministre français Jean-Pierre Chevènement se rendra quelques heures plus tard à un autre stand et qu'il devra pour ce faire passer juste devant eux, mais aussi qu'il sera protégé par des gardes du corps. Chevènement est sur la liste d'entartés potentiels de Godin depuis qu'il a promulgué une loi contre les sans-papiers. Une complice de Godin se trouvant sur place court acheter une tarte qu'elle ramène à Godin. Lorsque Chevènement passe devant lui, il sort sa tarte, réussit à contourner les trois gardes du corps et l'envoie à la figure de Chevènement en s'exclamant : « De la part des sans pa-pi-ers, des sauvageons, des Pieds Nickelés ! ». Godin est attrapé et emmené par les gardes du corps de Chevènement qui promettent de lui régler son compte; il est cependant protégé d'eux par les gardes de sécurité du salon, qui le remettent à la police. Il passe environ quatre heures en garde à vue au poste de police où les policiers lui demandent son autographe et lui servent du café[31].

Chevènement porte plainte pour l'entartage dont il a été victime; le Tribunal de grande instance de Paris condamne Noël Godin à une amende de 800 euros. Ce dernier en appelle de la décision mais la cour d'appel confirme le verdict. Puisque ce jugement fera jurisprudence, Godin décide d'aller en cassation. La chambre criminelle de la Cour de cassation confirme le verdict et condamne Godin à payer à Chevènement 2 500 euros; ce jugement fait aussi en sorte que désormais en France, la tarte est considérée comme une « arme par destination ». Au total, Godin doit débourser 8 373 euros en frais divers. Comme il n'a pas un sou, lui et sa femme organisent une soirée bénéfice à la discothèque bruxelloise Le Dirty Dancing; cela leur permettra d'acquitter la somme due[32].

Karel Dillen et Jean-Claude Martinez

Noël Godin affirme ne pas vouloir entarter les leaders de l'extrême droite comme Jörg Haider ou Jean-Marie Le Pen car il croit que cela pourrait rendre ces derniers plus sympathiques aux yeux de la population. Cependant, en avril 2002, Godin reçoit un coup de téléphone d'un de ses amis qui se trouve au Parlement européen de Bruxelles, et qui lui affirme que Jean-Marie Le Pen y sera à 17 heures ce jour-là pour y présenter les grands axes de son programme; il affirme aussi qu'il peut faire entrer six entarteurs dans le bâtiment. Noël accepte l'idée d'entarter Le Pen mais refuse de le faire lui-même car il croit qu'il est trop connu et serait probablement démasqué. Finalement, ce sont six complices de Godin qui tenteront d'entrer dans l'immeuble; seulement deux réussiront, les autres sont arrêtés par les policiers. Peu avant le discours de Le Pen, une des entarteuses ayant réussi à entrer téléphone à Godin et lui demande d'envoyer du renfort. Godin réussit à rassembler un groupe d'environ mille personnes; un complice distribue aux cent premiers des bombes chantilly et des fonds de tartes (qui devaient servir à un précédent entartage). Le groupe, Noël Godin en tête, commence à marcher vers le Parlement européen. À un moment donné, Godin, qui ne se souvient plus de la route à prendre pour se rendre au Parlement, se perd. Personne dans le groupe ne connaissant le chemin, ils n'arriveront pas à temps au Parlement pour le discours de Le Pen. Godin et son groupe n'auront finalement rien manqué puisque Jean-Marie Le Pen, ayant eu vent du fait que des entarteurs se trouvaient dans l'édifice, a annulé le discours qu'il devait prononcer. Les deux entarteurs déjà présents dans l'édifice réussiront quand même à entarter Jean-Claude Martinez, le porte-parole du Front National, en s'exclamant : « Entartons, entartons les xénophobes cochons ! ». Ils entartent aussi Karel Dillen, fondateur du Vlaams Blok belge[33].

Jean Charest

En avril 2003, un ami de Noël Godin, le cinéaste Benoît Lamy, invite Godin et sa femme à se rendre avec lui au Québec dans le cadre d'un documentaire sur les entarteurs qu'il réalise. Rendu là-bas, Godin et les sympathisants québécois décident d'entarter les trois candidats de l'élection provinciale dont la campagne électorale se déroule à ce moment là. Une première équipe composée de Noël Godin, sa femme et deux entartistes québécois se rendent au quartier général d'un des députés que doit visiter Jean Charest, le chef du Parti libéral du Québec. Au moment où Jean Charest s'avance vers sa caravane, la femme de Noël Godin, Sylvie Van Hiel, envoie une tarte à la figure de Charest, qui tombe par terre. Pendant que les policiers arrêtent Sylvie Van Hiel, Godin réussit à envoyer une tarte sur la tête de Charest. Plus tard, une deuxième équipe réussit quant à elle à entarter le chef de l'Action démocratique du Québec Mario Dumont; le chef du Parti québécois, Bernard Landry, ne sera pas entarté puisque ayant appris la nouvelle de l'entartage de Jean Charest il veillera à ce que la sécurité autour de lui soit renforcée. Jean Charest porta plainte contre Godin et sa femme pour l'entartage; ils sont arrêtés juste avant leur retour en Europe; ils sont relâchés en échange d'une caution de 500 dollars (environ 360 euros) chacun. Avant de les relâcher, la police leur déconseille de remettre les pieds au Canada ou aux États-Unis[34].




Doc Gynéco

Noël Godin décida d'entarter le rappeur Doc Gynéco après que ce dernier a dit à Michel Polac lors d'une entrevue qu'il « n'avait pas de leçons à recevoir d'un malade au stade terminal », mais aussi parce que Gynéco est un supporteur de Nicolas Sarkozy. En août 2007, Noël Godin est reçu à l'émission Village Départ diffusée en direct sur France 3; Doc Gynéco est aussi invité. Au moment où Godin prend sa place, des complices de ce dernier lancent quatre tartes à la figure de Doc Gynéco pendant que Godin s'exclame : « Entartons, entartons les sarkochiants couillons ! ». Beau joueur à la télé, des témoins rapportent que Gynéco fut très en colère dans les coulisses[35],[36],[37].
Plaintes et procès[modifier]

Parmi les « entartés » à avoir porté plainte se trouve Jean-Pierre Chevènement, qui a obtenu en octobre 2002 la condamnation de Noël Godin à 800 euros d'amende pour « violences volontaires avec préméditation », plus un euro symbolique pour le plaignant. Devant le tribunal, Noël Godin a déclaré avoir entrepris une « croisade pâtissière en hommage à l'humoriste Alphonse Allais, contre des personnalités qui se prennent très, très, très au sérieux ». En 2004, sa peine est alourdie en appel à 2 500 euros, en faisant avec les frais de justice la tarte la plus chère de l´histoire soit 7 351 euros[38].

