Alain YVER

Alain YVER

OLIVIER MESSIAEN

OLIVIER MESSIAEN
( 1908 - 1992 )




Musica et Memoria dans son numéro 46 de juin 1992 s’associait à l’événement que représente dans le monde musical la mort d'Olivier Messiaen survenue le 28 avril 1992 à l’hôpital Beaujon (Clichy).

Il nous appartient aujourd’hui de consacrer quelques pages à sa carrière et surtout à quelques aspects de l'œuvre de ce grand musicien, l'un des plus importants de la seconde moitié de notre siècle. Lourde tâche en quelques lignes quand on réfléchit à la complexité de sa musique à sa richesse, à la place dominante qu'occupe son œuvre, à la personnalité originale de l'homme et du catholique convaincu.

J.H.M. (juillet 1992)



Olivier Messiaen est né en Avignon le 10 décembre 1908 " Je suis un Français des montagnes, comme Berlioz " dira-t-il plus tard. Sa mère, la poétesse Cécile Sauvage, selon le propre aveu du musicien, l'influencera toute sa vie. Il évoquera lui-même une "éducation féerique". Avec son frère Alain, également poète, il déclame les œuvres de Shakespeare. Il découvre peu à peu diverses partitions, notamment celles qui demeureront ses préférées : Orphée de Gluck, Don Juan de Mozart, la Damnation de Faust de Berlioz, la Tétralogie de Wagner... C'est la lecture de Pelléas et Mélisande de Debussy qui décidera de sa vocation.

Après des premières études musicales menées sous la direction de Jehan Gibon à Nantes, il entre au Conservatoire de Paris à l'âge de 11 ans. Elève de Jean et Noël Gallon pour l’harmonie, le contrepoint et la fugue, de Maurice Emmanuel (histoire de la musique), de Marcel Dupré pour l'orgue et de Paul Dukas pour la composition, il en sortira en 1930, muni de cinq premiers prix. Mais c'est alors qu'il va acquérir sa véritable personnalité en poursuivant des recherches dans la rythmique hindoue, la métrique grecque, les chants d'oiseaux, le rythme chez Debussy ou Stravinsky, la musique en quarts de ton... A peine sorti de Conservatoire, Olivier Messiaen en 1931 est nommé organiste titulaire de l'église de la Trinité à Paris, succédant à Charles Quef (1873-1931) qui lui-même avait recueilli la succession d’Alexandre Guilmant. Il restera fidèle à sa tribune durant plus de soixante années et son œuvre pour l'instrument-roi sera abondante. Au cours d'une interview recueillie par Irène Meltzheim et le Père Pascal Ide (de la Trinité), en mars 1991, Messiaen s'écrie : " J’aime mon orgue ! Il est pour moi un frère, un fils, et je serais désespéré de m’en séparer ! "1. Dans les dernières années, le vieux maître ayant du mal à gravir l'étroit escalier menant à la tribune de l’orgue, la Ville de Paris fit aménager un ascenseur, mais à l'autre bout de l'église, en sorte qu'il fallait beaucoup de temps à notre organiste pour gagner son instrument.2

En 1936, il commence à enseigner à l'Ecole Normale de Musique de Paris et à la Schola Cantorum. C'est au cours de ces années que paraissent ses premières œuvres importantes d'inspiration religieuse: Le Banquet Céleste pour orgue, les Offrandes oubliées, L'Ascension, La Nativité du Seigneur. Au retour de sa captivité en Allemagne, en 1942, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris où il restera jusqu'en 1978, enseignant successivement l'harmonie, l'analyse musicale et la composition. " Ce fut une époque d'exploration, de libération " a écrit l'un de ses élèves, Pierre Boulez, " Ce fut aussi l'amitié et la solidarité d'un petit groupe réuni autour d'un maître sur lequel l'opinion générale butait, chancelait ou renâclait. "3 Parmi ses principaux élèves, citons encore Stockhausen et Xénakis.
Affiche concert "Centenaire d'Alexandre Guilmant", le 12 mars 1937 à l'église de la Sainte-Trinité (Paris), dans le cadre du Congrès international de musique sacrée tenu lors de l'Exposition Internationale de 1937.


Dès lors, la majeure partie de sa carrière sera consacrée à la composition liée à ses recherches de rythmes grecs et hindous, d'harmonie, de polytonalité, de chants d'oiseaux, de modalité. Bref, son langage va de plus en plus se personnaliser et même évoluer jusqu'à l'une de ses toutes dernières œuvres importantes Saint-François d'Assise, opéra commandé par Rolf Liebermann pour l’Opéra de Paris où il fut créé en 1983. Olivier Messiaen n'aura pas eu la joie terrestre d'assister à la nouvelle production de cette œuvre au Festival de Salzbourg, le 17 août 1993. Sa dernière œuvre créée de son vivant a été, précisément, Un Sourire, en hommage à W.A. Mozart. Une œuvre posthume doit être créée en septembre prochain à New-York, sous la direction de Zubin Mehta : il s'agit d'une vaste fresque orchestrale durant environ une heure vingt qu'avait commandée au compositeur le New-York Philharmonic: Eclair sur l'Au-delà...un titre prémonitoire!

La production d'Olivier Messiaen est abondante. Nous ne saurions ici énumérer et encore moins analyser la totalité de ses œuvres. Evoquons donc plus particulièrement le compositeur religieux, l'organiste épris de liturgie.

A propos des transformations liturgiques qui ont suivi, dans le plus grand désordre, le Concile de Vatican II et qui sévissent encore, hélas, Olivier Messiaen disait, il y a un peu plus d'un an : " Très franchement, je pense qu’il n’y a qu’une seule musique liturgique valable : le plain-chant. On n’a jamais fait mieux et on ne fera jamais mieux ! D’une part, parce que c’est une musique monodique, composée à une époque où l’on ne connaissait pas l’embarras de l’harmonie et des accords. Le seconde raison, qui me remplit d’admiration : le plain-chant n’a pas d’auteur, il a été écrit par des moines anonymes. Cela paraît extraordinaire ! Je n’imagine pas un compositeur du XXe siècle se refusant à signer son œuvre. "4

Pour ma part j’ai le souvenir personnel de Messiaen préoccupé par la liturgie. Peu après la mise en place désordonnée des reformes liturgiques de Vatican II, une Commission de Musique Sacrée fut créée à Paris par l'Archevêché sous la présidence de Mgr Delarue, alors archidiacre du diocèse. Je fus convié à en faire partie avec Gaston Litaize, le Chanoine Revert, le Père Martin et d'autres personnalités. C’est ainsi que je me suis trouvé aux côtés de Messiaen convié également. Ce dernier, comme nous tous, devait bien vite abandonner cette Commission, aucun compte n'étant tenu de nos suggestions, de nos protestations... ni des textes officiels de la Constitution sur la Liturgie que nous tentions de rappeler. La Commission devait donc mourir rapidement faute de combattants!

N'oublions pas, non plus qu'Olivier Messiaen faisait partie du Comité d’honneur de l'Association Una Voce pour défendre et sauvegarder la place du chant grégorien!

Il semble qu'un certain malentendu existe quand on évoque la musique religieuse de Messiaen. A la différence de nombreux compositeurs qui, à toutes les époques, se sont illustrés dans la musique sacrée et ont servi par leur génie le répertoire liturgique, on ne trouve pas chez lui de musique liturgique ni même de "musique sacrée" au sens habituel et le plus courant, mis à part un Ave verum pour chœur a capella. De même, dans sa musique d'orgue qui porte si souvent des titres d'inspiration liturgique (La Nativité, L'Ascension, Messe de la Pentecôte, Le Mystère de la Sainte-Trinité, Le Livre du Saint-Sacrement) on ne trouve aucun thème grégorien, à la différence d'un Dupré, d'un Langlais, d'un Duruflé et autres compositeurs nombreux. Bien sûr, Messiaen, à l'office, improvisait sur des thèmes grégoriens. Dans son ouvrage Technique de mon langage musical5, il cite le plain-chant parmi les sources de son inspiration dans son Introduction; au chapitre II, parlant de sa musique "amesurée", il précise : " Maurice Emmanuel et Dom Mocquereau ont su mettre en lumière, l’un la variété des mètres de la Grèce antique, l’autre, celle des neumes du plain-chant (...) Ce qui nous conduira vers une musique plus ou moins " amesurée ", nécessitant des règles rythmiques précises. "
Gaston Litaize et Olivier Messiaen (1982) - © Claude Hilger, avec son aimable autorisation
Gaston Litaize et Olivier Messiaen. 1982, cérémonie remise de la Légion d'honneur au grade de commandeur.


Messiaen est donc toujours présenté, disions-nous, comme un musicien religieux. Le Cardinal Lustiger, en mars 1989, remettant au compositeur le Prix international Paul VI, lui rendait hommage en ces termes: " Vous êtes un musicien d’église et vous êtes parmi les seuls musiciens contemporains dont l'œuvre est, de dimanche en dimanche jouée, livrée à l'oreille et au cœur des foules non triées de croyants. " Messiaen lui-même répondait en ces termes à une question de l’Association Ethiques et Politique6 : " Pour ma part, j'écris des œuvres musicales religieuses qui sont des actes de Foi mais qui contiennent aussi mon admiration de la nature par l’utilisation des chants d’oiseaux et de nombreuses allusions aux différentes étoiles de notre galaxie . " Ailleurs il précise : " Je suis croyant et presque toutes mes œuvres sont destinées à chanter les mystères du Christ. "7 Bien avant, dans les années 55, Messiaen se définissait déjà comme un " musicien religieux " : " Je suis né croyant et j'allais à l’église en croyant, sans penser qu'un jour je participerais de façon si active à l'office... Ce nouveau métier comblait évidemment mon idéal de musicien croyant. "8 Plus loin, au cours du même entretien, en réponse à certaines critiques lui reprochant de jouer à l'église ou de composer pour elle rythmes et couleurs qui ne conviennent pas, il ajoute : " Ces gens (...) attendaient de moi une musique douceâtre, vaguement mystique et surtout soporifique. En tant qu’organiste j'ai le devoir de commenter les textes propres à l’Office du jour. Ces textes exaltent des vérités très différentes expriment des sentiments très différents et suscitent des grâces très différentes, suivant la couleur spéciale du temps dont l’Office fait partie. Prenons simplement le Psautier : croyez-vous que le psaume dise des choses vagues et douceâtres? Le psaume hurle, gémit, rugit, supplie, exulte et jubile tour à tour. "9

Claude Samuel remarque fort justement que " Dans la foi sincère de Messiaen, il entre incontestablement une part de poésie et un goût inné pour le merveilleux, poésie et merveilleux qui ne sont d’ailleurs pas en contradiction avec l'esprit de la religion catholique. "10

Nous avons donc là toute l'explication de l'inspiration religieuse de Messiaen si nous sommes déroutés et si nous voulons comparer avec l'inspiration bien différente d'autres musiciens non moins religieux évoqués plus haut. Il s'inspire de textes dans toute leur profondeur plus que des thèmes, des mélodies les accompagnant dans la liturgie traditionnelle. D'où cette difficulté pour l'auditeur et le croyant de situer l'œuvre dans son contexte liturgique. La mémoire retient peut-être davantage la mélodie grégorienne - tel hymne, tel introït, telle antienne - illustrant l’Office et marquant d'une manière définitive nos grandes fêtes liturgiques comme des points de repère facile. Messiaen, il le dit lui-même, transpose en musique le sens le plus profond des textes sacrés dans son langage très personnel, quelle que soit la destination de l'œuvre : orgue, piano, orchestre, chœur. Ainsi, la plupart de ses œuvres sont précédées du texte ayant inspiré le compositeur. Par exemple dans L'Ascension n°4, intitulée Prière du Christ montant vers son Père, on trouve ces paroles  : " Père, j'ai manifesté ton nom aux hommes. Voilà que je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde et moi je vais à toi. (Prière sacerdotale du Christ, évangile selon Saint-Jean) ". Dans Les Corps Glorieux n°7, Le Mystère de la Sainte Trinité : " Ô Père tout puissant, qui, avec votre Fils unique et le Saint-Esprit, êtes en un seul Dieu! Non dans l'unité d'une seule personne, mais dans la Trinité d'une seule substance. " Enfin, dans la Messe de la Pentecôte, n°1, et dans l’Entrée intitulée Les Langues de Feu, c’est ce texte qui nous interpelle : " ... Des langues de feu se posèrent sur chacun d'eux. Actes des Apôtres. "

