Alain YVER

Alain YVER

PAUL-JEAN TOULET

 PAUL-JEAN TOULET




Les poèmes
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/paul_jean_toulet/index.html





Paul-Jean Toulet, né à Pau (Basses-Pyrénées) le 5 juin 1867 et mort à Guéthary (Basses-Pyrénées) le 6 septembre 1920, est un écrivain et poète français, célèbre par ses Contrerimes, une forme poétique qu'il avait créée.

Biographie

Paul-Jean Toulet perd sa mère à sa naissance. Tandis que son père regagne l'île Maurice, il est confié à un oncle de Bilhères, dans la vallée d'Ossau. Il séjourne trois ans à l'île Maurice (1885-1888) puis un an à Alger (1888-1889), où il publie ses premiers articles. Il arrive à Paris en 1898.

C'est là qu'il se forme véritablement, sous la tutelle de Willy, dont il est l'un des nombreux nègres, notamment pour Maugis en ménage. Colocataire du futur Prince des Gastronomes Curnonsky, il fréquente les salons mondains et les boudoirs demi-mondains qu'il évoque dans Mon Amie Nane. Il travaille beaucoup et se livre à divers excès, dont l'alcool et l'opium. Il collabore à de nombreuses revues, dont la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. De novembre 1902 à mai 1903, il effectue un voyage qui le mène jusqu'en Indochine.

Il quitte définitivement Paris en 1912 pour s'installer chez sa sœur, à Saint-Loubès, près de Libourne, puis à Guéthary, où il se marie. Ses dernières années sont assombries par la maladie. Pendant ce temps, un groupe de jeunes poètes, dont Francis Carco et Tristan Derème, prenant son œuvre en modèle, s'intitulent « poètes fantaisistes ».

Les fameuses Contrerimes, que l'auteur avait dispersées dans des revues et dans le corps de ses romans, sont réunies en 1916, mais ne sont publiées que quelques mois après sa mort.

Dans le domaine théâtral, Paul-Jean Toulet composa avec des amis (Martin et Cotoni) un à-propos en vers : La Servante de Molière dont nous n'avons pas le texte, mais qui fut représenté au Théâtre des Nouveautés d'Alger (alors que le poète y résidait), et qu'il s'amusa à éreinter lui-même dans Le Moniteur. Il fit également représenter une comédie en prose : Madame Josephe Prudhomme dont il était l'unique auteur. Enfin, Le Souper interrompu qui fut joué pour la première fois le 27 mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, au même programme qu'une autre création, Huis clos de Jean-Paul Sartre.

Paul-Jean Toulet avait eu un projet avec Claude Debussy autour de Comme il vous plaira (As you like it) de William Shakespeare. La maladie du compositeur n'en a pas permis la réalisation.

Georges Bernanos évoque son souvenir dans les premiers mots de son premier roman Sous le soleil de Satan (« Voici l'heure du soir, qu'aima P.J Toulet... »). De manière un peu inattendue[1], Frédéric Beigbeder place deux oeuvres de Paul-Jean Toulet (Mon amie Nane et Les Contrerimes) dans le "top-100" de ses livres préférés que constitue Premier bilan après l'Apocalypse.









Je prépare en ce moment plusieurs éditions d'œuvres de Toulet (ses « poésies complètes », un recueil de ses « pensées »...). En prolongement, voici quelques notes bio-bibliographique, à prendre comme un travail en cours.

Chronologie
1867

    * 5 juin : Naissance de Paul Toulet à Pau. Sa famille est établie à l'Île Maurice mais ses parents sont venus en France pour l'enfant y voit le jour. Il a une sœur, Jane, de deux ans son aînée.
    * 19 juin : Sa mère meurt. Paul et sa sœur sont recueillis par la famille.

1879
12 ans     

    * Il entre comme pensionnaire au lycée de Pau, en cinquième (il avait été scolarisé ici et là auparavant, notamment chez les Dominicaines).

1881
14 ans     

    * 8 décembre : Il envoie à sa sœur Jane, nouvellement appelée à l'Île Maurice, les premiers vers que nous connaissons de lui (le premier poème des Vers inédits leur semble postérieur daté d'« environ 1880 » par des cousines du poète). L'adolescent précise que ce sont là des vers, non de la poésie...

1882
15 ans     

    * Il a été renvoyé pour indiscipline du lycée de Pau et continue ses études à celui de Bayonne.

1883
16 ans     

    * Première partie de son baccalauréat ès lettres.

1885
18 ans     

    * 7 mai : Première publication : « Le Salon saintais » dans le Phare des Charentes, signé des initiales de l'ami qui tient la chronique : déjà nègre !
    * 9 décembre : Il débarque à l'Île Maurice où vit son père.

1886
19 ans     

    * Il y commence la vie de plaisirs qu'il mènera pendant plus de dix ans et que lui autorise pour l'heure la fortune familiale : jeux d'argent, drogue...

1888
21 ans     

    * « La lumière électrique », son unique publication dans l'île sans doute, paraît dans le Journal de Maurice. Elle est signée « Jemand », premier de ses multiples pseudonymes.
    * 23 octobre : Il quitte Maurice pour Alger où il devrait pouvoir poursuive ses études (on le destine à une carrière diplomatique) tout en préservant sa fragile santé.

1889
22 ans     

    * Abondante activité littéraire : nombreux articles dans la Vigie algérienne (sous pseudonyme), sonnets dans la Revue algérienne, etc... Toulet et deux de ses camarades ont également fait joué deux courtes pièces de théâtre fruits de leur collaboration.
    * 19 novembre : Il est de retour dans son Béarn.

1890
23 ans     

    * Il s'est établi dans le Sud-Ouest où il vivra pendant 9 ans. Selon une légende, son médecin ne lui donnait que 10 années à vivre et il avait décidé d'épuiser sa fortune pendant cette période ; c'est en tous cas, grosso modo, ce qu'il fit.

1891
24 ans     

    * Fin mars : rapide voyage en Espagne.

1892
25 ans     

    * Juillet : Deux semaines à Paris. Il y rencontre notamment Maurras et Toulouse-Lautrec.

1894
27 ans     

    * Unique publication connue de cette période béarnaise : une nouvelle, « Un serf », dans L'Art et la Vie.

1898
31 ans     

    * 1er février : « entr'actes », dans la Revue blanche (des poèmes en vers mesurés).
    * 1898 est l'année de son arrivée à Paris. Très vite il va y rencontrer le critique culinaire Curnonsky qui sera son alter ego pendant une dizaine d'années.
    * Publication d'un roman, Monsieur du Paur, homme public qui se termine par un « carnet » où se lit une série de ses « pensées ».

1899
32 ans     

    * Début de sa collaboration à l'hebdomadaire La Vie parisienne. Ce seront d'abord des épisodes de romans futurs.
    * Novembre : Il se rend à Londres. Il y rencontre l'écrivain gallois Arthur Machen dont il traduira le roman Le Grand Dieu Pan, classique de l'horreur. Cette traduction sera publiée en 1901.
    * Décembre : Le Bréviaire des courtisanes, roman co-écrit avec Curnonsky, paraît sous le nom de Perdiccas.

1900
33 ans     

    * Le Métier d'amant par Perdiccas.

1901
34 ans     

    * Fréquente Mme Bulteau.

1902
35 ans     

    * Le Mariage de Don Quichotte, roman (sous son propre nom).
    * Projet d'écrire un livret pour Debussy sur le Comme il vous plaira de Shakespeare.
    * Novembre : départ, avec notamment Curnonsky, pour un voyage en Extrême-Orient. Toulet y tient un journal qui paraîtra partiellement dans des revues.

1903
36 ans     

    * Août : Après un périple à travers l'Inde, l'Indochine, la Chine, etc. nos voyageurs sont de retour.

1904
37 ans     

    * Sous son propre nom, il publie deux romans au Mercure de France : Les Tendres Ménages et, l'année suivante, Mon amie Nane. Ces deux textes avaient paru en feuilleton dans la Vie Parisienne signés « Maxy ».
    * Le roman Demi-Veuve paraît sous le seul nom de Curnonsky (bien que Toulet l'ait co-écrit.)

1905
38 ans     

    * Début de la publication d'un troisième feuilleton dans La Vie Parisienne, Les Demoiselles La Mortagne. Il ne paraîtra en volume qu'après la mort de Toulet.
    * Dans la même revue, sous le pseudonyme Pierre Bénigne (les prénoms de M. du Paur), commencent à paraître des « Pensées sauvages » dont la plupart seront travaillées pour les volumes posthumes Les Trois Impostures et Le Carnet de Monsieur du Paur. Il y insère également des « Notes d'Art » et de littérature, des contes, etc.
    * À cette époque : Tentative désastreuse de collaboration avec Curnonsky pour Le roman de l'île X commandé par le journal pour enfants Qui rit lit...

1907
40 ans     

    * 6 avril : Dernière collaboration à la Vie parisienne. Toulet va poursuivre ces activités alimentaires dans d'autres journaux dont Le Chroniqueur de Paris.
    * 9 mai : Le Chroniqueur lui publie « La Main du Baron », conte où se lit un poème, présenté comme l'œuvre d'un des personnages, où apparaît pour la première fois la forme « contrerime » (ce sera la pièce LIV du recueil).

1908
41 ans     

    * Toulet commence à travailler comme nègre littéraire pour Willy. Il participera ainsi à l'écriture des romans La Tournée du Petit Duc, Lélie fumeuse d'opium, L'Implacable Siska, Les Amis de Siska et Maugis en ménage.

1910
43 ans     

    * 25 juin : Première publication, dans la Grande Revue, d'une série de « Madrigaux », douze poèmes de la forme contrerime.
    * Novembre : Autre suite de poèmes majoritairement de cette forme, dans le Divan, revue dirigée par Henri Martineau qui sera l'un des grands propagateurs de l'œuvre de Toulet et son principal éditeur posthume. Le même numéro publie des œuvres de plusieurs des poètes qui se qualifieront de « fantaisistes » : Pellerin, Derème... D'autres prépublications en revue des poèmes du recueil unique de Toulet auront lieu dans les années suivantes.

1911
44 ans     

    * Avril : Publications de « Guirlandes » dans Les Guêpes : y apparaît cette fois la forme « coples » : suite de quatrains et distiques alternés.

1912
45 ans     

    * Juillet : Toulet quitte Paris (sans explication réelle, mais son état de santé et celui de ses finances imposaient cette décision) ; il va d'abord habiter chez sa sœur Jane, au château de La Rafette.

1913
46 ans     

    * Janvier : Utilisation du mot « contre-rime » lors d'une publication dans les Marches de Provence.
    * Premier projet de publication en volume des Contrerimes, chez un éditeur débutant, Coulanges, à Marseille : il n'aura pas de suite.

1914
47 ans     

    * Le numéro de juillet-août du Divan est consacré à notre auteur.

1915
48 ans     

    * Il souhaite s'engager mais sa santé ne le lui permet pas.

1916
49 ans     

    * Il épouse Marie Vernon, l'une de ses anciennes maîtresses. Ils s'installent à Guétary, dans le Pays Basque.

1918
51 ans     

    * Publication, au Divan, de Comme une fantaisie qui reprend des contes publiés en revue dans les années 1900, comme furent aussi le roman La Jeune Fille verte et Béhanzigue qui paraîtront dans les années suivantes, chez d'autres éditeurs.

1920
53 ans     

    * 6 septembre : il décède d'une hémorragie cérébrale. Le volume des Contrerimes, dont il avait corrigé des épreuves, ne sortira que l'année suivante. D'autres volumes posthumes paraîtront ainsi, généralement par les soins d'Henri Martineau.

Bibliographie pratique
Ouvrages disponibles en librairie
Œuvres de Paul-Jean Toulet

    * Les Contrerimes, Les Nouvelles Contrerimes, Garnier/Flammarion, 2008
    * Œuvres complètes, Bouquins/Laffont, 1986
    * Les Contrerimes, Poésie/Gallimard, 1976
    * Monsieur du Paur, homme public, Ombres, 1999

Sur Paul-Jean Toulet

    * Témoignages Jacques Dyssord : L'Aventure de Paul-Jean Toulet Gentillomme de lettres, Paris, Bernard Grasset, 1928.
    * Études/biographies Henri Martineau : La Vie de Paul-Jean Toulet, Paris, Le Divan, 1921.
    * Pierre-Olivier Walzer : Paul-Jean Toulet, L'Œuvre, l'Écrivain, Paris, Aux Portes de France, 1949, 394 p.
    * Pierre-Olivier Walzer : Paul-Jean Toulet, Seghers, « Poètes d'aujourd'hui », 1954
    * Daniel Aranjo : Paul-Jean Toulet (1867-1920). Vol. 1. La vie, l'œuvre. Vol. 2. L'Esthétique, Pau, Marrimpouey, 1980, 600 p.
    * Présence de Paul-Jean Toulet, ouvrage collectif conçu et réalisé par Michel Bulteau, La Table Ronde, 1985
    * Pierre-Olivier Walzer : Paul-Jean Toulet, La Manufacture, « Qui êtes-vous », 1987 (réédition du volume Seghers avec quelques différences dans le choix de textes)
    * « Histoire d'un poème » Frédéric Martinez : Prends garde à la douceur des choses, Tallandier, 2008

Ouvrages disponibles sur Internet

    * Poésies Les Contrerimes (Florilège)
    * Premiers vers (Florilège)
    * Maximes, pensées Les Trois Impostures (archive.org)
    * Le Carnet de M. du Paur (Bibliothèque électronique de Lisieux)
    * Romans, nouvelles, contes Mon amie Nane (Florilège)
    * Les Demoiselles La Mortagne (Gallica)
    * La Jeune Fille verte (Gallica)
    * Monsieur du Paur, homme public (Gallica)
    * Les Tendres Ménages (Gutenberg)
    * Le Mariage de Don Quichotte (Gallica)
    * Béhanzigue (Gallica)
    * Comme une fantaisie (Gallica)
    * Correspondance Correspondance avec un ami pendant la guerre (archive.org)
    * Romans en collaboration Willy : Les Amis de Siska (archive.org)
    * Willy : Maugis en ménage (archive.org)

Autres ressources Internet

    * Extraits divers Choix de textes (Site « Florilège »)
    * Choix de textes (Site Arbrealettres)
    * Archive de poèmes (Site Paradis des Albatros)
    * Blogs Les Contrerimes (gribouillesetbidouilles.hautetfort.com)
    * Counter-Rhymes (oldenbroke.blogspot.com)
    * Sur lui Paul-Jean Toulet : [exposition], Paris, Bibliothèque nationale, mai-juin 1968 (Gallica)

Index des titres ou incipits

      A
    * À l'Alcazar neuf, où don Jayme...
    * À l'âme de Dumollard
    * À l'écart de tes sombres yeux...
    * À Londres je connus Bella...
    * À un absent
    * À une vieille garde
    * Admire des glaïeuls...
    * Agnès, pleurer ? Dit Charle...
    * Ah ! laissez-vous fléchir un instant...
    * Aimes-tu les jours d'or dénués de mystère...
    * Aimez-vous le passé...
    * Ainsi, ce chemin de nuage...
    * L'Alchimiste.
    * Alcôve noire.
    * Alger, ville d'amour...
    * Amarissimes.
    * Amie aux yeux changeants...
    * Arc vermeil, mais des arcs...
    * Au détour de la rue étroite...
    * Au pays du sucre et des mangues...
    * Augagneur va parler...
    * Avril, dont l'odeur nous augure...
      B
    * Bayonne ! Un pas sous les Arceaux...
    * Bénarès, dont le nom...
    * Boulogne.
    * Boy, une pipe encor...
    * Brouillard de l'opium...
      C
    * C'est Dimanche aujourd'hui...
    * C'est la R. H. Ellen...
    * C'était longtemps avant la guerre.
    * C'était sur un chemin crayeux...
    * C'était, dans les vapeurs du nard...
    * Carthame chatoyant, cinabre...
    * Ce fut par un soir de l'automne...
    * Ce n'était qu'un enfant un peu voluptueux...
    * Ce pavé que l'Europe foule...
    * Ce qu'il fait, Z. a cru...
    * Ces moires dont Zéphire incline la prairie...
    * Ces roses pour moi destinées...
    * Cet huissier, qui jetait, l'été...
    * Cette averse, Badoure...
    * Cette fraîcheur du soir...
    * Chandelier toujours sans chandelle...
    * Chevaux de bois.
    * Ciel ! Isadora Duncan...
    * La Cigale.
    * Comme à ce roi laconien...
    * Comme je lui levais sa jupe...
    * Comme les dieux gavant leur panse...
    * Contemple un autre monde...
      D
    * D'un noir éclair mêlés, il semble...
    * Dans ce charnier d'amants...
    * Dans l'océan des nuits...
    * Dans la rue-des-Deux-Décadis...
    * Dans le lit vaste et dévasté...
    * Dans le silencieux automne...
    * Dans quelle Inde nouvelle...
    * De faire amant ensemble...
    * De l'impassible ciel, toujours, toujours pareil...
    * De tout ce gala de province...
    * De toutes les filles sans mœurs...
    * Dernier Amour
    * Derrière les rideaux des fenêtres closes...
    * Des bords du canal noir...
    * Dessous la courtine mouillée...
    * Dessous le flamboyant...
    * Deux vrais amis vivaient...
    * Dolhia, au poète Fô.
    * Don Juan
    * Douce plage où naquit mon âme...
      E
    * Écoute les fruits que l'automne détache...
    * Église de Saint-Augustin...
    * Eh quoi, le monde tourne...
    * Eh, jeûnes à ta faim d'aimer...
    * Éléphant de Paris.
    * Elle est noire, c'est vrai...
    * Embrassez-moi, petite fille...
    * En Arles.
    * En l'an 1910...
    * En l'an 801 de Rome...
    * En souvenir des grandes Indes...
    * En vain brillent les eaux, pour qu'il s'y désaltère...
    * Enfin, puisque c'est Sa demeure...
    * Épigrammes
    * Épitaphe.
    * Étranger, je sens bon...
      F
    * Filles de la fumée...
    * Fô a dit...
      G
    * Le Garno.
    * Géronte d'une autre Isabelle...
    * Gethsémani
    * Gloire aux victorieux...
      H
    * Hélas, rien ne varie...
    * Heure céruléenne...
      I
    * Il m'en souvient...
    * Il n'est plus, ce jour bleu...
    * Il pleuvait. Les tristes étoiles...
    * In memoriam Henry de Bruchard.
    * In memoriam J. G. M.
    * Industrieux fils de Dédale...
    * L'Ingénue.
    * Invisibles regards...
    * Iris, à son brillant mouchoir...
      J
    * J'adore les magasins...
    * J'ai beau trouver bien sympathique...
    * J'ai connu dans Séville...
    * J'ai trouvé mon Béarn le même...
    * J'ai vu le Diable, l'autre nuit...
    * J'avais laissé mon argent...
    * Jardin qu'un dieu sans doute...
    * Je me rappelle un jour...
    * Je ne puis retourner la dame de pique...
    * Je songe aux plats sucrés...
      L
    * L'amour n'est plus...
    * L'heure comme une bête implacable et gloutonne...
    * L'immortelle, et l'œillet de mer...
    * L'ombre, ni le mystère...
    * L'un vainqueur ou l'autre battu...
    * La demoiselle, de vieillesse...
    * La dure alcôve...
    * La guirlande n'est plus...
    * La mer étincelait...
    * La vie est plus vaine une image...
    * Le bosquet ténébreux (loin des rives brillantes)...
    * Le bouc et la brebis...
    * Le coucou chante au bois qui dort....
    * Le Mardi gras, ni toi, ni moi...
    * Le microbe : Botulinus...
    * Le parc ruisselle encore...
    * Le sable où nos pas ont crié...
    * Le soleil se levait...
    * Le sonneur se suspend, s'élance...
    * Le tournebroche à poids...
    * Longtemps si j'ai demeuré seul...
    * Lorsque Timour partit...
    * Le lys.
      M
    * Madame, qui l'eût dit...
    * Me rendras-tu, rivage basque...
    * Mère d'un seul amour...
    * Molle rive dont le dessin...
    * Mon âme paisible était pareille autrefois...
    * Mon chien s'appelait Tom...
    * Mopse prétend pécher...
    * Mopse, pour tous émoluments...
      N
    * Nane, as-tu gardé souvenir...
    * Ne cherche pas l'amour...
    * Ne crains pas que le Temps...
    * Nocturne.
    * Non, ce taxi, quelle charrette....
    * Nous bûmes tout le jour...
    * Nous fumâmes toute la nuit...
    * Nous jetâmes l'ancre, Madame...
    * Nuit d'amour qui semblais fuir...
      O
    * Ô Diane, ô nuit pure...
    * Ô femmes, dites-moi...
    * Ô jour qui meurs à songer d'elle...
    * Ô Madone à la lourde traîne...
    * Ô nuit parmi les nuits...
    * Ô poète, à quoi bon chercher...
    * On descendrait, si vous l'osiez...
    * On dirait une main...
    * On t'a dit, et c'est vrai, ma chère...
      P
    * Pâle matin de Février...
    * Paradis d'ombre fraîche...
    * Plus oultre.
    * Pour un cuino, se mettre à trois...
    * Pour une dame imaginaire...
    * La première fois.
    * Presque une enfant encor...
    * Princes de la Chine.
    * Puisque tes jours ne t'ont laissé...
      Q
    * Qu'Allard, sur la caricature...
    * Qu'importe si l'automne...
    * Quand l'âge, à me fondre en débris...
    * Quand les os sont pareils...
    * Quatre ou cinq, nous avions résolu...
    * Que ce fut douce, hélas...
    * Que je t'aime au temps chaud...
    * Quel pas sur le pavé boueux...
    * Quelquefois, après des ébats polis...
    * Qui dira, dans l'ombre du bois...
    * Quoi, c'est vrai, tu m'aimas...
    * Quoi, nul amour encor...
      R
    * Rendez-vous ce jour-là...
    * Réveil.
    * Rêves d'enfant.
    * Le roi boit.
      S
    * S'il vous plaît de venir vers nous et les mornes campagnes...
    * Saigon : entre un ciel d'escarboucle...
    * Salut, Côte-Rotie, et toi, rouget trilibre...
    * Scarabée amoureux...
    * Si ta grande ombre, ô Moréas...
    * Si vivre est un devoir...
    * Soir de Montmartre.
    * Sonnet
    * Souffrance
    * Sous le ciel noir, j'entends...
    * Sous le soir jaune et vert...
    * Sous ta paupière bleue, Albe...
    * Spongieux, panaché de bambous...
    * Stendhal, si revenait...
    * Sur l'océan couleur de fer...
    * Sur la Halte de chasse de Van Loo.
    * Sur le canal Saint-Martin glisse...
    * Sur un portrait de Madame Récamier.
    * Sur un tableau de Vinci.
    * Sur une statue de Michel-Ange.
      T
    * Tandis qu'à l'argile au flanc vert...
    * Tandis que l'orchestre écoule...
    * Tant de travail, docteur...
    * Tant pis si Boulenger m'attrape...
    * Te dire que je t'aime...
    * Tel qui soûla de sang...
    * Tel variait au jour changeant...
    * Telle qu'étincelait sa gorge...
    * Le temps d'Adonis.
    * Toi dont pendent les fleurs...
    * Toi dont un tendre cœur...
    * Toi qu'arment les pavots...
    * Toi qu'empourprait l'âtre d'hiver...
    * Toi qui blessas Vénus...
    * Toi qui fais rêver, ô brune...
    * Toi qui laisses pendre, reptile superbe...
    * Toi, pour qui les dieux du mystère...
    * Tout ainsi que ces pommes...
    * Tout autour de la lampe...
    * Tout ce réseau, cette ombre...
    * Toute allégresse a son défaut...
    * (Traduit de Voltaire.)
    * Le Tremble est blanc.
    * Les trois dames d'Albi.
    * Trottoir de l'Élysé'-Palace...
    * Tu as beau me parler de vieillesse...
    * Tu m'avais dit...
      U
    * Un Jurançon 93...
      V
    * Va, laisse notre amour en paix...
    * Vénus hait le soleil...
    * Vêtue à l'envi d'un beau soir...
    * Vieillesse, lendemain d'amour...
    * Voici que j'ai touché...
    * Voici que s'éveille la terre endormie...
    * Vous m'avez demandé des vers. Mademoiselle...
    * Vous me reprochez, entre tant...
    * Vous qui retournez du Cathai...
    * Vous souvient-il de l'auberge...
    * Vous tous encor que ravit de rêver...





Michel Décaudin



Le Professeur Michel Décaudin a évoqué pour nous le 26 mars 1997 une voix originale de la poésie du XXème siècle, Paul-Jean Toulet, qui fut publié par ses soins chez Gallimard.
Paul-Jean Toulet (1867-1920), poète assez méconnu et à contre-courant de la vie poétique de son époque (celle du dadaïsme et de la libération du langage poétique), composait des "Contrerimes", forme rigoureuse qui marque un retour aux exigences du classicisme dans le souci de se préserver des élans désordonnés du coeur.

La "contrerime", poème court (trois à cinq strophes de quatre vers qui alternent un octosyllabe et un hexasyllabe) est peu utilisée dans l'histoire poétique, (au 19e siècle par Leconte de Lisle). L'alertance des vers lui permet un jeu de rimes assez rare (le premier vers rime avec le dernier, les deux vers intérieurs riment entre eux).
    


    Avril, dont l'odeur nous augure
    Le renaissant plaisir,
    Tu découvres de mon désir
    La secrète figure.

On note qu'un octosyllabe rime avec un hexasyllabe, à " contre-longueur ", selon l'expression de Toulet. Il en résulte une tension de l'expression extraordinaire où, condensée en quelques vers, la pensée atteint une forme de pureté poétique, dont la légèreté est enrichie par le jeu des sons, des ruptures, des ressemblances et des effets de surprise. Le recueil " Les contrerimes ", publié en 1920 peu après la mort du poète, comporte aussi des Chansons, des Dizains et des Coples: pièces courtes de deux à quatre vers:     

Le sable où nos pas ont crié,
l'or, ni la gloire,
Qu'importe, et de l'hiver le funèbre décor.
Mais que l'amour demeure, et me sourie encor
Comme une rose rouge à travers l'ombre noire.

La sobriété de Toulet, comme l'illustre ce poème, ne refuse pourtant pas l'émotion. Sa maîtrise de la rhétorique, son humour et ses plaisanteries (Ciel! Isadora Duncan/Va danser. F...ons le camp) masquent le visage douloureux du poète et la pudeur de Toulet dissimule mal sa solitude, comme dans le poème ci-après, " fait avec rien " (6 vers)
mais c'est de ce " rien " que naît le poème:     


   Pâle matin de Février
   Couleur de tourterelle
   Viens, apaise notre querelle,
   Je suis las de crier;
   Las d'avoir fait saigner pour elle
   Plus d'un noir encrier...
   Pâle matin de Février
    Couleur de tourterelle...

Pourquoi cette poésie, si riche en enseignements, n'a-t-elle pas connu une plus large notoriété? Sans doute parce que, par son goût des aphorismes, Toulet, artisan du vers, reste en marge des grandes tendances de la poésie du XXème siècle. Cependant il fut reconnu comme un maître par les jeunes poètes de l'Ecole Fantaisiste (1911) tels Derême, Carco, Pellerin et Vérane. Remercions Michel Décaudin qui, hors des sentiers battus, nous a fait découvrir avec chaleur et érudition, un poète dont l'univers désenchanté et plein de mélancolie se perd en un sourire, où les sentiments sont effeuillés de leur "trop intense" pour ne laisser dans l'âme qu'une marque fugitive et tendre.

Compte rendu de la réunion des "Amis du Club des Poètes"
par Laureline Jacquot.






 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) est un poète méconnu que l’édition de ses Œuvres  complètes chez Robert Laffont, en juin 2009, va, on l’espère, contribuer à sortir de l’oubli. Son nom demeure essentiellement attaché à ses Contrerimes, recueil publié en 1921, peu après sa mort, et qui comporte aussi des Chansons (dont la célèbre « Dans Arles, où sont les Aliscams »), des Dixains et des Coples (pièces courtes de deux à quatre vers).

« En feuilletant les pages de ce livre de poèmes qui, dès sa publication, valut à Toulet une gloire entre toutes authentique, on s’aperçoit que les « contrerimes » proprement dites sont au nombre de soixante-dix. Il faut entendre par « contrerimes » des quatrains aux vers alternés de huit et six [syllabes], mais dont les rimes s’embrassent. » (Ph. C.)

Pierre-Olivier Walzer définit ainsi  ce procédé prosodique, au jeu de rimes assez rare :  « La contrerime est cette pièce formée le plus souvent de trois quatrains, construits d’après le schéma : 8-6-8-6 rimant a b b a, de sorte que le grand vers rime avec le petit, ce qui donne à la strophe un élan et une rapidité impossible à atteindre dans une strophe aux vers égaux. »
Michel Décaudin précise que c’est « un système d’une science exquise, avec ses deux octosyllabes et ses deux hexasyllabes alternés, rimant « à contre-longueur » [selon l’expression même de Paul-Jean Toulet] : en vingt-huit syllabes se superposent deux schémas légèrement décalés l’un par rapport à l’autre, l’ordre des vers étant a b a b et celui des rimes a b b a ; il en résulte une allégresse de la démarche qu’accentuent encore la brièveté des pièces, l’usage du rejet et celui de l’ellipse. »  Le trait marquant de la poésie de Toulet est ainsi sa concision, aucune pièce du recueil ne dépassant trente-six vers.

« Système d’une parfaite précision qui se fonde sur un principe d’indétermination, lui-même soigneusement contrôlé », ce rythme subtil fut employé notamment par Leconte de Lisle pour conférer aux poèmes une touche d’exotisme. Cette forme rigoureuse marque par ailleurs un retour à un certain classicisme, dans le souci de se préserver des élans passionnés du cœur, en masquant avec pudeur sa souffrance. »  L’hexasyllabe, fréquemment introduit par un relatif ou une préposition, vient comme l’écho étouffé d’une sensation ou d’un souvenir.

Les premières « contrerimes » de Paul-Jean Toulet paraissent en 1910 et lui valent alors d’être reconnu dès 1913 comme le chef de file des poètes dits « fantaisistes », tels Tristan Derême, Jean-Marc Bernard ou Francis Carco.

 

 





05/03/2012
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