Alain YVER

Alain YVER

OSCAR WILDE

OSCAR WILDE





SITE OFFICIEL
http://www.cmgww.com/historic/wilde/

BIOGRAPHIE
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Oscar_Wilde

340 CITATIONS
http://www.dicocitations.com/auteur/4630/Oscar_Wilde.php





Oscar Wilde, de son nom complet Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, est un écrivain irlandais, né à Dublin, Irlande le 16 octobre 1854, 21 de la rue Westland Row et mort à Paris d'une méningite (bien que les scientifiques soient toujours dubitatifs sur ce sujet) le 30 novembre 1900.

Biographie

Années de jeunesse

Oscar Wilde est le fils de Sir William Robert Wills Wilde, chirurgien irlandais, et de Jane Francesca Elgee ("Speranza"), poétesse et nationaliste irlandaise.

Oscar fait d'abord de brillantes études au Trinity College de Dublin, puis au collège Magdalen d'Oxford ; il s'y distingue par son goût pour la discussion, le raffinement, ce qui lui vaudra d'être raillé par ses camarades. Cela ne l'empêcha pas de défendre avec les poings sa réputation (son frère était boxeur), ce qui est quelque peu paradoxal et contredit l'image de dandy qu'il laissera à la postérité.
Lord Alfred Douglas, surnommé « Bosie », et Oscar Wilde.

En 1878, il reçoit le Newdigate Prize pour son poème sur Ravenne. Il en profite pour créer le mouvement de l'Art pour l'Art.

Après l'obtention de son diplôme à Magdalen, Wilde retourne à Dublin, où il rencontre Florence Balcombe, dont il s'amourache. Quand il apprend ses fiançailles avec Bram Stoker, Wilde lui annonce son intention de quitter définitivement l'Irlande.

Wilde s'installe à Londres en 1879 : séduisant, raffiné et subtil, il est fêté dans toute l'Angleterre. Il développe rapidement sa théorie de l'esthétisme et donne des conférences sur ce thème aux États-Unis. Il devient rédacteur en chef de The Womans' World. Il s'installe quelque temps à Paris.

En 1884, Oscar Wilde épouse Constance Lloyd avec qui il aura deux fils, Cyril et Vyvyan.

En 1886, il rencontre Robert Ross qui devient son amant et sera plus tard son exécuteur testamentaire. La parution en 1890 du Portrait de Dorian Gray marque le début d'une célébrité littéraire.

En 1891, il rencontre Lord Alfred Douglas de Queensberry, s'en éprend et tous deux mènent une vie débridée en affichant en public leur homosexualité. Le père d'Alfred, John Sholto Douglas, marquis de Queensberry, désapprouve cette relation et provoque Wilde à plusieurs reprises. Cela entraînera le scandale Queensberry et un procès.

Le scandale Queensberry

Le marquis de Queensberry, père de Lord Alfred Douglas, avait demandé à Wilde de s'éloigner de son fils. Début 1895, il remet au portier du club Albermarle, l’un des clubs d’Oscar Wilde, sa carte de visite où il écrit :

« For Oscar Wilde posing as Somdomite »
« Pour Oscar Wilde, s’affichant comme So(m)domite. » (la mauvaise écriture du mot sodomite créa en anglais le mot somdomite)

Wilde décide alors de lui intenter un procès pour diffamation, qu'il perd. Le marquis se retourne contre Wilde.
C'est le premier des procès intentés contre Wilde. Il débute le 3 avril 1895. L'avocat de Queensbuerry, Edward Carson, va s'y révéler un accusateur habile et coriace, et les joutes verbales opposant les deux hommes vont rester fameuses. Wilde joue tout d'abord de son charme habituel, de son inégalable sens de la répartie, déclenchant l’hilarité du public, transformant par moment le tribunal en salle de théâtre. Mais il finit par se fairer "piéger" pour un "bon mot" à propos de Walter Grainger, un jeune domestique de Lord Alfred Douglas à Oxford: Carson lui demandant s'il l'a jamais embrassé, Wilde répond "Oh non, jamais, jamais ! C’était un garçon singulièrement quelconque, malheureusement très laid, je l'ai plaint pour cela." ("He was a particularly plain boy—unfortunately ugly—I pitied him for it.").
Pressé par ses amis, Robert Ross en particulier, de s'enfuir sur le continent, il préfère attendre l'inéluctable. Il est arêté le 6 avril dans sa chambre n°118 du palace londonien "Cadogan Hotel"[1], puis, après deux autres procès, il est condamné le 25 mai, en vertu d'une loi datant de 1885 interdisant l'homosexualité, à la peine maximale de deux ans de travaux forcés en 1895. Il séjourne dans différentes prisons dont la geôle de Reading. Il n'écrira en prison que de la correspondance: les travaux forcés et l'enfermement l'affecteront au point qu'il ne produira qu'une seule œuvre après sa sortie, elle-même sur le thème de la prison: Ballade de la Geôle de Reading. Ses biens sont confisqués pour payer les frais de justice. Constance Lloyd, sa femme, se réfugie en Allemagne avec ses fils qui changent de nom (Holland). Durant son incarcération, il continue de recevoir la visite de Robert Ross, tandis qu'Alfred Douglas est poussé à l'exil en France et en Italie pendant plus de trois ans. Toujours incarcéré, Wilde écrit De profundis et joue au football avec le gardien de prison, le même gardien à qui il dédicacera un poème peu avant sa mort.

Après sa libération de prison

En 1897, libéré, il quitte l'Angleterre pour la France, où il demeure quelque temps à Berneval, près de Dieppe en Normandie, sous le nom de Sébastien Melmoth, en référence au roman Melmoth the Wanderer (1820) de Charles Robert Maturin, un des romans fondateurs du courant gothique en littérature. Maturin était par ailleurs le grand-oncle de Wilde.

Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas et, malgré l'aide de ses amis, notamment André Gide, il finit ses jours dans la solitude et la misère. Oscar Wilde meurt d'une méningite, âgé de 46 ans, en exil volontaire à Paris, le 30 novembre 1900. Le 28 octobre 1900, il s'était converti au catholicisme[2]. À cet effet, la tradition voulant que l'on offre une coupe de champagne à un adulte qui se convertissait, il aurait eu ce mot " je meurs comme j'ai vécu, largement au dessus de mes moyens". Ses derniers mots auraient été: "Ou ce papier peint disparaît, ou c'est moi."

Après une inhumation à Bagneux, ses restes sont transférés en 1909 au cimetière du Père-Lachaise, division 89, à Paris. Son tombeau a été sculpté par Sir Jacob Epstein.

Conceptions esthétiques

En ces dernières décennies du XIXe siècle, Wilde incarne une nouvelle sensibilité qui apparaît en réaction contre le positivisme et le naturalisme.

Dans sa préface au Portrait de Dorian Gray, il défend la séparation de l'esthétique et de l'éthique, du beau et du moral :

    « The artist is the creator of beautiful things. [...] There is no such thing as a moral or an immoral book. Books are well written, or badly written. That is all. [...] No artist desires to prove anything. Even things that are true can be proved. [...] All art is quite useless. »

    « L'artiste est le créateur de belles choses. [...] il n'y a pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout. [...] Aucun artiste ne désire prouver quoi que ce soit. il n'y a que ce qui est vrai, qui peut être prouvé. [...] Tout art est totalement inutile. »

Vivian, le porte-parole de Wilde dans Le déclin du mensonge, s'oppose clairement au mimétisme en littérature qu'implique le réalisme. Selon lui, « la vérité est entièrement et absolument une affaire de style »; en aucun cas l'art ne doit se faire le reflet de « l'humeur du temps, de l'esprit de l'époque, des conditions morales et sociales qui l'entourent ».
Statue à Dublin

Wilde s'oppose dans The Critic as Artist (Le critique en tant qu'artiste) à une critique littéraire positiviste, qui voit dans l'objectivité le seul salut de la critique. Le critique, selon Wilde, ne doit considérer l'œuvre littéraire que comme « un point de départ pour une nouvelle création », et non pas tenter d'en révéler, par l'analyse, un hypothétique sens caché. Selon lui, la critique n'est pas affaire d'objectivité, bien au contraire: « le vrai critique n'est ni impartial, ni sincère, ni rationnel » . La critique elle-même doit se faire œuvre d'art, et ne peut dès lors se réaliser que dans le subjectif; à cet égard, dit Wilde, la critique est la « forme la plus pure de l'expression personnelle ». La critique ne peut caractériser l'art aux moyens de canons prétendument objectifs; elle doit bien plutôt en montrer la singularité.

