Alain YVER

Alain YVER

PINCHUS KREMEGNE

PINCHUS KREMEGNE








Pinchus Krémègne (28 juillet 1890–5 avril 1981) était un peintre de la première école de Paris, actif notamment à Montparnasse dans les Années folles, puis à Céret.

Séjour à Céret de 1918 à 1981.

http://www.musee-ceret.com/mam/artiste.php?artiste=221

Krémègne suit des cours aux Beaux-Arts de Vilna en Lithuanie où il rencontre Soutine. En 1912 il fuit la dureté du régime tsariste réservé aux juifs et se rend à Paris. Il habite alors la Ruche avec Chagall, Modigliani, Léger, Lipchitz, Léger... A son arrivée Krémègne est sculpteur mais il abandonne rapidement cette technique pour se consacrer uniquement à la peinture à partir de 1915. A cette époque son expression est très marquée par les références symbolistes.

Invité par Pierre Brune, il découvre Céret en 1918. Il y est rejoint en 1919 par son ami Soutine qui y restera presque deux ans tout en détestant la ville. A l'inverse, et comme sa production picturale en témoigne, Krémègne s’attachera réellement à Céret et y fait des séjours réguliers jusqu'en 1960. Cette année là il s’y fait construire une maison avec atelier dans laquelle il séjournera en alternance avec son appartement parisien jusqu'à sa mort à l’âge de 91 ans.

Son style tend alors vers une plus grande puissance expressive à mi chemin entre la leçon de Van Gogh, pour le traitement des couleurs, et de Cézanne pour la construction des plans. S’y ajoutent des qualités propres de synthèse et de rigueur que l’on retrouve dans la multitude de toiles peintes à Céret à partir de 1918. Dans ces œuvres, les pâtes ont une matérialité épaisse, riche, largement travaillées au pinceau. Cet expressionnisme coloré apparaît dans la représentation d'un des quartiers de Céret, La Place du Barri. Dans les années 50 l’organisation très claire des formes disparaît au profit de préoccupations chromatiques, les couleurs sont plus vives, les touches mouvementées et parfois même lyriques. Les maisons et les montagnes s’effacent devant la profusion de la végétation.

A partir des années 60 Krémègne peint également de nombreuses vues d’intérieur : sa nouvelle maison et son atelier, des tables avec des victuailles, des natures mortes posées sur des chaises, dans un esprit très contemplatif, il peint aussi la vue qui s’offre à lui depuis la fenêtre de l’atelier.

Le Musée possède un bel ensemble de peintures de Krémègne, réalisées à la fin de sa vie, telles que "L'atelier I" ou Entrée des Capucins, des paysages aux couleurs plus douces qui retranscrivent admirablement le jeu de la lumière mouvante, le jeu de la lumière sur les chênes et les oliviers. Les quatre dessins et dix peintures qui font partie de la collection ont, dans leur grande majorité, été données par l’artiste.








Pinchus Krémègne
Du 20 mai au 15 octobre 2000

C’est sur les conseils du marchand Léopold Zborowski que Soutine rejoignit Krémègne en 1919 à Céret. Ils y travaillèrent ensemble une longue période. Soutine détesta son séjour à Céret. Krémègne y revint souvent et s’y installa définitivement en 1960,il y travailla jusqu’à sa mort qui survint en avril 1981.

Soutine-Krémègne, on a voulu opposer et comparer ces deux hommes et leur peinture. La similitude de leurs origines, juifs de Lithuanie, leur amitié profonde qui débuta à Vilna et se poursuivit à la Ruche à Paris, ou Soutine rejoignit Krémègne dés 1913; la passion commune de la peinture qui leur avait fait traverser l’ Europe et leur faisait accepter toutes les privations, tout les réunissait.

Nous sommes séduits par la violence exaltée et presque démente que projettent les œuvres de Soutine. Soutine tord et torture ses motifs, paysages ou personnages. Krémègne était lui, un homme secret et silencieux. Bien qu’ayant à Paris dés 1916 rencontré les plus grands marchands (Cheron, Paul Guillaume, Léopold Zborowski) il n’était pas homme à se laisser griser par le succès et il préféra toujours le silence et la solitude de son atelier. Cette attitude de solitaire ne facilita pas sa reconnaissance, la guerre qui arriva non plus.

Mais aujourd’hui avec le recul et devant la force de l’ensemble de son œuvre, Krémègne retrouve sa place auprès des plus grands. “L’humble et colossal Krémègne”disait de lui Georges Waldemar. Il fut un homme “habité” par la peinture. Chacune de ses œuvres nous invite à pénétrer au cœur même des choses, qu’il s’agisse de paysages ou de natures mortes.

Pour Krémègne le sujet importe peu, il n’est que le prétexte du face à face du peintre et de la réalité. Il n’aimait pas parler de peinture, Il disait: “ Regardez!”. Et si votre œil s’attarde, vous êtes vite happé par la lumière, toujours douce, faite pourtant de tensions et de violences contenues.Vous pénétrez alors dans un espace ou l’air est vibrant ou les objets eux mêmes palpitent. La vie sourd à chaque touche.

Krémègne a éclairé son œuvre de sa propre lumière intérieure. Il tente de percer le secret de la vie loin des modes et des courants et il y parvient...avec sérénité.








Pinchus Krémègne - Zaloudock - 1890 - Céret - 1981
preparation du catalogue raisonné de l'oeuvre de PINCHUS KREMEGNE 1890-1981


Merci aux commissaires-priseurs et collectionneurs de prendre contact avec nous pour authentification des oeuvres en leur possession

Envoyer tous documents ,photos, ou archives:

Nadine Nieszawer 4 RUE RAMBUTEAU PARIS 75003

Nadine Nieszawer expert de l'Ecole de Paris 1905-1939 assistée de Jeannette Kremen petite fille de l'artiste

tel :01-42-78-81-61 / email: expertise@ecoledeparis.org

Pinchus Krémègne est le dernier des neuf enfants d'une famille religieuse et modeste de la région de Vilnius. Son père fabrique des objets inspirés du folklore slave.

Il entre à dix neuf ans à l’ecole des Beaux-Arts de Vilnius ou il étudie la sculpture. Il fait la connaissance de Soutine et de Kikoïne.

Conscient qu’il n’a pas pas d’avenir dans la Russie antisémite d’alors, il décide en 1912 de se rendre à Paris, affronte les difficultés d’un départ clandestin pour atteindre enfin La Ruche “cette grande fourmilière russe du passage Dantzig”. Sur ses conseils Soutine le rejoint en 1913.

En 1914, Krémègne sculpte et expose trois de ses œuvres au Salon des Indépendants.

En 1915 il abandonne la sculpture pour la peinture.

A Paris, il découvre les Musées et les galeries de tableaux qui exposent des œuvres de Vincent Van Gogh, de Paul Cézanne et des Impressionnistes. A partir de 1916, il fréquente Montparnasse. Il y retrouve Kikoïne, André Derain, Maurice Vlaminck, Max Jacob. Les marchands Chéron, Zborowski, et Paul Guillaume sont ses premiers collectionneurs.

En 1918, il découvre Céret, son nouveau lieu d’inspiration, et y séjourne fréquemment.

A partir de 1920 commence une série de voyages : en Corse(1923), à Cagnes-sur-mer (1928-1929) et en Scandinavie d'où Krémègne rapporte de nombreux portraits. En 1923, il épouse, Birgit Strömback dont il aura un fils.

En 1940, il se réfugie à Turenne en Corrèze. Hébergé chez un villageois, il participe aux travaux des champs. Une galerie toulousaine lui fournit des couleurs pour qu'il puisse continuer à peindre.

A la Libération, il rentre à Paris et s’installe dans un atelier rue François Guibert. De 1949 à 1956, il séjourne en Israël mais, Céret reste son lieu de création privilégié. Dans les années 60, Krémègne y achète un terrain sur lequel il fait construire sa “maison-atelier“ qu’il occupera jusqu'à sa mort, au printemps 1981.

email: expertise@ecoledeparis.org







Pinchus Krémègne

http://odileoms.com/fr/artistes/
    
Krémègne (1890-1981)

Tenté à ses débuts par le « rayonnisme », représenté essentiellement par le peintre Larionov, il poursuit rapidement une évolution toute personnelle.

Il visite les galerie parisiennes dès son arrivée en 1913, sa palette s'enrichie de l'influence des fauves et ses composition se renforcent sous l'influence des œuvres de Cézanne.

Mais la couleur ne lui suffit pas, d'autant qu'il en maîtrise rapidement l'usage violent. Krémègne fait se côtoyer les tons maintenus en harmonie, chacun gardant sa résonance propre tout comme les notes qui composent un morceau de musique. Le sujet apparaît, vibrant des touches qui le composent et de la pâte qui le façonne.

Un des fils conducteur de son œuvre, c'est bien évidemment cette pâte, cette matière qui anime ses toiles, riche et puissante elle donne corps et vie au sujet. Comme une peau qui respire qu'il accroche à ses toiles.

Pour Krémègne le sujet importe peu, il n'est que le prétexte du face à face du peintre et de la réalité, discret et secret, il n'adhérera à aucun courant aucun mouvement, et poursuivra un chemin solitaire. Sa réalité, celle qu'il entrevoit, il ne cessera de la poursuivre avec ténacité.

Fouillant sans cesse le même chemin pour atteindre la vérité des choses, Krémègne était bien davantage qu'on ne l'a dit, un contemplatif qui élevait chacun des ses objets, paysages ou personnages, à une dimension spirituelle. Eugène Dabit l'avait révélé lorsqu'il attribuait au peintre « un sens grave, ferme, presque religieux de la vie ».

« À suivre l'évolution de la peinture de Krémègne, nous constaterons peut-être des variantes et des périodes, mais elle reste fidèle à elle même. C'est à dire qu'elle évolue en suivant un chemin identique et continu. Les écarts sont des variantes, mais qui ne correspondent pas à un autre langage. »

C'est en 1960 quand il s'installe enfin définitivement à Céret, que va naître ce qui est sa dernière période. Ses œuvres sont alors marquées par une exubérance et une énergie renouvelée, Krémègne y fait preuve de la plus grande liberté.

Krémègne dit alors avec raison qu'il à enfin découvert sa liberté d'expression. Compagnon de la première école de paris, il rejoint le deuxième mouvement en donnant jusqu'à la fin de sa vie des œuvres résolument contemporaines.

Krémègne l'énigmatique (extrait)

La fréquentation répétée de Pinchus Krémègne m'avait conduit à une conclusion très personnelle, dont je ne me sentais pas contraint de vérifier l'exactitude auprès de lui : enfant, j'ai longtemps cru que Céret n'existait pas.

Cela ne tenait pas seulement à ma connaissance plus que limitée de la géographie, mais à la façon qu'avait Krémègne de ne pas en parler ou de l'évoquer à demi-mots, entre les lignes, à sa façon aussi d'y aller et d'en revenir - comme si cette petite ville de l'extrême sud de la France, qu'il avait découverte en 1918 et dont la beauté changeante l'avait d'un coup conquis, ressemblait à la cité de Christminster, celle qui fascinait tant le jeune Jude dans le roman de Thomas Hardy.

Lorsqu'il parlait de Christminster, Jude aimait évoquer une véritable « cité de lumière... ».

Eh bien, Krémègne, lui, rapportait de Céret des paysages qui ne ressemblaient à aucun de ceux que j'avais vus moi même, ni de mes propres yeux ni sur d'autres toiles, les paysages d'un monde qui faisait écho à l'invitation au voyage de Baudelaire que je lisais ces mêmes années. Un monde où « la vie était douce à respirer ; ou le désordre, la turbulence et l'imprévu étaient exclus ; ou le bonheur était marié au silence ». Un monde « singulier, supérieur aux autres », où la Nature était « réformée par le rêve, corrigée, embellie, refondue ».

Dans les conversations, j'avais entendu d'autres noms associés à celui de Céret. Mais l'évocation même de Picasso ou de Matisse, qui avaient précédé Krémègne en ce lieu, ne leur conféraient aucune préséance. Il faut dire que j'avais aussi, et plusieurs fois, entendu ce petit homme à l'apparence tranquille, jugé par ses pairs comme l'un des plus grands peintres de son temps.

Gérard Miller

Krémègne / Soutine / Céret

Soutine détesta son séjour à Céret. Krémègne y revint souvent et s'y installa définitivement en 1960, il y travailla jusqu'à sa mort qui survint en avril 1981.

Soutine / Krémègne, on a voulu opposer et comparer ces deux hommes et leur peinture.

La similitude de leurs origines, juifs de Lituanie, leur amitié profonde qui débuta à Vilna et se poursuivit à la Ruche à Paris, ou Soutine rejoignit Krémègne dès 1913 ; la passion commune de la peinture qui leur avait fait traverser l'Europe et leur faisait accepter toutes les privations, tout les réunissait.

Nous sommes séduits par la violence exaltée et presque démente que projettent les œuvres de Soutine. Soutine tord et torture ses motifs, paysages ou personnages.

Krémègne était lui, un homme secret et silencieux. Bien qu'ayant à Paris dès 1916 rencontré les plus grands marchands (Cheron, Paul Guillaume, Léopold Zborowski) il n'était pas homme à se laisser griser par le succès et il préféra toujours le silence et la solitude de son atelier.

Cette attitude de solitaire ne facilita pas sa reconnaissance, la guerre qui arriva non plus.

Mais aujourd'hui avec le recul et devant la force de l'ensemble de son œuvre, Krémègne retrouve sa place auprès des plus grands. « L'humble et colossal Krémègne » disait de lui Georges Waldemar.

Il fut un homme « habité » par la peinture. Chacune de ses œuvres nous invite à pénétrer au cœur même des choses, qu'il s'agisse de paysages ou de natures mortes.

Il n'aimait pas parler de peinture. Il disait : « regardez ».
Et si votre œil s'attarde, vous êtes vite happé par la lumière, toujours douce, faite pourtant de tensions et de violences contenues. Vous pénétrez alors dans un espace ou l'air est vibrant ou les objets eux mêmes palpitent. La vie sourd à chaque touche.

Krémègne a éclairé son œuvre de sa propre lumière intérieure. Il tente de percer le secret de la vie loin des modes et des courants et il y parvient avec... sérénité.

Odile Oms

















                    




11/06/2012
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