Alain YVER

Alain YVER

OLIVIER RATSI

OLIVIER RATSI








http://ratsi.free.fr/ratsi/index.html

http://www.antivj.com/index2.htm

http://www.wysi-not-wyg.com/

http://www.deconstruction-time-again.com/

http://www.myspace.com/ratsi404notfound


http://www.facebook.com/pages/Olivier-Ratsi-label-Antivj/168955889815239

Interview d'Olivier Ratsi - Anarchitect3
http://creative.arte.tv/en/space/Le_Cube/message/5413/Interview_d_Olivier_Ratsi_-_Anarchitect3/

http://www.dailymotion.com/emovie#video=x58t2a

http://www.youtube.com/watch?v=m4yg4MiYP7w




Olivier Ratsi

Biographie

Il crée Emovie en 1999 afin d'associer l'animation vidéo live et la musique électronique. 
En tant que VJ, il a performé dans des festivals de musique électronique tels que Nordik Impakt, Paysage electroniques, le Name Festival… Et d'art vidéo : Mal au Pixel, Nemo, Emergences, Optronica, VJ Mapping, Videoformes. Il s'est produit sur des mix de Laurent Garnier, Jeff Mills, Dave Clarke…

Depuis 2007, il fait partie du label visuel AntiVJ, composé de Yannick Jacquet, Joanie Lemercier et Romain Tardy. Leurs recherches portent sur la perception de l'espace à travers l'influence de la lumière vidéoprojetée sur des installations en volume.

Le travail d' Olivier Ratsi s'articule essentiellement autour des représentations de la perception du monde et de l'expérience du réel à travers l'image fixe et animée.
Inspiré par la loi de la relativité d'Einstein et par les recherches photographiques de Muybridge, il développe un processus de création basé sur la déconstruction des repères spatio-temporels.

http://lecube.com/fr/olivier-ratsi_601











Olivier Ratsi


 Olivier Ratsi, 206v4, Anarchitecture in Korea (WYSI*not*WYG project)
Le travail d'Olivier Ratsi est principalement basé sur les représentations de la perception de l'espace et de l'expérience de la réalité. Considérant la réalité objective, le temps, l'espace et la matière comme des notions d'information intangibles, il partage avec le spectateur un autre point de vue en créant une cassure au niveau de l'information de la réalité tangible.
Cette cassure est un processus créatif basé sur la déconstruction jouant surtout un rôle de levier émotionnel, qui ne vise pas à montrer ce que les choses pourraient être mais interroge plutôt leur références. Une cassure significative et perturbante mais bien pensée pour que le récepteur ne puisse pas décoder entièrement l'information, sans pour autant le priver de toute possibilité de reconstruction de l'image, via sa propre expérience de la vie.

http://www.slash.fr/fr/artistes/olivier-rasi/a-propos






À travers son projet photographique "Anarchitecture", Olivier Ratsi déconstruit notre environnement urbain quotidien pour en offrir une nouvelle réalité. Par son travail de fragmentation, de mise en opposition d'éléments mouvants et mobiles, il opère une remodélisation totale du paysage à travers le traitement numérique de ses images.

http://s-h-a-g.fr/olivierratsi






"Anarchitec³" Olivier Ratsi

Le Cube accueille une exposition monographique de l'artiste numérique Olivier Ratsi, membre du célèbre label AntiVJ. Photographies, vidéos et oeuvres in situ.
À travers son projet photographique Anarchitecture (projet WYSI*not*WYG - What You See Is NOT What You Get), Olivier Ratsi déconstruit notre environnement urbain quotidien pour en offrir une nouvelle réalité. Par son travail de fragmentation de l'image et de mise en opposition d'éléments mouvants et mobiles, il opère une remodélisation du paysage par le traitement numérique de clichés.

Ce projet considère la réalité objective, le temps, l'espace et la matière comme des notions d'information intangibles. Par le biais de la décomposition photographique, Ratsi crée une cassure dans cette réalité objective (celle des grands ensembles urbains), altérant notre perception du réel. Ces architectures du quotidien deviennent à la fois étranges et familières, proche et lointaine. En interrogeant ainsi l'individu sur sa place au sein de ces ensembles urbains et sa capacité à recomposer ce que l'artiste a morcelé, Olivier Ratsi provoque l'interactivité entre l'œuvre et le spectateur selon un exercice mental de reconstruction visuelle.