Messiaen agit de la même façon lorsqu'il s'inspire de l'Ecriture et lorsqu'il évoque la nature, le monde, la création, guettant, par exemple, patiemment les chants d'oiseaux avec son épouse et merveilleuse interprète Yvonne Loriod11 pour les noter et les utiliser dans plusieurs de ses œuvres Catalogue d'oiseaux, Livre d'orgue, n°4 : Chants d'oiseaux, ou recherchant de par le monde les rythmes de civilisations lointaines et de cultures extra-européennes... Ayant cité les maîtres auxquels il se rattache et rendu hommage à ses devanciers, il ajoute " J'oubliais mes plus grands maîtres, les oiseaux; leur virtuosité sans égale m'a imposé la recherche de doigtés extraordinaires que je n'aurais jamais pu trouver autrement. " Au cours du même entretien avec Antoine Goléa, il développe ses sources d'inspiration : " Pour moi, la vraie, seule musique a toujours existé dans les bruits de la nature. L’harmonie du vent dans les arbres, le rythme des vagues de la mer, le timbre des gouttes de pluie, des branches cassées, du choc des pierres, des différents cris d'animaux sont pour moi la véritable musique. Si j'ai choisi pour maîtres les oiseaux, c'est que la vie est courte et que noter des chants d’oiseaux est tout de même plus facile que la transcription des harmonies du vent ou du rythme des flots. "

Dans le quatrième morceau du Livre d'orgue intitulé Chants d'oiseaux, le compositeur nous donne même tous les détails : " Après-midi des oiseaux : merle noir, rouge-gorge, grive musicienne et rossignol quand vient la nuit. Pour le temps pascal. "

Olivier Messiaen résume en deux phrases les deux préoccupations qui ont marqué son œuvre. Lorsque, en 1991, on lui posa la question : Personnellement, à quelles formes de progrès vous attachez-vous ? il répondit : " A) A une connaissance plus complète du Christ. B) A une connaissance plus complète de l’Univers. "

Pour conclure cette approche rapide de la personnalité et de l'œuvre d'Olivier Messiaen, laissons la parole à Marcel Landowski rendant hommage au compositeur au lendemain de sa mort et soulignant l'importance, l'originalité, la complexité et la grandeur qui émanent de son œuvre : " ... Il a été grand parce qu’à la pointe des recherches de la musique de notre temps, il a toujours su que toute évolution, surtout révolutionnaire, n'a de chance et ne peut exister que si les racines de la tradition sont demeurées vivantes. ".12 Et c'est sur les paroles mêmes du compositeur disparu que nous achèverons : " J'ai écrit des musiques pures (pour la seule recherche technique) ou à caractère profane. Je les regrette presque. Les musiques créées pour chanter les mystères de la Foi me paraissent plus utiles pour mes contemporains. Peut-être, en serai-je remercié?... Je suis, en principe, un musicien de la joie et je me plais surtout à méditer les mystères glorieux... Je suis à un âge où il faut penser à l’au-delà : espérons qu'il sera glorieux. "13

Joachim HAVARD DE LA MONTAGNE
Audio lecteur Windows Media Messiaen : extrait de Dieu parmi nous par Jeanne Demessieux (CD FESTIVO, FECD 6961.862, www.festivo.nl ).



1) «Le musicien de la joie», entretien avec Olivier Messiaen, in Du côté de la Trinité, journal de la paroisse de la Trinité, n° 2 de mars 1991, reprint in Musica et Memoria, n° 42 de juin 1991 (pp. 22-27).

2) Le Figaro du 29 avril 1992, article de Jacques Doucelin.

3) ibidem : hommage de P. Boulez à son maître.

4) «Le musicien de la joie», op. cité. Je connais, toutefois, deux ou trois œuvres éditées sans nom d'auteur, il y a une soixantaine d'années. Notamment une Messe en mi mineur de Léon Saint-Réquier, compositeur très estimable qui n'avait pas voulu faire figurer son nom sur sa partition afin de pas obliger l'église à payer des droits d'auteur ! Belle et généreuse initiative ! (note de l'auteur).

5) Editions A. Leduc, 175, rue Saint-Honoré, Paris, 1944.
6) Le Figaro, 30 avril 1992.
7) «Le Musicien de la joie», op. cité.
8) Antoine Goléa, Rencontres avec Olivier Messiaen, Paris, Juliard, 1961.
9) Ibidem.
10) Panorama de l'art musical contemporain, Paris, NRF, 1962.
11) Après le décès de sa première épouse, la violoniste Claire Delbos, fille du professeur à la Sorbonne Victor Delbos (auteur notamment des huit mélodies L'Ame en bourgeon données en première audition à la Schola Cantorum le 28 avril 1937), et ancienne élève de l'Ecole supérieure de musique César-Franck, Messiaen épousait en 1961 Yvonne Loriod. Née le 20 janvier 1924 à Houilles (Yvelines), élève du CSM où elle remporte sept premiers prix, excellent pianiste et pédagogue, Yvonne Loriod défend avec ardeur la musique de son mari. Elle enseigne au CNSM. C'est également une remarquable interprète des œuvres de Boulez, Schoenberg et Bartok. (NDLR) [
12) Le Figaro, 29 avril 1992.
13) " Le Musicien de la joie ", op. cité.









Olivier Messiaen

Olivier Eugène Charles Prosper Messiaen (Avignon, 10 décembre 1908 – Clichy-la-Garenne, 27 avril 1992)[1] est un compositeur, organiste et pédagogue français.

Son œuvre trouve ses sources dans une profonde ferveur catholique, un goût prononcé pour le plain-chant médiéval, les rythmes hindous et grecs, ainsi que le chant des oiseaux. L'Ascension (1933), le Quatuor pour la fin du Temps (1940), les Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus (1944), la Turangalîla-Symphonie (1946-48), et la Messe de la Pentecôte, entre autres œuvres majeures, ont contribué à faire d'Olivier Messiaen un des compositeurs les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle.

Son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris a également contribué à sa notoriété internationale, tant la liste de ses élèves est longue et prestigieuse.

Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est né à Avignon, le 10 décembre 1908, premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d'anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927). Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l'instar de sa mère[2]. Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L'Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare, que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent. Il dira même que, des pièces du grand dramaturge anglais, « J'aimais plus que toute autre Macbeth (pour les sorcières et le spectre de Banquo), aussi bien que Puck et Ariel. »[3]

Avec l’arrivée de la première Guerre mondiale en 1914, son père est engagé comme soldat, et sa mère emmène les deux enfants à Grenoble pour vivre avec leur oncle. Le jeune Olivier Messiaen met en scène Shakespeare devant son petit frère, dans des décors faits maison à partir de cellophane peinte à l’aquarelle et collée sur des vitres. À cette époque, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il composera la plupart de sa musique dans cette région de Grenoble, le Dauphiné.

Il débute ses leçons de piano, après avoir commencé l'apprentissage de l'instrument en autodidacte. Il est d’abord intéressé par les compositeurs français récents comme Claude Debussy et Maurice Ravel, dont il découvre très vite les Estampes et Gaspard de la nuit. Il demande comme cadeau de Noël des partitions d’opéras de Mozart, Gluck, Berlioz et Wagner. C'est à cette époque qu’il commence à composer. En 1918, son père revient de la guerre, et la famille déménage pour Nantes. Il continue néanmoins à suivre des cours de musique. Son professeur d’harmonie, Jean de Gibon, lui fournit la partition de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, qui est pour Messiaen une révélation parmi les plus décisives. L’année suivante, son père obtient un poste d’enseignant au lycée Charlemagne à Paris, et la famille déménage à nouveau.

C’est ainsi qu’Olivier Messiaen entre à l’âge de 11 ans au Conservatoire de Paris en 1919 pour étudier le piano et les percussions. Il a notamment comme professeurs Maurice Emmanuel et Marcel Dupré pour l’improvisation et l’orgue, Paul Dukas pour la composition et l’orchestration.
La classe de composition de Paul Dukas au Conservatoire en 1929. Olivier Messiaen est assis à droite.

Il effectue de brillantes études au Conservatoire. En 1924, à l’âge de 15 ans, il obtient un second prix d'harmonie ; en 1926, la même année que Jean Rivier, il obtient un premier prix de fugue et contrepoint ; puis en 1927, celui d'accompagnement au piano. En 1928, après avoir suivi les cours de Maurice Emmanuel, il est lauréat d'un premier prix en histoire de la musique. Maurice Emmanuel lui inculque l'intérêt pour les rythmes grecs anciens, et les modes exotiques. Dans cette prestigieuse institution, il étudie en outre l’orgue avec Marcel Dupré, qui lui transmet l’héritage de la tradition des grands organistes français (Dupré ayant étudié avec Alexandre Guilmant et Louis Vierne, ce dernier étant l'un des derniers élèves de César Franck). Messiaen décroche un premier prix en orgue et improvisation à l’orgue en 1929. Après un an de cours de composition avec Charles-Marie Widor, il suit l'enseignement à l’automne 1927 de Paul Dukas nouvellement nommé en charge d'une classe de composition, avec qui il apprend notamment la maîtrise de l’orchestration. Les études de Messiaen au Conservatoire trouvent leur couronnement avec son obtention, en 1930, du premier prix en composition.

Maturité et célébrité


Église de la sainte Trinité (Paris). Messiaen en fut l’organiste titulaire durant 61 ans.

Il devient organiste à l’église de la Trinité à Paris à l’âge de 22 ans (succédant à Charles Quef) et compose de très nombreuses œuvres pour cet instrument. Messiaen se passionne également pour le plain-chant, les rythmes de l'Inde et les chants des oiseaux dont il entreprend la notation et le classement méthodique.

Il se marie une première fois en 1932 avec Claire Delbos, une violoniste, dont il aura un fils qui terminera ses jours dans un hôpital psychiatrique. De 1936 à 1939 il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum.

Au début de la seconde Guerre mondiale Messiaen est mobilisé comme simple soldat et en 1940, il est prisonnier en Allemagne (Stalag VIII-A à Görlitz). Il compose durant sa réclusion son Quatuor pour la fin du Temps. La première est donnée dans le camp le 15 janvier 1941 par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur. Libéré en mars 1941, il retourne enseigner à Paris où il devient professeur d'harmonie au Conservatoire en 1942. Il y rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui devient la première et la principale interprète de ses œuvres pour piano. Après le décès de sa première épouse en 1959, il épouse Yvonne Loriod en 1961. Au Conservatoire de Paris, devant l'hostilité d'un corps enseignant passéiste, Messiaen est d'abord professeur de philosophie de la musique, puis, avec l'évolution des années, sa classe d'analyse musicale de renommée mondiale devient officiellement classe de composition en 1966.

Messiaen voyage, se produit comme pianiste avec Yvonne Loriod, et enseigne dans divers pays : Argentine, Bulgarie, Canada, États-Unis, Finlande, Hongrie, Italie, Japon, etc.

