Alain YVER

Alain YVER

OXMO PUCCINO

OXMO PUCCINO




http://www.oxmo.net/

http://fr.myspace.com/oxmopuccino

http://www.facebook.com/OxmoPuccinoOfficiel

https://fr.twitter.com/oxmopuccino

roi sans carrosse nouvel album
http://www.youtube.com/watch?v=pX8Nn2LHjJw

http://www.youtube.com/watch?v=8NJggCGNeI8

http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/11/08/le-rap-francais-ecriture-attitude-et-un-brin-de-puritanisme-236829

http://www.deezer.com/fr/artist/7983

Oxmo Puccino : «Aucune révolution ne s'est passée sans la force de l'âme des foules»
http://www.liberation.fr/culture/2012/09/17/oxmo-puccino-aucune-revolution-ne-s-est-passee-sans-la-force-de-l-ame-des-foules_846901




Hip hop français
Oxmo Puccino
Roi sans carrosse
13/09/2012 -

http://www.rfimusique.com/actu-musique/rap/album/20120913-oxmo-puccino

En marge des poncifs du hip hop, Oxmo Puccino revient avec Roi sans carrosse, un sixième album composé avec la complicité de Vincent Segal (M, Bumcello…) et Vincent Taeger (Poni Hoax) et réalisé par Renaud Letang (Manu Chao, Alain Souchon, Stéphane Malca…). Un casting royal pour ce rappeur à la carrure massive et au regard tendre sur la vie.
 
Débarrassé depuis des années des oripeaux mentaux du genre qui l’ont vu grandir, Oxmo Puccino avance sans carrosse, ni Merco. Le rappeur, dont le premier opus (Opéra Puccino) fut produit en 1998 par le label Time Bomb (X-Men, Pit Baccardi, Lunatic…), signe aujourd’hui un album aux beats chantants.

Né en 1974 à Ségou (Mali) avant même que le hip hop résonne au pied des blocks new-yorkais, Abdoulaye Diarra accumule les surnoms depuis ses débuts, il y a une vingtaine d’années. Ce parisien sera "Black Mafiaso", un parrain qui ne craint rien, ni personne. Son flow carré au service d’une plume précise, économe en mots, impose peu à peu ce poète scénariste de la vie parmi les grands de la chanson. Il devient le "Chester Himes du rap français", "le Black Jacques Brel". Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. L’éthylotest passe au rouge !
 

A lire aussi

Oxmo Puccino apaisé
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/111/article_17568.asp
Oxmo Puccino la vie après l'amour
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/060/article_13289.asp
Oxmo Puccino fait du jazz
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/060/article_13289.asp

Oxmo a construit les instrumentaux de ce nouvel opus à la guitare, une démarche étonnante qui lui permet de développer aujourd’hui des idées qui étaient en lui depuis des années. Lui n’a pas changé, son public oui. Ses nouveaux fans qui ne connaissent pas forcément les “classics” du hip hop, apprécieront au fil de ces onze titres les univers conscients qu’il invente. "Artiste, c’est pas difficile / on essaie de faire un pull avec des ficelles / tu peins des chansons à la décibel" lâche-t-il droit dans ses bottes sur un beat au lyrisme envoûtant (Artiste).
 
Ses pulls qui nous réchauffent déjà la peau et l’âme ont les couleurs de la naissance (Un an moins le quart), de la mort (Le Vide en Soi), des choix de vie (Le Mal que je n’ai pas fait), de l’exigence de liberté (Parfois), de Paris (Pam-Pa-Nam), du couple (la Danse Couchée ou Pas ce Soir)…
 
Oxmo Puccino Roi sans Carrosse (Cinq 7/Wagram) 2012






La biographie de Oxmo Puccino

« La bonne manière de toucher une personne, c’est de lui parler directement, pas de passer par des intermédiaires. On vit dans un monde où on fait la queue, on est dans les embouteillages, on baigne dans la pub, la télé, la communication de masse et on néglige l’individu (…) avec la musique on se refait un monde ». Né dans le 19e arrondissement de Paris, Oxmo est un vrai « gamin de Paris » et ce n’est pas un hasard s’il fait souvent référence aux Misérables de Victor Hugo : il partage avec lui ce goût immodéré pour les mots, un rapport amoureux à la Capitale, à ses gens, ses cultures, ses mélanges, cette misère qui défigure les rues, cette bourgeoisie de province qui s’installe sur les avenues, poussant les parigots un peu plus vers la « Zone », celle que décrivait Zola. Ce n’est pas seulement du 19e qu’il vient Oxmo mais aussi du 19e…siècle. Un romantique. Après un disque d’or pour son premier album Opéra Puccino (1998) avec les featurings d’Akhénaton (dont on retrouve un certain « staïlee » au niveau de sa manière de rapper) et de Pit Baccardi, après un deuxième album tout aussi réussi L’Amour est Mort (2001), il a cristallisé son rap et s’est consolidé dans son cool jazz avec son dernier album Cactus de Sibérie (2004). Pourquoi le cactus ? « Parce que c’est une plante solide, explique-t-il, qu’on n’arrose pas mais qui ne se fane pas, qui a l’air méchant mais qui fait une fleur, de temps en temps ». Mais il ne fait pas que rapper, il peint aussi comme le prouve ses tableaux hauts en couleur qui font penser à certains peintres naïfs mexicains ou africains ou encore à certains tableaux des années 70, quelque part dans un quartier de San Francisco, un beau jour d’été (à voir à la Galerie Alain Le Gaillard, Paris 6e). D’ailleurs, pour rebondir sur ses années-là, on a l’impression qu’Oxmo a fait sienne la devise des Black Panthers « Knowledge is Power » (la connaissance est le pouvoir) : ce n’est pas la violence qui résoudra les choses mais la connaissance des choses, ce n’est pas des voitures brûlées qui font une révolution mais des idées agencées par une implacable volonté, par des mots « aiguisés comme une lame ». Oxmo est plus proche du hip-hop fondateur et de sa culture de rue que des chaînes en or qui brillent et des décapotables. C’est bien simple, s’il y avait plus d’Oxmo Puccino dans le rap français, ça ferait belle lurette que le beauf de base, l’enfant lobotomisé par les média et leurs représentations fantasmatiques, les chanteurs aux messages publicitaires et les journalistes verreux, ça ferait belle lurette qu’ils auraient compris que la culture hip-hop est plus affaire de mots et de réflexions urbaines que de parcmètres éclatés et de maternelles « fonzdères ».
http://musique.ados.fr/Oxmo-Puccino.html






Puccino: «N’importe qui peut être touché par le rap»
Publié le 19 septembre 2012.

Oxmo Puccino Vincent DESAILLY
INTERVIEW – Le rappeur Oxmo Puccino revient avec un 6e album, «Roi sans carrosse»...

Après deux albums très personnels, celui-ci semble plutôt tourner vers les autres...

Tous mes albums sont personnels. Celui-ci est plutôt une invitation à l’introspection. Aujourd’hui, on est de plus en plus diffus, dispersé. Je pense qu’il est important, à un moment de sa vie, de savoir où on va et d’analyser son rapport aux autres.

Ce constat vaut pour vous-même?

En tant qu’artiste, je me transpose parfois sur des personnages qui ne sont pas moi, ou une partie de moi, un fantasme. C’est encore plus dangereux, on peut se perdre.

Et quand on n’est pas artiste?

On n’est pris sans cesse sous une avalanche d’informations et de sollicitations. Mais on peut lutter contre ça. Moi par exemple, je ne réponds jamais au téléphone, je préfère donner de l’importance à la personne qui est présente devant moi. Les valeurs du contact charnel se perdent.

Votre image de rappeur intello n’est pas usurpée...

Je préfère littéraire et ouvert d’esprit au terme d’intello. Mais c’est vrai que je suis dans un rap écrit. J’adore le rap commercial ou très dansant, mais moi ce n’est pas ce que je fais de mieux.

Envisagez-vous chacun de vos albums comme le morceau d’une œuvre en construction?

Pas vraiment. Chaque album est un nouveau départ. La question de la légitimité de mes créations s’est posée plusieurs fois. Je vois ça comme une courbe qui rebondit chaque fois un peu plus haut. Au commencement d’un album, je pars toujours du sol. Comme dans la vie, où on repasse souvent par des points zéros. C’est rassurant de voir sa vie comme une forme géométrique.

Et comment s’est dessinée cette nouvelle courbe?Je me suis laissé porter. Les maquettes étaient très sobres, très proches des idées originales. C’était agréable, en studio, de faire ce voyage en terrain familier, ce retour sur un chemin déjà emprunté. On remarque des détails qu’on avait omis. Cette méthode m’a apporté une satisfaction rare. Je me suis entouré de bonhommes, des gens qui connaissent leur boulot. Ça permet un confort, on ne pouvait pas se tromper.

C’est votre premier album composé à la guitare…

Je pratique la guitare depuis deux ou trois ans. Au début, ça m’a permis des accidents heureux, je trouvais des idées un peu par hasard. Maintenant, la guitare me permet d’appliquer immédiatement mes idées.

C’est-à-dire sans demander l’aide d’autres musiciens?

Je compose depuis longtemps mes propres instrus. A la fin des années 1990, tous les rappeurs travaillaient à partir des mêmes musiques de quelques DJ attitrés. Ça a donné pleins d’albums qui se ressemblaient les uns les autres et qui, en eux-mêmes, étaient incohérents. Moi, j’ai peu à peu commencé à travaillé avec des musiciens, puis j’ai écrit mes propres musiques, sur mesure. Quand j’ai écrit un texte, il y a encore un temps de gestation pour qu’il trouve sa musique. Ça peut être une nouvelle mélodie ou un vieux truc. Sur cet album, il y a des mélodies qui ont six ou sept ans et que j’avais gardées.

En mémoire?

Oui, en mémoire de mon ordinateur. Je garde tout. Là, je suis en plein classement pour gagner des gigas.

Votre rap, proche de la chanson, est une bonne porte d’entrée pour des gens qui pensaient ne pas aimer le hip hop...

Je ne comprends pas cette réticence de principe. Le rap est si vaste. Personne n’aime tout le rap, moi y compris. Mais cette musique est si riche, et se marie avec d’autres styles depuis toujours. C’est même le propre du rap, le mélange. N’importe qui peut être touché par le rap.

Le succès a-t-il changé votre approche de la musique?

De la musique, non. Mais des concerts, oui. Quand j’ai débuté et qu’il y avait dix ou quinze personnes au concert, c’était simple et fort. Maintenant, c’est toujours aussi fort mais plus compliqué. Tous les gens qui viennent me voir après le concert, il pourrait y avoir un rapport possible très fort entre nous. Et je vais devoir réduire notre échange à quelques secondes…  Ça m’affecte. C’est lourd à porter cette déception.
Benjamin Chapon
   
 
   




portrait  14 septembre 2012
Oxmo Puccino. Griot du rap
Par RACHID LAÏRECHE

Le «Jacques Brel du hip-hop», 38 ans, écriture sensible sous influence cinématographique, trace sa route évanescente.
Oxmo Puccino. - Photo Frédéric Stucin pour Libération

Tout de noir vêtu. De la semelle au dernier épi sur le crâne, en passant par le café serré. 11 h 36 : la mine fripée du gaillard qui-sort-du-lit, Oxmo Puccino, 38 piges, s’installe sur un petit siège en cuir de la Place verte, une brasserie de l’est parisien. Tranquille. Il jette un dernier œil sur son portable : «Répondre au téléphone quand tu parles à quelqu’un, c’est indélicat. La personne qui est au loin n’a pas la priorité sur la personne qui est à côté. Le temps passé ensemble est important.»

A l’heure de son sixième album, Roi sans carrosse, Abdoulaye Diarra, son blaze à l’état civil, est venu seul, sans armure. Il invite dans son backstage perso, sans forcer. Facile et paradoxal. Cigarette électronique à la main, qu’il ne porte que rarement entre ses lèvres, Oxmo Puccino parle de son père serrurier, de sa mère restée au foyer avant de devenir aide-soignante pour son «indépendance», une fois les minots devenus grands. De ses deux petits frères (le premier est «polyvalent, il monte des boîtes et les ferme», le second basketteur professionnel). Du succès qui complique un peu les choses avec sa fratrie. Un voile de pudeur affleure tout à coup. «Je n’en parle pas avec eux, même si j’essaie de leur faire éprouver une certaine fierté parce que j’ai une certaine notion de la dignité.»

C’est un an après avoir vu le jour que le futur Oxmo Puccino quitte, dans le sillage de ses parents, Ségou, au Mali, pour arriver dans la capitale, près des Buttes-Chaumont. Ses liens avec son pays natal demeurent abstraits :«Je pense que personne ne peut expliquer les rapports avec sa terre en quelques mots, en quelques lignes. Ça prend toute une vie.» Sa fixation sur la trilogie du Parrain explique peut-être cela, qu’il évoque avec des accents de vieux griot : «Ces films m’ont marqué parce que c’est une fresque familiale. L’histoire d’un immigré qui s’installe dans un pays gigantesque où on parle une autre langue et qui se retrouve dans un milieu où il doit élever ses enfants, gérer son héritage et s’en sortir. On y comprend l’importance de la famille, du travail, du respect. Toutes ces choses qui font de toi un homme.»

Le septième art, Oxmo Puccino le voit comme une grille de lecture de la vraie vie et même au-delà. La vie de la cité, il la considère aussi comme une œuvre sur pellicule. Lui qui ne vote pas à cause de problèmes administratifs évoque des «rapports avec la politique qui sont cinématographiques. Les dirigeants sont comme des personnages de fiction qui travaillent une mise en scène. Des acteurs. On vote pour un représentant selon la façon dont il réussit à nous convaincre et non pas selon les résultats. C’est pour cela que les gens sont toujours déçus lorsque le film sort».

Son cellulaire vibre, il se penche, mate discrètement, hésite et ne décroche pas. Ses amis attendront. Il n’aime pas en parler, même des plus fameux, «ça défavoriserait ceux qui comptent un peu moins et on saurait ainsi comment m’atteindre». La peur de souffrir par ricochet. Eux, ont moins de réserves. Akhenaton : «C’est un mec timide, peu expressif mais qui a toujours le sourire. Au-delà de son talent d’écriture unique, il a toujours fait des choses qui le concernent, et toujours fait abstraction des modes.» Le violoniste Vincent Segal, qui a travaillé avec lui sur son dernier album, décrit un rêveur : «Il est dans son monde. Absorbé, actif, ailleurs, il disparaît. Des fois c’est même fatiguant lorsqu’il prend la tangente. Il n’est plus avec toi, mais c’est dans ces moments-là qu’il est le plus créatif.»

Le téléphone sonne de nouveau. Gêné, Oxmo Pucccino s’excuse puis décroche. «Ça va Poupoune, je suis en train de travailler. Est-ce que je peux te rappeler, hein ma Poupoune, non je ne chante pas, je suis en interview. A tout à l’heure.» La voix est au diapason. Celle d’un père qui parle à sa fille de 4 ans avec qui il a un rapport «simple, mais maladroit et affectueux». En couple depuis «très, très longtemps», avec «madame», le garçon ne parlera pas de sa douce. Elle préfère rester dans l’anonymat pour garder «sa liberté et sa tranquillité». Un mot d’ordre mis à mal par les mathématiques modernes : «Un bébé, c’est doux mais c’est la fin du couple. Un duo qui s’aime amoureusement est un couple. Avec une troisième personne, ça devient une famille et il faut l’assumer.»

L’équilibre, question maille, est devenu une affaire d’habitude :«Aujourd’hui, financièrement, ça va. Ça ne garantit rien mais ça va. Dans ma carrière, j’ai passé plus de temps sans argent qu’avec. En gagner m’indiffère mais j’aime ne pas en manquer.»

En attendant le grand saut dans la littérature, le rappeur de l’Enfant seul se nourrit d’essais, de romans, de biographies, de presse, quotidienne ou magazine. La boulimie des autodidactes. Il ne «remercie jamais assez» une personne qui lui offre un livre. En ce moment, il lit et relit la Psychologie des foules de Gustave Lebon. Dans sa musique, l’écriture tient une place importante même s’il ne se prend pas (encore) pour un autre : «Quand je travaille mes lyrics, je ne pense pas être écrivain, c’est pour cela que je compte passer l’étape très vite. Ça fait longtemps que j’ai rendez-vous avec ce moment, et là je sens qu’il approche et je ne pense qu’à ça.» Même s’il l’a fréquenté, Oxmo Puccino s’est développé à l’écart du système scolaire : «J’y étais inadapté, pas dans la bonne case, et il y avait aussi le problème de l’autorité des professeurs, qui avaient leurs problèmes personnels et qui se cachaient derrière. L’année du bac, j’ai senti que je ne pouvais plus mettre les pieds au lycée, c’était terminé. J’ai passé l’année à la bibliothèque et je l’ai décroché comme ça», raconte-t-il sans émotion. C’est à cette période qu’il a commencé à «kicker avec le mic» en main, et qu’il a créé son nom de scène : Oxmo pour le graphisme, Puccino pour son admiration pour les gangsters italiens à la Scorsese. L’écriture était déjà reposante mais les instrus plus street. Aujourd’hui, le violon et la gratte ont apaisé le tout et ouvert les portes à d’autres mondes. Son précédent album, l’Arme de paix, s’est écoulé à plus de 60 000 exemplaires. On le surnomme le «Jacques Brel du hip-hop».

Désormais installé à Asnières (92), il retourne souvent à Danube, près des Buttes-Chaumont. Des amis et les parents toujours dans le coin. Dans ses «souvenirs» de môme, il était «sympathique, drôle, candide, brutal, rancunier, perché et beaucoup de mes proches me voyaient déjà artiste». Il ne pense pas avoir changé. Normal, pour lui, personne ne change vraiment : «Il m’arrive de voir des enfants et de me faire très facilement une bonne idée de ce qu’ils deviendront plus tard.» Les cafés aidant, le flow s’accélère, toujours rythmé. Chacun de ses mots est choisi avec soin. Quitte à en faire trop. Ou ne pas s’en rendre compte. Ne manque plus qu’un sample pour faire de la conversation qui roule un standard immédiat. Photo Frédéric Stucin
En 5 dates

1974 Naissance à Ségou (Mali). 1997 Premier tube ,Mama Lova. 1998Premier album, Opéra Puccino.

2010 Remporte une victoire de la musique, prix du meilleur album de musique urbaine avec l’Arme de paix. 17 septembre 2012 Sixième album, Roi sans carrosse (Cinq 7).

http://next.liberation.fr/musique/2012/09/14/oxmo-puccino-griot-du-rap_846426
    





MUSIQUE / Oxmo Puccino, le chroniqueur humaniste
More Sharing ServicesPartager Réagissez

Publié le vendredi 02 novembre 2012

Oxmo Puccino cultive depuis toujours un goût immodéré pour les mots.

SAINT-QUENTIN - Le rappeur Oxmo Puccino est de retour avec un nouvel opus intitulé Roi sans carrosse. Un album à la fois hip-hop, musical et créatif dans lequel il évoque la liberté, la paternité, la mort, le couple, les artistes, Paris...

- Votre nouvel album est baptisé Roi sans carrosse. Pourquoi ce titre ?
Je voulais un titre évoquant cette quête du pouvoir, de l’ego, cette recherche de la valeur, le culte de l’ostentation.

- Comment avez-vous travaillé l’écriture de vos textes ?
J’écris constamment, perpétuellement. Je me nourris de réflexions sur la vie, la société, l’humanité, le passé, l’histoire. Il faut travailler avec son instinct car il n’y a pas de limite. Quand j’ai une idée, je la note. Et le jour où je suis disponible, je mets tout ça en forme. Cet album n’a été rendu possible que grâce à un moment passé au Brésil. J’ai profité de l’état qui m’a été insufflé là-bas. J’ai composé six chansons que j’ai rapportées. En un mois et demi, j’avais bouclé l’album. J’étais inspiré.

- Vous inspirez-vous également de vos expériences personnelles ?
Mes expériences me nourrissent. J’ai du recul par rapport à certaines choses. Je me base sur un mélange d’observations et d’expériences personnelles. Lorsque vous êtes frappé dans la vie par un bouleversement, vous écrivez dessus. Puis, vous vous apercevez que ça frappe d’autres personnes. La manière dont on se comporte alors est la température actuelle d’une époque. Je m’inspire de ce que je vis, de ce que j’ai vécu, de ce qu’on vit tous.

- Dans l’une de vos chansons, vous dîtes « Artiste c’est pas difficile, on essaie de faire un pull avec des ficelles »... Plutôt paradoxal, non ? Les émissions de télé-réalité montrent pourtant un monde bien différent...
Lorsqu’on voit un artiste faire, on croit que c’est assez simple. Il y aura toujours des personnes qui comprendront pas la démarche de l’artiste. Les émissions de télé-crochets vous font rendre compte que c’est pas si simple. Lorsqu’on fait des réflexions sur le travail, ce n’est pas qu’une entité, il y a aussi un humain derrière. Cette chanson est un mélange de métaphores, d’ironie. Etre artiste, c’est compliqué, difficile à assumer. ça ne se passe pas sans échec, le succès est relatif.

- Un autre titre a été baptisé Pam-Pa-Nam... Vous ne manquez jamais de faire référence à Paris. C’est important pour vous ?
Plus qu’une référence, c’est la description métaphysique d’une ville, d’une entité « mégalopolique » (sic). Un chanteur parisien ne peut pas ne pas faire référence à cette ville, ne peut pas ne pas faire une ode. Je voulais à mon tour apporter ma contribution. C’est après la lecture de Germinal que j’ai eu envie d’écrire sur Paris.

- Mai Lan a été invitée sur votre album. Comment est née cette collaboration ?
Je la connais depuis très longtemps. J’ai attendu que la fleur éclôt afin de profiter de l’occasion où j’avais besoin d’une chanteuse pour rapper. C’est une personne dont je suis très proche.

- Quel regard portez-vous sur le rap français ?
Je suis très optimiste car j’ai démarré à une époque où il était impensable que cette musique puisse durer. C’était vu comme un bruit de sauvage, mais qui captivait les foules, les haranguait. Voir autant d’artistes de toutes les couleurs, de toutes les classes sociales, des salles remplies, je suis plus qu’heureux. On ne peut pas rêver mieux. Le rap, c’est de la musique depuis 30 ans. Il fait partie d’un courant musical et culturel important pour l’identité d’un pays.

- Qu’écoutez-vous de votre côté ?
J’écoute pas beaucoup de musique. Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, dit le proverbe. Lorsque j’en écoute, c’est pour me changer les idées, penser à autre chose. Et lorsque je mets de la musique, c’est essentiellement Jimmy Hendricks, Avishai Cohen...

- Vous venez d’être nommé ambassadeur de l’Unicef pour la France. Une réaction ?
J’ai pas encore réalisé. Je songe déjà à l’ampleur de la tâche. Il faut que je serve à faire quelque chose. Mon engagement auprès de l’Unicef a commencé par une chanson, des rencontres, des visites dans un collège... Tout ça pour faire savoir qu’il faut faire vacciner un enfant en Afrique, l’envoyer à l’école... C’est une mission incommensurable à laquelle j’apporte ma contribution en allant là-bas. Je trouve ça très naturel. Celui qui n’y est pas a tort. Il faudrait en fait poser la question autrement : pourquoi ne collaborez-vous pas avec les gens qui aident ?

Propos recueillis par Nasséra LOUNASSI






Oxmo Puccino "Je me suis laissé guider par le plaisir"
Le 19/11/2012 - Marseille

http://www.frequence-sud.fr/art-15949-oxmo_puccino__je_me_suis_laisse_guider_par_le_plaisir__marseille.html

Rencontre avec Oxmo Puccino à l'occasion de son concert au Moulin le 24 novembre. Compositeur, poète, musicien, l'artiste se dévoile.

Oxmo Puccino

Parlons de ton nouvel album, tu l’as écrit de A à Z et il est clairement ancré dans notre époque. Penses-tu lui avoir donné plus de force, et plus de sens à ta plume ?

Oui, je pense que ça fait partie d'une évolution, une évolution régulière, constante et bien conseillée. Chaque pistes pour moi est un point de bilan, une étape, plus elle est poussée, plus elle est actuelle dans notre époque. Ce bilan permet de prendre du recul, avoir un nouveau regard... Je travaille constamment, je trouve le temps d'écrire et de distribuer ça de la bonne manière.

Tu parles de nouveau regard... Et tu nous offres aussi un souffle nouveau, beaucoup plus musical et même une évolution vers les émotions. C’est la mélodie qui en est à l’origine ou bien une volonté de partager plus intimement tes textes ?

C'est une bonne remarque, puisque je suis à 80% dans la composition de l'album. C'est à dire que j'ai commencé à jouer de la guitare il y a 4 ans. Suite à ça je me suis retrouvé à assembler les idées, assez d'idées et assez de travail pour pouvoir les structurer et me retrouver avec de beaux morceaux. Je voulais qu'ils soient assez convaincant pour prétendre à cet album et dès lors je me suis suffit à ça. Pour moi la mélodie c'est quelque chose qui tout de suite fait la différence.

A l'époque de mon premier album, avec des titres comme « Le mensongeur », la mélodie de « L'enfant seul » et plus tard « J'ai mal au mic », disons que j'ai abouti ces sens la, en me mettant entièrement  à la composition avec assez de confiance. Ce sont surtout les arrangements de Vincent Segal qui viennent traduire cette musique assez fragile et sincère, de manière claire et compréhensible pour tout le monde. Guitare/voix ça permet de faire des idées intéressantes mais nullement quelque chose d'assez riche pour pouvoir être indiscutable au niveau de la qualité.

Tu as donc appris à jouer de la guitare il y a peu... Etait-ce dans l’optique de ce nouvel album ? Parce qu’il est vrai qu'on retrouve aussi le saxophone, le violon... C'était une envie de nous rapprocher de ces instruments ?

La seule envie que j'ai eu sur ce disque est de faire une musique qui soit prenante, une musique forte et légère à la fois, mais lourde de sens. C'est à dire réfléchir à quel genre de musique je me rapprochais... Quel genre de musique je voulais adapter à tels morceaux... Je me suis laissé guider par le plaisir.

Par rapport à l'intitulé de ton nouvel album « Un roi sans carrosse » , que représente ton carrosse ? Est-ce une façon de te montrer humble ?

Il y a plusieurs degrés. Pour moi le carrosse aujourd'hui représente un symbole de richesse extérieure qui n'appartient plus qu'aux nobles, aux rois. Malgré la « démocratisation » de tout ce qui pourrait ressembler ou faire penser à un carrosse, nous ne sommes pas plus riche ni plus heureux pour autant. Donc je trouve qu'un roi qui arrive à pied est beaucoup plus charmant qu'un roi qui arrive dans un carrosse et son artillerie. C'est une invitation à voir où sont les vraies valeurs, les valeurs qui vous conviennent le mieux. Une sorte d'introspection, une prise de recul, avec des morceaux comme « Le mal que je n'ai pas fait » ou alors « Un an moins le quart ».

« L’infini est ton aperçu », tu l’affirmes dans ton ancien album, est-ce une façon de dire que ta musique est en perpétuelle évolution et que ça ne s’arrêtera pas ?

C'est pour dire ce à quoi j'aspire. Bien qu'on puisse avancer à une grande vitesse, on reste des humains, on peut apprendre et apprendre encore, on n'en restera toujours qu'au début de quelque chose, quel que soit le domaine que l'on appronfondit. Aujourd'hui, je me sens encore comme un débutant, même au bout de 40 ans d'instrument, parce que la mission est gigantesque et demande plusieurs générations.

Par rapport à ton premier album « Opéra Puccino » qui est résolument hip-hop, dans quel état d'esprit tu t'es basé pour « Un roi sans carrosse » ?

Je me suis basé sur le mien. Je voulais me retrouver avec moi même, avec ce que je voulais, avec ce que j'aime... la simplicité, le simple apparat, la nature, le temps, la prise de temps, la musique. C'est tout ce qui m'a toujours ému mais sous différentes formes. Pour en revenir au hip-hop, du premier album, il n'existe plus, c'est une autre époque, même un autre siècle.

Tu as collaboré avec Maï Lan, dans ton morceau « La danse couchée ». Comment ça s’est passé ? Le duo est sensuel, avez-vous créé une relation particulière suite à ce titre ?

Ce morceau met en évidence d'une manière la plus poétique possible, le phénomène de reproduction. Il est romancé par la différence entre l'homme et les animaux. Ca fait très longtemps que je connais Maï Lan, j'attendais juste que son talent puisse éclore afin qu'on puisse collaborer dès que l'occasion se présentait. Ca paraît évident mais c'est pas si simple. Je suis content d'avoir pu le faire sur ce disque et encore plus sur cette chanson.

Penses-tu toucher un nouveau public grâce à ce nouvel album ? Quel impact souhaites-tu avoir sur lui ?

Je pense que lorsque l'on pratique une activité de manière continue depuis 15 ans, je ne vois pas comment le public peut changer comme ça. Lorsqu'on évolue, lorsqu'on parcours le pays avec les tournées, forcément le public s'agrandit. Quand on travaille assez bien et qu'on sait où on va, je pense que la constance permet de garder une partie des personnes qui nous suivent. L'esprit de découverte s'ajoute à ceux qui sont convaincus de mon travail. C'est quelque chose de naturel, un peu comme une boule de neige, quand elle roule dans la neige, elle ne peut que grossir.

Tu es un habitué au public marseillais ? Comment appréhendes-tu cette date ? Est-ce un public plus exigeant que d’autres ?

Je n'appréhende rien du tout, car ça fait un certain moment que je tourne et que je monte sur scène avec l'objectif d'apporter quelque chose d'assez émouvant pour que ça devienne un rendez-vous. Il y a des gens que je revoie sur scène de manière récurrente lors de mes tournées, et j'essaie toujours de rendre le souvenir plus fort. Je ne monte pas sur scène avec un esprit de challenge, juste avec le défi de partager quelque chose d'intense autour de la poésie et de quelques idées. D'autant plus que Marseille est un endroit avec lequel j'ai un lien particulier historiquement, affectivement et amicalement.

Propos reccueillis par Jennifer Huffman
Oxmo Puccino est en concert à Marseille ce samedi 24 novembre







Oxmo Puccino, de son vrai nom Abdoulaye Diarra (né en 1974 à Ségou, au Mali), est un rappeur français. La principale singularité d'Oxmo Puccino réside dans son écriture, basée sur les métaphores et les phrases chocs. Ce lien à la chanson française lui a valu le surnom de « Black Jacques Brel »[1].

 Biographie

Il arrive à Paris en 1975, et ses parents s'installent dans le 19e arrondissement quand il a l'âge de cinq ans. Il habitera pendant de nombreuses années dans le quartier Danube, à côté de la Place des fêtes. Touché par la violence de son quartier, plus tard, il préfèrera toujours mettre en avant la poésie sauvage et le théâtre tragique et comique de son quotidien et les relations qu'il a pu tisser au cours de ses épopées, qui n'ont pas toujours été innocentes.

Oxmo Puccino commence à rapper vers l'âge de treize ans et ses premières apparitions sur disque datent de 1995, époque où il se mêle d'abord aux rappeurs de son quartier, puis participe à de nombreux projets musicaux. Avec un autre rappeur du 19e arrondissement, Pit Baccardi, il intègre le collectif Time Bomb, qui lui permet de collaborer avec les X-Men, Lunatic (Booba et Ali), Hifi, et d'autres. Considérés comme les plus prometteurs de la nouvelle école du rap français dans la fin des années 1990, grâce à leurs flow novateurs et à une écriture technique, les rappeurs de l'écurie Time Bomb se feront surtout un « nom » dans l'underground grâce à leurs nombreuses réunions pour des freestyles, aujourd'hui encore très réputés, sur la radio Générations dans l'émission Original Bombattak.

En 1997 paraît L 432, une compilation dans laquelle se trouve le morceau Pucc fiction, réalisé en collaboration avec Booba. Ce titre rencontre vite un grand succès d'estime dans le milieu underground et est considéré aujourd'hui comme un des morceaux les plus forts du rap français. C'est en 1998 qu'Oxmo Puccino se fait connaître du grand public grâce au titre Mama Lova, sorti sur la compilation Sad Hill du marseillais Kheops, DJ du groupe IAM. C'est le premier morceau du rappeur qui a eu droit à un vidéoclip.
Oxmo Puccino

Alors que le collectif Time Bomb originel se sépare, il signe un contrat avec la maison de disques Virgin et sort, en 1998, son premier album studio, Opéra Puccino, qui mettra 8 ans pour décrocher sa certification disque d'or[2]. À la demande du réalisateur Jacques Doillon, il participe ensuite à la musique du film Petits Frères, sorti en 1999. Après la réalisation d'une mixtape (Bâtiment B) et de nombreuses collaborations avec différents rappeurs sur divers projets, il sort son deuxième album solo, L'amour est mort en 2001, qui connaîtra un véritable échec commercial. En 2004, il participe au doublage français du film américain Belly et retrouve à nouveau le succès avec son troisième album Cactus de Sibérie. Il part ensuite à la rencontre de son public grâce à une grande tournée de concerts dans toute la France (un album live sortira en 2005, le Black Tour Desperado).

En 2006, il sort chez Blue Note, célèbre label de jazz, un concept-album en collaboration avec le groupe The Jazzbastards, appelé Lipopette Bar. L'album, jazzy et très inspiré des films noirs, narre l'histoire du Lipopette Bar, de son équipe et de ses habitués : une diva, Billie, qui disparaît avant son grand spectacle ; Tito, gangster depuis toujours et voulant se ranger ; Kali, apprentie chanteuse ; ou le videur Black Popaye. Pour ce disque, Oxmo Puccino s'est en fait inspiré de la vie de la chanteuse de jazz Billie Holiday, souhaitant ainsi lui rendre hommage[3].

En 2007, Oxmo Puccino réalise avec DJ Cream La réconciliation, une mixtape comportant plusieurs inédits, des reprises en live et des remix.

Après avoir écrit le texte d'une chanson interprétée par Florent Pagny (Vivons la Paix sur l'album de ce dernier Abracadabra, sorti en 2006), il continue ses collaborations en tant qu'auteur et participe à deux titres de l'album d'Alizée Psychédélices sorti en 2007 (Décollage et Par les Paupières).

Au mois d'octobre de la même année, il part à Bogotá (Colombie) en compagnie de DJ Cream, pour réaliser une résidence artistique avec le groupe colombien Choc Quib Town. De cette collaboration, véritable dialogue des cultures, est né un CD 4 titres, Paris-Bogota.

Son dernier album, L'Arme De Paix, est sorti le 23 mars 2009. Si Oxmo a retrouvé les musiciens de la formation Les Jazzbastards pour les compositions et l'enregistrement des morceaux, d'autres collaborations accompagnent ce disque : Sly the Mic Buddah du groupe Saian Supa Crew sur deux titres, le rappeur et chanteur K'Naan, l'artiste soul et reggae Ben l'oncle soul et enfin la chanteuse Olivia Ruiz. Simultanément au disque est sortie un recueil intitulé Mine de cristal regroupant les meilleurs textes d'Oxmo Puccino.

Au début de l'année 2010, il gagne une Victoire de la musique, pour son dernier disque L'arme de Paix : le prix du meilleur album de musique urbaine. Il apparaît également dans Conte de la frustration, le conte musical d'Akhenaton et Didier Daarwin.

Son sixième album, Roi Sans Carrosse, est sorti le 17 septembre 2012. La presse apprécie ses incursions dans le jazz et ses références à la chanson française, notamment à Léo Ferré[4].

Il est nommé ambassadeur de l'UNICEF France le 18 octobre 2012

 Anecdotes

    * Oxmo Puccino fait une apparition dans le film Arthur et les Minimoys de Luc Besson ainsi que dans Sheitan de Kim Chapiron.
    * En 2007, le rappeur Styles P. utilise l'instrumental du titre Black Desperado sur son album Super Gangster (Extraordinary Gentleman), pour le titre Holiday produit par DJ Green Lantern.
    * Oxmo est le frère de Mamoutou Diarra, international français de basketball.
    * En 2011, Il collabore avec la marque Nike dans un spot publicitaire dans lequel il récite un passage de Cyrano de Bergerac
    * En 2011 toujours, il fait une apparition dans le clip du rappeur Orelsan sur le morceau 1990, qui est un hommage aux 90's
    * En 2012, il fait partie d'une longue liste de "guests" pour le concert d'Orelsan à l'Olympia. Il intervient sur le morceau 1990.

Liens externes

    * Le site officiel d'Oxmo Puccino
    * Le Myspace d'Oxmo Puccino
    * Oxmo Puccino pour les 20 ans de l'Unicef
    * Oxmo Puccino nommé Ambassadeur de l'UNICEF France !


   1. Å™ La Provence [archive]
   2. Å™ Oxmo Puccino publie ses textes avant son album [archive], courrier-picard.fr, publié le 6 mars 2009
   3. Å™ Les vertus de l’ennui INTERVIEW D’OXMO PUCCINO, Evene.fr, publié en mars 2007 [archive]
   4. Å™ Critique de Roi Sans Carrosse [archive] sur L'Express.fr, consulté le 9 novembre 2012

 










20/11/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres