Alain YVER

Alain YVER

PIERRE MIKAÏLOFF

PIERRE MIKAÏLOFF

 

 

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https://www.facebook.com/pierre.mikailoff.1

La 1ère bio de TAXI GIRL par Pierre Mikaïloff
http://www.dailymotion.com/video/x5a9kt_la-1ere-bio-de-taxi-girl-par-pierre_creation

Qui tuera le rock-journalisme ?
http://www.dailymotion.com/video/xghrsr_rock-critics_creation/


http://www.dailymotion.com/video/x2a72k_podwrath-pierre-mikailoff_news


http://www.youtube.com/watch?v=eMM5jiBQtVY
















Pierre Mikaïloff

est un écrivain, journaliste et scénariste français né en 1962.


Biographie


Années 1980
Pierre Mikaïloff rejoint Les Désaxés, groupe pop parisien, en juin 1982. Après, seulement, une semaine de répétitions, le groupe fait la première partie de Sylvain Sylvain, ex-New York Dolls, au Gibus (Paris). À l’été 1983, grâce à une maquette produite par Éric Débris (membre fondateur de Métal Urbain), Les Désaxés signent sur le label Réflexes (Les Ablettes, Les Infidèles, Les Bandits, Grise Romance…). Tout ce que je veux, leur deuxième 45 tours, est un des hits de l’hiver 1985. Ce titre les propulse chez Phonogram (aujourd’hui Universal), qui les signe sur son label Philips. Celle que je préfère, réalisé par Éric Clermontet au Jacob’s Studio, dans le Surrey, leur permet d’enchaîner les tournées (dont la tournée d'été de Childéric Muller avec RMC en 1987 : 40 dates, 480 000 spectateurs), et de figurer sur la bande originale du film Septième Ciel de Jean-Louis Daniel. Malgré des débuts prometteurs, la collaboration avec Phonogram ne tient pas ses promesses. Le deuxième single Philips, Tu penses à autre chose, réalisé par Vincent Frèrebeau (fondateur du label Tôt ou tard), est un échec commercial. Face aux atermoiements de Phonogram, qui recule sans cesse la décision de lancer la production d'un album des Désaxés, le groupe se sépare en 1990.
Années 1990
Au cours des années 1990, Pierre Mikaïloff retrouve Jacno, avec qui il entame une longue collaboration scénique jusqu'en 2008. Il participe à l’album d’Hervé Zerrouk, ex-chanteur des Désaxés, (pour Atmosphériques), enregistre un album avec Jean-Philippe Geoffray (pour Sony), et travaille avec des cinéastes proches de l’art contemporain, comme Philippe Parreno ou Charles de Meaux – habillage musical de Crédits, en 1999, pour le premier, et bande originale du long-métrage Shimkent Hôtel, en 2003, pour le second. Pendant cette période, Pierre Mikaïloff écrit peu, en tout cas, rien qui soit destiné à publication.
Années 2000
En 2003, Pierre Mikaïloff commence à recueillir les notes qui constitueront le corps de Some Clichés, une enquête sur la disparition du rock'n'roll, un recueil de nouvelles baigné de culture rock, paru en février 2006. La même année, il publie une nouvelle, Heaven’s Boots, pour la revue Minimum Rock’n’Roll.
À la rentrée 2006, il publie la nouvelle I Wanna Win dans DOGS, Histoires pour Dominique, un recueil en hommage à Dominique Laboubée, défunt chanteur des Dogs. En octobre 2006, il participe avec Jacno au mémorable concert anniversaire des 40 ans de Rock & Folk au Bataclan.
En 2007, il publie If you don't wanna kiss me, Fuck Off !, dans le numéro 4 de Minimum Rock’n’Roll, le Dictionnaire raisonné du punk, et Rodney, un texte inspiré par Rodney Bingenheimer. Il signe en février 2008 une biographie de Taxi Girl, intitulée Cherchez le garçon, aux éditions Scali. L'ouvrage est construit autour d'entretiens inédits de Laurent Sinclair et Daniel Darc, réalisés au cours de l'été précédent.
Le mois d'avril 2008 voit la sortie d'un premier roman noir, Tournée d'adieu, aux éditions La Tengo.
Début 2009 il publie un portrait de Françoise Hardy, suivi trois mois plus tard d'une biographie de Noir Désir (qui reparaîtra en format poche, chez J'ai Lu en 2011), respectivement préfacés par Bertrand Burgalat et Jean Fauque.
À la rentrée 2009, il publie une biographie d'Alain Bashung préfacée par Boris Bergman et intitulée Bashung - Vertige de la vie, aux éditions Alphée - Jean-Paul Bertrand. Après avoir connu deux réimpressions, celle-ci reparaît avec la version "Prestige" du coffret DVD contenant Remets-lui Johnny Kid... ou 2,3 chansons que je sais de lui, film de Boris Bergman qui évoque la période 1975-1989 du chanteur (Studio Canal - novembre 2010).
Années 2010
En janvier 2010, Pierre Mikaïloff poursuit cette série de monographies consacrée à des icônes de la pop culture avec Citizen Jane, un portrait de Jane Birkin préfacé par le réalisateur d'Emmanuelle, Just Jaeckin, qui, en présentant Jane Birkin à Pierre Grimblat, a indirectement contribué à sa rencontre avec Serge Gainsbourg.
Pierre Mikaïloff est l'un des trois auteurs de la série de France 3 Nous nous sommes tant aimés, diffusée depuis mars 2010.
Il a rédigé l'entrée de l'album d'Elli & Jacno, Tout va sauter, dans l'ouvrage collectif dont Philippe Manœuvre est le maître d'œuvre, Rock français, 123 albums essentiels de Johnny à BB Brunes.
Il a participé au cours de l'été 2010 au tournage du film de Boris Bergman, Remets-lui Johnny Kid... ou 2,3 chansons que je sais de lui, un "rockumentaire" consacré à Alain Bashung et produit par Studio Canal, avec la participation de Christophe, Alain Chamfort, Hubert-Félix Thiéfaine, Axel Bauer, Paul Personne, Colin Newman et Jimmy Cliff.
Il participe au recueil de nouvelles collectif Ramones, 18 Nouvelles punk et noires, préfacé par Tommy Ramone et illustré par Hervé Bourhis, édité par Buchet Chastel, en mars 2011. L'équipe d'auteurs est proche de celle qui constituait le précédent recueil London Calling, paru chez le même éditeur fin 2009 et qui s'était révélé un succès de librairie.
Il a écrit avec Arnaud Viviant, (Re)Play Blessures1, un spectacle musical joué le 28 mars 2011 au théâtre Marigny, avec Irène Jacob, Alain Chamfort, Axel Bauer, Boris Bergman, Joseph d'Anvers, Florent Marchet, Barbara Carlotti, RoCoCo et Frédéric Lo, racontant la naissance de l'album d'Alain Bashung Play blessures2.
Il publie son premier recueil de poèmes, Au son des Remington, en octobre 2011, aux éditions Dernier Télégramme. Il s'agit de textes écrits en 1992, influencés à la fois par Bukowski, Carver et Brautigan.
En mars 2012, il crée au théâtre Louis-Aragon de Tremblay-en-France, Dernières nouvelles de Frau Major, une fiction musicale inspirée de la vie et de l’œuvre d'Alain Bashung qu'il a coécrite avec le metteur en scène Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre. La direction musicale est assurée par Yan Pechin, entouré de Bobby Jocky (basse) et Arnaud Dieterlen (batterie).
Notes et références
    1.    ↑ http://www.humanite.fr/03_03_2011-vingt-ans-apr%C3%A8s-sa-mort-gainsbourg-pour-toujours-466501 [archive]
    2.    ↑ http://www.youtube.com/watch?v=SsnK8A7jhcQ [archive]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Mika%C3%AFloff






PIERRE MIKAILOFF POUR "AU SON DES REMINGTON" :

J’ai vu Pierre Mikaïloff sur scène il y a très longtemps. Il était alors guitariste. C’était dans les années 80, des années qu’il fallait vivre en musique parce que sinon… Bon, je ne reviens pas là dessus, ce serait un peu long. Reste que Mikaïloff avait alors les cheveux drôlement coiffés, la grâce d’un ange déchu et la posture insolente d’un guitariste héros prisonnier de la terre de France. Il faut dire qu’à l’époque beaucoup d’entre nous se demandaient pourquoi il avait fallu que la Manche possède deux côtes : une bonne et une mauvaise. Mikaïloff a subi les mêmes affronts que tous les rêveurs de notre génération, il a vieilli. Pas mûri parce que les rockers ne mûrissent jamais, ils meurent toujours aux portes de l’adolescence. Pierre Mikaïloff a transmué ses riffs de guitare en formules d’encre. Il est devenu l’un des commentateurs brillants des années musicales des trente dernières années du XX ème siècle. Le lire est toujours jubilatoire. Il sait les nostalgies et les chagrins, il sait les rêves brisés et les départs prématurés. L’humour chez lui n’est jamais très loin de la gravité. Il vient de publier un recueil de poèmes, AU SON DES REMINGTON, constitué de poèmes courts, élégants et sans concession. Mikaïloff est un styliste, amoureux des jolies filles et observateur lucide du temps qui file sous les ponts Mirabeau et aussi sous les ponts de Londres… “Ensuite… Je ne me souviens plus.”
ARCHIBALD PLOOM : Pierre Mikaïloff vous avez publié récemment un recueil de poèmes intitulé AU SON DES REMINGTON. Mais avant que nous nous intéressions de plus près à ce recueil, je voudrais que l’on revienne sur votre parcours. Vous êtes en effet musicien, écrivain, journaliste. Vous abordez la création avec une certaine gourmandise et de manière systématiquement plurielle.
PIERRE MIKAILOFF : Plurielle oui, mais pas simultanée. Je ne parviens pas à faire les deux (ou les trois) en même temps : durant la période « musicien », j’ai dû écrire dix pages en quinze ans et depuis 2006, année de publication de mon premier livre, « Some clichés », je n’ai guère touché une guitare plus de dix minutes. Cette année, j’ai vécu comme un rêve la création d’un texte que j’avais écrit avec Arnaud Viviant ([Re]Play Blessures), qui a été lu sur scène par Irène Jacob et mis en musique par Fred Lo, au Théâtre Marigny. C’est exactement ce qui me manque avec l’écriture : sentir immédiatement la réaction du public. Mais quand je serai grand je serai cinéaste…
ARCHIBALD PLOOM : Votre traversée des années 1980/90 est avant tout musicale.
PIERRE MIKAILOFF : Eh oui ! J’avais tout faux. Car dans les années 1980 et 1990, alors que tous les êtres sensés s’intéressaient aux nouvelles technologies et aux marchés boursiers, je continuais de penser que la chose la plus importante était de jouer dans un groupe. J’avais une bonne décennie de retard. Dommage pour moi… C’est une traversée qui ressemblait un peu à celle du désert de Gobi avec une gourde percée, parce qu’avec Les Désaxés, on n’a jamais décroché de vrai hit, on est toujours restés dans l’antichambre du succès… Ce qui est un peu frustrant, il faut l’avouer.
ARCHIBALD PLOOM : Vous avez un rapport presque organique avec le rock. Vous avez d’ailleurs publié Some Clichés, une enquête sur la disparition du rock'n'roll, un recueil de nouvelles qui referme en quelque sorte une période d’engagement rock de tous les instants de votre part.
PIERRE MIKAILOFF : J’ai honte à l’avouer, mais il n’y a que ça qui m’intéresse. Gene Vincent, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, les Stones… Ce n’est pas un engagement, c’est juste que la vie est beaucoup plus facile quand elle commence par deux minutes trente de rock’n’roll.
ARCHIBALD PLOOM : Vous avez aussi publié un recueil de nouvelles en hommage à Dominique Laboubée, le regretté chanteur des Dogs. A ce moment là, on sent que vous vous positionnez comme l’un des mémorialistes rock (excusez la pompe…) de la période 1980-90.
PIERRE MIKAILOFF : Mémorialiste ? Peut-être, puisque le rock a maintenant une longue histoire et constitue un matériau littéraire. Pour parler de cet hommage aux Dogs (qui était un livre collectif) : ce groupe pratiquait un rock raffiné et érudit pour un public restreint mais connaisseur. Finalement, raconter Bashung, qui a rencontré l’adhésion du public ou raconter un artiste resté dans l’underground, présente des similitudes. Le mystère autour duquel tournent toutes les biographies, c’est ce petit ingrédient qui fait qu’un jour, un individu sort du rang et qu’au lieu de devenir coiffeur ou comptable, il prend une guitare ou une caméra.  
ARCHIBALD PLOOM : Vous avez commis aussi plusieurs ouvrages qui recensent l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur des thématiques rock précises, comme ce Dictionnaire raisonné du Punk ou plus tard le Dictionnaire des années 1980.
PIERRE MIKAILOFF : Ecrire un dictionnaire est jubilatoire. C’est comme un best of : tu compiles ce que tu aimes (ou n’aimes pas) concernant une époque, un mouvement artistique… Si tu choisis bien tes entrées, tu obtiens une vue d’ensemble assez fiable. Le traitement peut bien sûr être subjectif, c’est pourquoi j’adore les commentaires des lecteurs, furieux ou laudateurs, suivant les cas ! 
ARCHIBALD PLOOM : Vous avez publié aussi plusieurs portraits de figures mythiques de la pop française et plusieurs biographies. Vous avez travaillé aussi pour la télévision.
PIERRE MIKAILOFF : Pour la télévision, j’écrivais des voix off que lisait Gilles Verlant. Il s’agissait d’une série de France 3, « Nous nous sommes tant aimés », des portraits de personnalités du XXe siècle. C’est finalement mon travail le plus médiatisé, puisque mon petit texte était entendu chaque jour par plusieurs millions de téléspectateurs. Une expérience intéressante que de se colleter au monde de la production télévisuelle.
ARCHIBALD PLOOM : Pouvez vous nous parler maintenant de votre rapport à la poésie. D’évidence elle vous accompagne depuis fort longtemps…
PIERRE MIKAILOFF : J’ai compris que le poète n’était pas forcément un vieillard barbu et obèse produisant des alexandrins, grâce à Cocteau. Il se définissait lui-même comme poète et utilisait tous les outils que son époque lui fournissait : cinéma, théâtre, enregistrement sonore, littérature… Cocteau était multimédia avant la lettre. On peut remplacer le mot « poète » par « rocker », c’est la même chose.
ARCHIBALD PLOOM : D’ailleurs il y a tout de même un lien indéniable entre rock et poésie du moins pour les créateurs de notre génération. Au fond la posture des Stinky Toys, de Jacno, des Dogs avait un vieux fond rimbaldo-baudelairien.
PIERRE MIKAILOFF : Oui, on peut ajouter Johnny Thunders et beaucoup d’autres. C’est une vision romantique de l’art et de la vie : brûler avant de devenir vieux. Il y a un poème là-dessus dans « Au son des Remington ». Je mets de côté ces artistes pathétiques dont la défonce constitue le fonds de commerce. En revanche, Becket, Burroughs, Bukowski, Daniel Darc et Jacno ont prouvé qu’on pouvait franchir la barrière fatidique des 27 ans sans se renier.
ARCHIBALD PLOOM : Comment vous est venu l’idée de ce recueil Au son des Remington ?
PIERRE MIKAILOFF : Ce n’est pas venu d’une idée, il s’agissait plutôt d’une question de survie. Pour faire court : une fille m’avait quitté après une relation de sept ans et j’étais anéanti. Je n’avais absolument aucun objectif, j’étais une loque, un zombie. Et puis, il y a ce truc qu’on appelle « amitié », et qui est finalement plus fort que l’amour, qui m’a sauvé. Un ami m’a en effet convaincu d’acheter un ordinateur, au départ pour faire de la musique, mais je me suis mis à utiliser le traitement de texte, et, une nuit, je me suis lancé : j’ai raconté cette relation de sept ans sous forme de textes courts. C’est devenu « Au son des Remington ».
 ARCHIBALD PLOOM : Un gamin de 17 ans à qui j’ai proposé de lire ce recueil pensait que les Remington étaient des carabines américaines.
 PIERRE MIKAILOFF : Remington fabrique à la fois des machines à écrire et des armes à feu. C’est pas mal de fabriquer les deux, je trouve. Si Kalachnikov avait fabriqué des machines à écrire, ça aurait pu devenir : Au son des Kalachnikov.
ARCHIBALD PLOOM : La Remington est ultra présente dans le recueil à travers la mise en page .
PIERRE MIKAILOFF : Ce n’est pas la Remington qui est présente, c’est l’ordinateur Atari ! La mise en page reproduit fidèlement le traitement de texte de ces vieilles machines.
ARCHIBALD PLOOM : Autant pour moi…  Vos  poèmes sont courts, à la limite du haïku…
PIERRE MIKAILOFF : Oui, mais les références sont plutôt américaines, Brautigan, surtout.
ARCHIBALD PLOOM : Votre princesse Leia traverse l’ensemble du recueil avec la grâce d'une passante et vous comme un extravagant …?
PIERRE MIKAILOFF : Elle l’a tellement traversé qu’elle a disparu corps et biens !
ARCHIBALD PLOOM : L’amour mais sans le dire… L’humour mais sans l’appuyer.
PIERRE MIKAILOFF : C’est la seule façon de jouer avec ces choses, non ?
ARCHIBALD PLOOM : Il y a une espèce de légèreté très XVIII ème dans ces poèmes. Un sens de la formule rapide , concise mais sans jamais négliger l’esprit.
PIERRE MIKAILOFF : L’amour et les relations humaines sont légères, éphémères, fragiles, mais aussi douloureuses. S’il y avait juste la chair, le problème serait vite réglé, mais il y a aussi l’esprit, d’où la mélancolie quand une histoire fait partie du passé. Mais si on est seulement mélancolique, on emmerde tout le monde.
ARCHIBALD PLOOM : Les noms propres aussi ont leur importance…
PIERRE MIKAILOFF : Bien sûr, les noms propres, les marques… ce sont des points de repère auxquels on s’accroche pour fixer des moments, des époques, des ambiances. Au son des Remington, ça n’a pas le même sens que Au son des iPad.
ARCHIBALD PLOOM : Vacances 3 souligne fort bien les malentendus qui se nouent au cœur des histoires d’amour.
PIERRE MIKAILOFF : Les histoires d’amour naissent et se nourrissent de malentendus. Une fille vous croit brillant, gentil, fiable. Elle tombe amoureuse et puis elle découvre… la réalité.
ARCHIBALD PLOOM : Face B a évidemment un sens particulier lié à votre passé de musicien.
PIERRE MIKAILOFF : Oui, celui-ci est très particulier. C’est une des premières fois où j’écrivais quelque chose dont j’étais fier, je l’ai aussitôt fait écouter à ma fiancée et puis… c’est devenu une face B ! Ça remet l’ego à sa place.
ARCHIBALD PLOOM : Parlez nous du surprenant poème 68 000 ème rêve (Atari Song). Je me suis dit, en le lisant, qu’Apollinaire aurait adoré ce poème.
PIERRE MIKAILOFF : J’ai du mal à en parler : ce sont des caractères qui sont apparus quand j’ai imprimé le texte pour la première fois. Ghost in the machine !
ARCHIBALD PLOOM : Quelques mots sur le vieux SEEBURG dont le démontage referme le recueil.
PIERRE MIKAILOFF : Un écrivain est comme un juke-box, il contient plein d’histoires et on le paye pour les raconter. Et puis un jour, ces histoires n’intéressent plus personne et on range le vieux juke-box à la cave.
ARCHIBALD PLOOM : La dernière question. Vous auriez aimé être britannique ?
PIERRE MIKAILOFF : Comment ne pas avoir envie de naître dans le pays qui a inventé les Beatles et la science-fiction !
ARCHIBALD PLOOM : Autre chose ?
PIERRE MIKAILOFF : Je finirai par une question : je me demande si je dois envoyer ces poèmes à la personne qui les inspirés… La réponse est sûrement non.
ARCHIBALD PLOOM :  Heu … sûrement…


http://www.culture-chronique.com/chronique.htm?chroniqueid=354






écrit par Clement
13 AVRIL 2009


FRANCOISE HARDY, TANT DE BELLES CHOSES 
Par Pierre Mikaïloff

 

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Lorsque Bester arriva à cheval dans nos bureaux tout neuf, tenant d’une main le harnais de son destrier, de l’autre le bouquin « Françoise Hardy, tant de belles choses », écrit par le Gonzaïboy Pierre Mikaïloff, je ne me fis guère d’histoires. Mais une fois garé son cheval dans le parking souterrain, le boss s’avança vers moi, tendant le livre précédemment décrit en ma direction. Et annonça : « Ce livre, tu chroniqueras ». Je crus en une sinistre plaisanterie. Mois d’avril = poisson = rédac’chef = humour potache = grosse blague. 350 pages à lire avec déjà, d’autres articles sur le feu. Heureusement : le communiqué de presse était là…

« Françoise Hardy, tant de belles choses », par Pierre Mikaïloff: Fruit de quatre décennies de labeur, le livre Françoise Hardy, tant de belles choses, arrive comme une bouffée d’air frais dans cette période frappée par la crise économique, la redéfinition du capitalisme et le retour des Guns’n’roses.
La plume légère et virevoltante tel un héron sous ecstasy, Pierre Mikaïloff oscille entre nostalgie tenace et contemplation sincère à l’égard de l’interprète des tubes, Tous les garçons et les filles, Comment te dire adieu ? ou Message personnel. D’aucun diront que Mikaïloff ne sait pas basculer entre les registres, à la fois tendre et ironique, menaçant et doux, triste et drôle, grave et fugace. Ainsi, le livre compte nombre de phrases-cultes qui nous laissent en suspens, démultipliant notre envie de dévorer le livre en une nuit faite de chips et de sueurs abondantes. Des perles au rang desquelles :
«Pour distraire ses hôtes, Françoise Hardy a inventé un jeu qui consiste à préparer des cocktails en mélangeant au hasard des alcools qui lui tombent sous la main.», p.172.
«Mais plus que la pauvreté matérielle, c’est la pauvreté intellectuelle qui fait se sentir à l’étroit».p. 27.
Ou encore :
«En avril, dans les colonnes de Salut Les Copains, Johnny Hallyday – qui semble marcher sur les traces d’Edgar Morin – …. », p.106.
Accumulant références issus de son passé rock séculaire et des témoignages de ceux qui ont cotoyé de la star, Mikaïloff dresse le portrait d’une femme courageuse comme Derrick, forte comme deux lions, et maligne comme un bataillon de singes, se relevant incessamment tel un culbuto breton, malgré les épreuves de la vie… Comme vous le voyez, toutes les comparaisons du monde sont vaines pour décrire ce livre… Gonzaï vous le recommande de vive voix. »


http://gonzai.com/francoise-hardy-tant-de-belles-choses-par-pierre-mikaloff/






Pierre Mikaïloff - Interview
10/10/2012, par Benoit Crevits | Interviews |


Alors qu’est sorti récemment l’ouvrage "Desperate Rock Wives", POPnews publie une interview de Pierre Mikaïloff réalisée pendant les dernières Francos à l’occasion d’une conférence sur la mode et la musique, réunissant sur un même plateau Patrick Eudeline, Dom Kiris et l’intéressé. C'est l'occasion pour nous de parler de son travail, de l'édition et des années 80.

Tu es un peu le Alain Rey du Rock. Déjà le deuxième dictionnaire pour toi avec le "Dictionnaire des années 80". C’est une forme qui t’amuse ?
Travailler sur la rédaction d’un dictionnaire est assez ludique. Ça permet de travailler de façon éclatée en sélectionnant plein de sujets, plein de mots qui sont intéressants et ensuite de les mettre en forme de manière à ce que l’ensemble forme un tout cohérent. Un dictionnaire c’est aussi une histoire. Il faut que ça raconte quelque chose. Tu peux te fixer aussi une discipline assez simple à mettre en place en faisant par exemple une entrée par jour.
Ça n’est pas trop difficile de s’arrêter sur le choix des entrées lorsqu’on écrit un ouvrage à plusieurs ? Aussi, la forme du dictionnaire ne relève t-elle pas d’une certaine maniaquerie chez toi ?
L’ouvrage a été coécrit avec Carole Brianchon, sous la direction de Gilles Verlant. Nous avons fait des brainstormings en balançant tous les mots qui nous venaient à l’idée sur les années 80, en mettant nos listes en commun, en réfléchissant à ce qu'il manquait, à ce qu’on pouvait rajouter. Mais en écrivant, au fur et à mesure que tu progresses, tu t’aperçois vite qu’il manque des choses. Bref, c’est assez amusant, c’est une forme assez vivante pour revisiter l’histoire surtout pour cette période qui me passionne et qui m’irrite aussi par certains côtés. Ce dictionnaire a été en quelque sorte le moyen de régler mes comptes avec cette période et de faire le bilan sur ce qui m’a marqué.
Pour revenir à ta remarque concernant cette manière de mettre des choses dans des cases, je pense qu’un dictionnaire peut se consulter au hasard, en feuilletant au gré de son temps, de son envie du moment. Ça nécessite un travail vigoureux qui demande beaucoup de vérification mais pour ce travail, l’exhaustivité n’était pas à l’ordre du jour. Aussi, je pense qu’aujourd’hui, un dictionnaire correspond bien à la façon éclatée, fragmentée qu’on retrouve dans les nouvelles pratiques de lecture.

Tu viens de participer à une conférence sur le thème du Rock et de la Mode. J’ai un peu l’impression que ce vieux couple s’éloigne un peu au fil du temps alors que le couple Rock et Dictionnaire paraît inséparable.
Il faut quand même rendre à César ce qui est à César. Il y a une Américaine qui s’appelle Lilian Roxon qui dans les années 60, aux États-Unis, a fait le premier dictionnaire Rock. C’est vraiment une pionnière qui a défriché le terrain. On ne connaissait pas la biographie des groupes dans les années 60. On achetait un disque sans savoir que le groupe s’était formé deux ans plus tôt. On ne connaissait pas le nom des membres. C’est elle qui a vraiment réalisé l’arbre généalogique des Beatles, des Byrds, des Buffalo Springfield, des Rolling Stones ou encore des Beach Boys.
C’est vrai qu’il y a un historique du dictionnaire rock. Rock & Folk en 1973, dans la collection Albin Michel, va publier en deux volumes, bien avant Assayas, un dictionnaire de la pop musique de A à Z qui est aujourd’hui introuvable. Il a été réimprimé en 1976 puis dans les années 90. Lorsque tu étais un ado dans les années 70, que tu écoutais du rock, cet ouvrage là te permettait d’avoir pas mal d’informations qui n'apparaissaient pas dans Rock & Folk ou Best qui ne comportaient pas forcément d’historique de chaque groupe ni de discographies exhaustives.
Tu lis beaucoup d’ouvrages sur la musique?
J’essaie de ne pas être monomaniaque et de m’ouvrir mais, à partir du moment où il y a un bon bouquin sur la musique qui sort, je me précipite dessus et je m’aperçois que je le dévore. Le dernier bouquin qui m’a particulièrement plu, même s’il n’était pas forcément très bien écrit, c’est la biographie de John Cale qui est sortie l’année dernière mais que je me suis procuré très récemment. C’est un personnage vraiment énigmatique avec un parcours étonnant. Ce qui m’intéresse dans ces bouquins c’est vraiment le parcours humain, les trajectoires de tous ces gens.
La production éditoriale est quand même assez moyenne et redondante dans le domaine du rock : il y a certes quelques bios qui sortent mais les sujets traités ou les biographés sont souvent les mêmes. Je pense notamment au mouvement punk qui fait couler encore beaucoup d'encre. Pourquoi ce manque d’audace selon toi ?
C’est difficile de trouver quelque chose d’intéressant qui n’a pas été dit, pas encore fouillé. Il y a une profusion d’ouvrages sur le punk parce qu’on fête les 35 ans de l’année 77 où sont sortis tous les grands albums de ce mouvement : le premier Clash, le premier Sex pistols, des Damned, le deuxième Ramones. Il y a ce côté anniversaire et puis ce n’est pas uniquement lié au punk rock mais, on est tourné vers le passé parce que les bons disques de rock sont derrière nous et de ce fait, on a tendance à revenir à ce passé. Pour faire un bon livre, il faut une histoire. Tu ne vas pas faire dix pages si tu écris sur un groupe qui a un an de carrière, qui a fait un album et une tournée. Il faut un parcours avec des moments de grâce, des moments d’oubli, des hauts et des bas, des moments où l’artiste est complètement lâché par tout le monde, viré de sa maison de disques, repart de zéro etc... Raconter l’histoire de Bashung par exemple c’est passionnant : une carrière qui s’étire sur quarante ans qui démarre dans les années soixante en même temps que Johnny Hallyday. Il a du succès au début des années quatre-vingt au moment de la New-Wave. Devant nous, c’est un film qui tourne, c’est un roman de Zola, c’est un parcours qu’aurait pu raconter Balzac. Moi je veux bien parler de jeunes artistes, mais ça va être très court...
Tu as la chance aujourd’hui de vivre ta plume. C’est un travail bien loin de l’ambiance des tournées, des groupes que tu as connus. N'est-ce pas trop pesant ?
C’est vrai que c’est assez pesant de travailler en solo. En général, même pour un travail collaboratif, on reste chez soi et on s’envoie sur Internet ce qu’on a fait dans la journée. Ce que j’ai vraiment apprécié comme écriture collective c’est de travailler sur des pièces de théâtre : avec Arnaud Viviant l’année dernière et puis une autre cette année avec un jeune metteur en scène. On était autour d’une table et on écrivait vraiment ensemble. C’est vraiment une expérience agréable lorsque tu es habitué à travailler seul.
Peut-on définitivement dire que les années 80 furent l’apogée du mauvais goût - surtout avec l’arrivée de l’électronique ?
En même temps les musiciens n’étaient pas obligés de s’en servir. Lorsque la boîte à rythmes est arrivée, le midi, le DX7, tout le monde a voulu ajouter ces sons. Les producteurs ont voulu remplacer les batteries par des boîtes à rythmes. Le vrai problème des années 80 c’est qu’il y a une nouvelle génération d’ingénieurs du son qui est arrivée mais qui ne savait plus enregistrer une batterie, qui ne savait plus où placer un micro pour enregistrer une grosse caisse ou une caisse claire. Moi, j’ai toujours préféré jouer avec un batteur, un pianiste mais, on a tous été séduits par cette technologie, ces synthés. Après, lorsqu’on réécoute, on regrette...C’est horrible, inécoutable. Même les artistes qu’on adore ont fait leur plus mauvais disques dans les années quatre-vingt. Même les Stones sont tombés dedans avec le producteur Steve Lillywhite en utilisant des samplers.
Les années 80 sonnent définitivement la fin du punk. Comment expliques-tu cet arrêt brutal ?
Le punk est un jaillissement, une explosion. Le mouvement punk dure un an, un an et demi. Ca démarre en 75, en 76 le genre arrive à maturité et en 77, il est récupéré par le show-business, par les médias, les couturiers etc...
Que nous prépares-tu prochainement ?
C'est déjà prêt. Ça s'appelle "Desperate Rock Wives". Je me concentre sur les compagnes de rock stars. C'est l'histoire du rock du côté féminin, des cuisines parce que le rock c'est quand même un milieu très macho où les femmes restent en retrait à attendre le retour du guerrier. J'ai fait des portraits des femmes de Presley, de Phil Spector. J'ai beaucoup travaillé sur archives et plus particulièrement sur des personnages des années 60 qui sont quand même les portraits les plus fous à raconter comme celui de Yoko Ono ou de Jane Birkin jusqu'à Courtney Love. Des vies qui sont loin d'être de longs fleuves tranquilles.


http://www.popnews.com/popnews/interview-de-pierre-mikailoff






Bertrand Cantat:

«S'il n'avait rien dit, on lui aurait reproché»
Par Blandine Le Cain
Publié le 23/10/2013


INTERVIEW - Pierre Mikaïloff est l'auteur de la biographie Noir Désir, Bertrand Cantat, un destin rock. Il estime que l'interview accordée aux Inrockuptibles est injustement reprochée au chanteur, égal à lui-même dans sa franchise.

Le chanteur de Noir Désir se livre dans une longue interview au magazine Les Inrockuptibles. Pour l'un de ses biographes, Pierre Mikaïloff, le ton de vérité de l'entretien correspond à ce qui a toujours caractérisé l'artiste. L'auteur de Noir Désir, Bertrand Cantat, un destin rock juge sévèrement les critiques adressées au rockeur quant à une initiative qui servirait la promotion de son disque.
LE FIGARO. - Nous ne sommes pas habitués à voir Cantat se livrer dans les médias. Son interview aux Inrockuptibles vous paraît-elle refléter sa personnalité?
Pierre MIKAÏLOFF. - Cette interview offre un nouveau regard sur cette histoire, touchant, émouvant. Cantat y est très franc, il va au fond des choses, comme il l'a toujours fait. On attendait cet entretien et on sait que ce sera sans doute sa seule prise de parole. On n'imagine pas Cantat interviewé au journal télévisé ou à la radio. Mais ça reste compliqué de revenir. Je trouve qu'il n'esquive pas. Il répond sans se défiler, ni se chercher d'excuses. Cela correspond à ce qu'il est depuis toujours: quelqu'un d'honnête. Les faits sont gravissimes, il le reconnaît et semble en être conscient. Il ne tente pas d'expliquer l'inexplicable. Au contraire, il s'attache à la façon dont il tente de se reconstruire. En ce sens, cette interview a peut-être un côté thérapeutique. Selon moi, tout ce qu'on doit savoir se trouve dans cette interview.
Bertrand Cantat parle beaucoup des conséquences du drame et du chemin parcouru depuis. Les précisions sur les circonstances précises de la mort de Marie Trintignant n'étaient pas nécessaires?
Je ne me suis pas arrêté à ça. On a déjà pu lire dans les articles et dans les livres sur le sujet les comptes rendus de rapports d'enquête et d'autopsie. Tout a été dit sur le sujet, de ce que l'on pouvait savoir. Je crois qu'il n'y avait pas vraiment besoin qu'il en parle, étant donné qu'on connaît déjà les circonstances. On sait qu'ils étaient ivres, et que lui-même se souvient mal de cette nuit-là. D'autre part, le fait qu'il revive ce moment dans l'interview aurait pu avoir un côté malsain. Ce n'était peut-être pas l'endroit. Cette nuit tragique reste un point d'interrogation sur beaucoup d'aspects. Mais il est probable qu'il en soit de même pour lui. Je crois qu'il n'en a pas le souvenir précis, et qu'il n'y a pas grand-chose de compréhensible dans ce drame.
«Cantat a payé sa dette. Il a retrouvé le droit d'exercer son travail. Or, son travail, c'est d'être artiste.»
Que pensez-vous des critiques qui voient dans cet entretien une promotion de son nouvel album, qui sort le 18 novembre?
Je trouve ça absolument lamentable. S'il n'avait rien dit, on lui serait tombé dessus en lui reprochant son silence. Il a choisi de répondre aux Inrockuptibles, un journal qui a été parmi ses premiers soutiens, et il parle très peu de son album. Il explique au contraire pourquoi il revient, où il en est. Ce n'est pas faire la promo de son disque.La question, c'est qu'on voudrait constamment l'amener sur le domaine du fait divers, mais c'est un musicien. Cela fait parler de lui, c'est vrai. Mais Cantat a payé sa dette. Il a retrouvé le droit d'exercer son travail, comme n'importe quel citoyen. Or, son travail, c'est d'être artiste. Et faire la promotion de son travail n'est pas plus indécent pour cet artiste que pour n'importe quel autre.
Peut-il vraiment se défaire de l'image qui lui colle à la peau, celle du meurtrier de Marie Trintignant, et retrouver un public?
Dans la tête de beaucoup de gens, le choix est déjà fait. Un certain nombre de personnes ont déjà décidé qu'elles n'achèteraient pas son disque, parce que c'est lui. D'autres lui accordent une seconde chance. Je ne crois pas que cette interview ou la promotion de son disque changera grand-chose à ça. Ce que je retiendrais de cet entretien, c'est une confirmation: comme beaucoup d'artistes, Bertrand Cantat n'est pas fait pour la vie réelle. Le seul endroit où il est à sa place, c'est sur la scène. Je comprends très bien que des gens ne l'écoutent plus pour ce qu'il a fait. Mais il faut garder à l'esprit qu'il y a deux Bertrand Cantat: celui qui a connu ce moment de folie, et derrière l'homme, l'artiste, qui reste immense.


http://www.lefigaro.fr/musique/2013/10/23/03006-20131023ARTFIG00432-bertrand-cantat-s-il-n-avait-rien-dit-on-lui-aurait-reproche.php






ACTU - Pierre Mikaïloff écrit un livre sur Noir Désir
20/04/2009 -

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Noir Désir, Bertrand Cantat, un destin rock, voilà le titre de cette nouvelle biographie consacrée à l’un des groupes de rock français les plus influents.
De leurs débuts à Bordeaux en 1987, à l’enregistrement de leur nouvel album, en passant par le marquant et très médiatisé épisode Vilnius, Pierre Mikaïloff dresse un portrait émouvant et vrai d’un groupe pas comme les autres.
L’auteur met l’histoire de Bertrand Cantat en parallèle avec celle d’autres artistes devenus cultes, tels que Jim Morrison, Phil Spector ou encore Sid Vicious.
Critique de rock reconnu et ancien guitariste du groupe de rock des 80’s Les Désaxés, Mikaïloff pose un regard de fan, nouveau et juste sur le parcours exceptionnel d’artistes engagés, luttant contre le conformisme et la médiocrité.
Reconnaissant qu’il y a un avant et un après Vilnius dans l’histoire du groupe, l’auteur traite le sujet avec subtilité sans rentrer dans la thématique people.
 Le livre n’est pas seulement axé sur Cantat et fait également la part belle aux autres musiciens : Denis Barthes, Serge Teyssot Gay, Jean-Paul Roy et Frédéric Vidalenc, ce dernier présent jusqu’en 1995, ont eux aussi une vie artistique en dehors du groupe. Et même pendant les quatre années sans leur chanteur, le groupe a continué son activité, obtenant même une Victoire de la Musique pour le meilleur DVD Live, enregistré en 2005.
 Véritable récit d’un fan sur des artistes qu’il adule, Pierre Mikaïloff conte l’ascension d’un groupe uni, à l’époque où les MySpace et MyMajorCompany n’existaient pas encore.

 

Fiche Technique :
Noir Désir, Bertrand Cantat, un destin rock
373 pages
Disponible depuis le 17/04/09
21,90€
Editions Alphée
Par Adeline Thiriot


http://musique.premiere.fr/News-Musique/ACTU-Pierre-Mikailoff-ecrit-un-livre-sur-Noir-Desir-1697533





Noir Désir, Bertrand Cantat - Un destin rock
Lepoint.fr - Publié le 17/04/2009

1990, Noir Désir est en tournée à Leningrad (Saint-Pétersbourg) avec le violoniste François Boirie  Youri Lenquette

Par Anne Jeanblanc
C'est un livre qui parle d'un autre temps. Celui d'avant "la tragédie de Vilnius", où Noir Désir était un groupe exemplaire, intouchable, absent des rubriques people et qui pouvait se permettre d'interpeller Jean-Marie Messier - "camarade pdg" - lors des Victoires de la musique 2002, sans que l'on doute de leur intégrité. Mais après tout, est-elle aujourd'hui remise en question ? Ce n'était pas l'objet du procès de Bertrand Cantat. Ce n'est pas, non plus, celui du livre de Pierre Mikaïloff. Au contraire, l'auteur loue tout le long le refus du groupe de faire des concessions, son habileté à garder sa ligne de conduite au sein de la major qui les distribue. Paradoxal ? Le débat est sans fin mais c'était peut-être - c'est toujours - l'unique façon de durer.

"Pourquoi ont-ils réussi et pourquoi sont-ils les seuls à être encore là aujourd'hui ?"

Si l'auteur reconnaît qu'il y a pour Noir Désir "un avant et un après Vilnius", le temps dont il nous parle est surtout celui d'une époque sans la vitrine internet. Où les groupes n'avaient que la scène pour se faire connaître. Un temps où il fallait attendre que les médias décident de consacrer un numéro spécial à une région pour que les artistes "provinciaux" aient une résonance nationale. "Le reste de l'année, c'était cinq lignes dans un magazine, pas beaucoup plus." Un temps où les MySpace et autres My Major Compagny n'existaient pas. Mais un temps à la veille de la scène alternative, où le rock français bouillonnait, et où il y avait la radio libre. "Noir Désir est arrivé aux débuts des radios libres, qui diffusaient des morceaux autoproduits. Ça a été leur chance", analyse a posteriori Pierre Mikaïloff.

Pourtant, cela ne suffit pas. Cela ne suffit par pour durer, cela s'entend. En témoigne le premier chapitre du livre, dans lequel l'auteur convoque l'ensemble du catalogue "pop" de Polygram - aujourd'hui Universal - et dont Pierre Mikaïloff faisait partie avec son groupe Les Désaxés. Elli Medeiros, Gérard Blanchard, Pijon, Gamine, Luna Parker, Kent, L'Affaire Louis Trio, Passion Fodder, Carte de Séjour... et Noir Désir. "[...] Parmi les groupes présents ce jour-là, seul Noir Désir est toujours en activité." Voilà donc l'ambition du livre. Non pas celle de savoir quelle est aujourd'hui l'actualité de Noir Désir, dans cet "après Vilnius", mais plutôt de comprendre le pourquoi de leur longévité. "Pourquoi ont-ils réussi et pourquoi sont-ils les seuls à être encore là aujourd'hui ?" interroge l'auteur. "En fait, ils fonctionnent à la manière de tous ces grands groupes anglais qui perdurent ; U2 par exemple. Un album tous les 5 ans, une tournée, puis de longues plages de séparation où chacun vaque à ses occupations.é Occupations qui n'ont rien d'une danseuse. Les fans purs et durs le savaient sans doute, le grand public le découvrira : chaque membre de Noir Désir a une vie artistique riche en dehors du quatuor. Noir Désir est une entité mais formée d'artistes distincts.

Et c'est peut-être là la richesse de cette biographie, mettre en lumière ceux qui trop souvent disparaissent derrière le leader, ô combien charismatique. "Il n'y a rien de plus classique que de mettre le chanteur en avant", dénonçait Bertrand Cantat dans une interview à Rock & Folk en 1989. "[Alors qu'on] reste un groupe avant tout." Mais justement. Si Noir Désir ne se confond pas avec Cantat, cette volonté - nécessité - de rester "un groupe avant tout " est à double tranchant. Elle suppose que l'histoire du chanteur pourrait mettre en péril celle de l'entité. Le public en décidera. Pour l'heure, Noir Désir s'est "remis au travail". Osana, osana et en route pour la joie pensent les fans . Mais Pierre Mikaïloff ne dit rien de plus que ce que l'on sait déjà ; deux titres inédits ont circulé sur le Net - Gagnants/Perdants et une reprise du Temps des Cerises - et Noir Désir "s'est remis au travail". Dommage, on aurait aimé qu'il soit en mesure d'en révéler plus. Car c'est aujourd'hui plus que jamais que se pose, non pas la question de la longévité du groupe - "Noir Désir s'est remis au travail" -, mais celle de son succès.

Noir Désir, Bertrand Cantat - Un destin rock, aux éditions Alphée. 21,90 euros

Par Charlotte Pons

http://www.lepoint.fr/culture/2009-04-17/noir-desir-bertrand-cantat-un-destin-rock/249/0/335806





chronique Livre
Bashung, Vertige de la vie
Pierre Mikaïloff
Editions Alphée - Jean-Paul Bertrand - 27 août 2009

 

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Savoureuse biographie d’Alain Bashung – elle se dévore en quelques jours et fait replonger dans la discographie du regretté musicien –, le livre Bashung, Vertige de la vie signé Pierre Mikaïloff est un excellent moyen de revenir sur la carrière - couronnée de succès artistiques et populaires, mais également parsemées d’embûches tendues par le bizness - de l’interprète et coauteur de Gaby, Oh ! Gaby, Vertige de l’amour, SOS Amor, La nuit je mens, Madame rêve, Osez Joséphine, Je t’ai manqué et Résidents de la république...
La seule évocation de ces titres suffit à expliquer l’importance de Bashung dans le patrimoine culturel français ; les morceaux du ténébreux et rock ‘n roll chanteur frenchy font partie de notre vie de tous les jours, on a tous un souvenir qui remonte à la surface en écoutant ces titres, des anecdotes croustillantes revenant en mémoire grâce aux textes épicés ou une pensée émue pour un instant magique vécu en concert (Comme un légo en 2009, La Nuit je mens, Aucun Express et Nights In White Satin en 2004). Grâce à ses talents d’interprète et à son génie pour dénicher puis inspirer ses excellents auteurs (Boris Bergman – qui signe l’avant propos de ce livre - et Jean Fauque en tête… ), le vertigineux Alain a su se réinventer à chaque album, évoluer tel un caméléon à la Bowie dans des univers très différents les uns des autres et proposer une version française passionnante de ses influences musicales, Bob Dylan, Eddie Cochran, Buddy Holly, Gene Vincent et Jerry Lee Lewis. La réussite du livre de Pierre Mikaïloff réside dans le fait que l’auteur permette aux profanes comme aux fans de suivre pas à pas le parcours de Bashung (avec en particulier de nombreux détails sur son enfance et ses débuts problématiques, avant d'être reniés par la suite), de comprendre la genèse de ses plus grands morceaux et de mieux appréhender ce qui l’a inspiré pour telle ou telle composition. Grâce à de nombreux extraits (très éclairants) d’entretiens avec Bashung, ses proches collaborateurs ou des personnes l'ayant côtoyé, l’on comprend mieux le pourquoi et le comment des multiples succès ayant jalonné sa route vers la gloire. Sa filmographie, son rapport à la littérature, ses différents partenaires d’écriture ou d’enregistrement (Serge Gainsbourg, Colin Newman de Wire, Link Wray, Gérard Manset, Rodolphe Burger, Dick Rivers… ), ses sérieux penchants pour la fête et l’autodestruction, tout est abordé de manière intéressante et très parlante…
Nourri par ces multiples détails captivants, dès qu’on a fini la dernière page de Vertige de la vie, on ne pense plus qu’à réécouter en boucle les trésors de la carrière de Bashung. Une carrière parsemée de tubes truffés de jeux de mots, d’allusions sexuelles, de poésie troublante, de références classieuses, de voix sidérantes et de mélodies à tomber à la renverse. Un livre qu’il est vivement conseillé de lire à tous les adeptes de la Bashungmania…


http://www.foutraque.com/chronique_livre.php?id=3635





Bashung- Vertige de la vie- Pierre Mikaïloff

27/08/2009

Reçu en deux exemplaires le lundi 24 Août au matin, j’étais heureux de tenir entre mes mains et en avant-première, ce nouvel ouvrage destiné au Maître.
A quelques pages de la fin, je peux dire aujourd’hui que ce bouquin de 444 pages, se boit comme du petit lait.
 
J’ai bien attendu deux jours de congés consécutifs, et un endroit de rêve niché au coeur de la Provence, pour profiter pleinement de la lecture de l’ouvrage. Tandis que ma belle et douce faisait quelques brasses dans la piscine dont nous avions l’extrême honneur de bénéficier, je ne pouvais décrocher ni ma rétine, ni mon péroné de cette couverture rougeâtre et de son contenu.
 
J’ai tout d’abord stoppé net le livre en court, à savoir l’autobiographie de Gilles Jacob « La vie passera comme une rêve » pour faire place donc à « Bashung- Vertige de la vie – Pierre Mikaïloff – Edition Alphée».
 
Même si nous retrouvons là beaucoup d’interview déjà connue pour les plus ferrus d’entre nous (spécifions bien que les annotations en stipule clairement la provenance), cet ouvrage nous permet toutefois de « cerner » encore un peu plus le personnage Bashung, son œuvre et son cursus.
Les étapes de sa vie « artistique » sont bien respectées, les albums tous bien cités, avec les propos des  collaborateurs de l’époque, et, et c’est intéressant, une manière de bien nous restituer le contexte musical de l’époque.
La part faite à la vie privée d’Alain Bashung, est loin d’être majoritaire, juste ce qu’il faut pour éclairer un lien avec l’album du moment, un changement de situation, resituer un contexte.
La complexité du personnage est bien démontrée, sans aucune lourdeur. Son refus de continuer dans le succès « facile », ses relations avec ses auteurs, arrangeurs, directeurs artistiques, est également bien démontré.
 
Pour ma part, il m’a été difficile de stopper ma lecture lorsque ceci s’avérait nécessaire.
Quelques photos inédites à mes yeux m’ont ravi également, sans parler bien entendu de cette très belle couverture.
 
En bref, j’ai aimé cet ouvrage, et l’ai lu avec plaisir. Et même si encore une fois j’y ai retrouvé beaucoup d’interview que je connaissais déjà, j’étais plongé au cœur de la Bashungmania, et y ai appris pas mal de chose. Le personnage y est honnêtement dévoilé je pense.
C’est un agréable moment passé avec notre éternel Amour et Rebelle, avec sa vie, son œuvre.
 
Je recommande donc la lecture de cet ouvrage, et remercie son auteur Pierre Mikaïloff
d’avoir contacté MonsieurBashung.com, et de nous avoir, par le biais de sa maison d’édition -Edition Alphée-, donné le privilège de découvrir cet ouvrage en avant première.
 
Je précise bien entendu, que cet avis est absolument libre et sans fausse complaisance de ma part.
 
Vous l’aurez donc compris, je vous conseille l’achat de cette biographie sur le Maître, et je vous souhaite une agréable lecture.
 
Greggory Eess

http://www.monsieurbashung.com/archive/2009/08/27/bashung-vertige-de-la-vie-pierre-mikailoff.html





"Bashung a rendu le rock français adulte"
 Propos recueillis par Ludmilla INTRAVAIA
le 16 mars 2010

Couverture de "Bashung, vertige de la vie" (Alphée) et portrait de son auteur Pierre Mikaïloff / Crédits : Alphée/Céline Guillerm


Il y a un an, Alain Bashung nous quittait. Pierre Mikaïloff, auteur du livre "Bashung, vertige de la vie" revient avec TF1 News sur l'empreinte "unique" laissée par l'interprète de "Gaby, Oh ! Gaby" et "Osez Joséphine" dans l'histoire de la chanson française.


TF1 News : C'est quoi, le style Bashung? 
 
Pierre Mikaïloff, journaliste :Alain Bashung est le premier à avoir parfaitement utilisé la langue française dans le rock. Avec son parolier Boris Bergman, il apporte de la profondeur au rock français. Il y amène du sens. Boris Bergman (auteur, par exemple, des chansons Gaby, Oh ! Gaby, en 1980 et Vertige de l'amour, en 1981, ndr) étant bilingue français-anglais, il écrivait dans les deux langues. Ils pensaient autant aux sons des mots qu'à leurs sens et ont ainsi créé des chansons à double ou à triple sens. Avec Alain Bashung, les mots sonnaient dans le rock. Il poursuivra ce travail sur la sonorité avec le parolier Jean Fauque (auteur de titres comme Osez Joséphine, en 1991 et Ma petite entreprise en 1994, ndr). Pour lui, sens et sons sont intimement liés. 
 
TF1 News : C'était nouveau cela? 
 
P. M. : Oui. Avant Bashung et ses paroliers, la production française privilégiait, soit le sens des mots, soit leurs sons. Mais jamais les deux à la fois. Bashung, lui a compris que le rock, ce n'était pas juste écarter les jambes et prendre une guitare. Ils vont penser le son dans une démarche plus adulte, comme le font les Anglo-Saxons. Bashung a rendu le rock français adulte, il a fait le mélange entre Léo Ferré et Buddy Holly. 
 
TF1 News : Que retenez-vous de lui également?
 
P. M. : Bashung était un immense interprète, un des plus grands chanteurs de la chanson française. C'est très difficile de chanter comme lui. Il faut d'abord avoir une grande maitrise du chant, de manière classique et, ensuite, savoir déconstruire la rythmique des mots pour réinventer une nouvelle façon de chanter. On n'avait rien entendu de semblable avant Bashung. Il a créé quelque chose qui n'existait pas. Bashung était unique. 
 
* Le livre Bashung, vertige de la vie de Pierre Mikaïloff est disponible aux Editions Alphée pour la somme de 21,90 €.


http://lci.tf1.fr/people/2010-03/bashung-a-rendu-le-rock-francais-adulte-5773568.html





chronique  DU LIVRE
Jacno, L'amoureux solitaire

Stéphane Loisy, Pierre Mikaïloff, Jean-Eric Perrin
Editions Didier Carpentier - Juin 2011

 

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Signé Stéphane Loisy, Pierre Mikaïloff et Jean-Eric Perrin, le très beau livre Jacno, L'amoureux Solitaire permet de revenir sur le brillant et trop court passage sur Terre du parrain de l'électro pop made in France avec des témoignages savoureux, des interviews éclairantes et pléthore de photos très classe. Digne successeur du tandem Gainsbourg/Dutronc et grand fan de Kraftwerk, The Who et Bowie, Denis Quilliard dit Jacno a mené une vie agitée jusqu'au 6 novembre 2009, date de son décès à 52 ans, tout en se bâtissant une passionnante carrière de musicien – dès 1976 avec Stinky Toys puis avec Elli & Jacno et sous son propre nom – mais aussi de producteur ou d'auteur/compositeur pour Daniel Darc, Lio, Françoise Hardy, Etienne Daho et Jacques Higelin (qui délivrent d'émouvantes préfaces à Jacno, L'amoureux Solitaire). Avec ses plus grands tubes, les titres Amoureux solitaires – une pop song bouleversante et délicieusement kitsch – et Rectangle – un génial instrumental à la Kraftwerk ayant servi pour un pub vantant les mérites d'une boisson chocolatée –, et nombre de titres ultra marquants novateurs et ou provocateurs - le punk grinçant de Plastic Faces, le très pop Je t'aime tant, le rafraichissant Le sport (C'est de la merde)... - laisse une œuvre toujours d'actualité et ayant inspiré moult artistes (cf le récent disque hommage intitulé Jacno Future et sa déclinaison scénique à la Cité de la Musique, à Paris, le 30 juin 2011), qui est parfaitement présentée dans ce bouquin à la fois complet, riche d'anecdotes bien croustillantes et de moments vécus en sa (bonne) compagnie par les auteurs ou les intervenants interrogés. Ce qui ressort de tout ceci, c'est que l'intensité de la vie de Jacno - parsemée de fêtes mémorables, de frasques alcoolisées et de rencontres incroyables - n'a d'égale que la pertinence de ses divers projets musicaux, qui n'auront pas tous eu l'écho qu'ils méritaient, mais qui resteront pour la plupart comme cultes.


Liens :

http://www.editions-carpentier.fr

http://www.myspace.com/jacno

http://www.jacno.fr

http://www.myspace.com/ellietjacno,http:/

http:// www.facebook.com/jacnofuture
http://www.foutraque.com/chronique_livre.php?id=4183



Jacno, L'amoureux solitaire


Description de l'ouvrage
Date de publication: 7 avril 2011 | Série: GEANTS CHANSON
Le 6 novembre 2009 disparaissait à 52 ans Denis Quilliard dit Jacno,

PRÉFACE
Étienne Daho et Jacques Higelin

personnalité centrale du monde musical français. Le compositeur d’Amoureux Solitaires pour Lio ou de l’instrumental Rectangle, entre autres succès, le fondateur des Stinky Toys et du duo Elli & Jacno, devenu par la suite interprète de sa propre création, a été l’un des précurseurs les plus incontestables et respectés de ce qu’il est convenu d’appeler la pop française. Son parcours de pionnier distrait dans le domaine de la musique electro-pop ou punk a fait de lui une référence pour les générations qui ont suivi. Promeneur libertaire et élégant, artiste complet et inspiré, Jacno aura, en sept albums solo et de nombreuses collaborations qui sont retracées ici, défini les contours d’un univers musical riche, raffiné et attachant. Au travers de témoignages et de documents photographiques souvent inédits, Stéphane Loisy, Pierre Mikaïloff et Jean-Eric Perrin retracent l’itinéraire du dandy pop, musicien et esthète, visionnaire modeste et homme de la Renaissance post-moderne.

Biographie de l'auteur


Stéphane Loisy, avocat, docteur en droit et directeur de collection de 39 ouvrages consacrés à la musique et au cinéma est, entre autres activités, passionné de rock.
Pierre Mikaïloff, écrivain et musicien, est l'auteur de Noir Désir, un Destin Rock (Alphée) et Alain Bashung, Vertiges de la vie (Alphée) ainsi que de six autres ouvrages consacrés au monde du rock, pami lesquels Le petit dictionnaire du punk (Camion Blanc) et une biographie du groupe Taxi Girl (Scali).
Jean-Éric Perrin, ancien rédacteur en chef des magazines spécialisés Best RER et Rolling Stone France, est un spécialiste des musiques actuelles et mouvements culturels qui y sont associés. Il est, entre autres, le co-auteur des Miscellanées du Rock avec Gilles Verlant (Fetjaine) et, avec Nicola Sirkis, de l'ouvrage de référence à paraître en novembre prochain sur le groupe Indochine.

http://www.amazon.fr/Jacno-lamoureux-solitaire-St%C3%A9phane-Loisy/dp/2841677060






Jacno - Jacno Future
Polydor - Universal
Album-hommage, concert, livre, rééditions : Jacno, dandy punk puis pop, est toujours vivant – “même si c’est un mensonge”. Avec cinq proches ou fans, portrait d’un éternel jeune homme moderne et écoute de “Jacno Future”.

 

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OLIVIER ASSAYAS
C’est avec la musique et l’inventivité de cette époque plus qu’avec les films que le cinéaste s’est construit.
"Notre rencontre est liée à mon premier court métrage, qui s’appelait Copyright. C’était début 1979. J’avais vu la une du Melody Maker. C’était le premier groupe français à faire la couve : respect total. Elli était plus contemporaine et moderne que toutes les actrices de l’époque. Je l’ai contactée. “Bonjour je suis cinéaste.” C’était du bluff total, j’avais 23 ans et n’avais rien tourné. “J’ai un scénario à vous faire lire.” Elle m’a dit “Génial ! Venez me l’apporter.” Je suis allé rue Daudeville, dans son appart, en hauteur. Elle l’a lu et m’a dit “Je le fais.” Avec quelques combines, deux ou trois copains, on a réussi à monter le film.
Pendant ce temps, elle me présentait sa bande, Olivia Clavel, la graphiste du collectif Bazooka, Laurence, la soeur de Loulou Picasso, qui a fait les costumes, et puis son copain, Jacno. Il m’a tout de suite impressionné par sa classe, son intelligence, son humour. J’ai fait demander à Elli s’il voulait bien composer la musique du film. Il a écrit une chanson, Anne cherchait l’amour, pour le générique de fin, et trois morceaux musicaux auxquels il a donné des noms de figures géométriques : Triangle, Losange, Rectangle.
A l’époque, les Stinky Toys venaient de sortir chez Vogue leur second album, qui ne marchait pas. Ça n’intéressait pas du tout Vogue que leurs poulains fassent la musique d’un film. Jacno a donc dû utiliser son nom de scène plutôt que celui du groupe. C’est là qu’est intervenu quelqu’un de très important : Jean-Luc Besson, un jeune homme qui voulait créer un label pour signer toute la scène émergente de la new-wave française. Il a proposé de sortir la musique du film sur son nouveau label, Dorian, dont c’était le premier disque.
A la stupéfaction générale, un des morceaux a explosé en club et en radio : Rectangle. Du coup, le label Dorian a eu de l’argent, Jean-Luc a signé Artefact (le groupe de Maurice G. Dantec), Mathématiques Modernes (celui d’Edwige), Modern Guy et aussi le premier album des Rita Mitsouko. Alors nous lui avons proposé de faire un petit film sur Rectangle. A l’époque, on ne se doutait pas qu’on était les pionniers du clip en France.
Ils étaient iconiques, mondains aussi. Mais la mondanité était chez eux un vrai truc de voyou, une façon de s’inviter au banquet des riches pour foutre du désordre. Leur éclat de branchés leur permettait de parasiter des fêtes ultrafriquées alors qu’ils vivaient dans sept mètres carrés. Au fond, ils n’ont jamais rien eu à voir avec la variété française. Même s’ils l’ont croisée, côtoyée, ça ne les faisait pas rêver. Et puis ils ont été portés par un moment historique très fort. Pour moi, le punk s’est semi-inventé à Paris. En tout cas, il y a des trucs qu’on a compris plus vite à Paris qu’à Londres. Même si le punk-rock anglais a commercialement explosé et laissé tout le monde derrière. Mais les Stooges, les Flaming Grovies, les New York Dolls, tout ce proto-punk américain a trouvé à Paris, grâce à Zermati ou Adrien, un canal où s’engouffrer. D’ailleurs, les vrais groupes punk français étaient un peu ringards.
C’est plutôt dans l’electro-pop et la new-wave que la France a connu un grand moment d’invention. Ce potentiel mythologique de l’époque, je ne l’ai pas perçu en direct bien sûr. J’avais le sentiment quand même qu’Elli, Denis, Pacadis saisissaient de façon fulgurante quelque chose du contemporain. De façon warholienne, même. Mais on ne sait jamais jusqu’où ça peut se déployer. On avait l’impression que c’était un prélude, et c’était le moment. Mon premier long métrage Désordre parle de ça. De ce moment où les choses cessent d’être libres et désintéressées. J’ai le sentiment d’être né là. Je ne viens pas de la cinéphilie. J’ai été constitué artistiquement à cet endroit. Aujourd’hui, j’écoute Rectangle comme si c’était extérieur à moi, à ma jeunesse, à mon premier film. C’est juste un grand morceau, à l’évidence joyeuse. C’est peut-être ça d’ailleurs la marque d’Elli et Jacno. Il n’y avait pas chez eux de romantisme dark comme chez Taxi Girl ou Marquis De Sade. Pas d’emphase non plus. C’est ce qui les relie à Rohmer : leur art était géométrique et lumineux.”
ALEX BEAUPAIN
Amoureux solitaires est la meilleure chanson du monde, explique l’auteur compositeur.
J’ai découvert la musique de Jacno enfant, dans les années 80, avec la pub Nesquik dont Rectangle était la musique. Mais je ne savais pas ce que c’était. J’ai d’abord connu Elli par ses tubes des années 86/87, sans Jacno donc : Toi mon toit, Bailar Calypso… J’ai vraiment identifié le son Jacno avec Amoureux solitaires, que j’ai connu plusieurs années après sa sortie mais qui pour moi était, est toujours, la meilleure chanson du monde.
Au lycée à Rennes, j’ai rencontré Christophe Honoré. Il m’a fait une cassette avec les chansons qu’il adorait : Cherchez le garçon de Taxi Girl, Tes grands yeux bleus de Jacno. Je l’ai adorée. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que c’était sur la disparition de Pauline Lafont. La musique de cette génération est la chanson française que je me suis appropriée ado. Je suis parti de Daho et je suis arrivé à Daniel Darc, Elli & Jacno… C’est ma sphère d’influence, là d’où je viens.
Au lycée, j’ai découvert aussi Les Nuits de la pleine lune d’Eric Rohmer. La scène de la fête, sur une musique de Jacno, où Elli danse avec Pascale Ogier, m’a beaucoup fait rêver. Elli et Jacno, c’était aussi toute une mythologie, les années Palace. Je les trouvais beaux et chics, comme Lou Reed ou Bowie. Mais je pense que leur postérité n’est pas seulement due à cette imagerie. Derrière ce qui peut sembler superficiel, il y a aussi une volonté artistique très radicale, un son, une grande exigence.”


Album : Jacno Future (Polydor/Universal), avec Etienne Daho, Dominique A, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Katerine, Christophe, Coming Soon, Miossec, Benjamin Biolay, Alex Beaupain…
Rééditions : Stinky Toys (1977) et Stinky Toys (1979) (Polydor/Universal) et Tout va sauter (Sony)
Livre : Jacno, l’amoureux solitaire par Jean-Eric Perrin, Pierre Mikaïloff et Stéphane Loisy (Editions Didier Carpentier)

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/jacno-est-vivant-hommages-de-daho-assayas-dominique-a/3/




Interlignage
L'anti-zapping culturel
Meeting… Pierre Mikaïloff (2)


Il y a des gens comme ça, pas beaucoup mais quelques uns, c’est un plaisir de les interviewer. On y va pour le travail évidemment, par intérêt pour ce qu’ils font bien entendu, mais on y va le cœur léger parce qu’on sait que ce sera facile, que le résultat coulera tout seul et qu’on [...]
Article de Thomas Sinaeve

Il y a des gens comme ça, pas beaucoup mais quelques uns, c’est un plaisir de les interviewer. On y va pour le travail évidemment, par intérêt pour ce qu’ils font bien entendu, mais on y va le cœur léger parce qu’on sait que ce sera facile, que le résultat coulera tout seul et qu’on n’aura pas à se prendre la tête pendant deux jours pour essayer de reformuler dans un français correct une demi-douzaine de banalités. Pierre Mikaïloff est de ceux-là, et la précision n’est sans doute pas inutile tant, par définition, un Meeting… Mikaïloff nous verra parler d’à peu près tout le monde sauf dudit Mikaïloff. On s’installe confortablement, on allume l’enregistreur, on pose la première question… et lorsque l’on relève la tête cinquante minutes plus tard, l’entretien s’est achevé sans même qu’on ait vraiment réalisé qu’il avait commencé. Être interviewé, c’est aussi un art.

L’auteur de Cherchez le garçon, biographe de Bashung, de Noir Désir et de tant d’autres, publie ces temps-ci un livre sur Jacno, « inconnu célèbre » pour Rectangle, bien sûr, qui illustra durant des années la pub Nesquik, pour Amoureux solitaire évidemment, le plus grand succès de Lio, ou encore pour le générique de Platine 45, sans jamais vraiment connaître le succès en tant que lui-même. L’expression exacte étant plutôt participe à ce Jacno, l’Amoureux solitaire, puisqu’il s’agit d’un ouvrage collectif dans lequel trois plumes différentes mais également inspirées se mettent au service du parcours cahoteux de Denis Quilliard (de son vrai nom) : « Outre un mot de Daho et une très belle préface de Higelin, qui nous a écrit un magnifique poème – une vraie ode à Jacno, il y a Jean-Éric Perrin, ancien journaliste de Best ou de Rock’n'Folk, dans lequel il avait fondé la rubrique Frenchy But Chic – qui présentait tous les groupes français émergents – et a depuis écrit vingt-cinq ou trente livres sur la musique… et puis Stéphane Loisy, directeur de collection au Rocher et chez Alphée, qui était lui aussi ami de Jacno. On a chacun pris une période de sa vie, Jean-Éric s’est plutôt focalisé sur la période punk avec Stinky Toys, moi sur la période 80/90 (Elli & Jacno et puis Jacno en solo). Quant à Stéphane il raconte les dernières années et anticipe l’après-Jacno, c’est-à-dire ce qu’il va probablement devenir à présent que des tas de musiciens se réclament de son héritage. En ce moment je ne peux pas lire une chronique d’un nouveau groupe ou d’un nouveau duo sans que l’on y écrive à la manière d’Elli & Jacno ou à la manière de Jacno1… donc je pense qu’il va accéder petit à petit à la reconnaissance qui lui a désespérément échappé durant toute sa vie »

C’est l’étrange beauté de la chose : durant plus de trente ans, Jacno a campé bien malgré lui sur une invisible ligne médiane entre l’underground et le mainstream, la pop et la variété, le statut iconique d’un Christophe ou d’un Bashung et le rôle du chanteur populaire mais prisé des intellectuels, à la Daho. Jusque dans sa mort même, dont on parla beaucoup et peu, plus que prévu peut-être – tellement moins bien cependant. « C’est le mystère Jacno, et pour l’élucider il faut peut-être aller un peu voir en cuisine ce qui se passe, niveau business. Il a principalement travaillé avec des labels indépendants, ce qui signifie enregistrer la plupart du temps avec des moyens dérisoires, ce qui signifie se débrouiller pour monter des plans, des co-productions avec des studios… bref voilà, il a jamais bénéficié d’une exposition médiatique maximale, il a jamais eu de campagne de promo… on n’a jamais vraiment travaillé ses disques comme on peut travailler ceux d’artistes signés sur des majors. Et puis ce n’était pas un animal de scène, il en a fait très peu et ne pouvait donc pas avoir un public par ce biais comme ce fut le cas pour un Thiéfaine ou un Higelin. Restaient les disques, mais un disque qui ne passe pas en radio c’est un disque qui se vend à mille exemplaires et reste réservés à quelques happy few. Alors dans le business, plein de gens l’aimaient – ou disaient l’aimer – mais personne faisait grand-chose pour lui. » La manière dont Pierre a fait sa connaissance peut d’ailleurs être vue, en quelque sorte, comme un cas d’école : « A l’origine on se rencontre pour travailler ensemble : on doit partir en tournée, on fait un super cocktail avec son producteur qui nous fait rêver en nous parlant d’un minibus qui doit partir en janvier pour trente-cinq dates… et comme à chaque fois avec Jacno, le château de cartes s’écroule au bout de quelques jours. Je l’écris dans le bouquin… : ce jour-là j’ai perdu un employeur mais j’ai gagné un ami. »

Jacno, « l’inconnu célèbre », ou peut-être devrait-on dire « l’étranger familier ». Moi-même je m’étonne, en en discutant avec Pierre Mikaïloff, de savoir autant de choses à son sujet en en ayant paradoxalement lu si peu, en ne l’ayant quasiment jamais vu à la télévision (où il n’était que très rarement invité) et en ne me rappelant même pas d’interviews à la sortie de ses disques, sur un rythme il est vrai sporadique. D’une certaine manière, tout ce que je peux connaître de Jacno m’est parvenu par la bande, en creux au travers de ce qu’en disaient les autres – puisque l’étranger familier a travaillé quasiment avec la terre entière 2. Il est vrai aussi que les deux albums d’Elli & Jacno, Tout va sauter (1980) 3 et surtout le chef-d’œuvre Boomerang (1982), ses Oh là là et ses Roulette Russe… ont bercé mon enfance, brouillant encore un peu plus dans ma tête l’image de l’artiste. Car si mes parents, pas franchement tournés vers l’underground, avaient ce genre de disque à la maison… c’est qu’il ne pouvait donc être si méconnu que cela. « Dans les années 80 j’étais complètement fan d’Elli & Jacno, c’était pour moi l’un des trucs les plus importants en France à l’époque, une référence classieuse. Autant je pouvais être déçu par pas mal d’albums français que j’achetais, parce qu’ils étaient mal produits ou que les chansons n’étaient pas terribles, autant Elli & Jacno ils étaient intouchables. Ne serait-ce que leur look… tu voyais une photo d’Elli & Jacno, ça tuait, quoi. Ça laissait tout le monde sur le carreau. Et en effet, ça passait en radio, ça passait en télé… ça faisait partie de l’air du temps, ce qu’on pourrait appeler la couleur des années 80. Et puis ils ont fait la BO du film d’Eric Rohmer, Les Nuits de la Pleine Lune, qui a plutôt bien marché… ils incarnaient une sorte de branché populaire, ou de branché tourné vers le grand-public. » La place qu’occupera plus tard Daho, en somme. « Il y a une vraie filiation, oui. Daho les rencontre lorsqu’il est encore étudiant et fait jouer les Stinky Toys à Rennes, en 78. Quelques mois plus tard Jacno écoute les maquettes de Daho et cela va l’amener à produire son premier album, Mythomane [en 1981]. Et en même temps Elli & Jacno, malgré tout, ça n’a pas marché autant que ç’aurait dû. Je pense à cause d’un côté… séditieux, qui dérangeait le grand public. Ça pouvait avoir les apparences rassurantes de la variété mais quand tu prends les textes d’Elli, il y a toujours un côté désespéré, assez sombre, on va parler de suicide, d’amours défuntes… et je crois que cet aspect-là était sans doute de trop pour qu’ils aient un succès massif. » Ce même succès de masse qu’Elli sut saisir quelques années plus tard sur son premier album solo (Bom Bom) et avec le sempiternel (mais délicieux et imparable) Toi mon toit. « Elle a su surfer sur l’ère du temps, assimiler plein d’influences très porteuses à l’époque, le côté world, le côté très dansant… Jacno a toujours été très attentif à ce qu’elle faisait, très respectueux. »

Pop à défaut d’être populaire, précurseur à défaut d’être complètement visionnaire à l’époque de Rectangle (où il sera « le premier à faire de la musique électronique de manière populaire, en se démarquant du côté hippie un peu ringard que pouvaient avoir des gens comme Jean-Michel Jarre ou Space, en arrivant avec cette classe issue du punk et du rock’n'roll »), Jacno conserve cependant quelque chose d’insaisissable. Toujours ce sentiment de savoir sans connaître, indissociable de son évocation pour quiconque, précisément, n’a jamais eu l’occasion de le côtoyer. On pourrait en parler pendant des heures avec Pierre, qui sur ce sujet comme sur tout ce qui le passionne se révèle intarissable, en ami dévoué frappé d’admiration sincère (à moins que ce ne soit l’inverse). Mais ce ne serait pas nécessairement rendre service à un livre qui mérite le détour, tant pour ses textes que pour la qualité de son iconographie, ni biographie ni beau livre, ni témoignage pathos à la « notre ami trop tôt disparu » ni ouvrage documentaire formel… objet musicalo-littéraire non identifié collant somme toute à merveille avec le foisonnement artistique de son héros-sujet. Alors on préfèrera terminer sur deux questions, simples et compliquées à la fois, avant de laisser Pierre Mikaïloff retourner à la relecture de son dictionnaire des années 80 4 : quels sont les traits dominants chez Jacno et chez Denis Quilliard, musicalement et humainement ? Silence pensif. Puis : « En fait Jacno il a toujours fait la même chose, quelles qu’aient été les époques et les étiquettes qu’on a pu lui coller. Il apparaît parfois mystérieux aux gens, et sans doute l’était-il par certains côtés mais c’est avant tout un songwriter, un fan de chansons qui a toujours cherché des mélodies, que ce soit sur son piano ou sa guitare. Il y a une logique, dans son œuvre : quand on écoute les premières chansons des Stinky Toys c’est peut-être pas encore parfait, c’est peut-être encore en devenir mais tout est déjà là, on peut deviner ce que sera plus tard Jacno. Ce qu’il faut dire aussi c’est que, grand mélodiste, il est devenu au fil du temps un grand parolier, avec un univers très personnel. Quant au trait de caractère… je dirais son incroyable gentillesse. C’est peut-être la seule personne que je connaisse qui n’était pas capable de faire du mal à quelqu’un. C’est pas parce qu’il a disparu que je dis ça, hein… c’est vrai : c’était une personne qui n’était pas négative. Quand quelqu’un le décevait il passait à autre chose et il oubliait, il n’était jamais dans la rancœur ni dans la haine. C’était pas quelqu’un qui était venu sur terre pour emmerder les gens, juste pour faire de la musique. Et ça se sent dans certains de ses textes, où on a l’impression qu’il est un peu paumé dans ce monde. Dans Je viens d’Ailleurs il le chante : Je viens d’Ailleurs et je n’ai qu’une envie c’est d’y retourner, et c’était un peu ça, Jacno : quelqu’un qui était perdu dans cet univers qu’il ne comprenait pas, et qui se demandait un peu ce qu’il faisait là. »
Jacno, l’Amoureux solitaire, avec Jean-Eric Perrin et Stéphane Loisy,
Disponible depuis le 3 juin aux éditions Carpentier.
Crédits photographiques : Céline Guillerm (1), Editions Carpentier (2), Vogue (3) et Warner (4)
1. Vous imaginez le choc : Pierre est donc en train de nous dire qu’il ne lit jamais les chroniques d’Interlignage. Ce qui lui fait d’ailleurs un point commun avec la plupart de ses rédacteurs.
2. Outre Daho et Higelin, il faudra encore citer le sublime premier album solo de Darc, Sous influence divine, qu’il produit et co-signe en 1987.
3. D’ailleurs réédité ces temps-ci.
4. Cosigné avec Carole Brianchon et sous la direction de Gilles Verlant, à paraître chez Larousse en octobre.



04/02/2014
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