Il compte parmi ses élèves Pierre Boulez, Marius Constant, Antoine Duhamel, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Mefano, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis, Michaël_Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Gérard Grisey, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet SzŒnyi, Alain Mabit, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier, Michèle Reverdy, etc.

Il meurt le 27 avril 1992 à l'Hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne. Il est enterré au cimetière de Saint-Theoffrey, à 35 km de Grenoble, près de Laffrey et de Vizille (Isère), village dans lequel il possédait une propriété. Sa stèle en forme d'oiseau est facilement reconnaissable.

Le festival Messiaen au pays de la Meije[4] est créé en 1977 et se déroule en juillet dans le village de montagne de La Grave, près de la Meije, qu'il affectionnait.
Langage musical [modifier]
La fauvette des jardins a donné à Messiaen le matériau et le titre de sa Fauvette des jardins pour piano (1970-72)

Le langage musical d'Olivier Messiaen ne peut vraiment être rattaché à une école particulière — même si Messiaen a fait partie du groupe Jeune France avec André Jolivet, Jean Yves Daniel-Lesur et Yves Baudrier.

Parmi les éléments caractéristiques de son langage, on trouve :

    * la couleur : Messiaen disait être, intellectuellement, et non véritablement, synesthète ;
    * les chants d’oiseaux qu'il enregistrait et transcrivait lui-même, en faisant des recueils complets (Catalogue d'oiseaux pour piano) mais aussi en y faisant référence dans ses autres œuvres ;
    * les rythmes, dont les rythmes hindous, en particulier les Deçî-Tâlas, rythmes provinciaux de l'Inde antique, auxquels il fait subir des transformations qui rappellent celles que les contrapuntistes appliquent aux hauteurs : augmentation, rétrogradation, miroir...
    * les modes à transposition limitée, gammes de notes dont la composition n’est pas changée par une transposition à la tierce mineure (3 transpositions) ou à la tierce majeure (4 transpositions) ou à la quarte augmentée (6 transpositions), alors qu’une gamme habituelle possède douze transpositions possibles toutes différentes ;
    * l'inspiration chrétienne d'un très grand nombre de ses œuvres, selon lui sa source d'inspiration la plus essentielle.
    * la métrique grecque, le plain-chant.


Œuvres

Article détaillé : Liste des œuvres d'Olivier Messiaen.
Discographie partielle

Pour une discographie plus détaillée, voir les articles consacrés aux œuvres d'Olivier Messiaen.

    * La Nativité du Seigneur, Le Banquet Céleste, Apparition de l'église éternelle - Calliope, 1972 par Louis Thiry sur l'orgue Metzler de la Cathédrale Saint-Pierre de Genève.
    * Messe de la pentecôte, Livre d'orgue - idem.
    * L'Ascension, Les Corps glorieux - idem.

Ces trois disques, considérés comme « l'une des plus grandes réalisations de toute l'histoire du disque » (Paul Menier - Télérama), ont obtenu le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros 1973, ainsi qu'un diapason d'or. Olivier Messiaen écrivit à propos de cet enregistrement : « Louis Thiry est un extraordinaire organiste, virtuose accompli, musicien total, d'une mémoire et d'une adresse sans égale : on peut le classer parmi les héros de la musique ! Il a donné plusieurs exécutions prestigieuses de mes œuvres d'orgue les plus difficiles – notamment de ma Messe de la Pentecôte. Tous ceux qui ont entendu et tous ceux qui entendront Louis Thiry ne peuvent que l'admirer. »

    * Quatuor pour la fin du Temps.


Si ce quatuor est une des partitions les plus accessibles d'Olivier Messiaen, c'est aussi l'une des plus émouvantes. Pour cette œuvre, composée au Stalag VIII-A de Görlitz, le musicien s'est inspiré d'une citation de l'Apocalypse de saint Jean : « Je vis un ange plein de force, descendant du ciel, revêtu d'une nuée, ayant un arc-en-ciel sur la tête. Son visage était comme le soleil, ses pieds comme des colonnes de feu. Il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre, et, se tenant debout sur la mer et sur la terre, il leva la main vers le Ciel et jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, disant : « Il n'y aura plus de temps » ; mais au jour de la trompette du septième ange, le mystère de Dieu se consommera[5] ».

L'œuvre a été composée pour le clarinettiste Henri Akoka, le violoniste Jean Le Boulaire et le violoncelliste Étienne Pasquier, détenus avec lui, et créée le 15 janvier 1941, quelques semaines avant la libération du compositeur. Olivier Messiaen disait lui-même ceci à propos de son quatuor : « Lorsque j'étais prisonnier, l'absence de nourriture me donnait des rêves colorés : je voyais l'arc-en-ciel de l'Ange, et d'étranges tournoiements de couleurs. Mais le choix de « l'Ange qui annonce la fin du Temps » repose sur des raisons beaucoup plus graves. […] Au nom de l'Apocalypse, on a reproché à mon œuvre son calme et son dépouillement. Mes détracteurs oublient que l'Apocalypse ne contient pas que des monstres et des cataclysmes : on y trouve aussi des silences d'adoration et de merveilleuses visions de paix. De plus, je n'ai jamais eu l'intention de faire une Apocalypse : je suis parti d'une figure aimée (celle de « l'Ange qui annonce la fin du Temps ») et j'ai écrit un quatuor pour les instruments (et instrumentistes) que j'avais sous la main, à savoir : un violon, une clarinette, un violoncelle, un piano. […] Dernière remarque. Mon Quatuor comporte huit mouvements. Pourquoi ? Sept est le nombre parfait, la création de six jours sanctifiée par le sabbat divin ; le sept de ce repos se prolonge dans l'éternité et devient le huit de la lumière indéfectible, de l'inaltérable paix. »

Écrits

    * Vingt leçons d’harmonie : dans le style de quelques auteurs importants de « l’histoire harmonique » de la musique depuis Monteverdi jusqu’à Ravel, Paris, Alphonse Leduc, 1939, 53 p.
    * Technique de mon langage musical, Paris, Leduc, 1994, 112 p.
    * Traité de rythme, de couleur et d’ornithologie : 1949-1992, Paris, Leduc, 1994-2002, 7 vol.
    * Conférence de Bruxelles, Paris, Leduc, 1959, 16 p.
    * Conférence de Notre-Dame, Paris, Leduc, 1978, 15 p.
    * Conférence de Kyoto, Paris, Leduc, 1988, 14 p.

Distinctions

    * 1966 - Membre de l'Institut de France
    * 1969 - Prix Calouste Gulbenkian
    * 1971 - Prix Erasme
    * 1975 - Prix Ernst von Siemens
    * 1975 - Membre Associé de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique
    * 1978 - Médaille du Conseil canadien de la musique
    * 1983 - Prix de la Wolf Foundation of the Arts (Jérusalem)
    * 1985 - Prix de la Fondation Inamori (Kyoto)
    * 1987 - Grand-croix de la Légion d'honneur
    * 1988 - Prix Paul VI

Œuvres dédiées à Olivier Messiaen


Michèle Reverdy a composé plusieurs œuvres en hommage à Olivier Messiaen : Météores pour 17 instrumentistes, commandé par le Festival de Besançon pour les 70 ans de Messiaen en 1978 ; Anacoluthes pour 7 instruments, composé pour le centenaire de sa naissance, commande de la BBK pour le L. I. M. (Laboratorio de Interpretacion Musical)

 Bibliographie

    * En français
          o Philippe Olivier, Messiaen ou la lumière, Paris, Hermann, 2008, 194 p.
          o Pascal Arnault, Messiaen… Les sons impalpables du rêve, Lillebonne : Millénaire III, 1997, 187 p.
          o Yves Balmer,
                + Comment compose Messiaen ? Analyse et critique génétique des Visions de l’Amen d’Olivier Messiaen, mémoire de recherche en analyse au Conservatoire de Paris (CNSMDP), sous la dir. de Michaël Lévinas, 2008, 112 p.
                + Édifier son œuvre : genèse, médiation, diffusion de l’œuvre d’Olivier Messiaen, thèse de doctorat, Université Charles-de-Gaulle Lille 3, 2008, 3 vol.
          o Yves Balmer et Anne-Sylvie Barthel-Calvet, Article bibliographique : compte-rendu de l’ensemble des ouvrages parus pendant l’année du centenaire Messiaen, 2008, 1ère partie : 6 ouvrages, Revue de musicologie, 2009, vol. 95, n° 1, p. 239-250.
          o Jean Boivin,
                + La Classe de Messiaen. Historique, reconstitution, impact, thèse de doctorat sous la direction de Jean-Jacques Nattiez, Université de Montréal, 1992, 3 vol.
                + La Classe de Messiaen, Paris : Claude Bourgois, coll. Musique, passé, présent, 1995, 482 p.
          o Anne Bongrain, dir. Messiaen 2008 : Messiaen au Conservatoire : contributions du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris aux célébrations de la naissance d'Olivier Messiaen, Paris : CREC, 2008, 288 p.
          o Siglind Bruhn, Les Visions d’Olivier Messiaen, Paris, L’Harmattan, 2008, 346 p.
          o Antoine Goléa, Rencontres avec Olivier Messiaen, Paris, Juilliard, 1961, 285 p.
          o Harry Halbreich,
                + Olivier Messiaen, Paris, Sacem-Fayard, 1980, 532 p.
                + L’Oeuvre d’Olivier Messiaen, Paris, Fayard, 2008, 595 p.
          o Dominique Hausfater, La Bibliothèque de Messiaen léguée au Conservatoire, dans Anne Bongrain,op. cit., 2008, p. 89-114.
          o Peter Hill et Nigel Simeone, Olivier Messiaen, traduit de l’anglais par Lucie Kayas, Paris, Fayard, 2008, 592 p.
          o Lucie Kayas, Chronique d’une carrière d’enseignant exceptionnelle, dans Anne Bongrain, op. cit., 2008, p. 9-23.
          o Olivier Latry et Loïc Maillie, L’Œuvre d’orgue d’Olivier Messiaen : œuvres d’avant-guerre, Stuttgart, Carus-Verlag, 2008, 252 p.
          o Catherine Lechner-Reydellet, Messiaen : l’empreinte d’un géant, Paris, Séguier, 2008, 369 p.
          o Pierrette Mari, Olivier Messiaen, Paris, Seghers, coll. Musiciens de tous les temps, 1965, 192 p.
          o Brigitte Massin, Olivier Messiaen : une poétique du merveilleux, Aix, Alinéa, 1989, 232 p.
          o Alain Perier, Olivier Messiaen, Paris, Seuil, coll. Microcosme. Solfèges, 1979, 191 p.
          o Michèle Reverdy,
                + L’œuvre pour piano d’Olivier Messiaen, Paris, Leduc, coll. Au-delà des notes 1978, 100 p.
                + L’œuvre pour orchestre d’Olivier Messiaen, Paris, Leduc, 1988, 183 p.
          o Rebecca Rischin, Et Messiaen composa ... : genèse du « Quatuor pour la fin du temps », trad. E. Akoka et G. Marlière, Paris, Ramsay, coll. L’Indicible 2006 (éd. orig. For the end of time : the story of the Messiaen Quartet, 2003), 249 p.
          o Claude Rostand, Olivier Messiaen, Paris, Ventadour, coll. Musiciens d’aujourd’hui, 1957, 47 p.
          o Claude Samuel,
                + Permanences d’Olivier Messiaen : Dialogues et commentaires, Paris, Actes Sud, 1999, 484 p.
                + Entretiens avec Olivier Messiaen, Paris, Pierre Belfond, coll. Entretiens, 1967, 239 p.

    * En anglais
          o Julian Anderson, Messiaen and the notion of influence, Tempo 63, 2009, p. 2-18.
          o Yves Balmer et Anne-Sylvie Barthel-Calvet,Religious literature in Messiaen’s personnal library, dans Messiaen the theologian, Andrew Shenton, dir., Aldershot : Ashgate, 2010, p. 15-28.
          o Lilise Boswell-Kurc, Olivier Messiaen’s Religious Wartime Works and their Controversial Reception in France (1941-46), PhD, New York University, 2001, 529 p.
          o Siglind Bruhn,
                + Messiaen’s Language of Mystical Love, New York : Garland, 1998, 271 p.
                + Messiaen’s Explorations of Love and Death, Hillsdale (NY) : Pendragon Press, 2008, 288 p.
                + Messiaen's Interpretations of Holiness and Trinity: Echoes of Medieval Theology in the Oratorio, Organ Meditations, and Opera, Hillsdale (NY) : Pendragon Press, 2008, 230 p.
                + Messiaen's Contemplations of Covenant and Incarnation, Hillsdale (NY) : Pendragon Press, 2008, 296 p.
                + Olivier Messiaen : Music, Art and Literature, edited by Christopher Dingle and Nigel Simeone, Aldershot (Hampshire) et Burlington (Vermont) : Ashgate, 2007, 358 p.
          o Jennifer Donelson, Musical Technique and Symbolism in Noël from Olivier Messiaen’s Vingt regards sur l’Enfant-Jésus : a Defense of Messien’s Words and Music, Ann Arbor : UMI Dissertation Services, 2008, 100 p.
          o Robert Fallon, Messiaen’s Mimesis : the Langage and Culture of the Bird Styles, PhD, University of California Berkeley, 2005.
          o Paul Griffiths, Messiaen, Olivier, dans The New Grove Dictionary of Music and Musicains (Londres : Macmillan), Stanley Sadie et John Tyrell (éd.), 2001, vol. 16, p. 491.
          o Peter Hill, The Messiaen Companion, Londres, Boston, Faber and Faber, Peter, éd. 1995, 581 p.
          o Peter Hill et Nigel Simeone,
                + Olivier Messiaen, New Haven, Lonres, Yale University Press, 2005, XII-435 p.
                + Olivier Messiaen : Oiseaux exotiques, Aldershot, Ashgate, 2007, 128 p.
          o Madeleine Hsu, Olivier Messiaen, the Musical Mediator : a Study of the Influence of Liszt, Debussy and Bartók, Madison, Teaneck, Fairleigh Dickinson University Press, Londres, Associated university presses, 1996, 183 p.
          o Roger Nichols, Messiaen, Londres, Oxford University Press, coll. Oxford Studies of composers, 1975. 79 p.
          o Matthew Schellhorn, « Les noces » and « Trois petites liturgies » : an assessment of Stravinsky’s influence on Messiaen, dans Dingle et Simeone, op. cit., 2007, p. 39-61.
          o Andrew Shenton,
                + Olivier Messiaen’s System of Signs, Aldershot, Ashgate, 2008, 196 p.
                + Messiaen The Theologian, Aldershot, Ashgate, 2010, 290 p.
          o Nigel Simeone,
                + Olivier Messiaen : A bibliographical catalogue of Messiaen’s works : first editions and first performances, Tutzing, Hans Schneider, 1998, XIX-249 p.
                + « Bien cher Félix… » : Letters from Olivier Messiaen and Yvonne Loriod to Félix Aprahamian, éd. Nigel Simeone, Cambridge, Mirage Press, 1998, 55 p.
    * Sander Van Maas, The Reinvention of Religious Music: Olivier Messiaen's Breakthrough Toward the Beyond, New York, Fordham University Press, 2009, XI-229 p.

Notes et références

   1. Å™ Biographie d'Olivier Messiaen sur le site de l'Ircam [archive]
   2. Å™ Parmi les titres de ses nombreuses publications : C’était toi le Démon ! Suppliques, tentation, poèmes et prières, Paris, Les Cahiers des jeunes, 1936 ; L’Âme dévorée, nouvelles suppliques, nouvelles prières…, Paris, Les Cahiers des jeunes, 1937 ; La petite Lampe : poèmes de captivité et autres textes inédits, Paris, Desclée de Brouwer, 1942 (Cahiers des poètes catholiques, 44) ; La Prédelle du donateur : poèmes 1960-1978, Rodez, Subervie, 1978 ; mais aussi Le Cortège d’Euterpe , œuvre constituée de vingt-deux volumes de poésies analytiques, dites « analyses lyriques  », sur les œuvres et parfois les interprètes entendus au concert. Le Cortège d’Euterpe est une œuvre constituée de 22 volumes, paraissant entre 1961 et 1986 : (Pour une) Bible en images sonores, Rodez, Subervie, 1983. (Le Cortège d’Euterpe, 20) ; Le Jugement dernier des musiques, Rodez, Subervie, 1986. (Le Cortège d’Euterpe, 22).
      Sur les liens entre Olivier Messiaen et son frère consulter : Yves Balmer, Je suis né croyant... Aux sources du catholicisme d'Olivier Messiaen, 32 pages in Musique, art et religion dans l’entre-deux-guerres, Ed.Symétrie, 2009, 560 p. (ISBN 978-2-914373-50-0)
   3. Å™ Claude Samuel, Entretiens avec Olivier Messiaen, Paris, 1986, p.               5
   4. Å™ Site du festival [archive]
   5. Å™ Apocalypse de saint Jean, chap. X, 1-7








Les lendemains de Fête


Ce fut, à la fois, un projet exaltant et un long parcours, une explosion musicale et la poursuite d’une réflexion ; ce fut la rencontre d’un immense public, également attentif à Toulouse et à Strasbourg, à Tokyo et à Montréal ; ce fut une étape décisive dans la trajectoire d’une œuvre monumentale, et dans le dépassement des repères dûment répertoriés.

Bref, l’Année Messiaen ne fut pas la banale célébration d’un Centenaire, un rituel où s’enchaînent les hommages convenus. L’Année Messiaen, ce fut d’abord l’occasion de réentendre des partitions, historiquement inscrites dans notre modernité et cependant rarement affichées dans les programmes de nos concerts, telle cette Turangalîla-Symphonie qui, en son temps, alimenta mille polémiques et qui, aujourd’hui encore et au-delà du respect dont elle bénéficie, divise l’opinion  -  signe de sa vitalité. Ce fut l’occasion, pour certains, de découvrir des œuvres sans doute de moindre importance mais révélatrices, au sein  de la multiplicité des chemins explorés, d’une formidable curiosité de l’auteur, tels les Quatre Etudes de rythme, le Livre d’orgue, ou encore ces brefs Timbres-Durées que Messiaen concéda au studio expérimental de Pierre Schaeffer. Et l’occasion donnée à ceux qui, allant de la fresque orchestrale aux grands cycles de piano et d’orgue, de reconnaître la permanence d’une esthétique, l’acuité  d’une signature.

De plus, répondant aux objectifs fixés au départ, mais sans doute moins qu’on ne l’aurait souhaité, l’Année Messiaen a permis d’établir des correspondances : en témoignent notamment les rapprochements Mozart-Messiaen, Berlioz-Messiaen, Moussorgsky-Messiaen, Debussy-Messiaen – la confrontation Bruckner-Messiaen (du type « pâté d’alouette ») à laquelle certains ont sacrifié n’ayant ici guère de justification. Et correspondance avec les œuvres des héritiers où, là aussi, on aurait souhaité  plus d’empressement, sinon de ferveur ; mais les disciples encore présents en notre monde, au premier rang desquels il convient naturellement de citer Pierre Boulez, se sont eux-mêmes ardemment manifestés. Faut-il ajouter que les responsables artistiques de Messiaen 2008 auraient aimé que les œuvres de ces musiciens qui apprirent à composer rue de Madrid, sous l’œil du maître, fussent davantage à l’honneur ? Nos partenaires firent leurs choix, et nous aurions mauvaise grâce à le leur reprocher, tant leur présence fut déterminante dans la réussite de la manifestation.

Cette manifestation fut nationale, encore que certaines institutions françaises firent, si j’ose dire, un « service minimum » - nous permettant, en quelque sorte et sur un autre plan, de rétablir le rapprochement Berlioz-Messiaen, les mal aimés de longue date de nos décideurs. Tout cela compensé par le formidable investissement, grâce aux hommes et femmes qui les animent, de plus modestes structures, telle l’association avignonnaise qui poursuit un long combat dans la ville natale de notre compositeur ou encore, mais la liste exhaustive serait trop longue, cette école de musique de Sarcelles, où nous avons rencontré une grande centaine d’élèves, de tous âges, à l’écoute d’une musique qui n’est évidemment pas leur pain quotidien… Moments privilégiés car largement inattendus ; au-delà de ces cas d’exception, et toujours à l’échelle nationale, il faut citer la très large programmation de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, et aussi, dans le répertoire vocal habituellement peu fréquenté dans ce domaine, la superbe présence des jeunes chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, au cours de la semaine coproduite par Messiaen 2008 et le Théâtre de l’Athénée.  

Dans une époque où les références sont, à l’excès, quantitatives, il faut tout de même afficher nos résultats : quand toutes les manifestations seront répertoriées, on devrait pouvoir compter à travers le monde pour l’année 2008 près de mille cinq cents concerts où furent exécutées une ou plusieurs oeuvres de Messiaen - tous détails donnés sur le site internet que nous allons continuer à alimenter. Se sont ajoutées à cela des animations et des colloques afin d’ interroger les partitions au-delà des notes, des opérations pédagogiques, des expositions, de superbes éditions et ré-éditions discographiques et une abondante publication de livres sur Messiaen, l’homme et l’œuvre. Si secret, et malgré tout, toujours secret…

Les journalistes, presse écrite et radiophonique, ont constamment relayé l’information et contribué à donner un exceptionnel retentissement à la célébration. A nos partenaires financiers, officiels ou privés, dont les noms et les logos fleurissent sur notre site, va également toute notre reconnaissance. Mais, en première ligne, ce sont artistes qu’il convient de remercier et de féliciter : pianistes, organistes - sans omettre quelques formidables clarinettistes et violoncellistes croisée à l’écoute du Quatuor pour la fin du Temps - chanteurs (et chanteuses, surtout), chefs et musiciens d’orchestre.

L’année Messiaen est terminée ; l’effet Messiaen ne fait que commencer. Pas un culte figé dans le respect, mais une approche toujours vivante ; car nous n’avons pas encore épuisé les modèles que Messiaen nous a offerts, quelques mystères aussi qui seront un jour remis pour nouvel inventaire à notre postérité.

Claude Samuel
Délégué général de Messiaen 2008

 







Catalogue d'oiseaux

Catalogue d'Oiseaux est une œuvre pour piano d'Olivier Messiaen constituée de treize pièces, composée entre octobre 1956 et septembre 1958 et dédiée aux oiseaux et à Yvonne Loriod

L'œuvre a été créée par Yvonne Loriod le 15 avril 1959 à Paris, salle Gaveau pour les concerts du Domaine Musical organisés par Pierre Boulez

Messiaen n'a pas voulu pour ces pièces se limiter à l'évocation de l'oiseau dont chacune d'elle porte le titre. Il précise : « Chaque pièce est écrite en l'honneur d'une province française. Elle porte en titre le nom de l'oiseau-type de la région choisie. Il n'est pas seul : ses voisins d'habitat l'entourent et chantent aussi (...)- son paysage, les heures du jour et de la nuit qui changent ce paysage, sont également présents, avec leurs couleurs, leur températures, la magie de leurs parfums. »





25/09/2010
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