Alain YVER

Alain YVER

PATRICK DEWAERE

Patrick DEWAERE



IL MANQUE AU CINÉMA. À LIRE : La Douleur de vivre. À VOIR : Les valseuses, série noire, paradis pour tous, & tout l' reste.

PATRICK DEWAERE DISAIT : " À force de jouer des paumés, on finit par être un paumé. "

IL DISAIT ÉGALEMENT : " La vie est une escroquerie, SUR CE POINT, NOUS SOMMES D' ACCORD.




Acteur et  Artiste (Francais)
Né le 26 janvier 1947
Décédé le 16 juillet 1982 (à l'âge de 35 ans)



SITES


http://dewaere.online.fr/index.html

http://dewaere.online.fr/biographie.html

http://dewaere.online.fr/biographie.html

http://dvdtoile.com/Filmographie.php?id=3438

http://www.biosstars.com/p/dewaere.htm

http://www.evene.fr/livres/livre/bertrand-tessier-patrick-dewaere-25654.php

http://dewaere.online.fr/biographie.html http://www.biosstars.com/p/dewaere.html 

http://dewaere6.skyblog.com/

VIDÉOS
http://www.youtube.com/watch?v=fjXW1tF0gfA

QUELQUES HEURES AVANT ÇA MORT
http://florentine.typepad.com/jcris_pour_me_taire_ph_lo/2007/05/patrick_dewaere.html





A LIRE








BIOGRAPHIE



Acteur français né Patrick Jean-Marie Henri Bourdeau le dimanche 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc, en Bretagne. C'est le troisième enfant d'une famille qui en comptera six. Patrick Dewaere a une enfance plutôt difficile. Il n'aime pas l'école, même s'il tentera de passer son bac trois fois de suite. Il est souvent raillé comme la petite star du cinéma car, comme ses frères, Patrick tient, dès son plus jeune âge, quelques rôles sous le nom de Patrick Maurin (nom de sa mère ) pendant les années 50. Il débute au cinéma dès 1951 dans "MONSIEUR FABRE". Il n'a alors que quatre ans. Il joue ensuite divers petits rôles d'enfants, d'écoliers... dans plusieurs films, comme par exemple, "LA MADELON", "EN EFFEUILLANT LA MARGUERITE", ou "JE REVIENDRAI À KANDARA" ... En 1960, il tourne dans des films télévisés comme, par exemple, "La déesse d'or" ou bien encore en 1967 "Les hauts de Hurlevent" de Jean-Paul Carrière. C'est d'ailleurs cette même année qu'il obtient enfin un des premiers rôles dans le feuilleton télévisé "Jean de la tour miracle" (qui rencontre un certain succès).

Toujours en 1967, il devient pensionnaire, puis " sociétaire " en 1968, du Café de la Gare avec Coluche, Romain Bouteille, Sotha et Miou-Miou... où il joue pendant plus de dix ans (lorsqu'il ne tourne pas pour le cinéma) dans différentes pièces de théâtre. Mais, à cause des différents reports d'autorisations d'ouverture, il va falloir quand même près deux ans pour que le Café de la Gare soit achevé et qu'il ouvre officiellement ses portes le 12 Juin 1969.

C'est pendant cette période qu'il veut faire table rase de son passé de "comédien embourgeoisé" et qu'il apprend qu'il n'a pas le même père que ses autres frères et sœur. Il décide alors de prendre un autre nom de scène et choisi le nom Dewaere , patronyme de son arrière-grand-mère maternelle, pour se différencier de la troupe Maurin, dont il ne se sent en fait qu'un numéro. C'est aussi pendant cette folle période qu'il décide de se marier dans le plus grand secret avec Sotha, en ayant Rufus et une amie comédienne comme témoins.

Parallèlement, pour que la jeune troupe de comédiens puisse réaliser les travaux du futur "Café de la Gare", chacun d'eux fait des "post-synchro" (doublages sons). Patrick fait la voix de Dustin Hoffman dans "Le lauréat" par exemple et tourne dans quelques publicités pour contribuer à l'avancée du café théâtre.

Dès le Café de la Gare achevé, il tourne avec ses acolytes dans un court-métrage "La vie sentimentale de Georges le Tueur" et commence à se faire remarquer dans les sketches qu'il écrit parfois et dans lesquels il joue. Il est engagé pour le cinéma par Jean-Paul Rappeneau, venu un soir sur les conseils de Coluche chercher dans ce nouveau vivier un des futurs acteurs qui devait jouer deux petites scènes dans son prochain film "LES MARIÉS DE L'AN II" (1970). Un peu plus tard, il trouve un petit rôle avec une seule réplique en 1971 dans "LA MAISON SOUS LES ARBRES" (1971). C'est ensuite en 1972 que toute la troupe du Café de la Gare est engagée dans "THEMROC" par Claude Faraldo, mais ce film qui est pourtant quasiment inconnu en France est encore aujourd'hui, l'un des films-cultes, des cinéphiles anglo-saxons.

A la fin 1972, Bertrand Blier cherche de nouveaux acteurs, pour l'adaptation au cinéma de son roman "LES VALSEUSES" (1974). Il choisit d'abord Gérard Depardieu et Miou-Miou ,puis, sur les conseils des deux autres, Patrick pour tenir les rôles principaux. Ce film le propulse au rang de "nouvelles stars" à part entière.

Néanmoins, après cet énorme succès, Patrick Dewaere reste curieux d'expériences stimulantes. C'est pourquoi il accepte de tourner dans des films à moindre budget, mais emplis de poésie comme "AU LONG DE LA RIVIÈRE FANGO" (1975) de Sotha ou "LILY AIME-MOI" (1975) et "F COMME FAIRBANKS" (1976) de Maurice Dugowson dont il fait la musique. Il accepte également de donner une chance au jeune réalisateur Claude Miller en interprétant "LA MEILLEURE FAÇON DE MARCHER" (1976) ou "LA MARCHE TRIOMPHALE" (1977) de Marco Bellocchio où il prouve encore son horreur du conformisme.

Car Patrick Dewaere excelle dans les rôles de perdants et de marginaux qu'il sait rendre attachants par sa sensibilité. Il interprète des rôles dans lesquels il peut se glisser instinctivement. Parfois, il refuse ouvertement certains scénarios qu'on lui propose, ce qui ne plaît pas beaucoup aux majors du cinéma. Les personnages qu'il interprète sont souvent meurtris mentalement, même si le public le préfère dans des rôles de héros positif.

En 1977, il achève de convaincre le public de son talent, avec "LE JUGE FAYARD DIT LE SHÉRIF " (1977) d'Yves Boisset. Mais après son petit succès pour la bande-son du film "F comme Fairbanks", il doute pendant un moment, sur le fait d'arrêter le cinéma pour se consacrer entièrement à la musique. Il veut monter un groupe, il fait donc un disque (un 45 tours) qui sort en 1978, mais son insuccès auprès du public le décourage rapidement et remet en cause sa carrière musicale . Il revient donc à son premier amour: le cinéma. Il tourne alors dans "COUP DE TÊTE" (1979), "SÉRIE NOIRE" (1979) qui obtiennent un véritable succès auprès du public.

Mais en 1980, juste avant la sortie du film "UN MAUVAIS FILS" de Claude Sautet, Patrick confie sans crainte, ou de façon inconsciente, à un journaliste du "Journal du dimanche" la date qu'il veut garder secrète de son futur mariage avec Elsa, la mère de sa seconde fille Lola. Mais le journaliste décide de ne pas garder pour lui le scoop et la nouvelle fait la une du journal. Patrick est très énervé et malheureusement soutenu par deux de ses amis, ils se rendent tous les trois chez le journaliste où il s'ensuit une rixe. Le journaliste décide de porter plainte pour coups et blessures.

Les journalistes très solidaires dans ce genre d'affaire soutiennent avec tous les excès et sans aucune mesure leur confrère et critiquent très fortement le film pourtant de grande qualité de Claude Sautet qui vient juste de sortir et les films qui vont suivre l'année suivante en 1981 comme par exemple "PSY", "BEAU-PÈRE", ou encore "PLEIN SUD". Ils évitent de parler de Patrick Dewaere dans leurs articles ou ne le cite qu'avec ses initiales. Cette mésaventure avec les journaux va durer quelque temps et cela l'affecte profondément. Toutefois le journaliste, très bien conseillé, acceptera une très grosse somme d'argent de la part de Patrick Dewaere pour lui éviter le procès et en finir avec cette histoire. Donc, des le début d'année 1982, l'incident est oublié. Puis, sortent en salle des films comme"MILLE MILLIARDS DE DOLLARS" d'Henri Verneuil (1982) qui rencontre un très gros succès et un film pourtant tourné en 1979 "PACO L'INFAILLIBLE " de Didier Haudepin. Ces nouveaux films où il tient les rôles principaux, lui permettent de donner là encore la pleine mesure de son talent.

Le 16 juillet 1982, alors qu'il répète le rôle de Marcel Cerdan pour le film de Claude Lelouch "Édith et Marcel", Patrick Dewaere rentre seul à son domicile parisien, impasse du moulin vert , en début d'après-midi et choisit, en se mettant en scène face au miroir de sa chambre, de se suicider en se tirant une balle de 22 long rifle dans la bouche. C'est son domestique (qui parle seulement anglais) qui le découvre étendu vers 16 heures, et qui, affolé, se précipite chez la blanchisseuse de la rue du moulin vert pour lui demander d'appeller Police Secours, mais il est évidemment trop tard lorsqu'elle arrive. Le vendredi 23 juillet, ses obsèques sont célébrées place Victor et Hélène Basch (Paris 14 ème) dans l'église Saint Pierre du Petit-Montrouge. Le cercueil de Patrick Dewaere est porté par ses frères devant la foule. L'inhumation a lieu un peu plus tard à Saint Lambert du Lattay (Maine et Loire). Il avait seulement 35 ans et les raisons réelles de son acte demeurent inconnues.

Patrick Dewaere est décédé un mois avant la sortie en salle de son dernier film "PARADIS POUR TOUS" (août 1982) de Alain Jessua. C'est un film où il joue le rôle d'un agent d'assurance qui vient de louper son suicide mais qui reprend enfin goût à la vie après une opération expérimentale (le flashage) sur son cerveau. Après "Edith et Marcel", il devait aussi tourner dans le prochain film de Bertrand Blier "La femme de mon pote" ou bien encore "Le prix du danger" d'Yves Boisset. Mais ces projets ne verront pas le jour, tout du moins pas avec lui.

En 1992, dix ans après la mort de Patrick Dewaere, Marc Esposito, qui a souvent interviewé Patrick lorsqu'il travaillait pour le mensuel "Première" et avec qui il était devenu un "bon copain" décide de lui rendre hommage en présentant le film "PATRICK DEWAERE" en ouverture et hors compétition du Festival de Cannes 1992, dont le jury est présidé cette année là par Gérard Depardieu. En effet, Patrick l'un des meilleurs acteurs de sa génération, n'a jamais été récompensé, malgré cinq nominations aux Césars et sa présence en compétition à Cannes, pour "SÉRIE NOIRE" et "BEAU-PÈRE".



En 1975 Patrick tourne au total 5 films, il voit enfin se dessiner la carrière dont il rêve et hélas aussi celle de sa rupture avec Miou-Miou. Quand ils se retrouvent à la fin de l'année pour tourner F comme Fairbanks, ils sont déjà séparés depuis plusieurs mois. A la fin du film, le héros a échoué dans la reconquête de son amour perdu. Cette image de rêve sera la dernière du couple Dewaere/Miou-Miou à l'écran.

        Après sa rupture déclarant que la vie de famille n'est pas faite pour lui, il se réfugie dans la musique. Il essaie d'enregistrer un disque mais fait un bide monstrueux. Il enchaîne consécutivement La meilleure façon de marcher de Claude Miller, La marche triomphale de Marco Bellochio et Le Shérif de Yves Boisset

         A la fin de l'année 1976,Patrick retrouve ses copains du Café de la Gare pour monter une nouvelle pièce de Romain Bouteille.Pendant 4 moins, il ne tournera aucun film et ne lira aucun scénario. Au printemps 1977, la pièce n'a pas été un triomphe mais Patrick a tenu sa promesse. C'est alors que Bertrand Blier lui proposede reformer le tandem des Valseuses. Seule différence, Carole Laure remplacera Miou-Miou. Préparez vos mouchoirs est nominé aux Oscars du meilleur film étranger de 1978 et obtient la récompense suprême en avril 1979. Apres la sortie en salle de La clé sur la porte de Yves Boisset, le démon de la musique le démange à nouveau. Il fait ses début de chanteur à la radio sur France Inter. Un producteur lui propose même d'enregistrer certaines de ses chansons. Un magnifique projet, utopique sans doute, qui ne verra jamais le jour.

        Après Coup de tête et Le grand embouteillage, il tourne Série noire. Héros loser d'anthologie mais il ne faut pas comme certains commençaient à le faire; confondre le rôle et l'homme qui l'interprète. Et le succés du film de Corneau vient idéalement ponctuer une carrière on ne peut plus satisfaisante. Il fait partie maintenant des dix acteurs les mieux payés de France. Le tournage épuisant moralement l'avait laissé sur le flan et après un break de plusieurs mois, il tourne Un mauvais fils : rôle de toxicomane qui le confronte à des situations pénibles.

        Quelques jours avant la sortie du film de Sautet, il confie un secret à un journaliste : il va se marier la semaine prochaine avec Elsa. La nouvelle fait la une de la presse et Patrick explose et se bat avec le journaliste félon. Patrick pour éviter le procès et le tohu-bohu médiatique acceptera un an plus tard une transaction financière avec le plaignant.

        A la fin de cette éprouvantable année 80, éclairée seulement par la naissance de sa 2ème fille Lola, il retrouve pour la 3ème fois Bertrand Blier pour Beau père. Tournage très difficile pour Patrick qui doit tourner tous les jours avec une gamine de 14 ans des scènes d'amour où le moindre faux pas est interdit.

        C'est l'époque où il commençait à aller mal et où il avait besoin qu'on soit près de lui. Il était très noir. Il cherchait toujours la difficulté. Il n'arrivait pas à vivre, il avait un malde vivre absolument épouvantable. Après les bides sans appel de Psy et Plein sud, il tourne Hôtel des Amériques. Encore un rôle triste de paumé qui vadéfinitivement modifier son image auprès du public.

        Après le film de Verneuil, il enchaîne avec Paradis pour tous : l'histoire d'un type déprimé qui avait raté son suicide et qui se portait volontaire pour essayer une technique révolutionnaire qui supprime toute angoisse, tout sentiment négatif. Il fallait vraiment que Patrick Dewaere soit parvenu au bout de son processus d'autodestruction pour avoir envie d'un sujet pareil et pour accepter de prêter son talent et son mal de vivre. Paradis pour tous ressemble bien à un dernier film d'acteur au bout du rouleau.

        Le 16 juillet 1982, en pleine préparation du prochain film de Claude Lelouch (Edith et Marcel), il se suicide devant sa glace avec une carabine offerte par Coluche. Le mardi suivant, ses obsèques sont célébrées place d'Alésia (Paris) dans église Saint Pierre du Petit-Montrouge, le cercueil de PatrickDewaere est porté par ses frères devant une foule recueillie. L'inhumation a lieu à Saint Lambert du Lattay (Maine et Loire) dans le caveau familial de sa belle famille.

Il avait 35 ans !!!

        En 1992, Marc Esposito, directeur à l'époquede la rédaction du magazine Studio,présentait un hommage à Patrick Dewaere au Festival de Cannes présidé cette année là par Gérard Depardieu. Un film contre l'oubli de l'écorché vif du cinéma français.







Patrick Dewaere

Patrick Dewaere est un acteur, chanteur, compositeur français né le 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), mort le 16 juillet 1982 à Paris.

Son véritable nom est Patrick Bourdeau. Pour ses premières apparitions, notamment dans des feuilletons télévisés, il prend comme pseudonyme le nom de sa mère, la comédienne Mado Maurin. Puis celui de sa grand-mère, nom sous lequel il connaît la célébrité.

Il est le frère des acteurs Marie-Véronique Maurin et Jean-François Maurin.

Il se révèle au grand public dans les Valseuses de Bertrand Blier, film où il apparaît aux côtés de Gérard Depardieu et Miou-Miou en 1974.

Alors que sa carrière prend de l'ampleur avec des grands rôles comme Coup de tête (1978), Série noire (1979), Un mauvais fils (1980), il met subitement fin à ses jours dans sa maison du 14ème arrondissement de Paris d'un coup de carabine 22 long rifle (qui lui avait été offerte par Coluche) sans laisser un mot d'explication. Il avait 35 ans.

Il faut pourtant savoir que durant de longs mois avant son suicide, Dewaere subit la "vindicte" de la presse et des médias. En effet, après ce qu'il jugeait comme une profonde trahison, Patrice de Nussac, un "ami" journaliste (Journal du Dimanche) avait vendu les informations relatives à son mariage en 1980, en dépit de la promesse de ne jamais les exploiter. Après avoir donné un violent coup de poing au visage du journaliste, Dewaere va faire l'objet d'une véritable censure. A partir de ce coup d'éclat, il disparaîtra des les critiques des journaux, il ne sera plus interviewé et son nom ira même jusqu'à être "oublié" dans le détail de l'actualité des films de cette période. Jusqu'à sa mort, il devra faire l'impasse sur une très grande partie de la presse et des médias, en dépit de ses succès publics. Les producteurs éprouveront alors quelques réticences à l'employer. Il faudra tout le courage des derniers réalisateurs entre 1980 et 1982 pour lui permettre de continuer à travailler. On lui refusera plusieurs fois l'accès à des récompenses comme les César ou les trophées du festival de Cannes. Son dernier film "Paradis pour tous" sera tristement prémonitoire : il y campe un personnage qui met fin à ses jours...


Il s'apprêtait à jouer le rôle de Marcel Cerdan dans Edith et Marcel de Claude Lelouch.

À l'occasion du 10e anniversaire de sa disparition, Marc Esposito lui consacre un film documentaire (Patrick Dewaere), sorti sur les écrans en 1992, consistant en une collection de témoignages apportés par certains de ceux qui l'ont connu : Bertrand Blier, Alain Corneau, Miou-Miou, Claude Sautet, Sotha.

Il compose et enregistre en 1978 un 45 tours avec deux titres : L'autre (face A), Policier (face B) Et en duo avec Françoise Hardy « T'es pas poli » (1971). Il chante également dans le film F comme Fairbanks (1976)







DEWAERE MUSICIEN :

 C'est un aspect beaucoup moins connu des capacités créatrices de Patrick Dewaere qui connaissait très bien la musique. Il jouait du piano, de la guitare, de l'orgue ou de la trompette. Il rêvait de monter un vrai music-hall (chose quasi-réussie avec le Café de la Gare). Il voulait aussi monter un groupe avec son frère Dominique qui lui est devenu un musicien. Il décidera même pendant un moment d'abandonner le cinéma pour se consacrer entièrement à la musique. Mais son insuccès le fera une nouvelle fois changer d'avis faisant tourner court sa carrière musicale. Il adorait recevoir les personnes qui venaient chez lui en leurs faisant écouter ses dernières compositions. Il se tenait là devant le piano et se mettait à jouer ses derniers morceaux.

Les musiques des trois premiers disques de cette page
sont de lui:

La première, "T'es pas poli", paroles de Sotha, et musique de Dewaere, date de 1971. Françoise Hardy qui les avait vus chanter ensemble au Café de la Gare, proposa à Patrick d'interpréter ce duo avec elle. Ce disque passe évidemment un peu inaperçu même si Françoise Hardy
est sur la pochette en gros plan. Mais c'est une première entrer en matière dans le monde de la musique professionelle très aggréable pour Patrick.

Pour la musique de "F comme Fairbanks ", il s'installa un jour de tournage devant un piano faisant parti du décor et se mit à jouer, comme cela, d'un mouvement naturel. Maurice Dugowson, charmé, lui demanda s'il pouvait utiliser cette musique pour le film qu'ils étaient en train de tourner. Patrick évidemment accepta.
Ce disque fut un très gros succès.A cette période, la musique était aussi connut que le film lui-même.

" L'autre ", paroles de Sotha, musique de Dewaere, a été écrite en 1978. Elle fait partie de son seul 45 tours. De même que " Le policier ". Patrick n'aimait pas trop la police. Mais un jour, comme on lui avait proposé un rôle de flic ( Adieu poulet ), il avait composé cette chanson destinée à l'aider à entrer dans ce personnage lointain, cherchant tout ce qu'il pouvait avoir de commun avec lui. Le disque a été produit et édité par Yves Simon et José Ferré chez RCA. Les clips de ce disque furent réalisé par Didier Haudepin le réalisateur de "Paco l'infaillible"
dans lequel Patrick Dewaere acceptera de jouer en 1979 pour remercier le jeune réalisateur.









Le Centre Patrick Dewaere


Le suicide n'est pas un désir de mort!

Entretien avec Xavier Gernay, médecin responsable du Centre Patrick Dewaere.

Le Centre Patrick Dewaere accueille des personnes suicidaires. En quoi le Centre diffère-t-il d'un hôpital plus classique?

Le Centre accueille des jeunes suicidants et suicidaires de 15 à 35 ans avec une moyenne d'âge de 20 ans. Le suicidant est déjà passé à l'acte et le suicidaire est dans la pensée.
L'originalité du concept lié au centre est de dire que les tentatives de suicides chez l'adolescent ne sont pas obligatoirement le signe d'une pathologie mentale. Cependant, elles sont inquiétantes parce que c'est le signe d'un malaise profond auquel l'adolescent ne sait pas répondre autrement que par un passage à l'acte autodestructeur. Ce geste arrive au moment où les capacités de mentalisation ou de verbalisation sont dépassées. La personne n'arrive plus à dire, à crier ou à écrire qu'elle va mal.
On donne au jeune l'occasion de se rendre compte qu'un travail peut être fait autour de ce qui lui arrive mais en particulier un travail de nature psychothérapeutique. Il s'agit de remettre des mots sur ce qui ne va pas, de dénouer la crise.
La prise en charge s'organise sur quatre niveaux. Il y a, d'une part, tout ce qui est thérapie verbale, c'est-à-dire les entretiens individuels avec la psychologue, les thérapies de groupe, l'organisation de groupes de vie quotidienne. Nous avons ensuite des activités qui touchent à l'expression artistique, que ce soit la peinture, le modelage, les activités d'expression scénique, la musique… où l'on essaie de donner au jeune la possibilité d'exprimer ses sentiments sans passer par le verbe puisque celui-ci est trop difficile à mettre en place.
Le troisième volet reprend les activités physiques et sportives où on travaille la relation à son propre corps. On sait que dans la problématique adolescente, la découverte d'un corps qui change est une des difficultés propre à cet âge. A travers ces activités, il y a une manière de se réconcilier avec son corps, de mieux en connaître les limites et de retrouver un certain plaisir à le faire fonctionner. Les jeunes retrouvent un certain renforcement narcissique dans le fait de montrer de quoi ils sont capables.
Le quatrième volet, médical et psychiatrique, vient en dernière position. L'originalité c'est qu'il s'agit avant tout d'un centre de travail de la crise dans lequel l'aspect psychiatrique est bien sûr pris en considération mais plutôt en dernière analyse.
C'est un fonctionnement qui est ouvert, il n'y a pas de mise en observation ou d'hospitalisation de contrainte. La durée est fixée à trois semaines.

Vouloir se suicider c'est désirer la mort?

Oui et non. Parmi la population adolescentaire dont nous nous occupons, le passage à l'acte suicidaire est rarement l'expression d'un désir de mort. Ça s'inscrit souvent, paradoxalement, dans un désir contrarié de vivre. Les jeunes ne se tuent pas tellement parce qu'ils ont envie de mourir mais ils se tuent surtout parce qu'ils n'arrivent plus à trouver comment vivre. Comment vivre dans cette famille de "tarés"? comment vivre sans la petite copine qui vient de me quitter? comment vivre dans un monde où tout va mal?…
Les thématiques sont très différentes mais, derrière ça, il y a un désir de vivre et l'impression d'être incapable d'aller plus loin.
Chez nous, même si la mort est au centre du débat, nous avons un service dans lequel il y a pas mal de vie!

Pour vous, le suicide est-il un phénomène de société inquiétant?

Les personnes qui s'occupent du suicide sont d'accord pour dire que les facteurs sociologiques sont importants. Dans les pays industrialisés, depuis les années 50 jusqu'à la fin des années 90, le nombre de suicides semble avoir augmenté et en particulier chez les jeunes et chez les personnes âgées alors qu'avant cette période, c'était plutôt le fait des hommes adultes de 40-55 ans. Aujourd'hui, c'est un phénomène qui n'épargne aucune tranche d'âge. Ce qui est surtout inquiétant chez l'adolescent c'est qu'à ce nombre plus important de suicide correspond un nombre très important de tentatives de suicides.
Alors, est-ce la preuve du malaise grandissant de notre société? C'est une prise de position qui est évidemment difficile à argumenter. Dire que les gens se suicident de plus en plus parce que le monde va de plus en plus mal, c'est donner des raisons aux jeunes de se suicider. Personnellement, je suis un peu opposé à ce discours doloriste et négativiste. Il y a une valorisation masochique dans la douleur qui se généralise et je crois que ça c'est beaucoup plus dangereux. A force de dire que tout va mal, nous donnons à nos adolescents l'impression que le monde qui les attend ne leur offre rien. Or, ce qui dynamise l'adolescent, c'est l'impression qu'il va avoir prise sur ce monde. Ce qui a dynamisé les générations de '68 c'est l'impression qu'ils allaient pouvoir changer le monde. Le désespoir des adultes ne désespère-t-il pas les jeunes?
Les jeunes essaient parfois de me convaincre que le monde est pourri. Ils sont tout à fait surpris de mon bonheur. Ils n'ont plus l'habitude qu'on leur dise qu'il est tout à fait possible d'être heureux et que c'est à chacun de faire son bonheur.
N'oublions pas que le niveau social chez nous n'a quand même jamais été aussi bon, nous vivons dans un pays dans lequel la protection sociale est exceptionnelle. Nous sommes privilégiés par rapport à certains continents, à certains régimes politiques ou par rapport à certains marasmes économiques.

Le centre accueille-t-il beaucoup de récidivistes? Le besoin d'être pris en charge est-il plus fort que la ferme intention de mettre fin à ses jours?

Il faut savoir que, malheureusement, une bonne proportion des jeunes qui commettent des tentatives de suicide va récidiver et que ces récidives vont augmenter en gravité. On sait que les suicidants ont tendance à récidiver et on sait que, statistiquement, une personne sur 10 qui commet une tentative de suicide risque de se suicider ou de décéder de mort violente dans les 5 à 10 ans qui suivent. Parmi notre public, nous avons environ 22% de récidivistes. 78% de nos patients viennent pour la première fois. Je pense que le fait d'avoir limité, de manière inconditionnelle, la durée d'hospitalisation à trois semaines est un facteur important. On laisse ensuite au jeune la gestion de sa destinée. Nous faisons ça pour éviter la désinsertion socio-professionnelle, scolaire et familiale qui risque de favoriser l'évolution vers la chronicité de l'hospitalisme.

Propos récoltés par V.D.

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Centre Patrick Dewaere: 080/29.23.54





Patrick Dewaere, est inhumé au cimetière de Saint-Lambert-du-Lattay.




 








21/05/2007
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