Pour Le Cube, Olivier Ratsi crée un projet in situ, intégrant et transformant l'environnent immédiat du lieu. En effet, les bâtiments extérieurs visibles depuis la grande baie vitrée du Cube se superposent par transparence à l'image déconstruite qu'en donne Oliver Ratsi dans ses tirages. Ces oeuvres grands formats offrent une vision simultanée de la réalité (les immeubles qui font face au Cube) et de la fiction (les photographies de l'artiste).

www.ratsi.com / www.wysi-not-wyg.com / www.antivj.com

http://lecube.com/fr/anarchitec3-olivier-ratsi_1641







Olivier Ratsi
Celine Bodin 9 juillet
Anarchitecture.

Anarchitecture est une série de créations photographiques de l'artiste Olivier Ratsi, qui s'articule autour des représentations de l'espace et de l'expérience du réel. Fragmentant puis recomposant des photographies de grands ensembles urbains prises à divers endroits du monde, Olivier Ratsi joue avec la perception de notre environnement urbain quotidien pour en questionner les références.
Artiste visuel, membre co-fondateur du label AntiVJ, Olivier Ratsi, né en 1972, vit et travaille à Paris.
Le travail d'Olivier Ratsi prend forme à travers différents modes d'expressions artistiques: la photographie, l'art numérique, l'installation en volume et les performances visuelles. Graphiste de formation, il travaille à la fin des années 90 pour un magazine de musiques électroniques. C'est à cette époque qu'il découvre une pratique en plein essor: le Vjing.  Il mixe alors des visuels live lors d'événements pour de grands noms de la musique électronique comme Jeff Mills, Ellen Allien ou Laurent Garnier. Cette activité de VJ l'amène à se produire dans de nombreux festivals, en France et en Europe, comme le festival VJ Mapping, Scopitone, Némo, EXIT, Vidéoformes, Emergences, Vision'R mais aussi dans des événements plus liés à la musique électronique comme le NAME Festival, Nordik Impakt, les Paysages Electroniques… Fasciné par la relation entre images fixes et animées, il développe en collectif le projet d'expérimentation visuelle Emovie et pose les bases de sa réflexion sur la déconstruction des repères spatio-temporels. En 2005, dans le cadre de son projet WYSI*not*WYG (What You See Is *NOT* What You Get), Olivier Ratsi entame une série de travaux intitulée « Anarchitecture »,  créations photographiques à partir de visuels de paysages urbains déconstruits puis recomposés par collage numérique. En 2007, il s'associe avec trois autres artistes pour fonder le label AntiVJ, un label visuel, spécialisé dans les projections audiovisuelles, la scénographie, les performances architecturales et les installations lumineuses.
Le terme « Anarchitecture » évoque le groupe d'artistes du même nom fondé en 1974 par Gordon Matta-Clark. Si les Anarchitectures d'Olivier Ratsi ont pour objectif de modifier notre perception du réel et du paysage urbain, elles ne contiennent pas la dimension critique et sociale de l'œuvre radicale de Gordon Matta-Clark. Les Anarchitectures sont des échantillons d'images, tirés de notre réalité objective. L'idée est de fragmenter un paysage urbain à partir d'un sample (photographie) selon un processus qui décompose en plusieurs plans les éléments fixes en gardant une représentation fidèle des éléments en mouvement. L'objectif est de générer une rupture avec les significations des éléments d'origine afin de proposer au spectateur un nouvel angle d'observation. Les paysages urbains deviennent alors des décors de fiction légèrement énigmatiques où les perspectives sont faussées. Le spectateur est amené à interagir avec l'œuvre selon un exercice mental de reconstruction visuelle. Il reconstruit selon sa propre sensibilité et sa propre expérience. Tout en cherchant à s'échapper de la notion de réalité véhiculée par la notion de photographie, le choix de l'artiste est de ne pas trop déconstruire et recomposer afin que ses compositions photographiques n'aient pas un rendu seulement plastique. Les paysages photographiés, en France, en Corée, en Chine, en Tunisie ou encore aux Pays-Bas présentent des esthétiques différentes mais interrogent des valeurs communes de rapport à la ville et à son évolution architecturale.

http://www.boumbang.com/olivier-ratsi/







Olivier Ratsi utilise la technologie numérique au sein de sa démarche artistique.

Son travail s'articule essentiellement autour des représentations de la perception du monde et de l'expérience du réel au travers l'image fixe et l'image animée. Inspiré par le travail d'Einstein sur la loi de la relativité restreinte et par Muybridge sur ses recherches sur le mouvement, il a développé à partir de la photographie ou de la chronophotographie un processus de création basé sur la déconstruction des repères spatio-temporels. Son objectif est de générer une rupture avec la signification des éléments d'origine, de proposer un nouvel angle d'observation afin de fournir au public un nouveau champ d'expérience, une autre façon de concevoir l'espace et le temps. Ce travail prend forme à travers différents domaines artistiques : la photographie, la peinture numérique, la vidéo, l'installation en volume et le VJing qui lui permet de présenter son processus de création et de le former à chaque fois d'une manière différente, faisant ainsi de l'acte de performer, non pas une fin en soi, mais partie intégrante de sa démarche artistique. Olivier Ratsi fait partie du collectif AntiVJ dont l'axe de recherche principale est l'influence et la perception de l'espace au travers de la lumière vidéoprojetée sur des installations en volume.

http://www.digitalarti.com/user/olivier_ratsi







« Traquer les glitchs de la nature » Olivier Ratsi

Olivier Ratsi est un artiste multimédia qui pratique le vjing, la photographie, les projections et installations vidéos et la peinture numérique. Il réalise aussi des performances audiovisuelles monumentales et du mapping (projections de vidéos sur façades) avec le label AntiVj. Il travaille les ruptures de la réalité objective de temps, d'espace et de matière et propose au spectateur d'explorer de nouvelles perceptions en détruisant ses expériences spatio-temporelles habituelles.
 
Son projet d'espace – WYSI-not-WYG
À partir d'une photographie du paysage urbain, Ratsi fragmente l'image selon un processus qui décompose en plusieurs plans les éléments fixes et garde une représentation fidèle des éléments en mouvement (Anarchitecture). Il déconstruit le paysage urbain et laisse ainsi la possibilité au spectateur de reconstruire mentalement ce qu'il connaît mais avec ses impressions personnelles. Il décline ce procédé pour réaliser des performances de mapping  (Space Ana) et des installations numériques (Sub Space Ana).
 
Son projet d'espace-temps  – Destruction Time, Again
Olivier Ratsi applique toujours le même processus de déconstruction mais cette fois-ci non pas à une seule image mais à plusieurs photographies décomposant les mouvements d'une même séquence. En allant encore plus loin, il imagine une sculpture composée de fragments, l'élément rectangulaire central de toutes ses créations. Leurs associations chaotiques dans l'espace, symbole de déconstruction, sont coordonnées par un scénario lumineux très précis. C'est la lumière et donc le rapport au temps qui apporte la cohérence.

 
Interview :
 
Ton processus de création peut-il être assimiler à des « sample » plastiques ?
En effet, dans mon projet consacré à l'espace (Anarchitecture), j'utilise la photographie, le médium qui se rapproche le plus de la réalité, et je la sample pour la transformer en une multitude d'informations. L'appareil photo n'est alors qu'un outil et la réalité est retravaillée par ordinateur avec des logiciels. L'espace, les volumes sont remodelés pour exprimer une déconstruction de la perception. Dans mon travail sur l'espace-temps, j'utilise des chronophotographies et je travaille donc sur plusieurs samples. J'introduis la notion de temps que j'envisage comme un ensemble de plusieurs instants uniques. Chacun d'eux doit subir le même traitement artistique. Il peut y avoir plusieurs versions d'une même image artistique.
 
Pourquoi représentes-tu toujours la déconstruction par des rectangles ?
J'ai commencé à créer des erreurs de la réalité dans les années 2000. À l'époque j'utilisais un caméscope et la fonction rembobinage / accéléré rapide. Il apparaissait comme des puzzles qui se créaient dans un rapport au temps déformé. Depuis je continue à reproduire ces rectangles par des processus graphiques, je crée des glitchs maîtrisés, je déconstruis de façon très précise. Le rectangle est une valeur informatique et notre esprit lui donne l'apparence qui correspond à la réalité. Dans mon travail, il y a toujours des angles droits. Je pourrais faire la même chose en collage et pas seulement en numérique.
 
Pourrait-on qualifier ton travail de glitch d'un paysage physique ?
Par mon travail artistique, je tente de traquer des glitchs imperceptibles aux yeux des humains. Je capte la forme de glitch présente dans ce qui nous entoure mais que nous ne percevons pas, je cherche les erreurs de la nature. Les gens ne regardent pas vraiment, ils font appel à leur mémoire de l'environnement. Pour moi les images sont des rectangles déplacés et ce sont ces accidents visibles que je représente artistiquement. Je ne donne pas de solution au spectateur, j'essaye juste de lui donner des pistes pour se détacher de sa construction mentale définie.
 
Tes images sont-elles inspirées de visions personnelles ?
Depuis l'enfance, je m'amuse à regarder les mêmes objets de façon différente. Je les observe comme si c'était la première fois que je les voyais, je les décortique comme s'ils étaient des informations à l'état brut et que chaque élément de la nature était composé de ces mêmes données. J'aime voir comme si je découvrais. Dans mon travail plastique, je reproduis cette vision, j'ai des images en tête et je tente de les reproduire. Cette pratique plastique reflète mes interrogations et une intuition personnelle.

http://www.reecrire.com/traquer-les-erreurs-de-la-nature-olivier-ratsi/






À la lueur du numérique
Anne Philippon

Rafael Lozano-Hemmer, Intersection articulée. Architecture relationnelle 18, 2011, Triennale Québécoise, Musée d'art contemporain de Montréal

Phénomènes, tel était le thème qui englobait cette première édition de la Biennale internationale d'art numérique (BIAN) et où l'on pouvait côtoyer, entre autres, des phénomènes physiques et chimiques qui d'ordinaire sont invisibles à l'œil nu et qui grâce aux instruments scientifiques et optiques, mais surtout grâce à la rencontre des arts et des technologies, peuvent changer notre perception du monde. Le lien foncier entre les arts, les sciences et les technologies n'est pas nouveau, mais plutôt continu tout au long de l'histoire de l'art, car ces domaines se nourrissent l'un l'autre. Léonard de Vinci, Muybridge, Brancusi et Mondrian en sont des exemples probants. Cette approche empirique cherche à percer tant bien que mal les grands mystères de notre monde par l'observation et l'expérimentation de phénomènes qui recèlent de grandes interrogations. La concomitance entre arts et technologies est encore le sujet de nombreux débats : « L'art technologique et l'art numérique, ont emprunté un chemin de traverse à l'écart des voies classiques de l'art contemporain, se rapprochant plus de certaines industries technologiques que des institutions muséales contemporaines. Ainsi, le monde de l'art a toujours regardé avec méfiance les machines et la technologie, associées dans un découplage cartésien classique à un corps sans âme à l'opposé de la sphère intellectuelle à laquelle l'artiste est intégré depuis Hegel1. »
Ici plus qu'ailleurs, la collaboration complexe et fondamentale entre artistes, compositeurs, programmateurs, ingénieurs, chercheurs et scientifiques est plus tangible et moins dans l'ombre qu'autrefois et s'éloigne de la figure mythique de l'artiste individualiste. La perméabilité entre les frontières de l'art et le décloisonnement entre les domaines de recherches contribuent à réfléchir sur les arts autrement que par le passé. Cette pénétrabilité entre les différents médiums peut créer des appréhensions quant aux nouvelles technologies, mais certains y verront davantage un échange salutaire et un profit réciproque.
Le titre de l'exposition, Out of the Blue / Into the Black, n'est pas anodin et est issu d'une chanson de Neil Young tiré de l'album Rust Never Sleeps de 1979. Cette chanson existe en deux versions, l'une acoustique (Out of the Blue) et l'autre électronique (Into the Black). «My My, Hey Hey (Out of the Blue)» et «Hey Hey, My My (Into the Black)» ouvre et clôt l'album respectivement. L'une des célèbres lignes : «It's better to burn out than to fade away», a été écrite par Young lorsqu'il sentait que sa carrière était en déclin et en déliquescence due à l'émergence de la musique punk. Le choix de ce titre renvoie aux notions de cycles, de temps et d'espace-temps. Cet intitulé expose au regard le débat incessant qui oppose l'obsolète et la nouveauté, la lumière et la noirceur, l'absence et la présence.
