Alain YVER

Alain YVER

ROBERT COMBAS

ROBERT COMBAS






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Robert Combas
Greatest Hits
24 fév.-15 juil. 2012
Lyon 6e. Musée d´art contemporain de Lyon

«C'est ma plus grande exposition depuis…?!?», et se tournant vers le directeur du Musée d'art contemporain de Lyon, de lancer: «C'est un voyou ce Thierry Raspail!». Voici comment Robert Combas inaugurait le 23 février dernier la grande rétrospective consacrée à son œuvre, «Greatest Hits» — titre d'un tableau datant de 1986.

 Par Sophie Rieu

En effet, s'il faut bien reconnaître que le choix d'une telle exposition peut surprendre à un moment où l'on n'entendait plus guère parler de celui qui fut le prince de la Figuration libre, «Greatest Hits» s'inscrit néanmoins de manière on ne peut plus cohérente dans une série de grandes expositions organisées ces dernières années au Musée d'art contemporain de Lyon: Andy Warhol en 2005, Keith Haring en 2008, et Ben en 2010.


Plus de 600 œuvres, couvrant une période de 35 ans ont ainsi été rassemblées par Richard Leydier, commissaire de l'exposition. Peintures, sculptures, meubles, vitraux, dessins, disques, guitares et autres «Satellites» feront ainsi vibrer, jusqu'au 15 juillet, les 3 étages du musée, dans une progression cohérente et chronologique : «On commence par le début, on finit par la fin» — une évidence, tout comme l'œuvre de Combas.

C'est dans les années 80 qu'explose le mouvement de la Figuration libre — ainsi dénommé par Ben, leur premier grand fan. Alors qu'aux Etats-Unis la Bad Painting triomphe avec Keith Haring, Jean-Michel Basquiat et Kenny Scharf, que l'Italie célèbre la Trans-avangardia, et qu'en Allemagne les Nouveaux Fauves Georg Baselitz et Anselm Kiefer sont choisis pour représenter leur pays lors de la 39e Biennale de Venise, Bernard Lamarche-Vadel réunit dans sa galerie Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémi Blanchard, François Boisrond et Jean-Michel Alberola, dans le cadre d'une exposition, «Finir en beauté».

Nourri de culture populaire (BD, pub, rock, punk, arts de la rue, enseignes, graffitis), l'art du jeune Sétois traverse rapidement les frontières de l'hexagone. Soutenu par des galeristes tels qu'Yvon Lambert et Léo Castelli, il sera exposé à New York, à Milan, à Londres, en Australie — preuve de l'universalité et de l'accessibilité de son œuvre.

«Les règles de la Figuration libre: c'est faire ce qu'on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement. […] La Figuration libre, c'est quand je fais une bande dessinée avec un héros rigolo et que le lendemain matin je laisse tout tomber pour faire une grande toile sur la bataille de Waterloo. Je ne suis pas Hergé, ni Andy Warhol, ni comme presque tous les grands peintres qui restent souvent prisonniers d'une forme de peinture, d'un ordre établi, qui ne changent que tous les six ans, ou certains même qui ne changent pas de toute leur vie. La vie, c'est de changer. On change de voiture, on change de femme, on change de chaussettes, on change de slip. Alors, on doit changer souvent de peinture, de dessin, d'idée. Un jour appliqué, le lendemain indiscipliné. Du bien fait, du mal fait, mais du soi-même» (Catalogue de l'exposition).
C'est ainsi que Robert Combas parle de son œuvre. Et c'est ainsi que se déploie cette œuvre colossale, tentaculaire, sur les trois étages du musée.

Si la musique, et en particulier le rock et le punk (mais aussi, Brassens!), fait partie intégrante de la rétrospective («rétrospectlive», dixit Richard Leydier), au même titre que les œuvres peintes, c'est surtout au troisième étage que «Greatest Hits» prend tout son sens: sur une scène installée à cette occasion, Robert Combas accompagné de Lucas Mancione et leur groupe, les Sans Pattes, donneront trois concerts: les 16 mars, 6 avril et 15 juin.
En dehors de ces dates, sont projetés en permanence sur écran géant, à la manière d'un tableau animé, des extraits de concerts du groupe. Et dans la salle suivante — discothèque géante — on peut découvrir rassemblés les nombreux tableaux, fresques et sculptures de Robert Combas ayant pour sujet direct la musique.

Le deuxième étage s'ouvre sur une salle consacrée aux batailles: des toiles spectaculaires représentant des scènes de guerre aux dimensions atteignant parfois les 10 mètres comme Waterl'eau (1982) ou La Guerre de Troie (1988). C'est également à cet étage que l'on découvre ce qu'il nomme les «Satellites» (c'est-à-dire tout ce qui n'est pas «peinture classique», et constitué souvent de bric et de broc), les multiples petits crucifix faits de pinceaux et ses productions récentes, de 2010 à 2012, des œuvres mystiques, inspirées d'Aloysius Bertrand et du Paradis Perdu de Milton.

C'est enfin sur ce second étage, que l'on pourra rencontrer Robert Combas «à l'œuvre» (peignant et/ou jouant de la guitare), dans son atelier parisien reconstitué pour l'occasion au cœur-même du musée. «Comme dans un zoo, on pourra voir l'un des derniers spécimens de la peinture française!», plaisante-t-il…

C'est néanmoins le premier étage du musée qui réserve les plus belles surprises. Bien que cette partie soit principalement dédiée aux tableaux conçus durant les années 80, soit la période de gloire de l'artiste, il est intéressant de pouvoir suivre l'évolution de son travail, depuis les premiers tableaux de la fin des années 70, jusqu'au style «classique»-Combas immédiatement identifiable avec ces personnages cernés de noir et imbriqués les uns dans les autres dans des méandres de lignes courbes, et rythmés d'anecdotes loufoques.

Ainsi découvre-t-on ses premiers «essais», évoquant parfois Basquiat: ce sont des Mickeys, des Tintins ou des formes triangulaires — jaunes — peintes comme des «taches» lumineuses sur divers supports — carton, papier peint, aggloméré, etc. — parce que, dit-il alors: «Les toiles sont chères, je n'avais pas d'argent».
L'époque «Pop Art Arabe», qui s'étend de 1978 à 1980 n'en est pas moins fascinante. Installé à Paris chez Hervé Di Rosa, Robert Combas s'inspire des enseignes colorées aperçues à Barbès pour produire des tableaux finalement très épurés: représentation d'objets de consommation courante dans des couleurs vives, parfois fluorescentes, mais dans des formes très sobres, et légendés verticalement d'idéogrammes imaginaires d'inspiration arabe ou asiatique…

En somme, «Greatest Hits» offre un parcours jubilatoire au cours duquel vous verrez, des femmes à poil — et de vrais poils aussi. Un portrait de Freud trônant parmi ces femmes à poil. Et encore «Des femmes à poil dans le style Picasso mélangé à du tournicoti Zébulon psychédélique avec des têtes de chouraves jaunes rigolards».
Des histoires de slips kangourou qui volent. Des chimères lubriques. Des lettres d'amour bleues. Des jambes de femmes qui éclosent comme des fleurs. Un peintre qui essaie de voler. Un peintre qui joue de la guitare. Un guitariste qui peint.
Des anges, des vierges et des filles de joie. Geneviève, la muse. Des murs qui ruissellent de peinture. Des salles inondées de fleurs. Des hommages à Warhol, au «Douanier Roussi» (sic), à Toulouse-Lautrec et aux grands chefs-d'œuvre.
Des tableaux bavards flanqués de fautes d'orthographe. Des poèmes bariolés. Des batailles et des vrais guerriers à phallus fier. Du rock. Des disques. Des fanfares et des guitares à tête de Van Gogh. Des Mickeys... Des photos de play boy bien planquées.
De la poésie. Des rouges. Des jaunes. Des violets. Des verts. Des bleus. Des roses. De la «peinture qui dit le monde» (Thierry Raspail). Un parcours dont on sort épuisé, mais joyeux. Un parcours où assurément la beauté se veut convulsive.








Entrevue
http://www.francetv.fr/culturebox/robert-combas-linterview-rockn-roll-83122

Robert Combas : l'interview rock'n roll

Par Stéphanie Loeb  Publié le 24/02/2012 à 09H16, mis à jour le 27/02/2012 à 11H34

Pas facile d'interviewer Robert Combas. L'homme est insaisissable, au sens propre comme au sens figuré. A la vingtaine de journalistes venus le rencontrer au Mac de Lyon, il refuse de se laisser prendre en photo, de parler de son oeuvre. Timidité excessive ? Peur de voir ses propos déformés ? Un peu des deux, sans doute. Une chose est sûre, l'artiste est très méfiant vis-à-vis des médias, hostile même. Avec beaucoup d'insistance, on arrive tout de même à lui extorquer quelques réponses, parfois incohérentes et désordonnées. Brève rencontre avec un artiste moins accessible que ses oeuvres.
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   "Vous m'emmerdez ! Si vous aimez ma peinture, c'est tout ce qui compte... Moi, foutez-moi la paix, j'ai rien à dire! Et arrêtez de me prendre en photo !"

Le ton est donné. C'est ainsi que Robert Combas accueille les journalistes venus le rencontrer à l'occasion de sa rétrospective "Greatest Hits" au Musée d'art contemporain de Lyon. On comprend d'emblée qu'on aura du mal à dialoguer avec l'artiste, mais on s'adapte et on lui court après pour lui soutirer quelques mots. Comment ressent-il le fait d'avoir un musée pour lui tout seul, la première grande rétrospective consacrée à son oeuvre ? "C'est pas assez !", répond-il en riant. Je dis ça parce qu'il avait beaucoup plus de tableaux à mettre, mais bon... Je sais pas comment le prendre, moi je ressens les choses après coup... Mais en France, on peut pas dire qu'on me met le tapis rouge !"

Son travail serait-il donc mieux considéré à l'étranger ? On perçoit en tout cas qu'il se sent snobé par l'intelligentsia parisienne et qu'il en souffre. Il y a peut-être aussi l'amertume d'avoir été un peu oublié après avoir connu un succès aussi fulgurant dans les années 80. Lui qui se considère comme "un travailleur qui donne beaucoup"  se dit "souvent déçu par les gens car ils ne donnent pas", ce qui le plonge dans un "pessimisme total". Misanthrope, Robert Combas ? Par intermittence, sans doute : "il y a des jours où je hais les gens et des jours où je les aime". Et nous, les journalistes, vous nous aimez ? "Hum... Moyen !" avoue-t-il en riant.

"Ma peinture, c'est du rock" !

Véritable passionné de rock, Combas a été emballé par l'idée d'une expo montrant que peinture et musique convergeaient dans son oeuvre, lui qui se plaît à dire : "Ma peinture, c'est du rock !" Dès 1978, à l'âge de 21 ans, il fonde le groupe "Les démodés", avec Ketty Brindel et Richard Di Rosa (frère de Hervé). Lorsqu'il quitte Montpellier pour tenter sa chance à Paris, il emmène avec lui deux petites valises : l'une remplie de ses dessins, l'autre de 45 tours. Cette fameuse valise décorée par ses soins et pleine de vinyles est d'ailleurs présentée dans l'exposition. Phil Spector, le Velvet Underground, David Bowie, les Beach Boys... A ce jour, sa collection compte plus de 7000 disques ! Alors oui, il confirme : "la musique est essentielle dans ma vie. Mais en fait,  je n'écoute plus de musique depuis que j'en fais moi-même".

Depuis deux ans, en effet, l'artiste a remonté un groupe, "Les Sans-Pattes", avec son ami Lucas Mancione, musicien et plasticien, et le bassiste Pierre Reixach. Une quarantaine de titres sont déjà en boîte et peut-être d'autres naîtront durant l'expo car l'atelier dans lequel Combas s'est installé pour deux mois fait aussi office de studio d'enregistrement. Quand il délaisse ses pinceaux, l'artiste joue de la guitare ou du piano et chante ses compositions.

Un artiste méfiant avec les médias

Justement, peut-il nous préciser ce qui va se passer dans cet atelier installé à son attention au sein du musée ?

"Ah non ! ça suffit, j'ai déjà répondu à ça... Vous n'avez qu'à lire les papiers qui ont été écrits là-dessus... Y'en a plein !" Dommage, on pensait avoir tissé un semblant de relation, mais l'artiste reste toujours sur ses gardes, sans doute à cause d'expériences malheureuses avec les médias. "Je suis souvent déçu par les articles sur moi. Même chose avec les photos : l'autre fois, il y a un mec qui a fait des super photos et dans son article, il a mis des photos de merde qu'il a retouchées, en plus !"

On s'arrêtera donc là. De toute façon, l'artiste, qui ne tient pas en place, s'est déjà esquivé. Robert Combas n'est pas loquace mais son oeuvre parle pour lui. Et elle est riche, intense, foisonnante et unique. Une rétrospective à ne pas manquer.

Robert Combas "Greatest hits" au Musée d'Art Contemporain de Lyon du 24 février au 15 juillet 2012.







Robert Combas
12 déc. 2011

Si Robert Combas est célèbre pour sa peinture, on connaît en revanche moins sa musique. Pourtant, il collectionne et compose du rock depuis près de 30 ans. Dans la rétrospective, qui aura lieu au MAC de Lyon en 2012, on découvrira notamment ses compositions musicales écrites en français. L'artiste évoque les préparatifs de cet événement. Avec un langage joyeusement débridé, reconnaissable entre mille!

Par communiqué de presse

Robert Combas. Redescendre les marches du temps. Vous en connaissez vous des directeurs, ou qui s'appellent quelque chose finissant en «eur» (sic Thierry Raspail), qui pondent (pas en poule en jeune coq) un texte comme un adolescent sur le rock et en plus pour ma pomme ! Merci je suis zému. Non, ça ne se dit pas avec des mots ça se ressent ce genre de remerciements. Bon la rétrospective «Greatest Hits» on commence par le début on finit par la fin, c'est énorme!

Richard Leydier est le commissaire. Geneviève est de partout. Mes assistants(antes) m'ont laissé tomber au dernier moment. Je les remercie… Il paraît que je stresse tout le monde… Sauf Oldi, le mort vivant et fidèle Buster Keaton, qui fait ce qu'il fait point. Mais au moins, il le fait, Harald est à la photo. On est à la bourre! Heureusement qu'à Lyon, ce sont des vrais pros, tout le monde s'est réveillé, on va y arriver. Bref à part la tension qui me mine, tout va pour le mieux. En tout cas, je ne sais pas si j'aurai à nouveau une autre expo comme celle-là après. Mais celle-là, c'est celle qu'il ne faut pas rater.

Je voudrais avertir: pour vraiment la voir il faudrait 2 ou 3 jours!
Apprendre à re-regarder la peinture et voir ce qu'un travailleur du Languedoc né à Lyon par accident du travail (comme disait mon père. Hommage à Mario et Raymonde mes parents) a pu faire en 30 ans.

Alors quand Thierry Raspail m'a proposé cette exposition sur la Musique, tout s'est enclenché. Nous avons foncé à fond dans un nouveau travail initié en mai 2010 grâce à la rencontre avec Lucas Mancione.
Lucas s'est pointé à ma dernière expo sur la chute de l'homme, en mai 2010, il était devant le tableau géant de la chute des anges. On s'est rencontrés et de suite on ne s'est plus quittés on a travaillé sans répit, en révolution et décision d'aller au turbin.
On a créé ensemble et en un an 40 morceaux de musique. Cette rencontre, c'était juste à temps, car pour moi après c'est trop tard, je portais tout ça en moi depuis 30 ans mais ne pouvais l'accoucher: créer des chansons, de la chanson qui peut aller jusqu'à des morceaux anarchistes dans la forme, qu'on pourrait dire dodécaphonique ou rock dur métal violons synthé… Diversité, transparence des influences voulues ou non, revendiquer de chanter en français ou en langage abstrait car le snobisme provincial c'était: «jamais de français». La grande décision c'est de tout ouvrir, les sentiments les ressentir jusqu'à ce qu'on arrive à faire le vrai, quelque chose qui tienne debout.

Puis ensemble, nous avons mis certains morceaux en image. Des plans fixes vidéo-créateurs façon tableaux vivants. Pour Lyon, c'est mes idées qui priment mais après, c'est un vrai groupe et je ne le répèterai pas assez. Le groupe s'appelle Les Sans Pattes, il est composé de moi, de Lucas Mancione et aussi de Pierre Reixach Piero le bassiste.

Nous, on a tous rêvé d'être là-haut dans les stars, étoiles alors on a meublé grâce à une espèce d'intellect qui a permis au meilleur de faire quelque chose de marginal. Alors je dis toujours, je me sens symboliquement bâtard et fier de l'être et j'ai beaucoup de chance avec les accidents.

Coïncidence, alchimie, le moment où tout ou presque s'imbrique. Lyon? Ville de ma naissance mais pas de vie, peut-être de renaissance?
La proposition de Thierry Raspail de faire une expo Rock, qui m'amène à créer tout ce qui est montré au 3e étage de cette exposition que je vois comme un prolongement de ma peinture.
La peinture, le rock: 30 ans de passion acharnée qui m'ont démonté le dos à porter des sacs de disques, abîmé les jambes à peindre dans toutes les positions.

«Greatest Hits» on commence par le début on finit par la fin: la création déclinée en 30 ans de travail qui, j'espère remettra les pendules à l'heure, au point de vue: Art, intensité de Travail, Vérité et Diversité.








Biographie du peintre Robert Combas

Robert Combas est né le 25 mai 1957 à Lyon, il passe son enfance et adolescence à Sète, ville populaire du midi de la France. Il dessine naturellement et ses parents l'encouragent. "Je dessinais tout le temps, comme d'instinct, automatiquement. Je n'arrêtais pas de dessiner et vers 6-7 ans, mes parents ont dit que ce serait bien que j'aille aux Beaux-Arts et alors ils m'ont emmené aux Beaux-arts... et c'est comme ça que je suis resté aux Beaux-Arts de l'âge de 7-8 ans jusqu'à 23 ans."

Comme tous les adolescents de sa génération il aime les bandes dessinées... "J'ai toujours aimé l'illustration, les bandes dessinées, style Pif le chien, Tintin... Les journaux que mon père lisait m'ont aussi beaucoup influencé et j'ai fait des caricatures inspirées du Canard Enchaîné" ... et la musique rock. "Quand j'étais tout jeune, j'ai trouvé que c'était le rythme qui me convenait."

Il fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Montpellier. "En 1977, j'étais au contact des milieux jeunes, rock et branchés où il y avait une certaine création. C'était l'époque un peu punk, beaucoup de jeunes étaient partis vers la bande dessinée. Il ne restait aux Beaux-Arts que quelques anciens babas dépassés et plus ou moins influncés par Supports/Surfaces ou par leurs profs. J'avais choisi la peinture et vers la fin de la première année, je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose de nouveau. j'ai toujours voulu faire quelque chose de complètement nouveau, j'ai toujours eu le besoin de me démarquer par rapport aux autres."

Ses peintures au style nouveau sont vites remarquées. "J'ai donc passé mon diplôme de peinture à Saint-Etienne devant un jury, dans ce jury il y avait Bernard Ceysson, directeur du musée de Saint-Etienne. mon travail lui a beaucoup plu et il m'a proposé de participer à une exposition au musée "Après le Classicisme". Quand j'ai demandé pourquoi il me proposait cette exposition, il m'a répondu qu'en France il n'y avait encore personne qui faisait ce genre de peinture."

Cette première exposition apportera le succès à Combas, d'autres expos s'enchaîneront ensuite ( 1980 : Musée d'Art et d'industrie de Saint-Etienne, 1981 : "Finir en beauté", "Deux Sétois à Nice", "Ateliers 81-82" au musée d'Art Moderne de Paris, des expositions dans des galeries renommées en France et à l'étranger et la première rétrospective de son oeuvre en 1985.

Robert Combas est un artiste seul, retiré du monde. Son oeuvre est un mélange de ses goûts et de différentes inspirations. Son travail se caractérise par la couleur, le dessin noir cernant les figures, l'absence de volume et de perspective, ses thèmes de prédilection sont la violence, la joie, le sexe, le spirituel, la souffrance, les petits bonheurs, le religieux, la musique.

"Pour moi une toile peut être influencée par des publicistes naïfs Africains, par l'illustration de livres d'école primaire, mélangée à Picasso ou à Miro, ou alors un dessin genre BD, plus de fausses écritures arabes, plus une peinture brute, très Dubuffet ou Cobra. La figuration libre est une peinture qui ne renie pas ses instincts primitifs et une volonté de culture. Le Dadaîsme, l'Art Brut, l'Art Nègre, celui des peintres publicistes naïfs d'Haïti, d'Afrique, d'Amérique du Sud, de Jamaïque, l'Art Naïf, l'Art pauvre, le Rock and Roll, la Rock culture, l'art des inadaptés (mongoliens), Picasso, l'Expressionnisme, la BD. On mélange tout et on trouve Combas, figuratif parce que je vis dans un monde de réalités. Je trouve en revanche que le message de mes peintures est abstrait. C'est un mélange d'images, de couleurs, de fausses écritures asiatiques, arabes, sud-américaines, une peinture qui est un essai vers un langage universel."

Depuis 1981, Combas vit et travaille en région parisienne. Il est donc le créateur du mouvement artistique que l'artiste Ben appela la 'Figuration Libre', mouvement regroupant Branchard, Boisrond, Herve Di Rosa et Combas.

 "La Figuration Libre, c'est faire ce qu'on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement." Robert Combas.

 Source: Art inprogress.






Courant : Figuration Libre

Robert Combas passe son enfance et adolescence à Sète. Depuis 1980 il vit et travaille en région parisienne.

Robert Combas a apporté à l'aube des années 80 une nouvelle peinture figurative. Présent sur la scène artistique dès 1979 il est le créateur d'un mouvement que Ben appela "La Figuration Libre", mouvement regroupant : Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas et Hervé Di Rosa. Peinture faite de libertés elle parle de la société, de la violence, de la sexualité, de la souffrance des gens, de leurs petits bonheurs, de leur petitesse, de leur grandeur... Elle s'inspire du rock dont l'artiste est un fin amateur, des images populaires, des livres d'enfance, des manuels scolaires de tout ce qui fait une culture populaire accessible à tous.

"Moi, je travaille des fois abstrait par jets de peinture, une sorte d'expressionnisme abstrait. Le figuratif c'est le côté amusant, pied sur terre ; au départ c'était une réaction dérisoire contre les peintures intellectuelles du milieu de l'art des années 70. Moi je viens du milieu populaire, je vivais dans deux mondes différents. Il y a quand même des messages dans ma peinture : au départ c'est une certaine énergie, j'ai voulu peindre ce que je voulais. Dans la B.D on est coincé par les personnages, tandis que, dans cette peinture, je suis libre complètement libre, même par le format."

Depuis maintenant une dizaine d'années, en marge d'une activité principale qui consiste à peindre des tableaux, Robert Combas développe ce qu'il nomme des «pratiques satellites». Pour une grande part, le principe de ces séries annexes est de transformer (en peignant ou en dessinant) des images préexistantes, c'est-à-dire dues à d'autres créateurs. Au fil des ans, l'artiste est intervenu sur des sérigraphies (des tirages papiers des Marylin d'Andy Warhol, pour la série des MarylinCombas), ou encore des esquisses d'étudiants en école des beaux-arts, réalisées d'après des modèles vivants ou des reproductions en plâtre de sculptures antiques (la série des Tatouages académiques). Les satellites comptent aussi dans leurs rangs un grand nombre de photos repeintes. La photographie est apparue en 1997-98, lorsque l'artiste fut invité, avec Ben, à concevoir une exposition à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne. A cette occasion, il peignit sur des photos d'archives du conflit de 1914-18.

Fin 2008, Combas franchit un cap avec une nouvelle série d'œuvres photographiques et réinterprète à sa façon le travail de photographes emblématiques. Selon un processus de mutation, hérité aussi bien de Lascaux que de Léonard de Vinci, la forme de chaque motif en engendre d'autres, jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans une nouvelle composition. Combas commence par dessiner sur l'image à l'aide de feutres acrylique Glitter Touch et Pearl (respectivement des marques Pébéo et Tulipe), initialement conçus pour le graphisme sur tissu. Puis, cette matrice est photographiée et imprimée en grand format, selon la technique de l'argentico-numérique. Il intervient alors à nouveau sur le grand tirage, jouant de la confrontation entre ce qui est déjà peint dans la photo et les nouveaux ajouts. Il s'avère en effet ardu, au final, de déterminer ce qui appartient à l'image préexistante, au premier dessin (qui relève désormais de la reproduction) et ce qui revient aux dernières interventions peintes. Pour différencier les campagnes, il faut guetter le relief des matières et distinguer les faux des vrais reflets de lumière dans les moirures du Glitter et du Pearl. Au risque de se perdre et de s'écrier, à l'instar d'un des personnages de ces photographies : "J'y comprends plus rien!"







En privé avec Robert Combas
Robert Combas D. R.

« Je suis trop nerveux : je m'emballe et je peux devenir méchant, jusqu'à tout détruire. »

« Avec mon père communiste, j'ai appris que c'était toujours la crise. À ne faire confiance à personne. »

Le peintre vit entre le sud de la France, Paris et New York. En exclusivité, il nous reçoit dans son atelier pour un échange haut en couleur. En toile de fond : plaisirs, rock et élans créatifs.

Quel est le principal trait de votre caractère ?
Créatif à mort.

Et celui dont vous êtes le moins fier ?
Je suis trop nerveux : je m'emballe et je peux devenir méchant, jusqu'à tout détruire.

Votre truc contre le stress ?
Je ne peux pas le dire.

Votre boisson préférée ?
Le champagne Krug millésimé, la menthe bio à l'eau. J'espère qu'un jour ce sera l'eau…

Votre geste écolo ?
Voter pour ceux qui mènent des actions, comme José Bové.

Votre héros dans la vie ?
Jonathan Richman, le Baden-Powell de la scène américaine. Il était le leader des Modern Lovers et il m'a influencé dans ma peinture. Lou Reed, en 1982. À cette époque, je n'avais rien et je vivais à Montpellier.

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie ?
À garder ma sincérité, quitte à en payer le prix et à faire des fautes. Un récital de piano également et… un triptyque inspiré par Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand.

Que possédez-vous de plus cher ?
Une philosophie un peu dure.

Un endroit inattendu où poser l'une de vos créations ?
J'aimerais installer Isis, une de mes sculptures de 2006, sur le brise-lames de l'entrée du port de Sète.

Votre moteur ?
Je le garde secret… jamais dévoilé.

Les trois basiques de votre dressing ?
Un pantalon tuyau Yohji Yamamoto, sans ourlets à faire, une paire de Ray-Ban, des sandales technos Prada.

Votre hobby ?
Collectionner des disques rock en vinyle de toutes les époques.

Votre écrivain préféré ?
David et Stella Gemmell pour Troie, tome III – La Chute des rois -, de l'heroic fantasy.

Qu'est-ce que la crise a changé chez vous ?
Avec mon père communiste, j'ai appris que c'était toujours la crise. À ne faire confiance à personne.

Comment vous séduire ?
En me faisant apercevoir un idéal.

Le casting d'un dîner idéal chez vous ?
Avec mon ami peintre Ladislas Kijno (89 ans), sa femme, Malou, une héroïne de guerre, seule rescapée d'un accident d'avion. Brûlée sur une grande partie de son corps, elle l'a rencontré dans un sanatorium. Et avec mes collaborateurs, tous du Sud, comme moi.

Le cadeau que vous offrez souvent ?
Une dédicace.

Pour vous, le comble du luxe, c'est ?
Une piscine dans la salle de séjour avec des meubles transparents. C'est aussi le comble de la vulgarité...

Le talent que vous aimeriez avoir ?
Savoir faire des trucs avec des sons et jouer du dulcimer, une sorte de cornemuse à cordes d'origine celte.

Votre mot favori ?
« Amour », même si je ne le dis pas.

Votre péché mignon ?
La bière et le chocolat.

La phrase qui vous déstabilise ? – « Il n'y a plus d'espoir. »

Que détestez-vous par-dessus tout ?
Les gens qui ne comprennent pas ce que je leur donne.

Robert Combas est représenté par la galerie Guy Pieters. www.guypietersgallery.com








4 février - 5 avril 2009

Depuis maintenant une dizaine d'années, en marge d'une activité principale qui consiste à peindre des tableaux, Robert Combas développe ce qu'il nomme des « pratiques satellites ». Pour une grande part, le principe de ces séries annexes est de transformer (en peignant ou en dessinant) des images préexistantes, c'est-à-dire dues à d'autres créateurs. Au fil des ans, l'artiste est intervenu sur des sérigraphies (des tirages papiers des Marylin d'Andy Warhol, pour la série des MarylinCombas), ou encore des esquisses d'étudiants en école des beaux-arts, réalisées d'après des modèles vivants ou des reproductions en plâtre de sculptures antiques (la série des Tatouages académiques). Les satellites comptent aussi dans leurs rangs un grand nombre de photos repeintes. La photographie est apparue en 1997-98, lorsque l'artiste fut invité, avec Ben, à concevoir une exposition à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne. À cette occasion, il peignit sur des photos d'archives du conflit de 1914-18. […]
Fin 2008, Combas franchit un cap avec une nouvelle série d'œuvres photographiques, réunies dans cette exposition intitulée Le frimeur flamboyant. Le titre constitue un hommage aux Flamin' Groovies, groupe rock fondé en 1965 et mené par le leader Cyril Jordan, dont l'artiste a toujours apprécié la simplicité de l'approche musicale. Les Flamin' Groovies revisitaient à leur manière des standards des Rolling Stones ou des Beatles. Pareillement, Combas réinterprète à sa façon le travail de photographes emblématiques. Selon un processus de mutation, hérité aussi bien de Lascaux que de Léonard de Vinci, la forme de chaque motif en engendre d'autres, jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans une nouvelle composition. Combas commence par dessiner sur l'image à l'aide de feutres acrylique Glitter Touch et Pearl (respectivement des marques Pébéo et Tulipe), initialement conçus pour le graphisme sur tissu. Puis, cette matrice est photographiée et imprimée en grand format, selon la technique de l'argentico-numérique. Il intervient alors à nouveau sur le grand tirage, jouant de la confrontation entre ce qui est déjà peint dans la photo et les nouveaux ajouts. Il s'avère en effet ardu, au final, de déterminer ce qui appartient à l'image préexistante, au premier dessin (qui relève désormais de la reproduction) et ce qui revient aux dernières interventions peintes. Pour différencier les campagnes, il faut guetter le relief des matières et distinguer les faux des vrais reflets de lumière dans les moirures du Glitter et du Pearl. Au risque de se perdre et de s'écrier, à l'instar d'un des personnages de ces photographies : « J'y comprends plus rien ! » […]

Richard Leydier
(Extrait du texte "Robert Combas, Le grand dégel", in Robert Combas, Le Frimeur flamboyant, Linda and Guy Pieters Publisher, 2009)







Le Frimeur flamboyant
Exposition
Robert Combas


A l'origine du projet de Robert Combas, il y a des ektachromes reproduisant d'anciennes oeuvres réalisées à partir de pages de magazine arrachées. Ainsi l'artiste exploite en premier lieu la photographie dans sa notion d'outil, d'archives. Cette photographie brute de l'oeuvre passée devient ensuite la source d'une nouvelle oeuvre peinte, photographiée elle aussi et reproduite en grand format.
Il s'agit d'un travail sur la reproduction de la reproduction qui à chaque fois grandit en dimensions pour finir sur un tirage argentique d'environ 200 x 150 cm qui lui-même est encore retravaillé par la matière et la couleur. Par un processus d'auto inspiration, l'artiste recrée une oeuvre à partir de son oeuvre et ce, en plusieurs générations.
Le principe de départ est l'image, la photo qui circule dans les magazines, l'artiste s'en empare. La photo est là mais ne peut pas en rester là.
Ce travail interroge ce qu'est la reproduction d'une oeuvre, la reproduction photographique d'une oeuvre, thème qui passionne l'artiste aujourd'hui. À l'heure de notre société de l'information, l'oeuvre reproduite (dans la presse, dans les livres, sur Internet) est le vecteur principal d'accès aux oeuvres et pourtant il manque souvent le message essentiel de l'artiste et l'on perd invariablement dans le processus ce qui fait la nature de la peinture, c'est-à-dire ses teintes et sa profondeur.
Ces questionnements, sur le passage d'un médium à un autre, résonnent tout en couleurs dans l'exposition, comme le cri du peintre, qui depuis son atelier, interpelle celui qui veut bien l'entendre.

L'exposition
"Robert Combas, Le Frimeur flamboyant"
du 04 février au 05 avril 2009
à la Maison européenne de la photographie.







Textes

Combas : De la photo, de la peinture.
Ce que nous dit Robert Combas ici, c'est que l'on ne peut mettre entre  parenthèse la peinture. Celle-ci rejaillit toujours. En un sens il se  rattache par là aux partisans du retour au métier de peindre en face  des expérimentateurs du collage et des déductions de la peinture à  partir d'autre chose qu'elle-même.

La confusion vient en effet de loin. Elle s'enracine dans la  négligence vis à vis de ce que voit le peintre. L'oeil du peintre étant à distinguer de celui du photographe. Le monde du photographe est disons "empirique" ou fondé sur  l'observation, celui du peintre est subjectif et "pur" (entendre axé  sur l'essentiel), si l'on en croît Combas en suivant le fil de cette  exposition.

D'un côté le sujet : le peintre, ses obsesssions et ses valeurs, de  l'autre le monde que la photographie tente de saisir et d'épuiser. Notre idée est que Combas "en acte" nous propose ici de choisir sans  nous limiter.
P. Givodan janvier 2009

 

Combas et le Temple de l'Oeil

C'est un peintre méditerranéen. Il s'expose volontairement au ridicule  avec ses fleurs démesurées, ses femmes aux foulards désuets, il tente  d'assembler les mythes qui remontent à Van Gogh, loin des yeux secs et  des bouches impitoyables. Il a quitté Paris, la ville grise et bleue,  il s'est avancé vers les bords de la mer du milieu.
- "Qu'es Aco ?"
Il a cassé la clôture mentale, dédaigné les avis partagés, les  conseils prudents. Il a touché des mains la guitare d'un poète  américain et a répondu, proche, prêt à réagir à l'invitation du Centre  Van Gogh. On est venu, on a vu, vaincu, on a admiré, on a baissé les  armes.

Constance, certitude, expression de la maîtrise (voyez ses sculptures  de petits crucifiés et ses grands formats de natures mortes allégés sur fond blanc, entre autres...) Il a dialogué avec son corps en visant la cible publique : le  hollandais fou, l'homme à l'oreille coupée. Ses perceptions  extralucides ont fait fleurir le jardin de la mémoire collective  (celle des rêves du pauvre mystique du nord jeté dans la Provence  fauve et sauvage). On se disait qu'un jour Combas finirait par mettre à nu le contenu de  cette P... de région. Evidemment avec le sourire du séducteur, il a  surmonté ce goût de la mort et du sang qui hante le pays. Cette fausse  insouciance, cette délicatesse aussi, cette sensualité et cette  violence très rock n'roll finalement.

Tel Ulysse, Combas a donc vaincu le Cyclope par la ruse. Résistant aux  sirènes molles, il s'est frotté aux os de la Terre provencale. Et c'est  impressionnant. Les toiles défilent , préservées dans leur majesté qui  fait abdiquer les yeux. Même un aveugle sentirait la peinture, rien  qu'en touchant les oeuvres. Et le temps s'est fendu. Et la bouche de  Van Gogh s'est ouverte. Et le monde des images a cligné d'un oeil :
- Salut à toi Combas qui a su arracher de l'obscurité le ciel primitif !
L'opération était réussie. Rouge, jaune, verte, la vue écarquillée  aussi vers l'espace intérieur. Les spectateurs aux pupilles comme dilatées, excitées, hypnotisées,  inscrivaient l'oeuvre dans la lumière, les mythologies féminines, le  dieu du soleil et les créatures de feu faites de muscles et de nerfs  (jamais ascétiques).

P. Givodan juillet 2008

 

Nouvelle vague.

Combas s'est imposé d'entrée de jeu comme un rebelle.Très tôt influencé par le rock'n'roll, commentateur social des redresseurs de torts il est un des héritiers de la peinture contestataire américaine (d'un Guston par exemple). Peintre -poète marqué par le mythe pop aussi bien il a redéfini la peinture sans prétention comme une valeur sûre.

  Aujourd'hui, venue l'heure des premiers bilans, sans surenchère il enfonce le clou. Dessinateur inspiré il s'emploie ici à charger de signes les identités des années soixante-dix et quatre-vingts dans un registre toujours fantaisiste et libre. Son approche privilégie l'humour et les thèmes populaires, astucieux cocktail des équipées sauvages. Il fait de son mieux pour vivre avec son temps, qualité partagée par peu de monde aujourd'hui, où l'on se penche plus facilement sur les effets des « écroulements des valeurs » et les nostalgies amères et complaisantes.

Donner la parole aux rockers n'est pas si loin du renversement des statues cependant. Une voix distincte donc qui se laisse toujours entendre.

P. Givodan janvier 2008

 




Combas entêté


Opiniâtre mais pas sot Combas n'en démord pas. Il a dû se former une haute idée du cinéma d'auteur il y a longtemps déjà. Aussi Chaplin et les autres sont au rendez-vous de cet hommage au septième art que le peintre offre à la ville de Cannes pour fêter les soixante ans de son festival.

Pas de censure donc dans ce travail dont on connaît la volonté inflexible. Le père de la Figuration libre des années quatre-vingt françaises n'a franchement rien de vulgaire, mais il a su n'être "ni la dupe ni la risée des autres" comme l'aurait dit un jésuite du dix-septième siècle. Fidèle à sa réputation de jouissif capricieux il transforme sans courtoisie l'écran blanc en occasion de s'engager dans l'épique et l'historique à la manière des peintres des grandes affaires du monde.

A la hauteur de son image il s'en sort souverainement avec habileté et subtilité sans être jamais insupportable. Faut-il parler ici de génie ou d'esprit heureux ? On penchera pour la seconde formule. Mais la vie passe et les méchants s'en vont. Seuls ceux qui écoutent les autres sans présomption ni parti pris durent. Alors nous dirons à ce cher Combas : garde-toi longtemps encore de l'éloquence et tu réussiras à porter les coups qui comptent !

P. Givodan juillet 2007
in Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art Ed. Complicités 2008

 

Un programme criant.

Pas de « revival » religieux ici, ou de New Age. Les promoteurs de  cette relecture du Chemin de Croix ne s'orientent pas vers le passé  mais plutôt en direction d'un point à retrouver ; quelque chose de  fondateur au niveau artistique voire éthique en Occident.

Le fait étonnant c'est que le rapport entre l'écriture de  Kijno et  celle, superposée, de  Combas ne relève d'aucune effusion « mystique », ni d'épousailles quelconques. Leur but n'est pas visiblement de  préparer non plus une restauration d'un ordre classique en peinture  ou d'être les prophètes d'un retour  à une inspiration originelle,  voire de jouer les Primitifs. Les choses se présentent autrement. Il  nous semble  que pour comprendre cette démarche inédite il faut  chercher ailleurs. Du côté du cour et de l'amour, vertu qui ne court pas les rues aujourd'hui.

Ce thème artistique  apparaît commandé par un impulsion aveugle à  toutes les raisons d'Etat et à l'ordre naturel des choses. Pour nous  il s'agit d'une émotion universelle liée à la générosité que l'on  osera appeler « populaire » et partagée.

On respecte donc ce duo à quatre mains qui vient nous surprendre pour  lancer un nouveau défi aux historiens des cultures.

A quelle urgence répondent ces artistes, à quelle nécessité aussi ?  

La question est posée du rapport entre existence et morale, voire  christianisme et révolution si l'on veut. De toute façon et c'est  l'essentiel, l'exercice fait pression sur l'action de peindre, cela  se voit, et sur la pensée du spectateur, c'est sûr.

P. Givodan janvier 2007
in Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art Ed. Complicités 2008
     




05/03/2012
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