Alain YVER

Alain YVER

ROBERT ALONZI

ROBERT ALONZI




son site
//www.galeriecad.be/alonzi_s.htm

//www.une-autre-dimension.com/?p=expo2009&c=1

//dochainecole.blogspot.com/2010/12/notre-peintre-robert-alonzi.html






Robert ALONZI est né le 30 avril 1953 en Belgique à Soumagne entre Liège et Verviers, de nationalité Italienne. Après avoir été manoeuvre d'abattoir, il est devenu, en autodidacte, peintre et sculpteur. Il a installé son atelier, toujours à Soumagne, sur le site de l'ancien charbonnage du Bas-Bois.

Robert ALONZI, des histoires dans l'Histoire.

Robert Alonzi est un conteur d'histoire(s), que ce terme soit au singulier ou au pluriel. L'artiste n'est-il pas singulier par son parcours, autodidacte complet, et pluriel par ses techniques, peintre et sculpteur.

Si chacune de ses œuvres évoque un morceau de quotidien, une salle à manger vieillotte, une devanture de café populaire, une commémoration, l'ensemble balaye, en une fresque continue, l'état de la société de ce dernier demi-siècle, vue au travers de son expérience personnelle et de sa sensibilité d'artiste.

Ses thèmes, il les puise en lui. Dans le cas de Robert Alonzi, dissocier l'artiste de son œuvre s'avère impossible. Sa vie est dans son œuvre et l'homme existe grâce à sa création. S'arrêter un instant à son parcours n'est pas inutile. Il est révélateur.

Issu de l'immigration italienne de l'après-guerre, il a connu d'abord la vie sans cadeau d'un père mineur de fond, les jeux d'enfants dans les rues des cités ouvrières, la rudesse des travaux de manœuvre avant de s'attacher à ses pinceaux comme à un exorcisme et d'entamer malgré les vents contraires une lente ascension qui l'a conduit à la reconnaissance des Foires d'Art internationales.
L. Simaÿs (www.cultureplus.be)









Alonzi R.
Peindre la vie


Documentaire de Didier Verbeek
(Belgique, 1994-42mn)
Production : RTBF

Rediffusion sur CANAL SATELLITE le 17 juillet à 17h20

Dans le bassin minier liègeois, en Belgique, Robert Alonzi est tueur aux abattoirs. Mais ses pensées sont ailleurs, dans son atelier. Car dans le civil, Robert Alonzi est peintre, peintre au couteau. Par la peinture, il cherche à s'évader de son travail, à exorciser une jeunesse difficile. Et il trouve.
Son père mineur lui a toujours interdit de peindre. Il dessine en cachette dès son plus jeune âge et achète ses premiers tubes de couleur une fois marié.
Autodidacte, il apprend les jeux d'ombres et de lumières en regardant Thierry la Fronde et Rin Tin Tin à la télé. Ne pouvant plus "voir la mine en peinture", il peint son univers familier pour "en sortir", pour échapper à cette misère grise.
Dans des dominantes noir et blanc, il brosse rageusement sur la toile son histoire, sa vie, la vie des siens, visages et corps difformes, déformés par la violence de l'effort, par l'effort de la survie quotidienne dans ce monde de terrils et de petites maisons ouvrières en briques rouges. Son travail à la chaîne dans un abattoir de porcs est un enfer, et c'est cet enfer qui fait hurler ses toiles, mais d'un cri silencieux, coincé au fond de la gorge : "Je rentre chez moi et je vis, je prends des couleurs..." Robert Alonzi ne revendique pas l'appellation de "peintre". Il se dit plutôt écrivain comme Zola, et voudrait pouvoir un jour inscrire le mot "Fin" à sa collection de tableaux.










A PROPOS DU PEINTRE ROBERT ALONZI

S'il peut être délicat de parler de sa propre vie, il est encore plus délicat de parler de celle d'un homme que l'on ne connaît pas. Son art devrait nous suffire à comprendre son histoire. Les peintures de Robert Alonzi qui représentent des enfants tristes jouant à des jeux puérils, des portraits d'adultes au regard fermé et aux lèvres closes, des scènes de café, des accordéonistes ou des joeurs de boules qui semblent livrés à la corvée, révèlent sans ambiguïté l'absence d'affection, la difficulté de communiquer et les déchirures de la vie.


Tout ce que je veux dire de Robert Alonzi, c'est qu'il est né au début des années cinquante, à Soumagne, dans une famille d'immigrés Italiens, et qu'il a travaillé comme boucher dans un abattoir. La seule anecdote que je veux retenir, parce que j'ai vécue la même chose d'une manière peu différente, c'est celle qui était rapportée dans l'émission télévisée Intérieur Nuit, diffusée sur la RTBF le 13 juin 1994, qui lui était consacrée.
Dans cette émission Alonzi racontait qu'ayant collé une reproduction de peinture sur la porte de son vestiaire, le jour même elle avait arrachée par un collègue et jetée à la poubelle. Comme le journaliste lui demandait si les autres ouvriers étaient jaloux de son art, il répondit que les ouvriers pouvaient être jaloux de celui qui achetait une voiture à 700 000 francs, mais vis-à-vis de sa peinture, leur sentiment était plutôt celui de l'incompréhension, voir de la méfiance. Alonzi souligna encore qu'il n'avait pas l'occasion de parler de son art avec ses collègues de travail. Le lundi on parle de foot, le mardi on parle du film que l'on a vu à la télé, le mercredi on parle des problèmes conjugaux... mais jamais on ne parle de peinture.
A la solitude privilégiée du créateur s'ajoute la solitude insupportable de l'incompréhension sociale. Il m'est arrivé de travailler dans des ateliers où je ne rencontrais personne avec qui partager un peu de complicité. J'avais des collègues mais pas d'amis. Presque jamais je n'ai eu l'occasion de faire connaître à un compagnon de travail mon intérêt pour l'écriture.
Pour essayer de faire comprendre le travail d'Alonzi sans avoir à dévoiler sa vie privée je vais recourir aux mots de Georges Bataille qui fut spécialiste en déchirure. C'est ainsi qu'il affirmait qu'« il n'est pas de désir plus grand que celui du blessé pour une autre blessure.» Mais il montrait aussi la richesse de cette blessure« douleur nécessaire à la communication.». « La communication demande une "faille" ; elle demande une coïncidence de deux déchirures, en moi-même et en autrui.» et, surtout, « à travers la déchirure, l'esprit aperçoit l' "univers risible".» (Georges Bataille, Le coupable, Editions Gallimard)
Il me semble que la peinture d'Alonzi illustre parfaitement les propos de Bataille. Si notre blessure naît de notre sentiment d'exclusion, il est logique que l'élargissement de notre plaie consiste dans la tentative de communiquer ou, au moins, dans la tentative de décrire l'impossibilité de communiquer. C'est ce sentiment d'exclusion, de difficulté de communiquer, qu'expriment les peintures et les sculptures d'Alonzi. Et au travers de cette difficulté apparaît effectivement un univers risible.
Dans l'émission de la RTBF Robert Alonzi disait qu'il peignait par colère et par vengeance, mais il est évidant qu'il peint aussi par plaisir. C'est parce qu'il peut faire partager ce plaisir que sa peinture est aussi une tentative réussie de communication.
Depuis deux ou trois ans, Robert Alonzi a quitté l'abattoir et se consacre à sa peinture.

Yves LE MANACH
    
      


18/07/2011
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