L'exposition Out of the Blue / Into the Black s'est animée l'espace d'un mois dans les vastes pièces de l'ancienne école des beaux-arts de Montréal. Au nombre de 6, ces oeuvres très différentes de par leur langage formel, mais analogue de par leur propos, ont comme fil conducteur la noirceur. Mise au monde grâce à la collaboration créative d'Arcadi (l'Agence culturelle d'Île-de-France pour la création) et de l'Acreq (l'Association pour la création et la recherche électro-acoustiques du Québec) depuis 6 ans, l'exposition présente 7 artistes français qui ont créé des œuvres s'articulant autour de la lumière. Ces installations numériques protéiformes nous donnent à voir et à entendre des composantes variées, hybrides et dynamiques. Cette invitation prend la suite de l'événement Québec numérique à Paris qui s'est déroulé en octobre 2011 et où des artistes québécois ont été invités à montrer leur création numérique.
La noirceur des lieux dans lesquels sont conviés les spectateurs et livrées les installations, perturbe les repères spatiotemporels et confère à ces sphères une apparence secrète, un aspect mystérieux, qui incite le spectateur à s'y introduire à tâtons. Ce paramètre permet de dégager les œuvres dans l'espace et contribue à faire fi des éléments extérieurs. Les sens s'aiguisent et s'intensifient dans la pénombre et l'intimité entre les œuvres devient plus manifeste et induit une immersion, une introspection et une tension plus prégnantes. La vision nocturne rend l'environnement favorable à la réception des œuvres lumineuses en créant des environnements englobants. Construites pour dialoguer et créer un sentiment de proximité et d'inclusion qui contribue à réfléchir sur nos perceptions sensorielles, les installations audio, vidéo, électroniques, mécaniques et chimiques sont par la force des choses à expérimenter davantage qu'à contempler : « Il [l'art numérique] est en effet intimement lié à des mouvements artistiques antérieurs (Dada, Fluxus et l'art conceptuel) qui ont en commun de privilégier les instructions formelles, les notions de concept, d'événement et de participation du public et de remettre en cause l'unicité et la matérialité de l'objet d'art2. »
Bien que les arts numériques aient une identité en formation, il en est différent pour la corrélation entre les arts et la lumière. Les pratiques créatives liées à la couleur évoquent dans une certaine mesure les grands visionnaires, mathématiciens et physiciens du XVIIIe et du XIXe siècles tels que Isaac Newton, Johann Wolfgang von Goethe et Thomas Young, qui ont fait avancer la science et les arts. À ce jour, le caractère captivant de la luminescence a été le lieu de plusieurs explorations et expérimentations. Pensons pour ne nommer que les figures les plus notoires à Dan Flavin, Bruce Nauman, Jenny Holzer, Olafur Eliasson, James Turell ou plus près de nous, David Spriggs et Rafael Lozano-Hemmer. Ce dernier avait présenté lors de la Triennale Québécoise 2011, Intersection articulée. Architecture relationnelle 18, une œuvre interactive magistrale conçue pour la place des Festivals à Montréal et qui projetait de puissants faisceaux de lumière dans un rayon de plus de 15 km. Bien que ces recherches plastiques qui cherchent à moduler la lumière soient l'un des points névralgiques de la pratique de ces artistes, il est important de spécifier qu'ils ont des approches qui diffèrent considérablement les unes des autres.

David Spriggs, Stratachrome, 2010, Galerie de l'UQAM

Cette réflexion porte sur l'affirmation du numérique dans les productions artistiques actuelles et sur les nouveaux outils de création visuelle qui font état de la relation entre le naturel et le virtuel. Les œuvres à l'étude, A Digital Experience de collectif Visual System, Tripwire d'Ashley Fure et Jean-Michel Albert, Les Chemins blancs dans la matrice rouge d'Olivier Ratsi, Inner Spaces de Christian Delécluse, Supernova de Félicie d'Estienne D'Orves et la figure du Blue Rider, sont intimement liées à la notion d'art cinétique. La lumière et le mouvement relient l'ensemble avec adresse.
Visual System (VS Team). A Digital Experience
Ashley Fure & Jean-Michel Albert. Tripwire
Olivier Ratsi. Les Chemins blancs dans la matrice rouge  

Olivier Ratsi, Les chemins blancs dans la matrice rouge, BIAN 2012 / ratsi.com
Cette installation s'inscrit dans un plus vaste projet intitulé Deconstruction Time, Again d'Olivier Ratsi et met de l'avant son intérêt indéniable pour le procédé de la déconstruction qui se trouve au cœur de son travail depuis ses débuts comme photographe. Les Chemins blancs dans la matrice rouge est une sculpture suspendue au sein d'un espace central et délimité, permettant aux spectateurs de se déplacer autour de la sculpture lumineuse et donnant la possibilité de la considérer sous plusieurs angles selon la position que le corps privilégie. La représentation schématisée et éclatée offre au regard des unités de formes blanches et rouges, vides et pleines, maintenues à différents niveaux, certaines unités dupliquées en unités plus larges. Sur ces fragments épars, une chorégraphie est préprogrammée utilisant la technique de la « vidéo mapping ».
Olivier Ratsi a travaillé aux côtés de Thomas Vacquié, artiste sonore, pour construire une musicalité appropriée où un son renvoie à une forme. Un système de correspondances a été programmé pour s'assurer d'une harmonie dans la symphonie des sons et conséquemment, dans l'éclairage de la pièce : plus la forme est haute, plus le son est aigu et inversement, plus la forme est située vers le bas et plus le son est grave.
Cette installation audiovisuelle à l'aspect formaliste et conceptuel s'articule autour de la déconstruction. L'objectif de cette œuvre est de générer une rupture avec la réalité tangible et de proposer un nouvel angle d'observation de l'espace-temps6. Ce que nous croyons être aux premiers abords une œuvre finie devient dans la durée une œuvre composite, intangible qui n'est jamais semblable à celle précédente. Les versions, différentes dans le temps, forment un parcours ramifié, non linéaire et évolutif. Olivier Ratsi s'amuse à découper un territoire, à le décomposer et à le recomposer. Un jeu de repérage s'instaure, comme si égaré, nous cherchions à nous localiser sur une carte topographique.
Les mondes virtuels nous ouvrent la voie à de nouveaux territoires d'expression artistiques et la thématique de la ville que privilégient de nombreux artistes permet de configurer en quelque sorte ces nouveaux espaces inconnus et inexplorés. L'avènement des nouvelles technologies optiques change notre rapport au corps, personnel et social, mais aussi notre rapport à la spatialité. À l'heure actuelle, il s'établit un transfert important concernant notre rapport entre le monde réel et le monde imaginaire. Le territoire du numérique en est un étranger, illimité et il doit être exploré sous toutes ses coutures. Les Chemins blancs dans la matrice rouge est une œuvre qui vise à montrer l'importance de cette déterritorialisation qu'induit la révolution numérique au travers du processus de déconstruction.
Christian Delécluse. Inner Spaces
Félicie d'Estienne D'Orves. Supernova  
Blue Rider  
 
NOTE(S)

1 Philippe Codoget, « La pensée aveugle » dans L'art a-t-il besoin du numérique?, Paris : éditions Hermès et Lavoisier, 2006, 280 Pages. 
2 Christiane Paul, L'Art numérique, Paris : Thames & Hudson, 2008, p.11. 
3 Conférence de Dominique Moulon, « Art, lumières, langages », Montréal, 5 mai 2012. En ligne : http://vimeo.com/44350052. Consulté le 22 juin 2012. 
Dominique Moulon, Art contemporain et nouveaux médias, Paris : Éditions Scala, 2011, 128 p. 
4 Christiane Paul, op. cit., p.71.
5 Voir l'installation Waves (2006) de Daniel Palacios Jiménez. 
6 Olivier Ratsi, « Démarche artistique ». En ligne : http://ratsi.free.fr/ratsi/index.html. Consulté le 22 juin 2012. 
7 Opuscule de l'exposition Out of the Blue / Into the Black, «Christian Delécluse : Inner Spaces», p.4. 
8 Anaïs Guilet et Bertrand Gervais, « Go with the flow : Introduction au concept de flux : une approche sémantique et philosophique. » En ligne : nt2, nouvelles technologies, nouvelles textualités, le laboratoire de recherche sur les œuvres hypermédiatiques, Août 2009.
9 Grégory Chatonsky, « Esthétique du flux », En ligne : Rue Descartes, Vol. 55, janvier 2007, 
p. 94. 
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RDES&ID_NUMPUBLIE=RDES_055&ID_ARTICLE=RDES_055_0086. Consulté le 10 novembre 2010.
10 Étienne Souriau et Anne Souriau, Vocabulaire d'esthétique, Paris : Presses universitaires de France, 2004, p. 1058-59.
11 Clips vidéo du Blue Rider : visualsystem.org/BLUE-RIDER. Consulté le 1 juin 2012. 
12 Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais. Sciences-Fictions-Féminismes, Paris : Exils Éditeur, 2007, p.30-31. 
13 Ibid., p.54.
14 Ibid., p.67.
15 Christiane Paul, op. cit., p.139.
16 Ibid., p. 21.

http://archee.qc.ca/ar.php?page=article&section=texte3&note=ok&no=419&surligne=oui&mot=&PHPSESSID=02d234f510ba9ea8781347dc69e46a3a



28/05/2013
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres