Alain YVER

Alain YVER

PABLO CASALS Par Jean-jacques Bedu

PABLO CASALS
un musicien, une conscience
Par Jean-jacques Bedu (Auteur)




    

Jean jacques Bedu
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NE PASSER PAS À COTÉ DES LIVRES DE JEAN JACQUE BEDU



    * Type : Livre
    * Editeur : Gallimard
    * Date de sortie : 18/05/2012

    
      Description

      Né en Catalogne en 1876, Casals a vécu près d'un siècle. Il aura eu plusieurs vies. La vie d'un enfant fier et précoce, tombé amoureux du son du violoncelle, qui très tôt subjugue par sa virtuosité. La vie d'un musicien adulé, réclamé dans le monde entier. Celle d'un chef d'orchestre « engagé » honoré dans son pays. Celle, après la prise du pouvoir de Franco en Espagne, d'un exilé au coeur brisé qui n'a de cesse de venir en aide à ses compatriotes réfugiés. Celle d'un protestataire inflexible qui crie haut et fort son désaveu de toute forme de dictature en faisant taire son violoncelle. Celle d'un « créateur » de festival à Prades dans le Roussillon auprès de qui les musiciens les plus prestigieux accourent. La vie enfin d'un presque centenaire respecté oeuvrant inlassablement pour la paix dans le monde. Pas à pas, Jean-Jacques Bedu nous entraîne à la découverte de ce musicien humaniste qui a fait du violoncelle l'égal du piano ou du violon. Il y a un avant et un après Casals.


L'auteur

Jean-Jacques Bedu est vice-président du Centre méditerranéen de littérature, délégué général des Prix Méditerranée. Il a publié deux biographies d'écrivains couronnées par plusieurs prix littéraires : Maurice Magre et Francis Carco, dont il a dirigé chez Robert Laffont la réédition de l'oeuvre romanesque.








Perpignan
Pablo Casals, un musicien, une conscience' de J.-J. Bedu
Le 9/07/2012 à 06h00 par Josianne Cabanas




Comment s'est faite cette publication aux Découvertes Gallimard ? Est-ce une commande ou une proposition ?
La proposition vient du maire de Prades, Jean Castex, qui voulait qu'il y ait un Découvertes Gallimard sur Pablo Casals. Il y a eu plusieurs candidats, et j'ai été retenu.

Maurice Magre, Francis Carco, Pablo Casals... La biographie est un genre littéraire qui vous intéresse particulièrement...

Je suis passionné par ce genre littéraire. Quand j'ai écrit les biographies de Magre et de Carco, il n'existait rien sur ces deux personnages. Pour Pablo Casals, il faut remonter à 25 ans et à un livre que lui a consacré Arthur Conte, mais la seule vraie biographie est américaine. Certains aspects de la vie de Casals auraient mérité d'être plus approfondis que dans cette approche, mais c'est la collection qui le veut ainsi.

Qu'est-ce que vous avez le plus aimé chez Pablo Casals ?

Je ne suis pas musicien, seulement mélomane, et j'adore le violoncelle. Mais ce qui m'a le plus attiré chez Casals c'est l'homme de paix, celui qui, mondialement connu, a décidé de mettre sa carrière sous l'étouffoir tant que Franco serait au pouvoir en Espagne. C'est une chose que personne ne ferait aujourd'hui. Il a été un peu piégé par cela, sa carrière a connu une certaine torpeur. Heureusement, le festival de Prades lui a permis de rejouer, de montrer le grand musicien qu'il était, et de devenir aussi un grand apôtre de la paix. Il est dommage qu'il ait échoué de peu au prix Nobel de la Paix. L'homme des Nations unies, celui qui a eu un entretien mémorable avec Kennedy en 1958, moi, c'est ce Casals que j'aime.

Pourquoi l'avoir appelé Pablo alors qu'il a clairement revendiqué son origine catalane, parlant aux Nations unies de 'l'âme de (s)on peuple, la Catalogne' ?
Il est né Pablo Casals, parce qu'il ne pouvait être déclaré sous un prénom catalan. Ses lettres sont indifféremment signées Pablo ou Pau, mais celles à sa famille sont tojours signées Pablo parce que c'est ainsi qu'on l'appelait. Et je tiens de sa famille, qu'il n'aimait pas beaucoup qu'on l'appelle Pau. En 1919, à Barcelone, quand il crée l'orchestre Pau Casals, c'est pour dire qu'il est catalan, parce que c'était un grand Catalan dans l'âme. Mais le festival retient le nom de Pablo Casals...

Avez-vous d'autres projets littéraires, et lesquels ?
J'ai un projet déjà signé chez Albin Michel pour l'an prochain. C'est un roman sur Jacques Lebaudy, un personnage fantasque, un passionnant mythomane qui s'était intitulé 'empereur du Sahara'. J'ai aussi un projet chez Laffont mais je n'en parle pas tant que ce n'est pas signé. Par superstition.



 



Festival Casals : un homme, une conscience
Publié le 19 juillet 2012 by bernardthomasson


Pablo Casals a été un musicien prodige dès sa plus tendre enfance. Il parlait sept langues, et voulait transmettre son art au plus grand nombre. Humaniste, il a refusé de jouer dans les pays où la liberté de l'homme était bafouée. Chef d'orchestre, il a dirigé les meilleures formations. Depuis 60 ans, un festival lui rend hommage à Prades, dans les Pyrénées Orientales, le petit village catalan où il s'était installé durant son exil d'Espagne (cette année du 26 juillet au 13 août). Jean-Jacques Bedu, vice président du Centre méditerranéen de littérature, lui consacre un livre : "Pablo Casals, un musicien, une conscience" (éd. Gallimard Découvertes), il est venu m'en parler dans le 12-14.






Biographie
La voix humaine du violoncelle

Par Fifi ABOU DIB
 2012 - 06

Un écrivain engagé sert son idéal en écrivant. Mais comment se mobilise un musicien engagé?? En faisant taire son instrument, comme l'a fait Pablo Casals en résistance contre Franco et les totalitarismes. Ce musicien surdoué, reconnu comme le Mozart du XXe siècle, né en Catalogne en 1876 et mort à 97 ans, a redonné ses lettres de noblesse à un instrument encore orphelin, le violoncelle. Son patriotisme catalan se sera étendu, en près d'un siècle, à l'humanité entière, le transformant en ouvrier de paix. Réfugié à Prades, petite ville des Pyrénées orientales, en 1939, il y consacre son temps à l'aide aux réfugiés et à la visite des camps de concentration. Il crée avec les habitants des liens si forts que sur son passage «?les chapeaux se soulèvent et les bustes s'inclinent?». En 1950 est créé à Prades un festival de musique dont Casals sera le parrain. Par son aura exceptionnelle, Pablo Casals attire dans cette petite ville les plus grands virtuoses du monde entier. Ce festival d'une exceptionnelle longévité porte aujourd'hui le nom de «?Festival Pablo Casals, Prades?».

De mère pradéenne, Jean-Jacques Bedu, vice-président du centre méditerranéen de littérature et délégué général des prix Méditerranée, est immergé très jeune dans l'ambiance de ce festival. Rien d'étonnant, après une biographie de Maurice Magre et une autre de Francis Carco, qu'il s'intéresse, après un crochet par une histoire de la bohème parisienne (Bohèmes en prose, Grasset 2009), au personnage attachant de Pablo Casals. Dans la collection Découvertes de Gallimard, série Arts, en 128 petites pages et au terme de la compilation d'une impressionnante bibliographie, discographie, filmographie et iconographie ainsi que de nombreux témoignages, il ne se contente pas de raconter l'histoire de ce musicien humaniste, voire humanitariste?: il le donne à aimer.

L'enfance de Pablo Casals?: des parents musiciens, un père qui rêve pour lui d'une carrière de charpentier (plus lucrative?!) et une mère qui croit à son talent jusqu'au sacrifice. Vendrell, une toute petite ville au sud de Barcelone. Le son du piano qui résonne dans la maison. À quatre ans, Pablo reconnaît à l'aveugle les accords que plaque son père sur le clavier. À 11 ans, il entend pour la première fois le son d'un violoncelle «?si tendre et humain, terriblement humain?», dit-il. Sa mère décide de se serrer la ceinture pour offrir à Pablo des études de violoncelle à Barcelone. Et c'est là, en 1890, à 14 ans, qu'il découvre un exemplaire poussiéreux des Six Suites pour Violoncelle seul de Bach. Si ardues que quasiment plus aucun musicien ne s'y intéresse. Non seulement cette découverte marquera un tournant dans son apprentissage, mais il s'en servira toute sa vie pour ses répétitions, perfectionnant sa technique, établissant de nouvelles règles pour tenir le violoncelle, faciliter le mouvement des mains, libérer le corps et faire oublier l'instrument pour ne laisser place qu'à la musique.

Ainsi commence un parcours qui fera de Pablo Casals adolescent le filleul de la régente Marie-Christine qui le présente à la cour d'Espagne et le confie au comte de Morphy. Durant la Première Guerre mondiale, il part aux États-Unis où il réalise ses premiers enregistrements. Dans l'entre-deux-guerres, il crée à Barcelone son propre orchestre. Surtout, en 1926, il crée l'Association ouvrière de concerts pour empêcher son art de devenir le privilège d'une élite. Avec toujours la Catalogne au cœur, il tente vers le milieu des années 40 de convaincre la Grande-Bretagne de se retourner contre Franco. En vain. Il décide alors de ne plus jouer. Plutôt, il se laisse convaincre de ne plus jouer qu'à Prades où le monde entier le rejoint. On referme ce petit livre truffé de documents et d'histoires avec l'envie irrépressible d'écouter «?la voix humaine du violoncelle?» sous l'archet de Casals… et aussi d'aller à Prades à la rencontre de son ombre bienveillante qui ne manquera pas de flotter sur le festival, du 26 juillet au 13 août.







Pablo Casals




Pablo Casals (Pau Casals i Defilló en catalan), est un violoncelliste, chef d'orchestre, et compositeur espagnol, né le 29 décembre 1876 à El Vendrell (Catalogne - Espagne) et mort le 22 octobre 1973 à San Juan (Porto Rico).

Il est également connu pour son engagement en faveur de la république et de la liberté, contre les dictatures, en particulier celle de Franco en Espagne. Il fut proposé au Prix Nobel de la paix en 1958, sans succès.

Le musicien
Les débuts

Dès sa plus tendre enfance, Pablo Casals joue de divers instruments. Il étudie le violoncelle au conservatoire de Barcelone dès 1888, puis la composition à Madrid où il va continuer à se perfectionner, occupant divers postes comme instrumentiste ou pédagogue.

En 1899, il commence à être reconnu, ce qui lui vaut de jouer devant la reine Victoria ou la reine Élisabeth de Belgique.
Le trio « Cortot, Thibaud, Casals », Barcelone

Il commence à jouer avec Jacques Thibaud et Alfred Cortot en 1905, trio mythique de la première moitié du XXe siècle. Il est de plus en plus reconnu, invité, rencontre les plus grands musiciens de son temps (il sera le dédicataire de nombreuses œuvres) et en 1919, toujours fidèle à sa Catalogne, il crée à Barcelone, un orchestre de très haut niveau qui porte son nom. Les plus grands chefs d'orchestre le dirigeront, de Fritz Busch à Stravinski.

Prades, Porto Rico

Avant la Seconde Guerre mondiale, son village d'adoption est Prades : après une longue période de silence, Casals crée un Festival Pablo-Casals en 1950 pour le bicentenaire de la mort de Bach ; il y invite les plus grands interprètes de son temps (entre autres Clara Haskil, Joseph Szigeti, Rudolf Serkin, Isaac Stern, Marcel Tabuteau… ) pour en faire un haut-lieu de ferveur musicale. Il y participera encore à l'âge de 90 ans.

Il se fixe enfin à San Juan de Porto Rico, y crée l'orchestre symphonique en 1957, compose et, inlassablement, transmet son art lors de nombreuses « master classes ». Casals était un ami personnel de la reine Elisabeth de Belgique, veuve du roi Albert Ier et passionnée par la musique.

Ses engagements

Tout au long de sa longue vie, Casals fut un défenseur acharné et enthousiaste du violoncelle, mais aussi de la musique dans une inébranlable foi dans les valeurs qu'elle peut transmettre. Ses enregistrements sont habités de cet enthousiasme et de son énergie.

Il essaye de favoriser l'accès à la musique pour le plus grand nombre, que ce soit avec des associations de concerts, la création de ses divers orchestres ; il jouera même dans des conditions mouvementées lors de la guerre d'Espagne.

Dans la période difficile des années d'avant et d'après la Seconde Guerre mondiale, il restera inflexible sur ses idéaux, quelles qu'en soient les conséquences pour sa carrière :

    * lors de la guerre civile, il va soutenir les républicains espagnols et va s'exiler en 1939. Apôtre de la paix, il était également un défenseur acharné de la Catalogne ;
    * dès 1933, il refuse de jouer en Allemagne ;
    * après guerre, il ne donne plus de concerts pour marquer sa désapprobation du laxisme de la communauté internationale envers le régime politique du caudillo Franco. Il participe néanmoins à plusieurs galas de soutien au mouvement pacifiste et antifasciste de son ami Louis Lecoin.

Chronologie (années 1876-1920)
Pablo Casals


    * 1876 : Pau Casals naît le 29 décembre au n° 2 de la rue Santa Ana, de El Vendrell, en Catalogne. Il est fils du musicien Carles Casals Riba et de Pilar Defilló, une catalane née à Puerto Rico où ses parents catalans s'étaient déplacés pour travailler.
    * 1889 : Il vient vivre à Barcelone, et est engagé pour jouer au Cafè Tost trois heures chaque nuit, sept jours par semaine, pour 4 pesetas par mois.
    * 1890 : Découvre les Suites pour violoncelle de J.-S. Bach. Son père lui achète un violoncelle.
    * 1891: Fait la connaissance de Enrique Granados, avec qui commence une grande amitié.
    * 1893 : Réussit avec succès les examens de l'École municipale de musique de Barcelone.
    * 1893 : Va vivre à Madrid avec sa mère et ses frères Lluís et Enric, où il commence la seconde étape de sa formation au Conservatoire de musique et déclamation, avec Jesús de Monasterio comme professeur de musique de chambre. Il obtient une bourse de 250 pesetas de la reine María Cristina.
    * 1895 : Voyage à Bruxelles pour étudier au Conservatoire de musique. Mécontent d'être méprisé par le professeur avant d'avoir joué une seule note, Casals l'éblouit par son jeu, refuse l'accueil et les excuses qui lui sont alors faites, et décide d'aller à Paris. En conséquence, la reine María Cristina lui retire la pension. Après des jours difficiles à Paris, il décide de revenir à Barcelone.
    * 1896 : En mai, il entre comme professeur à l'École municipale de musique de Barcelone, et en novembre, comme professeur de violoncelle au Conservatoire du Liceu. Il est recruté par le Grand Orchestre du Grand Théâtre du Liceu comme violoncelliste.
    * 1897 : Constitue le "Quatuor Crickboom" avec les violonistes Mathieu Crickboom et Josep Rocabruna, et l'altiste Rafael Gálvez. Il fait une tournée en Espagne avec Enrique Granados et Mathieu Crickboom. La reine María Cristina lui offre un violoncelle : un Gagliano.
    * 1899 : Va à Paris, en s'installant dans la maison de la cantatrice américaine Emma Nevada. Donne le concerto de Lalo le 20 mai au Crystal Palace de Londres et le 17 décembre à Paris.
    * 1900 : Se fixe à Paris et commence sa carrière de soliste.
    * 1901 : Première tournée aux États-Unis.
    * 1903 : Première tournée en Amérique du Sud, avec le pianiste Harold Bauer et le violoniste Moreira de Sá.
      Buste de Pau Casals à Wolfenbüttel, Allemagne
    * 1904 : Voyage de nouveau aux États-Unis, pour jouer comme soliste. Le 15 janvier, il joue pour la première fois à la Maison Blanche, invité par le président des États-Unis, Theodore Roosevelt.
    * 1905 : Commence une relation sentimentale avec Guilhermina Suggia, violoncelliste portugaise.
    * 1905 : Fonde le Trio Cortot-Thibaud-Casals, avec le violoniste Jacques Thibaud et le pianiste Alfred Cortot ; le trio sera un des plus prestigieux du monde.
    * 1905 : Premier voyage en Russie. Joue au Salon de la noblesse de Saint-Pétersbourg.
    * 1908 : Son père, Carles Casals Riba décède.
    * 1912 : En janvier, il interprète avec Eugène Ysaÿe le Double concerto de Brahms à Moscou et à Saint-Petersbourg, et le 20 février, dans le Grand Salon de la Musikverein de Vienne. Il joue le Triple concerto de Beethoven avec Georges Enesco (avec lequel il s'était lié au début du siècle) et Donald Francis Tovey à Budapest. Rupture de la relation sentimentale avec Guilhermina Suggia.
    * 1914 : Il se marie avec la soprano américaine Susan Metcalfe, le 4 avril à New Rochelle (New York). Tous deux commencent une tournée aux États-Unis.
    * 1914 : Premier concert au Metropolitan Opera House de New York, le 13 décembre, en interprétant le Concerto de Saint-Saëns et le Kol Nidrei de Max Bruch.
    * 1915 : Premiers enregistrements pour la Columbia Gramophone Company.
    * 1917 : En octobre, après la Révolution russe, Casals décide de ne plus jouer dans ce pays.
    * 1919 : Retourne à Barcelone. Il s'installe au numéro 440 de l'Avinguda Diagonal, près du Passeig de Gràcia.
    * 1919 : Fonde l'Orchestre Pau Casals, avec son frère Enric Casals comme premier violon, Enric Ainaud comme premier violon adjoint et Bonaventura Dini comme premier violoncelle.
    * 1920 : Participe, avec Alfred Cortot et Jacques Thibaud, à la fondation de l'École normale de musique de Paris, où chaque été, il donne des cours d'interprétation.

//fr.wikipedia.org/wiki/Pablo_Casals








Pablo Casals (que nous appellerons Pau Casals dans la suite de cet article, en lui donnant son prénom catalan) est étroitement lié à la ville de Prades, qu'il a choisie comme terre d'exil après la victoire du franquisme, et où il a créé le célèbre festival qui continue à porter son nom. A travers ces quelques lignes, voici l'essentiel de la vie de l'artiste, avec bien sûr une place importante consacrée à son séjour pradéen. Quelques superbes photos permettront de mieux apprécier cet homme qui fut sans doute le plus grand violoncelliste de son siècle.

L'amour de la musique et du peuple

Pau Casals était né le 29 décembre 1876 à Vendrell d'une famille de musiciens, puisque son père était organiste et professeur de musique. Dès l'âge de quatre ans, il apprit à jouer du piano, puis se mit au violon et à la flûte. C'est à douze ans qu'il aborde le violoncelle, dont il commence l'étude à l'Ecole municipale de musique de Barcelone. Quelque temps plus tard il découvre les Six suites de Bach, et dès lors commence entre le violoncelle et Casals une histoire d'amour qui ne s'éteindra qu'à la mort de l'artiste.

Il se produit en public, a déjà été remarqué par Albeniz, qui le recommande auprès de la reine régente Marie-Christine et lui fait obtenir en 1894 une bourse grâce à laquelle il ira à Bruxelles étudier la composition et le violoncelle. Après quelques années difficiles, il part seul pour Paris en 1899 ; il se présente à Charles Lamoureux, dont les Concerts fondés en 1881 font autorité dans le monde musical, et qui va permettre à Pau Casals d'atteindre très vite la notoriété. Dès lors sa carrière devient internationale, bien qu'il n'ait même pas vingt-cinq ans. En 1904 il fonde avec Cortot et Thibaud un trio qui pendant des années va enchanter les salles du monde entier.

Mais Casals est resté fidèle à la Catalogne, où il revient en 1920, créant et dirigeant son propre orchestre. Il mène alors de front une carrière de chef d'orchestre, de soliste et de compositeur, et, comme si cela ne suffisait pas, il fonde L'Association ouvrière des concerts, destinée à favoriser le goût des ouvriers catalans pour la musique.

C'est au moment où il est au faîte de la gloire qu'éclate la guerre civile espagnole, dans laquelle son choix est clair : d'origine modeste, il s'est toujours senti aux côtés du peuple, et il prend aussitôt parti pour la Catalogne républicaine. Il condamne toutes les dictatures, refusant en 1933 de jouer en Allemagne hitlérienne. Un semi-exil commence pour lui dès 1936: il se réfugie d'abord à Paris, puis, le climat de la capitale ne lui convenant guère, des amis lui conseillent Prades, où il fait un premier séjour à la fin de l'année 1936 et où il revient définitivement en 1939, après une tournée internationale et un dernier passage à Barcelone. Désormais la victoire du franquisme est certaine, et Casals décide de ne plus revenir dans son pays tant que celui-ci connaîtra la dictature.

Pau Casals à Prades

Pau Casals habite d'abord au Grand Hôtel, où sont venus le rejoindre de nombreux membres de sa famille. Il consacre une bonne part de son temps à soulager la misère des républicains qu'on a entassés dans des camps. En 1940, lorsqu'il apprend la victoire allemande, il veut quitter la France pour se rendre au Portugal. Mais il ne trouve aucun bateau à Bordeaux, si bien qu'il décide de rester à Prades : il quitte le Grand Hôtel pour habiter un temps à la maison Salettes (Route Nationale), puis à la villa Colette, et enfin en 1948 dans la maison des gardiens du Val Roc, où il restera jusqu'en 1957. C'est dans cette modeste demeure (surnommée le Cant dels Ocells en souvenir d'une oeuvre composée à Prades en 1941) que viendront le voir tous les plus grands musiciens du monde, une fois que le Festival sera né.

Mais nous n'en sommes pas encore là : puisque Casals est resté en France, il décide dès 1940 de contribuer à soulager les misères provoquées par la guerre, en participant à des concerts de bienfaisance semblables à ceux qu'il avait donnés à Barcelone en 1938. Ces concerts le mènent à Perpignan, Lyon, Marseille, Cannes et Montpellier. Ils s'interrompent après la suppression de la zone "libre", et recommencent à la Libération.

Casals avait cru que 1945 verrait la fin de tous les fascismes. Mais les dirigeants mondiaux en décident autrement, et Franco se trouve conforté dans son rôle de caudillo. L'artiste en est écoeuré, au point qu'il décide de mettre un terme à sa carrière de violoncelliste et de chef d'orchestre. Commence alors une longue période de silence, dont aucun de ses amis ne parvient à le tirer.

Pourtant, en 1950, le bicentenaire de la mort de Bach le pousse à sortir de sa réserve : c'est ainsi que naît le premier festival de Prades, qui se déroule dans l'église Saint-Pierre, au milieu d'un cercle d'amis fidèles et parmi la population locale. Même si le maître ne veut toujours pas entendre parler de carrière internationale, il sera désormais ravi d'organiser chaque année le festival qui portera toujours son nom, même après son départ de Prades.

En 1955, Pau Casals perd sa compagne de toujours, madame Capdeville. Mais la présence de la jeune Martita lui redonne goût à la vie, et elle l'emmène jusqu'à Porto-Rico, où il organise un nou veau festival. A partir de 1957, Casals partage son existence entre Porto-Rico et Prades, ou plus exactement Molig, puisqu'il a décidé de quitter la mai sonnette du Val Roc. On le voit donc beaucoup moins à Prades, même s'il reste fidèle à son festival. Il faudra attendre 1966 (Casals vient d'atteindre ses 90 ans !) pour qu'enfin il y renonce, et quitte définitivement Prades pour finir ses jours à Porto-Rico, où il s'éteindra en 1973.

Le festival de Prades

Il nous faut bien entendu revenir sur ce festival Pau Casals, qui a tant fait pour la renommée de Prades. Donc, tout commence en 1950, à l'occasion du bicentenaire de J.S Bach que ses amis ainsi que ses admirateurs américains le poussent à célébrer, puisqu'ils connaissent tous l'adoration que le maître éprouve pour Bach. Ainsi s'organise une manifestation qui ne porte pas encore le nom de festival, et qui se déroulera dans l'église Saint-Pierre, dont l'acoustique était d'ailleurs exécrable. C'est un véritable triomphe, auprès d'un public populaire (pradéen pour l'essentiel) enthousiasmé de découvrir celui qu'il connaissait depuis des années sans imaginer qu'il possédait un tel talent.

En 1951, devant le succès remporté l'année précédente, on commet l'erreur de vouloir organiser les concerts à Perpignan, au Palais des Rois de Majorque : certes, la foule est là, mais la tramontane gâche bien des plaisirs et le festival n'a plus rien à voir avec la "fête de famille" que constitua le premier festival. En 1962, nouveau changement, on se transporte à Sant Miquel de Cuixà, où l'abbaye vient d'être en partie restaurée et a retrouvé quelques-uns de ses chapiteaux. Mais les conditions matérielles sont trop précaires, et en 1954 on regagne l'église Saint-Pierre, où divers artifices ont permis d'améliorer l'acoustique. C'est là que chaque année, jusqu'en 1966, se déroulera désormais le festival, avec la participation des plus grands virtuoses mondiaux. Citons entre autres Sandor Vegh, Wilhem Kempff, David et Igor Oistrakh, Mieczyslaw Horszowski et Yehudi Menuhin.

En 1967, pas de festival : Casals est définitivement parti à Porto-Rico et personne n'a osé imaginer que la manifestation puisse se dérouler sans la présence du maître. Mais dès 1968 s'est formé un comité, appuyé par le Conseil général, qui redonne vie au festival. Désormais cependant, la plupart des concerts auront lieu à Cuixà, dans un cadre beaucoup plus accueillant qu'en 1952.

La magie primitive du festival a sans doute disparu, mais celui-ci continue d'être une manifestation musicale importante. Il lui faut cependant éviter de vivre sur son passé (même si le milieu mélomane est plutôt traditionaliste), afin de trouver un nouveau souffle et de résister à la concurrence des autres festivals musicaux si nombreux dans le sud de la France. Il faut également éviter toute tentative de récupération du festival par le Conseil général à des fins politiques, ce qui ne serait d'ailleurs pas très intelligent.
 





TU ES UNE MERVEILLE

Chaque seconde que nous vivons est un moment nouveau et unique dans l'histoire de l'univers, un moment qui ne reviendra plus jamais...

Et qu'enseignons-nous à nos enfants ?

Nous leur enseignons que deux et deux font quatre, et que Paris est la capitale de la France.

Quand leur enseignerons-nous aussi à savoir qui ils sont ?

Nous devrions dire à chaque enfant: « Tu sais qui tu es?  Tu es une merveille. Tu es unique.  Depuis le début des temps, il n'y a jamais eu un autre enfant comme toi.  Tes bras, tes jambes, l'agilité de tes doigts, ta façon de marcher.  Tu pourrais être un Shakespeare, un Michel-Ange, un Beethoven. Tu es capable de réussir en tout.  Oui, tu es une merveille.  Et quand tu seras grand, oserais-tu faire du mal à quelqu'un qui, comme toi, est une merveille? »

Tu dois travailler, nous devons tous travailler, à rendre le monde digne de ses enfants.

Pablo Casals

Ce texte nous a été envoyé par Caroline Groleau
SDG Les Cabrioles
Lac Beauport







Chaque seconde que nous vivons est un moment unique dans l'histoire de l'univers, un moment qui ne reviendra plus jamais... Et qu'enseignons-nous à nos enfant? Nous leur enseignons que deux et deux font quatre, et que Paris est la capitale de la France.
Quand leur enseignerons-nous aussi à savoir qui ils sont?
Nous devrions dire à chaque enfant : Sais-tu qui tu es? Tu es une merveille. Tu es unique. Depuis le début des temps, il n'y a jamais eu un enfant comme toi. Tes jambes, tes bras, l'agilité de tes doigts, ta façon de marcher.
Tu pourrais être un Shakespeare, un Michel-Ange, un Beethoven. Tu es capable de reussir en tout. Oui, tu es une merveille. Et quand tu seras plus grand, oserais-tu faire du mal à quelqu'un qui, comme toi, est une merveille?
Tu dois travailler - nous devons tous travailler - à rendre le monde digne de ses enfants.

Pablo Casals



19/07/2012
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