Alain YVER

Alain YVER

NOUVELLE SERIE

Mon corps s'enfonce
S'enlise
Dans le sable mouvant
Un collier d'algues
De couleur brune émeraude
M'enserre le cou
Je m'enfonce
Les racines de la terre m'attirent
Les clowns
En habits d'apparat
Trompette saxophone
Jouent et trébuchent sur moi
Les acrobates voltigent
Si haut
Les jongleurs avec leurs battons de feu
Font une ronde
Le chapiteau s'écroule
Et les maudits
Se réjouissent
La terre m'absorbe
Le sable au goût amer
Entre dans ma bouche
Les crabes me grignotent
Me dévorent
Le ciel si bleu
Ce jour-là
Le soleil si brulant
Me cuit
Le visage chargé de sel
Mes yeux me brulent
Je sens l'oubli m'envahir
Les gens se sauvent
Toujours
Mon reflet leur fait peur
Et les maudits se réjouissent
De ma perte
A peine le temps de vivre
De sentir le vent
La vie vous caresser
Il est déjà trop tard
L'âme s'échappe
D'un corps sans vie
S'élève
Au dessus de rien
Du vide
Il ne reste rien
Sur ce sable
Que quelques algues brunes
Emeraudes...

à 19 h, le 26/5/12
© Alain YVER





13h le 10/5/2012 Colombes

Quand je rentrais dans un rad
La première chose que je regardais
C'est l'endroit le plus calme
L'endroit d'où je pouvais voir
Tout ce qui se passait.
La ronde des demis
Pouvait commencer
Celle de 51
Suivait
Puis tout et n'importe quoi
Je rentrais par une porte
J'en sortais par 2, 3 ou 4
Ca dépendait de l'état
Souvent j'faisais la fermeture
Je voyais bien
Aux regards des tauliers
« Qu'est ce qui a pu lui arrivé
Pour le mettre dans cet état ? »
Il y avait dans leurs yeux de la peine,
De la tristesse, jamais de mépris,
Plutôt de la compassion.
J'me finissais
Si besoin
Chez les épiciers arabes
Vodka
Vin
Bière
Tout f'sait l'affaire
Et finalement
Tout ça pour quoi
Pour tenir
Résister
Pour vivre une journée de plus
Pour dormir
Oublier
Rester pendu
A un fil
Suspendu
Au dessus du vide
Mais jusqu'à quand ?
Et pourquoi ?
Je regrettais tout ça
Puis recommençais
Toujours
Et encore
Tenir
Tenir
Une journée de plus
Un rad
Un quartier
Le hasard
Des rencontres
Des échanges de coups de yeux
Qui disaient :
Nous nous comprenons
Nous sommes pareils
On ne se parlera jamais
On ne se reverra jamais
Mais on s'est compris
On survit
C'est une journée
Une nuit de plus
Pour quoi
Pour qui
On survit
Comme on peut
Il n'y a rien de bien
Rien de mal
Lutter pour ne pas mourir
Oublier le quotidien
Le vide
Absolu
Qui nous entoure
Il faut bien ça
Et encore
Pour qui
Pour quoi
Rester en vie
Se soûler
Oublier
On rode
On tourne autour
La mort nous cueillera
De toute façon
Ivre
Ou à jeun
En attendant
A la bonne vôtre

13h07
© Alain YVER





10h42 le 2/2/12 Colombes

Du café familial
nous sortons
maman et moi

après quelques dizaines de mètres
je demande
à marcher
sur le petit muret

j'aime bien ça
j'en ai pris l'habitude
enfant
que je suis
rituel

au bout
de ce p'tit chemin
à droite
se dresse
un long couloir
qui me mène
à la maternelle
j'y suis mal
et
pour un enfant
de la maison
à cet endroit
c'est un périple
qui me laisse
le temps
d'une infinie tristesse.

Au bord d' un fleuve
de solitude
déjà
je suis tout seul
enfermé
dans moi
je me rassure en pensant
que rien
ne peut rentrer
que rien
ne peut sortir
de moi

10h54
© Alain YVER





10h55 le 2/2/12 Colombes

De ce petit muret
où je marche
chaque matin
je vois
cette grande école
cette grande cour

un jour
dans cette grande cour
en quelques jours
on y construira
une petite maison
la maison du gardien

en attendant
les mauvais moments
que je vais y passer
ce bâtiment
me fait peur

il y aura d' abord
l'école primaire
non loin de là
haut-lieu
de souffrances
et de coups
d' humiliations
de baffes
mauvais traitements en tous genres
les coups de règle
qui me laisseront
le temps d'une semaine
un doigt paralysé
les coups de règle sur la tête
ou je sentais
en touchant
mon crâne
les boursouflures
les mains
des maîtresses
s' abattaient
sur mes joues
encore rouges
de retour à la maison
vers 11h30
maman
papa
voyaient bien
les marques
des doigts
sur ma joue
c'était
selon eux
"bien mérité"
l'injustice
mène
à la solitude
lorsque
enfant
on est seul
les coups ne font plus mal
on soutient
le regard
du maître
de la maîtresse
les coups
s'abattent
comme des pluies de clous
les joues me brulent
ma tête éclate
mais finalement
je suis dans moi
recroquevillé
rien ne rentre
rien ne sort
ni douleurs
ni émotions
j'attend
un jour
je serai grand
libre
enfin
de tout ce monde
malade
il ne restera
que des cicatrices
invisibles

11h11
© Alain YVER






11h19 le 2/2/12 Colombes

Seul
dans ma chambre
le sang coule
coule encore
et toujours
de mon nez

seul
dans ma chambre
la musique
du juke box
le sang coule

je m'aventure
sur le pallier
je cris
j'hurle
personne m'entend
ne répond
le sang coule

les clients boivent
s'amusent
fument

quelques fois
des bagares
éclatent
à l'intérieur
ou dehors
il y a du bruit
beaucoup de bruit
le sang coule toujours

je suis petit
si petit
je suis seul
l'escalier me fait peur
sur le pallier
il fait froid
le sang coule

11h26
© Alain YVER





10h10 le 3/2/12 Colombes

Les hommes
dans les villages
ont inventé
"le simplet du village"
le benêt

puis
plus universellement
ils ont crée DIEU

quand une connerie est faite
dans le village
c'est le simplet
forcément

si un meurtre
un viol
c'est le simplet
forcément

à une échelle plus grande
celle de notre planète
par exemple

quand un génocide a lieu
un tsunami
c'est dieu
quand il arrive
une bonne récolte
c'est dieu.

il est temps
de définir
"DIEU"
que fait-il
où vit-il
enfin
découvrons
le pourquoi du comment
le commencement d'l'affaire

10h17
© Alain YVER









24/6/12 10h45


La tique est sur mon dos
Elle me pompe
Elle me pompe
Le sang
Enfouie dans ma chair
Mon épiderme
Elle me fatigue
Survit grâce à mon sang
Horrible bête
Cri-tique maudit
qui me flatte
M’incendie
Me comble d’éloges
Ou me massacre
Tu vis
En pompant mon sang
Le sang des artistes
Leur vécu
Leur histoire
Tu as appris suffisamment de mots
Pour faire le mal
Le bien
Selon ton humeur
Selon ton envie
Tu vis
A travers les autres
Une création
Que tu ne peux mettre en image
Ta vie stérile
Faite de mots
Fait
Et défait
L’oeuvre d’artistes
Sangsue
Tique
Vomissure
Etron
Voilà à quoi tu ressembles
Ton corps est flasque
Tes mots vains
Ta vie inutile
Ton travail
Néant
 Sans vie
Exploite
La vie des autres
Puisque de ton corps stérile ne se dégage rien.

11h
© Alain YVER










07/06/2012
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