La théorie critique de Wilde a été très influencée par les œuvres de Walter Pater. Il reconnaîtra dans De profundis que le livre de Pater Studies in the History of the Renaissance a eu « une si étrange influence sur [sa] vie ».

Dans Le portrait de Mr. W.H., Wilde raconte l'histoire d'un jeune homme qui, en vue de faire triompher sa théorie sur les sonnets de Shakespeare, va se servir d'un faux, puis décrit la fascination qu'exerce cette démarche sur d'autres personnages. Le fait que la théorie ne soit pas d'office disqualifiée, dans l'esprit du narrateur, par l'usage d'un faux, va de pair avec l'idée qu'il n'y a pas de vérité en soi de l'œuvre de l'art, et que toute lecture, car subjective, peut ou doit donner lieu à une nouvelle interprétation.

Nonobstant, on pourrait distinguer deux esthétiques correspondant aux deux périodes marquantes, bien qu'inégalement longues, de la vie littéraire de Wilde. La première, décrite ci-dessus, pourrait se résumer à l'éloge de la superficie. L'intuition de Wilde, fortement influencée par les écrivains français de son temps qu'il lisait dans le texte, était que dans la forme même gît le sens et le secret de tout art. Dans Le portrait de Dorian Gray, il fait dire à Lord Henry : « seuls les gens superficiels ne jugent pas sur les apparences ». Son écriture d'ailleurs correspond exactement à ses conceptions : se refusant aux descriptions naturalistes, il se contente de poser une ambiance en égrénant quelques détails : la couleur d'un rideau, la présence d'un vase, le passage d'une abeille près d'une orchidée. La deuxième période, celle de la prison et de la déchéance prend l'exact contre-pied théorique : dans son De profundis, Wilde répète comme une litanie pénitentielle ce refrain : le crime, c'est d'être superficiel. On assiste dans cette œuvre, ainsi que dans l'autre production de cette période de la vie de Wilde, La ballade de la geôle de Reading, à la reprise de formes d'écriture, comme la ballade, qui sont plus traditionnelles, jouant plus sur la répétition et l'approfondissement que sur la légèreté et l'effet de contraste.

On aurait tendance à croire que la deuxième esthétique réfute ou s'inscrit en faux envers la première : l'œil averti trouvera plutôt qu'elle la révèle. En effet, le masque du Dandy et l'affectation de superficialité, chez un esprit aussi puissant et cultivé que Wilde, n'étaient-ils pas la marque d'une volonté de dissimuler des conflits sous-jacents ? Que l'on repense tout de même à l'effroyable fin du Portrait de Dorian Gray, et l'on comprendra que l'éloge wildien de la superficie n'était pas un éloge de la superficialité, ce qu'il révèlera lui-même lorsqu'il déchut de son statut de « lion » (au XIXe siècle, on appelait lion les personnes en vue dans les salons anglais) pour tomber en celui de réprouvé.
Caricature par Keller lors de la visite d'Oscar Wilde à San Francisco.




Œuvres


    
Poésie

    * Ravenna (1878) : poème pour lequel lui est attribué le prix Newdigate
    * Poems (1881)
    * Poèmes en prose (1894) : publié dans The Fortnightly Review
    * The Sphnige (1894): court texte lyrique généralement associé avec poèmes en

prose

    * The Ballad of Reading Gaol, long poème écrit en 1897 après sa libération et décrivant les derniers moments d'un condamné à mort.


Pièces de théâtre

    * Véra ou Les Nihilistes (1880) : pièce de théâtre retirée de l'affiche la veille de la première
    * La Duchesse de Padoue (The Duchess of Padua) (1883) : première pièce de théâtre tirée à douze exemplaire en 1883, elle ne fut connue qu'après la mort d'Oscar Wilde
    * Salomé (1893) : pièce écrite pour Sarah Bernhardt en français; traduite en anglais par Lord Alfred Douglas, illustrée par Aubrey Beardsley (1894)
    * L'Importance d'être Constant (The Importance of Being Earnest) (1895)
    * La Sainte Courtisane, pièce de théâtre qui ne fut publiée qu'en 1908 mais dont on pense qu'elle a été réalisée en 1893
    * Une tragédie florentine (A Florentine Tragedy), pièce de théâtre parue après la mort de Wilde en 1908
    * Un mari idéal (An Ideal Husband) (1895)
    * Une femme sans importance (A Woman of No Importance) (1894)
    * L'éventail de Lady Windermere (Lady Windermere's Fan), jouée pour la première fois en février 1892, publiée en 1893.

Romans et nouvelles

    * Le Fantôme de Canterville (The Canterville Ghost) (1887) : publié dans The Court And Society Review
    * Le Crime de Lord Arthur Savile (Lord Arthur Savile's Crime) (1887): publié dans The Court And Society Review
    * The Model Millionaire (1887) : publié dans The World
    * Le prince heureux et autres contes (The Happy Prince and Other Stories) (1888)
    * Le portrait de Mr. W.H. (The Portrait of Mr. W.H.) (1889)
    * Le Portrait de Dorian Gray (The Picture of Dorian Gray) (1891) [lire en ligne]
    * Une Maison de grenades (A House of Pomegranates) (1891) : second recueil de contes

Essais

Ces trois volumes constituent son œuvre critique intégrale

    * Essais de littérature et d'esthétique
    * Nouveaux Essais de littérature et d'esthétique (1886-1887)
    * Derniers Essais de littérature et d'esthétique (1887-1890)

et aussi

    * Intentions (1891, trad. 1905) : recueil d'essais contenant Le Déclin du mensonge, Le Critique comme artiste et La Vérité des masques.
    * L'Âme de l'homme sous le socialisme (The Soul of Man under Socialism), court essai publié en 1891 et défendant une vision individualiste dans un monde socialiste.
          o voir différentes éditions sur Gallica

Autres

    * De Profundis écrit en prison (1897), version expurgée (1905), version intégrale corrigée (1962)
    * The Letters of Oscar Wilde (1960)
    * Epistola in Carcere et Vinculis ~ De Profundis (1905)
    * Teleny or The Reverse of the Medal (Paris, 1893)

Recueils

    * Aristote à l'heure du thé et autres essais, traduction de Charles Dantzig, éditions 10/18 (1999)
    * Le prince heureux, recueil de contes, première parution en 1888, traduction par Léo Lack.

Bibliographie

Ouvrages

    * (fr) Pascal Aquien, Oscar Wilde, Les mots et les songes, éditions Aden, 2006
    * (fr) André Gide, Oscar Wilde, Mercure de France
    * (fr) Vyvyan Holland, Oscar Wilde, Hachette, 1962
    * (fr) Robert Merle, Oscar Wilde, Perrin, 1984
    * (en) Christopher S. Nassaar, A Literary Exploration of Oscar Wilde, Yale University Press, 1974
    * (en) Vyvyan Holland, fils d'Oscar Wilde, Flammarion, 1955
    * (fr) Richard Ellmann, Wilde, Gallimard, 1994 pour la traduction française
    * (fr) Philippe Jullian, Oscar Wilde, Librairie Académique Perrin, 1967
    * (fr) H. Montgomery Hyde, Oscar Wilde Les années maudites, Mercure de France, 1968 pour la traduction française
    * (fr) L.-P. Choisy, Oscar Wilde, Librairie Académique Perrin, 1927
    * (fr) Isaure de Saint-Pierre, Bosie and Wilde, éditions du Rocher, 2005
    * (fr) Lord Queensberry - Percy Colson, Oscar Wilde et le clan Douglas, Arts et métiers graphiques, 1950
    * (fr) Odon Vallet, L'affaire Oscar Wilde, Gallimard, folio, 1997

Recueils et albums

    * (fr) Jean Gattégno et Merlin Holland, Album Wilde, Pléiade, Gallimard, 1996
    * (fr) Merlin Holland, L'Album Wilde, Anatolia/Le Rocher, 2000
    * (fr) Merlin Holland, Le Procès d'Oscar Wilde, transcription intégrale des comptes rendus d'audience réunis et préfacés par Merlin Holland, Stock, coll. « La cosmopolite », 2005 (ISBN 2-234-05822-8)
    * (en) The Cambridge Companion to Oscar Wilde, Cambridge University Press, 1997

Filmographie

    * Oscar Wilde (Wilde), film de Brian Gilbert (1997).
    * Oscar Wilde (Wilde), film de Gregory Ratoff (1959). Il est intéressant de noter que ce film de 1959 est aujourd'hui encore interdit aux moins de 16 ans en France, alors qu'il ne contient ni propos ni image explicites sexuelles ou violentes.

SOURCE
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Wilde











Oscar Wilde (1854-1900)


J'ai mis tout mon génie dans ma vie;
je n'ai mis que mon talent dans mon oeuvre.
confidence d'Oscar Wilde à André Gide (1891)

Les enfants commencent par aimer leurs parents.
En grandissant, ils les jugent,
quelquefois ils leur pardonnent.
Oscar Wilde   
Le Portrait de Dorian Gray


Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d'un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Francesa Elgee, est une poètesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause irlandaise face à l'Angleterre.

Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d'une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l'extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l'université d'Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin, l'un des porte-paroles d'un mouvement culturel qui estime que l'art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale.

Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d'un œillet, d'un lis ou d'un chrysanthème.

Esprit subtil et excentrique, dandy d'une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881).

Il devient très vite l'un des théoriciens de "l'art pour l'art", et le chef de file des "esthètes". Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l'esthétisme.

De retour en Europe, il s'installe à Paris, où il écrit deux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883),  Véra ou les Nihilistes, 1883) . Il rencontre les principaux écrivains français de l'époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse l'une de ses admiratrices, Constance Lloyd. Ils auront deux enfants.

Rédacteur en chef du magazine The Woman's World de 1887 à 1889, il y montre ses talents de pamphlétaire et son art du paradoxe. Il s'emploie également à défendre la cause féministe.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes (le Prince heureux et autres contes, 1888). Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le Portrait de Dorian Gray, 1891).

Ce roman lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l'immoralité de certains personnages.

En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d'Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c'est le Marquis de Queensberry qui porte l'affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d'homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de l'Angleterre.

Il sort de prison le 19 mai 1897, et s'exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C'est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth.

Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude.

Guy Jacquemelle











Quelques aphorismes et citations
d'Oscar Wilde



Je vis tellement au-dessus de mes revenus qu'en vérité nous menons, eux et moi, une existence entièrement séparée.

 Les femmes ont beaucoup plus de chance que les hommes sur cette terre, beaucoup plus de choses leur sont interdites.

 Je ne voyage jamais sans mes mémoires. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train.

 Il n'y a que deux sortes de gens vraiment attrayants : ceux qui savent absolument tout et ceux qui ne savent absolument rien.

 Quand on dit la vérité, on est sûr d'être tôt ou tard découvert.

 Les mélomanes sont absurdement peu raisonnables. Ils veulent toujours que l'on soit absolument muet au moment où l'on ne demande qu'à être totalement sourd.

 L'expérience, nom dont les hommes baptisent leurs erreurs.

 Un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes.

La vie est tout simplement un mauvais quart d'heure composé d'instants exquis.

 C'est toujours un tort de donner des conseils, mais en donner de bons ne vous sera jamais pardonné.

 Les hommes veulent toujours être le premier amour d'une femme. C'est là leur vanité maladroite. Les femmes ont un sens plus sûr des choses. Ce qu'elles aiment, c'est être le dernier amour d'un homme.

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.

N'importe qui peut compatir aux souffrances d'un ami, mais seule une personne dotée d'une nature exceptionnelle est capable de se montrer sensible au succès d'un ami.

On peut supporter l'adversité, elle vient de l'extérieur et n'est qu'accidentelle. Tandis que souffrir pour les fautes qu'on a commises - Ah! c'est là que la vie nous blesse.

La vie n'est gouvernée ni par la volonté ni par l'intention. La vie est une affaire de nerfs, de fibres et de cellules lentement amassées, c'est là que se cache la pensée, là que la passion vit ses rêves.

L'amour est le privilège des riches et non l'occupation des sans-emploi. Les pauvres devraient être prosaïques et avoir le sens pratique.

Il n'est pas recommandé de trouver des symboles dans tout ce que l'on voit. La vie n'est plus alors qu'une suite de terreurs.

Une cause n'est pas nécessairement vraie parce qu'un homme meurt pour elle.

Nous apprenons aux gens à se souvenir, nous ne leur apprenons jamais à progresser

L'ennui est la seule chose horrible dans ce monde. C'est le seul péché pour lequel il n'existe pas de pardon.

Les hommes sont de tels poltrons! ils bafouent les lois du monde et craignent les mauvaises langues.

L'âme est vieille à la naissance mais rajeunit. C'est la comédie de la vie. Le corps est jeune à la naissance et vieillit. C'est la tragédie de la vie.

Aujourd'hui tout le monde est intelligent. On ne peut aller quelque part sans rencontrer des gens intelligents. C'est devenu un véritable fléau social.

Je ne suis pas certain de bien savoir ce que le pessimisme signifie vraiment. Tout ce que je sais c'est que l'on ne peut pas comprendre la vie sans une bonne dose de charité, ni la traverser sans une bonne dose de charité. C'est l'amour et non la philosophie allemande qui nous donne l'explication de ce monde, quelque soit l'explication de l'autre monde.

Dans les affaires très sérieuses, l'essentiel est le style, pas la sincérité.

Un sentimental est un homme qui donne à tout une valeur absurde et qui n'a aucune idée du prix de quoique ce soit.

Ne me dîtes pas que vous avez épuisé la vie. Quand quelqu'un vous dit cela, on sait bien que c'est la vie qui l'a épuisé.

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.

Qu'est-ce qu'un cynique? Un homme qui connaît le prix de toute chose sans en connaître la valeur.

Un grand poète, un poète vraiment grand est la moins poétique de toutes les créatures. Mais les poètes mineurs sont extrêmement fascinants. Plus leurs rimes sont mauvaises, plus ils sont pittoresques. Le simple fait d'avoir publié un sonnet de second ordre rend un homme tout à fait irrésistible. Il vit la poésie qu'il ne peut pas écrire. Les autres écrivent la poésie qu'ils n'ont pas le courage de vivre.

La valeur d'une idée n'a absolument rien à voir avec la sincérité de l'homme qui l'exprime.

La musique nous crée un passé que nous ignorions et éveille en nous des chagrins qui avaient été dissimulés à nos larmes.

Une conversation érudite est soit l'affectation d'un ignorant, soit la profession d'un homme mentalement désœuvré.

La véritable école de l'art n'est pas la vie, mais l'art.

l'objectif du menteur est simplement de charmer, d'enchanter, de faire plaisir. Il est la base de la société civilisée.

C'est du spectateur et non de la vie que l'art est en fait le miroir.

Je n'avais encore jamais compris ce qu'était la terreur; maintenant je le sais. C'est comme si une main de glace venait se poser sur notre cœur. C'est comme si notre coeur palpitait à mort au fond d'un gouffre.

Un esprit obtus n'était que sérieux avant d'atteindre l'âge adulte.

Ce n'est qu'en refusant de payer ses factures que l'on peut assurer sa survie dans la mémoire des classes commerçantes.

On devrait toujours être légèrement improbable.

Les époques vivent dans l'histoire du fait de leurs anachronismes.







De l'importance d'avoir de l'esprit



Maximes du roi de l'insulte raffinée

Dos du livre:

Oscar Wilde fut le maître de l'insulte raffinée si parfaite que la victime était souvent fière d'en être la cible. Ses traits cinglants n'ont rien perdu de leur causticité d'origine.
Les coups qu'il porte à l'hypocrisie, à la prétention, aux convenances ennuyeuses font encore éclater les baudruches verbeuses.
A la fin du siècle dernier (ndc: avant dernier maintenant), ses aphorismes et paradoxes étaient repris avec délice - et Wilde lui même, qui nourissait une fierté d'artiste pour son oeuvre, n'était pas le dernier à les citer. Ainsi qu'il le disait lui-même, "il n'y a qu'une chose au monde pire que de faire parler de soi, et c'est de ne pas faire parler de soi".

Pour ceux qui aiment l'humour noir et acide et qui n'ont pas le courage d'attaquer des romans complets, ce livre est un must. Le titre de la version originale résume bien le contenu de l'ouvrage: "The insults of Oscar Wilde". Il s'agit en effet d'une compilation de quelques centaines des plus belles maximes et "insultes" d'Oscar Wilde, toutes tirées de ses romans. Je ne pense pas pouvoir mieux expliquer le type d'humour très anglais par sa finesse mais pourtant très aggressif (et fortement misogye, pas de doute la dessus) de Wilde qu'en citant quelques un de ses traits d'esprit. J'insiste bien que j'ai choisi ceux qui sont ci dessous de manière assez aléatoire et uniquement parce qu'ils m'ont fait beaucoup rire. En aucun cas je ne cautionne leur contenu !

"La seule différence entre un caprice et une passion éternelle, c'est qu'un caprice dure un peu plus longtemps"

"Elle a des mains et des pieds exquis, est toujours bien chaussée et bien gantée, et peut disserter brillament sur n'importe quel sujet pourvu qu'elle en ignore le premier mot"

"Je ferais n'importe quoi pour retrouver ma jeunesse, excepté faire de l'exercice, me lever tôt et devenir respectable"

"Quel dommage que nous n'apprenions les leçons de la vie que quand elles ne nous servent plus à rien"

"Des que les gens sont assez agés pour savoir à quoi s'en tenir, ils ne savent plus rien du tout"

"En Amérique, les jeunes sont toujours prêts à faire profiter les personnes agées de leur inexpérience"

"En France, on assigne des limites au journaliste et on accorde à l'artiste une liberté quasi absolue. Ici nous accordons une liberté absolue au journaliste et nous entravons l'artiste."

"A notre époque moderne, il semble qu'être vulgaire, illetré, grossier et pervers confère à une homme une infinité de droits dont son père n'aurait jamais rêvé".

"De nos jours, l'échec d'un couple est plus souvent causé par le bon sens du mari que par toute autre chose"

"Londres est plein de femmes qui font confiance à leurs maris. On les reconnâit aisément, elles ont l'air si malheureuses"

"S'aimer soi même est le début d'une histoire d'amour qui dure toute une vie"

"Oui, lepublic est d'une merveilleuse tolérance, il pardonne tout, sauf le génie"

"Les polémiques sont de la plus grande vulgarité, car tout le monde dans la bonne société a exactement les mêmes opinions"

"Il n'y a aucune raison pour qu'un homme montre sa vie au monde. Le monde ne comprend pas les choses"

"La conversation érudite est soit l'affectation des ignares, soit l'occupation des chômeurs mentaux"

"Il n'est pas de péché, hormis la bétise"

"L'intelligence est en soi une forme d' éxagération et détruit l'harmonie de n'importe quel visage"

"J'adore les plaisirs simples. Ils sont le dernier refuge des esprits complexes."

"Je crois savoir que la conserve de porc est le métier le plus lucratif aux Etats-Unis, après la politique"

"Si l'on pouvait apprendre aux Anglais à parler et aux Irlandais à écouter, la société serait tout à fait civilisée"

"L'Amérique n'a jamais tout à fait pardonné à l'Europe d'avoir été découverte quelques temps avant elle."

"Après un bon dîner, on se sent d'humeur à pardonner à tout le monde, même aux membres de sa famille"

"Les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises"

"La seule attitude à avoir envers une femme s'est de lui faire la cour si elle est jolie et, si elle est laide, d'en courtiser une autre."

"Nous les femmes, nous adorons les ratés. Ils ont besoin de notre soutien."

"Laisse moi te dire que ne rien faire est la chose la plus difficile au monde, la plus difficile et la plus intellectuelle."

"Elle est comme la plupart des artistes, tout en style, sans la moindre sincérité"

"Il faut soit être une oeuvre d'art, soit porter une oeuvre d'art"

"L'ambition est le dernier refuge des ratés"



 

 


26/04/2009
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