Alain YVER

Alain YVER

RODOLPHE SALIS

RODOLPHE SALIS





Il serait bien difficile de parler de la chanson de la Belle Époque sans invoquer le nom de Rodolphe Salis, né à Châtellerault en 1852, mort au même endroit en 1897, créateur, animateur, cabaretier, fondateur (février 1881), propriétaire et âme directrice du célèbre Chat Noir où se sont tenus toute une bande de fêtards devenus célèbres :

Les chansonniers

    * Léon Durocher (1862-1918) fondateur de l'Association des Bretons de Paris
    * Jean Goudezki (né Edouard Goudez en 1866) auteur d'Hercule ou La Vertu récompensée
    * Léon Xanrof journaliste mais aussi avocat, auteur du célébre "Fiacre" qu'allait chanter Yvette Guilbert (1867-1953)
    * Vincent Hyspa (1868-1914) fondateur avec Gabriel Montoya (1887-1938) du cabaret des Quat'-z-Arts
    * Jules Jouy (1855-1897) créateur de la chanson "au jour le jour" et qui allait composer pour Paulus, Thérésa, Yvette Guilbert (lui aussi) et tant d'autres..
    * Maurice Mac-Nab (1856-1889) auteur-chansonnier etspirite
    * Victor Meusy (1856-1922) fondateur du Chien Noir et du Trianon
    * Émile Goudeau (1849-1906) fondateur, avec Maurice Rollinat et G. Lorin des Hydropathes [1] (1878 à 1881)
    * Maurice Rollinat (1846-1903) un des premiers poètes décadents
    * Armand Masson (1857-1920) auteur et interprète
    * Gaston Couté (1880-1911) qui, dans ses monologues, fustigeait la société bourgeoise de son temps
    * Henri Dreyfus dit "Fursy" (1866-1929), le plus célèbre de ceux qui allaient devenir les chanteurs montmartrois (mais qui n'y chanta jamais) et qui allait racheter le Chat Noir en 1899 pour le renommer, modestie oblige, "la Boîte à Fursy".

Les poètes

    * Georges Auriol,  l'un de ceux qui contribuèrent le plus à créer la légende du Chat Noir. - Il a laissé des contes pleins d'humour et de fantaisie et diverses chansons dont  "Quand les lilas refleuriront" - Voir à sa page
    * Édouard Dubus, co-fondateur de la revue La Pléiade (avec Louis Dumur, Gabriel-Albert Aurier et Louis Pilate en 1889)
    * Georges Camuset
    * Charles Cros (1842-1888)
    * Georges Fourest, auteur de La Négresse blonde et du Géranium ovipare (1867-1945)
    * Maurice Donnay (1859-1945)
    * Clovis Hugues (1851-1907)
    * Franc-Nohain (1873-1934)
    * Louis le Cardonnel, prêtre et poète mystique (1862-1935)
    * Albert Samain
    * Stéphane Mallarmé (1842-1898)
    * Germain Nouveau (1851-1920)
    * Gabriel de Lautrec (1867-1938)
    * Edmond Haraucourt qui termina sa vie conservateur du musée de Cluny (1857-1941)
    * Jean Moréas (né Ioánnis Papadiamandopoúlos - 1856-1910)
    * Paul Verlaine (1844-1896)
    * Jean Richepin (1849-1926)
    * Jehan Rictus (1867-1933) de son vrai nom, Gabriel Randon
    * Raoul Ponchon (1848-1937),

Les écrivains

    * Alphonse Allais (1854-1905)
    * Jean Lorrain né Paul Duval (1855-1906)
    * Henri Beauclair (1860-1919)
    * Guy de Maupassant (1850-1893)
    * Léon Riotor
    * Louis de Gramont (1861-1923)
    * Fernand Crésy
    * Villiers de l'Isle Adam
    * Louis Marsolleau (1864-1935)
    * Pierre Mille
    * Willy

et puis aussi

    * François Coppée (1842-1908)
    * Coquelin Cadet (1848-1909)
    * Willette
    * Steinlein
    * Paul Delmet (1862-1904)
    * Catulle Mendès (1841-1909)
    * le caricaturiste Caran d'Ache (Emmanuel Poiré - 1858-1909)
    * Toulouse-Lautrec (1864-1901)
    * Antonio de la Gandara
    * Claude Debussy (qui s'y faisait appeler Achile) (1862-1918)

et Dieu sait combien d'autres issus...

    * des Hydropathes, des Hirsurtes, des Décadents, des Zutistes, des Incohérents, des Jemenfoutistes, des Harengs-Saurs...

Issu du régiment et cherchant sa voie, Rodolphe Salis gagnait sa vie en peignant (et surtout en faisant peindre) des chemins de croix et des objets de piété lorsque l'idée lui vint de créer un café "du plus pur style Louis XIII... avec un lustre en fer forgé de l'époque byzantine et où les gentilshommes, les bourgeois et manants seraient dorénavant invités  à boire l'absinthe habituel de Victor Hugo (celle que préférait Garibaldi) et de l'hypocras dans des coupes d'or". - De Louis XIII, un fauteuil aux pieds vaguement tournés servait de trône dans un coin, des coupes d'or naturellement, il n'y en avait pas ; quant à l'hypocras, ce n'était, au début, qu'une vilaine piquette servie dans un décor plus que sommaire : les murs avaient été peints à la hâte, les cadres étaient vides mais l'esprit y était. - Preuve : à la porte, Salis avait eu l'idée de placer un Suisse  splendidement chamarré, couvert d'or des pieds à la tête, chargé d'accueillir la meilleure clientèle tout en laissant les "infâmes curés et les militaires" à la porte mais chargé également de toujours laisser passer les peintres et les poètes.

Le tapage et la publicité [2] qu'il fit autour de son nom, son bagout mais aussi la qualité des œuvres qu'on y présentait eurent tôt fait d'attirer la clientèle la plus huppée de Paris venue entendre les poètes et chansonniers qui s'y produisaient mais venus surtout  pour les plaisanteries et les bons mots qui y fusaient tous les soirs. - Car on s'amusait fort au Chat Noir et même les clients en prenaient pour leur rhume : c'était "Tiens, t'es finalement sorti de prison" à l'un et "Qu'est--ce que t'as fait de ta poule d'hier ?" à un nouveau client visiblement accompagné de sa femme. - On raconte même qu'un soir, le futur roi Édouard VII s'étant aventuré dans son établissement, y fut reçu par ce joli discours : "Et bien regardez-moi celui-là : on dirait le Prince de Galles tout pissé !"

Pingre comme huit, Rodolphe Salis trouvait toutes les excuses du monde pour ne pas payer son personnel, ses fournisseurs et ses artistes si bien que, devant le succès de son entreprise, il se mit à exiger de se faire payer par ceux qui s'y produisaient. - Vers 1890, il entreprit des tournées dans toute la France, louant - chose qui ne se faisait pas à l'époque - les théâtres et les établissements où il se produisait, encaissant toutes les recettes et allant souvent jusqu'à refuser le prix de la location de la salle "parce qu'il y faisait trop chaud, parce que les sièges étaient mal rembourrés, parce que le public n'était pas à la hauteur...". - Il mourut d'ailleurs d'une des suites d'une tournée particulièrement épuisante.

Son style allait donner ses lettres d'or au métier de cabaretier.








Rodolphe Salis, la bête noire de Paris
par Admin

http://e2cchatellerault.forumdediscussions.net/t280-rodolphe-salis-la-bete-noire-de-paris

Le Chat Noir invitait à de joyeuses beuveries. Dans cette ivresse, Rodolphe Salis inventa un cabaret, une véritable scène de la libre expression des artistes de la fin du XIXème siècle. Bien que disparu, cet établissement a acquis au fil du temps une renommée mondiale.

Situé au pied de la butte Montmartre, le premier Chat noir était constitué de deux petites pièces boulevard de Rochechouart. Il fut l'un des grands lieux de rencontre du Tout-Paris et le symbole de la bohème à la fin du XIXe siècle. Rodolphe Salis imagina un café du "plus pur style Louis XIII."
Ouvert en novembre 1881, le Chat noir commença par servir du mauvais vin dans un décor sommaire. A la porte, les clients étaient accueillis par un Suisse splendidement chamarré, couvert d'or des pieds à la tête, chargé de faire entrer les peintres et les poètes tout en laissant dehors les "infâmes curés et les militaires".
On venait avant tout pour les réparties spirituelles qui fusaient souvent aux dépens des clients, interpellés d'un "Tiens, t'es finalement sorti de prison ?" ou d'un "Qu'est-ce que t'as fait de ta poule d'hier ?" à un nouveau client visiblement accompagné de sa femme. Un soir, le futur roi Édouard VII y fut apostrophé en ces termes :"Eh bien regardez-moi celui-là : on dirait le Prince de Galles tout pissé !". Salis transféra ensuite le cabaret dans un immeuble de trois étages situé à proximité rue de Laval (aujourd'hui rue Victor-Massé).
Selon Laurent Tailhade, le Chat Noir serait "L'Assommoir et La Divine Comédie amalgamés" et, selon Jean Lorrain, "l'olla-podrida de tous les styles et de toutes les extravagances, le “décrochez-moi-ça” de la brocante artiste, le mauvais goût le plus sûr à côté de trouvailles exquises ; statuettes polychromes et fresques de Willette."
« Le Chat noir, l'hostellerie artistico-commerciale du gentilhomme Salis, seigneur de Chatnoirville-en-Vexin, où d'une main bénissant un malin compagnon à moustaches, débitait des chansons, des sonnets, des pochades, des œufs durs et des bocks assaisonnés de gloire. »
Le Chat noir connut des imitations dont la plus connue fut L'Abbaye de Thélème, place Pigalle, créée par Jules Roques. A Dunkerque, le bal d’ouverture du carnaval est intitulé « bal du Chat noir » en l'honneur du cabaret parisien.
Annie, Kadessa, Benjamin

Au premier étage du Chat Noir

Extraits, Le Montmartre des écrivains, Rodolphe Trouilleux, Ed. Bernard Giovanangeli
« Le succès fut immédiat et les bohémiens chevelus, hirsutes, les fumistes fumants, et les artistes au sens large, très large, vinrent tâter des griffes du jeune Chat. Georges Auriol, digne membre de cette société, en dressa cet inventaire incroyable : « Aéronautes incompris, inventeurs folâtres, courtiers en bêtes féroces, mages, révolutionnaires édentés, Javerts à la demi-solde, bardes du Danube, globe-trotters et réformateurs de religions, etc., etc. »

« Parfois, au moment de la sortie de l’Elysée Montmartre, de jeunes « Alphonses » cherchaient des noises, et la bagarre éclatait. Cela était fort bruyant et épuisait les nerfs de l’horloger voisin. À force de blagues, Salis et sa bande poussèrent l’artisan à céder son échoppe. Le pauvre homme reçut tout d’abord un monceau de pots de chambre qu’il n’avait pas commandé, puis un faux aveugle passa ses journées à jouer d’une flûte stridente et agaçante devant la boutique. Un soir, à minuit, alors que deux colleurs d’affiches s’étaient aventurés au Chat Noir, Alphonse Allais et quelques autres saisirent cette occasion inespérée de recouvrir le magasin d’horlogerie de plusieurs couches de papier.
Le lendemain, l’horloger découvrit le désastre : pas un seul centimètre carré de la façade du magasin n’était visible, couvert d’une couche « tenant le milieu entre la porcelaine et le cuir de rhinocéros ».
L’artisan craqua et le gentilhomme cabaretier saisit cette occasion d’agrandir le Chat Noir. »
Notés par Charles

Combiner l’art et les affaires

Son comportement, son humour, sa personnalité, attirent les artistes de toutes sortes et un public toujours plus nombreux. En mettant un piano dans son cabaret, il prit l'avantage sur ses concurrents.
Dans les années 1890, il lança une tournée dans toute la France, loua des salles des fêtes, des théâtres, ramassait les recettes de la soirée en refusant toujours de payer la location.
Abdallah, Alice, Florent

Parcours

Rodolphe Salis naquit à Châtellerault le 29/05/1851, 4 rue Gaudeau Lerpinière. Il fit ses études au collège de Châtellerault puis par la suite fut employé comme voyageur de commerce. Cependant, sa passion prit le dessus. Il décida donc de se tourner vers la peinture. Il suivit les cours des Beaux-Arts à Paris et fonda un mouvement artistique. En 1881, il créa le cabaret " Le Chat Noir " à Montmartre ; il y aménagea une salle de spectacle. Ce lieu permit à de nombreux poètes, écrivains, peintres et chansonniers de se rencontrer. La troupe du " Chat Noir " s'est produite dans les grandes villes de France et à l'Etranger. Salis mourut de fatigue le 19 mars 1897 à la Tour de Naintré (dont il était le propriétaire). Il fut inhumé au cimetière Saint-Jacques à Châtellerault.
Dans le département de la Vienne à Châtellerault, Naintré, Marigny-Brizay, Rodolphe Salis a une rue qui porte son nom.
Florent Joly

Louis Rodolphe Salis est né à Châtellerault le 29 mai 1851 et il est mort à Naintré en 1897, il fut le créateur, l’animateur, le propriétaire et l’âme du célèbre Chat Noir.




19/03/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres