Alain YVER

Alain YVER

RINÔÇÉRÔSE

RINÔÇÉRÔSE





leur site
http://www.rinocerose.com/

http://www.myspace.com/rinocerose

http://www.facebook.com/rin0cer0se

vidéo
http://www.google.fr/search?q=RINO%C3%A7ER%C3%94SE+GROUPE&hl=fr&safe=off&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&prmd=ivns&source=lnms&tbm=vid&sa=X&ei=HPRyUMLgG4SChQez-oHYCg&ved=0CAgQ_AUoAjge

le mobilier
http://www.youtube.com/watch?v=Utao4-GtzTQ



Oyez Oyez, un groupe français choisit par Apple ! ( Je crois que jusqu'a présent il n'y avait eu que les Daft Punk si je ne me plante pas )

Communiqué trouvé sur le site officiel :

L'équipe Apple choisissent le titre "Cubicle" de
« rinôçérôse » pour illustrer sa nouvelle campagne iPod !
La campagne a été lancée le 16 mars aux Etats-Unis et l'Europe suivra très rapidement (Angleterre, Allemagne et France).

Le nouveau spot de l'iPod Nano est déjà visible sur le site Internet américain d'Apple
www.apple.com/ipod/ads

Le titre " Cubicle " est déja disponible sur iTunes.

http://www.youtube.com/watch?v=Uj9ghqIgof4





rinôçérôse
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Rinôçérôse est un groupe français fondé en 1997 par Jean-Philippe Freu et Patrice Carrié, originaires de Montpellier, psychologues de métier, qui mixe musique rock et électro. Le Mobilier, de leur deuxième album Installation Sonore, fut le single qui les propulsa sur la scène internationale de la dance-music. Le titre Cubicle aux sonorités rock, auquel a collaboré le groupe Infadels et tiré de l'album Schizophonia, fut la bande-son d'une publicité télévisée pour deux produits de la marque Apple (iTunes et iPod) en 2006.

Jessie Chaton, actuel chanteur du groupe Fancy a également participé au projet avec la chanson d'ouverture de l'album Schizophonia, Bitch.

Membres du groupe

    * Jean-Phillippe Freu : guitare
    * Rémi Saboul : guitare
    * Patrice "Patou" Carrié : basse
    * Florian Brinker : guitare
    * Fred Pace : percussion
    * Franck Gauthier : flûtes-saxophones-Guitares





Biographie de Rinôçérôse

par Anne Yven

Jean-Philippe Freu et Patrice Carrié – alias Patou – sont originaires de Montpellier où tous deux ont suivi leurs  études de psychologie en parallèle desquelles ils créent un premier groupe, Les Maracas. Freu est professeur de psychologie lorsqu'ils créent Rinôçérôse au milieu des années 1990, un nom inspiré d'une série de toiles du même nom de Gaston Duf, peintre représentant de l'art brut, né en 1920, interné dans un asile psychiatrique une grande partie de sa vie. Aussi « fous » de musiques électroniques que de rock, ils enregistrent une série de titres hétéroclites et dansants mais peinent à convaincre un label dans l'hexagone. Ils doivent donc passer la frontière.

Installation Sonore

En 1997 leur premier album Rinôçérôse sort chez… Elephant, label espagnol qui leur semblait prédestiné. Le succès est immédiat et les labels retournent leur veste. C'est chez V2 que sort l'EP Machines Pour Les Oreilles (plus tard rebaptisé Rétrospective), et enfin leur premier véritable album Installation Sonore en 1999. Grâce au single « Le Mobilier », il devient incontournable dans les soirées et festivals de musiques électro et house. L'année suivante, accompagné sur scène par Fred Pace à la batterie, Florian Brinker à la guitare et du programmateur Jean-Louis Palumbo, le groupe, qui se présente comme un collectif, est en première partie de la tournée mondiale de Moby.

Pop culture

En 2002, les français publient Music Kills Me, successeur d'un premier album parfois trop vite associé à la vague french touch. Rinoçérôse sonne trop rock pour en faire vraiment partie. Les titres connotés tels « Dead Flowers », « Le Rock Summer », « Brian Jones : Last Picture », le prouvent. Le groupe multiplie les hommages aux grands noms du rock notamment sur scène grâce à des projections de films montrant les pochettes d'albums qu'ils considèrent comme cultes.

Publicité payante

L'album Schizophonia (2005) enfonce le clou : Rinôçérôse est à la fois rock et house. Jean-Philippe Freu et Patou Carrié font appel à de nouvelles voix : Jessie Chaton du groupe Fancy, Mark Gardener du groupe Ride ou encore Bnaan de the Infadels. C'est avec la chanson qu'interprète ce dernier, « Cubicle », que la carrière du groupe prend une autre allure. En effet, la firme Apple choisit ce titre pour la publicité de son nouvel iPod, et les ventes du disque décollent. En 2006, V2 profite de ce regain de popularité pour publier une rétrospective, à ne pas confondre avec leur premier EP. Ce best-of comportant une quinzaine de titres est intitulé Rinôçérôse.

Le futur du Rinô

Après une tournée mondiale qui a remporté un beau succès en Amérique du sud et en Espagne, le groupe enregitre son quatrième album, Futurinô. Son premier extrait, le single électro-pop « Time Machine » est interprété par la chanteuse du groupe The Go! Team. L'album est publié le 8 juin 2009, soit quelques jours avant la présentation, dans le cadre du festival Montpellier Danse, de Passengers, pièce rock de la chorégraphe Rita Cioffi dont Rinôçérôse a composé la musique.







Les psy-musiciens de « Rinôçérôse » font leur retour
DJ Super Jaimie

« Rinôçérôse » continue son parcours innovateur débuté en 1996 fusionnant rock, funk, dance music et effets visuels pour une expérience Électro Pop Art unique. Le nom « rinôçérôse » est d'ailleurs emprunté à une peinture de Gaston Duf, artiste interné issu du mouvement Art brut des années 50, représentant un rhinocéros aux formes et couleurs étranges. Tout aussi surprenant: le thème de la psychologie, partie intégrante de l'oeuvre du groupe – et source d'inspiration car il s'agit en effet d'une discipline pratiquée par ses fondateurs Jean-Philippe Freu (lui) et Patrice Carrié (elle), qui ont réussi à combiner avec succès le métier de psychologue et de musicien.

Les quatre albums sortis entre 1998 et 2009 seront largement représentés lors de leur concert phare le 5 juin à Glassland Gallery : le groupe aux influences musicales et collaborations vocales variées, nous offrira également quelques morceaux inédits. Il sera au complet coté musiciens (pas d'équipe art/vidéo malheureusement), avec Jean-Philippe Freu (guitare), Patrice Carrié (basse), Fred Pace (batterie/percussions), Remi Saboul (guitare), Florian Brinker (guitare/chant) et Bnann, chanteur du groupe de rock anglais The Infadels, et fidèle collaborateur notamment sur l'album Schizophonia dont est tiré le titre « Cubicle » choisi pour la campagne de pub Ipod nano en 2006. On les retrouvera également dans le cadre du festival Les Déferlantes aux cotés de Dionysos & Izia le 4 juin au Poisson Rouge, et de la soirée Nouveau York le 3 juin au Bain pour « rinôçérôse DJ Club », la version DJ du groupe.





Rinoçerose


Rinoçerose groupe montpelliérain composé de Patrice Carrié et Jean-Philippe Freu répond à nos questions. C'est d'ailleurs le dernier cité qui se charge de répondre.

 Pourquoi ce nom de "Rinoçerose" ? C'est une référence à l'animal ?

Oui mais à l'animal peint par Gaston Duf, un peintre interné en hôpital psychatriaque dans les années 50. Cela dit, l'analogie avec l'animal réel fonctionne assez bien avec nous, on a comme lui la pea dure et nos charges (soniques) sont redoutables ! Il semblerait aussi que notre espèce soit en voie de disparition et surement moins protégé que l'animal. En tout cas gare à ceux qui voudraient nos cornes pour en faire des aphrodisiaques.

 Comment s'est formé le groupe ?

Patou et moi même avons commencé autour d'un quatre pistes analogique avec l'idée de jouer de la house progressive avec une basse et une guitare, un clavier à quinzes euros et une boîte à rythmes collector (D-Drums). Le résultat était cool et a intéressé la presse (Magic en particulier) puis rapidement un label espagnol (Elefant record) qui a sorti notre premier LP. On a donc réuni des musiciens pour jouer live (Florent Brinker à la guitare et au chant ainsi que Frédéric Pace à la batterie) et c'est parti comme ça. On était en 1996...

Vous êtes tous les deux diplômés en psychologie. Comment s'est déroulé votre passage à la musique en tant que professionnels ?
A partir de la signature sur le label V2 en Angleterre, les choses se sont accélérées pour nous.  "rinoçerose" commençait ) prendre beaucoup de temps. On a donc "levé le pied" sur les activités de psychologue, sans les abandonner complètement.

 Quelles sont vos influences ?

Le pop art, le Velvet Underground, les Stones, Daft Punk, Primal Scream, Happy Mondays, New Order, Curtis Manfield, Wes Montgomery, Jimi Hendrix, AC/DC.... Et tout ce dont on est pas conscient !

Vous êtes passé d'une musique instrumentale aux débuts du groupe à des featuring chant maintenant. Comment s'est faite cette évolution ?
Après 3 albums instrumentaux on voulait explorer autre chose. Utiliser des voix était très excitant pour nous car nouveau ! Comme on était pas mal connu en Europe et aux States c'était plus facile pour convaincre de bon chanteurs anglo saxons  venir chanter en studio !

Le titre de votre nouvel album est "Futurino". C'est pour vous le moment de faire un bond dans le futur ?
Oui et atterrir juste après la crise et la grippe A !!

Y'a t-il des guest-star sur cet album comme on a entendu le chanteur de Fancy sur Schizophrènia ?
Sur Futurino le dernier album, on a continu la démarche des guest star car connaissant parfaitement leurs possibilités (Jessie de Fancy, Bnann des Infadels ou Mark Gardener chanteur de Ride) on savait où on pouvait les amener. En plus on est devenu amis et on voulait continuer  travailler ensemble. Il y a quelques nouveaux ou nouvelle comme Ninja du groupe The Go ! Team dont on est fan (ce titre à illustré une pub Mac do plutôt cool...)

Un scoop pour Rockfanch ?
OK alors un scoop sans photo (dommage..) Hier soir avec Patou on rentrait d'une soirée un peu arrosée en scooter (mon lambretta 125 de 1959 je précise fièrement..). La Miss avait oubli son casque chez nos amis et bien sûr on s'est fait contrôler ! Résultat : On a été violemment embarqués comme des dangereux malfaiteurs menottes dans le dos. Traités comme des chiens par des policiers qui ressemblent (ou qui commence  à ressembler) à des cailleras et forcément reconnus par la moitié du commissariat (on est très connus à Montpellier). Au final 135 € de PV chacun et 6 points en moins sur mon permis (étant chauffeur) à cause du taux d'alcool dans notre sang (qui est le minimum) 0.28 pour moi et 0.26 pour Patou et une heure trente huit d'arrestation. Le côté romantique de l'histoire étant que la radio diffusait Blue Hotel de Chris Isaak pendant le trajet vers le commissariat.







« Rinôçérôse » : "Futurinô »"
Seconde vague

jeudi 26 août 2010, par Vincent Ouslati

Il y eut une vie après Daft Punk, Air, Laurent Garnier et autres représentants électroniques de la vieille France qui beat. Rinôçérôse fait partie d'une seconde vague qui tenta de pousser les anciens sur les berges il y a quelques dix années désormais. Tout en proposant un travail sensiblement plus enjoué que ses prédécesseurs, les Montpelliérains avaient surtout pour eux un gout prononcé pour les métissages sonores et une insouciance dans le propos fort rafraichissante, ou puérile, c'est selon votre humeur du moment.

Pour un novice, « Rinôçérôse » [1] semble se limiter à dégueuler des singles en puissance pour des pubs de déodorant. C'est frais, couillon, maladroitement simpliste, de cette catégorie prolifique de musique jetable, sexy le vendredi, raplapla le samedi, oubliée le dimanche. Il serait tentant de s'en tenir à cette première impression, d'autant que ce n'est pas totalement faux. Pourtant le groupe ne se contente pas de faire péter une guitare sur quelques hululements de plagistes en tongs, et sous l'aspect limite idiot se cache une grande recherche sur le son.

« Rinôçérôse » mêle guitares et samples, batterie et boites à rythmes, donnant tant dans du vieux rock à papas que dans la dance la plus débridée. Le résultat, pour peu que l'on garde l'âme d'un éternel adolescent, donne souvent dans une pop lumineuse et excitante, se faisant rapidement mouvoir les guibolles. Et dix ans que ça dure, sans que la recette paraisse sentir le moisi. Je me dandine encore parfois sur Schyzophonia ou Music kills me avec toute la fougue que l'on me connait dans le milieu (j'suis trop hype qu'ils me disent, ouais), alors ni une ni deux, il me fallait renouveler ma prescription et aller de l'avant sur la piste, welcome Futurinô ».

On ne change pas une formule aussi séduisante, mais on la fait évoluer, et plutôt bien. Déjà les rythmes électroniques sont moins puérils que par le passé, finies les séries de bips pour bavoirs d'Installation sonore, le groupe a énormément fait murir le son sans pour autant tomber dans du Prodigy et son électro shooté à la colle. Ce qui importe , c'est que ça fasse bouger de la miche.

Futurinô », dix morceaux, dix singles à tête chercheuse, ou presque. Panic attack et ses quelques guitares, puis son refrain sortant de la discothèque du bled voisin, avec paillettes et boule à facettes, faites danser les vieux là-dessus, c'est imparable même si peu aventureux finalement. On s'en fout, c'est ensuite que « Rinôçérôse » démontre toute la palette de couleurs qu'ils sont capables d'injecter dans trois minutes de son. Time machine ferait passer les nénettes de Cansei de Ser Sexy pour des pouffes grotesques, tant la qualité musicale ici déployée démonte en trois minutes un album entier des Brésiliens. Le propos est moins rock indé que chez CSS, moins cracra, plus travaillé. Where you from reste dans la même veine, efficace mais complexe, travaillé mais - agréablement - racoleur.

Head like a volcano s'éloigne un peu de l'électro et se dévoile comme un bon gros morceau de rock, rappelant par endroits les trublions de Death From Above 1979, sans cependant en reproduire la rage.
L'instrumental très remuant qu'est Mind city est une belle prouesse, légèrement plus sombre que ce qui le précède, il en ressort là aussi nombre d'influences, mais jamais le groupe ne manie autre chose que sa propre identité. D'autant qu'on leur en voudrait de copier sur les voisins vu leur propre niveau.

Les instruments classiques ont plus de place que de coutume, comme sur le connement bon Tomorrow qui laisse serpenter une guitare acoustique tout du long et sur lequel se pose la voix de la chanteuse Ninja. Le sample de Moby en plein milieu fait son petit effet, et le résultat se veut plus atmosphérique sans pour autant tomber dans l'ambient.
« Rinôçérôse » n'est pas à proprement parler un groupe d'agités, bien que leur musique ne manque jamais d'énergie. Pourtant ils savent aussi faire dans le rock poilu et débridé lorsque l'envie leur en prend. Et ça donne My Cadillac, chanteuse en pleine crise d'hormones, batterie binaire, guitares toutes aussi bébêtes et gros morceau de rock punkoïde dont il est incapable de se défaire. Simplement bricolé, efficacité garantie sur facture, My Cadillac tranche du reste de par son accoutrement tout en cuir et en sueur. Plus dans l'Air du temps, Week-end of sin revient conclure ce Futurinô » avec une proposition plus langoureuse, presque soul. Le chant n'est pas fabuleux, mais ce n'est pas non plus un argument suffisant pour rejeter en bloc un album aussi sympathique.

Sans révolutionner quoi que ce soit, cette ultime fournée de « Rinôçérôse » parue l'an passé peut se prévaloir d'être une belle entrée dans la matière des Montpelliérains. Un peu moins électronique peut-être, plus adulte certainement, toujours aussi bien garni en morceaux catchys et fouillés, Futurinô » ne fait que confirmer tout le bien que l'on pense d'un duo heureusement bien loin des glandeurs prétentieux de - au hasard - Justice…

[1] Le groupe tient son nom d'un tableau de Gaston Duf, l'un des papes dingues de l'art "brut". Duf passa quelques années interné dans un hôpital psychiatrique d'où il continuait à travailler. Il inventa une typographie très chargée en accents et guillemets que le groupe finit par s'approprier en tant que code visuel.







«Futurinô» : le nouveau «rinôçérôse»
Publié le 15 Mai 2009

Pionniers de l'électro mariée aux guitares rock, le groupe montpelliérain mené par le couple Patou Carrié et Jean-Philippe Freu sort son nouvel album : "Futurinô". Le disque ne sera chez les disquaires que le 8 juin mais il a déjà été testé par diverses oreilles de La Gazette. A l'écoute, on retrouve un son familier mêlant l'électro et le rock. Un mélange dont les artistes montpelliérains les plus internationaux sont les précurseurs. Familiers aussi les artistes invités qui constituent la bande actuelle des copains du groupe : Mark Gardener, le célèbre chanteur pop britannique, Jessie Chaton, le dandy du groupe de rock français Fancy. Et Bnaan, le chanteur anglais du groupe Infadels : la voix de "Cubicle", le titre de « rinôçérôse » choisi par Apple en 2006 pour sa campagnie sur l'iPod, c'était lui. Et enfin, la chanteuse américaine Ninja, qui interprète Time Machine : ce titre du groupe montpelliérain avait illustré la dernière pub de MacDo ("Venez comme vous êtes") en décembre 2008.
Une petite nouvelle au milieu de ces prestigieux copains : c'est Anna Muchin, chanteuse du groupe montpelliérain Cobson. Sa voix apporte de l'incertitude et de la douceur à la musique carrée, dansante, pur produit de studio de « rinôçérôse ».
L'autre nouveauté est visuelle. Ce disque fait partie d'un nouveau concept de scène dont dix mille Montpelliérains ont eu la primeure au Peyrou en septembre 2008 : un grand show faisant interagir la musique du groupe et les images d'un monde urbain.
VH






DANCE AVEC LES LOOPS

Ultimes apôtres d'une fusion électronique haute en couleur et en références binaires, les "Rinôçérôse", projet montpelliérain et marginal emmené par Jean-Philippe et Patou, sont partis pour dynamiter nombre de clivages. Mue par un amour indestructible du groove et un sens inné du contre-pied, leur "Installation sonore" déménage déjà sévère...







On imagine mal le Rinôçérôse perché au 6e étage d'un HLM décati, coincé aux portes de Montpellier entre l'avenue de Palavas et le faubourg de Près d'Arènes.
Il faudra pourtant bien s'y résoudre : Rinô vit là, retranchée dans une citadelle à crédit, entre ciel et terre, ancien et moderne, bourgeois et populaire. Au loin, la Méditerranée reflète les constructions pyramidales de l'architecte Balladur. Au pied, passe une rocade. Entre les deux, la savane urbaine déploie ses tentacules. Une fois passée la porte, on se dit qu'on ne s'est pas trompé. L'antre des Rinôçérôse est en tout point fidèle à leur image : un gigantesque capharnaüm visuel et sonore, où se mêlent peaux de bêtes et hi-tech, piranhas aveugles et poissons d'avril, meubles dépareillés et reliques d'un âge rock. Un peu comme dans ces tableaux baroques où la blancheur des nus contraste avec l'épaisseur des tentures et la morbidité des trophées de chasse. Surplombant le salon, le coin discothèque subit les mêmes outrages : l'intégrale de Dinosaur Jr côtoie le meilleur de F-Com, Ummagumma des Floyd voisine avec Underground Resistance et Dag. Pas que le meilleur, mais pas non plus le pire pour ce qu'il serait convenu d'appeler l'honnête collection d'un ménage trentenaire détaché de la course aux white labels. Jean-Phi et Patou n'ont que faire des trainspotters et des paillettes. A l'image de leur musique, l'ordonnance de leur nid douillet n'obéit à aucune mode, à aucun calcul échafaudé à partir de repérages habiles effectués dans les magazines de déco. Non ici, tout semble à sa place, sincère, juste et simple. Jean-Phi, ressers-moi donc un peu de cet excellent Costières.

"Je m'en fous qu'on ait l'air d'un jeune groupe, mais il ne faut pas que les gens pensent qu'il y a un opportunisme lié à une scène française qui s'exporte ! Nous n'avons rien à voir avec cette scène comme nous ne voulons pas être confondus avec tous ces groupes de fusion techno-rock au discours volontiers militant. Nous continuons de pratiquer la musique comme avant toute cette hype, comme un loisir. D'ailleurs nous avons tous quasiment gardé un métier à côté. Pour ma part, je donne des cours de communication à l'école de journalisme de Marseille ou dans des écoles d'ingénieur : c'est un métier que j'essaye de pratiquer à mi-temps pour garder du temps pour la musique.

Au train où vont les choses, ne risques-tu pas d'être obligé de choisir entre ton boulot de formateur et la musique de Rinôçérôse ?

C'est tout à fait impossible de prévoir ce qui pourrait se passer. C'est là l'intérêt de ce milieu, le fait de ne pas pouvoir planifier. Cela dit, il ne faut jamais mettre la charrue avant les boeufs, et commettre l'erreur de plein de jeunes groupes : dès qu'ils ont signé, ils arrêtent tout le reste, en mêlant le besoin de s'insérer socialement à une espèce de plan de carrière. A la limite, pour nous, faire de la musique, c'est plus un naufrage social qu'autre chose. Si j'utilisais mes diplômes à bon escient, je gagnerais entre 16 et 20 000 balles par mois, avec des perspectives d'évolution de carrière vraiment intéressantes. En me consacrant davantage à la musique, je sais que je me bouche ce genre d'évolution. Mais la musique, pour moi, c'est pas une carrière comme une autre. C'est avant tout une passion, et dans le groupe, on est plusieurs à ressentir les choses comme ça. Patou a un peu le même profil que moi. Nous avons fait le deuil de notre carrière pour continuer à faire de la musique. S'il faut choisir entre les deux, je choisirais sans nul doute la musique. D'autant que j'ai toujours considéré mon boulot de formateur comme un job : à mon âge, les mecs qui ont les mêmes diplômes que moi sont tous directeurs d'une unité de recherche, avec des responsabilités en rapport.

Diriez-vous que votre carrière, votre parcours de musiciens relèvent d'un timing raisonné et raisonnable ?

Pas du tout. Ce n'est que le fruit du hasard et des circonstances. D'abord, je gommerai définitivement ce mot de "carrière" par rapport à notre activité de musiciens. On a pas une carrière de musiciens : on a des activités passionnantes de musicien. Le mot carrière, on l'enlève, sinon tu deviens intermittent du spectacle ou Jean-Jacques Goldman. Bien que Goldman soit sûrement intermittent du spectacle aussi. Mais bon, c'est un autre débat. Nous, on fait de la musique à l'intérieur d'une vie multiple où tu as un gamin, un métier parce que tu es obligé de croûter et que tu as choisi de ne pas être dépendant des circonstances : tu veux du fric, tu bosses ; tu veux faire de la musique, tu fais de la musique.

Pensez-vous faire peur aux autres formation électroniques françaises ?

En terme de concurrence, tu veux dire. C'est intéressant : j'ai remarqué justement que, suivant la manière dont on prenait les choses, insidieusement, il pouvait se développer un climat concurrentiel à l'intérieur de la nouvelle vague française, Kojak, Supermalprodelica. Je ne sais pas comment nous voient ces gens, mais ce qui est sûr, c'est que la scène électronique hexagonale se tourne en ce moment vers la musique organique, vers la musique jouée. Jusqu'à Morand du label F. Com qui ne jure plus que par les fusions instrumentales. Nous, on fait ça depuis le début : en pleine époque techno intégriste, on a toujours pratiqué cette fusion au risque d'être complètement à côté de la plaque. Je n'ai d'ailleurs jamais pensé qu'on en arriverait là où on en est maintenant, mais le truc est en train de rattraper ce qu'on fait depuis longtemps. Or, de ce côté-là on maîtrise bien : vouloir mélanger machines et instruments demande de parfaitement contrôler la prise de son, savoir diriger une séance d'enregistrement avec plusieurs instrumentistes. On sait le faire, en particulier Palumbo notre ingé son/producteur, et si les mecs veulent s'embarquer dans les fusions, il faut savoir que c'est pas évident, évident. D'un autre côté, je me suis jamais senti compétitif avec des groupes dont le dance-floor est le premier métier. Moi, quand je fais Dj d'apéro, je passe pas forcément Rinôçérôse, plutôt Gopher ou d'autres. On fait de la musique destinée à être écoutée, et sur ce terrain on peut certainement leur donner du fil à retordre. Sur le dance-floor, ils ont des chances d'être les meilleurs.

Croyez-vous pouvoir garder la fraîcheur qui vous caractérise en signant sur une major ?

Ça aussi, ça fait partie des inconnues, mais je crois que je m'en rendrai vite compte. Certes, on est aujourd'hui dans une position un peu paradoxale, car en signant sur une major, on peut penser qu'on va se professionnaliser et y perdre de notre fraîcheur. D'un autre côté, si nous ne franchissons pas cette étape et qu'on reste indépendant trop longtemps, on a autant de risques de perdre cette fraîcheur à terme, en multipliant les aigreurs. On a toujours fonctionné sur ce principe de plaisir et d'éclate, mais à un moment donné, les musiciens se lassent de galérer dans les mêmes petits camions, avec toujours aussi peu de moyens. Il faut savoir sauter le pas pour continuer à prendre du plaisir avec la musique, donc essayer d'aller constamment de l'avant, ne pas stagner. Je suis trop content de la dynamique qu'il y a aujourd'hui dans le groupe. Le jour où on aura perdu la fraîcheur, on arrêtera l'aventure ! A part si on gagne des fortunes et qu'on le fait pour le fric. Mais j'ai jamais cru qu'on pouvait gagner trop de fric dans cette musique. Ce qu'on fait est trop radical même si ce n'est pas du Plastikman.








INTERVIEW - Rinôçérôse :
"Nos souvenirs espagnols sont les meilleurs"

Je suis un duo français électro-rock, j'ai fait mes débuts en Espagne, je suis mondialement reconnu pour ma musique décalée et l'univers visuel de mes concerts… Qui suis-je ?! Rinôçérôse bien sûr, l'événement musical pour ce mois d'octobre à Madrid

Lepetitjournal.com : Votre venue à Madrid doit vous rappeler vos débuts en Espagne, une nouvelle fois. Est-ce que ce sont de bons souvenirs ?
J-Philippe et Patou : Soyons directs, nos souvenirs espagnols sont les meilleurs ! on se sent bien ici, et tant que le public est là on aura l'énergie et l'envie de revenir !

D'après votre expérience, pensez-vous que les labels français soient plus "froids", plus "réticents"aux nouveautés musicales ?
Disons plutôt que les Français sont snobs. Ils aiment les nouveautés si les autres les aiment avant (NY ou Londres) à part pour quelques projets merdiques français.
Seuls les labels défricheurs de la "French touch"comme par exemple Fcom avaient été très forts, mais il y a déjà quelques temps !

On parle de vous comme d'un groupe inclassable mais vous n'êtes pas les premiers à tenter le mélange de genres, alors où se situe votre force musicale ? Comment justifiez-vous votre succès international ?
Cela vient sûrement de notre énergie intacte en concert et de notre plaisir de jouer. Le public le ressent immédiatement.

Comment se sont passés vos concerts cet été ? En France, Belgique, Italie, Espagne… Quels sont les échos pour votre nouvel album Futurinô ?
Les chroniques de l'album ont été bonnes dans la presse, mais le label en France n'a pas fait grand chose pour aider "futurinô"à part notre éditeur qui nous a trouvé quelques synchros pub plutôt sympas.
Par contre les concerts sont énormes et il semblerait que le public italien soit de plus en plus nombreux.

Êtes-vous satisfaits de ce dernier album ? Qu'a-t-il de bien à lui ?
Le dernier album est l'aboutissement du travail de Rinôçérose avec des chanteurs, les textes sont plus travaillés que dans le précedent "Schizophonia"et l'écriture pop plus aboutie.
Je pense que prochainement on va chercher dans d'autres directions : Rinôçérôse doit toujours se renouveler, expérimenter.

A quoi doit-on s'attendre sur scène à Madrid ? Quel sera votre univers visuel cette fois ?
L'Univers visuel est le travail d'Electronic Shadows basé essentiellement sur l'esthétique d'une ville futuriste et imaginaire.
Concrètement il s'agit de cinq tours sur lesquelles sont projetées des images 3D mixées live.
Je n'en dis pas plus. Pour le reste, il faut regarder !

Le couple de designers architectes Electronic Shadow vous a beaucoup apporté pour vos récents concerts et cet album;comment les avez-vous rencontrés ?
Un ami nous les a présentés et on a de suite été convaincus par leur travail avec la chorégraphe Carolyn Carlson et cet univers technologique et minéral très impressionnant.

Comment choisissez-vous vos intervenants ? Est-ce que Rinôçérôse est un groupe tremplin pour les artistes que vous invitez ? Au final, qui influence qui ?
Nous sommes les maitres de cérémonie, nous orchestrons un univers dans lequel chaque artiste trouve sa place et le transcende avec son talent et sa personnalité propre.

Avez-vous parfois des propositions d'artistes pour des collaborations ? Ou est-ce-que cela fonctionne uniquement dans un sens ?
Non cela fonctionne aussi dans l'autre sens comme pour notre collaboration avec la chorégraphe italienne Rita Cioffi et le spectacle de danse contemporaine "Passengers"que nous avons joué pour le festival Montpellier danse l'été dernier. Nous avons écrit la musique et Patou et moi-même sommes sur scène avec les danseur pendant le spectacle.
On aimerait bien le jouer à Madrid…

Êtes-vous fiers de votre parcours ? Ce best of qui est sorti notamment, est-il représentatif de votre évolution ?
Oui, il est représentatif de l'évolution du groupe car on peut y trouver des morceaux instrumentaux de la période "Elefant record"jusqu'aux expérimentations avec les chanteurs de "Schizophonia".

Enfin, comment se positionne le public espagnol par rapport à votre musique et son évolution ? Vous avez beaucoup de fans ici ?
Oui, on a beaucoup de fans en Espagne ! Ils nous suivent depuis le début ! On le leur rend bien car on adore venir jouer ici et on leur donne le meilleur de nous-mêmes ! On se sent chez nous !

Propos recueillis par Emilie DRUGEON (www.lepetitjournal.com Madrid) jeudi 29 octobre
















11/10/2012
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