L'entartage de Philippe Douste-Blazy, en 1985, a également donné lieu à un dépôt de plainte contre Noël Godin, mais le procès a débouché sur une relaxe[39].

Cinéma

Critique de cinéma, Noël Godin a également écrit de faux comptes rendus (par exemple dans le Télérama belge) avec de fausses informations, des photos de films imaginaires et des interviews apocryphes.

Il a réalisé des courts-métrages, comme Prout prout tralala !.

Dans les films de Jan Bucquoy et de son producteur Francis De Smet, il incarne, entre autres, une parodie de l'écrivain belge Pierre Mertens (voir : La Vie sexuelle des Belges 1950-78, en 1994, et Camping Cosmos, en 1996), et il joue son propre personnage dans La Vie politique des Belges, en 2002, et dans Les Vacances de Noël, en 2005.


Filmographie

Réalisateur

    * 1972 : Les Cahiers du cinéma, 20 min.
    * 1974 : Prout prout tralala 18 min, coréalisé avec Yolande Guerlach.
    * 1976 : Grève et pets, 14 min, avec Roland Lethem et Jean-Marie Buchet, coréalisé avec Yolande Guerlach.
    * 1999 : Si j'avais dix trous du cul, pour Canal+ Belgique.

Acteur

    * 1966 :Grand prix, de John Frankenheimer - Un spectateur.
    * 1968 : Satan bouche un coin, de Jean-Pierrez Bouyxou et Raphaël Marongiu - Le sexe dans le générique d'ouverture.
    * 1970 : Overdrive, de David McNeil.
    * 1970 : Le Sexe enragé, de Roland Lethem.
    * 1976 : Grève et pets, 14 min, de Noël Godin et Yolande Guerlach.
    * 1979 : Le sexe enragé de la fée sanguinaire, de Roland Lethem.
    * 1982 : Cinématon no 214 (1982) de Gérard Courant - lui même.
    * 1989 : L'air de rien, de Mary Jimenez - Le bavard.
    * 1990 : Couple no 71, de Gérard Courant - lui même.
    * 1990 : Portrait de groupe n°123 : Boudou à la plage Royale de Cannes, de Gérard Courant - lui même.
    * 1990 : Boudou prend son bain, de Gérard Courant - lui même.
    * 1994 : La Vie sexuelle des Belges 1950-78, de Jan Bucquoy - Pierre Mertens.
    * 1994 : One Night of Hypocrisy, de Nicolas Hourès et David Rudrauf.
    * 1995 : Le Banquet, court-métrage de Christel Milhavet.
    * 1996 : Camping Cosmos (1996) de Jan Bucquoy - Pierre Mertens.
    * 1997 : Tableau avec chutes, de Claudio Pazienza.
    * 1997 : Peccato, de Manuel Gómez.
    * 1997 : Carnets de monsieur Manatane, série TV de Christian Merret-Palmair et Jean-Michel Ben Soussan.
    * 1998 : Le Zizi sous clôture inaugure la culture, court-métrage de Robert Dehoux et Yaki Knuysen.
    * 1999 : Quand on est amoureux c'est merveilleux, de Fabrice Du Welz - Monsieur Fulci.
    * 1999 : Le Journal de Joseph M (1999) de Gérard Courant - lui même.
    * 1999 : Derrière la nuit (1999) de Gérard Courant - lui même.
    * 2000 : La Jouissance des hystériques, de Jan Bucquoy - Pierre Mertens.
    * 2000 : Tout est calme, de Jean-Pierre Mocky - Porte.
    * 2000 : Bon appétit, de Patrice Bauduinet, scénario de Jean-Luc Fonck.
    * 2001 : Irkutz 88 (2001) de Jean-Jacques Rousseau
    * 2002 : La Vie politique des Belges, de Jan Bucquoy - Lui-même.
    * 2003 : La Société du spectacle et ses commentaires, de Jan Bucquoy
    * 2004 : Cinéastes à tout prix, documentaire de Frédéric Sojcher - lui même.
    * 2004 : Aaltra de Benoît Delépine et Gustave Kervern - Le clochard volubile.
    * 2004 : Wallonie 2084 , de Clark Hachet et Jean-Jacques Rousseau.
    * 2005 : Palais Royal ! de Valérie Lemercier - L'entartreur.
    * 2005 : Les Vacances de Noël, de Jan Bucquoy - Noëël.
    * 2007 : Rock Mendès, de Jean-Jacques Rousseau
    * 2007 : Le Prince de ce monde, de Manuel Gómez - Monsignore 1.
    * 2010 : Mammuth, de Benoît Delépine et Gustave Kervern - La statue du tartobole.

Ouvrages

    * Anthologie de la subversion carabinée, L'Âge d'homme, 1989, (ISBN 2825107158), épuisée.
    * Anthologie de la subversion carabinée, L'Âge d'homme 2008, nouvelle édition revue et complétée, (ISBN 978-2-8251-3805-2)
    * De l'horrible danger de la lecture, Balland, 1990
    * Zig zig boum boum, Le Veilleur, Toulouse, 1994
    * Crème et châtiment : mémoire d'un entarteur, Albin Michel, 1995
    * Godin par Godin, 2001 éditions Yellow Now
    * Petit Précis Diablement Allumé de l'Attentat Pâtissier Torboyautant, EPO, Bruxelles, 2001
    * Grabuge ! Dix réjouissantes façons de planter le système, en collaboration avec Aimable Jr, Benoît Delépine et Matthias Sanderson, Flammarion, 2002
    * Armons-nous les uns les autres, roman polar, Flammarion, 2003
    * Entartons, entartons les pompeux cornichons !, Flammarion, 2005 (Récit de ses trente ans de guérilla pâtissière, avec les éclairages des tartologues Jean-Pierre Bouyxou et Robert Dehoux)

Correspondance

    * Éditions Champ Libre, Correspondance, volume 2, Champ Libre, Paris, 1981.
      Ce volume contient un échange de lettres entre Noël Godin et l'éditeur Gérard Lebovici (page 43 et suivantes).

Notes et références

   1. Å™ article du Nouvel observateur [archive]
   2. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 47-54.
   3. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 54-55.
   4. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 56.
   5. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 57-60.
   6. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 60-72.
   7. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 143-147.
   8. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 189-192.
   9. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 72-73.
  10. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 147-152.
  11. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 152-154.
  12. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 125.
  13. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 74-76.
  14. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 93-100.
  15. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 76-80.
  16. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 156-167.
  17. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 100-105.
  18. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 105-109.
  19. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 192-199.
  20. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 173-180.
  21. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 109-112.
  22. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 112-118.
  23. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 80-87
  24. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 126-140.
  25. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 200-205.
  26. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 205-214.
  27. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 88-90.
  28. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 180-186.
  29. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 239-248.
  30. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 118-123.
  31. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 225-231.
  32. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 234-239.
  33. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 217-225.
  34. Å™ Noël Godin, Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005) ISBN 2-08-068546-5, page 248-253.
  35. Å™ //www.tele-2-semaines.fr/contenu_editorial/pages/echos-tv/450-double-entartage-pour-doc-gyneco-en-direct-sur-france-3 [archive]
  36. Å™ //www.tele-2-semaines.fr/contenu_editorial/pages/echos-tv/453-exclusif-noel-godin-revient-sur-l-entartage-de-doc-gyneco [archive]
  37. Å™ Vidéoclip de l'entartage, on y entend très bien Noël Godin s'exclamer : « Entartons, entartons les sarkochiants couillons ! » //www.youtube.com/watch?v=ukEoEkOHvgA [archive]
  38. Å™ Interview editions Hermaphrodite [archive]
  39. Å™ « Une crème d'homme » [archive], Libération, 15 mai 2001.













Le maître de la vendetta pâtissière, le Robin des Bois de la crème chantilly, celui qui fait trembler BHL et a épinglé à son tableau de chasse anarcho-pâtissier des cibles aussi savoureuses que Bill Gates, Sarkozy ou Chevènement, le magnifique Noël Godin, a reçu Article11 dans sa tanière bruxelloise pour un entretien exclusif. Ce qu'il en ressort ? La révolution par la tarte est pour demain.


Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique »

Rares ceux qui n'ont pas visionné une de ses actions d'éclat, largement médiatisées et organisées au poil. Plus rares encore, ceux qui ne se sont pas réjouis de voir les pires badernes politiciennes, les cuistres les plus ignobles et les puissants les plus impudiques recouverts de crème chantilly et suffoquant d'indignation. Bill Gates, Sarkozy, BHL à sept occasions, PPDA, mais aussi Patrick Bruel, Benjamin Castaldi ou Doc Gynéco ont ainsi eu droit à leur « tarte de combat » sous les « Gloup Gloup » enthousiastes des terroristes à la crème. Rigolo ? Plus encore : révolutionnaire. La preuve avec ce caustique entretien avec le maître incontesté de la guérilla pâtissière.

Comment est né le concept de l'entartage ?

Ça remonte à 1969, grâce à un canular. Je travaillais pour une revue de cinéma, Amis du film et de la télé, une ridicule revue chrétienne pour cinéphiles façon Télérama. Je sabotais méthodiquement mon boulot en y injectant un maximum de fausses nouvelles et de fausses interviews. Ça a duré pendant plusieurs années. En France ou en Allemagne, ça n'aurait tenu qu'un numéro, mais ici, en Belgique, j'ai pu continuer sans que personne ne s'en rende compte. Un bon tiers des films dont je rendais compte étaient inventés. S'il fallait des illustrations, on utilisait des photos de famille. En couverture, on avait souvent des choses totalement farfelues comme Petit-déjeuner avec Robert Mitchum, cinq pages de rencontre.
On avait inventé une soixantaine de cinéastes, dont on donnait régulièrement des nouvelles. L'exemple entré dans l'histoire, c'est Vivianne Pei, une cinéaste censée avoir réalisé La Fleur du lotus n'atteindra pas le bord de ton île et supposée produire des films superbes tout en étant aveugle. Un spécialiste du cinéma asiatique est parti à sa recherche en Thaïlande, il en est revenu fou furieux…

C'est là qu'est apparu Georges le Gloupier ?

Oui, j'ai inventé un prétendu siphonné s'amusant à entarter des personnalités culturelles lui hérissant le poil. Et j'ai raconté que ce Gloupier avait entarté le cinéaste Robert Bresson et que Marguerite Duras l'avait vengé en entartant le Gloupier à la terrasse du Flore, ce dernier lui répondant alors : « Madame, je préfère votre pâtisserie à votre littérature. »
Un jour, nous avons appris que Marguerite Duras se rendait en Belgique pour présenter son assommant film Détruire, dit-elle. On s'est dit : Et si la fiction devenait réalité ? Et boum !, on l'a entartée somptueusement. Le lendemain, on a eu la surprise de voir que les quotidiens belges en faisaient leurs Unes. On s'est dit : "Continuons, c'est amusant."

Les cibles ont changé, non ?

Au début, on s'attaquait aux baudruches culturelles. Après, il y a eu la deuxième phase de la croisade pâtissière, avec les médias faux-culs, dont Jean-Pierre Elkabbach qui présidait à la fois France 2 et France 3. On a aussi eu PPDA en plein jogging et Hélène au temps où Hélène et les garçons était l'équivalent de la Star Academy. Quand notre réseau de complices s'est étendu, on est passé à la phase n°3, les élites économico-politiques, avec Bill Gates, Sarkozy et bien d'autres.

Et les prochaines victimes ?

Il devait y avoir un entartage aujourd'hui, mais on ne sait pas si ça a marché [1] . Sinon, le moment semble venu de revenir aux fondamentaux : on voulait laisser en paix BHL parce qu'on ne l'entendait plus beaucoup, et là, avec l'affaire Siné, un huitième entartage lui pend au nez. Richard Malka, l'avocat de Clearstream et de Charlie Hebdo, y aura droit aussi [2]. Il y a aussi Kouchner, qu'il nous faut absolument. Et bien sûr, Sarkozy…

C'est possible d'intégrer un commando pâtissier ?

Pour s'encanailler avec nous, le meilleur moyen est d'organiser l'attentat. Il y a un sacré travail de repérage des lieux et des dispositifs de sécurité pour savoir comment faire arriver les guérilleros chantilly sans qu'ils se fassent remarquer… La gloupinade est un art.

Les entarteurs sont partout ?

L'internationale Pâtissière compte une quinzaine de sections d'assaut dans les métropoles. Mais il y a aussi énormément d'attentats informels contre des détenteurs de pouvoir. Des petits groupes qui se constituent pour un coup. C'est extraordinaire, il y a de plus en plus de crapules autoritaires qui se prennent des tartes.

Ségolène Royal, ce n'était pas vous ?

On ne connaissait pas l'entarteur, un très sympathique anar qui a agi tout seul. Il a choisi le moment parfait, après qu'elle se soit exprimée crapoteusement en proposant d'encadrer militairement les jeunes délinquants, de la folie pure. Ce jeune homme a eu pas mal d'ennuis. On l'a chaudement félicité.
A ce niveau, il y a toujours de belles surprises. Un jour on a reçu un coup de fil de Pologne, annonçant : « Nous venons d'entarter le Premier ministre de Pologne, pouvons-nous entrer dans l'Internationale ? » Une autre fois, un type m'a téléphoné de Bangkok pour me dire : « Je suis en pleine conférence des Nations-Unies, et je m'apprête à entarter Michel Camdessus, le président du FMI. Pouvez-vous me donnez un conseil ? ». Je lui ai répondu que « le secret était de déposer les tartes dans le faciès de la cible plutôt que les lancer. » L'opération a parfaitement réussi.

Il y a des précédents historiques à l'action pâtissière ?

Il y a les enragés situationnistes, ma référence principal en mai 68 ; mais aussi les hippies avec Abbie Hoffman et Jerry Rubin, l'auteur du magnifique pamphlet Do It. Eux n'arrêtaient pas de pratiquer le terrorisme burlesque, notamment sur les plateaux télés où ils étaient invités.

Il y a aussi tout un imaginaire cinématographique attaché à la tarte à la crème.

Citons Fatty Arbuckle, un acteur des années 1920 qui, avant Chaplin, faisait grand usage de la tarte à la crème ; et le réalisateur Max Sennett qui a popularisé le gag dans pas mal de films de l'époque. Le muet hollywoodien des années 20 et 30 est notre inspiration principale, à égalité avec les tartes balancées dans les cartoons de la Warner par Bugs Bunny, Daffy Duck ou Woody Woodpecker.

C'est ce qui fait l'efficacité de la tarte, ce côté cinématographique et très visuel ?

Oui, car c'est universel. On a tous été éduqué avec cet humour, la tarte à la crème est un Espéranto extraordinaire. Pour nous, ça renvoie aussi à la fameuse lettre d'insulte que les dadaïstes, les surréalistes et les situationnistes envoyaient à ceux qui les énervaient.

Et la réaction de la personne entartée ? Ça joue ?

La tarte est un sacré révélateur de la nature profonde de l'entarté. Comme nous choisissons des cibles antipathiques, sans pudeur et accrochées à leur image, elles l'ont quasiment toutes mal prise. Alors qu'elles pourraient désamorcer l'attaque en rigolant… Quand notre ami José Bové a été entarté à Gênes, il a rigolé et on n'en parle plus. Alors que les autres se sont fâchés et ont mis les rieurs de notre côté.
Lors du procès que nous a intenté Chevènement, certains moments me faisaient penser aux procès comiques de Radio Luxembourg dans les années 1950. A la barre, il a déclaré : « Il faut nous comprendre, nous les hommes politiques ne pouvons vivre qu'à travers nos images. Quand on nous entarte, c'est notre capital politique qu'on entarte. » Il est allé jusqu'à dire : « J'aurais préféré recevoir une gifle, un crachat, voire un pétard corse, plutôt qu'une tarte à la crème, car nous, les hommes politiques, on ne peut pas être couverts de ridicule. » Bien sûr, on se gondolait, la salle a failli être évacuée.

C'est dans la tradition belge, l'humour comme arme de subversion ?

Il y a tout une tradition de contestation belge rigolote, qui commence avec Till Eulenspiegel, un espèce de Robin des Bois facétieux qui joue des tours à l'occupant espagnol et aux autorités. C'est un personnage très populaire ici. On sait aussi que les surréalistes belges de combat, plus radicaux que les Français, Marcel Mariën, Paul Nougé et Scutenaire, ont mis sur pied quelques canulars hilarants en Belgique.

Et en France ? Le terrorisme burlesque est moins répandu ?

Je ne suis pas d'accord. En ce moment, il y a une résistance burlesque très marquée à la répression sarkozyste. Il y a la BAC (Brigade Activiste des Clowns), qui s'est ralliée à nous officiellement. C'est avec eux qu'on a entarté BHL pour la septième fois à la foire du livre de Paris, il y a deux ans.
Il y a l'étonnant groupe grenoblois Pièces et Main d'Oeuvre, qui s'en prend aux « nécrotechnologies » et décommande des congrès de nanotechnologues en envoyant des courriers.
Il y a aussi le mouvement des Robins des Bois, composé d'employés d'EDF qui se pointent chez des gens à qui on a coupé l'électricité et les rebranchent piratement.
Ou de très grand comparses, les Yes Men, des Américains qui opèrent aussi en France. Ils interviennent devant des patrons pour proposer des mesures ignobles contre les pauvres, avec des discours aussi horribles que crédibles. Ils ont réussi à pénétrer l'esprit et la manière de l'ennemi. Ce sont de grands virtuoses.
Les Casseurs de Pub sont parfois très drôles aussi, comme les dégonfleurs de pneus de 4x4 et les faucheurs de mais transgénique. Ça fait beaucoup de résistances. D'ailleurs, je conseille la lecture d'un livre formidable sur le sujet : Les Nouveau Militants édité par Les Petits Matins.

La répression contre ce genre d'action s'aggrave, non ?

Totalement. On a longtemps pratiqué nos entartements dans la plus exquise impunité, mais depuis quelques temps ça s'est corsé. Dans le monde entier. Aux États-Unis, la Bioctic Baking Brigade s'en prend à des pointures de la mondialisation : après l'attentat contre le maire de San Francisco, Willy Brown, connu pour sa répression anti-SDF, trois de ses membres ont été condamnés à 6 mois de prison ferme !
Nous, nous avons été traduits en justice par Chevènement. On a été condamné à une forte amende alors qu'on n'avait pas d'argent. On a été sauvés par des amis qui ont organisé une Gloup Gloup Party dans une boite de Bruxelles. Il y avait un millier de personnes, en quatre heures la somme était réunie. Du coup, on arrêtera jamais, car on a eu la preuve qu'on n'était pas seuls.

Que penses-tu de la situation politique française ?

L'ordre moral est de retour. En Belgique, on voit ça comme un retour du pétainisme. Et certaines mesures font vraiment froid dans le dos : il y a quinze jours, je lisais dans Le Canard Enchainé que les sarkozystes envisageaient de mettre en place un dispositif repérant les futurs délinquants dès la crèche. Quelle prospérité de la répression !
Sarkozy est vraiment dangereux. Une cible de choix. D'ailleurs, sur le sujet, je peux te balancer un scoop. Personne ne le sait, mais le soir de son élection, Sarkozy a failli y passer : la Brigade Activiste des Clowns était sur son parcours, munie d'une belle artillerie. Ils m'ont téléphoné pour me dire : « Il est cuit ». Au moment où Sarkozy allait arriver, une bande de chahuteurs a attiré l'attention des services d'ordre qui ont fait accélérer le convoi. Alors qu'il n'y avait pas la moindre méfiance par rapport aux entarteurs. Hélas ! Ça aurait été tellement beau…

Ils risquaient gros, non ?

Ils s'en foutaient, c'était une occasion en or. J'en connais pas mal qui sont prêts à braver tous les risques pour l'entarter, qui sont prêts à jouer aux kamikazes.

Si les procès se multiplient, tu ne crains pas de devoir abandonner ?

L'appel aux entarteurs de tous les continents contient ce conseil : « Ne vous faites pas prendre ! » Nous, on prend des précautions. Avant, ma compagne m'engueulait : « Dans votre plan, par où vous comptez vous enfuir ? » On s'en gaussait parce qu'il nous en coûtait peu si on se faisait prendre. Désormais, il faut faire gaffe… L'idéal est d'avoir des complices pour s'emmêler lourdinguement aux poursuivants et protéger sa fuite.
Opérer tout seul, c'est kamikaze. Evidemment, si vous êtes gravement malades, rien ne vous empêche de finir en beauté… C'est ce qu'on a dit quand Bush était à Bruxelles. Plein de gens s'imaginaient qu'on allait l'entarter, alors qu'il y avait des snipers partout… Lors d'un meeting à la Bourse, haranguant la foule, je me suis adressé aux malades se trouvant dans un état désespéré, leur conseillant de terminer en beauté en plongeant sur Bush avec des obus pâtissiers. Soit ils atteignaient la cible et ça devenait le plus beau gag de l'histoire de la contestation burlesque. Soit ils se faisaient abattre et on apprenait dans les médias qu'un agonisant armé d'un gâteau avait été criblé de balles, chose excellente pour la réputation du président… On a porté plainte contre moi pour cet appel.

Tu restes optimiste ?

De mon côté, il n'y a jamais eu d'illusions. L'objectif est de faire passer de très mauvaises nuits à des crapules surprotégées, de démontrer que personne n'est intouchable. Un petit gâteau de rien du tout peut déstabiliser totalement les grosses huiles dirigeantes. Trop de gens pleurnichent que « tout est foutu, on est écrabouillés, c'est le Fatum » : c'est faux. On peut beaucoup si on le décide.
La résistance se développe individuellement, par petits groupes. Je crois que la France s'ouvre à l'esprit de fantaisie contestataire dans l'esprit d'Hakim Bey [3], avec des petits groupes qui perpètrent quelques forfaits justiciers et se séparent, comme des pirates après un mauvais coup. C'est pour ça que Rachida Dati et d'autres s'émeuvent et veulent agir contre les tendances libertaires autonomes. Mais ça n'arrêtera rien.
Il faut aussi compter sur la bêtise totale de l'ennemi. Grâce à cette crapule de Philippe Val, on a repris espoir. En croyant se débarrasser en douce de Siné, il a réveillé la rébellion. Après tout, mai 68 a été déclenché par quelques grosses bourdes bien attisées…

Le but, c'est de faire vivre les puissants dans la psychose d'une attaque ?

Totalement. Quand BHL est au festival de Berlin pour présenter sa dernière merde, Le Jour et la nuit, et qu'une fausse alerte lui gâche son séjour, c'est génial. On nous a appelé pour nous dire : « Il y a des gardes du corps partout, BHL et Delon se retournent tout le temps, ils ont peur ».
Le général Kabila père, qui régnait au Zaïre, a déclaré dans Le Soir il y a trois ans : « Je préfère mourir sous les balles d'opposants politiques que d'être entarté. » C'est fou. Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique. Et c'est à la portée de n'importe qui. L'impuissance est un mythe, on peut nuire considérablement à l'odieux ennemi, d'une façon ou d'une autre. Par contre, si c'est nous qui avons peur, l'ennemi a gagné.

La meilleure façon d'être subversif, c'est d'être imaginatif ?

Evidemment. L'imagination, ça n'a pas de prix. En août 1968, quand la Russie a envahi la Tchécoslovaquie, on a passé la nuit à rédiger un tract félicitant l'envahisseur russe sur du papier ressemblant à s'y méprendre à celui du Parti Communiste. A l'aube, on était une douzaine en salopettes à distribuer ce tract dans les usines rouges de Liège, appelant les camarades à manifester leur soutien à l'URSS devant les locaux du PC. Ce soir là, les locaux ont été pris d'assaut et il y a eu beaucoup de dégâts commis par les ouvriers anti-staliniens. Grosse réussite et joli détournement.

Dans GRABUGE ! 10 réjouissantes façons de planter le système, livre coécrit avec Benoît Delépine et quelques autres, il y a aussi cet exemple de la catapulte à tartes géantes.

Oui, la Tartapulte !!! Elle existe vraiment. Elle a été imaginé par José Bové et réalisée avec les sous du Groland par des dissidents du théâtre Royal de Luxe de Nantes. Elle a un tir de haute précision de quarante mètre. Jusqu'à présent, elle a été utilisée dans des cérémonies grolandaises au cours desquelles des portraits géants de crapules étaient bombardés. La dernière fois, nous avions une statue de Sarkozy et un canon spécial, un canon AKK, qui a totalement encacaté la statue devant une foule en délire. Alors que beaucoup de médias étaient présents, aucun n'a répercute la chose. Et nos amis grolandais ont été censurés, les avocats de Canal + se sont opposés à la diffusion de ces images.

Tu es à l'origine de la pétition lancée en Belgique pour défendre Siné. Tu crois à ce genre d'actions ?

Je n'ai jamais signé la moindre pétition, j'ai toujours été contre. Mais cette pétition signifie juste : « Je n'achèterai plus jamais Charlie Hebdo. Et puis, l'affaire était importante, on tenait à défendre le droit à l'outrance de notre ami Siné. Comme Pierre Rimbert l'a remarquablement démontré dans un éditorial du Monde Diplomatique, c'est la première fois qu'il y a eu une fracture dans l'armure de l'ennemi et que les manœuvres des lobbies et des nouveaux sociaux-démocrates bâillonneurs leur retombent sur la gueule.
Je renvoie d'ailleurs à une nouvelle qui sera publiée le 27 août sur le blog de Siné et qui va faire du bruit. Ça ne devrait pas plaire à Philippe Val, à Richard Malka et à quelques autres…

A propos : Val n'a jamais été entarté ?

Ça pourrait arriver bientôt. On s'est attaqués à des personnages mieux protégés, même si ses gardes du corps anti-islamiques peuvent être dangereux. Il y passera sûrement car la demande est inouïe.

Tu n'a jamais entarté de grand rabbin ou d'imam. La religion est taboue dans les rangs de l'Internationale Pâtissière ?

Il y a quelques années, on a fait une petite intrusion dans la cathédrale de Nantes et on a entarté les évêques officiants, c'était très joli. Mais il n'est pas question pour moi d'entarter un rabbin sans entarter aussi un imam. C'est pareil, même si le Dalaï-Lama m'insupporte, je ne vais pas l'entarter sans m'attaquer aussi à un dirigeant chinois. Il faut faire attention à ne pas faire le jeu des crapules. C'est plus facile quand on est anar, car on ne tombe pas dans les pièges du soutien aveugle ou de la récupération.

Tu sembles penser qu'il n'y a d'espoir que dans l'action individuelle. Il n'y a plus de grands espoirs collectifs ?

Si, ça peut se répandre comme une traînée de poudre. Dans l'histoire, il y a quelques exemples extraordinaires de libération collective et de mise en place d'anti-régimes où ne règnaient plus l'argent ou le pouvoir hiérarchisé. L'Ukraine par exemple a été libérée par les paysans révoltés au moment de la dite révolution russe, comme toute la région de Cronstadt. Il y a aussi des zones entières qui ont été libérées pendant la Guerre Civile espagnole. L'égalité parfaite était instaurée, les décisions se prenaient collectivement. Jusqu'à ce qu'il se fassent massacrer…

Mais l'idéal libertaire était alors beaucoup plus présent…

C'est vrai, mais il y a des sursauts. Regarde Gènes en 2001 : pendant quelques jours, il se passait quelque chose. Comme au Mexique en 2006, avec Oaxaca : Raoul Vaneigem y était et a raconté à quel point il avait vécu là bas la vraie liberté, sans fric ni hiérarchie… Ça n'a pas duré, mais ça prouve qu'à tout moment la résistance peut apparaître, s'organiser et puis ... être réprimée. Ce qui compte, c'est que ces étincelles persistent. Tant qu'un seul révolutionnaire existe dans la galaxie, la révolution n'est pas impossible.
D'ailleurs, les analyses, on s'en fiche ! Je pense qu'il y a des moments où il faut se foutre des questions de survie et n'écouter que son cœur, ses impulsions et sa colère. Ce qui importe c'est de refuser de collaborer avec l'ennemi en se laissant piétiner. La spirale de complicité entre le maître et l'esclave est très forte en ce moment, mais nous pouvons niquer cet état d'esprit en restant foutrement irréductibles. Il faut être extrémiste, on y gagne l'estime de soi et celle de quelques fieffés gibiers de potence, les seuls qui comptent.

Chez toi, il y a cet amour du rebelle flibustier. Ça vient d'où ?

Quand j'étais gosse, j'adhérais inconditionnellement au Robin des Bois incarné par Errol Flynn et aux Pied Nickelés : de satanés mauvaises graines qui commettent les pires outrances et sont parfois d'un égoïsme abominable. Mais en même temps, quels transgresseurs de lois inouïs ! Pied-nickeléisons tout autour de nous, voilà ce qui compte.

Tes valeurs ?

Je ne crois que dans l'insurrection, le débordement alcoolique et le foutre. Il n' y a jamais à se censurer. Quelle que soit la situation, si tu veux des litres d'alcool ou des tonnes de gâteaux malgré ton diabète, ou t'envoyer en l'air avec une partenaire consentante, n'importe où, il faut le faire. A nous de jouer pour que tous les interdits, les tabous, les nouveaux racismes disparaissent. A nous d'être plus rusés que l'ennemi, à nous de détourner, toujours détourner.

On retombe sur le situationnisme ?

Il faut systématiser l'appel aux situationnistes, au sabotage et à la dérive. L'une des pratiques que je préconise, c'est le détournement des congrès et des manifs respectables : dès que les bouteilles sont interdites quelque part, venons avec des gourdes remplies de whisky, et amusons nous ; complotons avec ceux qui nous suivent, les plus sympathiques ; et empêchons les nouveaux gourous de gourouiser, en étant toujours plus turbulents.



Un deuxième volet de l'entretien, revenant sur quelques actions particulièrement réussies de l'Internationale Pâtissière, a été mis en ligne. A lire ICI
//www.article11.info/spip/Noel-Godin-suite-petit-best-of-de



Approfondissement des us et coutumes de la croisade pâtissière ici : www.gloupgloup.be
Notes

[1] Aux dernières nouvelles, une semaine après, il n'a toujours pas eu lieu. C'est qui, tu demandes ? Ahah, secret d'état.

[2] Article11 a évoqué le cas de ce cuistre. A lire ou à relire ICI si ça vous dit.

[3] Hakim Bey est entre autres le théoricien des TAZ, Temporary Autonomous Zones, formes d'insurrection mouvantes et temporaires, bien représentées pendant un temps par les premières free-parties.
16 Messages de forum

    *
      Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique »
      22 août 2008 12:42, par Dominique
      Un des grands moments d'entartage est cette réaction de BHL qui révèle toute la personnalité imbécile du pseudo philosophe, du prétendu reporter et faux romancier (on n'ose pas parler du cinéaste qui est encore plus catastrophique que les autres) : //www.dailymotion.com/relevance/search/desproges%2Bbhl/video/xva0o_desproges-vs-bhl_politics C'est tout juste s'il ne demande pas qu'on flingue son ennemi d'une bonne balle entre les deux yeux comme dans un film de Tarantino (admirons d'ailleurs le look tarantiniesque de BHL). Brrr... cela fait froid dans le dos.
          o
            Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 22 août 2008 18:35, par Lémi
            Moi, je la trouve réjouissante, cette vidéo, elle résume tellement bien la vérité du personnage, soupe au lait imbu de lui même, petit caïd minable des lettres. Le masque qui tombe et révèle l'enflure, exactement l'effet recherché par les guérilleros chantilly. Pas pour rien qu'ils l'ont eu 7 fois. Et que, surement, espérons-le, il n'a pas fini d'en baver...
    *
      Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique »
      22 août 2008 16:46, par moz
      je juge tout seul, j'applique la condamnation tout seul, je me fait justice moi même, je suis... , je suis.......de droite
          o
            Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 22 août 2008 18:45, par Lémi
            Trop facile comme dénonciation. Le sieur Godin tire juste un constat : les formes collectives d'engagement sont périmées, c'est dans les petites structures que se réinvente la contestation, qu'elle a un sens. Si pour être de gauche il faut croire au libéralisme caniche du PS, aux vieux croutons de Lutte ouvrière, ou aux bavotements d'un PC sous naphtaline...
                +
                  Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 22 août 2008 19:33, par moz
                  je ne sais pas ce qu'il faut pour être de gauche... Mais les gens qui sont tellement sur d'eux mêmes , tellement persuadés d'avoir raison qu'ils peuvent se permettre de juger les "crapules" et de les condamner tout seul dans leur coin me foutent la trouille. Un flic est un flic même armé d'une tarte à la crème.
                      #
                        Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 22 août 2008 20:18, par Benj
                        Ahlala si tous les flics et les soldats n'étaient armés que de tartes à la crème...
                            *
                              Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 22 août 2008 21:08, par Lémi
                              Benj (celui que je crois ?), tu m'ôtes les mots de la bouche. Rien à rajouter.
                            *
                              tartalacrem' 22 août 2008 21:29, par Zgur

                              "si tous les flics et les soldats n'étaient armés que de tartes à la crème"

                              Il seraient comme les gangsters dans le film Bugsy Malone (1976) d'Alan Parker avec Jodie Foster

                              voir la bande annonce là : //www.youtube.com/watch ?v=NOrgDbldcA4

                              Arf !

                              Zgur

                              Voir en ligne : //zgur.20minutes-blogs.fr
                                  o
                                    tartalacrem' 23 août 2008 10:31, par Lémi
                                    « si tous les flics et les soldats n'étaient armés que de tartes à la crème »
                                    On danserait tous une grande sarabande endiablée en se tenant par la main, on élirait un Eskimo albinos à la tête de notre communauté mondiale, il y aurait prohibition de la gueule de bois, le LSD serait obligatoire et l'hymne national serait Obladi oblada. Bordel, vivement que ça arrive...
                                    (rassure toi, je retourne me coucher...)
                      #
                        Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 28 août 2008 16:33, par littlehorn

                        Mais les gens qui sont tellement sur d'eux mêmes , tellement persuadés d'avoir raison qu'ils peuvent se permettre de juger les « crapules » et de les condamner tout seul dans leur coin me foutent la trouille.

                        Il me semble que le but au départ c'est de révéler les gens, pas de les juger ni les condamner. Vous pensez vraiment que BHL et les autres entartrés ne sont pas des personnes enflées de leur propre importance ? Que ce ne sont pas des crapules ? D'où venez-vous ? Figaro Magazine ? Vous vous êtes acheté le dernier BHL aussi ?

                        Ha ha, bon ok, je vous chambre, je suis méchant, pardon. Mais n'empêche, ça me fait rire que quelqu'un verse des larmes pour des gros riches pleins d'arrogance, pour ensuite accuser ceux qui veulent les révéler de la même arrogance, de la même certitude.
    *
      Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique »
      23 août 2008 10:27, par coco_des_bois

      J'accuse ! J'accuse les tartes de Noel d'être empoisonnées... Ou pour le moins d'être pleines de substances hallucinogènes à très très longue durée et effet très très puissant ! En témoignent ces élucubrations du pauvre béhachèle :

      //www.rue89.com/2008/08/22/bhl-na-pas-vu-toutes-ses-choses-vues-en-georgie

      Alors quand va-t-on enfin soulever le lapin ? Quand saura-t-on enfin la vérité ? Ces tartes ne sont pas inoffensives ! Il faut le hululer bien fort !

      Voir en ligne : coco_des_bois
          o
            Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique » 23 août 2008 10:42, par Lémi
            Oui, il semblerait que le bougre ait été pris de visions soubiroutiennes frôlant de près la démence hallucinée. C'était "off", mais Georges le Gloupier m'a certifié que des drogues étaient généralement planquées dans ses tartes. D'ailleurs n'a-t-on pas vu Bill Gates se transformer en parangon de l'humanitaire larmoyant juste après son entartage, le loup cupide se faisant -temporairement- agneau généreux ? (dans ce cas précis, la drogue utilisée était un dérivé de l'ectasy)
            Ceci dit ta théorie sur BHL se révèle fausse, car l'entarteur en chef m'a confié que pour cette cible de choix, aucune drogue n'était nécessaire, le cuistre "clapotant de lui même dans les vapeurs hautement toxico-hallucilogènes de l'auto satisfaction" (les propres termes du Gloupier). En clair, il se shoote à son propre ego. D'où les dérapages à répétition dans des mondes parallèles...
                +
                  Le secret des chemises de béhachelle 23 août 2008 11:14, par Zgur

                  On comprend enfin pourquoi M. Béhachelle change de chemise au moins deux fois par jour :

                  Parce que sinon, il risquerait la mort par overdose d'inhalation des effluves de ses propres aisselles. Encore merci M. Godin.

                  Mwarf !

                  Ceci dit, quelle belle cible pâtissière vu la taille de la grosse tête. Faaaciiiile !

                  (re) mwarf !

                  Zgur

                  Voir en ligne : //zgur.20minutes-blogs.fr
                      #
                        BHL, reporter du Monde et membre du conseil de surveillance de Libé 23 août 2008 11:43, par Dominique
                        Il y a mieux : il vient de faire fermer les commentaires d'un article de Libé qui reprenait très partiellement les propos de Rue89 pour les infirmer en partie.

                        Voir en ligne : //www.liberation.fr/actualite/...
                            *
                              BHL, reporter du Monde et membre du conseil de surveillance de Libé 23 août 2008 12:34, par Lémi
                              Oui, la déferlante d'injures ne semble pas faire roucouler de plaisir chez Libé. Ceci dit, ça prouve au moins quelque chose : nombreux ceux qui ne supportent plus les pitreries egotiques toujours plus hallucinantes -jusqu'où ira-t-il ?- du Gonzague de St Bris postmoderne. Un bon point pour les internautes...
    *
      Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c'est magnifique »
      3 septembre 2008 21:29

      Il y a un an que je n'achète plus Charlie... depuis que Val s'est payé Amélie-Fabienne Nothomb comme "collaboratrice" pour l'été 2007. Mais je me demande : pourquoi cette peopelette ne fut jamais sur la liste des personnes à entarter ?

      Achille









Noël Godin
par Hugues Henry de Frites.be (19 août 2001).
 


Déjà client de Frites.be dans sa Belgalerie, Noël Godin est devenu l'un des belges les plus célèbres de la planète de la subversion carabinée, depuis l'entartement de Bill Gates, le 4 février 1998 à Bruxelles. Réclamé par les médias internationaux, il n'a cependant pas boudé l'invitation de Frites.be. Mettons-nous à table.

Frites.be: Quand le mot "Belgique" résonne à vos oreilles, quels sont les premiers mots qui vous viennent à l'esprit?
Noël Godin: "Avant tout, les frites, car je suis un fana des frites, mais aussi la Oud Zottegem qui est ma boisson favorite, l'élixir le plus extraordinaire qui existe au monde. C'est une trappiste artisanale fabriquée à Zottegem aux propriétés incroyablement euphorisantes qui dépassent de très loin les effets des bières les plus emportantes comme la Duvel. La différence entre la Zottegem et les autres bières, c'est qu'on ne doit pas s'arrêter avec elle après quatre, cinq ou six, dès que l'estomac est trop chargé. Il n'y a pas de limite. Elle se digère très bien, elle est d'ailleurs purgative et elle ne brouille pas la lucidité mais elle l'attise, un peu comme la coke ou diverses substances de ce goût là. Depuis 35 ans pour moi et pour pas mal de mes amis, c'est la plus extraordinaire des bières qui existe, quand on tombe sur une bonne cuvée. Elle est toujours bonne, mais pour que l'effet euphorisant soit là, il faut qu'elle soit jeune, qu'elle n'ait pas plus de trois mois. C'est le contraire du vin. Ce qui fait qu'on en trouve à Paris dans les bistrots belges, mais ce n'est pas la vraie en quelque sorte."

Ce serait donc la bière préférée des commandos gloupinesques.
"Totalement. Avant de partir à l'attaque, nous nous zottegemisons outrancièrement."

start quoteJe n'ai été enfant de choeur qu'une foisend quote

Parlez-nous de votre région d'origine, tout à côté de Liège.
"J'y retourne de temps en temps et pour moi Liège reste la ville francophone du pays la plus stimulante. Il y a plus de bonne humeur qu'à Bruxelles, les rapports sont plus cool entre les gens, il y a dans l'air une qualité d'excitation qui est bien mieux qu'à Namur, qu'à Charleroi ou qu'ailleurs. Les estaminets sont beaucoup plus joyeux."

Vous devez également en conserver certains souvenirs d'enfance.
"Dès l'âge de neuf ans, je n'arrêtais pas de lire et je ne sortais pas. Je détestais le sport, je détestais les jeux. Je lisais livre sur livre, en restant rétif aux groupes. Ce qui fait que je n'ai jamais fort aimé me promener, ni à la mer ni à la campagne, et j'ai toujours préféré rester dans le jardin en bouquinant."

On ne vous a donc pas vu chez les scouts!
"Non, j'ai été un jour au Patronage et ça m'a suffi. Ca m'a guéri pour toute ma vie du Patronage, des scouts et tutti quanti. De même, si j'ai eu une enfance catholique chez les pères salésiens de Don Bosco, je n'ai été enfant de choeur qu'une fois; j'ai laissé tomber le missel à un mauvais moment, il est tombé sur le pied du curé qui s'est fort fâché. Tout cela est bien cornichon."

start quoteJe ne brandis pas le porte-étendard de ma nationalitéend quote

Avez-vous jamais chanté l'hymne national?
"Oui, parce que c'était obligatoire de chanter la Brabançonne. Dans l'école primaire où j'étais, il y avait une chorale qui la chantait en fin d'année. Donc on m'a forcé à apprendre la Brabançonne."

Ce fut la seule et unique occasion de chanter la Brabançonne?
"Par après, il va sans dire que je conchie tous les drapeaux et tous les hymnes nationaux et que je ne brandis pas le porte-étendard de ma nationalité. En fait, je m'en contrefiche, par-delà toutes les frontières, je suis né ici, mais contrairement à certains libertaires, je n'ai aucune fierté nationale d'aucune sorte. C'est le pays où je suis et je considère que dans absolument tous les pays il y a le même taux d'imbécillité et la même petite proportion de personnages chouettes, prêts à la révolte, et il n'y a que cela qui m'importe."

start quoteThyl Uilenspiegel est notre Robin des Boisend quote

Mais il existe cependant une tradition de la subversion typiquement belge.
"Oui. Il y a une très jolie tradition subversive belge. C'est en Belgique que le mouvement surréaliste officiel a été le plus chouette. Parce qu'alors qu'en France et dans d'autres pays il était très stalinisé, il était inféodé au parti, en Belgique, c'était le cas aussi, mais c'était avec une marge de manoeuvre très grande et très farfelue par rapport à l'orthodoxie André Bretonesque. Les piliers du surréalisme belge, malgré leur passage par le PC et puis pour la plupart d'entre eux par leur flirt avec le maoïsme, étaient des personnages extrêmement drôles, extrêmement savoureux, qui ne s'en laissaient pas compter et qui avaient quelque chose de plus truculent que la plupart des pontes du surréalisme français. Ils étaient plus proches de Benjamin Péret qui est le surréaliste français le plus dévastateur et le plus affectueux. Il y avait chez eux justement quelque chose de plus affectif. Ajoutons à cela la haute tradition belge de révolte de Thyl Uilenspiegel naturellement, faisant la nique aux autorités tout en buvant des bonnes choses. Je m'en réclame, c'est notre Robin des Bois. Ensuite, il y a toute une tradition anarchiste, le mouvement anar a toujours été très développé en Belgique, même si souvent il y a eu des côtés un peu boy-scout."

start quoteOn va s'amuser à se déchaînerend quote
Et que peut-on dire du parti Banane, où vous avez rejoint les rangs de Jan Bucquoy?
"Notre parti Banane entre en campagne pour court-circuiter l'ensemble des élections et foutre totalement le bordel dans ce qui se passera. En plus, nous avons de sérieuses chances de nous retrouver élus, parce qu'il y a trois ans et demi, lorsque le niveau de popularité était très très très bas, on avait présenté une liste où on avait été à deux doigts d'avoir un élu. Or on n'avait rien fait de spécial. Alors que la donne a totalement changé, on va s'amuser à se déchaîner, avec tous les personnages qui voudront entrer sur notre liste."  



06/01/2011
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